Aujourd’hui, nous devons parler de l’un des aspects les plus méconnus du sol, mais d’une grande importance : le réseau trophique.
Mais dans quelle mesure est-ce important ?
C’est fondamental; Il n’y a pas de sols sains sans un réseau trophique dynamique et actif, qui joue un rôle crucial dans la fertilisation.
Tout commence par la matière organique. C’est la base de tout. Au premier niveau se trouvent les plantes. Ces incroyables êtres vivants qui, avec le CO2 de l’air, de l’eau et des minéraux, sont capables de créer des sucres simples par photosynthèse. Nous sommes au 1er niveau trophique.
Une partie de ces sucres sera transformée en molécules plus complexes comme la cellulose ou la lignine qui feront partie de sa structure et une autre partie sera exsudée par les racines dans le sol. Et pourquoi fait-il ça ? Avec le coût énergétique élevé de la photosynthèse…
Eh bien, pour nourrir les micro-organismes présents dans la rhizosphère dans un merveilleux processus de symbiose dans lequel, en retour, ces organismes offrent des nutriments à la plante. Nous y reviendrons plus tard
On entre dans le niveau 2, où l’on retrouve un grand nombre de micro-organismes qui seront responsables de nombreuses fonctions très importantes dans le sol, comme par exemple la décomposition des restes de plantes mortes, de racines, etc.
On retrouve ainsi des bactéries, des champignons et des nématodes, qui minéralisent les nutriments contenus dans la matière organique, fixent l’azote de l’atmosphère, solubilisent de nombreux minéraux du sol, améliorent la structure du sol grâce à leurs colles, formant des agrégats.
et établir des relations complexes et contrôler les populations d’organismes du sol, y compris les ravageurs des cultures, par le biais de mécanismes de mutualisme, de parasitisme, de prédation, etc. De la même manière que l’on peut observer dans les écosystèmes aériens
Lorsque ces populations augmentent grâce aux apports de matière organique, des micro-organismes typiques du niveau suivant, le 3ème, commencent à apparaître, parmi lesquels se trouvent des protozoaires, des nématodes et des arthropodes, qui contrôleront les populations du niveau précédent.
Et ainsi de suite consécutivement avec chacun des niveaux jusqu’à atteindre les organismes que l’on peut observer à l’œil nu dans un réseau alimentaire complexe et dynamique dont on peut tirer quelques conclusions.
L’apport constant de matière organique dans le sol est nécessaire au fonctionnement du réseau. Le carbone est la base alimentaire de tout le système
Biodiversité : plus le nombre d’espèces et d’interactions est élevé, plus le sol sera équilibré et plus de fonctions importantes pour les plantes pourront être satisfaites.
Une bonne structure du sol est essentielle à une bonne oxygénation du sol. Cela favorise les conditions propices au développement des micro-organismes bénéfiques.
Plus la diversité et la présence d’organismes bénéfiques sont grandes, dans des conditions aérobies, moins il est probable que les agents pathogènes puissent causer des problèmes aux plantes.
Enfin, les micro-organismes du sol jouent un rôle fondamental dans la nutrition des plantes. Regardons le rapport C/N de certains d’entre eux :
Lorsqu’un protozoaire a besoin de 30 atomes de carbone pour chaque atome d’azote pour sa nutrition, il les obtiendra de bactéries, donc pour 6 bactéries consommées, il éliminera 5 atomes d’azote.
Un protozoaire mange environ 10 000 bactéries par jour, puis libère environ 8 000 molécules d’azote.
S’il y avait environ 50 000 protozoaires par gramme dans un sol sain, cela libérerait environ 400 000 000 de molécules d’azote par gramme, soit plus que suffisant pour les besoins nutritionnels des plantes.
Qui a besoin de fertiliser avec des produits chimiques de synthèse ?
Comprendre le fonctionnement d’un sol « vivant » et créer les conditions permettant à la microbiologie de développer ses fonctions au sein du réseau trophique est sans aucun doute la première étape vers une agriculture saine et productive.
Dans un écosystème naturel comme la forêt, le sol n’est jamais perturbé et il est protégé en permanence par un couvert végétal très diversifié, qui crée des conditions favorables (humidité, aération, température, substrat nutritif, etc.) pour une forte activité biologique. Plantes et organismes du sol très divers vivent en interactions, assurent une forte production de biomasse et remplissent diverses fonctions écosystémiques comme:
la production de matière organique par photosynthèse, à partir de l’eau et du gaz carbonique;
la protection du sol et la réduction du ruissellement par le couvert végétal permanent;
le recyclage des élé ments nutritifs et de l’eau par les racines profondes;
la fixation d’azote atmosphérique par les bactéries associées aux plantes (dans les nodosités des racines de légumineuses ou dans la rhizosphère);
la minéralisation et la solubilisation des éléments nutritifs par les organismes vivants permettant une alimentation régulière des plantes;
l’enrichissement du sol en matière organique stable et la séquestration de carbone;
l’aération du sol par les systèmes racinaires puissants;
la régulation de la température du sol; et
l’ensemble des processus de pédogenèse avec:
altération de la roche mère en argiles (plus ou moins rapide en fonction du climat et du type de roche), par les systèmes racinaires puissants et leurs exsudats, les champignons, les micro-organismes du sol, etc.
fractionnement progressif par la faune des débris végétaux de grosse taille (ce qui les rend accessibles à la microflore), sous l’intervention d’une grande diversité trophique: gros collemboles, diptères, macro-arthropodes, enchytrées, petits collemboles, oribates, etc.
humification sous l’action des bactéries, la vitesse et les produits de cette humification variant en fonction de la végétation, du climat et de la microflore;
bioturbation (fonction indispensable à la pédogenèse, mixant ainsi matières minérales et matières organiques, permettant la formation du complexe argilo-humique et les processus d’agrégation du sol) par la faune du sol: vers de terre, fourmis, termites, larves de coléoptères, etc.
agrégation et stabilisation des agrégats par la faune (bioturbation, activation de la microflore), les champignons (par les mycélium/hyphes), les colonies de bactéries, les exsudats racinaires, polysaccharides, etc. Ces diverses fonctions, remplies par les plantes et les organismes vivants du sol, permettent d’assurer une pédogenèse active, et de maintenir un sol qui se renouvelle régulièrement. Le turnover important de la matière organique et des éléments nutritifs, et l’absence de pertes par lessivage, permettent d’entretenir de manière durable une forte production, même sur des sols à fertilité réduite. Cette production de biomasse permet quant à elle d’entretenir la pédogenèse. L’écosystème est stable et résilient.
Le sol vivant La macrofaune et les micro-organismes jouent un rôle fondamental dans la vie d’un sol. Ils sont indispensables à sa formation: altération de la roche mère, décomposition de la matière organique, processus de minéralisation et de formation d’humus, bioturbation, etc. Ils jouent également un rôle clef dans la formation et la stabilité des agrégats du sol et donc de sa structure. La microflore (bactéries, mycorhizes, trichodermes, etc.) est aussi fondamentale pour les processus assurant l’alimentation des plantes:
minéralisation de la matière organique;
fixation d’azote atmosphérique;
solubilisation des éléments minéraux par oxydation ou chélation, ce qui les rend assimilables par les plantes; extraction d’éléments nutritifs du sol peu mobilisables (modification du pH et du potentiel redox,
augmentation de la surface d’interception par les mycorhizes, etc.). Ils sont si importants pour les plantes qu’elles les stimulent par leurs exsudats racinaires, allant jusqu’à «relacher» par rhizodéposition 20 à 50% du carbone capté par photosynthèse. Certaines plantes carencées en phosphore par exemple peuvent, par leurs sécrétions, favoriser de manière préférentielle le développement de bactéries qui extraient le phosphore fixé dans le sol et le solubilisent.
Trois principes fondamentaux
Minimiser la perturbation du sol et de la litière (pas de travail mécanique du sol).
maintenir le sol couvert en permanence.
Produire et restituer au sol une forte biomasse par associations/successions d’une diversité de plantes aux fonctions multiples.
Production et restitution au sol d’une forte biomasse. La biomasse est renouvelée annuellement (ce qui permet de maintenir la couverture du sol malgré la minéralisation) par diverses plantes (cultures et plantes de couverture) multifonctionnelles, conduites en association et/ou en succession et qui remplissent des fonctions éco systémiques diverses. L’écosystème cultivé en SCV est cependant intensifié par rapport à un écosystème naturel, pour permettre la production de cultures et/ou de fourrages qui sont exportés (ce qui implique en retour des apports pour restituer les éléments nutritifs prélevés par le système). Ces trois principes permettent de construire trois “piliers”:
Les trois “piliers” du semis direct sur couverture végétale
Le premier “pilier” des SCV, est donc la couverture végétale permanente du sol (alimentée par une forte production de biomasse, et non perturbée en l’absence de travail du sol). L’épaisse litière ainsi constituée protège le sol et modifie la dynamique de la matière organique, de l’eau et des éléments nutritifs;
Le deuxième “pilier” des SCV est constitué par la diversité des plantes (associées ou en succession dans les systèmes SCV selon le troisième principe) qui remplissent de multiples fonctions. Elles assurent en particulier la production de biomasse aérienne (alimentation de la litière) et racinaire (exploration d’un important volume de sol, production de biomasse souterraine, restructuration du sol, mobilisation et recyclage des éléments nutritifs, etc.)
Le troisième “pilier” des SCV est la forte activité biologique du sol (faune et microflore), rendue possible par les deux premiers “piliers” qui alimentent le sol en matière organique et favorisent le développement des organismes, en:
restructurant et aérant le sol par les systèmes racinaires puissants;
maintenant l’humidité (faible ruissellement, forte infiltration et stockage, évaporation limitée) et tamponnant les températures par la couverture végétale;
fournissant un substrat énergétique: la matière organique fraîche (au niveau de la litière en décomposition et des racines après la mort des plantes) et les exsudats (sucres, hormones, enzymes, etc.) émis par les jeunes racines. En retour, cette forte activité biologique contribue à améliorer et stabiliser la structure du sol (structuration et stabilisation des agrégats du sol par la macrofaune, les champignons du sol, les colonies de bactéries, etc.). Elle est essentielle dans la genèse des sols et joue un rôle fondamental dans les cycles des éléments nutritifs, aussi bien au niveau de la litière (cycle de la matière organique: minéralisation, humification et séquestration de carbone, accumulation d’azote organique ; solubilisation des éléments nutritifs par oxydation ou chélation) que du complexe absorbant (nature des bases et rétention). Elle renforce le deuxième “pilier” (les plantes multifonctionnelles) qui alimente le premier (la litière). Ces trois “piliers” (couverture végétale/litière + plantes multifonctionnelles/racines + activité biologique associée) se renforcent mutuellement. Ils permettent aux SCV, par leur nature et leur quantité sans cesse renouvelées (biodiversité fonctionnelle), de remplir des fonctions multiples et complémentaires, communes à tous les SCV mais d’intensité variable en fonction des systèmes et de leurs conditions de réalisation (qualité et quantité de la biomasse produite et restituée au sol).
La couverture végétale / litière La couverture végétale du sol/litière est fondamentale pour le bon fonctionnement des SCV. Elle doit être maintenue aussi totale que possible, de manière aussi continue que possible. Elle est composée des résidus de récolte auxquels s’ajoute la matière sèche, souvent prépondérante en quantité et en biodiversité, provenant des plantes associées à la culture principale ou pratiquées en succession annuelle. Elle peut être difficile à maintenir dans des conditions climatiques exceptionnelles, qui peuvent limiter fortement la croissance des plantes. Elle peut à l’inverse être très épaisse, composée parfois des résidus de biomasse issus de plusieurs années successives, en fonction de la quantité et de la qualité de la biomasse et des conditions climatiques. Cet approvisionnement régulier et ce maintien en permanence d’une couverture végétale, sans perturbation du sol, distinguent les SCV de la plupart des techniques parfois regroupées sous le vocable d’agriculture de conservation, dont les Techniques Culturales Simplifiées (TCS).
Les couverts végétaux, appelés aussi plantes de services, apportent une multitude de bénéfices à l’agriculture, notamment environnementaux. Ils contribuent à la protection des sols et de l’eau et favorisent la biodiversité. Mais de quoi parlons-nous ?
Les couverts végétaux sont cultivés entre deux cultures principales. C’est par la directive européenne dite « nitrates » (1), qui impose de ne pas laisser les sols nus pendant l’hiver dans les zones vulnérables, que les couverts végétaux sont arrivés dans les exploitations agricoles. Ils donnent également accès au « paiement vert », une aide de la Politique agricole commune. Conscients des bienfaits des couverts végétaux sur les sols, les agriculteurs ont fait de cette contrainte réglementaire un atout. De fil en aiguille, ils se sont aperçus qu’ils rendaient un tas de services agronomiques, environnementaux et économiques. Ainsi ils peuvent élargir leur utilisation à bien des situations. À tel point que l’on parle maintenant de « plantes de service ». Les plantes de service peuvent être cultivées avant, pendant ou après la culture principale, dans la même parcelle ou à proximité, de manière temporaire ou permanente. Elles ne sont pas destinées à être récoltées, même si cela reste possible. Leur appellation change, en fonction de leur durée d’implantation ou du service qu’elles apportent.
Cultivés entre deux cultures
Les couverts d’interculture sont des plantes de services cultivées entre la récolte d’une culture principale et le semis de la suivante, par exemple entre un blé récolté en juillet et un maïs semé en mai. Ces couverts limitent l’érosion du sol et le ruissellement des pluies en surface, ils dynamisent la vie du sol et l‘enrichissent en humus.
Les plus connus sont les cultures intermédiaires pièges à nitrates (Cipan) dont la fonction est de retenir les nitrates et d’éviter qu’ils ne soient lessivés vers les cours d’eau. Ils sont semés juste avant ou après la moisson et sont détruits par un passage d’outils (herse, rouleau), par le gel ou avec un herbicide. Ils restituent alors les nitrates captés, disponibles pour la culture suivante. Les espèces Cipan les plus courantes sont les moutardes, l’avoine rude, les radis et la phacélie. Le nyger, le moha, le sarrasin, le tournesol et les légumineuses peuvent aussi faire partie des mélanges.
Les engrais verts ont pour rôle principal de fertiliser la culture suivante. Ce sont souvent des mélanges riches en légumineuses (trèfles, vesce, pois fourrager, féverole) qui fixent l’azote de l’air. Ils structurent le sol et l’enrichissent en nutriments azotés.
À l’inverse des Cipan et des engrais verts qui retournent entièrement au sol, d’autres couverts d’interculture sont récoltés. C’est le cas des dérobées fourragères, fauchées pour nourrir les animaux. Les espèces sont choisies pour leur productivité et leur valeur alimentaire : ray-grass d’Italie, trèfles, colza, moha, avoine, vesce.
Quant aux cultures intermédiaires à vocation énergétique (Cive), elles sont destinées à la méthanisation. Avoine, sorgho, tournesol, triticale, trèfle ont un fort potentiel méthanogène et produisent beaucoup de biomasse.
De la bonne compagnie
Les plantes de services peuvent aussi être des plantes compagnes, c’est-à-dire semées en même temps que la culture principale. L’exemple le plus répandu est le colza associé à de la féverole. Cette légumineuse occupe l’espace entre les rangs de colza et permet de limiter les désherbages. Elle perturbe aussi les insectes ravageurs à l’automne.
Si le couvert associé reste en place au-delà d’une année (de 18 mois à 4 ans), il se nomme alors couvert permanent. Du fait de sa forte croissance pendant les intercultures et de sa longue présence, ses bénéfices sont maximisés : plus de stockage de carbone, une meilleure structure du sol, moins de mauvaises herbes, plus d’azote apporté, plus de biodiversité et une source de fourrage supplémentaire. Les espèces adaptées sont la luzerne, le trèfle et le lotier. Un couvert permanent est difficile à conduire car il ne doit pas prendre le dessus sur la culture principale.
Dans les vignes et les vergers, les couverts permanents semés entre les rangs doivent être pérennes, denses, résistants aux passages d’engins et s’installer rapidement. On mise sur le ray-grass, la fétuque et les trèfles.
Plus de diversité
Les plantes de service peuvent également être semées en bandes à l’intérieur ou à côté d’une parcelle avec des espèces qui vont, soit repousser, soit attirer les ravageurs de la culture. D’autres jachères fleuries installées dans des zones incultes favorisent la biodiversité. En bordure de cours d’eau, le couvert végétal permanent (obligatoire) pompe les fertilisants et les dérives de pulvérisation. Temporaires ou pérennes, les couverts faunistiques offrent gîte et couvert à la faune sauvage, tandis que les compositions mellifères ont une floraison très étalée pour fournir aux abeilles pollen et nectar sur plusieurs mois.
Définition et bref historique du semis direct : du geste ancestral à son essor dans l’agriculture moderne, d’abord aux États Unis, puis au Brésil. Le semis direct est un système de semis, dans lequel la semence est placée directement dans le sol qui n’est jamais travaillé. Seul un petit sillon ou un trou est ouvert, de profondeur et largeur suffisantes, avec des outils spécialement conçus à cet effet, pour garantir une bonne couverture et un bon contact de la semence avec le sol. Aucune autre préparation du sol n’est effectuée1 . L’élimination des mauvaises herbes, avant et après le semis pendant la culture, est faite avec des herbicides, les moins polluants possibles pour le sol. Le principe du semis direct n’est pas nouveau en soi, il est utilisé depuis les temps anciens par les cultures indigènes : les agriculteurs de l’Égypte ancienne, et les Incas dans les Andes d’Amérique du Sud, utilisaient un bâton pour faire un simple trou dans le sol, dans lequel la graine était placée à la main et recouverte au pied. Aujourd’hui encore, des centaines de milliers d’hectares sont plantés traditionnellement, en semis direct, par les petites agriculteurs indigènes2 de la zone tropicale humide qui pratiquent l’agriculture itinérante de subsistance sur brûlis, dans les forêts d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie. Dans l’agriculture moderne motorisée des pays du Nord, c’est aux États Unis que les premières tentatives de semis direct sans aucune préparation du sol ont vu le jour, dès la fin des années 19403 , en réaction à une période catastrophique pour l’environnement, où les grandes plaines américaines subissaient une érosion éolienne catastrophique : le fameux « Dust Bowl ». Mais c’est surtout à partir du début des années 1960, avec la diffusion de l’herbicide total Paraquat4 , que le semis direct a réellement pris son essor, grâce en particulier, aux travaux de Harry et Lawrence Young sur leur ferme à Hemdon1 , dans le Kentucky, qui ont rapidement fait des milliers d’émules sur le territoire américain. Simultanément à ces premières démonstrations convaincantes, le fabricant de machines agricoles, Allis Chalmers, créait en 1966, le premier semoir de semis direct. Comme le semis direct est possible immédiatement après la récolte, le soja de semis direct se développait sur les résidus de la culture de blé1 . Dans le même temps, Shirley Phillips5 , pionnier de la recherche sur le semis direct à Lexington, Université du Kentucky, se consacrait corps et âme à la diffusion de ces nouvelles techniques, non seulement aux USA, mais aussi en Amérique Latine. La surface en semis direct aux USA, qui occupait 2,2 millions d’hectares en 1973/74, dépasse aujourd’hui les 20 millions d’ha, soit environ 16% de la surface totale cultivée aux États Unis. Au Brésil, les premières tentatives sur le semis direct ont commencé en 1969 dans l’État du Rio Grande do Sul6 . Mais c’est surtout à l’État du Paranà7 que revient le mérite d’avoir développé très vite, ces techniques à grande échelle, grâce
1 Phillips and Young, 1973. 2 Le système de culture du haricot « Tapadd », en Amérique Centrale et Mexique est également une technique de semis direct, depuis des siècles. 3 En Caroline du Nord, avec l’avènement de la molécule 2-4 D, dans la fin des années 1940. 4 Développé par ICI, au Royaume Uni, en 1955. 5 Shirley Phillips est unanimement considéré comme le « père » du semis direct. 6 Faculté d’agronomie de Néo Me Toque. 7 Initiative de l’IPEAME (Institut de Recherches Agropastorales du Sud, basé à Londrina), en coopération avec GTZ (Recherche agronomique allemande). Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr d’abord à l’initiative pugnace de Herbert Bartz, agriculteur d’origine allemande, qui, après un voyage d’informations sur le semis direct en Angleterre et aux États Unis, importait le premier semoir d’Allis Chalmers et plantait sa première culture de soja de semis direct en 1972 à Rolândia. Ensuite, les recherches intensives conduites par l’IAPAR8 , entre 1973 et 1981, avec la coopération d’ICI et de la GTZ9 ont permis de mettre au point, les rotations les plus appropriées au semis direct, aux plans agronomique et économique, dans les conditions subtropicales de l’État du Paranà. Dans le même temps, les travaux pionniers à grande échelle de Frank Dijkstra et Manoel Henrique Pereira10, agriculteurs dans la région des « campos garais » de Ponta Grossa, ont entraînés une très large et très rapide diffusion du semis direct dans le Paranà, qui occupait environ 200 000 hectares en 1986, les états du Sud du Brésil11 et en Amérique Latine. Plus récemment, à partir du début des années 1990, la nouvelle et la plus importante expansion du semis direct s’est faite dans la région des cerrados (savanes) du centre et de l’Ouest du Brésil, grâce, à la fois, aux travaux de recherches de L. Séguy et S. Bouzinac du CIRAD sur les fronts pionniers du sud de l’Amazonie, à ceux de John Landers12 avec les agriculteurs partenaires dans le sud ouest de l’État de Goiàs et au remarquable travail de diffusion de l’APDC (Association du Semis Direct des Cerrados). Plus de 3 millions d’hectares sont passés en semis direct, en moins de 10 ans dans cette région. Les cultures les plus importantes conduites en semis direct au Brésil sont maintenant le soja, le maïs, le blé, l’orge, le sorgho, le tournesol, le riz irrigué, et plus récemment le coton, le riz pluvial à haut potentiel13, et les pâturages temporaires. Entre 1970 et 1998, plus de 10 millions d’hectares ont été conquis par les techniques de semis direct au Brésil. En Amérique Latine, on estime que les surfaces occupées par ces techniques conservatrices, en moins de 20 ans, dépassent les 16 millions d’hectares. L’ampleur et la vitesse de conquête du semis direct dans cette région du monde tropical et subtropical constitue certainement, la révolution agricole la plus importante des 50 dernières années. C’est a cette conquête la plus récente et la plus spectaculaire, que l’essentiel de cet article sera consacré, sur les frontières agricoles des savanes (cerrados) humides du sud du bassin amazonien, dans des conditions climatiques extrêmes où sont rapidement extériorisées les intérêts et les limites des techniques.
8 Institut de recherche de l’État du Parané. 9 R. Derpsh, et al., 1991. 10Président de la Fédération du Semis Direct au Brésil – FEBRAPDP , entre 1992 et 1998. 11 Travaux de la Fondation ABC (Hans Peeten, Josué Nelson Pave). 12 Secrétaire éxécutif de l’APDC (Association du serras direct des cerrados). 13 Travaux du CIRAD (L. Séguy, S. Bouzinac) et ses partenaires (Groupe MAEDA et AGRONORTE). Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr Un vaste réservoir de terres mécanisables pour aider à nourrir l’humanité du 21ème siècle : les cerrados d’Amérique Latine, dernier rempart de terres vierges exploitables, avant la forêt. En Amérique Latine, les cerrados de sols acides occupent près de la moitié des terres cultivables, soit environ 243 millions d’hectares, concentrés pour la plupart au Brésil, puis en Colombie et au Venezuela, soit le double de la surface des terres cultivées aux États Unis. Environ 23 % du territoire brésilien est occupé par l’écosystème du « cerrado » avec 200 millions d’hectares, dont au moins 50 millions sont potentiellement utilisables pour une agriculture mécanisée intensive ; une bonne part de ce vaste réservoir de terres arables se situe dans la zone tropicale humide, à l’Ouest et au Nord. Tous les spécialistes du développement agricole brésilien sont d’accord pour affirmer qu’une mise en valeur pleine, rationnelle et intensive de ce réservoir de terres, pourrait fournir sans irrigation complémentaire, plus de 150 millions de tonnes de grains, 9 millions de tonnes de viande et plus de 300 millions de m3 de bois, tout en conservant 20 % de cette surface pour la préservation de l’environnement14. En considérant la possibilité d’utiliser l’irrigation sur 10 millions d’ha, la production finale pourrait atteindre 190 millions de tonnes14, soit plus de 40 % de la production de grains des États Unis. Les savanes (cerrados) représentent donc, un vaste réservoir encore peu exploité, disponible pour alimenter l’humanité du 21ème siècle, et en particulier, les savanes humides caractérisées par un fort potentiel climatique qui peut être mis en valeur aussi bien pour les cultures pérennes, alimentaires et industrielles annuelles que pour l’élevage, si l’homme sait exploiter ce milieu durablement, sans le dégrader (cf. carte en annexe) . Le transfert Nord-Sud des technologies de travail du sol : un constat d’échec lourd de conséquences pour la ressource sol et l’environnement en général. Au Brésil, la mise en culture des savanes de la zone tropicale humide (cerrados) a commencé vers la fin des années 1970, avec l’arrivée des agriculteurs des états du Sud, qui ont colonisé et conquis rapidement les états du Centre-Ouest, puis de l’Ouest plus humide ; l’agriculture qui s’y est développée, est mécanisée et a été construite, après ouverture des terres avec du riz pluvial et des pâturages extensifs (Brachiatias), sur la monoculture industrielle de soja pour gérer des excédents exportables. Ce mode d’exploitation pratiqué exclusivement aux engins à disques s’est révélé rapidement désastreux pour les sols sous une très forte pluviométrie de 2 000 à 3000 mm répartie sur 7 mois. Les sols, qui correspondent aux sols ferrallitiques fortement désaturés15 de la classification française, sont très acides, très pauvres en éléments nutritifs (carencés en Phosphore, Potasse, Calcium, Magnésium et Zinc), et très rapidement dépourvus de matière organique, lorsque la couverture végétale est enlevée. De plus, l’exploitation inadéquate et exclusive des terres mises en culture par des engins à disques (offset lourds et pulvériseurs légers) a très rapidement, sous ces conditions climatiques excessives, détruit l’état structural des sols par pulvérisation excessive, entraîné une
14 Godebert et al., 1980 ; Godebert, 1989. 15 Oxysols de la soil taxonomy américaine. Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr forte compaction en surface, qui réduit la porosité, diminue la capacité d’infiltration de l’eau et concentre les semences des mauvaises herbes dans les 10-15 premiers centimètres, les plaçant ainsi en conditions idéales de germination et de compétition précoce pour les cultures. Au total, ce mode destructeur de travail du sol venu des pays du Nord et allié à la pratique continue de la monoculture de soja a provoqué des dégâts considérables sur les sols : érosion catastrophique des unités de paysage, qui a entraîné une baisse insidieuse d’abord, puis rapide et continue ensuite de la productivité du sol malgré l’emploi accrû d’intrants chimiques (engrais minéraux, pesticides). En quelques années, des faillites régionales spectaculaires ont eu lieu, laissant des paysages vides et désolés. Ces faillites, pour l’agriculture et l’environnement ont été d’autant plus sévères que ces fronts pionniers de l’Ouest brésilien sont très isolés économiquement. Ils sont très éloignés des ports d’exportation et des grands centres de transformation et de consommation, ce qui pénalise fortement les exploitations agricoles, car elles dépendent du réseau routier, précaire et mal entretenu qui élève le coût du transport, donc les coûts de production et réduit d’autant les prix payés aux producteurs. Ces prix payés peuvent être ainsi, inférieurs de 20 à 50 % à ceux pratiqués dans les états du Paranâ et de Sâo Paulo (Sud Brésil). L’intervention de la recherche agronomique : une stratégie au service des agriculteurs, chez eux, dans leurs milieux. Le CIRAD16 est intervenu sur les fronts pionniers du centre nord du Mato Grosso, où plus d’un million d’hectares sont aujourd’hui cultivés, pour construire les bases de la fixation d’une agriculture durable d’abord en zone de savanes entre 1983 et 1994, puis ensuite en zone de forêt pour précéder et préparer l’arrivée éventuelle des fronts pionniers mécanisés dans cette écologie qu’il faut à tout prix protéger. Dans un contexte économique très sensible, chaotique, un milieu physique fragile soumis à des contraintes climatiques excessives, la gestion durable de la ressource sol, au moindre coût, a été prise en compte comme un objectif majeur pour la recherche, indissociable de celui de gestion du risque économique. Partant de la situation généralisée de monoculture de soja, désastreuse pour le milieu physique, cette gestion du risque économique s’est traduite par la mise au point progressive de systèmes de cultures diversifiés, agronomiquement justifiés et reproductibles, techniquement praticables et préservateurs du capital-sol, qui tirent le mieux parti du fort potentiel hydrique disponible (création de systèmes à deux cultures annuelles), et qui soient économiquement lucratifs et les plus stables possible. Parallèlement à la gestion durable du patrimoine sol, la recherche de la qualité des produits en rotations a été considérée également comme prioritaire pour leur donner un maximum de valeur ajoutée. La recherche œuvrant avec, pour et chez les agriculteurs, dans leurs milieux, a rapidement mis en évidence l’échec du transfert Nord-Sud des techniques de préparation mécanisée des terres dans ce type de milieu : malgré une amélioration très significative, mais de courte durée, des performances technico-agronomiques des
16 Équipe L. Séguy, S. Bouzinac et ses partenaires brésiliens de la recherche et du développement : en coopération avec les agriculteurs (dont le pionnier, Mr. Munefume Matsubara), le CNPAF, Centre de Recherche Fédéral sur le riz et le haricot de l’EMBRAPA et l’EMPAER-MT, Centre de Recherche de l’état du Mato Grosso, puis, en partenariat avec RHODIA (filiale BrésiI de Rhône Poulenc) et la coopérative COOPERLUCAS de Lucas do Rio Verde, de 1993 à 1995, et plus récemment, avec l’entreprise AGRONORTE, implantée à Sorriso et Sinop, entre 1995 et 1999. Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr systèmes de culture par rapport à la situation initiale, toutes les techniques de travail mécanisé associées aux rotations de culture (labour, chisel, outils à disques), ont montré très vite leur limite pour la gestion durable et au moindre coût de la ressource sol, notamment par une maîtrise insuffisante de l’érosion et surtout par la perte de la moitié du stock de matière organique après seulement 5 ans d’utilisation continue de ces modes de gestion mécanisée, interdisant toute agriculture durable sans très forte augmentation d’intrants coûteux (fig. 1). II fallait donc se rendre à l’évidence : les sols tropicaux doivent être cultivés autrement. La recherche a alors imaginé de nouveaux concepts et pratiques agricoles qui soient réellement adaptés aux contraintes pédoclimatiques de la zone tropicale humide. Ces nouveaux concepts de gestion et leur mise en pratique sont basés sur le fonctionnement de la forêt ombrophile, adapté à l’activité agricole (fig. 2 et 3). Les caractéristiques de l’écosystème forestier, en particulier sa stabilité, révèlent un fonctionnement complexe et remarquablement efficace, capable d’assurer à la fois, une productivité primaire élevée et le recyclage du faible stock d’éléments minéraux nutritifs présents, sans perte ni exportation. La plus grande partie du prélèvement des éléments nutritifs par les racines des plantes, les mycorhizes et la biomasse microbienne se situe dans les 5 à 10 premiers centimètres du sol. Ce sont à ces mécanismes de fonctionnement qui confèrent à la forêt sa remarquable stabilité, que les recherches du CIRAD ont été consacrées pour les reproduire et les adapter à l’échelle des systèmes de culture qui devront être pratiqués sur un sol toujours recouvert d’une importante couverture végétale morte ou vivante et dans lequel les pertes en éléments nutritifs devront être réduites au minimum, nulles si possible. La recherche a construit 3 grands types de systèmes de culture à partir de ce concept de base, qui s’inspire du fonctionnement de l’écosystème forestier : 1 – Les systèmes de production continue de grains, bâtis sur des successions à 2 cultures annuelles pratiquées en semis direct : Une culture commerciale suivie d’une culture qui soit capable de produire une forte biomasse aussi bien au dessus du sol que dans le sol, et qui ne reçoit pas d’intrants ou un minimum. Si en conditions subtropicales et tempérées qui comportent une saison froide, le semis direct des cultures peut s’effectuer dans les seuls résidus de récolte qui se décomposent lentement à la surface du sol (graminées surtout) et assurent une bonne couverture du sol. il en va tout autrement dans les conditions tropicales chaudes et humides de basse altitude où le taux de minéralisation (décomposition) de la matière organique est beaucoup plus élevé (taux annuel de 5 % environ, contre 2 % en climat tempéré). Les seuls résidus de récolte sont insuffisants pour assurer une couverture permanente du sol, donc une protection totale contre l’érosion, et l’entraînement des éléments nutritifs en profondeur est très important sous plus de 2 000 – 3 000 mm de pluviométrie annuelle, en particulier les nitrates, le calcium, la potasse ; il fallait donc dans ces conditions, à la fois, renforcer la couverture du sol pour qu’elle soit permanente, par l’implantation d’une biomasse additionnelle et que cette biomasse ait grâce à ses racines, une grande capacité de recyclage pour les éléments nutritifs Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr entraînés en profondeur, qu’elle exerce un fort pouvoir restructurant du sol pour pouvoir substituer un travail biologique du sol à celui du travail mécanique (fig. 2 et 3). Cette biomasse est produite par une culture de mil ou sorgho guinea capable de fort développement végétatif au dessus et au dessous de la surface du sol, en conditions climatiques marginales dû début et/ou de la fin de saison de pluies ; la biomasse produite est donc placée avant et/ou après la culture commerciale et son coût est inférieur à celui de la préparation mécanisée des terres (moins de 50 US$/ha). Véritable « pompe biologique », cette biomasse qui précède et/ou succède à la culture commerciale, a pour fonctions agronomiques essentielles et complémentaires de : protéger complètement le sol contre l’érosion, séquestrer le carbone dans le profil cultural, alimenter la culture commerciale par voie biologique en se décomposant (minéralisation), minimiser, voire supprimer les pertes en éléments nutritifs dans le système sol-plante, grâce à un puissant système racinaire recycleur, maintenir une biostructure stable dans le profil cultural, amortir les variations d’humidité et de température à la surface du sol, pour permettre à la faune de se développer et de se maintenir dans l’horizon de surface, assurer un meilleur contrôle au moindre coût des adventices (actions conjuguées de l’obscurité et des propriétés allélopathiques 17 des couvertures) et du complexe parasitaire des cultures, en général. Le sol n’est plus travaillé, les résidus de récolte et la phytomasse additionnée par les « pompe biologiques » assurent une couverture permanente du sol aussi bien en saison des pluies qu’en saison sèche. Un horizon nourricier à très forte activité biologique se crée dans les 5 premiers cm du sol, à l’image de celui que l’on trouve sous la forêt. La biomasse des pompes biologiques type mil, sorgho, Eleusine c., peut être renforcée. si nécessaire, en succession de la culture commerciale en fin de cycle des pluies, en implantant, en semis direct un mélange de mil ou de sorgho avec des espèces fourragères du genre Brachiaria qui peuvent se maintenir vertes durant toute la saison sèche et donc être pâturées (ferme de production de grains + élevage). L’activité racinaire du Brachiaria se poursuit en saison sèche, améliorant les propriétés physiques du sol, parachevant le travail de recyclage plus limité dans le temps du mil ou sorgho associés (fig. 8). La biomasse verte à aptitude fourragère constitue également une assurance contre les incendies accidentels de saison sèche. Au premières pluies de la saison suivante, le mélange mil ou sorgho plus Brachiaria repart et renforce encore la couverture au sol avant le semis direct de la culture commerciale. Juste avant le semis direct de cette dernière, un herbicide total du type glyphosate est appliqué sur la biomasse pour la dessécher ; une semaine à 10 jours après l’application de l’herbicide, le semis direct de la culture commerciale peut commencer. Les herbicides totaux de type Glyphosate18, ne sont pas polluants pour le sol dans ce système appliqués sur une très forte phytomasse verte, ils n’atteignent pas le sol ou en quantité dérisoire qui est immédiatement inactivée au contact du sol (fortement
17 En se décomposant, la couverture morte du sol libère des substances qui inhibent la germination des mauvaises herbes. 18 Le sulfosate, le glufosinate sont également des matières actives utilisées pour le même objectif. Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr adsorbée parles colloïdes, donc non lixiviable). Sur la culture commerciale en développement, les herbicides utilisés sont sélectifs de la culture. Comme dans le cas de l’utilisation des herbicides totaux en pré-semis, les herbicides sélectifs dans la culture n’atteignent pas ou très peu le sol protégé sous la couverture. De plus, les nouvelles molécules utilisées sont de plus en plus performantes à très faible dose19 et sont de moins en moins polluantes surtout dans de tels systèmes de culture sur couverture permanente où le sol est totalement protégé et où l’activité biologique intense est une garantie supplémentaire de dégradation rapide des molécules xénobiotiques. Dans ce système de semis direct construit sur 2 cultures annuelles en succession, les cultures commerciales peuvent être : le soja, le maïs, le riz pluvial à haut potentiel, le coton ; les cultures pompes biologiques qui précèdent la culture commerciale et qui se substituent au travail mécanique du sol sont : le mil, le sorgho, l’Eleusine coracana. Les pompes biologiques qui succéderont à la culture commerciale : du mil, du sorgho, associés ou non à des espèces fourragères, du tournesol. Les pompes biologiques de succession associant mil ou sorgho au Brachiaria produisent entre 7 et 13 tonnes/ha de matière sèche au dessus du sol à l’entrée de la saison sèche, et plus de 4 t/ha de racines dans les 50 premiers cm du profil cultural (fig. 4, 5 et 6). Ce sont ces systèmes qui se sont diffusés très rapidement entre 1992 et 1998 qui dominent aujourd’hui, sur les 3 millions d’hectares de semis direct que compte le centre ouest brésilien. 2 – Les systèmes de semis direct intégrant les systèmes précédents de production de grains, pratiqués en rotation avec des pâturages, tous les 2, 3, 4 ou 5 ans pour la production de viande ou de lait. A la différence des systèmes précédents, dans lesquels l’espèce fourragère (Brachiaria r.) n’est présente que pendant quelques mois en mélange avec le mil ou le sorgho pour renforcer la biomasse de surface, dans les systèmes mixtes « production de grains-élevage » les espèces fourragères sont implantées pour 2, 3, 4 à 5 ans, en rotation avec les systèmes de production de grains (fig. 8 ). L’implantation du pâturage se fait après récolte de la culture commerciale, (en général du soja semé aux premières pluies) en semis direct dans les résidus de récolte. Le pâturage à base de Brachiaria brizantha ou de Panicum maximum, implanté par cette technique sans engrais, dispose de réserves en eau suffisantes pour produire une très forte biomasse fourragère à l’entrée de la saison sèche. II peut supporter 1,7 à 2,2 têtes/ha de gros bétail dont le gain de poids sur les 100 à 120 jours de la saison sèche est d’environ 450g/jour/animal. Inversement, pour repasser du pâturage à la culture, on utilise les herbicides totaux18 à forte dose qui détruisent le pâturage (parties aériennes et racinaires), et le semis direct de la culture commerciale peut commencer entre 15 et 25 jours après le dessèchement à l’herbicide, le temps que la biomasse se réduise suffisamment en surface et permette ainsi un semis direct dans de bonnes conditions opérationnelles (rapidité d’exécution. placement précis de ta semence).
19 Les sulfonylurées par exemple s’utilisent à des doses de quelques grammes par hectare présentent une très faible toxicité pour les mammifères, les oiseaux et les poissons. Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr Ces rotations production de grains-élévage, pratiquées en semis direct continu sont actuellement en voie de diffusion rapide. Enfin, une variante à ces systèmes, a été mise au point pour les éleveurs stricts qui ne souhaitent pas produire de grains pendant 2 ans ou plus. Dans ce cas, il faut rénover le pâturage qui se dégrade avec le temps : le pâturage dégradé est détruit à l’herbicide total (glyphosate) et du riz pluvial à cycle court est installé en semis direct sur le pâturage désséché et détruit, dès le début de saison des pluies. A la récolte du riz, le nouveau pâturage (genres Brachiaria, Panicum) est implanté en semis direct dans les pailles de riz. Dans ce système, aucun herbicide n’est utilisé dans la culture de riz et la fumure utilisée sur cette culture est supérieure de 30 % à ses besoins. Le reliquat d’engrais est utilisé par le nouveau pâturage semé directement en succession du riz. Avec un riz de belle qualité de grains (variétés CIRAD), les marges nettes couvrent le coût d’installation du nouveau pâturage, et offrent un reliquat monétaire avec l’élevage en saison sèche, comp
Le Manque d’Expertise Terrain en Agronomie : Un Défi Croissant et les Solutions de SCV Agrologie
L’agriculture fait face à des défis majeurs liés à un retard agronomique et un manque d’expertise terrain. Ce déficit entraîne des sols appauvris, une dépendance accrue aux intrants chimiques et une faible résilience face aux changements climatiques. Pour remédier à ces enjeux, des approches innovantes comme celles développées par SCV Agrologie offrent des solutions durables et adaptées aux réalités locales.
Les Conséquences du Manque d’Expertise Terrain
Dégradation des sols : l’Approche et mode de gestion des sols actuels favorise une perte de matière organique (bilan carbone négatif), l’érosion et la compaction des sols, réduisant leur fertilité à long terme.
Dépendance aux intrants chimiques : L’absence d’une approche agroécologique préventive pousse à une utilisation excessive d’engrais et pesticides, augmentant les coûts et l’impact environnemental. Faible adaptation aux conditions climatiques : Le manque d’innovation et de recherche-action limite la capacité des agriculteurs à adapter leurs pratiques aux aléas climatiques croissants.
Baisse de la rentabilité des exploitations : Sans accompagnement technique de qualité, les producteurs subissent des coûts élevés et une rentabilité de plus en plus précaire.
SCV Agrologie : Une Réponse Concrète à Ces Défis
Depuis 15 ans, SCV Agrologie accompagne les agriculteurs dans l’adoption des Systèmes de Semis Direct sur Couverture Végétale Permanente (SCV), une approche qui améliore la résilience des sols et la productivité agricole. Implantation des mélanges multi-espèces : SCV Agrologie a mis en place des mélanges de 12 à 20 espèces adaptées aux conditions pédoclimatiques québécoises, permettant une meilleure couverture végétale et un enrichissement du sol.
Expérimentations en conditions réelles : Contrairement aux recommandations génériques, SCV Agrologie mise sur une approche recherche-action-diffusion, testant et ajustant les pratiques directement avec les agriculteurs. Formation et accompagnement technique : Par des rencontres terrain et des échanges avec un réseau d’agriculteurs pionniers, SCV Agrologie assure un transfert efficace des connaissances et un suivi personnalisé. Optimisation des systèmes de production : L’intégration des SCV en cultures de pommes de terre et en systèmes fourragers a démontré des bénéfices en termes de réduction des coûts et d’amélioration de la santé des sols.
Un Modèle d’Agriculture basé sur le stockage du carbone Pour l’Avenir
Le retard agronomique peut être rattrapé grâce à des initiatives comme celles de SCV Agrologie qui misent sur l’innovation, l’adaptation locale et la diffusion des savoirs. Pour garantir un avenir agricole durable, il est crucial que les acteurs du secteur reconnaissent l’importance de l’expertise terrain et adoptent des approches éprouvées comme le SCV.
Une méthode pour réduire l’usage des pesticides gagne du terrain dans l’Est
Accéder à la section commentaires
« L’objectif de la cohorte, c’est que les producteurs puissent adopter l’un des principes du système de semis directs sur couverture végétale permanente. Parmi les principes, c’est l’absence de travail de sol, la biodiversité et la couverture végétale », explique l’agronome Louis Pérusse.
PHOTO : RADIO-CANADA / VÉRONIQUE DUVAL
Publié le 26 juillet 2023 à 1 h 46 UTC+2
Des producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie implantent une méthode de gestion durable des sols sur leurs terres agricoles depuis un an : le système de semis directs sur couverture végétale permanente (SCV).
L’agronome Louis Pérusse implante le système de semis directs sur couverture végétale permanente, aussi nommé la méthode SCV, depuis une quinzaine d’années au Québec.
J’ai amené des producteurs à réduire le travail de sol pour certains à 100 %. On a des réductions de pesticides jusqu’à 70 %. Des engrais, la même chose Une citation de Louis Pérusse, agronome
L’approche mise sur l’augmentation de la qualité des sols et du rendement des cultures en faisant une meilleure rotation et en privilégiant la diversité des plantes, ce qui réduit l’usage des engrais et pesticides.
On veut vraiment créer un écosystème à la ferme basé sur le concept du génie végétal, c’est-à-dire utiliser les fonctions des plantes qui vont rendre les nutriments du sol plus disponibles aux cultures de récoltes. C’est recopier l’image du système forestier, mais au niveau agricole, explique l’agronome.
Ce n’est pas une approche qui exclut les engrais de synthèse ou les pesticides, mais l’objectif c’est de les réduire le plus possible, ajoute-t-il.Ouvrir en mode plein écran
Leurs fermes bovines ou laitières sont situées entre Rivière-du-Loup, dans le Bas-Saint-Laurent, et Caplan, en Gaspésie, avec une majorité dans la vallée de la Matapédia.
PHOTO : RADIO-CANADA / VÉRONIQUE DUVAL
La méthode SCV a été mise au point en milieu tropical il y a 40 ans. Elle a gagné en popularité ailleurs dans le monde au cours des 20 dernières années.
Faire des associations, garder des sols verts en permanence, ce n’est pas une pratique que j’ai inventée. C’est une pratique que j’ai initiée. Puis j’ai eu la chance d’avoir un mentor, Lucien Séguy, qui a travaillé un peu partout sur la planète, qui m’a transmis son savoir-faire, explique Louis Pérusse.
Son objectif depuis une quinzaine d’années est de former des producteurs dans cette approche globale d’agriculture durable.Ouvrir en mode plein écran
« On parle d’agir sur des enjeux comme l’érosion de sol, protéger le sol, nourrir le sol différemment que juste par des engrais de synthèse », explique l’agronome Louis Pérusse.
PHOTO : RADIO-CANADA / VÉRONIQUE DUVAL
L’idée de la méthode, c’est de ne plus labourer le sol.
Dans le fond, l’image, c’est que je veux avoir des champs verts le plus possible toute l’année. Je veux qu’au printemps ce soit vert. Je veux que ça soit vert à l’automne. Donc le SCV, c’est un peu l’image d’avoir une prairie en permanence, mais avec des cultures de récolte, explique-t-il.
Des agriculteurs préoccupés par l’avenir
Agriculteur pendant 45 ans dans la vallée de la Matapédia, Gilles St-Laurent est à présent à la retraite, mais il est toujours passionné d’agriculture.
Il accompagne la cohorte d’agriculteurs de la vallée de la Matapédia, de Rivière-du-Loup, de Caplan et de Cap-Chat qui se sont engagés à intégrer ces nouvelles pratiques.
Les agriculteurs sont très préoccupés actuellement par l’environnement et ils cherchent des solutions. Quand on voit les feux de forêt, quand on voit les pluies torrentielles qu’on a, il serait temps qu’on se réveille, déclare-t-il.Ouvrir en mode plein écran
« Il y a des changements climatiques. Qu’est-ce qu’on fait? Moi, je ne compte pas sur le gouvernement pour faire des changements, je pense que c’est dans chacune de nos entreprises, individuellement, qu’on peut faire des choses », affirme Gilles St-Laurent.
PHOTO : RADIO-CANADA / VÉRONIQUE DUVAL
Il explique qu’au cours des huit dernières années, même avec l’ajout de pesticides, d’engrais chimiques et d’herbicides, les rendements n’étaient plus au rendez-vous.
On se disait : il y a quelque chose qui se passe, il y a quelque chose qui se passe dans la terre, qui fait que même si on met plus d’engrais, ça n’augmente pas la production, poursuit M. St-Laurent.
Il estime que la technique SCV ne règle pas tous les problèmes en agriculture, mais qu’il s’agit d’une solution applicable dans la vallée de la Matapédia.
Gilles St-Laurent souligne que les producteurs agricoles utilisant la méthode SCV sont passés de 4 à 17 entre 2021 et 2023.
Il estime à près de 1200 hectares les terres utilisant le SCV dans la vallée de la Matapédia depuis 2021.
Seul, on va loin, mais en équipe on va plus vite, affirme l’agronome Louis Pérusse.
Il explique que le but de former des cohortes est de faciliter le transfert des connaissances et d’améliorer le réseautage entre les producteurs qui veulent implanter le SCV dans leurs pratiques.
Les participants à cette cohorte reçoivent un soutien financier provenant du Plan d’agriculture durable du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).
Élever notre sol maintenant, le nourrir pour se nourrir demain.
Notre ferme céréalière est en SCV depuis 25 années, je partage cette aventure avec mon épouse Lydie et maintenant ma fille Lucie lesquelles partagent avec moi la passion du SCV.
Cette ferme se situe dans le centre de la France près de la ville de Nevers. On y pratique donc l’Agriculture de Conservation des Sols (ACS)* (aucun travail mécanique du sol + rotations de cultures importantes + couverture permanente du sol avec résidus et plantes de services ) + apports de matières organiques exogènes .
Nous avons eu la chance de rencontrer M. Lucien SÉGUY , chercheur au Cirad, qui a travailler principalement au Brésil sur le SCV, mais aussi un peu partout dans le monde…..Avec Lucien, nous avons mis en place sur notre ferme, une plateforme d’essai spécifique consacrée principalement aux plantes de service .
Le reste de la ferme est donc dédiée aux SCV de M. Lucien Séguy, Notre objectif est aussi d’ élever le sol qui nous est confié….
M. Lucien Séguy :
Docteur en Agronomie, Scientifique du CIRAD, pédologue de l’ORSTOM, Lucien estimait que tous les outils sont connus pour produire intensivement, à peu de frais, de la nourriture de qualité sur des sols à fertilité améliorée. Lucien Séguy, est certainement l’Agronome qui, sous tous les climats,toute les latitudes, a sillonné, foulé de ses propres pieds, le plus de parcelles agricoles au monde et ce record n’est certainement pas prêt d’être battu !
Le CIRAD (*équipe Lucien.Séguy, ingénieur agronome, pédologue IRD, consultant international pour les systèmes de culture SCV, S. Bouzinac, S.Boulakia, F. Tivet, Hoa Tranquoc, R. Michellon, F. Jullien) et ses collaborateurs du Sud Asie ont créé au cours des 30 dernières années de nombreux scénarii diversifiés de développement durable en SCV de plus en plus performants.
L. Séguy et S. Bouzinac les ont créés/maîtrisés avec leurs partenaires au Brésil puis transférés/adaptés en France depuis le début des années 2000. Ces systèmes SCV, que l’on pratique en Bourgogne depuis 25 ans , sont issus de l’ingénierie écologique au service du développement et qui fonctionnent à l’image de l’écosystème forestier dont ils sont inspirés (biomimétisme), ils ont été continuellement perfectionnés au cours des 40 dernières années aux plans écologiques, agronomiques et technico-économiques.
Ils offrent, aujourd’hui, toutes les garanties de l’agriculture durable : De plus en plus productifs avec de moins en moins d’intrants chimiques, donc des coûts de production en baisse. Ils sont tous construits sur une reconquête de la biodiversité fonctionnelle : Rotations de cultures, intégration agriculture – élevage, sols toujours protégés sous couvertures mortes et/ou vivantes ; biologiquement très actifs, ils séquestrent efficacement le carbone :
Dans la plupart des fermes françaises qui les pratiquent depuis plus de 20 ans, le taux de séquestration annuel de carbone est compris entre 1 et 1,5 T/ha/an, soit 10 fois supérieur à la démarche « 4 pour 1 000 » ; de même, ils favorisent la rétention des nutriments (CEC plus élevée), réduisent l’incidence des maladies, des ravageurs en général, des nématodes phytophages, fonctionnent en circuit fermé comme la forêt et réduisent ainsi très fortement les pertes de nutriments (recyclage profond des bases et nitrates, injection de carbone en profondeur, hors des atteintes anthropiques) et garantissent la qualité biologique des sols, des eaux et des productions (système auto-épurateur , forte capacité de biorémédiation).
En forêt, rien ne se perd !
Tout comme Louis Pasteur, Lucien Séguy a passé une partie de sa jeunesse à peindre, exerçant et développant ses talents d’observateur. En grand scientifique, il interroge sans cesse la nature : « Mon maître, mon juge, mon centre d’inspiration principal, c’est la nature, sous sa complexité la plus grande. Vous avez une question à poser ? Posez-la à la nature. Et elle vous répondra ! Il faut simplement faire quelques manip’ pour qu’elle vous réponde. Et le faire de manière scientifique pour comprendre pourquoi cette réponse ; ce qu’elle veut dire exactement. »
Le but de Séguy est d’inventer une agriculture inspirée de la fertilité naturelle des forêts. Il fonde les principes de cette nouvelle agriculture sur quelques observations.
Les SCV (Semis sous Couverture Végétale) Vers du vert 365 jours / 365
Solution d’avenir pour une agriculture à très hautes performances économiques et environnementales …..et qui produit.
Les SCV, le génie végétal….. Qu’est que c’est…Qu’apporte t-il ?
Les SCV ouvrent maintenant la voie (et sont actuellement très proches) d’une gestion totalement biologique des agrosystèmes dans un environnement parfaitement protégé, avec ou sans apport de matière organique exogène. Nous savons aussi aujourd’hui, dans cette agriculture écologiquement intensive, comment supprimer le glyphosate et les pesticides, les intrants chimiques en général tout en maintenant de très hautes productivités plus stables dans le changement climatique. Cette reconquête de la biodiversité ramène l’évolution des systèmes cultivés vers celle des écosystèmes naturels originels (Résilience).
Ces dernières années, sur le réseau « SCV France informel » qui fonctionne sans aucun appui financier ou subvention, a été précisée/ajustée l’utilisation optimale du « génie végétal » au profit des performances des cultures, des sols et de la qualité biologique des productions : Les sojas conduits au Brésil avec ces techniques contiennent 3% de plus de protéines que les sojas conventionnels en semis direct. Le « génie végétal » est le pilier des systèmes SCV, et SCV BIO en construction .
Le SCV est matérialisé par des MIX de plantes de couverture installés ou entre les cultures ou en association avec elles, (en semis direct ou en semis à la volée qui réduit drastiquement l’incidence des adventices) dont la composition pluri-espèces est optimisée pour bénéficier d’un maximum de fonctions agronomiques gratuites au profit du système sol-type de culture ….
Ce génie végétal assure 90 à 95% des performances des systèmes : Productivités optimisées élevées et stables, contrôle naturel des adventices (système de double couverts successifs tournant dans la rotation , densité de semis élevée) recyclage très important de nutriments le + souvent supérieur aux besoins des cultures (excepté N sur céréales à compléter par faible doses de N organique) …. Perte minimum à nulle de nutriments dans le système sol-culture …forte capacité de biorémédiation (système épurateur des sols) …forte séquestration de Carbone (le sol devient maintenant un puits de carbone important…. Il devrait devenir un choix stratégique des gouvernements dans la lutte contre le réchauffement climatique … Le prix des terres devrait être fixé sur leur teneur en matière organique pour inciter les agriculteurs à pratiquer les SCV et SCV bio) … L’agriculture n’est plus un système de prédation mais devient un système de régénération de la fertilité globale des sols (optimisation de nombreuses fonctions agronomiques gratuites, services écosystémiques qui substituent la chimie intensive exogène et coûteuse)…
C’est la première fois dans l’histoire de l’agriculture que l’homme peut produire beaucoup, à peu de frais, tout en augmentant la fertilité organo-biologique de son sol …Ce mode de gestion écologiquement intensif permet ainsi de substituer progressivement l’utilisation massive actuelle d’énergie culturale d’origine industrielle par une énergie culturale d’origine biologique de plus en plus performante. Le patrimoine sol est cousu par les systèmes racinaires, l’érosion totalement contrôlée; nos sols, eaux, rivières et productions, sont « propres », nos paysages préservés.
La température est régulée comme sous forêt même au cours de canicules (régulation de l’ évaporation), infiltration maximum de l’eau de pluie (stockage) au détriment du ruissellement , d’où contrôle externalités, arrêt des coulées de terres , protection des infrastructures dont fossés de drainage, routes ….produits phyto, nitrates, non entraînés rapidement vers cours d’eau , la mer…
Cette approche, est obligatoirement intéressante pour les assureurs qui seraient très concernés par l’économie des catastrophes climatiques auxquelles ces compagnies sont maintenant confrontées. On pourrait même leur demander de participer financièrement à la diffusion de ces techniques plutôt que de payer des sommes astronomiques pour « tenter de réparer les dégâts »…qui se multiplient ….imprévisibles et croissants…
Cette nécessité de production totalement propre et de qualité constitue un élément de conviction puissant et démultiplicateur pour l’adoption/diffusion des systèmes SCV …C’est par l’adhésion, l’appui effectif des autorités (adhésion politique, promotion officielle , subventions) et de la société civile que l’appropriation des SCV pourra progresser le plus rapidement chez les agriculteurs .
Les SCV permettent de répondre à la demande sociétale actuelle d’amélioration de la qualité de l’alimentation et les SCV sont une solution à la problématique « eau » (érosion, ruissellement, qualité, efficience).. + Forte séquestration du C dans les sols (label bas carbone)
Et pour demain….En SCV, les sols accumulent les performances au fil des années, on peut donc encore améliorer fortement nos performances en SCV ….!
M.SÉGUY , nous ayant quittés le 25 Avril 2020 , nous tenons absolument à prolonger son œuvre , pour cela, un webinaire international a été organisé le 24 et 25 janvier 2023 :
Nous avons constituer, avec un groupe d’agriculteurs en SCV, une association à but non lucratif dédiée à l’agriculture de conservation des sols et plus particulièrement au Semis sous plantes de Couvertures Vivantes (SCV)
Cette association (SCV LUCIEN SEGUY) a pour but de former les nouvelles générations d’agriculteurs à ces technologies de production agricole innovantes, de tester de nouvelles techniques d’associations de plantes de couverture, d’expérimenter de nouveaux matériels en cours d’élaboration sur notre ferme et qui concernent la problématique « glyphosate » de ces techniques ACS, nous pensons pouvoir déboucher rapidement sur une solution intéressante et innovante.…
L’objectif de cette association, étant aussi de fédérer les organismes français et européens existants dans cette approche pour une meilleure efficacité nationale…voir internationale ….
On pense qu’il y a une certaine urgence à développer ces méthodes innovantes : La qualité, la durabilité des sols de notre planète deviennent préoccupantes pour la sécurité alimentaire et notre climat…, les coûts afférents au maintien de notre production conventionnelle actuelle commencent à présenter de vives inquiétudes de la part de nos collègues agriculteurs.
Par contre, nos systèmes de cultures SCV sont plus productifs, plus stables, plus attractifs économiquement et de moindre risque. Ce sont aussi ceux qui séquestrent le plus de carbone. Dans ces systèmes, la part de la fertilité gratuite construite en Semis Direct par voies physiques et organo-biologiques prend de plus en plus d’importance au cours du temps dans la capacité de production du sol : La productivité augmente avec moins d’intrants chimiques (engrais, pesticides), le potentiel du sol s’accroît, les coûts de production baissent et les impacts de l’activité agricole sur l’environnement sont mieux contrôlés.
Le semis direct sur couverture permanente du sol (SCV) est probablement le paradigme le plus complet qui ait été construit à ce jour pour le développement planétaire d’une agriculture durable, préservatrice de l’environnement, gérée, de plus en plus, ”au plus près de l’écologie”.
Nous sommes à un tournant historique dans la vie de l’humanité, les coûts environnementaux du développement économique dus aux énergies fossiles faciles, ont été largement ignorés , il serait dangereux de continuer dans cette voie.
L’humanité est maintenant exposée à un risque extrême du fait de l’incapacité de l’économie à prendre en compte l’épuisement rapide du capital naturel et doit trouver de nouvelles mesures de succès pour éviter une catastrophe.
La planète est notre maison, une bonne économie exige que sa gestion soit complètement revue ou même révolutionnée.
Ce constat sur l’ampleur des changements climatiques implique de revoir en profondeur notre agriculture, mais pas que ….!!
Plusieurs thèmes incontournables : En préalable : la globalité
A ce niveau de la présentation, il est évident que je vais vous évoquer le sol, la priorité des sols vivants, mais en même on est obligé d’aborder l’aspect globale des choses et les interactions qui les constituent ….Chaque élément est important mais tous ont des rapports incontournables entre eux et seul, un élément n’est pas fonctionnel.
L’énergie.
Le reste de nos énergies fossiles encore disponible doit pour une part contribuer à mettre en place de nouvelles solutions sobres et efficaces pour nos économies, ainsi que d’autres techniques de production énergétique sans gaspillage.
La technique SCV, par exemple, permet une économie de carburant fossile de plus de moitié permis pas le Non Travail du sol mécanique, en comparaison avec les techniques conventionnelles
On se libère du travail mécanique du sol, car celui-ci retrouve une résilience avec les systèmes racinaires permanents ….En SCV , la structure du sol est continuellement performante grâce à la vie biologique, le travail mécanique du sol n’ a plus sa place, les structures grumeleuses sont maintenues en permanence……et c’est bien ce travail mécanique qui est le plus coûteux en matière d’énergie, ce travail mécanique mis en place historiquement par nos anciennes générations d’agriculteurs pour gérer les plantes adventices n’a pu lieu d’exister en SCV…. !!
L’énergie d’hier, ça a été le soleil
L’énergie d’aujourd’hui,c’est le soleil…
L’ÉNERGIE DE DEMAIN, CE SERA LE SOLEIL ….Il y a une usine qui est super performante pour capter cette énergie encore gratuite…c’est la végétation et son procédé breveté c’est la photosynthèse..…la Nature phénoménale est même capable de stocker cette énergie solaire dans la puissance du génie végétal et le carbone ….Les graines et autres plantes que nous consommons sont bien des stocks d’énergie provenant des rayons solaires …..
Produire et redonner du pouvoir aux agriculteurs ? C’est le pari de Lucien Séguy, « agronome », mais surtout « paysan ». Lucien Séguy dédiera sa vie à la fertilité et au « génie végétale ». Sans dogmatisme, il associera la plus grande diversité biologique possible et les techniques agro-industrielles de pointes, créant lui-même plusieurs variétés de semences de riz à haut-rendements.
Les militants de Solidarité & Progrès ont dénoncé une politique de la famine depuis la fin des accords de Bretton Woods (1971) et la publication du rapport « Halte à la croissance » (1972). Depuis lors, la dérégulation met tous les agriculteurs en compétition, accroissant les inégalités ; et l’idéologie décroissante des institutions financières s’oppose à l’équipement de l’agriculture, même là où elle est la seule ressource.
Est-il encore possible (écologiquement ? ) d’augmenter la productivité agricole ? Dans ce dossier, nous vous proposons de suivre le chercheur Lucien Séguy, à la découverte d’un monde longtemps passé inaperçu, celui des sols vivants. Nous verrons comment l’alliance des sols et des agriculteurs peut vaincre la pauvreté et la faim.
Biographie : Une vie au service de la science ; la science au service des paysans
Lucien Séguy en mission d’appui au Maroc. Source : Fert
Né en 1944 dans une famille paysanne de Dordogne, il est le seul de sa fratrie à poursuivre des études supérieures. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieur d’Agronomie de Toulouse, il se spécialise dans la science des sols (pédologie), puis part en service civique au Sénégal en 1967, développer la riziculture paysanne dans la région de la Casamance. Le Centre de coopération internationale en recherche en agronomique pour le développement (Cirad) lui confie sa première affectation professionnelle au Cameroun. Il y met en évidence l’importance de la gestion du sol pour lutter contre la pyriculariose, un champignon qui détruit les feuilles du riz.
1977 : repéré pour ses travaux sur les cultures de riz, il est appelé au Brésil. Débute sa véritable aventure scientifique. Il y travaillera jusqu’à sa retraite en 2009. En parallèle, il lance des missions d’appui aux paysans dans une dizaine de pays, dont Madagascar, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Cameroun, le Sénégal, la Tunisie, le Viêtnam, le Laos, le Cambodge, le Canada, la France métropolitaine et d’outre-mer, jusque dans les mois qui précèdent son décès en avril 2020.
Le texte qui suit est adapté librement du rapport de Lucien Séguy, son ami Serge Bouzinac, et leurs collègues de la recherche brésilienne : « La symphonie inachevée du Semis Direct dans le Brésil central », rédigé en 2008 pour le Cirad et l’Embrapa (la Société Brésilienne de Recherche Agricole).
Les effets spectaculaires de l’érosion en Europe. Source : agriculture-de-conservation.com / C. Henricot
Lorsque Lucien Séguy arrive au Brésil, il rencontre des paysans ruinés par la dégradation du sol. En cause, le labour.
Le labour est pourtant une méthode qui a fait ses preuves en agriculture. Depuis sa découverte dans le croissant fertile, il y a 10 000 ans, plusieurs civilisations agraires y ont eu recours, de la Mésopotamie à l’Europe et l’Asie. Le labour a permis à des centaines de générations de se nourrir, jusqu’à nous.
Il empêche l’installation des mauvaises herbes et des maladies du sol. Mais exige d’énormes quantités de labeur des paysans. Avec un risque de désertification, particulièrement rapide sous les tropiques.
En climat tropical, les sols ont un aspect minéral, comme la terre de remblai peu fertile de nos terrains vagues. Seuls les cinq premiers centimètres de surface sont noirs et fertiles, comme le terreau ou le compost.
Cette mince couche ne peut s’épaissir, car l’humidité et la température tropicale accélèrent tous les processus du vivant : la croissance des plantes cultivées, comme la décomposition de la matière morte au sol. La « matière organique », noire et fertile, est donc fragile sous ces latitudes.
Dans ce contexte, la technique du labour, qui apporte beaucoup d’oxygène au sol, accélère la décomposition de la matière organique, par les microorganismes du sol. C’est « l’érosion invisible ». De plus, mis à nu et cassé en mottes, le sol est emporté dans les fleuves par les puissantes pluies tropicales. C’est « l’érosion visible ».
En forêt, rien ne se perd !
Tout comme Louis Pasteur, Lucien Séguy a passé une partie de sa jeunesse à peindre, exerçant et développant ses talents d’observateur. En grand scientifique, il interroge sans cesse la nature : « Mon maître, mon juge, mon centre d’inspiration principal, c’est la nature, sous sa complexité la plus grande. Vous avez une question à poser ? Posez-la à la nature. Et elle vous répondra ! Il faut simplement faire quelques manip’ pour qu’elle vous réponde. Et le faire de manière scientifique pour comprendre pourquoi cette réponse ; ce qu’elle veut dire exactement. »
Le but de Séguy est d’inventer une agriculture inspirée de la fertilité naturelle des forêts. Il fonde les principes de cette nouvelle agriculture sur quelques observations.
Lucien Séguy note le rôle essentiel de la « matière morte » dans la fertilité des forêts tropicales. Les « éléments fertilisants » qui s’enfonceraient dans le « sol minéral » pouvant malgré tout être recyclés par les racines profondes.
– Une première observation : Le sol forestier n’a pas besoin d’être labouré pour être meuble. Les organismes du sol forestier et les racines des plantes brassent la matière et produisent la porosité nécessaire à la présence raisonnable d’oxygène et d’eau dans le sol forestier.
1er principe : Lucien Séguy propose donc de semer directement les graines dans le sol, sans labour. L’idée n’est pas nouvelle. Ce semis dit « direct » avait permis aux civilisations précolombiennes de prospérer. La méthode en fut oublié, avec leur effondrement. Cette technique est redécouverte aux Etats-Unis dans les années 60, pour parer aux tempêtes de sable ; suite au « Dust Bowl » des années 30, lors de la grande dépression, qui a profondément meurtri le pays, comme l’illustre le film Les raisins de la colère.
C’est le glyphosate, bêtement diabolisé par des écologistes radicaux, qui a permis aux Etats-Unis d’abandonner le labour, donc d’éviter le désert… Le glyphosate agit en bloquant la photosynthèse des mauvaises herbes, rendant caduc l’archaïque labour. À ce titre, Lucien Séguy propose avec humour que soit décerné « le prix Nobel de la paix à Monsanto, pour sa contribution à la préservation des sols ».
Mais – attention – Lucien Séguy est lucide quant au risque de destruction de l’agriculture par les biotechnologies, quand elles sont développées dans un but mercantile. Au sujet de l’herbicide de Monsanto et des OGM, il nous dit : « la productivité n’a pas augmenté depuis leur adoption massive [alors] que les doses d’herbicide sont plutôt en croissance pour contrôler les [plantes] devenues résistantes au glyphosate. » Avoir recours à de plus grands volumes, inutilement… le contraire de l’écologie !
En Semis Direct, le sol n’est pas retourné : à l’avant du tracteur, un « rolofaca » ou « rouleau hacheur » couche le couvert végétal au sol ; à l’arrière, le semoir sème directement les graines sous cette litière. Source : paysan-breton.fr / Toma Swan
– Lucien Séguy fait une deuxième observation : Les sols forestiers sont couverts en permanence d’une litière végétale. Sous cette litière, les premiers centimètres du sol sont le siège de la fertilité de la forêt tropicale. En profondeur, les éléments nutritifs se font beaucoup plus rares !
2nd principe : Pour avoir un sol aéré, riche en nutriments et protégé contre les pluies diluviennes, Lucien Séguy comprend qu’il doit restituer une partie de la culture au sol. L’enjeu est notamment de nourrir les vers de terre et leur cortège d’êtres vivants. Il choisit de recourir à de « puissantes biomasses » pour couvrir le sol et le régénérer en matière organique, qui confère sa fertilité au sol.
Semis direct dans un couvert de sorgho en Europe. La densité et la vigueur du sorgho en font une excellente « plante géante » de couverture, pour contenir les autres plantes et nourrir le sol. Source : agriculture-de-conservation / Cécile Waligora.
– Une ultime observation permet à cet « ingénieur du végétal » d’identifier la complémentarité des plantes dans les systèmes forestiers : toutes ne prospectent pas l’eau aux mêmes profondeurs ; et certaines plantes peuvent arracher des éléments minéraux au sol, pour les mettre à disposition des plantes de la culture suivante.
3ème principe : Lucien Séguy commence donc un travail qui est au cœur de ce qu’il nomme sa « symphonie inachevée » : Il recherche les meilleures successions et associations végétales, permettant de réduire les dépendances aux fertilisants et aux pesticides, et de maximiser les revenus des agriculteurs.
En rupture avec la monoculture, il propose : « L’incorporation de biomasses de couverture encore plus puissantes et plus diversifiées pour que les couverts végétaux des SCV gagnent en multifonctionnalité gratuite. »
Entre deux cultures commerciales, des couverts végétaux sont semés pour réorienter la biologie, la chimie et la structure du sol. Ici, un mélange de tournesol, phacélie et pois. Source : Ver de terre production
Lucien Séguy appelle sa méthode : « Semis sous Couvert Végétal » (SCV).
Avec son binôme Serge Bouzinac et ses partenaires de la recherche et développement brésiliens, Séguy met en place une méthodologie de « recherche-action » sur « système de cultures pérennes » : le chercheur fait ses essais avec, pour et chez les agriculteurs, sur plusieurs années, pour adapter ses travaux aux contraintes de la production.
Pour ces travaux, Lucien Séguy est nommé docteur « Honoris causa » de l’université de Ponta Grossa, une des meilleures universités agricoles du monde, et “Grand Citoyen” par l’Assemblée Législative de l’Etat du Mato Grosso. Mais le paysan-chercheur tient à rendre hommage aux efforts des agriculteurs brésiliens et des acteurs institutionnels :
« Le Brésil a montré au monde sa capacité à développer en moins de 30 ans une agriculture de conservation que le monde entier admire et lui envie, même si elle est largement encore perfectible comme l’ont démontré nos travaux sur les innovations SCV inspirées du fonctionnement de l’écosystème forestier. »
Ajoutons que, bien que fortement mécanisés, les agricultures du Brésil, de l’Argentine et des Etats-Unis restent peu productives, car peu irriguées : dans la région du Mato Grosso entre 2001 et 2007, les rendements par hectare sont en moyenne : de 3,5 tonnes pour le coton, 2,9 tonnes pour le soja et 3,4 tonnes pour le maïs. En France, le blé produit 7 tonnes par hectare et le maïs 9 tonnes. Un ami et disciple de Lucien Séguy, Christian Abadie, produit même 14 tonnes de maïs dans le sud-ouest de la France !
Pourquoi les agriculteurs des Etats-Unis, de l’Argentine et du Brésil acceptent-ils de produire si peu par hectare ? La réponse est en partie économique.
Regardons plutôt, pour le moment, les résultats de la méthode du « Semis sous Couvert Végétal » de Lucien Séguy.
Bilan des « Semis sous Couvert Végétal »
Amélioration du statut social des paysans, accomplissements économiques et environnementaux divers ; les résultats présentés ci-dessous sont non exhaustifs, mais sont l’occasion d’illustrer les problématiques de l’agriculture.
Résultats du groupe agro-industrielMAEDA : Augmentation de la productivité du soja de 25%, et du coton de 45%. Soit une productivité respectable de près de 4 tonnes de soja par hectare et 5 tonnes de coton. Passage à 3 cultures sur 2 ans au lieu de 2. Les marges ont été multipliées par 3. Le nombre de machines agricoles a été réduit de moitié. Le nombre de prestataires de services a chuté de 71%. Et la consommation de carburant a diminué de 70%. Produire plus avec moins !
Des engrais renouvelables : Le manque d’azote et de phosphore dans le sol est ce qui limite le plus la productivité des champs. L’azote constitue 78% de l’air que nous respirons. Il est obtenu industriellement par la réaction du gaz naturel avec l’air. Quant au phosphore, il est aujourd’hui extrait des carrières de « guano », sites de déjections des oiseaux marins, ressource peu renouvelable.
A titre d’exemple, Lucien Séguy introduit la plante sauvage Stylosanthes, pour sa capacité à fixer l’azote atmosphérique et à mobiliser le phosphore du sol. Cet exploit naturel est dû à des symbioses racinaires, avec des bactéries pour l’azote, et avec des champignons pour le phosphore.
En plus de la Stylosanthes, il choisit la Brachiaria, pour ses racines profondes qui récupèrent les nutriments perdus, de même que pour la densité de son couvert au sol et pour sa forte productivité. Lucien Séguy sème ces deux plantes entre les pieds du maïs qui précède la culture de soja. Il en tire une hausse de productivité pour le maïs et le soja, et s’en sert comme fourrage pour l’élevage.
Une réduction des dégâts : Sur soja, cette fertilité organique permet de réduire le nombre de traitements fongicides des 2/3, voire totalement, et d’obtenir des grains de 1 à 3% plus riches en protéines.
Sur coton, en réduisant de 30 à 50% les apports chimiques d’azote et de potassium, en simple complément de la fertilité naturelle du sol, les dégâts liés au ravageur sont nettement plus faibles. Les passages de pesticides peuvent alors être réduits d’1/3.
Une auto-épuration naturelle : Le sol vivant est un « biodigesteur » des résidus végétaux, mais aussi des pesticides, qu’il réduit en molécules de plus en plus simples. Plus il y a de matière végétale au sol, plus les pesticides restent piégés longtemps dans ce biodigesteur, et donc meilleure est la destruction de ces polluants.
En culture de coton, qui exige souvent de nombreux traitements chimiques, les Semis sous Couvert Végétal (SCV) permettent de réduire le volume d’insecticides de près d’un tiers et le nombre de molécules différentes de 18 à 5. Le volume de fongicides (contre les champignons) est réduit de moitié. La fonction auto-épuratrice des sols vivants permet de réduire sous le seuil de détection l’ensemble des 150 molécules et sous-produits polluants recherchés.
Une valorisation du territoire : Vous voulez sauver la forêt amazonienne ? 1/5ème des surfaces déboisées de l’Amazonie sont à l’abandon, car dégradés par le travail du sol. Les SCV peuvent régénérer ces 16,5 millions d’hectares :
« Les SCV les plus puissants permettent, en 3 à 5 ans, de retrouver les teneurs en matière organique et les caractéristiques de distribution des tailles d’agrégats des sols originels sous forêt. »
Autres sols valorisables : les savanes arbustives du Brésil, appelées Cerrados, réputés incultes. Ces terres, qui rappellent nos garrigues méditerranéennes, offrent plus de 50 millions d’hectares faciles à cultiver en SCV.
Avec la régénération des sols forestiers détruits et la valorisation des sols de savane incultes, Lucien Séguy se réjouit que le Brésil puisse doubler ses surfaces de production sans détruire la forêt amazonienne !
Le bocage Normand. Les haies et les arbres créent un microclimat à l’échelle des parcelles. Auteur : Bournagain.
Enfin, l’eau étant un élément essentiel à la vie, Lucien Séguy recommande de maintenir un maillage continu de végétation native de 20 à 50 mètres autour des parcelles, plutôt que des îlots forestiers. Cette « forme géométrique du défrichement » permet d’éviter l’ « effet de poêle surchauffée qui engendre des courants ascendants d’air chaud qui rejettent les pluies vers les forêts galeries à la périphérie ».
Une symphonie “inachevée”
Comme expliqué précédemment, les agricultures de hautes technologies du Brésil, de l’Argentine et des Etats-Unis pourraient assez facilement produire 1 tonne de plus par hectare. Lucien Séguy déplore le manque de formation technique et pointe aussi des raisons économiques.
À l’image des agriculteurs des Etats-Unis, les agriculteurs du Brésil ont adopté le non-labour, poussés par l’érosion des sols et par les prix très bas payés aux productions agricoles. Le non-labour leur permet de réduire leurs dépenses en matériel et essence, et apporte de la durabilité à leurs exploitations.
Au Brésil Central, où 95% des agriculteurs pratiquent le Semis Direct (1er principe : non-labour), le Semis sous Couvert Végétal (2ème & 3ème principes : une végétation puissante et diversifiée) n’est en réalité pratiqué que sur 30% des champs de soja et 15% des champs de maïs.
Ainsi, depuis les années 2000, étant insuffisamment régénérés, les sols du Brésil Central se compactent et un travail superficiel du sol redevient nécessaire. La méthode alors utilisée est le « discage » des 5 premiers centimètres, ce qui constitue une régression vers le labour et la chimie, des surcoûts et une perte de durabilité.
C’est que produire les couverts à aussi un coût ! Les systèmes de SCV nécessitent des investissements de 11% à 29% supérieurs aux simples systèmes sans labour. Hélas, en plus des aléas naturels, le libéralisme rend les prix payés aux producteurs extrêmement fluctuants et généralement plutôt bas. Ainsi, il est probable que les lendemains incertains découragent l’épargne dans le sol.
La formation professionnelle et des marchés organisés apparaissent comme les deux leviers pour qui veut bâtir une politique du sol vivant.
A la frontière des travaux de Séguy, plusieurs disciplines peuvent être convoquées :
Une myriade de naturalistes (dont les spécialisations sont en proportion de la créativité de la Nature) et d’écologues (spécialisés, eux, dans l’étude des interactions naturels) : mobilisés auprès des agronomes (à recruter également !) pour rechercher de nouvelles plantes de couvertures et de nouvelles stratégies d’assemblage du vivant.
Encore une question de moyen ! L’étude des systèmes naturels nécessite des moyens logistiques que l’approche statistique et la modélisation informatique, généralement privilégiées aujourd’hui en écologie scientifique car moins onéreuses, ne devrait qu’appuyer !
Comme pour les plantes que nous mangeons et qui ont été sélectionnées pour être productives, les sélectionneurs peuvent améliorer les caractéristiques des plantes de couverture : Le sorgho blanc sans tanins à haute teneur en protéines, pour farines, bière, papier et amylose ; le sésame qui contient de 50 à 55% d’huile de qualité supérieure, pour les cosmétiques et l’aviation ; le sarrasin, pour les farines sans gluten, …
L’acclimatation de nouvelles plantes de cultures est aussi un moyen d’améliorer la santé du sol. Par exemple, l’intégration du riz pluvial dans les rotations avec les cultures de soja et coton permettrait de lutter contre les maladies à champignon. Pour rendre cette culture de riz pluvial attractive, le défi est actuellement de mettre au point des variétés à hauts rendements.
Quant aux biologistes et aux généticiens, leurs connaissances à l’échelle cellulaire et moléculaire est une aubaine pour l’étude du sol vivant :
Le séquençage génomique, d’abord, pour l’étude de la diversité microbienne. Champignons et bactéries cachent d’innombrables possibilités de symbioses et d’effets antibiotiques naturels. Il s’agit de tirer parti du haut potentiel des sols vivants !
La recherche dans les OGM aussi, à condition d’être au service de l’agronomie, seule discipline globale des champs : « Les SCV offrent une biodiversité fonctionnelle très efficace […] dans un tel contexte, les OGM pourraient être des auxiliaires précieux, légitimes et incontestablement valorisés pour seulement compléter les services écosystémiques majeurs des SCV. »
Nourrir les BRICS
Lucien Séguy, qui dénonce volontiers le conservatisme français, ne s’étend pas sur la politique du Brésil. Tentons, par nous-même, de comprendre cette très jeune puissance agricole :
L’Embrapa, entreprise d’Etat, a acclimaté le blé, le soja, le maïs et le coton, aux sols et aux climats brésiliens. Son existence depuis 1972 inscrit le Brésil dans une démarche scientifique à long terme et ouvre la possibilité de transferts de compétences avec l’Afrique.
Tracés envisagés du chemin de fer “bi-océanique”.
Bien que le Brésil ait su défendre ses intérêts agricoles devant l’Organisation Mondiale du Commerce, le pays tente dès 2003 de remettre en cause les règles arbitraires imposées par les institutions dévoyées de Bretton Woods. En 2014, au sommet de Fortaleza, est lancée la Nouvelle Banque de Développement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).
Il s’agit pour les pays émergents de réduire leurs coûts de production, non par le dumping, mais par l’apport technologique et l’aménagement du territoire. Cette politique est aussi connue sous le nom de « Nouvelles Routes de la Soie ». Un exemple de coopération agricole entre la Chine et le Brésil : la construction de la voie ferrée bi-océanique, traversant l’Amérique latine d’Est en Ouest. Projet gagnant/gagnant, puisqu’il désenclave l’Amazonie et évite le passage par le canal de Panama pour fournir la Chine en denrées agricoles.
En France, les réseaux de Lucien Séguy ont débuté 30 ans après le bio, mais 15% des surfaces agricoles françaises sont déjà cultivées en Semis-direct, soit le double de l’agriculture biologique. En dehors des radars de la plupart des médias.
Bien sûr, le bio nourrit aussi les gens et doit être soutenu à ce titre. Notons seulement ses limites pour mieux nous détacher de l’agribashing : Une productivité moindre et un sol moins riche en vie.
Apprécions aussi les vrais mérites du bio : une production fraîche, car locale, et des circuits-courts, pour que la valeur aille aux producteurs.
Lucien Séguy entouré de Français passionnés. Source : festival Paysage in Marciac, 2018.
Les réseaux français de Lucien Séguy tentent toutes les dénominations pour se faire connaître du public : agriculture de conservation, agriculture de régénération, agriculture sur sol vivant. Et le ver de terre comme symbole de la méthode.
Ces agriculteurs sont présents dans tous les syndicats. Et la Coordination Rurale, second syndicat agricole de France, entre la FNSEA et la Confédération Paysanne, organise depuis 25 ans des festivals de non-labour.
Un ministre, le socialiste Stéphane Le Foll, a rencontré les leaders de ces mouvements en France, mais son cabinet n’a rien trouvé de mieux à leur proposer qu’une tribune à la COP21. Car la priorité du ministère est d’atteindre la neutralité carbone de notre agriculture, d’ici à 2050. Notre article « Ces milliardaires « écolos » qui veulent nous affamer » dénonce cette politique agricole malthusienne.
Une rencontre fortuite nous avait d’ailleurs permis d’interroger le ministre sur la détresse des agriculteurs et les prix trop bas. Nous lui demandions de mettre en place une limitation des importations et un stockage des surplus pour hausser les prix. Réponse du ministre : « Nous ne sommes pas communistes ! » Ce fut l’occasion pour nous d’évoquer la méthode des trente glorieuses : « Monsieur le ministre, De Gaulle non plus ; pourtant, c’était sa politique ».
Stéphane Le Foll a tout de même soutenu la création de « ver de terre production ». Cette chaîne de diffusion de contenus sur Youtube est animée par des agriculteurs. Mais les médias traditionnels restent en roue libre… et le public avec eux. Le pays a-t-il besoin d’une chaîne de télévision publique, qui soit dirigée par les instituts scientifiques ?
Parmi les mesures pour encourager l’agriculture sur sol vivant, rappelons l’importance d’autoriser le glyphosate pour maîtriser les couverts végétaux.
Enfin, l’hexagone gagnerait beaucoup à mettre en place une taxe sur les importations de soja. Elle inciterait le retour de la production de légumineuses en France, comme durant l’année 1973 (lorsque les Américains ont organisé un embargo du soja contre l’Europe).
Qu’est-ce qu’une légumineuse ? Une légumineuse est une plante qui, comme le pois, la lentille ou le soja, est capable de fixer l’azote présent dans l’air. Elles permettent de fertiliser un champ pour la culture suivante. Les légumineuses servent à diversifier les cultures pour limiter l’installation de maladies du sol. Et leurs graines, riches en protéines, augmentent l’autonomie de l’élevage. Cette taxe est donc une mesure de « protectionnisme éducateur », dans la tradition de l’économiste Friedrich List.
Le Brésil a prouvé qu’il est capable d’entendre cet argument, à condition que son droit au développement soit pris en compte. Retrouvons l’état d’esprit des coopérants, comme Lucien Séguy.
Antoine Beils, mai 2021
Annexe I : De l’importance de la productivité « physique » pour nourrir le monde
L’économiste et homme politique américain Lyndon Larouche a montré la relation entre d’une part, la productivité par travailleur, unité de surface et volume de matières utilisées (les 3 paramètres de la productivité physique) contraints par les handicaps naturels d’un territoire ; et d’autre part, le potentiel démographique de ce même territoire. Dit autrement : Le nombre d’humains que la Terre peut porter n’est pas déterminé par les ressources naturelles, mais par l’efficacité de leur utilisation.
Examinons la productivité physique de l’agriculture.
L’agriculture raisonnée, l’agriculture de précision et l’agroécologie permettent toutes trois de produire autant, avec de moindres volumes de produits chimiques. Ce qui n’est pas forcément le cas du bio, qui a globalement recours à de grands volumes de pesticides « naturels ».
Même constat, avec la faible production du bio par hectare et par travailleur ; bien que l’émergence de pratiques agroécologiques (lorsqu’elles sont compatibles avec le cahier des charges du bio) permettent quelques améliorations.
L’Organisation des Nations Unies (ONU) et sa branche pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) soutiennent cette productivité physique. Elles parlent d’ailleurs d‘ « agriculture écologiquement intensive » ; mais sans moyens financiers à long terme pour promouvoir les semences à hauts rendements, la mécanisation et les autres moyens logistiques du stockage, du transport et de la chaîne du froid. D’ailleurs, le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies cherche encore 5,5 milliards de dollars, pour l’aide alimentaire d’urgence en 2021.
L’écologie, c’est quand les gros mangent les petits ?
Mais si les prix tombent trop, les agriculteurs renoncent à lutter contre les maladies. Au risque de perdre la production…
C’est aussi le risque pris par le bio, qui, en renonçant à la chimie de synthèse, produit globalement un tiers moins de nourriture que l’agriculture conventionnelle à l’hectare, mais est mieux valorisé commercialement.
La page du productivisme, tant décrié encore, a donc été tournée de force ; bien que les extrémistes verts ne s’en satisfassent pas et exigent l’abandon total des équipements motorisés et de la chimie.
Et le pouvoir de nourrir change de main :
1/ Dépossession des agriculteurs. Puisqu’il faut acquérir du foncier, il faut s’endetter au-delà de ce qui est remboursable. Un problème pour la transmission aux jeunes, mais pas un problème pour le rachat par des fonds financiers.
2/ Concentration de l’agro-industrie. À l’image des abattoirs géants, qui imposent leurs conditions commerciales aux éleveurs.
Annexe II : Puit de carbone & pompe à fric
En climat tropical, le Semis Direct sous puissante biomasse permet de produire de 23 à 32 tonnes de matière sèche, aérienne et racinaire, par hectare. Or, cette matière sèche est faite pour moitié de carbone. Si l’intégralité de cette biomasse est restituée au sol, alors 900 kilos à 2 tonnes de carbone sont séquestrés dans ce sol chaque année, et jusqu’à une dizaine d’années de suite.
Comme développé dans le dossier « Le New Deal vert : sortir du piège de la finance verte », la finance verte tente de mettre les États sous tutelle au nom du climat. Pour l’agriculture, aussi, accepter l’agenda “zéro carbone” est dangereux, car cet agenda mène à l’abandon des énergies fossiles, de la fertilisation azotée et de l’élevage, pourtant nécessaires pour nourrir correctement 9 milliards d’êtres humains en 2050.
Annexe III : Une plongée dans le sol vivant
Voir la vidéo : « Lucien Séguy, semis direct sur 20 millions d’hectares ». École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (ENSAT).
Arnaud Beils says:Merci pour cet excellent article où j’ai appris beaucoup de choses sur l’intérêt du Semis direct sur Couvert Végétal. Je note notamment la capacité de certaines plantes à aller chercher les minéraux en profondeur. A noter également l’importance méconnus de cette pratique en France (15% de notre production !) Peut-être le semis sous couvert végétal permet-il aussi de réaliser des économies d’eau grâce au fait que le couvert végétal conserve l’humidité contrairement à de la terre nue ?Je souhaiterais te poser quelques questions pour comprendre ce que tu as écrit à fond. 1/ Pourquoi le Brésil n’arrive t’il pas au même rendement que la France ? Tu précises qu’ils sont fortement mécanisés et qu’en 2007, nous (la France) arrivons au double du rendement par hectare. Hypothèse, le sol n’est pas encore assez généré ?2/ L’équivalent du semis direct sous couvert végétal appliqué à de faibles surfaces (- de 1 hectare) est il le maraichage sur sol vivant ? Autrement, quels outils utiliser pour produire en SCV sur une faible surface ?3/ peut-on dire que l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère (infime précisons le tout de même) est en parti dût au fait que l’on ne restitue pas la matière organique à la terre ? (d’où un argument supplémentaire en faveur du SCV pour capter le CO2)Encore merci pour cet apport intellectuel. Militons pour que la recherche agronomique ait les moyens d’augmenter notre potentiel démographique. Vive l’Humain explorateur du vivant !Reply
antoinebeils says:Merci à toi l’ami,Pour répondre rapidement : 1/ Comment doubler ou tripler la production : – Le Brésil est un pays aux climats contrastés. Le Mato Grosso par exemple, où a travaillé Séguy, est sec une partie de l’année. Il faut donc investir dans l’irrigation. – Une vraie régénération des sols permet les symbioses racinaires avec la vie du sol, pour valoriser la fertilité, donc une meilleur expression des potentialités de la plante. – Précisions : le soja étant 2 à 3 fois plus riche en protéines que le maïs, les faibles rendements sont compensés.2/ Comment appliquer l’ “agriculture sur sol vivant” sur une surface d’1 hectare : – La chaîne youtube “Ver de Terre Production”, animée par des agriculteurs et des chercheurs, permet de se mettre à jour de “l’état de l’art”, du jardin nourricier aux grandes cultures, en passant par l’élevage, l’arboriculture et le maraichage. 😉3/ La fixation du carbone, un argument pour les sols vivants ? Oui, mais… Le paradigme politique “neutralité carbone en 2050” est dangereux, car il implique la suppression de la fertilisation azoté et le démantèlement de l’élevage, comme l’exigent certains financiers fanatiques. Parlons plutôt de “l’agriculture sur sol vivant” comme d’une méthode pour nourrir le monde, bien nourrir, tout le monde !