Electricité VERTE
L’Électricité et les végétaux
Quelle est la fonction de l’électricité dans une plante , dans les végétaux ….??
Est-ce que les végétaux ne sont pas aussi des transformateurs, de véritables capteurs d’énergie solaire , au même titre que les panneaux solaires….
N’a t-on pas négligé l’influence de l’électricité issue de l’énergie solaire dans la vie terrestre, concernant aussi bien les végétaux, les animaux,les poissons, les insectes, en allant jusqu’au microbes du sol …..toute les surfaces qui captent de l’énergie solaire sont-elles concernées par cette électricité ….
Même les abeilles en profitent ….. https://www.lefigaro.fr/sciences/2013/02/22/01008-20130222ARTFIG00459-le-courant-electrique-passe-entre-les-fleurs-et-les-abeilles.php
Guide pour la description etl’évaluation de la fertilité des sols
Guide pour la description et
l’évaluation de la fertilité
des sols
destiné aux agriculteurs et aux agronomes
Antoine DELAUNOIS
avec la collaboration d’Yves FERRIE, Marcel BOUCHE, Carole COLIN et Cécile RIONDE
Chambre d’agriculture du Tarn et INRA de Montpellier
Avec le concours financier de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, et du CasDAR
2013
96 rue des agriculteurs – BP 89 – 81003 ALBI Cedex – Tél : 05 63 48 83 83 – Fax : 05 63 48 83 09 – e-mail : accueil@tarn.chambagri.frTable des matières
- Introduction…………………………………………………………………………………………………………4
- Méthodologie et caractérisation générale du milieu naturel………………………………….5
2.1. Comment observer les sols ?……………………………………………………………………………5
2.2. Comment réaliser une fosse pour observer le sol ?……………………………………………..7
2.3. La fiche de description du sol……………………………………………………………………………8
2.4. Les régions pédologiques du Tarn…………………………………………………………………….9 - Description de certains éléments du sol et synthèses…………………………………………11
3.1. L’estimation des rapports de surface………………………………………………………………..11
3.2. Les états de surface………………………………………………………………………………………12
3.2.1. Les éléments grossiers (EG) (diamètre > 2 mm)…………………………………………12
3.2.2. Couverture du sol par les plantes ou par les résidus végétaux……………………..12
3.2.3. La battance…………………………………………………………………………………………….12
3.2.4. La porosité en surface (sur la surface avec battance)…………………………………13
3.2.5. L’érosion hydrique…………………………………………………………………………………..13
3.2.6. L’action des vers de terre…………………………………………………………………………14
3.2.7. La profondeur des ornières et la portance des sols……………………………………..15
3.2.8. Les mousses et les algues……………………………………………………………………….15
3.2.9. Autres observations…………………………………………………………………………………15
3.3. La texture……………………………………………………………………………………………………..17
3.4. Le calcaire dans le sol (CaCO3)……………………………………………………………………..17
3.5. La couleur du sol…………………………………………………………………………………………..18
3.6. L’hydromorphie……………………………………………………………………………………………..19
3.7. L’état d’humidité…………………………………………………………………………………………….19
3.8. Le test du couteau pour estimer la compacité…………………………………………………..20
3.9. La structure…………………………………………………………………………………………………..21
3.9.1. Le type de structure………………………………………………………………………………..21
3.9.2. La taille de la structure…………………………………………………………………………….23
3.9.3. Le fonctionnement vertical du sol est à favoriser…………………………………………24
3.10. Les galeries………………………………………………………………………………………………..25
3.10.1. Le diamètre maximal des galeries de vers de terre ou des racines……………..25
3.10.2. La densité des galeries………………………………………………………………………….26
3.10.2.1. Densité des grosses galeries de vers de terre (diamètre de 5 à 13 mm). 26
3.10.2.2. Densité des petites galeries (diamètre de 0,2 à 1 mm)………………………..26
3.11. Les racines………………………………………………………………………………………………….27
3.11.1. La forme des racines……………………………………………………………………………..27
3.11.2. La densité des racines…………………………………………………………………………..29
3.12. La limite entre les horizons, notamment entre l’horizon A de surface et l’horizon
sous jacent………………………………………………………………………………………………………….29
3.13. vitesse de dégradation des résidus de récolte…………………………………………………29
3.14. Les conclusions sur le sol…………………………………………………………………………….30 - Annexes…………………………………………………………………………………………………………….31
Tableau des analyses de terre de l’exploitation…………………………………………….32
Comment faire des analyses de terre………………………………………………………….33
Fiche de renseignements d’un échantillon pour analyse de terre……………………35
Valeurs indicatives pour l’interprétation des analyses de terre……………………….35
Autres remarques sur les analyses de terre…………………………………………………37
Bibliographie et quelques documents utiles
Lexique
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
- 2 -Le matériel nécessaire pour faire un profil
➢
➢
➢
➢
une bêche, avec un long fer si possible,
un couteau pointu à lame épaisse (solidité),
un mètre,
une pissette d’acide chlorhydrique (acide concentré du commerce à 30 %, … qui sera dilué au 1/3).
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 - 3 -1. Introduction
Un sol en « bonne santé » permet de faire des économies d’intrants (travail du sol [fuel, matériel, temps de
travail], engrais, phytosanitaires, irrigation, drainage, …). Il permet d’obtenir de belles récoltes en quantité et en
qualité. Un sol qui fonctionne bien c’est un sol qui a une bonne activité biologique, avec un comportement
favorable à notre environnement (diminution de l’érosion, du ruissellement et des inondations ; qualité des
eaux ; dégradation des phytosanitaires ; épuration des déchets et rétentions des nitrates et engrais, …).
Le sol est essentiel pour le bon fonctionnement agronomique des écosystèmes. Il est un des piliers de
l’agriculture durable.
Ce guide vous apporte quelques indicateurs pour mieux connaître vos sols et ainsi mieux les gérer. Il se base
principalement sur des observations ou des mesures réalisées sur le Tarn. Il peut s’utiliser dans d’autres
régions, moyennant parfois des adaptations.
Photo 1 – Ouverture rapide d’une petite fosse pédologique de 50 cm de profondeur avec
une bêche.
Profil de sol
avec des agriculteurs du Ségala
ML. Cazenave – 2006
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 - 4 -2. Méthodologie et caractérisation générale du milieu naturel
Les agriculteurs font de nombreuses observations sur le sol. Le but du document est d’aller plus loin
dans l’observation.
2.1.
Comment observer les sols ?
Le sol est un milieu complexe, qui a de multiples fonctions et qui peut être observé de multiples façons, en
fonction des objectifs qu’on lui donne.
L’agriculteur, l’agronome peuvent utiliser divers outils, dont nous listons certains ci-après. L’observation du sol
se mène comme une enquête policière : l’observateur recherche le maximum d’indices pour tenter de répondre
à la question qu’il se pose. Plus les indices sont concordants, plus la réponse est précise. La recherche se fait
sur le terrain, avec l’agriculteur, en laboratoire et avec l’aide de la bibliographie.
Voici ci-dessous quelques exemples de questions à se poser. L’ordre des questions n’est pas figé car elles
sont interdépendantes.
Quelle est l’histoire du sol, sa pédogenèse ?
La pédogénèse explique les divers processus de formation des sols.
Les sols se forment en fonction du climat, de la roche-mère, de la topographie, des organismes vivants (dont
l’homme) et du temps. Il est donc essentiel d’essayer de préciser ces divers facteurs :
✗ Le climat : il y a 2 climats très différents dans le Tarn. Les Monts de Lacaune ont un climat montagnard,
humide et froid, avec une tendance à la podzolisation. Le bassin Aquitain a un climat atlantique sub-
méditerranéen : les sols ont tendance à se brunifier et à se lessiver.
✗ La roche-mère : observer les éléments grossiers (cailloux), les affleurements environnants, la roche
apparaissant en profondeur, la carte géologique et la carte des sols, les murs des vieilles maisons (qui sont
souvent bâties avec les roches dures locales).
✗ La topographie : situer le sol dans le paysage, crête, bas de pente, versant, vallée, plateau, … préciser la
pente (%).
✗ La végétation : prairie, rotation des cultures, forêt.
✗ L’histoire ancienne depuis plus de 1 000 ans : les labours, l’érosion aratoire, la profondeur du plus vieux
labour (couleur), les colluvionnements anthropiques (qui sont confirmés par la présence de morceaux de
briques à 50 ou 100 cm de profondeur), ….
✗ L’histoire culturale récente : le dernier labour, le travail du sol, la culture, le précédent.
Quelles sont les caractéristiques du sol et de son fonctionnement ?
Elles sont décrites pour chaque couche homogène (dénommée horizon) du profil du sol.
Les principales sont :
✗ La texture : sable, limon, argile.
✗ Les éléments grossiers (supérieurs à 2 mm) : pourcentage de ces éléments, type de roche, dimensions
(cm), formes (angulaire ou arrondie).
✗ Le calcaire total et actif : test à l’acide chlorhydrique.
✗ L’hydromorphie : les signes de l’excès d’eau s’observent par des taches d’oxydation rouille et de réduction
gris-verdâtre, par des concrétions noires ferro-manganiques. L’hydromorphie est-elle actuelle ou ancienne ?
✗ La profondeur du sol : suivant l’enracinement, la compacité ou la porosité.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 - 5 -✗ La structure : c’est l’architecture du sol. Elle dépend surtout du fonctionnement du sol. Elle peut-être
grumeleuse, polyédrique angulaire ou subangulaire, lamellaire, massive.
✗ La compacité : estimation de la résistance à la pénétration dans le sol d’une racine ou d’un couteau par
exemple.
✗ La porosité : ce sont les volumes de vide dans le sol : galeries de vers de terre, galeries racinaires et autres
pores.
✗ La faune du sol : vers de terre, carabes, millepattes, ….
✗ L’enracinement. : profondeur, densité, accidents (racines velues sur sol creux, …).
✗ La matière organique : couleur plus ou moins foncée du sol, vitesse de décomposition des résidus de
récolte (3 mois ou 2 ans par exemple), mode d’enfouissement par le labour.
✗ Les limites entre les couches de sol (horizons) Les limites diffuses sont favorables. Les limites nettes sont
défavorables (semelles, fond de labour, …), car elles freinent les échanges verticaux.
Les états de surface sont aussi décrits : ornières (abondance %, profondeur), croûtes de battance (abondance
%, épaisseur [mm], présence de couches sédimentaires, porosité de la croûte), porosité en surface (nombre de
pores par unité de surface), turricules de vers, résidus de récolte en surface (dimension et abondance %).
Les signes d’érosion hydrique : griffes, rigoles, ravines, atterrissements, dépôts (dimensions et abondance en %
de la surface).
Quelles sont les conséquences agronomiques ?
✗
✗
✗
✗
✗
L’évaluation du travail du sol.
Le fonctionnement biologique du sol.
L’intérêt du chaulage.
Le calcul de la réserve en eau utile.
L’intérêt d’un drainage existant ou éventuel.
Quelles sont les analyses ou observations complémentaires à effectuer ?
Les analyses de laboratoires permettent de préciser et de compléter de nombreux points. Le choix des
analyses se diversifie pour les agriculteurs : analyses classiques physico-chimiques, analyses Herody,
biomasse microbienne, analyses de plantes, ….
Les plantes « bio-indicatrice » et le comportement des cultures peuvent donner de très nombreuses
informations sur le fonctionnement du sol.
Quelles sont les conclusions des observations réalisées ?
Après une description de sol, il est nécessaire d’écrire en quelques lignes les informations principales que vous
en tirez : décrire le sol en une ligne ou deux, préciser les principaux atouts et contraintes observés.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 - 6 -2.2.
Comment réaliser une fosse pour observer le sol ?
Le sol s’observe en décrivant son profil, à l’aide d’un sondage à la tarière ou en creusant une fosse.
La fosse est un complément très utile au sondage à la tarière. Elle permet d’observer de plus nombreuses
caractéristiques du sol : structure, enracinement, activité biologique, éléments grossiers, porosité, roche-mère,
circulation de l’eau, …
- Choisir une zone homogène de sol.
- Choisir un emplacement non perturbé par
l’homme :
✗ s’écarter de 20 à 50 mètres au moins des bords de
la parcelle pour éviter les tournières.
✗ s’écarter d’anciens chemins, d’anciennes haies ou
talus, d’anciennes rigoles ou dérayures comblées,
des bords de ruisseaux (dépôts de terre lors des
curages), …
✗ situer le profil de sol par rapport aux passages du
tracteur… : par exemple profil sur « une trace de 5. Placer la face d’observation :
✗ face au soleil pour bénéficier d’un bon éclairage,
roue au semis » ou « hors trace de roue connue ».
✗ perpendiculaire au sens du travail du sol (pour un
profil cultural) ou perpendiculaire au semis (pour - Pour observer l’enracinement sous les arbres,
observer l’enracinement),
placer la fosse à environ un mètre des arbres
adultes (un peu plus près dans les jeunes
✗ parallèle à la pente sur les versants.
plantations). - Les dimensions de la fosse varient suivant
l’objectif et suivant les moyens disponibles
(manuels ou mécaniques, temps disponible).
Elles seront en général de :
✗ longueur : 150 cm,
✗ largeur : 75 cm,
✗ profondeur :
− 60-80 cm pour un profil cultural (observation
du travail de sol),
− jusque dans la roche-mère pour un profil
pédologique (50 cm, 100 cm, ou plus).
Un petit profil rapide à la bêche (P = 50 cm, L = 40
cm, l = 40 cm) permet de faire déjà beaucoup
d’observations.
Une fosse n’ayant pas atteint la roche sous-
jascente peut être complétée par un sondage à la
tarière.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 - Pour éviter de tasser le sol :
✗ mettre la terre d’un seul côté,
✗ ne piétiner que la face d’accès. - Ne pas mélanger la terre arable (riche en matière
organique) et celle du sous-sol, pour ne pas trop
perturber le sol en le rebouchant.
- 7 -2.3.
La fiche de description du sol
Date
Description agronomique d’un sol
N°
Commune : ……………………………………………….
Nom de la parcelle : ……………………………………..
Nom de l’exploitant : ………………………………………………………
Observateur(s) : …………………………………………………………….
Réunion pédologique: …………………………………………………….. Géologie : …………………………………………………
Relief : ………………………………………………………………………………………………………….. Pente (%) : ………………….
–
– Occupation du sol (culture et précédents) :
–
–
–
–
–
– État de surface (à deux ou trois mètres autour de la fosse) :
Description du profil : profondeur (cm), horizon pédologique, texture, éléments grossiers
(%, nature), réaction HCl, couleur, hydromorphie, taches et concrétions, humidité, compacité,
structure type et taille, galeries dimensions et densités, racines densité et accidents, roche-
mère, limite entre les horizons, limite de l’observation, divers.
Culture en place et stade végétatif : …………………………………………………………………………………
Itinéraires culturaux des années précédentes : ………………………………………………………………….
200… ……………………………………………………………………………………………………………………………….
200… ……………………………………………………………………………………………………………………………….
200… ……………………………………………………………………………………………………………………….
Éléments grossiers en surface : ……….. % nature : ………………………… ; dimensions (cm) : …….
Résidus de récolte : ……………….. % nature : ………………………………………………………………….
Croûte de battance : ………………………………………………………………………………………………………
Porosité en surface : ………………………………………………………………………………………………………
Érosion hydrique : ………………………………………………………………………………………………………..
Turricules (nombre, dimension) : ……………………………………………………………………………………..
– Autres observations (mousses, mouillères, ressuyage, ornières, adventices, …) ……………………
0
10
20
30
40
50
60
70
80
cm
Le sol (synthèse et conclusions) :
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 - 8 -2.4.
Les régions pédologiques du Tarn
Le Piemont, type Ségala – La Grésigne
Massif central : UCS 27, 34, 35, 36.
–
Sols bruns acides à bruns lessivés.
Sols souvent limoneux, acides , parfois hydromorphes, plus ou moins caillouteux et plus ou moins profonds.
Sols semblables mais rouges, sur les schistes et grès du Permien de la Grésigne – Les « Rougiers ».
Le Quercy
Massif central : UCS 29, 30, 31.
–
Sols calcaires.
Sols argilo-calcaires sur les molasses et sols superficiels sur calcaires durs sur les causses
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
- 9 -Les plaines : alluvions des grandes vallées (basses plaines et terrasses)
Bassin Aquitain : UCS 1, 3, 9, 10, 11, 12, 25
Sols souvent limoneux, acides, lessivés, hydromorphes, moyennement profonds, très secs en été et très humides en
hiver : « les boulbènes ». - Sols parfois caillouteux (graves).
– Sols bruns parfois, peu ou pas lessivés et peu hydromorphes, rarement calcaires, sur la Basse Plaine.
Les coteaux argileux
Bassin Aquitain : UCS 8, 13, 15, 16
–
Sols argilo-calcaires dominants : « les terreforts calcaires ».
Sols argileux, calcaires, parfois calciques, moyennement profonds (80 cm), parfois profonds (colluvions, alluvions),
parfois superficiels (ronds blancs,…)
Les coteaux hétérogènes
Bassin Aquitain : UCS 6, 12, 20, 21, 22
–
Sols très hétérogènes , le plus souvent argileux, acides, parfois calcaires, souvent hydromorphes, plus ou moins
caillouteux, battants.
« Boulbènes de coteaux », ….
Les plateaux calcaires
Bassin Aquitain : UCS 16, 24
–
Sols calcaires caillouteux
Sols souvent superficiels sur calcaires tendres (rendzines), parfois profonds (colluvion).
La Montagne
Massif Central : UCS 25, 38, 39, 40
–
Sols bruns acides à sols podzoliques (tendance à la podzolisation).
Sols limoneux, acides, plus ou moins caillouteux, à teneur élevée en matières organiques souvent peu actives
biologiquement, suite au froid (altitude) et à l’acidité.
Extrait simplifié de la carte des grands ensembles morphopédologiques de Midi-Pyrénées, CRAMP, 1995-1/500 000 ème . Les UCS
indiqués sur ce document sont les Unités Cartographiques de Sol de la carte de 1995 .
Voir les sites internet www.tarn.chambagri.fr ou www.midipyrenees.chambagri.fr
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
- 10 -3. Description de certains éléments du sol et synthèses
3.1.
L’estimation des rapports de surface
Ces schémas de référence servent à estimer le volume d’éléments grossiers (particules minérales supérieures
à 2 mm de diamètre). Ils sont aussi utiles pour quantifier la croûte de battance (§3.2), les résidus végétaux en
surface, ou les taches d’hydromorphie (§3.6).
ORSTOM, Paris, 1969, documentations techniques N°13.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 - 11 -3.2.
Les états de surface
De très nombreuses observations peuvent être faites à la surface du sol. Ces observations sont très
intéressantes. Elles sont souvent faciles à réaliser. Et elles fournissent de nombreuses indications relatives aux
échanges vitaux sol/air ou à l’activité biologique des sols.
Ces observations se font à 2 ou 3 mètres autour du profil.
En voici quelques unes.
3.2.1.
Les éléments grossiers (EG) (diamètre > 2 mm)
Pourcentage d’éléments
grossiers en surface (voir §
3.1)
Signification agronomique
Classe de fertilité
0 à 2 % Sans éléments grossiers (EG) Pas de contrainte TE
2 à 5 % Très peu d’éléments grossiers (EG) Très peu de contraintes TE
5 à 15 % Peu d’éléments grossiers (EG) Peu de contraintes E
15 à 30 % Caillouteux f
30 à 50 % Très caillouteux Contraintes de réserve en eau, de
travail du sol, de semis.
Sols de très bonne qualité pour
certaines cultures (vigne de qualité)
50 %
Très très caillouteux
tf
ttf
Les éléments grossiers favorisent la portance du sol, l’aération du sol, les capacités d’infiltration. Il s ont un effet
défavorable sur la fertilité agronomique en réduisant la réserve en eau du sol, en usant les outils de travail du
sol, en favorisant le lessivage des éléments nutritifs (Ca, Mg, K, N, S), ….
3.2.2.
Couverture du sol par les plantes ou par les résidus végétaux
Surface couverte par les
plantes et les résidus
végétaux
100,00%
Signification sur la fertilité agronomique
Le sol est très bien protégé Très très favorable TTE
80 à 100 % Le sol est bien protégé Très favorable TE
50 à 80 % Le sol est assez bien protégé Favorable E
10 à 50 % Le sol est modérément protégé Moyen Mf
< 10 % Le sol est peu protégé Peu faborable f
0,00% Le sol n’est pas protégé Défavorable tf
3.2.3.
La battance
La battance est à interpréter suivant la pluviométrie survenue depuis le dernier travail du sol. On peut aussi
distinguer la croûte structurale (une seule couche reprise en masse) et la croûte sédimentaire (plusieurs lits
visibles causés par des dépôts successifs, suite à l’érosion hydrique).
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
- 12 -La croûte de battance
Signification sur la fertilité agronomique
Absence de croûte : moins de 10-30 % de la surface avec Très bien – Non battant
une fine croûte structurale (épaisseur < 1 mm) – 70 à 100 % de la surface avec une structure grumeleuse, sans battance. TE Fine croûte structurale (épaisseur < 1 mm) sur 30 à 70 % de Élevé – Peu battant la surface E Fine croûte structurale (épaisseur < 1 mm) sur plus de 90 % Moyenne – Un peu battant de la surface M Croûte structurale épaisse (2 à 5 mm) sur plus de 90 % de Faible – Battant la surface f Croûte structurale très épaisse (5-10 mm) sur toute la Très faible – Très battant surface tf Croûte sédimentaire sur 10 à 50 % de la surface Très faible – Très battant tf Croûte sédimentaire sur toute la surface Très très faible – très battant ttf 3.2.4. La porosité en surface (sur la surface avec battance) (Hors surface fraîchement travaillée, ou surface couverte de structure grumeleuse) Elle s’interprète en fonction de la pluviométrie survenue depuis le dernier travail du sol. Ne compter que les pores arrondis d’origine biologique : hors fissures de sécheresse, hors fissuration par le travail du sol, hors fissuration par le gel. Nbre de pores par cm² Nombre de pores (de Ø > 1
mm) pour 100cm² Nombre de pores
équivalents pour 1 m² 1 à 25 100 – 250 10 000 à 25 000 Excellent TTE
0,5 50 5 000 Très élevée TE- 6 à 20 600 à 2 000 Elevée E
- 2 à 5 200 à 500 Moyen à faible M à f
- 1 100 faible f
- 0 0 très faible tf
Signification sur la fertilité agronomique
A partir de 3 à 10 pores par cm² environ, la surface peut être considérée comme non battante. Elle est alors
souvent couverte d’une structure grumeleuse.
3.2.5.
L’érosion hydrique
Historique de l’érosion hydrique : l’absence d’érosion hydrique est le signe de la bonne santé (biologique) du
sol en surface. Elle est très liée à la battance
L’érosion hydrique varie suivant les sols (et leur « bonne santé »), mais aussi en fonction de la pente, des
cultures pratiquées, des orages, …. Elle s’observe lors de la description du sol et sur une longue période
(historique)
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 13 -Description de l’érosion hydrique
diffuse et linéaire
Signification sur la fertilité agronomique
Absence de ruissellement Excellent TTE
Ruissellement d’eau claire uniquement Très favorable TE
Ruissellement d’eau trouble : érosion diffuse Favorable, à améliorer E
Présence de quelques griffes (profondeur P < 5 cm), parfois, Favorable, à améliorer pas chaque année. E:/ M Présence de griffes (profondeur P < 5 cm), régulièrement (tous Érosion faible à moyenne les 2 à 4 ans) M / f Présence de rigoles peu profondes (P = 5-10 cm), Érosion moyenne régulièrement (tous les 2 à 4 ans) Modifier les pratiques culturales f Présence de rigoles profondes (P = 10-30 cm), régulièrement Érosion forte importante. Il est très important (tous les 2 à 4 ans) de modifier les pratiques culturales tf Présence de ravines (P > 30 cm) ttf
3.2.6.
Érosion grave
L’action des vers de terre
Les vers de terre ont de nombreux effets sur les états de surface. Ils créent de la porosité de surface par leurs
galeries qui débouchent jusqu’à la surface du sol. Ils produisent des turricules par leurs déjections en surface.
Ils construisent une structure grumeleuse en surface grâce à leurs déjections. Ils fissurent le sol lorsqu’ils
circulent juste sous la surface du sol. Ils fabriquent des resserres au dessus de leurs galeries. Toutes ces
manifestations peuvent être quantifiées. Elles témoignent de l’importance de l’activité lombricienne (masse de
vers de terre, taille des vers de terre). Ce sont de très bons indicateurs de l’activité biologique du sol.
Les resserres sont des petits monticules de débris végétaux de 1 à 5 cm de hauteur environ, que les vers de
terre rassemblent à la surface du sol au-dessus de leurs galeries, pendant la nuit. Les résidus végétaux leur
servent de nourriture qu’ils enfouissent ainsi progressivement dans le sol.
Importance des turricules de vers de terre
Signification sur la fertilité agronomique
50 à 100 % de la surface recouverte de turricules et de structures Activité lombricienne très élevée
grumeleuses TE
10 turricules par m² Activité élevée E
1 turricule par m² Activité moyenne M
1 turricule pour 10 m² Activité faible f
Aucun turricule observé Activité très faible tf
L’activité lombricienne (des vers de terre), et notamment la fabrication des turricules, varie en fonction de la qualité
biologique du sol, en fonction du tassement et en fonction des saisons. Les vers de terre ne sont pas actifs par temps froid
ou sur sols sec. Si le sol présente des cavités (labour creux par exemple), une partie des turricules se feront dans les cavités
du sol, et non pas seulement à la surface du sol.
Hauteur des turricules et taille des
déjections
Signification sur la fertilité agronomique
5 cm, grands turricules Activité de gros vers de terre. Présence de gros
agrégats (ou déjections) de 5 à 10 mm de diamètre.
3 cm, turricules moyens Activité de vers de terre moyens à gros
1 cm, turricules petits Activité de vers de terre petits à moyens. Présence de
petits agrégats (ou déjections) de 1 à 3 mm de
diamètre
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
E – Elevé
M – Moyenne
f – faible- 14 -3.2.7.
La profondeur des ornières et la portance des sols
La profondeur des ornières
(laissées par le passage du tracteur)
Signification agronomique
0 – 1 cm Très bien
Sol très portant – Situation très favorable TE
1 – 3 cm Normal Sol portant – Situation favorable E
3 – 5 cm Faible Sol moyennement portant suite au travail du
sol ou à l’humidité du sol – Situation moyenne M
5 – 10 cm Moyenne 10 – 20 cm Elevée 20 – 40 cm Très élevée
Situation défavorable à très défavorable
Intervenir sur un sol ressuyé
Drainage souvent utile
M
f
tf
Le passage des tracteurs et des engins a souvent des effets défavorables sur les sols. La profondeur des
ornières varie selon la capacité du sol à porter des engins (portance) et selon le poids des engins. La portance
varie en fonction de l’humidité du sol et de la solidité de la structure du sol. Les ornières sont un indicateur du
compactage réalisé. Le non- labour et le semis direct augmentent la portance des sols. Les mouillères, les sols
plus hydromorphes de la parcelle ont des ornières plus profondes.
3.2.8.
Les mousses et les algues
Des mousses et algues abondantes présentes à la surface du sol ne sont pas un signe favorable pour la
fertilité du sol : risques de battance, d’excès d’eau en surface, de minéralisation du sol, d’activité biologique
faible ou ralentie (d’excès d’azote ?), (d’excès d’acidité ?).
La mousse indique la pauvreté (Bouché M.). Les algues indiquent l’absence d’activité biologique (les
lombriciens mangent activement celles-ci… et elles ne s’observent alors pas, quoique présentes mais broutées
(Bouché M.)).
3.2.9.
Autres observations
D’autres observations de surface sont possibles comme par exemple :
l’importance des mouillères, la vitesse de ressuyage des sols, la présence d’algues ou de mousses en surface,
la profondeur des ornières, les plantes bioindicatrices (cf. Ducerf dans la bibliographie).
Photo 2. : Sol très battant sans pore en surface ni turricule
Érosion diffuse.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
Photo 3 : Un turricule de quelques centimètres de haut.- 15 -Photo 4. : Les vers de terre se promènent sous la croûte
de battance et ainsi la fissure (maïs, juin 2010)
Photo 5 : Absence de battance 100 % de structure
grumeleuse en surface grâce aux turricules de
vers de terre
Photo M.J. : Blazian 2007 parcelle en semis direct pour le maïs
Photo 6. : Turricule blanchâtre dans les boulbènes :
les vers de terre remontent en surface de la
terre blanchâtre du sous-sol (mars 2012)
Photo 7 : Resserres constituées de débris de cannes de
tournesol accumulés par de gros vers anéciques
(avril 2009)
Photo 8. : Mousse très abondante sur un chaume de blé
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 16 -3.3.
La texture
La texture, c’est la caractérisation de la dimension des particules minérales du sol.
On distingue :
− Les éléments grossiers (diamètre des particules > 2 mm) : cailloux, pierres, … (cf. § 3.1 pour les estimer).
− La terre fine ( diamètre < 2 mm) : sable, limon, argile. Pour donner le nom de la classe texturale de la terre fine, on parle par exemple de sols argileux, limono- argileux, argilo-caillouteux, limoneux, limono-sableux ou limono-sablo-argileux. Le premier nom correspond à la classe texturale dominante : un sol limono-argileux contient plus de limons que d’argiles. Evaluation empirique (au doigté) lorsque le sol est plastique (humide à frais) : Les sables (> 0,050 mm, > 50 µm)
− A l’état humide (humecter la terre), le toucher est rugueux grossier (pour les sables grossiers) ou fin (pour
les sables fins).
− Aucune rugosité entre les doigts : moins de 15 % (?) de sable.
− Forte rugosité, grains de sable visibles à l’oeil nu, effritement rapide de l’échantillon entre les doigts : plus
de 50 % (?) de sable.
Les limons (entre 2 et 50 µm)
− Toucher doux, soyeux, comme du talc.
Les argiles (inférieures à 2 µm [0,002 mm])
− Toucher collant.
− Plus de 17-20 % (?) d’argile : il est possible de faire un boudin.
− Plus de 30 % (?) d’argile : il est possible de faire un anneau avec le boudin. La terre colle fortement aux
doigts. Le sol forme une plaquette, souvent brillante, à la surface de l’un des doigts sur lequel il colle.
3.4.
Le calcaire dans le sol (CaCO 3 )
Test de terrain avec HCl : acide chlorhydrique du commerce à 30% environ (acide concentré), et dilué au 1/3.
A l’aide d’une pissette, déposer des gouttes d’acide dilué sur une motte de terre, et observer la réaction
(dégagement du gaz CO 2 en bulles).
Code Intensité
0
0,5
Nulle
Test HCl
Aucune réaction
Signification agronomique
Pas de calcaire dans le sol.
Sol acide.
pH eau < 7 (de 4 à 6,5 environ). Chaulage souvent obligatoire. Très faible Réaction très faible, décelable à l’oreille ou avec Très peu de calcaire total (< 2 % ?). quelques bulles localisées. Sol neutre. pH autour de 7 à 7,5. 1 Faible Une à deux couches de petites bulles. Réaction faible. Un peu de calcaire total (2 à 10 % ?). Sol peu calcaire. pH eau autour de 7,5 / 8. 2 Moyen Plusieurs couches de bulles. Réaction moyenne. Sol modérément calcaire (10 à 25 % de CaCo 3 total ?). 3 Forte Nombreuses couches de bulles, en général salies Sol très calcaire (25 à 55 % de CaCO 3 total ?). par des éléments de terre fine. pH eau de 8,3 à 8,5. Réaction vive. Présence importante de calcaire actif. Risques de chlorose (manque de fer assimilable). 4 Très forte Nombreuses couches de bulles Réaction violente, très vive. Parfois de très grosses bulles. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 Sol très calcaire (> 55 % de CaCO 3 total ?).
pH eau de 8,3 à 8,5.
Présence très importante de calcaire actif.
Risques de chlorose élevés.- 17 -3.5.
La couleur du sol
La couleur plus foncée est généralement due à la matière organique. Elle nous renseigne par exemple sur le
plus profond labour fait il y a 20 ou 30 ans. Une limite diffuse entre l’ancien labour et le sous-sol indique souvent
une bonne activité des vers de terre qui diffusent la matière organique en profondeur par leurs nombreux
turricules dans le sol.
La surface des agrégats peut être de couleur plus foncée que la masse du sol suite à une diffusion en
profondeur des matières organiques. Des revêtements organiques recouvrent alors les éléments structuraux du
sol.
Les couleurs plus blanches sont souvent associées au calcaire.
Le brun correspond à la brunification des sols qui est la pédogenèse commune sous nos climats tempérés
(formation d’hydroxyde de fer).
La couleur rouge est due à l’oxydation du fer. Dans le Tarn, elle est héritée de sols anciens formés au Tertiaire
sous climat plus chaud (tropical). Elle peut aussi être héritée de la roche-mère comme dans le cas des
« rougiers » de la Grésigne.
Photo 9 – La couleur hétérogène de ces sols indique ici, qu’ils ont subi une forte érosion : la couleur de la roche-mère
se devine en observant la surface des sols.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 18 -3.6.
L’hydromorphie
Ce sont les marques de l’excès d’eau temporaire ou permanent dans les sols. Il faut décrire la densité des
traces d’hydromorphie, leur profondeur d’apparition et éventuellement leur intensité.
−
−
−
−
Décrire les taches de rouille (fer ferrique oxydé fe+++)
Décrire les taches plus floues de décoloration (taches grises / verdâtres suite à la disparition du fer ou à
la présence de fer ferreux réduit fe++)
Les taches d’oxydo-réductions correspondent à une juxtaposition de taches rouilles et de taches grises
verdâtres décolorées.
Prendre en compte les concrétions noires ferromanganiques.
Description de l’hydromorphie
Signification agronomique
Absence de taches rouilles ou grises ou Très bon drainage naturel des sols.
de concrétions noires ferromanganiques
sur l’ensemble du profil. TE
Taches d’oxydo-réduction de densité Sol frais en profondeur.
moyenne (10 à 30 %) de la surface) en Peu ou pas de contraintes agronomiques.
profondeur (à plus de 80 cm) E
Taches d’oxydo-réduction de densité Sol modérément hydromorphe.
faible (< 10 % de la surface) apparaissant Contraintes agronomiques modérées, ressuyage plus lent, léger
en dessous de 40 cm de profondeur.
excès d’eau pour certaines cultures (ail, …).
Drainage utile pour certaines cultures M
Quelques taches de rouille (< 5-10 %) Sol modérément hydromorphe.
dans les horizons de surface (0 – 40 cm). Drainage nécessaire si cultures exigeantes.
Aptitudes culturales plus faibles si les cultures sont très sensibles
à l’hydromorphie (ail, …). f
Taches d’oxydo-réduction d’intensité Sol hydromorphe.
moyenne (10-30 %) dans les horizons de Drainage souvent utile.
surface (0-40 cm). f
Plus de 30 % de taches d’oxydo-réduction Sol très hydromorphe.
dans les horizons de surface (0-40 cm).
Drainage très utile ou nécessaire pour la plupart des cultures. tf
Couleur grise ou gris-bleu-vert continue Présence d’une nappe d’eau permanente dans cet horizon,
d’un horizon.
même en été (nappe alluviale par exemple). ttf
3.7.
L’état d’humidité
C’est une appréciation portée à l’aide de sensations tactiles mais aussi à l’aide d’autres perceptions telles que le
comportement mécanique : un échantillon plastique et malléable paraît humide ou plus, un échantillon friable ou
fragile semble seulement « frais » ou sec, un sable « boulant » est sec.
Description :
Cinq modalités sont reconnues par le glossaire STIPA 1982 :
− Sec : pas d’humidité décelable.
− Frais.
− Humide : échantillon malléable, humidité voisine de la capacité au champ (le sol est ressuyé) ; absence
d’eau libre.
− Très humide : début d’eau libre (eau suintante, brillante).
− Noyé : présence d’eau libre, saturant tout ou partie de la porosité (eau gouttante et remplissant les pores).
Les modalités «frais» et «très humide» sont des appréciations intermédiaires.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 19 -Intérêts :
L’appréciation de l’humidité est indispensable si l’on veut interpréter la mesure de la compacité du sol.
Des différences d’humidité entre les horizons sont le plus souvent un indicateur du drainage interne du sol.
Par exemple, un fond de labour «très humide» et une semelle de labour «frais à sec» confirment un mauvais
ressuyage du sol.
3.8.
Le test du couteau pour estimer la compacité
(Tester la compacité sur un sol frais, ni trop humide, ni trop sec (cf § 3.7))
Type de
compacité
Meuble
Test du couteau
Signification sur la fertilité agronomique
Le couteau pénètre facilement. Risque de sol trop creux, mal rappuyé, avec des
Le matériau n’est pas cohérent. racines velues qui adhèrent mal au sol.
Peu compact Un léger effort est nécessaire Compacité faible, normale.
pour enfoncer le couteau Bonne pénétration des racines
jusqu’à la garde.
Sol peu portant sauf s’il y a une bonne structuration
biologique.
Moyennement Un effort important est Bonne pénétration des racines si le sol est poreux.
compact
nécessaire pour enfoncer le Sol portant.
couteau jusqu’à la garde.
Compact
M
à TE
TE
M
à TE
Le couteau ne pénètre pas Sol trop compact
complètement, même sous un Les racines vont pénétrer plus difficilement dans le
effort important.
sol (sauf si le sol est très poreux ?)
L’eau percole plus lentement
Risque d’hydromorphie f
à tf
Très compact Le couteau ne peut pénétrer Horizon très compact empêchant l’eau et les
que de quelques millimètres racines de pénétrer : excès d’eau en hiver et
dans le sol.
sécheresse en été. ttf
Remarque : il y a souvent confusion entre les adjectifs «massif» (relatif à la structure) et « compact ». Un
horizon massif, qui présente donc une structure continue (pas d’agrégats), peut n’opposer qu’une faible
résistance à la pénétration des outils
Le pénétromètre. Il est aussi possible de tester la compacité en enfonçant verticalement une tige dans le sol.
Le sol doit être sans « cailloux » et frais (ni trop sec, ni trop humide) pour permettre une bonne interprétation
agronomique de la compacité. La bêche ou la tarière pédologique permettent aussi d’observer la compacité des
sols.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 20 -3.9.
La structure
3.9.1.
Le type de structure
La structure, c’est l’architecture du sol, le mode d’agrégation de ses composants physiques, biologiques et
chimiques.
C’est une caractéristique essentielle du sol qui exprime son mode de fonctionnement et qui détermine fortement
ses qualités agronomiques.
Type
Signification sur la fertilité agronomique
TE – Très bien Structuration biologique par les
fèces lombriciennes, par les
racines,…
E / TE – Elevé à très Elevé Début de structuration
biologique
Polyédrique
angulaire E – Elevé Structuration par la fissuration
des argiles
Polyédrique
subangulaire E – Elevé Structuration par la fissuration
des argiles et des limons
Massive
fissurée f – faible Compactage
ou reprise en masse.
Compactage partiel ou début
de restructuration.
Massive non
fissurée
(cassure nette
de la motte ou
de l’élément
structural) tf – très faible Disparition des agrégats suite à
un compactage intense
ou à une reprise en masse
Lamellaire tf – très faible Compactage intense, croûte de
battance sédimentaire.
Grumeleux
Mixte
Grumeleux
à
polyédrique
Principaux types de structure
(d’après Baize, Jabiol – 1995, Soil Survey Manual – 1951, …)
Autre structure que l’on peut trouver dans l’horizon travaillé : des mottes, plus ou moins poreuses, plus ou
moins fissurées, sans sous-structure grumeleuse ou polyédrique observable. Décrire la taille de la motte et sa
porosité interne, par exemple un pore ou une fissure tous les x mm. La fertilité agronomique est fonction de la
porosité interne de la motte.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 21 -Différentes échelles de structuration du sol :
Structuration du profil de sol
Elément de la sur-structure
Elément de la structure
Types d’éléments structuraux
1.
2.
3.
4.
5.
6.
7.
prismatique
columnaire
en plaquettes (feuilletée)
grenu
polyédrique subangulaire
polyédrique angulaire
grumeleux.
(d’après Boulaine, INAPG, 1976)
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 22 -3.9.2.
La taille de la structure
Type et dimension
Signification sur la fertilité agronomique
Grumeleuse
3 à 10 mm TE – Très Elevé Les gros vers de terre anéciques (1)
font de gros grumeaux
Polyédrique
2 à 5 mm E – Elevé Structuration fine du sol
Polyédrique
5 à 10 mm M – Moyenne Structuration moyenne
Polyédrique
10 à 30 mm f – faible Structuration grossière
Polyédrique
30 à 100 mm tf – très faible Présence de mottes grossières à
structure interne massive
Massive ttf – très très faible Horizon très peu fissuré, peu
perméable pour l’eau, l’air et les racines
Photo 10 : Etat de surface : structure grumeleuse, turricules, fissuration du sol, pores et galeries suite, principalement, à
l’activité des vers anéciques.
(1) « Les anéciques » sont des vers de terre de taille assez grosse (15 cm de long) à très grosses (100 cm) qui vivent
« verticalement » . leurs galeries verticales leur permettent de s’alimenter en surface (feuilles, cadavres, bouses,…) et de
s’abriter en profondeur (humidité, températures tempérées). Ils représentent 80% en masse des lombriciens,… et 60 % des
animaux terrestres (M.B. Bouché).
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
Structure grumeleuse
et turricules- 23 -3.9.3.
Le fonctionnement vertical du sol est à favoriser
25/30 cm
40/50 cm
Sol à fonctionnement
vertical Sol à fonctionnement
horizontal
Favorable Défavorable
Absence de croûte de battance. Croûte de battance qui favorise les ruissellements de
surface.
Galeries de vers de terre de 10 mm de diamètre sur 1
à 2 mètres de profondeur. Absence de galeries de vers.
Fond du labour invisible : diffusion progressive de la
matière organique en profondeur. Limite nette entre l’horizon travaillé et l’horizon sous-
jacent non travaillé (couleur, structure, …) ce qui
favorise les écoulements d’eau hypodermique.
Des racines verticales ou obliques
Semelle de labour à structure feuilletée.
Discontinuité structurale : par exemple, un horizon
superficiel travaillé sur un horizon poreux, structuré
naturellement (galeries, racines, …).
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
Semelle de labour à structure massive.
Changement brutal des horizons du sol : par
exemple, du limons à une argile compacte, ou
apparition d’une dalle rocheuse.- 24 -3.10.
Les galeries
3.10.1.
Le diamètre maximal des galeries de vers de terre ou des racines
Le diamètre des galeries de vers de terre est un très bon indicateur du fonctionnement biologique du sol.
Diamètre (mm) Origine Signification agronomique
10 – 13 Galerie formée par de très gros
vers anéciques Très bonne activité lombricienne.
Présence de gros vers de terre âgés de 10 ou 20
ans probablement (Bouché 2009).
5 – 10 Galerie formée par de gros
vers anéciques 3 – 5 Galerie formée par des
vers anéciques de taille moyenne
1 – 3
0,5 à 1
Bonne activité lombricienne.
Moyenne activité lombricienne, à développer.
Absence de très gros vers adultes.
Galerie formée
Faible activité lombricienne.
par des petits vers (anéciques juvéniles ou Petites galeries créées
endogés âgés)
surtout par des petits vers juvéniles.
Galeries réalisées par les vers ou les
racines
Photo 11 : Galerie de 12 mm de diamètre fait par un
gros vers anécique de 10 ou 20 ans probablement
(Bouché 2009). Photo de Y. Ferrié.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
Très faible activité lombricienne.
Petites galeries créées
par les petits vers ou par les fines racines
Photo 12 : Galeries et taches brunes-noires dans ce sol de
couleur brun rougeâtre. Les vers de terre, par leurs
déjections, diffusent progressivement la matière organique en
profondeur.- 25 -3.10.2.
La densité des galeries
3.10.2.1.
Densité des grosses galeries de vers de terre (diamètre de 5 à 13 mm)
La densité des galeries de vers est un bon indicateur de la quantité de vers de terre présents (biomasse
lombricienne) et donc du fonctionnement biologique du sol.
Densité
Signification sur la fertilité agronomique
Une grosse galerie tous les 3 à 5 cm
TE
(soit 625 galeries par m²)
Continuer à favoriser cette bonne
activité.
Une grosse galerie tous les 5 à 10 cm
(soit 178 galeries par m²)
Une grosse galerie tous les 20 à 40 cm
Activité lombricienne Elevée
E
Activité lombricienne à améliorer. Moyenne activité lombricienne M
(soit 2 galeries par m²) Continuer à favoriser le
développement des vers de terre faible activité lombricienne f
Pas de grosses galeries Absence de gros vers de terre. très faible activité lombricienne tf
(soit 11 galeries par m²)
Une grosse galerie tous les 50 à 100 cm
3.10.2.2.
Densité des petites galeries (diamètre de 0,2 à 1 mm)
La densité des petites galeries est un autre indicateur de la qualité structurale du sol.
Densité
(nombre de
galeries sur 1
cm²) (nombre de
galeries sur 100
cm²) > 10 > 1000 Excellente TTE
5 à 10 500 à 1000 Très bien TE
2,5 à 5 250 à 500 Bien E
0,75 à 2,5 75 à 250 Moyenne M
0,25 – 0,75 25 à 75 Faible f
< 0,25 < 25 Très faible tf
Signification sur la fertilité agronomique
Des pores de 0,1 cm de diamètre sont visibles à l’oeil nu (Revel JC, 2008, ENSAT, communication orale).
Très forte activité lombricienne avec une grosse galerie
tous les 3 à 5 cm (photo MJ. Blazian, 2008) .
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 26 -3.11.
Les racines
3.11.1.
La forme des racines
La forme des racines est un très bon indicateur de la structure du sol.
Zone creuse
Causes possibles :
− reprise en conditions humides (trace d’outil, lissage),
− horizon travaillé non rappuyé (cas d’un labour de printemps),
− creux sur fond de labour (présence de matière organique).
Zone normale
Bonne structure et bonne préparation du sol.
Colonisation dense grâce à une ramification abondante des racines.
− effet très favorable sur l’alimentation hydrique et la nutrition minérale,
− utilisation maximale des engrais,
− peu de risques de sécheresse.
Zone tassée
Causes possibles :
− horizon dur et compact,
− façons superficielles et conditions humides,
− passages fréquents d’outils lourds,
− bande de labour non reprise,
− récolte du précédent en conditions humides,
− fonde raie de labour tassé par la roue.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 27 -Racine coudée au
niveau d’une semelle Racine fil de fer
dans une motte compactée
Racines en arrête de poisson
à la surface des structures
compactées Racines velues
dans les creux
Observation du pivot du tournesol et du colza :
•
Des pivots droits, fourchus, obliques et coudés à l’équerre
•
Des pivots de 2 cm à 20 cm de long ou plus. Pour le colza, un pivot fourchu est normal.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 28 -3.11.2.
La densité des racines
C’est aussi un très bon indicateur de la structure du sol.
Nombre de racines
sur 4 cm² Nombre de racines
sur 100 cm² > 20 > 500 Densité excellente TTE
10 à 20 205 à 500 Très élevée
Les éléments fertilisants du sol N, P, K, Ca, Mg, oligoéléments,
sont très bien valorisés TE
5 à 10 125 à 250 Élevée E
5 125 Moyenne
C’est un minimum pour une bonne valorisation de l’azote du sol M
2 à 5 50 à 125 faible f
1 25 Très faible
L’azote du sol est très mal valorisé tf
Signification sur la fertilité agronomique
3.12. La limite entre les horizons, notamment entre l’horizon A de surface et l’horizon
sous jacent
Épaisseur
20 cm, diffuse
10 à 20 cm
5 à 10
1 à 5 cm
1 cm
3.13.
Signification sur la fertilité agronomique
Très très élevée TTE
Très élevée TE
Élevée E
Moyenne M
faible f
vitesse de dégradation des résidus de récolte
Les résidus de récolte se dégradent plus vite lorsqu’ils sont mélangés à a surface du sol ou recouverts par une
végétation dense (couverts végétaux ou cultures). La dégradation est plus rapide en conditions chaudes et
humides. Elle est fortement ralentie en conditions sèches ou très rapides.
L’enfouissement prfond (20-30 cm) des résidus de récolte par le labour réduit leur vitesse de décomposition
surtout si le sol et asphyxié (compactage) et/ou hydromorphe. Plus les résidus de récolte se décomposent vite,
plus le sol est actif bilogiquement. Le tableau ci-dessous doit être interprété avec prudence vu la grande
diversité des facteurs en jeu.
Diffusion de la matière organique
(couleur brun foncé) sous le labour
grâce à la forte activité lombricienne
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 29 -Signification sur la fertilité agronomique
Vitesse de décomposition ou d’enfouissement des résidus
de récolte Pour les résidus mélangés au
sol ou couverts d’une végétation Pour les résidus
libres
à la surface du sol
Pailles de céréales fortement dégradés après moins de 3 mois.
Disparition de 50 % des pailles de surface après moins de 2 mois Très Elevée (TE) Excellent (TTE)
Paille de céréales fortement dégradés après 3 à 6 mois Elevée (E) Très Elevée (TE)
Rafles de maïs de couleur brune au centre, en cours de
décomposition après 6 mois Elevée à Moyenne (E/M)
Rafles de maïs peu décomposées
après 6 mois
Moyenne (M)
Fumier ou pailles présents
après 1 à 2 ans Activité biologique faible (f)
Rafles de maïs peu décomposées après 1 an Activité biologique faible (f)
Cannes de maïs après 3 ans
Fumier après 5 ans
3.14.
Normal ?
Enfouissement profond par le
labour.
Sol qui « roupille » !
Activité biologique très faible (f)
Les conclusions sur le sol
Il est très important de terminer l’observation du sols par une conclusion synthétique qui résume les principales
caractéristiques observées. Ceci évite de se perdre dans trop de détails. Cette conclusion peut se faire sur
différents thèmes :
Les caractéristiques du sol :
–
Qualité structurale.
–
Texture, cailloux (éléments grossiers).
–
Calcaire.
–
Activité biologique.
–
Profondeur, enracinement, RU.
Le fonctionnement du sol (pédogenèse) : calcaire, brunifié, lessivé, podzolisé, hydromorphe, jeune ou vieux.
Les choix agronomiques :
–
Le travail du sol : choix du matériel, profondeur de travail, période de travail.
–
Les rotations : choix des cultures.
–
La gestion des intrants : la fertilisation, les apports d’eau, les phytosanitaires.
–
Les aménagements fonciers utiles : drainage, irrigation.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 30 -4. Annexes
Lombricien anécique
La couleur foncée des vers de terre anécique leur permet, la nuit, de prélever en surface la litière. Cette couleur
les protège des prédateurs lorsqu’ils viennent « tirer » vers le sol profond cette matière nutritive (Bouché MB.
2007).
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 31 -Tableau des analyses de terre de l’ exploitation
Mettre, sur un tableau, tous les résultats des analyses faites depuis 10, 20 ans , ou plus. Les regrouper par parcelle.
Tableau des analyses de terre de l’exploitation
Commune
Parcelle
Culture ou
précédent
N°
Labora-
toire
Date
Nom de l’agriculteur : ……………………………………………………..
Commune ……………………………………………………..
Prof
cm
:
Sol
Elém ents
grossiers
(cailloux)
%
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
Argile
Mat.
Organ.
g/kg
CaCO3 pH
total Eau
P205
Olsen
P205
JH
P205
DYER
mg/kg
K20
ECH
Mg0
Zn
Cu EDTA
ECH
EDTA
Bore
EAU
mg/kg- 32 -Comment faire des analyses de terre
COMMENT FAIRE
DES ANALYSES DE TERRE
Quand prélever ?
La 1ère fois, n’importe quand, en respectant un délai de 2 mois après un apport d’engrais minéral (contenant P,
K, Mg, oligo-éléments), et 4 mois après un amendement calcique ou organique.
La période de prélèvement idéale correspond au développement des premières racines de la culture :
− au semis général,
− ou avant le début du tallage des céréales,
− ou au stade verdissement de la prairie (février ou mars selon la région).
Les fois suivantes : si possible le même mois que la dernière analyse et sur le même précédent (par
exemple 15 jours ou 1 mois après la récolte de la céréale à paille).
Comment prélever ?
Le matériel :
−
−
Prendre un sac plastique neuf (sac de congélation).
Prendre une gouge (tarière tubulaire, matériel le plus efficace), une tarière ou une bêche et un seau
propre.
Où prélever ?
La 1ère fois :
− Repérer une zone de sol homogène (ne pas mélanger des sols différents). Pour caractériser une parcelle,
on choisit la zone homogène la plus importante en surface ; ou à égalité de surface, la moins fertile a priori.
− Éliminer les endroits anormaux : bordures de champs, anciennes haies, anciens tas de fumier, anciens
chemins…
Les fois suivantes : toujours au même endroit selon la méthode ci-dessus.
Faire un plan précis du lieu de prélèvement et garnir la fiche de renseignements ; les conserver
précieusement (ou utiliser un GPS).
Une fiche de renseignements est disponible à la Chambre d’agriculture du Tarn.
Comment prélever ?
−
−
Faire 15 prises (de sol) sur une surface d’environ
100 à 200 m² (soit un rayon de 5 à 8 mètres).
5 – 8 m
Profondeurs de prise :
✗ En non-labour, le sol n’est pas retourné ; les prises se feront
entre 0 et 10 cm de profondeur.
Les normes d’interprétation seront peut-être modifiées dans l’avenir car il n’existe pas de référence
actuellement.
✗ En prairie permanente ou de longue durée, les prises se feront entre 0 et 5 cm de
profondeur, matelas racinaire compris.
✗ En labour, les prises se feront sur l’épaisseur de la couche labourée ou moins, jamais en dessous (ex :
prises de 0 à 20 cm pour un labour de 25/30 cm.)
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 33 -Comment préparer l’échantillon ?
−
−
Bien mélanger la terre et envoyer 400 g à 700 g maximum au laboratoire.
Étiqueter le sac (nom de l’exploitant, nom de la parcelle ou numéro, date de prélèvement).
Quelle analyse demander ?
−
−
Soit l’analyse complète : physique + chimique.
Soit l’analyse chimique : matière organique, calcaire total, calcaire actif, pH eau, P 2 O 5 (Joret-Hébert ou
Dyer + si possible Olsen), éléments échangeables (K 2 O, MgO, CaO, Na20).
Il est parfois intéressant d’ajouter une demande complémentaire par rapport aux oligo-éléments : Cu (EDTA),
Zn (EDTA), Bo.
D’autres analyses sont possibles, mais elles sont encore peu utilisées : Hérody, biomasse microbienne.
Où envoyer l’échantillon ?
Parmi les laboratoires agréés, vous pouvez contacter par exemple :
Laboratoire Centre Atlantique LCA
2, avenue de Fétilly – 17074 LA ROCHELLE
Tél : 05.46 43 45 45
Laboratoire des Sols
ZA de Sautès à Trèbes
11878 CARCASSONNE Cedex 9
Tél. 04 68 78 69 97
Interprétation des résultats
Nous vous conseillons de ne pas tenir compte de l’interprétation agronomique donnée par le laboratoire, mais
d’utiliser la fiche de conseil réalisée par la Chambre d’Agriculture du Tarn et Arvalis Sud-Ouest.
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 34 -Fiche de renseignements d’un échantillon pour analyse de terre
Valeurs indicatives pour l’ interprétation des analyses de terre
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 35 -Valeurs indicatives
pour l’interprétation des analyses de terre
Très faible
Matière organique
(g/kg)
pH eau
Sols acides des
plaines, coteaux et
piémont
Faible
20 30
5.0 5.5 6.0 6.5
Risque de toxicité de
l’aluminium
P 2 O 5 Dyer (mg/kg) Pas d’impasse 60
fumure
renforcée sur
culture
exigeante
P 2 O 5 Joret-
Hébert (mg/kg) (sols
Un peu faible
pour certaines
plantes exigeantes
et pour le sol (1)
5.5
5.0
Prairies
naturelles
plus
intensives
pH conseillé
(2)
Luzerne et
autres
cultures
120
50 «
» 15 «
60 «
80
7.0
Risques de blocage
d’oligo-éléments. Coût
élevé du chaulage
400
180
Impasse
possible sur
culture peu à
moyennement
exigeante
Pas d’impasse
«
7.0
Attention
aux risques de blocage
d’oligo-éléments Cu,
Zn, B, Mn (ne pas
dépasser le pH 7)
6.5
6.0
Prairies
temporaires,
cultures annuelles,
orge, triticale,
seigle, avoine, maïs
«
Très
élevé ou
toxique
Élevé
15 Sols de montagne
(sols acides)
Bien pourvu
10 Risque de
toxicité de
l’aluminium.
Possible pour
prairies
naturelles
extensives
pH eau
Un peu faible
impasse possible sur
cultures exigeantes
120
«
250
calcaires)
P 2 O 5 Olsen (mg/kg)
K 2 O échangeable
(mg/kg)
«
50
MgO échangeable
(mg/kg)
K 2 O/MgO
Cu – EDTA (mg/kg)
Zn – EDTA (mg/kg)
Bore eau
(mg/kg)
Apport de magnésium
indispensable
30 «
100 «
100
Un peu faible (3)
Apport de dolomie
si chaulage
45 » 100
180 » 300
300
150
Entretien.
Apport de
dolomie si
chaulage
Éviter les excès de
fumure magnésienne- Optimum vers 2,5
- K 2 O/MgO > 2,5 : ne pas apporter d’engrais potassique si le K 2 O échangeable est élevé
- De trop forts apports de potassium peuvent parfois provoquer une carence magnésienne dans
les sols pauvres en MgO (exemple : vigne, arboriculture).- A corriger éventuellement par des apports de MgO
- Faible si Cu EDTA /MO (%) < 0,5 pour les céréales et le maïs
- Faible si (Cu EDTA) X (% d’argile) < 40 sur céréales en sols calcaires
- Faible si (Zn EDTA < 1 pour pH < 6,3) ou (Zn EDTA < 2 si pH > 6,3)
- Faible si B < 0,3 (voire < 0,5 en sols calcaires)
- Faible si B < 0,5 sur tournesol (carence visuelle)
Estimation des- Pour remonter le pH d’une demi-unité (5) : BEC (Kg eqCaO/ha) = 5,5 (A + 5 MO)
besoins en
chaulage (BEC) en A (argile), MO (matière organique), exprimés en g/kg
sol acide
Profondeurs des prises de sol :
En non-labour le sol n’est pas retourné ; les prélèvements se feront entre 0 et 10 cm de profondeur.
Les normes d’interprétation seront peut-être modifiées car il n’existe pas de référence actuellement.
En prairie permanente ou de longue durée, les prélèvements se feront entre 0 et 5 cm de profondeur,
matelas racinaire compris.
En labour, les prélèvements se font sur l’épaisseur de la couche labourée ou moins, jamais en dessous.
Ex : prélèvement de 0 à 20 cm pour un labour de 25/30 cm.
Chambre d’Agriculture du Tarn et Arvalis Sud-Ouest, 2005
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 36 -Autres remarques sur les analyses de terre
Autres remarques sur les analyses de terre
(1) Un pH eau de 5,5 est un minimum pour toutes les cultures.
(2) Une meilleure activité biologique de certains organismes (bactéries cellulolytiques ou nitrificatrices,
lombriciens…) et une meilleure structuration du sol (stabilité structurale plus élevée grâce à l’effet
probable du calcium Ca) sont observées entre les pH 6 et 6,5.
Le pH eau de 6 est la limite inférieure pour la luzerne au moment du semis.
(3) Il y a un risque de carence en magnésium s’il y a un excès de potassium dans le sol.
Entre 50 et 80 mg/kg de MgO éch., des carences en magnésium sont observées.
(4) Des sols trop riches en éléments minéraux peuvent entraîner des déséquilibres dans le sol, voire
des toxicités. Des antagonismes peuvent apparaître :- l’excès de P peut bloquer le Zn, Cu, Fe, Ca ?, K ?
- l’excès de K peut bloquer le Mg, B ?
Il faudra donc éviter de dépasser les valeurs suivantes (ces valeurs sont indicatives et restent à vérifier)
:
P 2 O 5 Dyer > 400 mg/kg, P 2 O 5 Joret-Hébert > 250 mg/kg.
P 2 O 5 Olsen > 100 mg/kg : K 2 O échangeable > 300 mg/kg, MgO échangeable > 300 mg/kg.
Excès de phosphore : les sols trop riches en phosphore entraînent un risque de pollution des eaux
(entraînement du P par ruissellement, érosion hydrique ou lessivage).
(5)
pas
Exemple de calcul des besoins en chaulage : soit un sol avec 180 g/kg d’argile et 15 g/kg de matière
organique : BEC = 5,5 (180 + 5 x 15) = 1 402,5 kg eq CaO/ha pour remonter le pH eau de 0,5 unité.
Attention aux unités de mesure : les laboratoires d’analyses, les documents techniques n’utilisent
tous les mêmes unités.
Exemple : 0,100 mg/kg de K 2 O = 100 mg/kg = 100 ppm
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 37 -Bibliographie utilisée et quelques documents utiles
- Arvalis, Chambre d’Agriculture du Tarn, 2005 – Phosphore et potassium. La fertilisation P et K des cultures. Chambre
d’Agriculture du Tarn, 5p.- Baize D, Jabiol B., 1995 – Guide pour la description des sols – INRA éditions, 375 p.
- Delaunois A. , 2006 – Guide simplifié pour la description des sols. Chambre d’Agriculture du Tarn, 37 p. Disponible sur le site
http://www.agritarn.com- Delaunois A., Hérody Y., Robert J.P., 2006 – La méthode Hérody. Méthode d’étude agronomique des sols mise au point par le
BRDA Hérody. Application au département du Tarn. Chambre d’Agriculture du Tarn, Bureau de Recherche sur le
Développement Agricole, 42.- Delaunois A., Longueval C., Penalver F. et al, 1995 – Les grands ensembles morphopédologiques de la région Midi-Pyrénées.
Chambre Régionale d’Agriculture de Midi-Pyrénées, 2 cartes à 1/50 000ème, notices 537 p et 30 p. Disponible sur le site
http://www.midipyrenees.chambagri.fr/- Delecourt F., 1978 – Initiation à la pédologie. Faculté des Sciences Agronomiques de l’Etat de Gembloux (Belgique), 69 p.
- Diwo Allain S., Rougon D. et al., 2004 – Carabes : auxiliaires des cultures, indicateurs de la biodiversité d’un milieu. CRITT
INNOPHYT, Orléans, 4 p.- Ducerf G., 2006 – L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales. Guide de diagnostic des sols.
Editions Promonature, 352 p.- Ducerf G., 2006 – Conditions de levée de dormance des principales plantes bio-indicatrices. Editions Promonature, 30 p.
- Soltner D., 2003 – Les bases de la production végétale. Tome 1 : le sol et son amélioration. Coll. Sciences et Techniques
Agricoles, 472 p.- TCS, Techniques Culturales Simplifiées – La revue spécialiste des techniques culturales simplifiées et du semis direct, Groupe
ATC, Metz.
Quelques sites net sur le sol :
http://www.tarn.chambagri.fr/a-votre-service/agronomie-environnement/un-sol-vivant.html
http://www.agritarn.com/ rubriques/agronomie.asp#sols
http://www.cra-mp.org/-Carte-des-sols-.html#B#
http://www.inra.fr/dpenv/faunedusol.htm#lombrics
http://www.isara.fr/fr/profilcultural/default.htm
http://www.bretagne-environnement.org/rubrique/le-sol-un-patrimoine-vivant
http://www.inra.fr/afes/
http://www.agriculture-de-conservation.com
http://www.geoportail.gouv.fr ; cartes géologiques au 1/50 000 ème du BRGM.
Le scarabe doré (Carabus auratus) est un excellent prédateur de limaces, escargots, vers de terre, chenilles, … Il est
commun en France, mais sa présence diminue fortement, suite aux pesticides et aux labours profonds. (Diwo Allain et
al, 2004).
Photo de M. Chevriaux in aramel.free.fr, 2007
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013- 38 -Lexique
Anécique (vers) Lombricien, vers de terre de grosse taille qui forment des galeries verticales (cf § 3.9.2).
Brunifié : Sol brunifié : sol des climats tempérés, de couleur brune suite, notamment, à la présence
d’hydroxydes de fer (goethite, limonite, …).
Hydromorphe : Les sols hydromorphes sont des sols qui sont marqués par un excès d’eau temporaire
ou permanent : taches de fer rouille ou gris-vert, concrétions noires ferromanganiques,
horizon gris décoloré, …
Horizon : Couche de sol horizontale ou subhorizontale ayant ses caractéristiques propres. Le profil
de sol peut être découpé en plusieurs couches ou horizons, précisant ainsi les variations
verticales du sol.
Pédogenèse : C’est l’ensemble des processus qui forment le sol. C’est donc le fonctionnement ancien
et actuel du sol. On parle par exemple de sols bruns, de sols lessivés, de podzol, de sols
hydromorphes, de sols calcaires, de sols caillouteux, … ce qui permet de typer le
fonctionnement principal de ces sols.
Podzol : Nom d’origine russe, de pod (sous) et zol á (cendre). Ce sont des sols où la podzolisation
est intense, avec présence d’un horizon décoloré et cendreux.
Podzolisation : C’est un processus d’altération intense des minéraux de la roche-mère en milieu très
acide. Cette pédogenèse s’observe notamment sur les roches granitiques des Monts de
Lacaune.
Roche-mère : Roche dure ou meuble sur laquelle le sol s’est formé.
RU (Réserve utile C’est la quantité d’eau utile que le sol est capable de stocker pour l’alimentation en eau
en eau) :
des plantes. C’est la différence entre le volume d’eau stocké à la capacité de rétention
(après le ressuyage du sol) et le volume d’eau restant au point de flétrissement (sol très
sec).
La RU peut être calculée rapidement en comptant 1 mm d’eau par cm de sol sableux,
1,6 mm par cm de sol limono-sableux et 2 mm par cm de sol limoneux ou argileux. Il faut
déduire de cette RU le pourcentage d’éléments grossiers (non poreux).
La RU se calcule sur la profondeur du sol correctement enraciné. Cette profondeur peut
être variable : 20 cm (sol très superficiel), 100 cm (sol assez profond), 300 cm (tournesol
très bien enraciné sur un sol très profond). Des racines de luzerne peuvent être
observées à plusieurs mètres de profondeur et des racines de chêne vert à plusieurs
dizaines de mètres.
T:\p4-environnement\02A_agronomie\sol\guide-sol-agro\2013\2013-guidesolagri.odt
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
10/03/2014- 39 –
Cultures de couverture
Joshua J. Miller, associé de recherche postdoctoral, Département de pathologie végétale
Katja Koehler-Cole, associée de recherche postdoctorale, Département d’agronomie et d’horticulture
Au moment de décider de la meilleure façon d’utiliser les cultures de couverture, il est important de considérer l’objectif ultime. Est-ce pour augmenter la matière organique du sol, augmenter la disponibilité des éléments nutritifs pour les cultures suivantes, réduire le compactage du sol, fournir du fourrage au bétail et/ou supprimer les mauvaises herbes ? Répondre à ces questions aidera à identifier les cultures de couverture qui offrent les meilleures chances de succès pour atteindre l’objectif. Principalement, les cultures de couverture sont utilisées pour améliorer la conservation des sols, le cycle et l’approvisionnement en éléments nutritifs et le contrôle des mauvaises herbes. Cependant, ces avantages varient en fonction de l’espèce de culture de couverture qui est plantée, il est donc important de sélectionner le type de culture qui s’intégrera dans votre système de culture actuel, ainsi que de fournir le résultat souhaité.
Il est important de noter que des baisses de rendement de la culture de base suivante ont parfois été observées avec l’utilisation de cultures de couverture, en raison d’une terminaison incomplète, d’une perte d’humidité du sol et/ou d’une immobilisation des éléments nutritifs. Tous ces éléments peuvent être minimisés grâce à une sélection et une gestion appropriées de votre culture de couverture.
Conservation des sols
Les cultures de couverture peuvent être utilisées pour atteindre les objectifs de conservation des sols, en particulier contre l’érosion éolienne et hydrique. Le potentiel d’érosion éolienne dans les régions plus sèches des Grandes Plaines est élevé à la fin de l’hiver et au début du printemps. Les cultures de couverture d’hiver, en particulier les espèces de graminées avec leurs systèmes racinaires étendus, peuvent réduire l’érosion éolienne en maintenant le sol en place et en protégeant la surface du sol. L’érosion hydrique peut également être réduite car les cultures de couverture augmentent l’infiltration. PourPar exemple, les crucifères à racine pivotante, comme les radis et les navets, peuvent pousser à travers des couches de sol compactées et laisser des macropores, canalisant les précipitations vers des couches de sol plus profondes. De plus, la biomasse aérienne réduit l’impact des précipitations, empêchant ainsi le ruissellement du sol (Blanco-Canqui et al., 2015). Dans une parcelle de démonstration d’une seule année au Centre de recherche et de vulgarisation de l’est du Nebraska situé près de Mead, dans le Neb., même la culture de couverture de radis tuée par l’hiver a empêché l’érosion du sol due aux pluies torrentielles du printemps par rapport à la parcelle témoin sans culture de couverture (Figure 1 ) .

Figure 1. Effet de la culture de couverture sur l’érosion du sol (11 mai 2016).
suite…..
https://extensionpublications.unl.edu/assets/html/g2284/build/g2284.htm
La Silice
| LA SILICE : L’ÉLEMENT OUBLIÉ EN AGRICULTURE Nicolaus REMER Extrait du livre : Substanzen im Lebenszusammenhang der Landwirtschaft, Titre original du chapitre : Kiesel das vergessene Element Traduction Aurélie Truffat1- Rôle de la silice dans le monde La silice est composée de silicium et d’oxygène. Il existe 3 isotopes stables de silice, possédant les numéros atomiques 28, 29 et 30, et 5 isotopes radioactifs de numéros atomiques 25, 26, 27, 31 et 32. La silice a été peu étudiée dans le domaine de l’agriculture. La silice ne fait pas partie des 15 éléments absolument indispensables pour la plante, à savoir : C, O, H, N, S, P, K, Ca, Mg, Fe, B, Mn, Mo, Cu, Zn. Les cendres des graminées et de nombreux arbres, constituant les grands espaces verts de la Terre, sont pourtant majoritairement constitués de silice. Et la silice joue également un rôle déterminant dans les cendres des racines d’autres types de plantes. Mais la présence de silice dans l’environnement plus éloigné des plantes est également importante pour elles. La silice permet en effet de capter la lumière et la chaleur, toutes deux indispensables à l’assimilation des plantes. L’actuel manque d’intérêt pour la silice vient du fait que les sols sablonneux siliceux sont parmi les sols les plus pauvres, et ne donnent que difficilement des rendements élevés. Ces sols sont très répandus chez nous dans la région des lacs du nord de l’Allemagne, connue pour être une région agricole pauvre. La culture de ces sols étant limitée, ils ne sont utilisés que pour la constitution de zones forestières. Après l’oxygène, le silicium est l’élément le plus répandu sur Terre (26,7 %). Mais, dans l’Univers également, la présence du silicium est en moyenne plus fréquente que celle des autres éléments. Une étude approfondie de la silice met en évidence l’élément silicium, qui a joué dans la jeunesse de la Terre un rôle similaire à celui du carbone actuellement, et qui conduisit, en tant que premier élément, à la formation des lois physiques du monde. Avec la solidification de la planète Terre, en lien avec la formation de la lune, le carbone a progressivement pris la place du silicium dans la formation de la vie. Les algues siliceuses (diatomées) sont des vestiges de cette vie basée sur la silice. La matière sèche végétale des diatomées est constituée à 71 % de silice. Elles ont contribué à la constitution d’importants dépôts de farines fossiles. Les diatomées sont encore aujourd’hui les représentants terrestres d’une vie passée basée sur la silice. Leur teneur en silice dépasse de 6 à 7 fois leur teneur en carbone. Une étude approfondie met en avant les nombreuses propriétés intéressantes de la silice ou du quartz (SiO 2 ), et donc de l’élément silicium. Le quartz conduit mieux la chaleur que l’argile. Il capte la chaleur plus rapidement. Le rayonnement est tout aussi rapide, et peut avoir lieu subitement en cas de surcapacité. À de hautes altitudes, où le silicium est également fortement représenté parmi les éléments, il peut participer à des déchargements de chaleur et à des orages. Les cristaux de quartz sont dotés d’un pôle positif et d’un pôle négatif. Cela fait du quartz un élément précieux dans le domaine de la microtechnique et de l’électronique. Les montagnes de quartz diffusent les énergies solaires que les forces terrestres magnétiques attirent sur la Terre pour le règne végétal. Les montagnes de quartz sont donc fondamentalement liées à la répartition géographique des plantes (Rudolf Steiner : Le visage de la Terre, Dornach, 1922, 2.7). La relation particulière entre quarte et chaleur est mise en évidence par le fait que l’α-quartz se transforme en β-quartz à une température de 575 °C. Celui-ci se transforme en α- et β-Tridymit à 870 °C et en α- et β-Christobalit à 1470 °C. Le silicium forme d’innombrables liaisons organiques, comme le silane, le silatrane et l’alkoxylane, bien que le quartz fasse partie des substances les plus difficilement solubles et les plus stables. Le quartz s’exprime sous des formes pures et transparentes dans le cristal de roche et les pierres précieuses. Dans le passé, les pierres précieuses étaient liées aux signes duZodiaque et les quartz constituaient les portes d’accès aux mondes célestes et assuraient la liaison entre la nature vivante et le cosmos. Le silicium se comporte de la même façon que le carbone non seulement avec les éléments basiques mais aussi avec les éléments acides et les métaux pour donner de multiples liaisons : avec des éléments basiques, comme le verre à eau : K 2 SiO 3 , Na 2 SiO 3 avec des éléments acides : SiF 4 , SiCl 4 , SiS 2 , Si 3 N 4 (à1400 °C) avec les métaux, il se forme des silicides et des silicates : SiCa 2 , SiMg 2 , Fe 2 SiO 4 et autres silicates avec l’hydrogène : SiH 4 et autres liaisons. Les anciens quartz de la croûte terrestre sont souvent mélangés au carbone. On peut y voir les traces d’une vie passée. Il existe également des cristaux de roche totalement noirs contenant du carbone et pouvant atteindre la taille d’un être humain, nommés Morion, qui ont été découverts dans les gisements argileux ukrainiens près de Shitomir. Ils sont comme des êtres formés et solidifiés dans un temps très ancien. De part ses nombreuses propriétés, le quartz peut être utilisé de diverses manières dans les domaines de la céramique et de la technique. Mais peu d’utilisations ont été étudiées en agriculture. W. Filchner, chercheur en Asie, rapporta en 1924 que le paysan chinois extrait des cailloux siliceux des fleuves pour les mettre dans ses champs. Il alimente ainsi les cultures des énergies de la lumière et de la chaleur (Filchner, Tschung-Kue, L’empire du milieu, Bln 1924, p. 166). Les Celtes faisaient de même lors de la mise en place de leurs carrés de culture, qu’ils bordaient de pierres siliceuses. La silice joue le rôle le plus important dans la vie terrestre. À côté de la ressource importante que constituent la peau et les poils du règne animal, il existe des liaisons de Si organique de qualité des plus fines telles que le silane, le silatrane, etc. 2- Températures extrêmes en sols sablonneux Les sols sablonneux sont pauvres par nature et n’apportent pas de récolte de céréales aussi importante que les sols argileux. Les sols sablonneux se détériorent plus vite que les sols argileux s’ils restent non cultivés car ils perdent rapidement leur humus. Ils ne retiennent pas bien l’eau et captent tellement la chaleur sur les surfaces non enherbées que la vie dépérit en cas de forte chaleur en été. Puis le sol s’acidifie à cause des déchets organiques en décomposition, et sa qualité se détériore de plus en plus. Des mesures effectuées sur des sols sablonneux du Brandebourg le matin du 11 juin 1937 (à 9h) donnent les résultats suivants : à 1 cm de profondeur en sol argileux non couvert : 38 °C en sol sablonneux non couvert : 41 °C à 8 cm de profondeur en sol argileux non couvert : 26 °C en sol sablonneux non couvert : 31 °C température de l’air à 1,20 m au-dessus du sol : 32 °C. Dans les cultures de lupin et d’avoine, la température mesurée à 13 h à une profondeur de 1 cm dans les endroits non couverts est de 50 et 56 °C. (N. Remer, la mort des sols sablonneux causée par l’ensoleillement et le réchauffement, Dem. Mon. 1937, p. 113). La chaleur est très vite restituée. Ces étapes d’accumulation et de restitution de la chaleur ont un effet destructeur sur le sol. Pendant les saisons humides et froides, et selon les conditions climatiques, lesrisques d’acidification et de lessivage par les acides humiques sont plus importants. Après un épisode pluvieux, il y a rapidement formation d’une couche d’algues et de mousses, suivie d’une décomposition acide. Cela conduit à la perte de fertilité du sol. Mais les sols sablonneux protégés par une couverture végétale présentent aussi des propriétés intéressantes. Le conseiller Partsch écrivit (Géographie de la Silésie, 1904, Breslau) que la culture de la vigne dans la région des Grünberg, en Silésie, n’était possible que sur sols sablonneux. 3- Silice et plante Les sols sablonneux protégés permettent de donner des récoltes très aromatiques. Cela se voit nettement dans la culture de fruits à Werder, près de Berlin, dans les montagnes de la région de Rauen, près des forêts princières, dans la culture d’asperges et de fraises, dans la culture de groseilles que l’on nomme « la vigne des sols sablonneux ». En 1923, J’ai appris de petits producteurs de la région du « wendischen Lausitz » que le pain de seigle cultivé sur sols sablonneux est plus aromatique. Mais les sols sablonneux sont très fragiles, et les paysans avaient conclu que la qualité spécifique des sols sablonneux est détruite si les sols sont traités avec des engrais salés. Bien entendu, l’agriculteur moderne avait bien du mal à admettre que des sols justement pauvres en nutriments sont endommagés par l’apport de nutriments. Mais les expériences menées par les petits producteurs dans leur économie basée sur les bovins montraient que les pommes de terre traitées chimiquement à partir de janvier dégageaient une mauvaise odeur à la cuisson, et que le pain perdait en arômes et n’était plus aussi rassasiant. Aujourd’hui, on sait que la réussite d’une culture n’a rien à voir avec une teneur précise en nutriments. La composition des cendres de plante est très variable selon les types de sols. Mais un équilibre doit pouvoir s’établir entre les éléments acides et les éléments basiques dans le végétal. En même temps, la silice joue un rôle important car elle peut former des liaisons avec les deux types d’éléments, et ainsi restaurer l’équilibre. Cet équilibre se voit ensuite dans la végétation saine des cultures. Lorsque suffisamment de silice est assimilée, l’influence du Soleil est plus importante. La silice diffuse en effet la lumière et la chaleur. Alexandrowitsch Timirjasew (1843-1920), à Leningrad, vit dans le processus de formation des plantes une corrélation avec les énergies solaires (Oparin, Origine de la Vie, Berlin, 1957). Ainsi, Timirjasew a devancé les connaissances en sciences humaines, selon lesquelles la forme de la plante est déterminée par les influences célestes (Rudolf Steiner, Conférence du 22/07/1922). Silice et potasse dans 1000 parties de matière sèche SiO 2 Foin *** (propre à la région de la mer du Nord) 33,8 Bon foin de prairie 27,2 Foin de prairie acide 13,8 Herbe de champ d’épandage 6,9 Paille de seigle 18-27 Paille de blé jusqu’à 31 K2 O 19,7 18,0 8,8 38,8 9,0 9,0 Les influences des énergies solaires et les influences cosmiques sont diffusées par la silice dans leurs qualités respectives directement ou indirectement dans la plante. Les parties de la plante qui contiennent beaucoup de silice poussent deux fois plus vite que celles contenant du calcaire (Voronkov, le Silicium et la Vie, Berlin, 1975, p.80).La sensibilité des sols sablonneux quant à l’emploi d’engrais contenant des sels repose sur le fait que les sels empêchent l’assimilation de la silice par la plante. Cela se remarque dans la paille des céréales. Au cours des 100 dernières années, la teneur en silice des plantes a beaucoup diminué. La paille perd à la fois son aspect brillant et sa résistance aux champignons. Autrefois, la paille de seigle servait à la couverture des toits et avait une durée de vie de 30 ans. Aujourd’hui, il n’est même plus possible de l’utiliser comme couverture de toit. Baisse de la teneur en silice des céréales en % de SiO 2 dans les cendres (d’après Duflos, 1840 et Menzel Lengerke, 1940) Paille de blé Paille de seigle Paille d’orge Paille d’avoine 1840 81 82 71 79 1940 63 48,2 52 46,5 Il est donc nécessaire de trouver une nouvelle voie pour maintenir les rendements en sols sablonneux, et qui pourrait également être novatrice pour les autres types de sols déjà riches en nutriments par nature. Lors du développement important des graminées sur le sol, la silice ne joue pas seulement un rôle important pour la plante, mais aussi pour le métabolisme de la Terre vivifiée et pour sa fertilité. Liebig supposa déjà que la raison de l’appauvrissement du sol se trouvait dans la défaillance du cycle de la silice. Cela se confirma pour lui dans le cas de l’assimilation de la silice par l’avoine tout au long de sa croissance (Liebig, Théorie et Pratique, Braunschweig, 1852). ¼ hectare d’avoine contenait jusqu’au 03/07 : 37,7 livres (soit 18,85 kg) de SiO 2 dont 29 % dans les cendres et jusqu’au 27/08 : 145 livres (soit 72,5 kg) de SiO 2 dont 61 % dans les cendres Goethe exprima déjà auparavant – après être rentré de Leipzig à Francfort – l’idée que la fertilité du sol devait être développée avec les transformations de la silice (Goethe, De ma vie, 2° partie, 8° livre). La corrélation entre la teneur en silice et la croissance est évidente lorsque l’on analyse la teneur des cendres des différentes parties des plantes. Les cendres contiennent (selon Voronkov) : SiO 2 (en %) Aiguilles de mélèze 84,34 Paille de seigle 46,5 à 65,17 Paille d’avoine 54,25 Roseau 57,7 à77,27 Feuille de riz 80 Ray-grass d’Italie 60,62 Feuilles de maïs 63,76 Les racines des légumineuses contiennent beaucoup de silice. La teneur en silice assure l’activité du métabolisme des racines (Voronkov, p. 77). 4- Lumière directe et protéine, lumière voilée et glucide Les plantes qui se développent beaucoup en mi-ombre contiennent également beaucoup d’acide silicique, et parviennent ainsi à produire de grandes quantités de cellulose.Les cendres comprennent : SiO 2 (en %) Fougère aigle 68,8 Prêle 70 à 96 Aiguilles d’épicea 70,07 Les cendres d’aiguilles de pin ne contiennent que 9,61 % de SiO 2 , mais le pin a besoin d’au moins 1/11e du rayonnement solaire, tandis que l’épicéa survit à un rayonnement solaire de 1/90e. L’épicéa se développe même bien mieux sur le versant nord peu ensoleillé que sur le versant sud. La formation de glucides et de cellulose exige une lumière voilée. La formation de la protéine est en étroite relation avec les influences directes de la lumière. Tandis que la formation de bois et d’amidon est influencée essentiellement par la quantité d’acide carbonique des sols humiques, la quantité et la qualité des protéines sont déterminées par la lumière directe. Cela est très visible au niveau de la cime des arbres. Les branches du sommet des arbres possèdent des aiguilles plus foncées et plus épaisses, et constituent une meilleure nourriture pour les animaux que les autres branches. Le feuillage des espèces d’arbre aimant la lumière contient plus de protéines que celui des espèces préférant l’ombre. Mais, dans le cas des protéines, la qualité joue un rôle plus important que la quantité car la protéine est garante de la vie. Une atteinte au cycle de la silice et à la qualité des protéines nuit à la valeur nutritionnelle et à la qualité panifiable des céréales. Toutes les variétés traditionnelles de céréales poussant sur des sols pauvres étaient de meilleure qualité et permettaient une panification plus aisée (Pelschenke, Culture végétale, 8, 67, 1931). Alors que la teneur en silice des céréales a diminué de 30 % dans l’agriculture moderne, la teneur en potasse et en chlore a augmenté. Teneur en Mg, K et Cl (en g/kg de matière sèche) (d’après Scharrer, Chem. Zeitung, 1939) Mg K Cl 1869 15,5 4,2 Foin de prairie 1933 26,59 7,83 1869 14,43 2,22 Luzerne nouveau 40,76 6,66 1869 5,47 25,12 2,92 Trèfle rose nouveau 3,25 45,81 6,45 1869 1,64 14,55 3,20 Seigle nouveau 0,79 46,78 12,00 1869 1,13 18,84 1,31 Pomme de terre nouveau 1,03 19,60 3,65 Les explications données par Rudolf Steiner à Koberwitz ont renouvelé notre intérêt pour la silice. Des formations de silicates doivent être préparées dans les sols vivants afin que des processus se développent entre le sol et les racines (Rudolf Steiner, Sciences Humaines et Médecine, 1922, p. 127). Lorsque le conseiller Bier entendit parler des problèmes liés à la silice en agriculture, il attira notre attention sur les expériences médicales menées par le conseiller Hugo Schulz à Greifswald. S’étant intéressé à la luminothérapie parallèlement à son activité de chirurgien, il compris tout de suite l’intérêt de cette étude. Hugo Schulz avait déjà montré au début du XX° siècle que la silice est d’une importance capitale dans la formation du système neuro-sensoriel et de l’épiphyse des os. Les connaissances dans le domaine des cultures végétales ne sont pasaussi avancées. Il est écrit dans le livre de poche sur la nutrition des plantes (1931) : « La question de l’acide silicique dans l’écosystème végétal n’est pas encore tout à fait claire. » (König, Hohenkamp, Livre de poche sur la nutrition des plantes, 2.795, 1931). Le choix offert à la plante entre la silice et ses concurrents, le potassium et le sodium est très variable. Teneur (en % des cendres) Laîche aquatique Nénuphar Characées algues Roseau d’eau Potasse 30,82 14,4 0,2 8,6 Soude 2,7 29,66 0,1 0,4 Calcaire 10,7 18,9 54,8 5,9 Silice 1,8 0,5 0,3 71,5 (Kerner v. Marilaun, la vie des plantes, extrait de Les plantes comme indicateurs du sol, Linstow, Institut National Prusse de Géologie, Nouvelle série, M114, Berlin). [Légende de la photo : La dynamisation des préparations à pulvériser requiert attention, intérêt et persévérance.] En établissant des comparaisons dans le monde végétal, il apparaît que les plantes terrestres anciennes, qui se sont développées au cours d’une période de grande activité de la Terre, et qui restent encore aujourd’hui des saprophytes, contiennent de grandes quantités de silice. Ces plantes viennent d’une époque ou la Terre possédait une atmosphère brumeuse et sombre. Mais la Terre était alors très active comme le montrent encore les épaisses couches de sédiments et de dépôts. L’ère tertiaire fut ensuite celle de l’apparition des graminées, qui avaient besoin de beaucoup de lumière, et qui contiennent le plus de silice comparées aux plantes apparues par la suite. Les graminées assimilent la silice depuis les racines jusqu’aux épis et peuvent donner d’excellentes teneur en protéines. Tableau sur la teneur croissante en silice de l’avoine et du riz (d’après Voronkov) Teneur en SiO 2 dans la matière sèche (en %) Avoine Paillettes 10,95 Feuille 5,24 Tige 1,42 racine 1,84 Riz Paillettes 15 Feuille 12 Tige 5 racine 2 Il ne faut pas oublier la dynamique de la silice propre aux céréales : la silice venant du sol est en interaction et se mélange aux plus fines particules de silice de l’atmosphère. En effet, les feuilles possèdent des bactéries transformant la silice, et également capables de fixer l’azote de l’air (Nombreuses publications d’Alexandrov à Kiev et Odessa de 1958 à 1970, Voronkov, p.31). L’emploi de poudre fine de silice de corne en mélange de poudre de cristaux de roche vivante intervient activement sur le processus de croissance des plantes vertes. 5- Silice et animaux Le règne animal est de grande aide pour activer les fonctions de la silice dans le sol. Nos animaux domestiques mangeurs de absorbent également, via leur alimentation, des quantitésconsidérables des substances siliceuses. Cela est perceptible et variable selon le type d’animaux. La paille de fourrage et le foin de pâture sont plus riches en silice et plus digestes lorsqu’ils sont cultivés sur des sols entretenus que s’ils sont cultivés sur des sols acides (voir ci-dessus). Grâce à une nourriture brute riche en silice, les bovins ont plus de cuir, de plus belles cornes, de bons sabots et des os solides. Ils donnent une impression générale d’animaux vigoureux. Dans la mesure où l’animal domestique s’adapte aux conditions du sol et apprend à assimiler l’alimentation siliceuse, un retraitement de qualité des parties siliceuses des plantes pour la vie du sol s’opère en même temps. L’amendement est ensuite travaillé par le ver de terre, dont l’intestin dispose de bactéries transformant la silice, et pouvant aussi fixer l’azote. C’est ainsi que se referme le cercle vertueux liant la vie du sol, la lumière et les fonctions des fleurs. Dans le monde végétal, la silice apporte à la plante une résistance à la maladie par son rôle vis-à-vis de la lumière. Pour les soins des hommes et des animaux, la silice est un remède contre les infections. Elle empêche la modification des processus métaboliques du cerveau. Cela est lié aux forces organisées du quartz qui interviennent sur toute la plante, et grâce à l’activité des abeilles qui se retrouve dans le miel. D’après la comparaison de la teneur en silice des plumes, de la laine, de la peau et de la viande, une corrélation peut être établie avec le type d’habitat. Plumes Laine de mouton Viande de mouton Ecailles Teneur en silice 1 à 2 % de SiO 2 dans la matière sèche (une oie produit environ 400 g de plumes) 0,4 % de SiO 2 dans la matière sèche 0,04 % de SiO 2 dans la matière sèche 4,2 % de SiO 2 dans les cendres Il existe un subtil métabolisme de la silice dans le cerveau pour l’activité des nerfs. Les liaisons organiques de silice possèdent, par la formation de chaînes très longues, la capacité de transmettre les impulsions nerveuses très rapidement. De petits éléments issus de la silice se forment en permanence dans le cerveau par les processus de la conscience. Ces éléments doivent ensuite toujours être dilués dans le sang comme les éléments vivants porteurs d’azote et de potasse. Des processus équivalents à ceux du cerveau se retrouvent dans le sol. Il convient de les favoriser pour stimuler la vie des racines. Au niveau du cerveau, une subtile préparation d’extrais minéraux siliceux est nécessaire au thalamus pour faire des nerfs un outil de l’âme. C’est ainsi que se met en place la cohérence entre les idées. Dans les champs de culture, les excréments des oiseaux granivores – et plus particulièrement des perdrix, donnent des jus minéraux subtils, formant une polarité très précise avec l’humus en formation des excréments de vache. Ces polarités sont nécessaires à la vie (Dr Brüll, Parc Naturel de Kaltenkirchen). D’une certaine façon, la polarité de cette dynamique s’exprime dans le rapport équilibré entre la silice et la potasse dans la nourriture des bovins. Le métabolisme de la silice, tant mis à mal pour les plantes, est de grande importance pour la coordination de l’ensemble des organes. D’où l’intérêt d’un fourrage sain pour l’alimentation du bétail. La qualité du fourrage dépend de l’équilibre paritaire entre silice et potasse. Cet équilibre est obtenu via le mélange de céréales – contenant plus de silice – et de variétés de trèfle – contenant plus de potasse. 6- La silice dans le cycle de l’exploitation agricoleA Muskau, Fürst Pückler est un pionnier qui a réussi à améliorer la qualité des mauvais sols sablonneux à grande échelle. Pour préparer la culture, il procéda à un labour de défoncement, utilisa du compost, planta des arbres et des haies, et aménagea des pelouses. C’est ainsi que fut créé le parc de Muskau dans la région du Lausitz, parc encore bien connu aujourd’hui. Les céréales ont la capacité de développer un système racinaire important, ce qui laisse ensuite à la vie du sol une importante quantité de biomasse végétale. Lorsque nous devons améliorer la qualité des sols, il nous faut cultiver des céréales et utiliser des légumineuses. La croissance de ces plantes doit être favorisée par l’utilisation de compost et la pratique d’un chaulage contrôlé. C’est alors qu’interviennent les vers de terre, produisant du calcaire à double acide carbonique qui est déterminant pour le pouvoir tampon du sol. Lorsque l’on prépare les sols légers avec une culture pour nourrir le sol de façon à augmenter la teneur en humus, et le pH du sol de 6 à 6,3, il est ensuite possible de cultiver de la luzerne et du sainfoin. Ces deux plantes apportent de gros rendements pour l’alimentation animale. La vesce, associée au colza, le ray-grass annuel, le tournesol, le chou moëllier et le mélange de Landsberg conviennent également. Il est ensuite possible d’avoir plus de bêtes. L’excrément de porc est aussi intéressant pour les sols sablonneux, dans le cas où le porc peut être élevé naturellement. Le porc aime bien manger un peu de terre provenant des mottes de pelouse avec sa nourriture. Cette terre est décomposée par l’importante digestion acide dans l’estomac. En plus de l’excrément de porc, il faut ensuite utiliser une petite quantité d’excréments de volailles. La poule doit avoir aussi à sa disposition de la nourriture, qui doit être de préférence issue du granit, de feldspath, de basalte ou de gravier. Ces minéraux sont décomposés d’une toute autre manière que par les bovins ou les porcs. Pour avoir un fourrage appétant pour les chevaux, les bovins et les moutons, il faut avoir des céréales de grande hauteur. Il est possible de récolter de la paille et de l’herbe de grande taille grâce à un meilleur développement racinaire favorisé par le compost et le travail du sol. C’est pourquoi il faut à nouveau cultiver des parcelles avec de grandes céréales, pour nourrir les animaux domestiques de manière saine et économique. Cela permet d’élaborer un engrais favorisant une fertilité importante et durable du sol. Les céréales et les légumineuses ont un développement racinaire plus important sur les sols sablonneux sains que sur les sols argileux et glaiseux. Cette faculté doit être favorisée par le maintien constant de la structure grumeleuse par la mise en place de couvertures végétales et un labour du sol peu profond. La bouse de vache est irremplaçable pour ce type de sol. L’expérience de la culture en biodynamie a permis de voir que de nombreux phénomènes apparaissent sur les sols légers, sablonneux, à partir du moment où le fourrage et l’amendement sont issus de la ferme et utilisés correctement. L’assimilation du fourrage s’accroît jusqu’à 30%. Les maladies telles que la stérilité, la tétanie ou les maladies du pis disparaissent d’elles-mêmes lorsque l’animal mange suffisamment de foin et de paille produits sur le domaine. Les forces de vie perdurent au fil des générations d’un troupeau nourrit de la sorte. Le troupeau acquiert une individualité (possibilité de consanguinité). La silice est ainsi l’élément assurant l’individualité agricole. L’eau de source de montagne et la silice transmettent les forces cosmiques. Le fourrage vert doit également être de maturité suffisante. Il faut essayer de maintenir l’équilibre harmonieux entre silice et potasse d’une façon globale. C’est seulement après que le sang (K 2 O) et les nerfs (SiO 2 ) trouvent pleinement leurs fonctions. La conduite de domaines agricoles en sols sablonneux selon le principe de l’organisme agricole a pleinement démontré que les maladies des animaux peuvent se guérir d’elles- mêmes et que les forces de vie peuvent être renforcées. Le domaine de Marienhöhe près deBad Saarow faisait figure d’exemple après 12 ans de conduite du domaine selon ce principe (Remer, Dem. Mon. 1936, p.171, L’élevage des bovins au cœur de l’organisme agricole). La culture du trèfle devint possible sans chaulage dans une certaine mesure. La paille de seigle et de céréales d’été était souvent utilisée comme fourrage. Les animaux héritaient d’une particularité dans leur type, leur assimilation de la nourriture et leur résistance. Les vaches pouvaient faire jusqu’à 15 veaux. Ces caractères héréditaires se retrouvaient dans la descendance de manière durable et se développaient encore. Une telle conduite du domaine requiert un investissement complet et de la ténacité de la part des hommes. L’homme doit élever son regard innocent sur la nature pour développer une compréhension approfondie des relations existant entre les êtres en devenir du domaine et le rythme des saisons. L’âme de ces êtres doit toujours plus s’éveiller. Le quartz permet d’assurer, dans la vie des animaux et des plantes, une organisation globale, la beauté des formes et la relation entre les fonctions vitales et organiques. Lorsque l’exploitation agricole présente de bons résultats dans certains domaines et que, parallèlement, la production de base augmente, il est nécessaire que les autres parties de l’organisme agricole s’adaptent afin de respecter les limites écologiques de l’organisme agricole propres à chaque domaine. Il faut aussi garantir une stabilité des besoins pour une santé optimale de l’ensemble. La silice est l’élément de l’organisme le plus sensible, et anime les inter-relations entre les fonctions au sein de l’exploitation. La nature agit selon le principe de précaution, et non comme les hommes qui agissent ultérieurement. La résistance, le self-contrôle biologique, un raisonnement global deviennent des caractéristiques de l’individualité du domaine agricole productif. 7- Preuves de l’efficacité de la poudre fine de silice Un autre sujet est celui de l’emploi de la silice en poudre fine sur les feuilles des plantes. Des essais méthodiques ont été menés en 1962 et publiés en 1968 (N. Remer, Des lois de la vie en agriculture, Dornach, 1968). Ces essais apportent de nombreuses preuves irréfutables. Anciennes publications à propos de la silice : La silice et sa signification pour l’agriculture, revue mensuelle Demeter, 1933, p.86. Signification et utilisation de la préparation 501 (silice de corne) en culture végétale, revue mensuelle Demeter, 1933, p.97. L’élevage de bovins au cœur de l’organisme agricole sur sols sablonneux, revue mensuelle Demeter, 1936, p.171. Silice et santé des plantes, revue mensuelle Demeter, 1937, p.75. Mort des sols sablonneux par l’ensoleillement et le réchauffement, revue mensuelle Demeter, 1937, p.113. Santé et productivité des animaux domestiques, Planegg à Munich, 1940, p.52. Les lois de la vie en agriculture, Dornach, 1968. Engrais organiques, à compte d’auteur, 1980.III. La silice doit-elle encore rester un élément négligé ? 1- La diminution des fonctions liées à la silice nécessite de nouvelles mesures La baisse de la teneur en silice des plantes cultivées incite à toujours améliorer la couverture du sol et à aérer les couches plus profondes des sols tassés et abîmés. Ainsi, les racines peuvent bien se développer et peuvent assimiler les substances minérales du sol contenant de la silice. La silice met la plante en relation avec le cosmos d’une manière particulière, en s’associant à la lumière et à la chaleur. « La silice joue le rôle le plus important dans l’activité de la vie planétaire. » (Rudolf Steiner, Cours aux agriculteurs, 1 ère Conférence). La médecine traditionnelle attribuait aux 12 pierres précieuses issues de la silice le pouvoir de transmettre l’énergie des 12 groupes d’étoiles du zodiaque au corps humain. Effets sur : (d’après Surya) Jaspe Saphir Calcédoine Emeraude Sardoine Cornaline Chrysolithe Chrysolithe Béryl Topaze Chrysoprase Hyacinthe Améthyste Gémeaux Verseau Capricorne Sagittaire Scorpion Balance Vierge Lion Cancer Gémeaux Taureau Bélier pieds Estomac Veines et cuisses vessie reins yeux coeur estomac et poitrine Oreilles Parmi les substances issues du processus de formation de la Terre, la silice est la première à être apparue. Les plantes pouvaient se développer sur Terre sur la base siliceuse, sans être exclues du processus. La teneur en silice des premières plantes était supérieure à leur teneur en carbone. Les algues siliceuses (diatomées) sont encore dans ce cas aujourd’hui. La prêle et la fougère contiennent également beaucoup de silice. La silice permet également aux plantes de se développer plus rapidement. C’est aussi le cas de l’élodée du Canada (Elodea canadensis) et de la consoude (Sympytum), ces deux plantes pouvant être utilisées comme complément alimentaire pour la santé des animaux. Teneur en silice (g/kg de matière sèche) Elodée du Canada Matière sèche 160 Cendre 154 Potasse 23,6 Calcium 52,3 Silice 24 Le colza, le pois de senteur et le sarrasin ne contiennent que sèche. Consoude 167 127 51,4 25 24 2 g de silice par kg de matière Grâce au mucus siliceux du vivant, le futur être humain ou animal va passer, en reproduisant les étapes de l’évolution du monde, du ventre de sa mère à la naissance.L’ensemble du monde végétal est basé sur la silice en tant qu’élément actif. La silice accompagne le développement des plantes sur la Terre jusqu’aux plantes les plus évoluées, desquelles provient notre nourriture. Aperçu du monde végétal Sporophytes (Angiospermes) 1- Champignons, algues 2- Mousses, lichens 3- Fougères, prêles Gymnospermes 1- Gingko 2- Conifères 3- Cupressacées (Cyprès) Monocotylédones 1- Liliacées 2- Graminées 3- Palmacées, musacées (bananier) Dicotylédones 1- apétales 2- dialypétales 3- gamopétales Parmi les plantes fourragères et alimentaires, les graminées et les différentes céréales se caractérisent par des teneurs élevées en silice dans la tige, qui augmentent constamment, et particulièrement pendant la maturation. André Voisin (La productivité des prairies, Münich, 1958), rapporte des agriculteurs de la vallée d’Elorn, en Bretagne, que les prairies irriguées étaient fauchées, dans la mesure du possible, lorsque la teneur en silice était élevée et qu’elles avaient atteint une certaine maturité. Sans cela, le lait des vaches était pauvre en matières grasses. La teneur en silice des plantes peut varier en fonction du type de sol et du degré de maturité des plantes. Par exemple, la teneur en silice de la carotte peut aller de 0,10 à 0,64 % (DLG Tab. 1962). La silice retransmet les énergies des planètes supérieures (Saturne, Jupiter et Mars). Ces énergies donnent aux substances issues des énergies terrestres leur qualité alimentaire et leur forme. Selon la médecine traditionnelle (Surya), Saturne rend long, Jupiter ferme et imposant, Mars rend solide et piquant. La silice doit pouvoir être dans la terre, afin que l’aspiration à devenir un arbre – que tout végétal a en lui – se décline à différents degrés. La cendre de toutes les sortes de bois est riche en silice, et leurs jus sont sucrés (sirop d’érable). La formation de l’arbre est comme une excroissance du globe terrestre que l’on peut interpréter comme l’organisation fondamentale du système planétaire, à considérer et à mettre en relation avec les dynamiques liées à la silice. Les champignons furent les premières plantes à apparaître sur Terre. Ils se développent exclusivement, dans le processus de l’arbre, au début de l’éveil de la terre. Lorsqu’ils trouvent l’énergie suffisante dans les matières organiques, puisqu’ils ne peuvent pas assimiler par eux- mêmes, ils fracturent et dissolvent les roches siliceuses et les minéraux du sol. À terme du processus d’évolution du monde végétal se trouvent les plantes à fleur à double périanthe, apparues pour la première fois sur Terre dans l’Atlantide (ère tertiaire). Les composées colorées, dont la plupart fleurissent en été, se trouvent tout au sommet de la classification des plantes à fleur. Elles anticipent le processus de développement de l’ordredans leurs tiges et leurs ramifications, et forment d’innombrables fleurs. La famille des composées compte peu d’arbustes, et aucun arbre. Elle regroupe en revanche de très nombreuses plantes médicinales, chaque plante comportant de 80 000 à 100 000 fleurs. Nous utilisons les fleurs des composées (achillée, camomille, pissenlit) pour stimuler l’activité de la terre grâce aux champignons formant l’humus et aux géobiontes. L’écorce de chêne soutient ce processus à l’aide de son calcium, et l’ortie organise le tout. C’est ainsi que s’établit une grande association de plantes au sein du monde végétal, destinée à assurer la fertilité de la Terre. Un léger réveil de la terre se produit à l’endroit où se développent des champignons, et ce particulièrement en automne, au moment où l’âme de la Terre est en repli. Le léger réveil doit être provoqué par l’utilisation de compost de fumier dans les champs cultivés, et de compost de terre (végétal) dans les prairies. Les champignons du sol ont besoin de matière organique pour se développer. Grâce à un travail peu profond du sol, il se forme des bactéries aérobies, et, en cas de teneur en calcaire suffisante du sol, des bactéries fixatrices d’azote. Ces bactéries permettent la constitution d’un humus de grande qualité ayant de nombreux effets secondaires pour les racines, qui peuvent alors atteindre les coches plus profondes du sol et stimulent les géobiontes grâce à leurs sécrétions. Les racines sont très appréciées par de nombreuses bactéries, car elles leur sont utiles pour le transport de minéraux contenant de la silice. Ce qui est valable pour les racines l’est aussi pour les feuilles des plantes qui disposent également de bactéries utilisant la silice et fixant l’azote. De nombreux essais ont été menés sur des plantes vertes avec des bactéries fixatrices d’azote, du type azotobacter. Ces études n’ont pas donné de résultats très concluants. Les conclusions de Alexandrow à Odessa (Voronkov : Silice, Editions académiques, Berlin, 1975) sont différentes. Alexandrow a travaillé avec les bactéries utilisant la silice et a remarqué une croissance des rendements : Sur blé d’été : 50 – 100 % Sur maïs : 34 – 50 % De tels résultats sont aussi valables pour le chou, la pomme de terre, le chanvre, le tournesol et les fruits. Mais il faut savoir que, pour obtenir des résultats avec la silice, les bactéries de la silice ou la silice qui devrait avoir des effets sur les plantes évoluées (dotées de certaines bactéries spécifiques) – comme pour nous la silice de corne –, la relation globale entre le sol, la plante et l’animal est essentielle. Il faut également favoriser une couverture du sol saine et contenant des protéines, et aérer le sol en profondeur sans pour autant détruire les différents horizons pédologiques. Il existe en effet naturellement une organisation précise de la vie dans les zones du sol. Mais les racines ont cependant besoin de respirer pour vivre, afin de pouvoir faire monter les assimilats – qui sont transformés et redescendent sous forme de sève élaborée – , puis de les évacuer dans le sol. Le système racinaire est véritablement la partie la plus active de la plante. La teneur en silice de la plante peut augmenter par l’activité des racines. Ce sont alors des portes ouvertes à l’influence de Saturne, Jupiter et Mars qui transforment les énergies terrestres (humus et calcium) en substances nutritives, plus digestes et plus douces. Ces effets sont clairement visibles dans les carottes, panais et betteraves rouges.2- L’intervention de la silice dans l’interaction plante – animal Ses connaissances des sciences naturelles font énoncer à Goethe la loi suivante : « L’animal prend, la plante donne. » Dans son cours à Koberwitz, Rudolf Steiner développe cette loi fondamentale sous différents aspects. Le monde végétal et la Terre constituent un seul et même organisme, une entité vivante. Contrairement aux animaux, les plantes se nourrissent par elles-mêmes. Elles captent le gaz carbonique, les substances nécessaires et la lumière cosmique grâce à leurs feuilles, et puisent par leurs racines les minéraux et le sang de la Terre indispensables à leur survie. Dans la couche supérieure du sol, éveillée par le fumier et les bactéries du sol, la plante – disposant de racines secondaires ascendantes – envahit la couche d’humus, en parasitant légèrement l’intérieur. Elle doit en même temps développer une partie de ses racines jusqu’à une profondeur importante (le sainfoin jusqu’à 15m de profondeur, la luzerne jusqu’à 10 m, et d’autres plantes à une profondeur encore plus importante). Les nombreuses sécrétions des racines des plantes éveillées stimulent la vie bactérienne du sol, qui permet elle-même à ces plantes de puiser les substances nécessaires dans les minéraux riches en silice. Ce processus ne conduit pas à une perte d’énergie des plantes, mais développe au contraire leur vitalité. La plante perd en revanche sa vitalité lorsqu’elle doit se développer dans un bouillon de culture. Une plante saine puise les éléments vitaux – oxygène et chaleur- en partie dans la chaleur emmagasinée par les pétales, mais surtout dans les nutriments sous la forme d’énergie. La plante transforme directement les solides et les liquides du sol, et fournit de l’air et produit de la chaleur. Ces deux éléments sont nécessaires à la vie de l’homme et de l’animal, qui ne peuvent assimiler qu’indirectement les solides et les liquides, par les différentes étapes de la digestion. La silice prélevée par la plante en rapport avec la lumière est donc en filigrane du monde végétal et de celui de l’homme et de l’animal. L’homme et l’animal ont besoin de la silice vivifiée pour développer leur peau, et leurs cheveux ou poils, ainsi que leurs organes sensoriels. La silice vivifiée permet aussi à leur corps de former le calcium nécessaire à la formation des os. La silice est utile aux forces d’organisation de l’esprit. L’énergie de la silice se diffuse dans la périphérie, et de petits corps siliceux issus d’une périphérie plus éloignée pénètrent l’être vivant. Cela favorise la formation des protéines et celle des lipides, résultant toutes deux des lois de l’Univers et relatives à la lumière. Mais il faut être conscient que la Terre, éprouvée par les techniques humaines, a perdu de ses capacités d’expiration et d’inspiration dans cette dynamique cosmique de la silice. Grâce à de nombreuses réflexions (Club de Rome, Dennis Meadow, Commission de l’état fédéral), les hommes ont pris conscience que la vie de la Terre est menacée. Il est indispensable de développer de nouvelles connaissances, et de prendre de nouvelles mesures pour l’exploitation des terres et des forêts. Par une intervention globale, les sols pour la plupart endommagés, les sols sablonneux, pourraient permettre de produire des céréales, légumes et fruits de qualité. Ces sols pourraient en effet devenir de grande qualité s’ils étaient entourés de forêts vivantes, et si leur humus était géré différemment. L’efficacité du calcium – apporté par les terrains calcaires et la culture de légumineuses – est liée aux fonctions de la silice. Les céréales peuvent donc à nouveau accroître leur teneur en silice. En Bretagne, les Celtes utilisaient déjà une algue marine côtière calcaire pour cette synergie silice – calcium. Le chêne est l’arbre où la complémentarité silice – calcium est la meilleure. D’où sa croissance très rapide. Les cendres d’écorce de chêne contiennent de 70 à 80 % de calcium. Pour une bonne croissance, le chêne doit être entouré d’orties et de sureau,et aidé par le monde animal (sanglier, geais, fourmis et abeilles). L’ortie est une plante très riche en minéraux, avec 15 à 18 % de matières minérales dans la matière sèche. Elle aide le chêne, qui lui-même enrichit le milieu où il pousse. Teneur en silice du bois sec : Chêne : 0,50 % Hêtre : 0,19 % Sapin : 0,13 % Dans les sols vivants, riches en humus et ouverts au Cosmos, il existe naturellement un ratio déterminé par la silice, qui permet aux racines de la plante – surtout lorsque la plante reçoit de la bouse de vache – de trouver les minéraux dont la plante a besoin. Le conseiller August Bier mit en évidence cette sensibilité de la plante, définie par la silice, chez le hêtre commun. Ce dernier est capable de trouver du calcium même dans les sols sablonneux pauvres, et apparaît donc comme une solution pour l’exploitation forestière sur ce type de sol. Depuis de nombreuses décennies, les agriculteurs ayant acquis les nouvelles connaissances spirituelles ont pu démontrer qu’il est possible de cultiver et même de soigner les sols sablonneux, grâce à une harmonie entre la plante et l’animal. Et cela plutôt que de continuer à détruire les sols sablonneux par les plantations de pins. Il est nécessaire d’aller dans ce sens par soucis de l’alimentation des générations futures. La physique et la chimie ont beaucoup apporté en terme d’utilisation externe du silicium et du quartz. Mais ces sciences se sont peu intéressées aux processus vitaux – qui semblent pourtant fondamentaux – liés à la silice. Il n’est en effet pas possible de tout déterminer par les méthodes scientifiques. C’est pour cette raison que les apports de Rudolf Steiner en médecine et en agriculture sont complètement nouveaux. Il est encore mieux d’apprendre à les comprendre et à les expérimenter. « Les dynamiques liées à la silice, qui se produisent dans le sol minéral, trouvent leur contraire dans l’organisme humain – à savoir, dans le sang et les nerfs. Ces processus changeant – malheureusement trop peu étudiés – se produisent également dans les champs de culture. Ils se déroulent entre le champ, c’est-à-dire entre la terre tout simplement, siliceuse, et les racines des plantes qui descendent dans le sol. » (Rudolf Steiner, Science de l’esprit et médecine, 1920). |
Carbon Cowboys

« C’est, de loin, le meilleur film agricole que j’aie jamais vu. Les personnages sont tous si sympathiques et captivants, les graphismes sont époustouflants et j’ai beaucoup appris sur l’écologie… mais rien de tout cela n’aurait d’importance sans l’âme et l’empathie de Peter Byck en tant que conteur. »
Allélophatie
En préalable , on a souvent observer en SCV que le phénomène de l’allélopathie au champ ne fonctionnait correctement qu’à la faveur de pluies d’une certaine importance, c’est certainement ces mouvements d’eau dans les premiers centimètres du sol qui favorisent les échanges de toxines anti-germinative …..En période sèche, ce phénomène est beaucoup moins observable.
https://agritrop.cirad.fr/390382/1/document_390382.pdf
Qu’est-ce qu’une plante allélopathique ?
Une plante allélopathique a la particularité de produire des composés biochimiques qui vont entrainer des interactions biochimiques sur les plantes voisines ou avec des micro-organismes, inhibant leur croissance, empêchant la reproduction d’insectes ou bloquant la germination notamment.
Dès l’antiquité, les hommes ont décrit le comportement de certaines plantes ayant la capacité de freiner la croissance d’autres végétaux. Le terme d’ »allélopathie » fut utilisé pour la première fois en 1937 pour décrire le phénomène de concurrence entre végétaux. Il provient du grec ‘allêlon’ signifiant « réciproque » et ‘pathos’ signifiant « souffrance » : il désigne l’ensemble des interactions chimiques d’une espèce végétale sur les autres.
L’allélopathie, c’est la propriété qu’ont certaines plantes d’émettre des molécules chimiques qui affectent la germination et/ou la croissance des mauvaises herbes. Les effets antigerminatifs sont inoffensifs sur les grosses semences (céréales, soya, etc.) et les transplants, mais affecteront la germination des cultures dont les semences sont plus petites. En utilisant des plantes allélopathiques comme culture de couverture, on peut diminuer la pression des mauvaises herbes tout en récoltant les bénéfices de garder son sol couvert. L’usage de plantes allélopathiques comme intercalaires est aussi possible, mais il importe de s’assurer qu’elles n’auront pas un effet négatif sur la culture. Les avantages ne s’arrêtent pas là, on peut rouler la plante allélopathique comme le seigle pour former ensuite un paillis végétal. La biofumigation est une technique similaire, elle implique d’incorporer dans le sol des crucifères dont la décomposition produira des molécules affectant les maladies du sol et les mauvaises herbes.
Parmi les cultures pouvant être utilisées pour leur allélopathie, on compte surtout le seigle, mais aussi la fétuque élevée, le blé, le pâturin des prés, le sorgho et le radis fourrager.
L’origine du mot vient du grec allelo pour « l’un l’autre » ou « dommage mutuel » et pathos faisant référence à la « souffrance ». Toutefois, les effets ne sont pas toujours dommageables, ils peuvent aussi être bénéfiques, on parle alors respectivement d’allélopathie négative ou positive.
Les composés dits allélochimiques sont à l’origine de l’interaction, ils sont libérés par la plante dans son milieu, par différents canaux : les racines qui exsudent, ou encore les parties aériennes à l’origine de lixiviation et de volatilisation ou même la décomposition de la plante morte.
Dès lors, on comprend mieux l’effet inhibiteur d’une plante allélopathique sur la germination et le développement des adventices, ce qui fait d’elle une alternative aux désherbants intéressante pour limiter les corvées de désherbage et empêcher le recours aux herbicides chimiques.
En permettant de réduire le stock semencier ainsi qu’en agissant sur certains ravageurs et certaines maladies, l’allélopathie contribuerait à réduire les usages de produits phytosanitaires (herbicides, insecticides et fongicides) et leur transfert vers l’air. De plus, par rapport à un sol nu, l’implantation de plantes de services en interculture permet de limiter le phénomène d’acidification des sols s’il la culture est restituée au sol. Elle aura un effet alcalisant.
Par rapport à un sol nu, l’implantation d’un couvert végétal, qu’il ait un effet allélopathique ou non, permet de piéger l’azote et le phosphore. De plus, celui-ci peut éventuellement fixer l’azote atmosphérique s’il contient des légumineuses, et rendre le phosphore disponible à la culture suivante ce qui permettra de limiter les apports en engrais. L’effet allélopathique permettant de réguler la flore adventice ainsi que les attaques de ravageurs, permettrait de réduire l’usage de pesticides et donc permet d’améliorer la qualité de l’eau.
L’azote capté par le couvert pendant son développement est restitué progressivement après sa destruction. Une partie sera directement disponible pour la culture suivante. Le couvert permet aussi d’améliorer la disponibilité en phosphore et en potasse pour la culture suivante (remobilisation des éléments).
Cette technique favorise l’activité biologique du sol, permet d’améliorer les teneurs en matière organique, de stocker du carbone et fixer de l’azote dans le sol, favorisant ainsi sa fertilité.
Cette méthode limite les fuites de nitrates, l’érosion, la battance et l’altération de la structure du sol.
La présence du couvert favorise certaines espèces en leur fournissant refuge et nourriture (insectes auxiliaires, pollinisateurs, macro et microfaune du sol, oiseaux, etc.). Cet effet est variable selon la nature du couvert, par exemple s’il s’agit d’une espèce nectarifère ou pas.
https://www6.inrae.fr/ciag/content/download/6304/46330/file/Vol62-3-Gfeller.pdf
Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41
Les Cultures intermédiaires allélopathiques: un moyen de lutte contre les
adventices ?
Gfeller A. 1 , Wirth J. 1
Agroscope, Systèmes de production plantes, Malherbologie grandes cultures et viticulture, 50 Route
de Duillier, CH-1260 Nyon 1
1
Correspondance : judith.wirth@agroscope.admin.ch
Résumé
Les cultures intermédiaires allélopathiques soulèvent un grand intérêt chez les agriculteurs en tant que
technique de désherbage écologique. L’impact de l’allélopathie par les cultures intermédiaires au
champ est méconnu. Toutefois, nos résultats suggèrent que l’allélopathie est un facteur à considérer. A
contrario des idées reçues, le développement d’une biomasse aérienne importante, créant un fort
ombrage, n’est pas toujours le facteur principal de suppression des adventices. En effet, l’inhibition de
la croissance de l’amarante par le sarrasin, le radis fourrager et la moutarde brune est la même avec un
fort ou un faible ombrage du couvert, suggérant que les exsudats racinaires jouent un rôle important.
Notre approche expérimentale combine des essais au champ et une approche métabolomique.
Mots-clés : Cultures intermédiaires, Suppression des adventices, Allélopathie, Sarrasin, Radis
fourrager, Moutarde brune
- La maîtrise des adventices par les cultures intermédiaires
Les cultures intermédiaires (CI) apportent beaucoup de bénéfices, dont la maîtrise des adventices. La
réduction des adventices par les CI peut être expliquée par l’action de différents facteurs : i. compétition
pour la lumière, l’eau, l’espace et les nutriments (Bezuidenhout et al., 2012 ; Kunz et al., 2016). ii. la
libération des substances allélopathiques. Les substances allélopathiques peuvent être libérées : - par les couverts vivants pendant l’interculture et/ou
- par les résidus libérés dans la culture suivante suite à la destruction de la CI (par le gel,
mécaniquement, par un herbicide) (Farooq et al., 2011 ; Kunz et al., 2016).
Notre approche consiste à comprendre comment certaines CI suppriment les adventices pendant
l’interculture et si l’allélopathie joue un rôle important dans la maîtrise des adventices par des CI au
champ.A. Gfeller et J. Wirth - L’allélopathie, c’est quoi ?
L’allélopathie est définie comme tout effet direct ou indirect, positif ou négatif, d’une plante sur une
autre, par le biais de composés biochimiques libérés dans l’environnement (Rice, 1984). Un des
exemples classique, qui d’ailleurs avait déjà été observé par Pline l’ancien au premier siècle avant J.C.,
est l’action inhibitrice qu’exerce le noyer sur différentes plantes herbacées ou ligneuses. Lorsque les
feuilles et tiges de noyer sont lessivées par la pluie, la juglone, un allélochimique très toxique, est
libérée et inhibe la germination des graines avoisinantes.
Figure 1: Voies possibles pour la libération des allélochimiques dans l’environnement par une plante donneur
selon Kobayashi (2004).
Ainsi l’effet de l’allélopathie est le plus souvent décrit comme un effet inhibiteur de la germination ou
croissance exercé par une plante (donneur) sur une autre plante (receveur). Les substances
allélochimiques sont en général des métabolites végétaux secondaires et appartiennent à plusieurs
familles chimiques comme des dérivés benzéniques (p. ex. sorgoleone du sorgho), des phénoliques
(p.ex. acide vanillique), des acides hydroxamiques (p.ex. DIMBOA du seigle) ou des terpenes (Latif et
al., 2016 ; Massalha et al., 2017). Ils sont libérés par volatilisation, lessivage, lixiviation, décomposition
des résidus ou exsudation racinaires (Figure 1).
Pour mettre en évidence le phénomène d’allélopathie, la plupart des essais sont effectués en
laboratoire ou en serre en conditions contrôlées. De nombreuses études utilisent des méthodes
d’extraction à l’eau ou à l’éthanol des parties aériennes et/ou des racines pour des tests de germination
avec des graines de cresson ou de laitue par exemple (Kalinova et Vrchotova, 2009). En conditions
naturelles, l’étude est plus complexe car les interactions biotiques et abiotiques du sol peuvent
influencer la présence des composés allélopathiques. De plus, de nombreux facteurs, comme les
conditions environnementales ou l’état phytosanitaire de la plante, influencent la synthèse et la
libération de ces molécules (Figure 2). La grande difficulté est de séparer la compétition pour les
ressources des effets allélopathiques, car l’allélopathie dans le champ est subtile et il est compliqué de
la distinguer de la compétition (Duke, 2015). En général des allélochimiques sont des molécules
phytotoxiques, qui exercent leurs effets à des quantités faibles, mais constantes ou des
concentrations croissantes sur des longues périodes (Duke, 2015). L’effet allélopathique peut être dû à
un composé allélochimique ou à un mélange de molécules. Une fois libérés dans le sol, les propriétés
34
Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41Les CIMS allélopathiques: un moyen de lutte contre les adventices
physiques, chimiques et biologiques des allélochimiques changent (Latif et al., 2016). En plus, les
composés peuvent être transformés et dégradés par les microbes du sol (Massalha et al., 2017). Pour
la pratique agricole ceci indique que l’effet allélopathique d’une CI ne sera très probablement jamais
aussi fiable qu’un herbicide.
Figure 2 : Induction de la production
des allélochimiques par des facteurs
biotique et abiotique selon De
Albuquerque et al. (2011). - Des cultures « allélopathiques »
3.1 Grandes cultures
Chez plusieurs grandes cultures, des effets allélopathiques sont connus (Jabran et al., 2015). Quelques
allélochimiques responsables pour les effets observés ont été identifiés comme les momilactones A et B
chez le riz, le DIMBOA chez le seigle et le blé, la sorgoleone chez le sorgho et des composés
phénoliques chez le tournesol. Pour toutes ces cultures les effets allélopathiques sont très variables
selon le cultivar (Jabran et al., 2015). Un cultivar allélopathique qui supprime bien les adventices doit
également produire des bons rendements et ne pas avoir d’impact négatif sur la culture suivante. En
effet, la production d’allélochimiques peut générer des phénomènes d’autotoxicité, comme chez l’orge
(Bouhaouel et al., 2015). La sélection d’un cultivar allélopathique est donc un long processus et
demande beaucoup de travail. Actuellement le premier et seul cultivar allélopathique commercialisé est
le cultivar de riz Haugan-3 en Chine (Jabran et al., 2015 ; Kong et al., 2011).
3.2 Cultures intermédiaires
Contrairement aux grandes cultures mentionnées ci-dessus les connaissances sur les effets
allélopathiques des CI sont beaucoup plus faibles pour plusieurs raisons.
3.2.1 Métabolome
Dans l’état actuel des connaissances, la nature des molécules n’est pas toujours connue, ce qui
implique la nécessité d’une approche métabolomique très large et donc coûteuse et compliquée.
3.2.2 Génome
Une connaissance plus approfondie du génome des CI permettrait pour la recherche fondamentale de
mieux comprendre les gènes et mécanismes impliqués dans l’allélopathie et profiterait ultérieurement à
Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41
35A. Gfeller et J. Wirth
la recherche agronomique appliquée. Chez le blé, des locus qui sont liés à des traits allélopathiques ont
été identifiés (Zuo et al., 2012).
3.2.3 Cultivars
De nombreux CI, comme la phacélie, existent encore en tant que population et souvent, le nom du
cultivar n’est pas connu lorsque l’on achète les semences d’une CI dans le commerce Suisse. Nous
avons été surpris de remarquer des différences marquées de phénotypes entre des lots de sarrasin soi-
disant de la même variété. Nous pensons que le travail de sélection et distribution des CI est donc très
en retard par rapport à celui réalisé sur les cultures principales comme le blé.
De plus les cultivars d’une même CI sont rarement comparés pour leur effet sur le contrôle des
adventices. La plupart des études scientifiques qui étudient le potentiel allélopathique des CI travaille
avec un seul cultivar. Nous pouvons citer pour exemple les études réalisées sur le radis fourrager.
Nous, ainsi que Lawley et al. (2012), avons travaillé avec Raphanus sativus var. longipinnatus, tandis
que Kunz et al. (2016) ont travaillé avec Raphanus sativus var. niger. Est-ce que ces résultats peuvent
être comparés? Autant de différences entre les cultivars des CI par rapport à leurs effets allélopathiques
sont susceptibles d’exister qu’entre les cultivars des grandes cultures. Bertholdsson (2004) a montré
que les cultivars d’orge apparus les 100 dernières années au Danemark et en Finlande ont perdu de
leur activité allélopathique, suggérant une dilution des gènes contribuant au potentiel allélopathique par
les techniques de sélection. La sélection de cultures intermédiaires allélopathiques offre l’avantage de
pouvoir s’affranchir de la nécessité de sélectionner ces variétés aussi pour leur rendement. Toutefois
les traits liés aux autres services rendus par les CI devraient si possibles être conservés.
Des nombreuses CI sont décrits comme allélopathiques dans les articles de vulgarisation et sur
internet, comme par exemple sur les pages d’Agro-PEPS :
http://agropeps.clermont.cemagref.fr/mw/index.php/Implanter_des_cultures_interm%C3%A9diaires_%C
3%A0_effet_all%C3%A9lopathique_ou_biocide,_biofumigation
Pourtant, les sources ne sont pas citées et lorsque la recherche est approfondie, ces informations
relèvent plus d’une appréciation que d’une base scientifique. Peu d’études montrent l’effet inhibiteur de
différents CI sur la croissance des adventices dans des expériences au champ et en laboratoire (Jabran
et al., 2015 ; Kunz et al., 2016). À notre connaissance l’effet allélopathique exercé par les CI vivantes
pendant l’interculture au champ n’a pas encore été prouvé. Notre expérience et nos connaissances
bibliographiques indiquent que les CI qui montrent un bon potentiel allélopathique sont des céréales,
des brassicacées et le sarrasin, toutefois nous ne sommes pas exhaustifs dans cette liste. Le pouvoir
allélopathique des légumineuses est difficile à prouver par le fait qu’elle apporte des avantages
compétitifs aux plantes voisines via la fixation de l’azote qui masquerait l’effet allélopathique, s’il en
existe un chez les légumineuses. - Notre projet de recherche
Le but de nos essais est de comprendre pourquoi certaines CI vivantes contrôlent bien les adventices
et si l’allélopathie joue un rôle important au champ, c’est-à-dire si la suppression des adventices est
liée à la libération d’allélochimiques dans le sol. Pour cela nous avons mis au point un système
permettant de séparer les différents facteurs de concurrence notamment l’ombrage des éventuels
phénomènes allélopathiques.
4.1 L’ombrage n’est pas le facteur principal dans la suppression des
adventices
Il est connu que de nombreuses CI suppriment fortement les adventices pendant l’interculture, comme
par exemple le sarrasin (Fagopyrum esculentum Moench) (Creamer et Baldwin, 2000 ; Kumar et al.,
2009), la moutarde brune (Brassica juncea (L.) Czern.) (Björkman et al., 2015) et le radis fourrager
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Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41Les CIMS allélopathiques: un moyen de lutte contre les adventices
(Raphanus sativus var. longipinnatus L.H. Bailey) (Lawley et al., 2012). Nous avons pu le confirmer
dans des essais au champ pendant trois années de suite (Tableau 1). Le sarrasin supprimait des
adventices pour au moins 95%, la moutarde brune 91% et le radis fourrager 93% par rapport à un
témoin sol nu sans CI.
Tableau 1 : Suppression des adventices par le sarrasin (var Lileja), la moutarde brune (var Vitasso) et le radis
fourrager (var Structurator) entre 2013 et 2015 dans des essais au champ. La suppression est calculée par
rapport au témoin sol nu sans CI.
année
2013
2014
2015
moutarde
daikon
brune
Suppression des adventices (%)
100
100
95
91
93
100
98
sarrasin
De nombreuses études montrent qu’il y a une corrélation entre la biomasse des couverts et leurs effets
suppressifs sur les adventices (Finney et al., 2016 ; Lemessa et Wakjira, 2015 ; Wittwer et al., 2017).
Un développement juvénile rapide et une biomasse importante crée un ombrage aux adventices. Des
études suggèrent que la suppression des adventices est due à la réduction par les couverts de la
lumière solaire disponible (ombrage) (Brust et al., 2014 ; Uchino et al., 2011). Avec l’installation des
filets dans les CI nous avons étudié l’impact de l’ombrage sur la croissance des adventices. Ces filets
permettent d’écarter le matériel végétal et de fortement diminuer l’ombrage sur les adventices (Photo 1).
Photo 1 : Dispositif au champ
pour tester l’influence de
l’ombrage sur la croissance de
l’amarante .
Dans nos recherches nous avons choisi comme plante modèle, l’amarante (Amaranthus retroflexus),
une adventice typique des cultures d’été. Nous avons pu observer une forte suppression de l’amarante
sous les couverts à l’ombre : sarrasin (≥ 87%), moutarde brune (≥ 94%) et radis fourrager (≥ 94%)
(Tableau 2, ombrage fort).
Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41
37A. Gfeller et J. Wirth
Tableau 2 : Suppression de la croissance de l’amarante par différents couverts entre 2013 et 2015 dans des
essais au champ. Les amarantes poussaient soit sous la CI (ombrage fort) soit entre deux filets qui écartaient les
feuilles (ombrage faible). La suppression est calculée par rapport au témoin sans CI (sol nu).
année sarrasin
ombrage
fort sarrasin
ombrage
faible
2013
2014
2015 100
87
99 94
89
99
moutard
brune
ombrage
fort moutarde
brune
ombrage
faible
100
94 97
88
daikon
ombrage
fort daikon
ombrage
faible
94
99 92
99
Si l’ombrage des couverts (= biomasse importante) est un facteur significatif dans la suppression de
l’amarante, la diminution de l’ombrage par les filets devraient augmenter sa croissance. Pourtant, dans
nos essais au champ, la suppression de l’amarante en faible ombrage entre les filets est presque
toujours la même que sous le couvert (Tableau 2, ombrage faible). Des petites différences peuvent être
observées pour le sarrasin en 2013 et la moutarde en 2014 ou l’adventice poussaient mieux avec plus
de lumière. Sur la base de nos résultats nous concluons que l’ombrage n’est pas le facteur principal de
la suppression de l’amarante par le sarrasin, la moutarde brune et le radis fourrager. D’autres facteurs
doivent donc être responsables pour les effets observés. Nous supposons que l’allélopathie joue un rôle
important (Gfeller et al., 2018).
Pourtant, dans la littérature scientifique il n’existe aucune preuve pour l’effet allélopathique de ces trois
CI. L’état actuel des connaissances sur le sarrasin est résumé dans une review (Falquet et al., 2015).
Les moutardes sont connues pour leurs effets de biofumigation après incorporation dans le sol. Ils
contiennent des glucosinolates qui sont hydrolysés par l’enzyme myrosinase pour former des
isothiocyanates qui peuvent être toxiques pour les adventices. Les glucosinolates s’accumulent dans
les tissus végétaux et sont également sécrétés par les racines (Schreiner et al., 2011). La moutarde
brune a été étudiée dans des essais aux États-Unis (Björkman et al., 2015). Ces études ont également
pu montrer que la suppression des adventices par la moutarde brune était indépendante de sa
biomasse aérienne. Ils concluent que ce résultat n’est pas attendu si la compétition pour la lumière et
l’eau sont les principaux mécanismes de suppression. Björkman et al. (2015) ont également étudié si
l’effet suppressif sur les adventices était plus fort avec les variétés de moutardes avec des teneurs
élevées de glucosinolates. Pourtant, aucune différence sur la suppression des adventices n’a pu être
montrée entre des variétés ayant des teneurs en glucosinolates variables. En ce qui concerne le radis
fourrager des hypothèses différentes existent. Dans une récente étude, Kunz et al. (2016) concluent
que la suppression des adventices par le radis fourrager en automne est due à des effets compétitifs et
allélopathiques. Cependant, les effets biochimiques/allélopatiques ont été étudiés avec des extraits
aqueux des parties aériennes et racinaires du radis fourrager cultivé en pot. Il n’a pas été testé si les
mêmes composés allélochimiques sont présents au champ en quantité suffisante pour avoir un effet
suppressif sur les adventices. Lawley et al. (2012) ont également étudié la suppression des adventices
pendant l’interculture en automne et concluent que le développement rapide du radis fourrager en
automne concurrence les adventices et est responsable de l’effet observé. Dans leur étude il ne trouve
pas d’indications d’effets allélopathiques.
4.2 Essais au phytotron
Dans nos essais au champ nous avons pu supprimer l’effet d’ombrage des couverts. Par contre, en
plus de la lumière la compétition pour les ressources comprend l’eau, les éléments nutritifs et l’espace.
Dans des conditions naturelles, il est difficile de garantir un apport en eau et en éléments nutritifs
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Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41Les CIMS allélopathiques: un moyen de lutte contre les adventices
suffisant et régulier. Nous avons donc mené des expériences en pot dans des conditions contrôlées en
phytotron. Dans un premier temps nous avons supprimé l’ombrage avec des filets et séparé les racines
des deux espèces par une barrière en plastique. Ainsi nous avons montré que la suppression de
l’amarante par le sarrasin est due à l’ombrage et à des interactions racinaires potentiellement
allélopathiques entre les deux espèces (Falquet et al., 2014). Actuellement, nous travaillons avec un
tissu (30 µm) qui nous permet d’étudier si les exsudats racinaires diffusent d’une plantes à l’autre. Ces
expériences en cours indiquent que la suppression de l’amarante par le sarrasin est (en grande partie)
due à des exsudats racinaires du sarrasin. Nous supposons que le même mécanisme joue un rôle
important au champ ce qui pourrait expliquer la suppression de l’amarante en absence d’ombrage, ce
qui reste à prouver.
4.3 Approche métabolomique
Nos recherches se concentrent sur le rôle des exsudats racinaires dans la manifestation d’un effet
allélopathique. Les racines sont une zone métaboliquement active qui joue un rôle essentiel dans les
interactions avec la rhizosphère et la principale voie par laquelle les allélochimiques atteignent le sol
environnant sont les exsudats racinaires (Massalha et al., 2017). Dans notre recherche, nous
considérons que, pour trouver de nouveaux phénomènes allélopathiques, la présence de compétiteurs,
dans notre cas les adventices, est nécessaire. En effet, toute stratégie de défense est coûteuse pour la
plante car elle nécessite des ressources qui pourraient être utilisées dans la croissance ou la
reproduction. Ainsi si le coût lié à la défense est inférieur au coût lié à la perte engendrée par la
présence des compétiteurs, la plante a intérêt de produire des composés allélopathiques. Suite à ces
hypothèses, nous cherchons à connaître la réponse d’une CI, le sarrasin, à la présence d’une
adventice. Est-ce qu’il y a une reconnaissance de la présence de l’adventice ? Est-ce que la
reconnaissance par le sarrasin induit la production et libération de molécules affectant la croissance et
le développement de l’adventice? Ceci a déjà été démontré chez le riz (Zhao et al., 2005) et le sorgho
(Dayan, 2006), car les allélochimiques étaient déjà connus et mesurables. Dans notre cas, il est difficile
d’isoler et d’identifier des allélochimiques dans le sol car c’est un environnement très complexe et riche
en composés très variés. Nous avons pris parti de nous éloigner de la réalité agronomique en utilisant
des modèles simplifiés. Le sarrasin est cultivé dans de l’agar ou du sable en présence ou absence de
l’adventice. Les composés intéressants sont ceux produits lorsque le sarrasin est en présence de
l’adventice. Le risque est que l’exsudation des racines soit différente dans ces conditions
« artificielles », toutefois la présence des molécules sera vérifiée ultérieurement dans la terre du champ.
Après avoir extrait les exsudats, la séparation des composés chimiques se fait par des techniques de
chromatographie couplée à la spectrométrie de masse (LC-MS). Cette technique ne permet d’identifier
la molécule que si celle-ci est déjà répertoriée dans les bases de données et donc connue, ce qui n’était
pas le cas pour les composés intéressants exsudés par le sarrasin. En effet, les études
métabolomiques sur le sarrasin ont été pour la plupart réalisées sur des farines de sarrasin avec des
objectifs différents des nôtres. Il nous faudra donc purifier les composés d’intérêts et les identifier par
résonance magnétique nucléaire (RMN), un travail long et laborieux. Des résultats préliminaires
montrent que les exsudats et le potentiel allélopathique du sarrasin sont différents s’il est en présence
de l’amarante.
Conclusions et perspectives
Nos contacts avec les agriculteurs et notre propre expérience nous ont montré que l’efficacité des CI
est parfois variable, il est nécessaire d’améliorer la fiabilité des CI. L’utilisation de cultivars respectant
les mêmes règles de sélection que les cultivars élaborés pour les cultures principales nous paraît un
élément important. Actuellement, l’allélopathie des cultures intermédiaires n’a pas été prouvée au
champ car nous ne connaissons pas les mécanismes impliqués. Plusieurs indices suggèrent que le
Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41
39A. Gfeller et J. Wirth
sarrasin supprime l’amarante via des exsudats racinaires allélopathiques. Nous travaillons à identifier
les composés allélopathiques impliqués chez le sarrasin. Cette approche sera ensuite élargie à d’autres
CI. Le but sera la mise en évidence des différences variétales au sein d’une CI pour le caractère
allélopathique et l’étude du potentiel d’amélioration lié à ce trait et son efficacité en champ.
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Structuration du sol
Type de racines
| Les systèmes racinaires des plantes se répartissent entre deux structures extrêmes : les racines en pivot et les racines en fascicule.Les racines en pivot, comme le radis, permettent de structurer la terre en profondeur, en creusant des sillons. Les racines en fascicule, type maïs , sont généralement plus en surface où elles forment un réseau dense.Dans les deux cas, ces racinent permettent de créer de la porosité, donc d’aérer le sol et de faciliter le passage de micro-organismes et de futures racines. | Racines pivotante (à gauche) et fasciculée (à droite) (©Équipe projet ingénieur) |
Profondeur d’enracinement
Pour choisir les plantes de couverture les plus adaptées à la culture principale, il faut connaître les profondeurs d’enracinement. En effet, un couvert préparera d’autant mieux le sol qu’il travaille à des profondeurs similaires à celles des racines suivantes. On classe généralement les plantes de couverture en trois groupes, selon que leur enracinement est superficiel, intermédiaire ou profond.
Par exemple, le maïs a en moyenne des racines capables d’atteindre plus d’un mètre de profondeur au moment de la floraison. Il est donc judicieux de choisir des plantes de couverture d’enracinement profond.
L’utilisation d’un couvert composé d’un mélange d’espèces peut s’avérer payante en ce qu’elle permet de travailler à différentes profondeurs avec tous les types de racines.
Structuration par l’activité biologique
En addition de la structuration directe du sol mentionnée précédemment, les couverts végétaux favorisent aussi la structuration du sol de manière indirecte, via l‘activité biologique. En effet, les plantes de couverture permettent de créer de la biomasse qui nourrit les organismes du sol. De plus, la création de porosité favorise le développement de ces organismes. Par exemple, les vers de terre privilégient les conduits creusés par des racines pour se déplacer. Or, ces organismes du sol améliorent aussi la structure du sol. Prenons l’exemple des champignons. Ceux-ci sécrètent une molécule, la glomaline, qui tient le rôle de colle dans le sol et permet de stabiliser les agrégats de terre. Donc plus la plante s’associe avec des micro-organismes (par exemple via les mycorhizes pour les champignons), plus elle favorise la structuration physique, chimique et biologique des sols.
https://agriculture-de-conservation.com/IMG/pdf/dossier_TCS_57.pdf
Une serre collectrice d’eau de rosée fournit des légumes et de l’eau en Éthiopie
https://agroalimentando.com/nota/6941
L’eau de rosée peut aider les agriculteurs des climats arides à cultiver des légumes frais, même en période de sécheresse . Dédiée à la création d’un système agricole autosuffisant en Éthiopie, cette serre aide à recueillir la rosée qui, autrement, s’évaporerait dans l’atmosphère. Avec le collecteur d’eau de rosée, les agriculteurs peuvent produire de l’eau potable, pour l’irrigation et pour la consommation humaine.

