SCV Lucien Séguy dans le 58 selon paysannature

Objectif récolter du soleil avec les plantes pour se nourrir durablement et sainement …..!!

Je vous passe l’histoire de l’agriculture, je tiens juste à préciser que ces dernières années, l’ « exploitant agricole » face à ses conseillers « en performances » a largement oublier que son meilleur outil, c’est le sol, et que c’est un outil vivant …..

Ces conseils de performance d’exploitation agricole ont organisé une razzia sur les sols, encouragé par des politiques gouvernementales axées sur la course aux bulletins de vote et aux performances destructrices d’une alimentation accessible aux consommateurs/électeurs toujours moins cher avec des qualités nutritionnelles à disparaître….. il faut prendre toute la production des parcelles pour garantir un revenu de subsistance à l’exploitant agricole . Il faut des parcelles propres de toute adventices, de tout parasites, de toute maladies, pour avoir le rendement volumétrique maximum pour rentabiliser les échanges commerciaux extérieurs via les ports …..Je pense que cette voie n’est pas la bonne, déjà pour un paysan respectueux de ses sols, c’est la marge que procure durablement ses cultures qui est prioritaire….

Ces choix de société basés sur des records à battre ont engagés la vie de nos sols agricoles dans une impasse très risquée….

Le sol, nos sols sont donc vivants et quand il y a de la vie, il y a automatiquement de la nourriture, la vie du sol se nourri chaque jour, toute l’année.

Le paysan en SCV est donc solidaire avec son sol et lui réserve une part de nourriture, sans parler aussi de son habitat, moins ce sol SCV sera perturbé, plus il sera performant et en plus au fil du temps, ces performances s’accumulent …..Quand Lucien évoque le fil rouge à suivre qu’est la forêt, ça permet de comprendre que la Nature a tout organisé depuis déjà très longtemps avec un certain succès ( à ce stade, on pourrait se remémorer une certaine fable de Jean de la Fontaine)

On propose donc ici avec le SCV Lucien SÉGUY , un autre concept d’agriculture nouveau en France, il faut apprendre à gérer les plantes que l’on appelle Mauvaises Herbes ou adventices, on a pas compris que ces plantes peuvent , sont des alliés de nos sols, chaque plante a un rôle à jouer, à cumuler pour la performance du sol , on doit remplacer petit à petit ces plantes adventices par ce que Lucien appelait des plantes de services.

Pendant la, les cultures, entre les cultures on va s’associer à un panel de pantes de services en leur proposant de rendre des services ciblés aux bénéfices du sol et donc des cultures de productions

DENEUVILLE Noêl

Christophe NAUDIN sur twitter

La chaleur….!! et le dérèglement climatique

134 386 vols commerciaux le 6 juillet, « record » battu ! En moyenne, à chaque instant, 1 250 000 humains s’envoient en l’air. Et le temps de lire ce message, 10 avions auront décollé.

Combien par exemple : 24 heures d’aviation mondiale développe de chaleur supplémentaire à ajouter au réchauffement de l’atmosphère…!!

Les compagnies aériennes et les voyageurs de se dépêcher d’annoncer que cela amène peu d’émission de chaleur

On peut ajouter toute une liste conséquente d’émission de chaleur, de températures élevées , causées par nous les humains et chacun s’empressent de calmer les choses en minimisant leur impact ….

Le problème, c’est l’addition, car tout cela mis bout à bout fini par un cumul de chaleur émise incroyable

Les avions et l’ensemble des autres appareils aériens à moteur thermiques, quelques fusées

L’ensemble des véhicules terrestres de cette planète émettent un volume incroyable de chaleur (voitures, camions, engins agricoles, bateaux, trains ….)

l’ensemble des moteurs électriques , des climatiseurs, des usines , des chaufferies , du chauffage des habitations,

Faut-il ajouter à cette liste , les guerres, les incendies de structures, de forêts …etc

Personne ne veut faire un bilan, un constat établi de cette quantité de chaleur émise par l’activité humaine …..Et pourtant , l’homme par son développement d’activités tout azimut émet de plus en plus de chaleur …..Avec aussi la part du problème d’émission de CO2

L’homme a toujours eu un problème avec la végétation….La Nature en installant de la végétation partout, sans interventions humaines, a une influence incroyable sur le climat…

Sur des parcelles agricoles en SCV (couverture végétale permanente) on observe des différences notables d’effet refroidissement en comparaison de sols nus ( d’un chemin par exemple) pratiquement 10 ° Et c’est beaucoup mieux que cela…..la végétation verte et vivante adsorbe littéralement la chaleur du soleil, c’est son énergie pour se développer …..Le chemin, lui ne capte rien, la chaleur est perdue pour la photosynthèse et retourne dans l’atmosphère….En France, peut-être 2 % d’agriculteurs sont en #SCV….98% passent par des sols nus travaillés mécaniquement le plus souvent L’Été en plein rayonnement solaire….en #SCV , nos sols sont verts de végétation et captent la chaleur…..Rajouter à cela pratiquement 8% de sols minéraux urbains et infrastructures qui ne captent aucune énergie solaire….. Nos sociétés ont organisé un déséquilibre de la capacité de refroidissement de l’atmosphère par la végétation manquante.. .Le problème du dérèglement climatique va beaucoup plus loin que le taux de CO2

Quel étude scientifique évoque ce sujet primordial…?

La chaleur produite par toutes nos combustions d’énergies se retrouve inévitablement rajoutée à la chaleur reçue par le rayonnement solaire ou moins momentanément dans notre atmosphère proche terrestre avant peut-être de se dissoudre dans la stratosphère et plus

Cette apport de chaleur supplémentaire n’est jamais pris en compte à ma connaissance dans les approches du dérèglement climatique que nous connaissons actuellement

Descente dans l’atmosphère terrestre

Publié le 4 janvier 2018 par Climat & Avenir

Imaginons-nous rentrer d’un voyage spatial lointain. Nous sommes à plusieurs centaines de kilomètres de la surface de la Terre. Les instruments scientifiques nous indiquent la présence de molécules de gaz erratiques, les premières traces de l’atmosphère terrestre.

Leur nombre croît au fur et à mesure de notre descente sans que l’on en ressente une manifestation physique. Leur densité est trop faible pour cela.

100 km : Nous rentrons officiellement dans l’atmosphère terrestre. Rien ne change vraiment…

L’on descend encore. L’on croise une aurore boréale en témoin privilégier…
La densité devient plus perceptible au fur et à mesure que la température décroît, jusqu’à marquer un palier.

Vers 80 km, la courbe des températures s’inverse pour s’élever avec la densité atmosphérique, encore ténue.

Une nouvelle inversion thermique annonce l’entrée dans la stratosphère, dans laquelle la densité de l’atmosphère devient significative et croît rapidement avec la descente. Les masses d’air sont organisées en strates homogènes. Cela est particulièrement sensible dans la partie inférieure de la stratosphère où la température est pratiquement constante. Seule la pression atmosphérique varie…

À une dizaine de kilomètres du sol, l’on enregistre une nouvelle inversion thermique. L’atmosphère est beaucoup plus dense, au point que les vents dévient fortement notre navette spatiale. Nous devons même nous dérouter pour éviter une tempête tropicale. Nous sommes secoués comme dans un panier à salade à la frontière de deux masses d’air. Il faut des relevés nombreux pour définir les tendances statistiques, tant les variations de température sont aussi importantes qu’incessantes.

Au sol, l’altimètre barométrique indique 57 m… La pression atmosphérique a changé depuis notre départ. Heureusement que les GPS ont remplacé les instruments de bord de Grand-Papa, nous nous serions écrasés…

1 – Inversions thermiques et couches atmosphériques

Lors de notre descente dans l’atmosphère terrestre nous avons rencontré plusieurs inversions thermiques. Celles-ci ont servi de repère pour décomposer l’atmosphère en différentes couches, suivant que la température y est croissante ou décroissante avec l’altitude.

La première couche que l’on atteint en venant de l’espace lointain est l’Exosphère. Comme il faut bien une exception à toute règle, sa limite inférieure n’est pas due à une inversion thermique, mais à l’altitude fixée conventionnellement à 100 km au-delà de laquelle on considère que commence l’espace. Il faut dire que le gaz atmosphérique y est aussi rare que dans les meilleures machines à vide dans lesquelles on fabrique les composants électroniques…

Y succèdent la Thermosphère et la Mésosphère, séparées, elles, par la première inversion thermique (en venant de l’espace).

Ces trois couches représentent la haute atmosphère, dont la masse représente un millième de la masse totale de l’atmosphère…

Vient ensuite la Stratosphère, couche beaucoup plus dense (20 % de la masse atmosphérique), qui se caractérise par sa structure en strates thermiques stables.

L’on termine par la Troposphère. Cette couche présente la plus faible épaisseur (un peu plus de 10 km) mais la plus forte densité (80 % de la masse atmosphérique). La température y varie régulièrement avec l’altitude suivant un gradient moyen de -6 °C/km (à partir du sol).

2 – La Troposphère ou le règne du déséquilibre

La Troposphère se caractérise donc par sa densité (80 % de la masse d’air pour seulement 10 % du volume). Les collisions intermoléculaires y sont très nombreuses, suffisamment pour donner une cohésion d’entraînement « visqueux » de masses d’air de températures homogènes. Elles se réchauffent au contact du sol. Leur densité diminue. Elles s’élèvent tant qu’elles rencontrent des masses d’air plus denses, qui prennent leur place… Ce mouvement perpétuel forme les courants convectifs.

La structure thermique stable de la Stratosphère interdit l’élévation des masses d’air chaud de la Troposphère, formant une barrière aux courants convectifs. L’air de la Troposphère est alors confiné par la Tropopause (frontière entre la Troposphère et la Stratosphère)… à la façon de l’air d’une serre (mais nous verrons que l’analogie s’arrête là).

La Troposphère n’est en aucun cas une masse d’air en équilibre ! Elle est le siège d’importants courants convectifs entre les zones chaudes de l’équateur et les zones froides des pôles. Ces courants forment une composante tangentielle des transferts thermiques, source des manifestations climatiques comme les tempêtes tropicales ou les tornades, les sécheresses ou des pluies diluviennes…

 3 – Conditions indispensables à la vie

La Troposphère, c’est l’air que nous respirons, mais ce n’est pas que cela. La circulation des masses d’air apporte la pluie qui abreuve la flore et la faune et tempère le climat. Ce rôle modérateur est primordial pour le développement du biotope, pour sa diversité et pour le protéger des perturbations extérieures, comme la couche d’ozone nous protège des dommages des ultra-violets, par exemple. Les déséquilibres thermiques qui caractérisent la Troposphère sont le berceau de la biodiversité que nous devons préserver.

Références :
http://www.meteofrance.fr/prevoir-le-temps/observer-le-temps/parametres-observes/pression
http://www.meteofrance.fr/documents/10192/21101/27465-43.jpg
http://www.meteoslins.be/dossier01.php
http://www.meteo45.com/couches_atmospheriques.html

(Climat & Avenir : 4 janvier 2018)

La révolution de l’urine : comment le recyclage de l’urine pourrait aider à sauver le monde

https://www.nature.com/articles/d41586-022-00338-6?utm_medium=Social&utm_campaign=nature&utm_source=Twitter#Echobox=1644421031

La séparation à la source des urines est un paradigme prometteur pour la transition énergétique et
écologique ainsi que le développement d’un métabolisme urbain durable. Aujourd’hui, le recyclage
des nutriments des eaux usées est faible, seulement 4 % de l’azote et 41 % du phosphore présents
dans les eaux usées de la région parisienne sont actuellement recyclés alors que la consommation en
engrais azotés francilienne pourrait être couverte par les excrétions de l’agglomération parisienne.
Cette valorisation est notamment possible via les urines, qui comportent la majeure partie de ces
nutriments (75 % de la charge en azote des eaux usées domestiques) et qui de plus, sont peu
chargées en polluants.

Passer d’une pollution gaspillante à une solution durable concernant l’eau et le sol …

la cuticule

La cuticule (du latin cuticula « petite peau ») est la couche externe continue cireuse produite par l’épiderme des organes aériens des plantes terrestres

C’ est une couche protectrice qui recouvre les organes aériens des plantes vasculaires.

Sa fonction principale est d’être une barrière physique étanche qui empêche les pertes en eau massives, permettant ainsi aux stomates d’effectuer un contrôle dynamique des échanges gazeux et de la transpiration végétale

Elle a comme fonctions secondaires: d’être une barrière physique et chimique constituant la première ligne de défense chez les plantes contre les agressions causées par des ravageurs et des agents phytopathogènes

Grâce à ses propriétés hydrophobes, la cuticule offre à la feuille une protection contre la dessiccation et les contraintes environnementales externes. Ainsi armés d’une peau protectrice et de toute une gamme de stratégies d’adaptation pour l’acquisition et la conservation de l’eau, les plantes terrestres se sont développées dans de nombreux environnements desséchants.

Les adjuvants contenus dans les biocides ont entre autres pour rôle d’annuler ponctuellement cette protection afin de permettre la pénétration de principes actifs,

SCV Agrologie ( Canada)

Louis Pérusse est un agronome passionné et reconnu qui se spécialise dans l’approche agroécologique au Québec. Sa passion pour l’agrologie a débuté en 2009 avec une découverte qui allait changer sa vie professionnelle et celle de ses clients agriculteurs. C’est après avoir rencontré Lucien Séguy, ingénieur-agronome français et créateur des systèmes de semis direct sur couverture végétale permanente (SCV), qu’il décida de fonder sa propre entreprise : SCV Agrologie.

Avec Louis Pérusse

Liens à visiter

lucien seguy.org de M. Cédric Cabannes

Ce site est une initiative créée pour rendre hommage à Lucien Séguy et à son oeuvre.
L’objectif est de fédérer une communauté d’agriculteurs qui vont continuer à faire vivre les travaux de Lucien pour inspirer une agriculture durable.

https://agriculture-de-conservation.com/ de Frédéric Thomas

Réflexion sur la biodiversité

Ce terme qui désigne la variété des formes de vies sur terre s’apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces qui les composent ainsi que leurs interactions et niveaux d’organisation. Depuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, la préservation de la biodiversité est considérée comme un des enjeux essentiels du développement durable et les pays signataires se sont engagés à préserver et restaurer la diversité du vivant. Après l’année de la biodiversité en 2010, une plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) qui réunit un groupe d’experts de manière similaire au GIEC est chargée de conseiller les gouvernements sur cette thématique majeure. Au-delà des raisons éthiques, la biodiversité est essentielle aux sociétés humaines qui en sont complètement dépendantes à travers l’ensemble des services écosystémiques qui nous permettent de vivre.
De nombreuses espèces sont impactées voire menacées par les activités humaines et la sanctuarisation d’espaces naturels est nécessaire pour préserver cette diversité biologique. Cependant et loin de la science, la biodiversité est devenue un terme valise et fourre-tout à la mode où chacun idéalise sa vision de la nature fléchant en même temps ceux qui, soi-disant, la maltraitent : très souvent l’agriculture et les agriculteurs !

Rien ne ressemble à notre biodiversité initiale

C’est exact que pour produire de la nourriture, les chasseurs-cueilleurs qui n’étaient pas sans impacts sur les écosystèmes de l’époque, sédentarisés en agriculteurs, ont progressivement organisé des milieux naturels. L’agriculture est donc devenue l’art d’altérer ou plutôt d’aménager la biodiversité à son avantage. Plus tard, avec le développement du transport et des échanges, les agriculteurs ont déplacé, sélectionné et modifié de nombreuses espèces. Ainsi, la grande majorité de ce que nous cultivons et mangeons aujourd’hui ressemble peu aux espèces locales d’origine et vient d’autres parties du monde. Que ce soient les tomates ou le maïs pour les plus emblématiques, en passant par les céréales, beaucoup d’arbres fruitiers et même la vigne, rien ne ressemble à notre biodiversité initiale. Avec la sélection variétale, et même la création de nouvelles espèces, la biodiversité végétale de nos campagnes s’est certainement enrichie ! De plus, ces plantes sont souvent accompagnées par une activité biologique plus ou moins spécifique et même de ravageurs et de maladies, qui de fait, viennent enrichir la biodiversité locale tout en perturbant les écosystèmes existants.

Grand brassage

Bien entendu, ce grand brassage ne s’est pas fait sans accident. Citons quelques exemples emblématiques : l’introduction du lapin de garenne en Australie, l’arrivée du frelon asiatique, de la coccinelle asiatique (cf TCS 122 de mars/avril/mai 2023) ou l’invasion de plantes comme la jussie qui, après s’être échappée de bassins d’agréments et d’aquariums, est devenue depuis quelques décennies un redoutable envahisseur des milieux naturels humides. Ainsi, en matière de biodiversité, rien n’est vraiment statique mais tout est en perpétuelle évolution et adaptation.

Le sol, écosystème précieux

Par ailleurs, nous sommes sensibles à ce que nous voyons et apprécions comme les animaux, les insectes, les oiseaux mais beaucoup moins à ce qui est petit et caché. À ce titre, les sols sont certainement un réservoir très sous-estimé en matière de biodiversité. Ils n’hébergent pas que des vers de terre, des carabes, des collemboles et des larves d’insectes. On y trouve également des nématodes, des bactéries et des mycorhizes. Lorsque des analyses d’ADN nous révèlent plus de 500 « génotypes » différents de ces précieux champignons auxiliaires dans une petite poignée de terre, rien que ce niveau nous laisse présager de la richesse et de la diversité de cet écosystème précieux. En agriculture, il est bien entendu essentiel d’encourager cette biodiversité même si elle recèle quelques trouble-fêtes comme les taupins, certains nématodes ou autres champignons pathogènes. Ces réseaux trophiques sont essentiels pour décomposer les résidus, recycler la fertilité et la transférer aux végétaux mais aussi organiser la matrice sol qui est leur habitat et réguler une partie des « ravageurs ». Vu sous cet angle, on comprend pourquoi le travail du sol peut être un énorme stress pour cet écosystème et cette biodiversité. Tout en perturbant les horizons, il détruit inévitablement un certain nombre d’individus et souvent les plus gros comme les vers de terre qui sont déjà un écosystème à eux tout seuls. Il déstructure et désorganise profondément le milieu qui va se réchauffer et s’assécher plus rapidement tout en perturbant les connections et échanges entre les êtres vivants. Cependant, en système conventionnel, une autre organisation de vie existe et s’adapte ; elle est seulement différente.
Ce constat nous amène à deux réflexions fondamentales :
- La biodiversité n’a rien de stable et les équilibres naturels, trop souvent mis en avant, ne sont qu’apparence. Il ne s’agit en fait que de déséquilibres continus entre les acteurs qui s’ajustent aux conditions de milieu et les uns par rapport aux autres, donnant cette sensation de stabilité. La vie s’adapte en permanence avec une biodiversité propre à chaque milieu que ce soit une forêt, un champ de blé, une prairie ou même une ville. Inversement, la biodiversité d’un milieu est source de résilience c’est-à-dire de capacité de réaction et d’adaptation par rapport à des changements de conditions.
- Si beaucoup de personnes centrées « individu » et « milieu » cherchent à supprimer les sources d’agression, elles oublient trop souvent la ressource alimentaire qui est la clé de voute de tout écosystème. Les plantes et la photosynthèse qui sont l’entrée de l’énergie dans le vivant sont donc essentielles à ce niveau. Ainsi, en agriculture comme ailleurs, si la diversité végétale est un atout, il ne faut pas négliger la productivité et donc la biomasse laissée au milieu. C’est ici que l’ACS introduit une différence importante avec les autres systèmes de cultures en apportant d’imposants couverts végétaux multi-espèces et une continuité de photosynthèse. C’est cette biomasse qui nourrira en premier les « herbivores » mais aussi toute l’activité collaborative des plantes, comme les insectes qui profitent du nectar et du pollen ou les bactéries des exsudats racinaires. Vient ensuite une horde de décomposeurs et détritivores qui consomment les résidus laissés au sol, les corps et les déjections de la première chaine de consommateurs. Ils seront ensuite relayés par des réseaux très longs et ramifiés d’êtres vivants qui puiseront un peu de l’énergie restante dans les liaisons entre les atomes de carbone tout en restituant à chaque étape une partie des éléments minéraux liés.
Ainsi et tout au long de ce processus, la fertilité mobilisée par les végétaux est redistribuée et le carbone repart dans l’atmosphère sous forme de CO2. Celui-ci est certainement aussi accompagné d’un peu de méthane (CH4) et d’autres GES, vu que les processus de digestion du sol sont assez proches de ceux des polygastriques comme les vaches. Certains laboratoires vont même jusqu’à évaluer l’activité biologique des sols en mesurant leurs niveaux d’émission en CO2. Bien qu’assez futile, c’est simple avec une approche globale et fonctionnelle intéressantes.

Les milieux agricoles ne sont pas sans biodiversité

Nos sociétés doivent donc accepter que les milieux agricoles soient organisés mais ce n’est pas pour cette raison qu’ils sont sans biodiversité. Le bocage, souvent mis en avant comme idéal, n’a rien d’un milieu naturel ; c’est un milieu complètement façonné par l’agriculture. Certes, certains paysages agricoles sont devenus trop monotones, ce qui réduit de fait la biodiversité qu’ils hébergent et il conviendrait de penser corridors et zones de compensation écologique. Cependant de nombreux agriculteurs et beaucoup d’ACSistes cultivent des formes de diversité dans leurs champs qui viennent enrichir la biodiversité générale du territoire.
Un niveau de productivité élevée est essentiel afin de préserver d’autres territoires plus « naturels ». À ce titre, à la révolution française, les forêts n’occupaient plus que 9 millions d’hectares, mais depuis, elles ont pu se développer sur le territoire et continuer de progresser de 20 % depuis 1985 pour atteindre 17 millions d’hectares en 2020, soit une couverture de 31 % du territoire métropolitain. Il s’agit bien d’extension de milieux « naturels » mais avec une biodiversité différente. Une autre partie importante de la surface agricole a été simultanément transformée en villes et infrastructures grignotant de nombreux espaces naturels. Il est donc normal que les mesures comparatives de biodiversité dans le temps donnent des informations différentes sur les insectes et sur les oiseaux reprises de manière alarmiste qui deviennent des vérités pointant seules l’agriculture et la « chimie » comme responsables.

Une mutation s’est opérée

Cependant, en examinant plus en détail les recherches et publications notamment celles du CNRS de mai dernier, on constate que les oiseaux des milieux agricoles ont diminué de 38 % comme ceux des milieux urbains (-29 %) entre 1985 et 2020. Cependant, les oiseaux classés « généralistes » parmi lesquels on retrouve les corbeaux, corneilles, geais, étourneaux, pigeons et bien d’autres ont connu, sur la même période, une croissance de 22 %. C’est donc plus une mutation qui s’est opérée et ces généralistes de moins en moins bien « contrôlés » voire « protégés » sont certainement venus consommer une partie des ressources alimentaires des oiseaux des champs, et faire de plus en plus de dégâts sur les cultures, comme ce fut le cas ce printemps. Cet exemple montre bien qu’en termes de biodiversité, il est très risqué d’avoir une lecture orientée avec des causalités simplistes. Une vision large avec un inventaire de la globalité des interactions s’impose.
Dans le même ordre d’idée, faut-il supprimer le nombre de vaches pour sauver la planète du réchauffement climatique ? Effectivement, nos bovins émettent du CO2 et même un peu de méthane. Comme beaucoup d’herbivores, ils consomment des plantes et donc de la photosynthèse, que nous ne pouvons pas valoriser, pour les transformer en aliments. Ce n’est donc pas du CO2 additif comme celui émis par du charbon ou toute autre énergie fossile, mais un carbone qui est recyclé pour alimenter les écosystèmes et nous-mêmes en énergie solaire. Ces vaches ne sont que les premiers maillons des chaines de recyclage de la matière végétale qui, d’une manière ou d’une autre, devra être décomposée et minéralisée pour restituer la fertilité au système. Intégrées dans cette vue d’ensemble, il n’est pas si sûr que les vaches soient si impactantes.

Faire confiance aux acteurs du quotidien

Limiter le nombre de vaches, c’est également réduire les prairies, sources de biodiversité et points d’abreuvement stratégiques pour beaucoup d’oiseaux et d’insectes en été. C’est aussi réduire les bouses et les tas de fumiers qui sont des multiplicateurs d’insectes très appréciés par les oiseaux. C’est enfin menacer des arbres, des haies et une mosaïque de paysages agricoles favorables à la biodiversité.
Force est de constater que les politiques environnementales, à l’image du cas des bovins, sont de plus en plus animées par des « experts » hors sol avec des approches très orientées. Pire, leurs mesures simplistes deviennent aberrantes pour un regard systémique et peuvent souvent entrainer une aggravation des impacts globaux. Faire confiance aux acteurs du quotidien qui sont les meilleurs observateurs et experts et accepter la complexité du vivant avec une gestion des questions environnementales en compromis est certainement le meilleur moyen d’avancer sereinement et surtout d’avoir un vrai impact local comme global, tangible et durable.

ENCADRÉ
Évolution des flux de carbone et d’azote lors des processus de décomposition et de minéralisation.
Lorsque les résidus organiques (paille, couvert, fourrage, fumier, compost…), qui contiennent environ 45 % de carbone, sont remis au sol, un ensemble d’activité biologique se succède pour consommer cette biomasse, en extraire la matière nécessaire à sa constitution mais aussi à son énergie. Ainsi, en coupant les liaisons carbonées, des plus simples aux plus complexes, ces chaînes de vie vont renvoyer petit à petit dans l’atmosphère le carbone d’entrée tout en libérant les éléments minéraux et entre autres l’azote réutilisable par les plantes.
Sans la présence d’herbivores, les résidus trop carbonés (C/N supérieur à 25) retournés au sol vont entraîner une « faim d’azote » que l’on constate assez souvent en ACS sans la minéralisation du travail mécanique. Outre mobiliser tout l’azote libre du sol, cette activité de décomposition, en quête d’azote pour se multiplier, consomme alors une partie des matières organiques du sol dont le C/N est beaucoup plus bas, libérant ainsi du carbone stocké. C’est en partie pour cette raison que l’incorporation massive de pailles ne contribue pas autant que beaucoup le pensent, à la croissance du taux de MO.
L’intégration des animaux dans le système va bien sûr émettre du carbone (environ 60 % du carbone ingéré) qui est utilisé pour leur métabolisme et leur production. Cependant, cette transition par le rumen et les estomacs des herbivores qualifie (réduit fortement le C/N) la nourriture apportée à l’activité biologique du sol qui, elle, émettra moins de carbone et certainement d’autres GES, limitera les faims d’azote et le déstockage du carbone déjà présent dans les MO du sol avec un retour plus rapide de l’azote et de la fertilité pour plus de photosynthèse future. C’est en partie pour cette raison qu’une prairie productive peut être considérée comme un « puits » de carbone. Malheureusement, sans les vaches, l’affaire sera plus compliquée. C’est aussi pour cette raison que l’élevage pâturant intégré dans les itinéraires ACS, apporte des bénéfices en matière de qualité de sol et retour de fertilité.

Frédéric Thomas