L’agriculture de conservation avec glyphosate, championne de la biodiversité des sols
09 Oct 2017
L’agriculture de conservation avec glyphosate, championne de la biodiversité des sols
Résumé : Les agriculteurs ont manifesté récemment pour rappeler que le glyphosate est un outil important de gestion agro-écologique. Alors que certains présentent au contraire son utilisation comme une catastrophe écologique, une comparaison de systèmes de cultures menée pendant 14 ans par l’INRA démontre que le système de culture qui a permis la meilleure amélioration de la biodiversité des sols est l’agriculture de conservation, avec un usage raisonné des pesticides, devant le bio. Mais il faut bien fouiller dans les publications intermédiaires pour découvrir que du glyphosate a été utilisé dans cette modalité « agriculture de conservation ».
Depuis que Nicolas Hulot a annoncé qu’il s’opposerait à la prolongation de l’autorisation du glyphosate en Europe, les organisations agricoles ont rappelé que ce produit était largement utilisé par les agriculteurs engagés dans des démarches d’agro-écologie, et que l’interdire serait donc un contresens environnemental. Cet argument est tourné volontiers tourné en dérision par les écologistes, qui nous assurent que l’utilisation du glyphosate provoque au contraire une catastrophe écologique. Ces deux points de vue sont-ils incompatibles ? Curieusement, l’INRA a déjà publié des travaux qui permettraient de trancher ce débat… mais ne l’exprime pas très clairement.
Fig 1 : un florilège de réactions sur les dangers du glyphosate dans Twitter. De quelle destruction des écosystèmes parle-t-on ?
Une étude de l’INRA aux résultats très clairs… à un détail près
Des chercheurs de l’INRA et d’AgroParisTech ont publié en 2014 un article de synthèse sur une comparaison de systèmes de cultures conduite pendant 14 ans sur une ferme expérimentale céréalière proche de Versailles[1]. Trois modes de cultures étaient comparés dans cet essai au long cours :
- Agriculture conventionnelle
- Agriculture biologique
- Agriculture de conservation, c’est à-dire un mode de culture visant à préserver au mieux les sols (semis direct, présence d’un couvert végétal vivant continu,…), avec utilisation de pesticides seulement en cas de dépassement des seuils de nuisibilité des ennemis des cultures observés sur les parcelles.
La biodiversité des sols a été étudiée très finement sur les 3 systèmes de culture, et les résultats sont parfaitement clairs : l’agriculture de conservation est de loin le meilleur système pour préserver la biodiversité des sols. Nettement devant l’agriculture conventionnelle, mais aussi souvent supérieur à l’agriculture bio (et en tout cas jamais significativement inférieur au bio, à l’exception d’un résultat mineur sur lequel nous reviendrons). De plus, sa performance en terme d’empreinte culture[2] est légèrement meilleure que celle du bio, avec des rendements du blé de 68 q/ha en agriculture de conservation au lieu 62 en bio (à comparer quand même aux 93q/ha en conventionnel).
Fig 2 : Biodiversité comparée des 3 modes d’agriculture étudiés : conventionnel (en bleu), bio (en jaune), et agriculture de conservation (en vert). On voit que les parcelles d’agriculture de conservation (où du glyphosate a été utilisé, avec une fréquence non précisée) ont la plus forte biodiversité pour presque tous les groupes zoologiques ou microbiens étudiés, souvent supérieure au bio, à l’exposition d’un groupe de lombrics, les espèces endogées (qui vivent dans le sol avec peu d’interaction avec la surface). Même pour ces espèces, il est peu probable que leur diminution soit due à une toxicité des produits employés, mais plutôt à un effet trophique (l’absence de labour a appauvri les ressources alimentaires dans le sol).
Il est déjà utile de rappeler qu’en l’occurrence, le système de culture le plus favorable à la biodiversité n’est pas le bio, mais un système de culture où les pesticides sont employés avec modération. Mais en quoi cela éclaire-t-il le débat sur le glyphosate ? C’est là que le rapport final de ces essais ne suffit plus. En effet, la publication de 2014 ne cite pas le glyphosate parmi les herbicides utilisés dans le système « Agriculture de conservation ». C’est un peu surprenant, car cette matière active est très souvent utilisée par les adeptes de ce mode de culture. Toutefois, l’article de 2014 ne mentionne que les produits utilisés pendant la campagne précédant les comptages de biodiversité (automne 2010 à printemps 2011).
Le glyphosate oublié
Si on fait une recherche sur les publications intermédiaires, parues avant ce bilan final, on constate que le glyphosate a bel et bien été utilisé dans le mode « Agriculture de conservation ». Par exemple, dans un article de 2009 sur le suivi des populations de vers de terre dans cette même ferme expérimentale[3], les auteurs nous signalent bien que du glyphosate a été utilisé sur les parcelles en agriculture de conservation, au moins pendant la période 2005-2007. L’article ne précise toutefois pas à quelle fréquence.
Par ailleurs, cet article de 2009 fournit des indications intéressantes à propos l’impact du mode de culture sur les vers de terre. Le suivi biologique des parcelles a distingué 3 populations de lombrics :
- Les espèces épigées, qui vivent à la surface du sol dans les débris végétaux
- Les espèces endogées, qui vivent dans le sol, et font peu de mouvements verticaux
- Les espèces anéciques, qui font des galeries subverticales, et jouent un rôle fondamental en entrainant en profondeur les débris végétaux de surface
Les résultats sont contrastés entre ces 3 catégories de vers : en moyenne sur les 3 ans, l’agriculture de conservation est significativement la plus favorable aux vers anéciques et épigées (le conventionnel et le bio étant dans le même groupe statistique). Par contre, la densité et la biomasse globale des vers endogés y sont significativement inférieures à celles du bio et du conventionnel (qui étaient dans le même groupe statistique, lors de cette étude intermédiaire ; lors du bilan final, un écart significatif s’est creusé en faveur du bio).
Cette réduction des espèces endogées dans l’agriculture de conservation est-elle due à la toxicité des pesticides employés dans ce mode de cultures (dont le glyphosate) ? C’est peu probable, car s’il y avait toxicité, elle devrait logiquement s’exercer plutôt sur les espèces épigées (qui sont les plus exposées aux traitements) et anéciques (qui consomment des débris végétaux qu’ils ont prélevés à la surface, plutôt que sur les endogées qui sont relativement protégés des traitements). De plus, nous avons vu que lors du bilan intermédiaire de 2009 (donc après déjà 10 ans d’expérience), les parcelles en mode conventionnel avaient encore une biomasse de vers de terre égale à celle du bio. En fait, il est probable que ces différences de populations de lombrics entre modes de culture résultent essentiellement du travail du sol : en bio, le labour enfouit les résidus végétaux de la surface du sol, ce qui réduit l’alimentation disponible pour les vers épigées et anéciques, et enrichit par contre les couches de sol où vivent les endogées.
Il est vrai que dans des expérimentations de laboratoire, ou dans des sols traités spécialement pour une expérimentation toxicologique, le glyphosate a montré quelques effets négatifs sur les lombrics[4]. Mais ces effets négatifs potentiels ne se sont pas traduits sur le terrain, même sur long terme. Ces expérimentations d’écotoxicité démontrent donc l’existence d’un danger, mais l’expérimentation INRA montre bien que ce danger potentiel ne se traduit pas par un risque[5] réel dans les conditions du terrain, même après une longue période de test. Or, contrairement au cas de la toxicologie humaine, la réglementation européenne ne prévoit aucun cas où la simple existence d’un danger écotoxicologique, non confirmée par la démonstration d’un risque, conduise à l’interdiction d’un produit.
Bien sûr, cette expérimentation de l’INRA ne suffit pas à faire le tour la question. On peut en particulier objecter que, dans l’idéal, il aurait fallu un 4ème mode d’agriculture pour que le protocole soit parfaitement « carré » : un mode « agriculture de conservation bio ». Mais, outre le fait qu’il était difficile d’alourdir encore un dispositif expérimental de terrain déjà très complexe, ce mode de culture est encore très marginal, à cause justement de la difficulté de maitriser un couvert végétal sans jamais utiliser d’herbicides[6]. S’il avait pu être mis en place, on peut supposer que ce mode « agriculture de conservation bio » aurait eu encore de meilleures résultats pour la biodiversité… mais probablement aussi des rendements encore inférieurs à ceux du bio avec labour, comme le montrent déjà les expérimentations mises en place sur ce thème[7], et donc un effet encore plus négatif sur l’empreinte culture.
Quoiqu’il en soit, cette expérimentation de long terme de l’INRA rappelle déjà, de façon fort utile, que l’usage ou non de pesticides et d’engrais de synthèse est loin d’être le facteur le plus déterminant de la biodiversité des sols : le mode de travail (ou non) du sol est beaucoup plus important. Elle démontre clairement que, même sur le long terme, et même avec du glyphosate, l’agriculture de conservation est bien le mode de culture le plus performant pour préserver la biodiversité des sols, devant l’agriculture conventionnelle, mais aussi le bio. En cela, elle donne pleinement raison aux organisations agricoles qui réclament le maintien du glyphosate pour assurer la pérennité de leurs actions en faveur de l’agro-écologie. Mais pourquoi l’INRA ne le rappelle-t-il pas plus clairement ? Pas une seule référence au glyphosate sur son espace presse, habituellement si prompt à signaler ses travaux sur l’impact des pesticides…
Philippe Stoop
[1]https://www.researchgate.net/publication/273088887_Fourteen_years_of_evidence_for_positive_effects_of_conservation_agriculture_and_organic_farming_on_soil_life
[2] Sur l’empreinte culture et son importance dans l’évaluation environnementale d’un système de culture, voir http://www.forumphyto.fr/2017/08/07/le-jour-du-depassement-ou-les-incoherences-de-lecologisme/
[3] https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-00886495/document
[4] Voir réf. Bibliographiques de l’article 3
[5] Sur la différence entre danger et risque, voir : http://www.forumphyto.fr/2015/09/07/clairement-distinguer-danger-et-risque-risque-danger-x-exposition/
[6] http://www.itab.asso.fr/downloads/com-agro/brochure_sdsc_partie2.pdf
[7] http://www1.montpellier.inra.fr/dinabio/docs/Session_1_oraux/Peigne.pdf
Comment l’agriculture de conservation peut améliorer la qualité des sols
Qu’est-ce qu’un sol de qualité ? Quels sont aujourd’hui les principaux leviers pour pallier l’appauvrissement et l’érosion des terres agricoles ? L’agriculture « régénérative » plante les graines de nouveaux modes plus durables de travail des sols. Enquête auprès des scientifiques du centre Occitanie-Toulouse de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE).
Publié le 12 juillet 2022

Par Fleur Olagnier, journaliste
Des machines et des outils agricoles toujours plus lourds et qui travaillent profondément, souvent jusqu’à 25 à 30 centimètres, perturbent l’écosystème souterrain. La terre manipulée à outrance est trop aérée, elle s’assèche plus vite, et le travail des bactéries et champignons qui s’y trouvent est perturbé. Ainsi, les méthodes de l’agriculture intensive détériorent la qualité des sols.
Les scientifiques du centre de recherche INRAE Occitanie-Toulouse travaillent sur les transitions vers une agriculture plus écologique : l’agroécologie. Le concept d’agriculture « simplifiée », par la suite appelée agriculture « de conservation » et de plus en plus aujourd’hui agriculture « régénérative », est né à la fin des années 1990. Cette nouvelle méthode d’exploitation des terres a pour ambition de maximiser la qualité des sols.
« L’agriculture de conservation est basée sur trois principes étroitement liés : la réduction du travail du sol, la couverture du sol pour un maximum de biomasse produite et restituée, ainsi qu’une rotation diversifiée des plantes », décrypte Lionel Alletto, directeur de recherche en agronomie systémique au centre INRAE Occitanie-Toulouse et spécialiste des effets des pratiques agroécologiques, en particulier sur le fonctionnement du sol. « Au sein du laboratoire Agroécologie, innovations et territoires (AGIR), nous réfléchissons à la manière la plus pertinente de combiner ces trois leviers. »
Un sol de qualité est un sol fertile
La rotation diversifiée des plantes consiste à alterner des cultures destinées à être récoltées et des cultures dites « de service ». La culture de service permet de diminuer les bioagresseurs (maladies, ravageurs…), afin d’utiliser moins d’intrants chimiques dans les sols, notamment de pesticides. Elle a également le pouvoir de régénérer la terre et donc de restaurer la matière organique.
Mais qu’est-ce qu’un « sol de qualité » ? « La qualité globale d’un sol, du point de vue agricole, est une vraie question », poursuit Lionel Alletto. « Un sol est un élément complexe, avec des propriétés physiques, chimiques et biologiques en constante interaction. Si cette interaction est positive et produit une grande diversité de services écosystémiques, on parle de sol fertile. Il existe même aujourd’hui des cabinets spécialement dédiés à la notation des terres ! »
Dans un premier temps, la qualité du sol est liée à sa nature intrinsèque. « Un sol de la plaine de la Beauce par exemple est considéré comme plus fertile qu’un sol des Causses du Quercy, car il est plus profond avec moins de cailloux. Il retient donc mieux l’eau et il est plus simple à travailler », détaille le directeur de recherche.
La structure du sol est également importante car un milieu plus poreux avec des mottes est plus meuble : l’eau y pénètre bien, les racines descendent plus facilement en profondeur et les microorganismes s’y développent plus vite.
La matière organique, un élément essentiel
« Toutefois, la clef de voûte d’un sol de qualité demeure principalement la matière organique qu’il contient », appuie Lionel Alletto. « De façon un peu simplifiée, on peut considérer que plus un sol agricole est riche en carbone et donc en matière organique, plus il est fertile. » Les ressources en matières organiques sont multiples : résidus de cultures, composts ou fumiers par exemple.
Une fois restituées au champ, elles sont consommées par les microorganismes (bactéries, champignons…). Cela libère des éléments que les plantes peuvent absorber tels que l’azote, le magnésium, le potassium… « Lorsque la plante meurt, elle redevient cette matière organique de départ, et cela constitue un véritable cercle vertueux d’activité microbiologique. »
Cette activité microbiologique permise par la matière organique contribue notamment à stabiliser les particules minérales du sol par la production de « colles », telles que la glomaline. Ainsi stabilisé et donc structuré, le sol a une meilleure capacité à retenir l’eau et à nourrir les plantes, et résiste mieux au phénomène d’érosion en cas de fortes pluies. Dans le cadre de la lutte contre la déstructuration, l’érosion et l’appauvrissement des sols, les chercheurs INRAE réfléchissent à des méthodes pour favoriser la présence de carbone et donc de matière organique dans les sols.
« Aujourd’hui, la réintroduction de matière organique dans les sols est l’objectif principal des trois piliers cités précédemment. C’est un défi car cette réintroduction dépend souvent de l’élevage qui tend à décroître au niveau national », souligne Lionel Alletto. « Manger moins de viande, se tourner vers des protéines végétales… Ces tendances populaires aujourd’hui résultent des excès liés à l’élevage intensif. Cette pratique a généré des dégradations environnementales telles que l’excès de nitrate dans les eaux. Elle renvoie une image de non-respect du bien-être animal et contribue au changement climatique à travers les émissions de méthane. »
Mais tous les élevages ne sont pas intensifs, et pour être améliorée, la qualité des sols nécessite bien une corrélation avec les animaux. En effet, les recherches d’INRAE indiquent que les élevages bovins et ovins sont à l’origine d’effluents organiques qui peuvent apporter à la terre la matière organique dont elle a besoin. Ces substances permettent, le plus souvent, d’installer des prairies permanentes ou temporaires à l’origine d’un stockage de matière organique, en complément d’autres services écosystémiques. La piste d’élevages plus raisonnés et respectueux de l’environnement est donc bien à considérer comme un levier de transition agroécologique.
Valoriser (tous) les déchets
Les prairies maintenues ou réintroduites par des élevages raisonnés représentent également une très bonne alternative pour réduire l’utilisation de pesticides dans les cultures. Le pâturage ou la fauche de ces dernières permet un contrôle direct des mauvaises herbes, appelées adventices, et donc un recours moins important aux herbicides. Il est également possible de valoriser des cultures en alimentant du bétail suite à la fauche.
D’autre part, les chercheurs INRAE ont démontré que les prairies pouvaient aussi contribuer favorablement à l’enrichissement des sols en éléments nutritifs et à de nombreux autres services écosystémiques. « Les prairies peuvent contenir des légumineuses qui fixent l’azote de l’air et fournissent des protéines, des fleurs variées qui favorisent la pollinisation ou encore des graminées pour satisfaire les besoins énergétiques des animaux », explique le directeur de recherches. « Lorsque des cultures sont couplées à de l’élevage, l’entretien des prairies est alors extrêmement simple. »
Enfin, pour Lionel Alletto, une autre piste à explorer davantage par l’agriculture est la valorisation de l’ensemble des ressources de matière organique sur un territoire, comme les déchets humains par exemple. « La bioéconomie du carbone en particulier est cruciale pour l’avenir de l’agriculture, et une meilleure valorisation agronomique des ressources en carbone (par exemple des stations d’épurations) pourrait largement contribuer au système… », conclut le scientifique. Combiné aux leviers précédemment décrits, les systèmes agricoles devraient gagner en résilience face aux effets du changement climatique.
La version originale de cet article a été publiée sur le site d’Exploreur le 1er juillet 2022.
Une recherche utile pour un monde plus durable et solidaire, le Cirad en 3 minutes
Cycle de l’eau
https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?curid=15826
La quantité d’eau présente sur Terre est constante. Elle se répartit entre plusieurs réservoirs d’eau que sont l’atmosphère, les mers et océans, les glaciers et calottes glaciaires, les cours d’eau, les lacs, les nappes phréatiques et la végétation. L’eau circule entre ces différents réservoirs sous forme d’eau liquide ou de vapeur d’eau gazeuse. L’ensemble de ces flux entre réservoirs constitue le cycle de l’eau.
Fonctionnement du cycle de l’eau
Le cycle de l’eau peut se résumer comme suit :
Schéma simplifié du cycle de l’eau dans un bassin versant où le fonctionnement du cycle de l’eau est optimal (ex : forêt de feuillus).
L’accumulation dans l’atmosphère
L’eau de pluie se forme par condensation de la vapeur d’eau présente dans l’atmosphère sous forme d’eau liquide. Sur les continents, les deux tiers des pluies sont provoquées par la couverture végétale. Les précipitations proviennent du mélange de la vapeur d’eau issue de la mer et de l’évapotranspiration des terres, selon la répartition suivante :
- 60 % d’eau évapo-transpirée par la végétation en milieu continental (en particulier les feuillus).
- 30% d’eau issue de l’évaporation de l’eau de mer. L’énergie solaire rend possible l’évapotranspiration de l’eau par la végétation grâce à la photosynthèse. L’énergie solaire correspond au moteur du cycle de l’eau.
- 10 % sont évaporés du sol[1].
Le retour à l’océan (rivières et ruissellements de surface)
- Une partie de l’eau de pluie s’évapore immédiatement (≈10%).
- Une autre partie de l’eau de pluie s’infiltre dans les sols. L’eau infiltrée dans les sols rejoint les eaux souterraines et nappes phréatiques par gravité. Une part des eaux souterraines alimente les cours d’eau et rivières qui se jettent dans l’océan (≈30%)[2]. L’eau du sol et des nappes phréatiques peut être également captée par les racines de la végétation.
- Une autre partie de l’eau de pluie peut s’écouler en surface par ruissellement. L’eau de ruissellement de surface alimente directement les rivières et cours d’eau qui se jettent dans l’océan sans infiltration préalable dans les sols. Dans une forêt de feuillus, ces ruissellements de surface sont inexistants, l’intégralité de l’eau de pluie non évaporée s’infiltre dans le sol. La part des eaux de pluie qui retourne à l’océan n’excède alors pas 30%. Dans un écosystème où la végétation est moins abondante ou dans les zones artificialisées, des ruissellements de surface ont lieu. L’eau de pluie est alors rejetée en excès vers l’océan par la rivière (>30%).
Prélèvement vs ressource
Les prélèvements en eau ne représentent que 2 à 3% de la ressource en eau, c’est-à-dire du volume des précipitations annuelles. La ressource en eau ne fait pas défaut mais l’enjeu est de parvenir à mieux capter cette ressource et de mieux raisonner ses usages à l’échelle collective.
Schéma de l’origine et des usages des prélèvements d’eau.
Une fois prélevée, l’eau est utilisée pour :
- L’utilisation humaine (34%) – y compris alimentation mais aussi sanitaires et lavage.
- L’utilisation agricole (46%) – y compris irrigation et usage dans les processus agricoles. L’eau utilisée pour l’irrigation retourne soit dans les bassins aquifères, soit dans l’atmosphère par évapotranspiration.
- L’utilisation industrielle et production énergétique (20%)[3].
Une fois utilisée, l’eau fait l’objet de traitements avant de finir dans les cours d’eau, ou bien d’être infiltrée dans les sols et éventuellement de rejoindre les bassins aquifères. In fine, l’eau utilisée est renvoyée à la mer. Les rejets en rivière sont sources de pollutions et amplifient la vidange des bassins versants. Recycler l’eau signifie de ne pas la jeter en mer via les rivières, donc de la réinfiltrer dans les sols après traitement ou de la recycler pour des usages non domestiques comme l’arrosage.
NB : L’eau est utilisée et non consommée, car elle ne disparaît pas – dans tous les cas, elle finit par retourner dans le cycle ! En revanche, son utilisation s’accompagne d’une pollution plus ou moins importante.
La végétation dans le cycle de l’eau
La végétation occupe une place centrale dans la régulation du cycle de l’eau. A l’interface entre le sol et l’atmosphère, elle est nécessaire au maintien de l’équilibre entre évaporation, transpiration, infiltration et ruissellement des eaux de pluie.
Elle diminue l’évaporation par :
- un effet brise-vent,
- la création de zones ombragées et humides par le feuillage,
- la diminution de la température du sol (environ 20°C de moins).
Elle limite le ruissellement et favorise l’infiltration par :
- le ralentissement de l’eau de pluie par le feuillage,
- la structuration du sol par les racines qui assurent une bonne porosité et stabilité du sol (réserve utile),
- la protection contre l’érosion grâce au tapis d’humus (matière organique et végétale décomposée).
Phénomène d’évapotranspiration
La végétation participe localement à la création des précipitations par la transpiration des feuilles. La transpiration est conditionnée par plusieurs facteurs :
- L’espèce végétale : tous les végétaux n’ont pas la même capacité de transpiration. Un feuillu transpire deux fois plus qu’un conifère et provoque donc deux fois plus de pluie qu’un conifère. Dans l’idéal, une forêt ne devrait pas être constituée de plus d’un tiers de conifères. Il en va de même du maïs qui a une capacité d’évapotranspiration bien supérieure au blé par exemple.
- Les conditions climatiques : l’humidité et la température de l’air, le vent et le rayonnement solaire impactent la capacité d’évapotranspiration des plantes.
Une plante en stress hydrique n’évapotranspire plus (les feuilles s’assèchent). Pour garder le cycle en fonctionnement, il est donc nécessaire de fournir de l’eau aux plantes.
Le cycle d’évapotranspiration est nécessaire pour déclencher les pluies sur le bassin versant. Dit autrement, l’absence d’évapotranspiration va générer une absence de pluie. Inversement, il pleut pratiquement de manière continue au-dessus des jungles, et jamais au – dessus des déserts, quelle que soit la distance à l’océan.
Rôle clé de l’arbre
L’arbre joue un rôle primordial dans le cycle de l’eau.
- La profondeur de ses racines est essentielle à la communication entre la surface du sol et les nappes superficielles (nappes des sables dans les Landes ou nappes d’accompagnement des cours d’eau par exemple).
- Le réseau mycorhizien favorise l’hydratation du sol et de la végétation environnante.
En réponse aux variations météorologiques à l’échelle locale, l’arbre permet donc de réguler l’accès aux eaux profondes.
Dérèglement du cycle de l’eau
Les perturbations du cycle de l’eau se traduisent par un dérèglement de la répartition annuelle des pluies qui donne lieu à une alternance d’inondations et d’épisodes de sécheresse.
Augmentation de la température
Une température plus élevée augmente la capacité d’évaporation. En pratique, l’air chaud peut contenir plus d’eau que l’air froid. Ce phénomène s’observe avec la rosée : en refroidissant à la surface des plantes, l’air se déleste de son excès d’eau.
Infiltration insuffisante et ruissellement excessif
Schéma simplifié du cycle de l’eau altéré dans un bassin versant où l’infiltration de l’eau est insuffisante (densité végétale insuffisante et/ou sols artificialisés).
Lorsque le fonctionnement du cycle de l’eau est optimal, seul 30% de l’eau de pluie est restituée à la mer par la rivière. Lorsque l’infiltration de l’eau dans les sols est insuffisante, cette proportion augmente. :
- Au niveau de la Garonne, 50% de l’eau de pluie est aujourd’hui rejetée en mer.
- En 2020, cette proportion a atteint 75% au niveau de la Sèvre Niortaise en Nouvelle Aquitaine.[4]
Cet excès d’eau non stockée dans les sols sortant du bassin versant conduit à une diminution du volume d’eau qui peut être transpirée par la végétation, donc à une diminution du volume des précipitations. Aux inondations succèdent donc des périodes de sécheresse.
Infiltration et qualité du sol
L’infiltration de l’eau dans le sol est étroitement liée au type de sol et à la qualité du sol.
La texture du sol conditionne évidemment sa capacité d’infiltration, mais on peut améliorer ce taux d’infiltration en régénérant la vie du sol : un sol vivant a une structure qui favorise l’infiltration de l’eau et limite le ruissellement.
De même que pour sa capacité d’infiltration, la structure du sol a un impact direct sur sa capacité de rétention (réserve utile).
Plusieurs mécanismes sont à l’œuvre :
- Les racines (y compris les réseaux mycorhiziens)
- Les espaces laissés par la faune du sol (microfaune, mais aussi bien sûr vers de terres, etc…)
A l’inverse, le travail du sol, le tassement et le labour diminuent le taux d’infiltration et de rétention de l’eau dans le sol. Même s’il augmente la porosité du sol, le labour détruit les réseaux mycorhiziens et les micropores recouverts de matière organique nécessaires à la stabilité du sol.
Un sol nu génère par ailleurs des phénomènes de battance.
Artificialisation des sols
La diminution de la couverture végétale du fait de la déforestation, de l’urbanisation et de certaines pratiques agricoles a dégradé la qualité des sols et a perturbé le cycle de l’eau tant à l’échelle locale que globale.
La réduction de la surface occupée par la végétation a pour conséquences :
- Une diminution du volume des pluies formées dans les terres due à la réduction de l’évapotranspiration.
- Une communication entravée entre les eaux superficielles et les eaux plus profondes par la déforestation et l’absence d’arbres dans certaines zones agricoles ou certaines zones urbanisées.
Les revêtements imperméables du sol tels que les routes et trottoirs des zones urbanisées font obstacle à l’infiltration de l’eau.
De même, de nombreuses parcelles qui avaient comme rôle de servir de tampon lors des grosses pluies (parcelles inondables, zones humides, etc…) ont été asséchées et drainées au fil du temps pour favoriser la production agricole ou la construction de bâtiments, accentuant le phénomène de ruissellement.
En résumé, au même titre que les sols nus ou ayant une faible densité végétale, les sols artificialisés rendus imperméables génèrent un excès de ruissellement qui perturbe le cycle de l’eau, accentue les inondations et réduit l’évapotranspiration, donc les précipitations.[5]
Comparaison d’un écosystème désertique et d’une forêt de feuillus
Une forêt de feuillus correspond à un écosystème idéal où le petit cycle de l’eau, aussi appelé cycle court, a un fonctionnement optimal. Dans un écosystème désertique où la végétation est peu présente et la vie du sol peu abondante, le petit cycle de l’eau est altéré voire inexistant. Le tableau ci-contre récapitule différents paramètres du cycle de l’eau dans ces deux écosystèmes.
| Désert | Végétation (feuillus) | |
|---|---|---|
| Précipitations | Irrégulières | Régulières |
| Ruissellement | Maximal | Minime |
| Evapotranspiration | Nul | Max |
| Réserve hydrique | Minimale | Maximale (sol structuré) |
| Flux de l’eau | Rapide | Lent |
La régulation du cycle de l’eau nécessite de prendre en compte les liens structurels qui existent entre la couverture végétale et forestière, l’activité biologique et la qualité du sol et les flux d’eau qui constituent le cycle de l’eau.
Quels leviers de régulation ?
Le dérèglement du cycle de l’eau survient lorsqu’une part trop importante (supérieure à 30%) des eaux de pluie est rejetée en mer par ruissellement.
Les solutions qui peuvent être mises en place pour remédier à ce dérèglement consistent à favoriser la rétention d’eau et limiter les ruissellements de surface pour éviter que l’eau de pluie ne soit rejetée en excès vers la mer.
Freiner et réguler le débit de l’eau
Plus l’eau de pluie prend du temps à descendre vers la mer, plus elle a de facilité à s’infiltrer dans le sol. De nombreuses techniques permettent de ralentir l’écoulement de l’eau, et plus ces techniques sont mises en œuvre en amont des bassins versants, plus elles sont efficaces.
- Noues, fossés et infrastructures hydrologiques passives : les noues et les fossés permettent de retenir l’eau sur les coteaux pour lui laisser le temps de s’infiltrer.
- Végétation et forêts : un terrain structuré par la végétation va ralentir l’écoulement de l’eau.
- Castors : les castors, grâce à leurs barrages, augmentent le niveau des cours d’eau, et irriguent de cette manière une surface très importante.
- Les terrasses : sur un terrain en pente, la culture en terrasses permet de fractionner l’écoulement des eaux de ruissellement et de ralentir le retour de ces eaux à la mer. Cette architecture se retrouve notamment dans les pays d’Asie qui cultivent des rizières en terrasses dans des milieux pentus.
Structures de rétention d’eau
Il existe une diversité de structures qui permettent de conserver l’eau :
- Les barrages : ces constructions assurent un contrôle du débit des cours d’eau et/ou un stockage de l’eau. Les barrages peuvent également avoir vocation à produire de l’hydroélectricité.
- Les retenues collinaires : les eaux de ruissellement de surface peuvent être retenues et temporairement stockées par la mise en place de digues dans des vallons. L’eau stockée peut s’infiltrer lentement et/ou être prélevée pour l’irrigation, la consommation humaine et les usages industriels.
- Les bassines agricoles : elles correspondent à des réservoirs d’eau creusés dans le sol et recouverts d’un film étanche. Contrairement aux retenues collinaires, l’eau stockée dans les bassines agricoles provient de prélèvements effectués dans les nappes phréatiques pendant les périodes dites de hautes eaux ou dans les rivières en crue. Ce stockage des eaux profondes en surface permet de rendre l’eau facilement accessible pour l’irrigation en été. Bien qu’elles fassent l’objet de nombreuses controverses et posent des questions d’équité sociale entre les agriculteurs, elles n’en restent pas moins un moyen de sécuriser l’approvisionnement en eau des cultures et de maintenir une couverture végétale vivante en période estivale, dès lors qu’elle font l’objet d’une gestion rigoureuse.
Pratiques agricoles favorisant l’infiltration d’eau
Le taux d’infiltration de l’eau dans le sol étant fonction de la qualité du sol et de sa couverture végétale, favoriser l’infiltration de l’eau revient à privilégier des pratiques agricoles qui améliorent la stabilité structurale du sol et qui maximisent la densité végétale.
L’ Agriculture de Conservation des Sols
L’Agriculture de Conservation des Sols repose sur trois piliers :
- Maximiser la couverture végétale tout au long de l’année par des couverts végétaux ou paillis.
- Diversifier les successions culturales et les associations de cultures pour étendre l’exploration du sol, l’exploitation de l’eau du sol et optimiser sa restructuration.
- Réduire voire supprimer le travail du sol pour maintenir sa stabilité structurale assurée par la végétation et l’activité biologique du sol. Le passage des engins agricoles doit être limité pour minimiser le tassement du sol et les coûts de production.
Cet ensemble de pratiques présente plusieurs bénéfices :
- Une augmentation de la teneur en matière organique du sol.
- Une amélioration de la structuration du sol.
- Une augmentation de l’activité biologique des sols.
Ces bénéfices concourent à favoriser l’infiltration et la rétention de l’eau dans le sol et à limiter le ruissellement.[6]
L’ Agroforesterie
L’agroforesterie consiste à associer des arbres et des cultures sur une même parcelle agricole. Compte tenu du rôle central de l’arbre dans la régulation du cycle de l’eau, l’extension de l’agroforesterie est indispensable pour :
- Limiter l’évaporation grâce à l’effet brise-vent des arbres et haies implantés dans les exploitations agricoles.
- Protéger les sols et cultures en cas de fortes intempéries.
- Assurer le rechargement des nappes phréatiques et l’approvisionnement des cultures en eau par le réseau racinaire des arbres.
- Diminuer la température (« climatisation naturelle« ).
Non seulement la réintroduction des arbres et des haies sur les parcelles agricoles rend les cultures plus résilientes aux sécheresses et inondations qui tendent actuellement à s’intensifier, mais elle contribue également à réguler le cycle de l’eau, donc à atténuer les sécheresses et inondations.
Le keyline design
Organiser ses parcelles selon les principes du keyline design va permettre à la fois de diriger, infiltrer, stocker, répartir les eaux de ruissellement et d’en évacuer l’excédent (vers des noues ou bassins), mais aussi d’infiltrer de l’oxygène et des nutriments tout ceci dans le but de favoriser le développement d’un sol vivant, profond et présentant une grande fertilité biologique. Il est moins coûteux d’atteindre ce but dans un paysage qui a été organisé à cette fin.
Ne pas confondre consommation et ressource
L’eau ne disparaît pas. C’est un cycle. La seule façon de perdre de l’eau douce est de la rejeter en mer au lieu de la recycler dans les terres. On ne manque pas d’eau, on en jette trop.
Plus on a d’eau, plus on a de végétation, et plus on a de végétation, plus on a d’eau. En période de sécheresse, la tentation est forte de réduire l’irrigation qui constitue la moitié de la consommation d’eau. Mais consommation n’est pas ressource. Réduire l’irrigation revient à amplifier la sécheresse. En effet, en période de sécheresse, l’irrigation est nécessaire au maintien de la vie des sols et de la couverture végétale, elle-même nécessaire à la bonne régulation du cycle de l’eau. Conserver l’irrigation lorsqu’elle est indispensable, contribue au bon fonctionnement du cycle de l’eau et permet à terme de limiter les périodes de sécheresse.
La bonne santé hydrique d’un bassin versant dépend de sa densité végétale (surtout l’été), l’idéal étant la densité végétale de l’écosystème forestier (de feuillus).
Cet article a été rédigé avec l’aimable participation de Laurent Denise, chercheur indépendant sur le lien climat-eau-biodiversité.
How Plants Cool the Planet …. Comment les plantes refroidissent la planète
Hommage à David BRANDT

Agriculteur dans l’Ohio, David Brandt, du comté de Fairfield, est décédé à l’âge de 76 ans des suites d’un accident de voiture.
Il était connu dans le monde entier pour son travail en ACS. Dans les cercles agricoles, Brandt restera dans les mémoires comme un leader mondial du non-labour, des cultures de couverture, de la santé des sols, des cultures riches en nutriments et du marketing direct.
Des agriculteurs du monde entier ont visité sa ferme du comté de Fairfield chaque année pour voir ses sols de première main et apprendre de ses nombreuses années d’expérience. Il a également parcouru le monde en parlant de sa ferme. Brandt était un vétéran du Vietnam qui est rentré chez lui pour cultiver à la fin des années 1960, mais peu de temps après son retour, le père de Brandt est décédé dans un accident agricole. Lui et sa femme, Kendra (décédée en 2020), ont été contraints de vendre la ferme et de recommencer avec très peu d’équipement. Le semis direct était un moyen de réduire les coûts. Depuis lors, l’utilisation par Brandt du semis direct et des cultures de couverture, il a augmenté la matière organique du sol et réduit considérablement les coûts des intrants. Il a servi de mentor en conservation à de nombreuses personnes. Il a cultivé et exploité Walnut Creek Seeds , avec son fils, sa belle-fille et son petit-fils. Merci à lui .

Nous avons perdu une légende dans #regenerativeagriculture . Dave Brandt est décédé hier soir des suites de graves blessures qu’il a subies dans un accident de voiture alors qu’il livrait des semences. C’est difficile car il m’a beaucoup touché et j’en connais des milliers d’autres………….Steve Groff
Serge Bouzinac et João Carlos de Moraes Sá
Serge Bouzinac 1 e João Carlos de Moraes Sá 2
1
Pesquisador CIRAD, Montpellier – França; 2 Prof. Sênior UEPG, Bolsista de Produtividade em Pesquisa Nível 1D
– CNPq, Presidente da Comissão Técnico-Científica da Federação Brasileira de Plantio Direto e Irrigação
“ Lucien Séguy foi um verdadeiro difusor do sistema plantio direto no Brasil e mundo afora.
Seus trabalhos e conhecimentos foram fundamentais para a consolidação desse sistema na
região tropical. A Federação Brasileira de Plantio Direto na Palha reconhece essa imensa
contribuição e expressa o sentimento de profundo agradecimento ”
“in memoriam”… A jornada de um visionário
Lucien Séguy nasceu em 1944 numa família de pequenos produtores
da cidade de Saint Yrieix La Perche, localizada no Centro da França,
que é orgulhosa de suas raízes e seu povo. Ele foi o único filho dos 4
irmãos que entrou na Universidade e se diplomou Engenheiro
Agrônomo pela Escola Nacional Superior de Agronomia de Toulouse
(ENSAT) em 1965, graças a bolsa de estudo. A seguir fez especialização
em pedologia no ORSTOM de Bondy. Casou-se com Jacqueline que o
acompanhou durante toda sua longa carreira na região tropical. Em
1967 foi para o Senegal, pelo IRAT na famosa estação experimental de
Bambey, mas preferiu trabalhar no campo, no vilarejo de Sefa, onde
fez um mapa pedológico da região e encarou seu primeiro grande
desafio que foi aprimorar o manejo do solo em tração animal para a orizicultura da Casamance. Nesse
período ele publica um artigo sobre o perfil cultural com a cultura do arroz dando ênfase a distribuição
do sistema radicular como componente chave na estruturação do solo.
Os desafios
Em 1969, é enviado pelo IRAT para o oeste da República dos Camarões em Dschang para elaborar e
acompanhar vários projetos orizícolas de sequeiro nas planícies dos M’Bos e de N’Dop com a a
extensão. Desenvolveu estudos em sistemas de produção e melhoramento genético do arroz de
sequeiro e irrigado. Supervisionou projetos sobre as interações entre génotipo e meio ambiente,
destacando a influência da fertilidade dos solos nas epidemias de brusone na cultura do arroz (Figura
1).
Figura 1. Parcerias construídas durante a sua trajetória no Brasil.Seus trabalhos despertaram interesse no Brasil, e no final de 1977, o IRAT enviou Lucien para a EMAPA
(Empresa de Pesquisa do Maranhão) no Maranhão, sendo o primeiro expert do IRAT permanente no
Brasil. Durante os anos de 1977 e 1982, Lucien, com o auxílio de Serge Bouzinac, (eles trabalharam
juntos até os últimos dias de Lucien) implantaram estudos sobre sistemas de cultivo de arroz para
pequenos produtores.
Lucien seguiu apoiando a difusão dos melhores sistemas de cultivo em consórcios envolvendo arroz +
milho + mandioca, seguido de caupi no final da estação chuvosa. Foi ajustando e aperfeiçoando as
variedades de arroz de sequeiro e irrigadas para os trópicos. Os resultados dessas atividades
despertaram o interesse da EMBRAPA-CNPAF (Centro Nacional de Pesquisa de Arroz e Feijão, Goiânia-
GO). Tanto Lucien Séguy quanto Serge Bouzinac foram convidados para desenvolver trabalhos na
região dos Cerrado, 0 dando assim o início de um profícuo convênio entre o CIRAD (Centre de
Coopération Internationale em Recherche Agronomique pour le Développement) e a EMBRAPA-
CNPAF. Inúmeros resultados foram gerados pelo convênio possibilitando o o suporte para avanço nos
conhecimentos na adoção do plantio direto na região dos Cerrados.
Entre 1983 e 1989 Séguy e Bouzinac concentraram os trabalhos na região dos Cerrados, principalmente
no estado do Mato Grosso, Goiás e parte de Tocantins, um ambiente totalmente diferente para eles.
Naquela época, grande extensão dessa região estava sendo convertida para uma agricultura
mecanizada. Inicialmente, foi introduzida a cultura do arroz de sequeiro e, com o passer do tempo,
esta foi substituída pela cultura da soja em monocultivo com o uso intensivo do preparo do solo através
de gradagens sucessivas, resultando em expressiva erosão e formação do chamado pé de grade,
gerando problemas sérios de compactação
Foto 1. A paixão de Lucien era o campo onde se sentia livre para compartilhar o que sabia.
Em 1984, em visita a CCLPL (Cooperativa Central de Laticínios do Paraná – Produtos Batavo, Carambeí-
PR) localizada na região dos Campos Gerais, encontrou-se com o Engenheiro Agrônomo Hans Peeten,
Josué Nelson Pavei e outros do departamento técnico das cooperativas para conhecer o sistema que
estava sendo implantado nesta região. Conheceu os agricultores Nonô Perereira e Franke Dijkstra,pioneiros do plantio direto desta região. Retornou ao centro-oeste com muitas idéias a serem
adaptadas para a região tropical.
Em 1985, vendo o processo de degradação do solo pela erosão avançando e a fertilidade do solo
limitada (elevada acidez, baixa quantidade de cálcio e magnésio e carência de fósforo e
micronutrientes) iniciaram um trabalho com o apoio do produtor Sr. Munefumi Matsubara, da Fazenda
Progresso. Para ele, o Sr. Matsubara foi o produtor e mentor que acreditou e abriu as portas para a
introdução do sistema plantio direto rompendo paradigmas e contribuindo definitivamente para a
expansão do SPD nos Cerrados.
Foto 2. Foto na Fazenda Progresso em Lucas do Rio Verde-MT em 1994. A esquerda o Sr. Munefume
Matsubara, ao centro Lucien Séguy, a direita dois pesquisadores de Madagascar e ao fundo o Dr.
Fernando Penteado Cardoso. Foto retirada do Informações Agronômicas n° 69, Março de 1995,
publicado pela Potafós.
Desenharam as alternativas para o Plantio Direto na região tropical introduzindo espécies que
adicionavam elevadas quantidades de biomassa e raízes. Daí surgiu a grande contribuição do Séguy e
Bouzinac. Eles compararam os tratamentos com preparo do solo profundo ou superficial com os
sistemas em plantio direto durante 5 anos de estudos.
Os resultados mostraram que os tratamentos em plantio direto foram superiores aos sistemas
convencionais com preparo de solo,tanto em produtividade como em lucratividade e além disso,
aumentaram o conteúdo de matéria orgânica do solo (MOS) em 20%, enquanto a monocultura de soja
associada ao preparo (aração e gradagem) resultou na queda drástica da MOS. Assim, o sistema Plantio
Direto foi introduzindo as safrinhas em sucessão de culturas e foram ocupando gradativamente
milhões de ha até o ano de 2000, graças a uma intensa difusão dos resultados através das fundações,
cooperativas e associações de produtores.
A consolidação de parcerias e difusão do plantio direto como um sistema
A partir de 1989 até 2002, com o apoio da Rhône Poulenc, os convênios de pesquisa foram estendidos
para empresas e cooperativas agrícolas do Centro Oeste e do Norte do Brasil, tais como a CooperLucas,
Varig Agropecuária, Sul América Agropecuária, Grupo Maeda, AgroNorte, Prefeituras de Sinop – MT e
de Caxias – MA e Emgopa. Foi um marco no avanço do SPD na região porque os trabalhos visaram
adaptar as alternativas que o plantio direto proporciona para diferentes situações climáticas nessasregiões. A ação pioneira do grupo Maeda na introdução do Plantio Direto no algodoeiro foi marcante.
Junto com os parceiros, Lucien Séguy melhorou os conceitos do Plantio Direto sobre Coberturas
Vegetais Permanentes (SCV) assimilando essas camadas de resíduos vegetais, tais como a liteira da
floresta, criando o conceito da “bomba biológica” (Fig. 2).
Figura 2. O esquema sobre o funcionamento das coberturas verdes e cultivos comerciais desenhado
por L. Séguy em 1998. Foto de L. Séguy sobre o sistema radicular de Eleusine coracana, uma das
espécies sugeridas para compor o sistema de produção.
Essa visão foi calcada na maior eficiência das coberturas na recuperação dos nutrientes deslocados
para as camadas mais profundas. Além disso, ele criou novas alternativas sobre coberturas vivas, ainda
mais econômicas (por exemplo soja sobre gramado de Tifton ou milho sobre Arachis pintoï). Com a
AgroNorte, Lucien voltou para uma de suas primeiras paixões: o melhoramento do arroz de sequeiro
com o êxito de uma variedade, o CIRAD 141, que cobrirá durante mais de 5 anos milhares de ha no
Mato Grosso.
Foto 3. Visita a Fazenda Progresso com o Sr. Munefumi Matsubara e Serge Bouzinac (alto a direita) e
com o grupo Maeda (Centro e direita inferior).
A partir de 2002 e até 2012, novas frentes foram abertas e permitiram conduzir esses trabalhos no
Brasil com a Universidade de São Paulo através do Centro de Energia Nuclear na Agricultura com o
Prof. Dr. Carlos Clemente Cerri e outros e na sequência em 2005, com a Universidade Estadual de
Ponta Grossa (UEPG), além das parcerias com a prefeitura de Sinop, com o grupo Maeda. Abriu novas
frentes com o IMA- MT, Instituto Mato-grossense do Algodão para aprimorar os sistemas de Plantio
Direto algodoeiro e desenvolver os mesclas de plantas visando ativar a vida biológica e melhorar afertilidade do solo. Em conjunto com a UEPG através do Prof. Dr. João Carlos de Moraes Sá (Juca Sá)
foram organizados cursos anuais de formação de pesquisadores, professores e engenheiros
agrônomos ligados ao CIRAD, com participantes de mais de 13 países sobre o sistema Plantio Direto.
Foram seis edições anuais treinando mais de 90 pessoas, proporcionando aos parceiros do CIRAD com
recursos da AFD (Agencia Francesa de Desenvolvimento) a interação com nossas equipes nos Campos
Gerais do Paraná. Em 2010 foi outorgado pelo Conselho Universitário da UEPG a Medalha de Honra ao
Mérito como o título de “Doutor Honoris Causa” da UEPG.
Foto 4. No dia 18-11-2010, o então Reitor da Universidade Estadual de Ponta Grossa, Prof. Dr. João
Carlos Gomes fez a entrega da Medalha de Mérito Universitário e o diploma ao Dr. Lucien Séguy.
Enfim, paralelamente a todos esses trabalhos no Brasil, Lucien Séguy realizava a cada ano desde 1984,
e foram centenas de missões de apoio e orientação em numerosos países tropicais da África, da Ásia
e de Madagascar, visando difundir e adaptar pelo mundo tropical todas essas novas tecnologias
elaboradas no Brasil com diversas espécies de plantas entre os diferentes continentes. Costumava-se
dizer que ele tinha mais horas de vôo que o mais antigo piloto de Boeing.
Em 2009, aposentou-se formalmente do CIRAD, porém, com a energia e entusiasmo que lhe eram
peculiar, abriu novas frentes de trabalho apoiando na França um grupo de agricultores pioneiros no
SCV, convictos por seus trabalhos tropicais e na sequência conquista o Canadá entrando por Québec,
após o convite do agrônomo Louis Pérusse, que pediu ajuda para desenvolver o Sistema Plantio Direto
lá naquelas terras frias do Canadá. Debaixo de uma cobertura de neve ele reabilita os trigos de inverno,
sobressemeados a lanço na soja 3 semanas antes da colheita, ganhando assim um mês para o
crescimento do trigo antes do inverno e antecipando a colheita deste trigo de inverno em um mês para
abrir a possibilidade de implantar as mesclas de plantas. Essas misturas com várias plantas promove
enorme atividade biológica ao solo e recarregamento em Matéria Orgânica e múltiplas funções
ecossistêmicas.
Não satisfeito e incansável, procura os eixos de pesquisa no Sul do Brasil, nos Estados de Santa Catarina
e do Rio Grande do Sul com jovens agrônomos brasileiros que difundem esses sistemas a base de
plantas de cobertura multifuncional em dezenas de milhares de ha.
Lucien Séguy teve uma carreira extremamente rica, passando da pedologia para a agronomia e em
seguida ao manejo ecológico do solo. Desenvolveu trabalhos em mais de 30 países e nas diversas
condições pedoclimáticas das regiões equatoriais e tropicais, mediterrâneas e temperadas. Ele
formou, aconselhou e orientou inúmeros agrônomos do CIRAD e parceiros no mundo, sempre com
sua generosidade e amizade, deixando agora saudades em muitos corações. Um de seus preceitos
mais marcante era, na medida do possível, trabalhar em “HARMONIA COM A NATUREZA”, o que faz
toda a diferença nos sistemas conservacionistas de manejo do solo, água e atmosfera. Lucien Séguydeixa um legado e uma reflexão aos mais jovens: não há conquistas sem riscos e estes fazem parte das
ações que tomamos. É preferível errar tentando acertar do que se omitir.
Dedicamos esse “in memoriam” a Jacqueline, sua esposa e grande companheira, e seus filhos Sandrine
e Yannick que o acompanharam durante os últimos meses vida.
Mensagens de amigos e daqueles que tiveram experiências com Lucien
As primeiras experiências
Foto 5. Lucien Séguy, Serge Bouzinac e José Carlos Soares (Zecão) na Faz. Capuaba em Lucas do Rio
Verde-MT
Na década de 80 acompanhei os trabalhos de pesquisa na Fazenda Progresso do Sr. Munefume
Matsubara (Lucas do Rio Verde-MT) realizados pelo do Dr. Lucien Séguy e Serge Bouzinac. Lembro do
seu entusiasmo nas trincheiras mostrando a grande atividade microbiana nos solos tropicais, a
importância da diversidade de plantas e dos sistemas radiculares profundos para ciclagem de
nutrientes (“bomba biológica”). Naquele período também fizemos as primeiras experiências com
plantio direto no MT, na minha propriedade, a Fazenda Capuaba. Sabíamos da necessidade em
desenvolver um sistema de produção agrícola baseado nas características de solo e ajustado para o
clima tropica, com diversidade de plantas e proteção constante do solo. Para minha surpresa em 2017,
30 anos após as experiências iniciais, tive a enorme satisfação em receber a visita do L. Séguy e S.
Bouzinac onde constataram os resultados de longo prazo dos seus ensinamentos. Com certeza o
pesquisador L. Séguy deixou um grande legado para o sucesso da agricultura nos trópicos, merece
todas as nossas homenagens.
José Carlos Soares, Lucas do Rio Verde-MT
Suas raízes permanecerão
Agradecemos profundamente ao nosso mentor Lucien Séguy pela amizade, dedicação e
ensinamentos que nos inspiraram ao longo da nossa caminhada em busca do desenvolvimento de
uma agricultura mais produtiva e sustentável. Em nosso solo, suas raízes permanecerão.
Homenagem da RAÍX SEMENTES. »
Inesquecível, oportuno, prático e efetivo treinamento em agricultura conservacionista com L. Séguy
no Curso Internacional em Ponta Grossa.Dr. Manuel Reyes Resarch Professor, Kansas State University.
Os discípulos do Lucien…
Expressamos nossa imensa gratidão de sermos formados pelo Lucien Seguy e ser seus amigos.
Aprendemos que esse desafio pela agricultura conservacionista e sustentável calcada no plantio
direto é uma missão. Hoje estamos mundo afora trabalhando, pesquisando, divulgando,
compartilhando os ensinamentos, e consolidando o sistema plantio direto de alta qualidade que
aprendemos com ele. Estamos procurando evoluir e adaptar o plantio direto na diversidade das
condições dos países que atuamos (França, Canada, Madagascar, Camarões, Camboja, Laos, Vietna,
Costa do Marfim, Nova Caledônia, Tunisia, Tailandia e outros). Ele construiu uma vasta rede de
agricultores, agronômos, pesquisadores, nos vários continentes e sempre procurando parcerias. Ele
conseguiu estabeler um programa de treinamento na UEPG de 2005 a 2012 junto com o Prof. Juca Sá
que nos uniu ainda mais. O Lucien nos ensinou o conceito da “bomba biológica” baseado numa larga
diversidade de plantas que desencadeou a integração lavoura-pecuaria-floresta como nos sistemas
que foram desenvolvidos para cultura da banana em Guadeloupe e Martinique. Ele era um homem
bom, generoso que valorizava profundamente a amizade. Nunca deixou de atender a quem o
procurava e sempre aberto com bom humor, pensando e fazendo sem parar. Ele deixa um legado
para o Brasil e para o mundo.
Descance em paz e saiba que estaremos aqui continuando sua obra.
Serge Bouzinac, Hubert Charpentier, Patrick Julien, Stéphane Boulakia, Florent Tivet, Louis Perusse,
Oumarou Boularabé, Hoá Tran Quoc, Pascal Lienhard, Frédéric Jullien, André Chabanne, OlivierHusson, Roger Michellon, Jean Claude Quillet, Jean Luc Vaymel, Lydie et Noël Deneuville, Sandrine et
Alain Gallon, Christian Abadie, Hélène Leduc, Aubin Lafon, Sarah Singla, Sylvain Hypolite.
História na formação das novas gerações…
O Sistema Plantio Direto, que se consolidou como a melhor proposta para a sustentabilidade, foi
concebido reunindo as iniciativas e dedicações de inúmeras pessoas e instituições. Algumas delas se
destacam. Hoje, nos manifestamos para lamentar a perda de Lucien Seguy, pesquisador do Cirad,
que junto com Serge Bouzinac fez muito pelo Cerrado, pelo SPD e pela nossa agropecuária, ao
compreender e divulgar os serviços das rotações de culturas, a base de conceitos que ainda estão
sendo concebidos para uma agricultura moderna. Da mesma forma ele contribuiu para o
reconhecimento internacional dado ao SPD concebido no Brasil. A UEL e seu Depto de Agronomia se
juntam a FEBRAPDP para prestar esta justa homenagem e se prontificam a valorizar e empregar esta
história na formação das novas gerações.
Prof. Dr. Adilson Luiz Seifert, Chefe do Departamento de Agronomia da Universidade Estadual de
Londrina
Um vulcão de ideias…
Aprendi muito com o Lucien. O conheci nos anos 80 em Ponta Grossa quando visitou a Fundação
ABC. No giro de campo ele não parava de comentar toda e qualquer situação que via. Ele era um
vulcão em erupção e as ideias iam surgindo sem parar. Uma pessoa fenomenal! Era difícil
acompanhá-lo! Desde então nos encontrávamos em congressos, eventos de campo e palestras.
Falávamos em fazer algo em conjunto, até que em 2004 surgiu a oportunidade de elaboramos uma
parceria e em 2005 concretizamos o convênio UEPG – CIRAD. Os recursos vieram da AFD (Agência
Francesa para o Desenvolvimento) e aplicados no Laboratório de Matéria Orgânica do Solo (LABMOS)
para equipamentos e treinamento de parceiros do CIRAD. Foram 10 anos de trabalhos. Um salto de
qualidade no qual consolidamos uma equipe e nos tornamos referência no estudo da matéria
orgânica do solo. Se fosse resumir em uma palavra o que sinto pelo Lucien é GRATIDÃO. Descanse
em paz amigo.João Carlos de Moraes Sá, Professor Sênior da UEPG, Bolsista de Produtividade em Pesquisa Nível 1D
– CNPq, Presidente da Comissão Técnico – Científica da Federação Brasileira de Plantio Direto e
Irrigação.
Um ser elétrico…
Foto . Lucien Seguy ao centro: dia de campo em SINOP-MT, 1995 (Foto tirada por T. Yamada)
Tive o privilégio de acompanhar de perto, parte do gigantesco trabalho desenvolvido por Séguy no
estado de Mato Grosso, junto com dois fiéis companheiros – Serge Bouzinac e Munefume
Matsubara. Suas pesquisas sobre plantas de cobertura, reciclagem de nutrientes e vida biológica do
solo deram o embasamento científico para o sistema de plantio direto na palha, hoje de adoção
generalizada de norte a sul do país.
Séguy era um ser elétrico, muito agitado, movido pela sua paixão por uma agricultura que se
aproxime da natureza, sendo este ápice, o plantio direto em cima de cobertura viva, objetivo que
tanto procurava. Dotado de grande talento para pintura (foi assistente de famoso pintor) traduziu
seus conceitos agronômicos em elaborados gráficos e figuras com que ele ilustrou a publicação “Da
transferência de tecnologia Norte-Sul aos sistemas de plantio direto, em zona tropical úmida”,
editada em 1996.
A agronomia está de luto e o mundo fica mais pobre sem Lucien Séguy. Mas fica o seu exemplo.
Tsuioshi Yamada, ex-diretor do IPNI, 1977-2007.
Esse cidadão do mundo…
Nosso colega Lucien Séguy morreu dia 27 de abril, aos 75 anos de idade. Nossa emoção é profunda
com o anúncio de seu desaparecimento. Contudo, a sua imensa contribuição para uma agricultura
melhor será seu grande legado. Ficam lembranças importantes como de sua aula, no início da década
de 90, na disciplina Problemas de Fertilidade do Solo, para alunos curso de pós-graduação do
Departamento de Ciência do Solo (ESALQ/USP) e de nossa visita ao CIRAD- Montpellier (França), em
1999. No Brasil, onde iniciou seus trabalhos em 1978, Lucien Séguy foi um pesquisador envolvido
com a implementação e disseminação do plantio direto. Esse cidadão do mundo exerceu significativainfluência e contribuição para a nossa agricultura. Sua inteligência, simplicidade e generosidade farão
falta!
Godofredo Vitti, Prof. Titular Emérito, ESALQ-USP e Valter Casarin, ESALQ-USP
Incansável e entusiasta…
Pesquisador do CIRAD, França – Grande e incansável, entusiasta e guerreiro dinâmico! Especialista
em Solos, plantas, manejo e plantio direto. Juntamente com Serge Bouzinac, seu eterno
companheiro de trabalho desenvolveram muitos trabalhos validados e em uso por produtores de
muitos Países do Mundo! Tive o prazer de estar com ele diversas vezes, em visitas a campo lá na
Fazenda do Matsubara em LUCAS do Rio Verde, na década de 80, testando diferentes plantas de
cobertura, junto à Cooperlucas e, também o grande e profundo trabalho em Sinop, MT com a
Agronorte, Maronese e Equipe! Cultivares lançadas e muita difusão de Sistemas Sustentáveis aos
Produtores e técnicos! Todo o mundo da Ciência e dos agricultores perdem muito com a sua partida e
com a sua ausência nos mais diversos sistemas produtivos do Mundo!
Ademir Calegari, Pesquisador Sênior do Iapar, Consultor Privado – Manejo de solos / Plantas de
cobertura ( Sistema plantio direto)
paixão e dedicação…
Conheci o Dr Lucien Séguy na Universidade Federal de Goiás falando do Sistema Barreirão com Dr
João Kluthcouski em 1984 e voltei a encontrar em 2016! Grande exemplo e com muita paixão e
dedicação nos ensinamentos! A partir daí passei a me dedicar ao uso de Plantas de Cobertura na
agricultura.
Eng. Agronomo David Campos Alves
Floresceram e produziram frutos…
O desenvolvimento da Agricultura nos Cerrados, e do Plantio Direto na Palha, teve a contribuição do
Dr Lucien Seguy e seu companheiro Serge Bouzinac.
As sementes por ele semeadas, floresceram e produziram frutos em abundancia, e neste momento
nos resta o nosso agradecimento e Gratidão. Vá em Paz
Lucien, sua passagem por aqui foi vitoriosa!
Carlos Pitol, Dourados-MSAguerrido e apaixonado…
Nos idos da Safra 2009 / 10, tive a oportunidade de conhecer e trabalhar com os pesquisadores
Lucien Seguy e Serge Bouzinac, quando integrei o departamento de pesquisa do IMAmt, em
Primavera do Leste MT. Perseverante, aguerrido e apaixonado. Uma figura ímpar, que nos deixa um
legado e leva nossa saudade. Condolências e um forte abraço aos familiares e amigos.
Eng. Agronomo Marcio Caldeira, Coordenador Técnico Araunah Agro
Ensinamento e inspiração…
Lucien Seguy fonte de ensinamento e inspiração para muitas pessoas que utilizam o SPDq ao redor
do mundo. Famosa a frase dele quando tinha que » explicar o inexplicável » a respeito das fantásticas
sinergias agronômicas e de meio ambiente entre PD e mix de diferentes espécies na Adubacao
verde : C’est la puissance du GENIE’ VEGETAl … e’ o poder do gênio vegetal, da engenharia das
plantas … Nós Europeus crescemos e somos formados na convicção que a estruturação do solo é
feita com o aço…. ele trabalhou até o fim para quebrar esse paradigma !!
Com gratidão, Sergio Argenteri, Piovera, Itália

