ROLF DERPSCH

Rolf Derpsch est un agronome et consultant international de renom, pionnier de l’agriculture de conservation et du semis direct (no-till).

notill.org

Biographie rapide

  • Né en 1937 au Chili de parents allemands (nationalités chilienne et allemande).
  • Études d’agronomie à l’Université du Chili (Santiago).
  • A travaillé de 1966 à 2001 pour la GTZ (agence allemande de coopération technique).
  • Dès avril 1971, il commence des recherches sur le semis direct au Brésil, l’un des tout premiers en Amérique latine. Il a collaboré étroitement avec des pionniers brésiliens comme Herbert Bartz.
  • Depuis 1988, basé au Paraguay (Asunción), où il exerce comme consultant indépendant après avoir quitté la GTZ.
  • Il est l’auteur de nombreuses publications sur l’adoption mondiale du no-till, ses avantages économiques, environnementaux et agronomiques (érosion, carbone, etc.). Son site (rolf-derpsch.com) est une référence dans le domaine. rolf-derpsch.com

Il est considéré comme l’un des grands promoteurs mondiaux du semis direct et de l’agriculture sans labour, particulièrement en Amérique latine (où les surfaces ont explosé).

Ses relations avec Lucien Séguy

Lucien Séguy (décédé) était un agronome et pédologue français du CIRAD, pionnier du Semis Direct sur Couvert Végétal (SCV), surtout dans les conditions tropicales (Cerrados brésiliens). Il est souvent vu comme le « père » ou un grand promoteur du SCV au Brésil, avec un accent fort sur les couverts végétaux permanents, les rotations et l’adaptation aux petits agriculteurs.

no-tillfarmer.com

Relation : Les deux hommes sont des collaborateurs et co-promoteurs de l’agriculture de conservation. Ils ont travaillé ensemble ou dans des contextes proches (projets, publications, rencontres comme RELACO). On les cite souvent ensemble dans les articles et ouvrages sur le semis direct et le SCV (ex. : définitions communes, chapitres de livres, projets de coopération). Derpsch est plus axé sur la promotion globale, l’économie et le no-till « classique » ; Séguy a beaucoup insisté sur les systèmes tropicaux avec couverts vivants. Ils ont contribué au succès du semis direct en Amérique latine.

open-library.cirad.fr

En résumé : Rolf Derpsch = grand expert germano-latino-américain du semis direct, très orienté terrain et diffusion mondiale.

Lucien Séguy = son homologue français du CIRAD, visionnaire du SCV tropical. Ils sont complémentaires et ont avancé la même cause.

http://www.rolf-derpsch.com/index.html

Pourquoi le semis direct ?

Les 180 millions d’hectares semés directement dans le monde parlent d’eux-mêmes !
Depuis 1987, la superficie ensemencée par semis direct en Amérique latine a été
multipliée par 74, passant de 670 000 ha à 49,6 millions d’hectares en 2008,
contre une augmentation de 6,5 fois aux États-Unis.

Les principales raisons pour lesquelles les agriculteurs adoptent ce nouveau système de culture sont les suivantes :

  • Moins de travail
  • Plus d’argent
  • Contrôle de l’érosion, respectueux de l’environnement
  • Améliorer la qualité de vie

Qu’est-ce que le semis direct ?

Description et définition du semis direct

Il est extrêmement important de formuler une définition adéquate et précise de l’ensemencement direct lorsqu’il s’agit d’obtenir des résultats expérimentaux comparables entre différents scientifiques.

Dans de nombreux cas, les résultats expérimentaux contradictoires s’expliquent uniquement par l’utilisation d’une terminologie régionale, par les différentes définitions de l’agriculture sans labour employées par divers chercheurs et par les divergences d’opinions quant à sa mise en œuvre. Il est donc crucial de parvenir à un consensus sur une description et une définition précises de l’agriculture sans labour. Faute d’une compréhension commune rapide de cette pratique, nous continuerons à observer des résultats expérimentaux contradictoires dans la recherche sur l’agriculture sans labour, tant au niveau national qu’international.

Le semis direct est un système agricole où la semence est placée directement dans le sol non travaillé, recouvert de résidus de la culture précédente (Köller et Linke, 2001). À l’aide de machines spécialisées, principalement équipées de semoirs à disques (perturbation minimale du sol) ou de semoirs à dents (perturbation importante du sol), seule une étroite fente est ouverte pour le dépôt de la semence, puis refermée immédiatement après.

L’objectif est de perturber le sol le moins possible afin d’éviter de faire remonter à la surface de nouvelles graines de mauvaises herbes ou de les placer dans une zone de germination favorable. Par ailleurs, aucun autre travail du sol n’est effectué. Les résidus de la culture précédente sont laissés en place, en grande partie intacts, et servent de paillis à la surface du sol.

Si le sol est seulement légèrement travaillé pour préparer le lit de semences, ce système n’est pas considéré comme un semis direct mais plutôt comme un semis sous paillis (DLG, 1997). Les méthodes de semis où plus de 50 % de la surface du sol est ameublie et mélangée ne peuvent être classées comme semis direct (Linke, 1998 ; Sturny et al., 2007).

La maîtrise des adventices est essentielle à la réussite de l’agriculture sans labour. Elle repose sur l’utilisation d’herbicides, la rotation des cultures et la culture ciblée de plantes de couverture adaptées. Cette méthode est connue sous le nom de « semis direct » ou « agriculture zéro labour » dans les pays anglophones. Certains des avantages environnementaux recherchés de l’agriculture sans labour, tels que la lutte contre l’érosion, la protection des ressources en eau, la prévention des inondations et la protection du climat grâce à la séquestration accrue de carbone dans le sol, ne se manifestent pleinement qu’après plusieurs années de pratique continue et ininterrompue.

Le semis direct est déjà pratiqué dans le monde entier sur plus de 100 millions d’hectares, sous une grande variété de conditions pédologiques et climatiques (Derpsch et al., 2010). Le succès de ce système de travail du sol conservateur repose sur une application continue et à long terme, similaire à celle des prairies permanentes (Sturny et al., 2007), ainsi que sur l’utilisation ciblée de rotations culturales et de cultures de couverture adaptées. Les exigences spécifiques du semis direct doivent être prises en compte afin d’éviter les échecs. Pour une mise en œuvre réussie, les conditions préalables et les étapes nécessaires à une conversion réussie doivent être respectées (Kahnt, 1976 ; Duiker et Myres, 2006 ; Derpsch, 2008). La couverture permanente du sol par les résidus de culture et l’absence de perturbation du sol permettent une lutte efficace contre l’érosion, le stockage du carbone dans le sol, une augmentation de la vie microbienne du sol, une meilleure rétention d’eau et une plus grande efficacité économique. De plus, le semis direct est le seul système de culture qui permet une production agricole durable, même dans des conditions pédologiques et climatiques extrêmes.

Résumé

Le semis direct est un système agricole où la semence est placée directement dans un sol non travaillé. Seule une fine sillon est pratiquée dans le sol, puis refermée après le semis ; cette sillon est juste assez profonde et large pour assurer une bonne couverture des graines. Aucun autre travail du sol n’est effectué (Phillips et Young 1973, www.sachsen.de 2011).

Sources

Derpsch, R., 2008, Étapes cruciales pour l’adoption du semis direct, dans : Systèmes agricoles sans labour. Goddard, T., Zoebisch, MA, Gan, Y., Ellis, W., Watson, A. et Sombatpanit, S., éd., 2008, WASWC. p. 479-495

Derpsch, R., Friedrich, T., Kassam, A. et Li, HW, 2010. État actuel de l’adoption de l’agriculture sans labour dans le monde et quelques-uns de ses principaux avantages. Int. J. Agric. & Biol. Eng. Vol. 3. Nº 1.

DLG, 1997. Semis direct. Feuillet 301 de la Société allemande d’agriculture, 16 pp.

Duiker, S. et Myres, JC, 2006. Étapes vers une transition réussie vers le semis direct. Collège des sciences agricoles, Recherche agricole et vulgarisation coopérative, Université PennState, 36 p.

Kahnt, G., 1976. Agriculture sans labour : conditions préalables, méthodes et limites du semis direct en production céréalière. Ulmer, Stuttgart, 126 p.

Köller, K. et Linke, C., 2001. Une agriculture réussie sans charrue. 2e éd. DLG-Verlag, Francfort-sur-le-Main, 176 p.

Linke, C., 1998. Semis direct – un inventaire avec une attention particulière aux aspects techniques, agronomiques et économiques. Thèse, Université de Hohenheim, 482 pp.

Phillips, S. et Young, H. 1973. Agriculture sans labour. Reiman Associates, Milwaukee, Wisconsin. 224 p.

Sturny WG, Chervet A., Maurer-Troxler C., Ramseier L., Müller M., Schafflützel R., Richner W., Streit B., Weisskopf P. et Zihlmann U. 2007. Semis direct et labour dans une comparaison de systèmes – une synthèse, AGRARForschung (maintenant « Agrarforschung Schweiz ») 14 (8) : 350-357.

www.sachsen.de 2011. www.landwirtschaft.sachsen.de/landwirtschaft/8119.htm  consulté en mars 2011.

Paradigmes

Changement de paradigme dans l’agriculture

Rolf Derpsch

Les méthodes agricoles traditionnelles des régions tropicales et subtropicales entraînent une dégradation des sols et une baisse de leur productivité. Il en résulte pauvreté, exode rural, prolifération de bidonvilles et conflits sociaux. Pour que les agriculteurs aient une chance de survivre en milieu rural et pour parvenir à une gestion durable des terres, un changement de mentalité fondamental est nécessaire, et de nouvelles approches agricoles doivent être mises en œuvre. La section suivante compare les perspectives (paradigmes) anciennes et nouvelles et analyse leurs conséquences.

(Publié en anglais dans : ISTRO-INFO EXTRA, vol. 4, 1999 ; disponible sur Internet à l’adresse : http://www.soils.wisc.edu/istro )

Paradigmes du passéParadigmes du futur
La culture du sol est nécessaire
Enfouissement des résidus végétaux à l’aide d’équipements de travail du sol
La terre nue pendant des semaines et des mois
Réchauffement des sols par rayonnement solaire
Brûlage autorisé
Les processus chimiques du sol au centre de l’attention
Protection des plantes de préférence chimique
L’engrais vert et la rotation des cultures comme option
L’érosion des sols est une conséquence inévitable de l’agriculture.
Semis direct, sans labour
Les résidus végétaux sont laissés à la surface du sol comme paillis.
Couvre-sol permanent
Réduction des températures du sol
Interdiction de brûler
Processus biologiques du sol au premier plan
Protection des plantes de préférence biologique
Les engrais verts et la rotation des cultures sont essentiels
L’érosion des sols n’est rien d’autre qu’un symptôme du fait qu’un système de culture inadapté au lieu et à l’écosystème a été utilisé.
Conséquences du travail du sol ou du sol nuConséquences du système de semis direct ou de la couverture permanente du sol
L’érosion éolienne et hydrique se produit
Faible infiltration d’eau dans le sol
faible humidité du sol
Dégradation inévitable de la matière organique dans le sol
Le dioxyde de carbone s’échappe dans l’atmosphère (effet de serre = réchauffement climatique).
Dégradation des sols (chimique, physique, biologique)
Déclin de la productivité des cultures
Utilisation accrue d’engrais et coûts de production plus élevés
La survie à long terme à la campagne n’est pas possible (faibles rendements, absence de rentabilité, perte de revenus).
Pauvreté, exode rural, multiplication des bidonvilles et conflits sociaux
L’érosion éolienne et hydrique est stoppée.
Infiltration accrue de l’eau dans le sol
humidité du sol plus élevée
Accumuler ou maintenir la matière organique dans le sol (améliorer la qualité du sol)
Le sol agit comme un puits de carbone (améliorant la qualité du sol ;
contrant l’effet de serre).
Amélioration des sols (chimique, physique, biologique)
Augmenter la productivité des cultures
Réduction de l’utilisation d’engrais et baisse des coûts de production
Des opportunités de revenus à long terme pour les agriculteurs des zones rurales grâce à une bonne rentabilité et à des pratiques agricoles durables.
Satisfaction des besoins fondamentaux, amélioration du niveau et de la qualité de vie de la famille agricole
Impacts externes de l’érosion des solsImpacts externes du système de culture
Sédimentation des rivières, des réservoirs et des lacs
Qualité de l’eau dégradée
Problèmes rencontrés par les centrales hydroélectriques
Sédimentation des routes
Les coûts élevés pour l’État et la société dus aux effets externes de l’érosion des sols
Réduction de la sédimentation dans les rivières, les réservoirs et les lacs
Amélioration de la qualité de l’eau
Aucun problème pour les centrales hydroélectriques
Pas de sédimentation provenant des routes
Des coûts moindres pour l’État et la société, grâce à l’élimination ou à la réduction des coûts externes liés à l’érosion des sols.
ConclusionConclusion
L’utilisation durable des terres est impossible (ni sur le plan écologique, ni sur le plan social, ni sur le plan économique).Exploitation des terresUtilisation durable des terres assurée (sur les plans écologique, social et économique)
Utilisation des terres appropriée au site

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