Les enjeux des ressources génétiques desplantes cultivées

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BIOLOGIE VÉGÉTALEENVIRONNEMENTGÉNÉTIQUE

Les enjeux des ressources génétiques des plantes cultivées

Ad Naturam

La biodiversité en danger

Au fil de l’évolution, notre planète s’est peuplée d’une multitude d’être vivants. Ils représentent une diversité étonnante – allez donc « googler » Ambystoma mexicanum ou Hydnora africana pour voir ! – c’est ce que nous appelons la « biodiversité ». Elle désigne donc le tissu vivant de notre planète et elle nous fournit des biens et services indispensables au quotidien comme la nourriture, la pollinisation des végétaux ou l’épuration de l’air.

La biodiversité s’est créée durant des milliards d’années mais aujourd’hui, à cause de l’activité humaine, de nombreuses espèces sont en voie d’extinction. Presque la moitié des animaux et plus des deux tiers des végétaux auront disparu d’ici la fin du siècle si notre impact sur l’environnement ne diminue pas. Les plantes que nous cultivons pour notre alimentation ne sont malheureusement pas épargnées par cette disparition…

L’impact du changement climatique chez les plantes 

Le changement climatique n’impacte pas seulement les espèces végétales en danger. Il altère également leurs phases de développement saisonnier, comme la floraison ou la fructification, qui sont de plus en plus précoces. C’est problématique, notamment pour les espèces fruitières, car une floraison trop précoce peut survenir durant les périodes de gelées tardives printanières, ce qui entraînera une diminution de la production de fruits.

Le changement climatique impacte également la qualité de croissance des plantes. Une étude menée sur différentes forêts montre que la densité du bois des arbres a diminué de 10% en moyenne en une centaine d’années. La stabilité de l’arbre face au vent ainsi que sa capacité de stockage du dioxyde de carbone sont donc réduites. Le changement climatique pourrait aussi augmenter la fréquence des maladies des cultures dans les années à venir.

En 30 ans, la date de déploiement des feuilles au printemps a avancé de plus d’une semaine, chez le bouleau pubescent, le cerisier, le sorbier et le groseillier. Une autre étude menée sur plus de 500 espèces végétales dans 21 pays européens a démontré une avancée de la floraison et de la fructification de 2,5 jours par décennie. 

Les ressources génétiques végétales, une des formes de la biodiversité cultivée

Le lien entre les humains et la biodiversité agricole débute il y a environ 10 000 ans. L’être humain, encore nomade, a commencé à cultiver certaines plantes à graines comme le blé. De manière inconsciente, en favorisant les plantes qui paraissaient plus résistantes et productives, nos ancêtres ont inventé le principe de l’amélioration des plantes. C’est le début de la sédentarité et de la domestication. 

Durant l’Antiquité, l’amélioration des plantes s’est déroulée de manière empirique en parallèle du développement des techniques agricoles. Pour reprendre l’exemple du blé, des échanges au sein de l’Empire Romain ont mené à une grande diversification et ont permis d’obtenir de nouvelles variétés à épis solides et à perte de grains limitée. © Metropolitan Museum of Art

Mais dans les années 1960, la politique de « Révolution verte » modernise l’agriculture qui se fonde alors sur l’utilisation d’engrais, de pesticides et surtout de variétés à haut rendement ce qui a conduit irrémédiablement à une standardisation des cultures, se traduisant par un remplacement progressif des variétés locales par des variétés modernes, plus homogènes et moins nombreuses. Ce phénomène a favorisé la perte de la biodiversité cultivée.  

Heureusement, la biodiversité a profité d’une reconnaissance mondiale grâce à la Convention sur la Diversité Biologique adoptée lors du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Son objectif est de développer des stratégies nationales pour la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité. Une définition des ressources génétiques a été énoncée durant cette convention comme étant un « matériel génétique d’origine végétale, animale, microbienne ou autre, ayant une valeur effective ou potentielle ».

Au sein d’une espèce végétale, nous pouvons trouver plusieurs variétés. Prenons l’exemple de la pomme : vous savez différencier la « Golden », jaune et très populaire, de la « Granny Smith » verte avec une chair acidulée. Ces variétés d’une même espèce ont des caractéristiques différentes liées à une génétique différente. Ainsi, l’ensemble des milliers de variétés locales ou modernes de pomme forme les ressources génétiques de l’espèce « Pomme » (Malus domestica).

Les ressources phytogénétiques (RPG) des espèces cultivées (phyto, du grec ancien phytón : « végétal ») font donc l’objet d’enjeux cruciaux. Elles permettent de rechercher des caractères désirés en agriculture dans un contexte d’augmentation de la population et de changement climatique. Il s’agit d’un réservoir de biodiversité dans lequel il est possible de puiser pour faire face aux nouveaux problèmes : meilleure production, meilleure tolérance aux maladies, meilleure qualité gustative, nouveaux médicaments, etc. Le terme de « ressource » prend alors tout son sens.

Pour continuer sur l’exemple de la pomme, parlons de la variété célèbre de couleur rose « Pink Lady® ». Elle est issue de la sélection de deux parents : « Golden », jaune et « Lady Williams », d’un rouge intense (elle-même issue du croisement d’autres variétés). Ces deux parents ont donc représenté deux ressources phytogénétiques, pour créer la « Pink Lady® », qui devient à son tour une nouvelle ressource.

Le trésor que représentent ces RPG a soulevé des interrogations sur leurs systèmes de gouvernance et leurs échanges. L’inquiétude justifiée des pays en développement a conduit l’Organisation des Nations Unies (ONU) à créer des obligations internationales pour partager les bénéfices. En conséquence, lorsque les scientifiques ou les entreprises souhaitent les exploiter, un permis d’accès et de partage des avantages auprès des autorités du pays fournisseur devra être obtenu.

Jusqu’à la fin des années 1960, les RPG faisaient partie du « bien public » mais les enjeux financiers ont poussé les pays développés à faire pression pour acquérir la propriété intellectuelle des nouvelles ressources créées. La Convention sur la Diversité Biologique de 1992 assure la souveraineté des Etats sur leurs ressources biologiques. Le Protocole de Nagoya a été adopté en 2010 réglementant l’accès aux RPG et « le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation ». 

L’état des RPG dans le monde et leur conservation

Dans le monde, il existerait plus de 7 millions de variétés (dont plus de 28% représentées par le blé, le riz et l’orge) conservées dans plus de 1600 banques. De manière simple, il existe deux principaux moyens de conservation des RPG selon le type de plante : les collections de graines pour les plantes annuelles (plantes ayant un cycle d’un an), puis les collections en vergers pour les plantes pérennes (plantes pouvant vivre plusieurs années). 

Néanmoins, ces collections sont vulnérables, une semence n’est pas éternelle et il est nécessaire d’en collecter régulièrement pour renouveler les collections. Le processus de gestion des RPG est donc crucial pour faciliter l’accès à cette diversité. 

Le Centro Internacional de Mejoramiento de Maiz Y Trigo (CIMMYT) au Mexique conserve en graines une collection d’environ 150 000 variétés de blé de plus de 100 pays et environ 28 000 variétés de maïs. On estime qu’il faudrait 13 ans pour renouveler la collection de variétés de blé. Pour finir sur l’exemple de la pomme, l’association des « croqueurs de pommes® » regroupe des amateurs bénévoles pour sauvegarder des variétés régionales en voie de disparition. Les gestionnaires de ces RPG vont donc procéder, pour chaque variété, à une description de la couleur de la pomme, de son calibre, de la taille de l’arbre, etc. ©CIMMYT

L’utilisation de ces RPG pour la résilience de notre agriculture

Face aux nouveaux enjeux cités, comme ceux du changement climatique, la perte de la biodiversité cultivée pourrait fragiliser la durabilité de nos systèmes agricoles. En 2009, 51% des terres cultivables françaises étaient représentées par un petit nombre de céréales comme le blé, le maïs et l’orge. Pour inverser cette tendance de monoculture, il conviendrait d’augmenter le nombre d’espèces cultivées au sein d’un même système agricole. 

L’agroforesterie consiste à intégrer l’arbre dans les cultures céréalières ou le maraîchage. Ici, une culture de maïs est associée à des châtaigniers. Les arbres fournissent des services à la culture principale tels que la limitation de l’érosion des sols, la protection contre le vent ou encore l’abri pour les organismes auxiliaires des cultures. ©DEFI-Écologique

En parallèle, il conviendrait aussi d’augmenter le nombre de variétés cultivées au sein d’une même espèce. En effet, certains types de variétés sont intéressants comme les variétés dites anciennes ou locales. Ces variétés ont perdu de la valeur commerciale car moins productives, mais elles sont peut-être plus adaptées aux terroirs, comme dans leur besoins en eau et en traitements phytosanitaires. Elles sont bien souvent disponibles en petite quantité, mais représentent une richesse de notre patrimoine. 

Enfin, il conviendrait de sélectionner les futures variétés en adéquation avec les pratiques culturales de demain, qui se caractériseront par une réduction des intrants et de l’apport en eau. En écho aux exigences du Protocole de Nagoya, des actions sont menées dans le but d’identifier et mettre en réseau les personnes et organismes impliqués dans la gestion des RPG, puis de mettre en place des stratégies pour sauvegarder les RPG en danger.

Rien ne ressemble plus à un noyer (Prunus Juglans) qu’un autre noyer, mais il s’agit bien ici de variétés différentes dans ce verger du Centre de Ressources Génétiques de l’INRAE de Bordeaux. La conservation en vergers demande beaucoup d’espace et un coût conséquent pour l’entretien. Au sein de l’INRAE, premier organisme de recherche agronomique en Europe, une infrastructure dédiée permet également de mettre en réseau différents centres de ressources génétiques sur l’animal domestique, la plante cultivée, la forêt et le micro-organisme. ©Anthony Bernard

En conclusion…

Nous avons su diversifier les plantes pour nos besoins durant des siècles : les ressources phytogénétiques sont ainsi nées. Mais l’homogénéisation des cultures a engendré une perte de cette biodiversité cultivée, au nom de la praticité. Cette standardisation a permis d’augmenter l’efficacité agricole mais nos cultures sont devenues plus vulnérables aux maladies et dépendantes des intrants, ce qui n’est pas sans impact sur notre santé et notre environnement. 

Un système agricole s’intègre dans le fonctionnement écologique avec la faune, la flore, ou encore avec les cycles de l’eau et des nutriments, ce qui implique des responsabilités en terme d’impacts et de maintien de l’équilibre des écosystèmes. Adapter les modes de culture et les RPG aux conditions locales permet de minimiser les impacts écologiques tout en optimisant les services écosystémiques. La diversification des cultures augmente la biodiversité, la pollinisation, la régulation des ravageurs, le cycle des nutriments, la fertilité du sol et la régulation hydrologique sans en diminuer les rendements !

L’agriculture de demain se doit de prendre en compte les connaissances écologiques afin d’être adaptée, résiliente, durable et vertueuse. 

■ Anthony Bernard | Docteur en biologie végétale

Attention a préserver le GÉNIE VÉGÉTALE pour une performance durable …..!!! La sélection génétique que la nature nous propose est validée depuis quelques millions d’années …..!!

Et la SANTÉ …..!!

Sérotonine

La sérotonine est un produit chimique qui transporte des messages entre les cellules nerveuses du cerveau et dans tout votre corps. La sérotonine joue un rôle clé dans des fonctions corporelles telles que l’humeur, le sommeil, la digestion, les nausées, la cicatrisation des plaies, la santé des os, la coagulation sanguine et le désir sexuel. Des niveaux de sérotonine trop faibles ou trop élevés peuvent entraîner des problèmes de santé physique et psychologique.


Qu’est-ce que la sérotonine ?

La sérotonine, également connue sous le nom de 5-hydroxytryptamine (5-HT), est un neurotransmetteur monoamine. Il agit également comme une hormone.

En tant que neurotransmetteur, la sérotonine transporte des messages entre les cellules nerveuses de votre cerveau (votre système nerveux central) et dans tout votre corps (votre système nerveux périphérique). Ces messages chimiques indiquent à votre corps comment fonctionner.

La sérotonine joue plusieurs rôles dans votre corps, notamment en influençant l’apprentissage, la mémoire, le bonheur ainsi qu’en régulant la température corporelle, le sommeil, le comportement sexuel et la faim. On pense que le manque de sérotonine joue un rôle dans la dépression , l’anxiété , la manie et d’autres problèmes de santé.

La majeure partie de la sérotonine présente dans votre corps se trouve dans votre intestin (intestins). Environ 90 % de la sérotonine se trouve dans les cellules tapissant votre tractus gastro-intestinal. Il est libéré dans votre circulation sanguine et absorbé par les plaquettes. Seulement environ 10 % sont produits dans votre cerveau.

La sérotonine est fabriquée à partir du tryptophane, un acide aminé essentiel. Un acide aminé essentiel signifie qu’il ne peut pas être fabriqué par votre corps. Il doit être obtenu à partir des aliments que vous consommez.

Que fait la sérotonine dans mon corps ?

La sérotonine joue un rôle dans de nombreuses fonctions de votre corps :

  • Humeur : La sérotonine dans votre cerveau régule votre humeur. On l’appelle souvent le produit chimique naturel du « bien-être » de votre corps. Lorsque la sérotonine est à des niveaux normaux, vous vous sentez plus concentré, émotionnellement stable, plus heureux et plus calme. De faibles niveaux de sérotonine sont associés à la dépression. De nombreux médicaments utilisés pour traiter l’anxiété, la dépression et d’autres troubles de l’humeur visent souvent à augmenter le niveau de sérotonine dans votre cerveau.
  • Digestion : La majeure partie de la sérotonine de votre corps se trouve dans votre tractus gastro-intestinal, où elle aide à contrôler votre fonction intestinale et joue un rôle dans la protection de votre intestin. Votre intestin peut augmenter la libération de sérotonine pour accélérer la digestion et débarrasser votre corps des aliments irritants ou des produits toxiques. La sérotonine joue également un rôle dans la réduction de votre appétit en mangeant.
  • Nausée : la nausée se déclenche lorsque la sérotonine est libérée dans votre intestin plus rapidement qu’elle ne peut être digérée. Le message chimique est reçu par votre cerveau, que vous percevez comme une nausée. De nombreux médicaments utilisés pour réduire les sensations de nausée et de vomissement ciblent des récepteurs de sérotonine spécifiques dans votre cerveau.
  • Sommeil : la sérotonine, associée à un autre neurotransmetteur dopamine, joue un rôle dans la qualité de votre sommeil (la qualité et la durée de votre sommeil). Votre cerveau a également besoin de sérotonine pour fabriquer de la mélatonine, une hormone qui régule votre cycle veille-sommeil.
  • Cicatrisation des plaies : la sérotonine est libérée par les plaquettes présentes dans votre sang pour aider à cicatriser les plaies. Cela provoque également le rétrécissement des plus petits vaisseaux sanguins, les artérioles, ce qui ralentit le flux sanguin et favorise la formation de caillots. Il s’agit d’un processus important dans la cicatrisation des plaies.
  • Santé des os : les niveaux de sérotonine peuvent jouer un rôle dans la densité de vos os. Des niveaux élevés de sérotonine dans votre intestin peuvent jouer un rôle dans la faiblesse des os, ce qui peut entraîner des fractures osseuses et l’ostéoporose .
  • Santé sexuelle : la sérotonine joue également un rôle, avec le neurotransmetteur dopamine, dans votre désir sexuel.

Quels problèmes sont associés à de faibles niveaux de sérotonine ?

De faibles niveaux de sérotonine peuvent être associés à de nombreux problèmes de santé, notamment :

Les scientifiques ont encore beaucoup à apprendre sur le rôle de la sérotonine dans l’organisme et dans les maladies.

Qu’est-ce qui peut causer de faibles niveaux de sérotonine ?

Un faible taux de sérotonine a généralement plusieurs causes. Techniquement, les niveaux de sérotonine sont faibles parce que :

  • Votre corps ne produit pas suffisamment de sérotonine.
  • Votre corps n’utilise pas efficacement la sérotonine. Cela peut se produire si vous n’avez pas suffisamment de récepteurs de sérotonine ou si ceux-ci ne fonctionnent pas comme ils le devraient.

Que puis-je faire pour augmenter les niveaux de sérotonine ?

Les moyens d’augmenter les niveaux de sérotonine comprennent :

  • Manger plus d’aliments contenant du tryptophane.
  • Obtenir plus de soleil.
  • Prendre certains suppléments.
  • Faire plus d’exercice et réduire votre niveau de stress.

Aliments pour augmenter les niveaux de sérotonine

De nombreux aliments contiennent naturellement du tryptophane, l’acide aminé à partir duquel la sérotonine est fabriquée. Vous pouvez essayer d’augmenter votre taux de sérotonine en mangeant des aliments contenant du tryptophane, tels que :

  • Saumon.
  • Œufs.
  • Fromage.
  • Dinde.
  • Tofu.
  • Ananas.
  • Noix, avoine et graines.

Manger des aliments riches en tryptophane n’augmentera pas nécessairement les niveaux de sérotonine. C’est un processus complexe. Votre corps a besoin de glucides pour libérer l’insuline, nécessaire à l’absorption des acides aminés. Même si le tryptophane pénètre dans votre sang, il doit entrer en compétition avec d’autres acides aminés pour être absorbé par votre cerveau. Les scientifiques étudient encore comment la consommation d’aliments contenant du tryptophane pourrait augmenter les niveaux de sérotonine.

Lumière du soleil

Ne pas être suffisamment exposé au soleil peut entraîner des troubles de l’humeur et des troubles affectifs saisonniers chez certaines personnes. Essayez de profiter de 10 à 15 minutes de soleil chaque jour pour augmenter non seulement les niveaux de sérotonine, mais également les niveaux de vitamine D. Si vous vivez dans une région où vous ne pouvez pas obtenir la lumière naturelle du soleil, envisagez d’utiliser la luminothérapie pour obtenir la lumière du soleil quotidienne dont vous avez besoin.

Suppléments

Plusieurs compléments alimentaires et à base de plantes augmentent également les niveaux de sérotonine. Ceux-ci inclus:

  • Complément alimentaire : Tryptophane, probiotiques et SAMe.
  • Suppléments à base de plantes : ceux-ci peuvent inclure le ginseng, le millepertuis , la rue syrienne et la muscade.

Exercice

On sait que l’exercice régulier augmente les niveaux de sérotonine. Trente minutes d’ exercices aérobiques cinq fois par semaine et deux séances de musculation par semaine peuvent améliorer les troubles de l’humeur et la santé cardiaque.

Quels médicaments augmentent les niveaux de sérotonine ?

La sérotonine ou les récepteurs de la sérotonine sont des cibles courantes de l’industrie pharmaceutique puisque de nombreux problèmes de santé sont affectés par la sérotonine. Certains des médicaments les plus courants qui augmentent les niveaux de sérotonine sont les suivants.

Plusieurs classes différentes d’ antidépresseurs bloquent la réabsorption et le recyclage de la sérotonine, permettant ainsi à une plus grande quantité d’en rester dans le cerveau. Les médicaments qui agissent de cette façon sont les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (par exemple, la paroxétine [Paxil®]), les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (par exemple, la venlafaxine [Effexor®]) et les antidépresseurs tricycliques (par exemple, l’amitriptyline [Elavil®]). Un autre type d’antidépresseur, les inhibiteurs de la monoamine oxydase (par exemple, la phénelzine [Nardil®]) bloque une enzyme qui décompose la sérotonine.

De nombreux autres médicaments, pris pour de nombreuses pathologies, augmentent également la sérotonine. Certains de ces médicaments comprennent la famille des triptans, des analgésiques opioïdes, des antitussifs contenant du dextrométhorphane et des médicaments contre la nausée.

Quels problèmes sont associés à des niveaux élevés de sérotonine ?

Le syndrome sérotoninergique est une maladie qui survient lorsque les niveaux de sérotonine augmentent trop. Cela se produit généralement si vous augmentez la dose d’un médicament connu pour augmenter les niveaux de sérotonine ou si vous prenez un autre médicament connu pour augmenter la sérotonine.

Les symptômes légers comprennent des frissons, une transpiration abondante, de la confusion, de l’agitation, de l’hypertension artérielle, des contractions musculaires et de la diarrhée. Les symptômes graves comprennent une forte fièvre, des convulsions, des évanouissements et un rythme cardiaque anormal.

Le syndrome sérotoninergique peut être mortel s’il est grave et s’il n’est pas détecté tôt et traité rapidement.

Questions courantes supplémentaires

Quelle est la différence entre la dopamine et la sérotonine ?

La dopamine et la sérotonine sont toutes deux des neurotransmetteurs. Cela signifie qu’ils véhiculent des messages chimiques entre les cellules nerveuses du cerveau ainsi que vers et depuis d’autres zones de votre corps. Les deux sont également considérées comme les « hormones du bonheur », car elles jouent toutes deux un rôle dans l’humeur et les émotions positives. La sérotonine est associée au bonheur, à la concentration et au calme. La dopamine est associée aux récompenses et à la motivation. La dopamine et la sérotonine sont également impliquées dans certains problèmes de santé mentale, notamment la dépression et les troubles de l’humeur.

La dopamine et la sérotonine ont également des fonctions distinctes. La dopamine contrôle les mouvements et la coordination du corps. La sérotonine aide à réguler les fonctions digestives, notamment la fonction intestinale et l’appétit. La dopamine provoque une sensation de faim tandis que la sérotonine supprime cette sensation. La dopamine est principalement stockée dans votre cerveau tandis que la sérotonine se trouve principalement dans votre intestin.

Parfois, ces neurotransmetteurs travaillent ensemble pour maintenir un équilibre chimique minutieux dans votre corps. Parfois, un déséquilibre entraîne une surproduction de l’autre neurotransmetteur. Avoir trop ou pas assez de l’un ou l’autre peut provoquer des symptômes physiques et psychologiques.

Un message de la Cleveland Clinic

La sérotonine joue un rôle clé dans des fonctions corporelles telles que l’humeur, le sommeil, l’appétit, l’anxiété, la digestion, la coagulation sanguine et le désir sexuel. Si vous souffrez d’un problème de santé qui affecte la sérotonine ou qui est affecté par la sérotonine, demandez à votre médecin ce que vous devez savoir sur la sérotonine. Pour éviter une variation du taux de sérotonine de votre corps et réduire le risque d’interactions médicamenteuses, n’arrêtez pas de prendre vos médicaments, ne modifiez pas votre dose et ne prenez pas de suppléments alimentaires ou à base de plantes sans en parler au préalable avec votre fournisseur.

https://my.clevelandclinic.org/health/articles/22572-serotonin

On a encore beaucoup à découvrir dans de si nombreux domaines comme la santé humaine , mais aussi la santé de la vie du sol et la santé des plantes ……A quel niveau intervient l’action des rayons solaires sur cette santé commune à tous, sachant que le soleil nous fait bénéficier de son rayonnement depuis un bon moment …..Sans soleil , sous une serre agricole , la qualité de l’alimentation est-elle la même …..??

SCV au Québec

SCV AGROLOGIE • 1erSystème de semis direct sur couverture végétale permanente (SCV)-

Le Manque d’Expertise Terrain en Agronomie : Un Défi Croissant et les Solutions de SCV Agrologie


L’agriculture fait face à des défis majeurs liés à un retard agronomique et un manque d’expertise terrain. Ce déficit entraîne des sols appauvris, une dépendance accrue aux intrants chimiques et une faible résilience face aux changements climatiques. Pour remédier à ces enjeux, des approches innovantes comme celles développées par SCV Agrologie offrent des solutions durables et adaptées aux réalités locales.

Les Conséquences du Manque d’Expertise Terrain

Dégradation des sols : l’Approche et mode de gestion des sols actuels favorise une perte de matière organique (bilan carbone négatif), l’érosion et la compaction des sols, réduisant leur fertilité à long terme.

Dépendance aux intrants chimiques : L’absence d’une approche agroécologique préventive pousse à une utilisation excessive d’engrais et pesticides, augmentant les coûts et l’impact environnemental.
Faible adaptation aux conditions climatiques : Le manque d’innovation et de recherche-action limite la capacité des agriculteurs à adapter leurs pratiques aux aléas climatiques croissants.

Baisse de la rentabilité des exploitations : Sans accompagnement technique de qualité, les producteurs subissent des coûts élevés et une rentabilité de plus en plus précaire.

SCV Agrologie : Une Réponse Concrète à Ces Défis

Depuis 15 ans, SCV Agrologie accompagne les agriculteurs dans l’adoption des Systèmes de Semis Direct sur Couverture Végétale Permanente (SCV), une approche qui améliore la résilience des sols et la productivité agricole.
Implantation des mélanges multi-espèces : SCV Agrologie a mis en place des mélanges de 12 à 20 espèces adaptées aux conditions pédoclimatiques québécoises, permettant une meilleure couverture végétale et un enrichissement du sol.

Expérimentations en conditions réelles : Contrairement aux recommandations génériques, SCV Agrologie mise sur une approche recherche-action-diffusion, testant et ajustant les pratiques directement avec les agriculteurs.
Formation et accompagnement technique : Par des rencontres terrain et des échanges avec un réseau d’agriculteurs pionniers, SCV Agrologie assure un transfert efficace des connaissances et un suivi personnalisé.
Optimisation des systèmes de production : L’intégration des SCV en cultures de pommes de terre et en systèmes fourragers a démontré des bénéfices en termes de réduction des coûts et d’amélioration de la santé des sols.

Un Modèle d’Agriculture basé sur le stockage du carbone Pour l’Avenir

Le retard agronomique peut être rattrapé grâce à des initiatives comme celles de SCV Agrologie qui misent sur l’innovation, l’adaptation locale et la diffusion des savoirs. Pour garantir un avenir agricole durable, il est crucial que les acteurs du secteur reconnaissent l’importance de l’expertise terrain et adoptent des approches éprouvées comme le SCV.

Une méthode pour réduire l’usage des pesticides gagne du terrain dans l’Est

Accéder à la section commentairesLouis Pérusse dans un champ tenant une plante et sa racine dans ses mains.

« L’objectif de la cohorte, c’est que les producteurs puissent adopter l’un des principes du système de semis directs sur couverture végétale permanente. Parmi les principes, c’est l’absence de travail de sol, la biodiversité et la couverture végétale », explique l’agronome Louis Pérusse.

PHOTO : RADIO-CANADA / VÉRONIQUE DUVAL

Publié le 26 juillet 2023 à 1 h 46 UTC+2

Des producteurs agricoles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie implantent une méthode de gestion durable des sols sur leurs terres agricoles depuis un an : le système de semis directs sur couverture végétale permanente (SCV).

L’agronome Louis Pérusse implante le système de semis directs sur couverture végétale permanente, aussi nommé la méthode SCV, depuis une quinzaine d’années au Québec.

J’ai amené des producteurs à réduire le travail de sol pour certains à 100 %. On a des réductions de pesticides jusqu’à 70 %. Des engrais, la même chose Une citation de Louis Pérusse, agronome

L’approche mise sur l’augmentation de la qualité des sols et du rendement des cultures en faisant une meilleure rotation et en privilégiant la diversité des plantes, ce qui réduit l’usage des engrais et pesticides.

On veut vraiment créer un écosystème à la ferme basé sur le concept du génie végétal, c’est-à-dire utiliser les fonctions des plantes qui vont rendre les nutriments du sol plus disponibles aux cultures de récoltes. C’est recopier l’image du système forestier, mais au niveau agricole, explique l’agronome.

Ce n’est pas une approche qui exclut les engrais de synthèse ou les pesticides, mais l’objectif c’est de les réduire le plus possible, ajoute-t-il.Groupe d'agriculteurs avec leurs femmes et leurs enfants posant dans un champ.Ouvrir en mode plein écran

Leurs fermes bovines ou laitières sont situées entre Rivière-du-Loup, dans le Bas-Saint-Laurent, et Caplan, en Gaspésie, avec une majorité dans la vallée de la Matapédia.

PHOTO : RADIO-CANADA / VÉRONIQUE DUVAL

La méthode SCV a été mise au point en milieu tropical il y a 40 ans. Elle a gagné en popularité ailleurs dans le monde au cours des 20 dernières années.

Faire des associations, garder des sols verts en permanence, ce n’est pas une pratique que j’ai inventée. C’est une pratique que j’ai initiée. Puis j’ai eu la chance d’avoir un mentor, Lucien Séguy, qui a travaillé un peu partout sur la planète, qui m’a transmis son savoir-faire, explique Louis Pérusse.

Son objectif depuis une quinzaine d’années est de former des producteurs dans cette approche globale d’agriculture durable.Des échantillons de sol sur une table dans un champ. Louis Pérusse avec sa pelle en arrière-plan. Ouvrir en mode plein écran

« On parle d’agir sur des enjeux comme l’érosion de sol, protéger le sol, nourrir le sol différemment que juste par des engrais de synthèse », explique l’agronome Louis Pérusse.

PHOTO : RADIO-CANADA / VÉRONIQUE DUVAL

L’idée de la méthode, c’est de ne plus labourer le sol.

Dans le fond, l’image, c’est que je veux avoir des champs verts le plus possible toute l’année. Je veux qu’au printemps ce soit vert. Je veux que ça soit vert à l’automne. Donc le SCV, c’est un peu l’image d’avoir une prairie en permanence, mais avec des cultures de récolte, explique-t-il.

Des agriculteurs préoccupés par l’avenir

Agriculteur pendant 45 ans dans la vallée de la Matapédia, Gilles St-Laurent est à présent à la retraite, mais il est toujours passionné d’agriculture.

Il accompagne la cohorte d’agriculteurs de la vallée de la Matapédia, de Rivière-du-Loup, de Caplan et de Cap-Chat qui se sont engagés à intégrer ces nouvelles pratiques.

Les agriculteurs sont très préoccupés actuellement par l’environnement et ils cherchent des solutions. Quand on voit les feux de forêt, quand on voit les pluies torrentielles qu’on a, il serait temps qu’on se réveille, déclare-t-il.Gilles St-Laurent debout devant un champ.Ouvrir en mode plein écran

« Il y a des changements climatiques. Qu’est-ce qu’on fait? Moi, je ne compte pas sur le gouvernement pour faire des changements, je pense que c’est dans chacune de nos entreprises, individuellement, qu’on peut faire des choses », affirme Gilles St-Laurent.

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Il explique qu’au cours des huit dernières années, même avec l’ajout de pesticides, d’engrais chimiques et d’herbicides, les rendements n’étaient plus au rendez-vous.

On se disait : il y a quelque chose qui se passe, il y a quelque chose qui se passe dans la terre, qui fait que même si on met plus d’engrais, ça n’augmente pas la production, poursuit M. St-Laurent.

Il estime que la technique SCV ne règle pas tous les problèmes en agriculture, mais qu’il s’agit d’une solution applicable dans la vallée de la Matapédia.

Gilles St-Laurent souligne que les producteurs agricoles utilisant la méthode SCV sont passés de 4 à 17 entre 2021 et 2023.

Il estime à près de 1200 hectares les terres utilisant le SCV dans la vallée de la Matapédia depuis 2021.

Seul, on va loin, mais en équipe on va plus vite, affirme l’agronome Louis Pérusse.

Il explique que le but de former des cohortes est de faciliter le transfert des connaissances et d’améliorer le réseautage entre les producteurs qui veulent implanter le SCV dans leurs pratiques.

Les participants à cette cohorte reçoivent un soutien financier provenant du Plan d’agriculture durable du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).

SCV ou Agriculture Naturelle, une production agricole performante au plus proche de la Nature

par Deneuville Noël 

Élever notre sol maintenant, le nourrir pour se nourrir demain.

Notre ferme céréalière est en SCV depuis 25 années, je partage cette aventure avec mon épouse Lydie et maintenant ma fille Lucie lesquelles partagent avec moi la passion du SCV.

Cette ferme se situe dans le centre de la France près de la ville de Nevers. On y pratique donc l’Agriculture de Conservation des Sols (ACS)* (aucun travail mécanique du sol + rotations de cultures importantes + couverture permanente du sol avec résidus et plantes de services ) + apports de matières organiques exogènes .

Nous avons eu la chance de rencontrer M. Lucien SÉGUY , chercheur au Cirad, qui a travailler principalement au Brésil sur le SCV, mais aussi un peu partout dans le monde…..Avec Lucien, nous avons mis en place sur notre ferme, une plateforme d’essai spécifique consacrée principalement aux plantes de service .

Le reste de la ferme est donc dédiée aux SCV de M. Lucien Séguy, Notre objectif est aussi d’ élever le sol qui nous est confié….

M. Lucien Séguy :

Docteur en Agronomie, Scientifique du CIRAD, pédologue de l’ORSTOM, Lucien estimait que tous les outils sont connus pour produire intensivement, à peu de frais, de la nourriture de qualité sur des sols à fertilité améliorée. Lucien Séguy, est certainement l’Agronome qui, sous tous les climats,toute les latitudes, a sillonné, foulé de ses propres pieds, le plus de parcelles agricoles au monde et ce record n’est certainement pas prêt d’être battu !

Le CIRAD (*équipe Lucien.Séguy, ingénieur agronome, pédologue IRD, consultant international pour les systèmes de culture SCV, S. Bouzinac, S.Boulakia, F. Tivet, Hoa Tranquoc, R. Michellon, F. Jullien) et ses collaborateurs du Sud Asie ont créé au cours des 30 dernières années de nombreux scénarii diversifiés de développement durable en SCV de plus en plus performants.

L. Séguy et S. Bouzinac les ont créés/maîtrisés avec leurs partenaires au Brésil puis transférés/adaptés en France depuis le début des années 2000. Ces systèmes SCV, que l’on pratique en Bourgogne depuis 25 ans , sont issus de l’ingénierie écologique au service du développement et qui fonctionnent à l’image de l’écosystème forestier dont ils sont inspirés (biomimétisme), ils ont été continuellement perfectionnés au cours des 40 dernières années aux plans écologiques, agronomiques et technico-économiques.

Ils offrent, aujourd’hui, toutes les garanties de l’agriculture durable : De plus en plus productifs avec de moins en moins d’intrants chimiques, donc des coûts de production en baisse. Ils sont tous construits sur une reconquête de la biodiversité fonctionnelle : Rotations de cultures, intégration agriculture – élevage, sols toujours protégés sous couvertures mortes et/ou vivantes ; biologiquement très actifs, ils séquestrent efficacement le carbone :

Dans la plupart des fermes françaises qui les pratiquent depuis plus de 20 ans, le taux de séquestration annuel de carbone est compris entre 1 et 1,5 T/ha/an, soit 10 fois supérieur à la démarche « 4 pour 1 000 » ; de même, ils favorisent la rétention des nutriments (CEC plus élevée), réduisent l’incidence des maladies, des ravageurs en général, des nématodes phytophages, fonctionnent en circuit fermé comme la forêt et réduisent ainsi très fortement les pertes de nutriments (recyclage profond des bases et nitrates, injection de carbone en profondeur, hors des atteintes anthropiques) et garantissent la qualité biologique des sols, des eaux et des productions (système auto-épurateur , forte capacité de biorémédiation).

En forêt, rien ne se perd !

Tout comme Louis Pasteur, Lucien Séguy a passé une partie de sa jeunesse à peindre, exerçant et développant ses talents d’observateur. En grand scientifique, il interroge sans cesse la nature : « Mon maître, mon juge, mon centre d’inspiration principal, c’est la nature, sous sa complexité la plus grande. Vous avez une question à poser ? Posez-la à la nature. Et elle vous répondra ! Il faut simplement faire quelques manip’ pour qu’elle vous réponde. Et le faire de manière scientifique pour comprendre pourquoi cette réponse ; ce qu’elle veut dire exactement. »

Le but de Séguy est d’inventer une agriculture inspirée de la fertilité naturelle des forêts. Il fonde les principes de cette nouvelle agriculture sur quelques observations.

Les SCV (Semis sous Couverture Végétale) Vers du vert 365 jours / 365

Solution d’avenir pour une agriculture à très hautes performances économiques et environnementales …..et qui produit.

Les SCV, le génie végétal….. Qu’est que c’est…Qu’apporte t-il ?

Les SCV ouvrent maintenant la voie (et sont actuellement très proches) d’une gestion totalement biologique des agrosystèmes dans un environnement parfaitement protégé, avec ou sans apport de matière organique exogène. Nous savons aussi aujourd’hui, dans cette agriculture écologiquement intensive, comment supprimer le glyphosate et les pesticides, les intrants chimiques en général tout en maintenant de très hautes productivités plus stables dans le changement climatique. Cette reconquête de la biodiversité ramène l’évolution des systèmes cultivés vers celle des écosystèmes naturels originels (Résilience).

Ces dernières années, sur le réseau « SCV France informel » qui fonctionne sans aucun appui financier ou subvention, a été précisée/ajustée l’utilisation optimale du « génie végétal » au profit des performances des cultures, des sols et de la qualité biologique des productions : Les sojas conduits au Brésil avec ces techniques contiennent 3% de plus de protéines que les sojas conventionnels en semis direct. Le « génie végétal » est le pilier des systèmes SCV, et SCV BIO en construction .

Le SCV est matérialisé par des MIX de plantes de couverture installés ou entre les cultures ou en association avec elles, (en semis direct ou en semis à la volée qui réduit drastiquement l’incidence des adventices) dont la composition pluri-espèces est optimisée pour bénéficier d’un maximum de fonctions agronomiques gratuites au profit du système sol-type de culture ….

Ce génie végétal assure 90 à 95% des performances des systèmes : Productivités optimisées élevées et stables, contrôle naturel des adventices (système de double couverts successifs tournant dans la rotation , densité de semis élevée) recyclage très important de nutriments le + souvent supérieur aux besoins des cultures (excepté N sur céréales à compléter par faible doses de N organique) …. Perte minimum à nulle de nutriments dans le système sol-culture …forte capacité de biorémédiation (système épurateur des sols) …forte séquestration de Carbone (le sol devient maintenant un puits de carbone important…. Il devrait devenir un choix stratégique des gouvernements dans la lutte contre le réchauffement climatique … Le prix des terres devrait être fixé sur leur teneur en matière organique pour inciter les agriculteurs à pratiquer les SCV et SCV bio) … L’agriculture n’est plus un système de prédation mais devient un système de régénération de la fertilité globale des sols (optimisation de nombreuses fonctions agronomiques gratuites, services écosystémiques qui substituent la chimie intensive exogène et coûteuse)…

C’est la première fois dans l’histoire de l’agriculture que l’homme peut produire beaucoup, à peu de frais, tout en augmentant la fertilité organo-biologique de son sol …Ce mode de gestion écologiquement intensif permet ainsi de substituer progressivement l’utilisation massive actuelle d’énergie culturale d’origine industrielle par une énergie culturale d’origine biologique de plus en plus performante. Le patrimoine sol est cousu par les systèmes racinaires, l’érosion totalement contrôlée; nos sols, eaux, rivières et productions, sont « propres », nos paysages préservés.

La température est régulée comme sous forêt même au cours de canicules (régulation de l’ évaporation), infiltration maximum de l’eau de pluie (stockage) au détriment du ruissellement , d’où contrôle externalités, arrêt des coulées de terres , protection des infrastructures dont fossés de drainage, routes ….produits phyto, nitrates, non entraînés rapidement vers cours d’eau , la mer…

Cette approche, est obligatoirement intéressante pour les assureurs qui seraient très concernés par l’économie des catastrophes climatiques auxquelles ces compagnies sont maintenant confrontées. On pourrait même leur demander de participer financièrement à la diffusion de ces techniques plutôt que de payer des sommes astronomiques pour « tenter de réparer les dégâts »…qui se multiplient ….imprévisibles et croissants…

Cette nécessité de production totalement propre et de qualité constitue un élément de conviction puissant et démultiplicateur pour l’adoption/diffusion des systèmes SCV …C’est par l’adhésion, l’appui effectif des autorités (adhésion politique, promotion officielle , subventions) et de la société civile que l’appropriation des SCV pourra progresser le plus rapidement chez les agriculteurs .

Les SCV permettent de répondre à la demande sociétale actuelle d’amélioration de la qualité de l’alimentation et les SCV sont une solution à la problématique « eau » (érosion, ruissellement, qualité, efficience).. + Forte séquestration du C dans les sols (label bas carbone)

Et pour demain….En SCV, les sols accumulent les performances au fil des années, on peut donc encore améliorer fortement nos performances en SCV ….!

M.SÉGUY , nous ayant quittés le 25 Avril 2020 , nous tenons absolument à prolonger son œuvre , pour cela, un webinaire international a été organisé le 24 et 25 janvier 2023 :

Nous avons également créer un site en Hommage à Lucien Séguy : http://lucien-seguy.fr/

Nous avons constituer, avec un groupe d’agriculteurs en SCV, une association à but non lucratif dédiée à l’agriculture de conservation des sols et plus particulièrement au Semis sous plantes de Couvertures Vivantes (SCV)

Cette association (SCV LUCIEN SEGUY) a pour but de former les nouvelles générations d’agriculteurs à ces technologies de production agricole innovantes, de tester de nouvelles techniques d’associations de plantes de couverture, d’expérimenter de nouveaux matériels en cours d’élaboration sur notre ferme et qui concernent la problématique « glyphosate » de ces techniques ACS, nous pensons pouvoir déboucher rapidement sur une solution intéressante et innovante.…

L’objectif de cette association, étant aussi de fédérer les organismes français et européens existants dans cette approche pour une meilleure efficacité nationale…voir internationale ….

On pense qu’il y a une certaine urgence à développer ces méthodes innovantes : La qualité, la durabilité des sols de notre planète deviennent préoccupantes pour la sécurité alimentaire et notre climat…, les coûts afférents au maintien de notre production conventionnelle actuelle commencent à présenter de vives inquiétudes de la part de nos collègues agriculteurs.

Par contre, nos systèmes de cultures SCV sont plus productifs, plus stables, plus attractifs économiquement et de moindre risque. Ce sont aussi ceux qui séquestrent le plus de carbone. Dans ces systèmes, la part de la fertilité gratuite construite en Semis Direct par voies physiques et organo-biologiques prend de plus en plus d’importance au cours du temps dans la capacité de production du sol : La productivité augmente avec moins d’intrants chimiques (engrais, pesticides), le potentiel du sol s’accroît, les coûts de production baissent et les impacts de l’activité agricole sur l’environnement sont mieux contrôlés.

Le semis direct sur couverture permanente du sol (SCV) est probablement le paradigme le plus complet qui ait été construit à ce jour pour le développement planétaire d’une agriculture durable, préservatrice de l’environnement, gérée, de plus en plus, ”au plus près de l’écologie”.

Nous sommes à un tournant historique dans la vie de l’humanité, les coûts environnementaux du développement économique dus aux énergies fossiles faciles, ont été largement ignorés , il serait dangereux de continuer dans cette voie.

L’humanité est maintenant exposée à un risque extrême du fait de l’incapacité de l’économie à prendre en compte l’épuisement rapide du capital naturel et doit trouver de nouvelles mesures de succès  pour éviter une catastrophe. 

La planète est notre maison, une bonne économie exige que sa gestion soit complètement revue ou même révolutionnée.

Ce constat sur l’ampleur des changements climatiques implique de revoir en profondeur notre agriculture, mais pas que ….!!

Plusieurs thèmes incontournables : En préalable : la globalité

A ce niveau de la présentation, il est évident que je vais vous évoquer le sol, la priorité des sols vivants, mais en même on est obligé d’aborder l’aspect globale des choses et les interactions qui les constituent ….Chaque élément est important mais tous ont des rapports incontournables entre eux et seul, un élément n’est pas fonctionnel.

L’énergie.

Le reste de nos énergies fossiles encore disponible doit pour une part contribuer à mettre en place de nouvelles solutions sobres et efficaces pour nos économies, ainsi que d’autres techniques de production énergétique sans gaspillage.

La technique SCV, par exemple, permet une économie de carburant fossile de plus de moitié permis pas le Non Travail du sol mécanique, en comparaison avec les techniques conventionnelles

On se libère du travail mécanique du sol, car celui-ci retrouve une résilience avec les systèmes racinaires permanents ….En SCV , la structure du sol est continuellement performante grâce à la vie biologique, le travail mécanique du sol n’ a plus sa place, les structures grumeleuses sont maintenues en permanence……et c’est bien ce travail mécanique qui est le plus coûteux en matière d’énergie, ce travail mécanique mis en place historiquement par nos anciennes générations d’agriculteurs pour gérer les plantes adventices n’a pu lieu d’exister en SCV…. !!

L’énergie d’hier, ça a été le soleil

L’énergie d’aujourd’hui,c’est le soleil…

L’ÉNERGIE DE DEMAIN, CE SERA LE SOLEIL ….Il y a une usine qui est super performante pour capter cette énergie encore gratuite…c’est la végétation et son procédé breveté c’est la photosynthèse..…la Nature phénoménale est même capable de stocker cette énergie solaire dans la puissance du génie végétal et le carbone ….Les graines et autres plantes que nous consommons sont bien des stocks d’énergie provenant des rayons solaires …..

La suite arrive bientôt …..!!

L’évènement professionnel 2024 au cœur des Hauts de France qui met à l’honneur la transition agroécologique pour une Agriculture durable

https://www.terresinnovation2024.fr

Cher visiteur,

Nous aurons le plaisir de vous accueillir sur Terres INNOVATION, la plateforme qui mettra en avant les innovations et des solutions agricoles pour accompagner toutes les Agricultures (grandes cultures, élevage, arboriculture, légumes, viticulture etc.) dans la transition agroécologique, la préservation des Biens communs au service de la performance des exploitations agricoles et de la pérennité des filières présentes sur le territoire.

https://www.terresinnovation2024.fr/programme

https://mobicheckin-assets.s3.eu-west-1.amazonaws.com/uploads/events/651bc6a1cdd47b11755977b1/website/assets-folder651bc742640cd951a673eb07/ThmestravaillsplateformeTI24_fe4260d9-67b8-48fe-854e-3af0ffbf74ba.pdf

Les thèmes travaillés……!!

Le livre blanc de CNA

https://centre-national-agroecologie.fr/wp-content/uploads/2023/10/Livre-Blanc-CNA.pdf

Le Centre National d’Agroécologie (CNA) est un projet porté par des
acteurs de l’agroécologie qui y fédèrent leurs compétences et expertises :
diffusion et échanges de savoirs, formation et accompagnement
technique, outils d’évaluation et de mesure pour concevoir et piloter les
systèmes agroécologiques.
La raison d’être du CNA est de faire émerger des innovations basées sur
les principes de l’agroécologie, au service de l’agriculture et des
agriculteurs, pour aider à l’évolution et à la diffusion de leurs pratiques.

Produire durablement une nourriture de qualité

  • Sécuriser le revenu des agriculteurs
  • Couvrir et nourrir le sol pour protéger l’environnement
  • Atténuer le changement climatique
  • Stopper le gâchis d’énergie et ressources
  • Produire de la biodiversité
  • Limiter les pollutions systémiques
  • Créer du sens et de la solidarité

Copier la nature
Toujours couvert/jamais travaillé

Recherche et formation …..sont des bases solides pour l’avenir

d’un pays…..!!

Lucien Séguy et le « sol vivant », produire plus avec moins

https://nourrirlemonde.fr/lucien-seguy-et-le-sol-vivant-produire-plus-avec-moins/#La_ruine_du_laboureur

Produire et redonner du pouvoir aux agriculteurs ? C’est le pari de Lucien Séguy, « agronome », mais surtout « paysan ». Lucien Séguy dédiera sa vie à la fertilité et au « génie végétale ». Sans dogmatisme, il associera la plus grande diversité biologique possible et les techniques agro-industrielles de pointes, créant lui-même plusieurs variétés de semences de riz à haut-rendements.

Les militants de Solidarité & Progrès ont dénoncé une politique de la famine depuis la fin des accords de Bretton Woods (1971) et la publication du rapport « Halte à la croissance » (1972). Depuis lors, la dérégulation met tous les agriculteurs en compétition, accroissant les inégalités ; et l’idéologie décroissante des institutions financières s’oppose à l’équipement de l’agriculture, même là où elle est la seule ressource.

Est-il encore possible (écologiquement ? ) d’augmenter la productivité agricole ? Dans ce dossier, nous vous proposons de suivre le chercheur Lucien Séguy, à la découverte d’un monde longtemps passé inaperçu, celui des sols vivants. Nous verrons comment l’alliance des sols et des agriculteurs peut vaincre la pauvreté et la faim.

Biographie : Une vie au service de la science ; la science au service des paysans

Lucien Séguy en mission d’appui au Maroc. Source : Fert

Né en 1944 dans une famille paysanne de Dordogne, il est le seul de sa fratrie à poursuivre des études supérieures. Diplômé de l’Ecole Nationale Supérieur d’Agronomie de Toulouse, il se spécialise dans la science des sols (pédologie), puis part en service civique au Sénégal en 1967, développer la riziculture paysanne dans la région de la Casamance. Le Centre de coopération internationale en recherche en agronomique pour le développement (Cirad) lui confie sa première affectation professionnelle au Cameroun. Il y met en évidence l’importance de la gestion du sol pour lutter contre la pyriculariose, un champignon qui détruit les feuilles du riz.

1977 : repéré pour ses travaux sur les cultures de riz, il est appelé au Brésil. Débute sa véritable aventure scientifique. Il y travaillera jusqu’à sa retraite en 2009. En parallèle, il lance des missions d’appui aux paysans dans une dizaine de pays, dont Madagascar, la Côte d’Ivoire, le Gabon, le Cameroun, le Sénégal, la Tunisie, le Viêtnam, le Laos, le Cambodge, le Canada, la France métropolitaine et d’outre-mer, jusque dans les mois qui précèdent son décès en avril 2020.

Le texte qui suit est adapté librement du rapport de Lucien Séguy, son ami Serge Bouzinac, et leurs collègues de la recherche brésilienne : « La symphonie inachevée du Semis Direct dans le Brésil central », rédigé en 2008 pour le Cirad et l’Embrapa (la Société Brésilienne de Recherche Agricole).

Sommaire

La ruine du laboureur

Les effets spectaculaires de l’érosion en Europe. Source : agriculture-de-conservation.com / C. Henricot

Lorsque Lucien Séguy arrive au Brésil, il rencontre des paysans ruinés par la dégradation du sol. En cause, le labour.

Le labour est pourtant une méthode qui a fait ses preuves en agriculture. Depuis sa découverte dans le croissant fertile, il y a 10 000 ans, plusieurs civilisations agraires y ont eu recours, de la Mésopotamie à l’Europe et l’Asie. Le labour a permis à des centaines de générations de se nourrir, jusqu’à nous.

Il empêche l’installation des mauvaises herbes et des maladies du sol. Mais exige d’énormes quantités de labeur des paysans. Avec un risque de désertification, particulièrement rapide sous les tropiques.

En climat tropical, les sols ont un aspect minéral, comme la terre de remblai peu fertile de nos terrains vagues. Seuls les cinq premiers centimètres de surface sont noirs et fertiles, comme le terreau ou le compost.

Cette mince couche ne peut s’épaissir, car l’humidité et la température tropicale accélèrent tous les processus du vivant : la croissance des plantes cultivées, comme la décomposition de la matière morte au sol. La « matière organique », noire et fertile, est donc fragile sous ces latitudes.

Dans ce contexte, la technique du labour, qui apporte beaucoup d’oxygène au sol, accélère la décomposition de la matière organique, par les microorganismes du sol. C’est « l’érosion invisible ». De plus, mis à nu et cassé en mottes, le sol est emporté dans les fleuves par les puissantes pluies tropicales. C’est « l’érosion visible ».

En forêt, rien ne se perd !

Tout comme Louis Pasteur, Lucien Séguy a passé une partie de sa jeunesse à peindre, exerçant et développant ses talents d’observateur. En grand scientifique, il interroge sans cesse la nature : « Mon maître, mon juge, mon centre d’inspiration principal, c’est la nature, sous sa complexité la plus grande. Vous avez une question à poser ? Posez-la à la nature. Et elle vous répondra ! Il faut simplement faire quelques manip’ pour qu’elle vous réponde. Et le faire de manière scientifique pour comprendre pourquoi cette réponse ; ce qu’elle veut dire exactement. »

Le but de Séguy est d’inventer une agriculture inspirée de la fertilité naturelle des forêts. Il fonde les principes de cette nouvelle agriculture sur quelques observations.

Lucien Séguy note le rôle essentiel de la « matière morte » dans la fertilité des forêts tropicales. Les « éléments fertilisants » qui s’enfonceraient dans le « sol minéral » pouvant malgré tout être recyclés par les racines profondes.

– Une première observation : Le sol forestier n’a pas besoin d’être labouré pour être meuble. Les organismes du sol forestier et les racines des plantes brassent la matière et produisent la porosité nécessaire à la présence raisonnable d’oxygène et d’eau dans le sol forestier.

1er principe : Lucien Séguy propose donc de semer directement les graines dans le sol, sans labour. L’idée n’est pas nouvelle. Ce semis dit « direct » avait permis aux civilisations précolombiennes de prospérer. La méthode en fut oublié, avec leur effondrement. Cette technique est redécouverte aux Etats-Unis dans les années 60, pour parer aux tempêtes de sable ; suite au « Dust Bowl » des années 30, lors de la grande dépression, qui a profondément meurtri le pays, comme l’illustre le film Les raisins de la colère.

C’est le glyphosate, bêtement diabolisé par des écologistes radicaux, qui a permis aux Etats-Unis d’abandonner le labour, donc d’éviter le désert… Le glyphosate agit en bloquant la photosynthèse des mauvaises herbes, rendant caduc l’archaïque labour. À ce titre, Lucien Séguy propose avec humour que soit décerné « le prix Nobel de la paix à Monsanto, pour sa contribution à la préservation des sols ».

Mais – attention – Lucien Séguy est lucide quant au risque de destruction de l’agriculture par les biotechnologies, quand elles sont développées dans un but mercantile. Au sujet de l’herbicide de Monsanto et des OGM, il nous dit : « la productivité n’a pas augmenté depuis leur adoption massive [alors] que les doses d’herbicide sont plutôt en croissance pour contrôler les [plantes] devenues résistantes au glyphosate. » Avoir recours à de plus grands volumes, inutilement… le contraire de l’écologie !

En Semis Direct, le sol n’est pas retourné : à l’avant du tracteur, un « rolofaca » ou « rouleau hacheur » couche le couvert végétal au sol ; à l’arrière, le semoir sème directement les graines sous cette litière. Source : paysan-breton.fr / Toma Swan

– Lucien Séguy fait une deuxième observation : Les sols forestiers sont couverts en permanence d’une litière végétale. Sous cette litière, les premiers centimètres du sol sont le siège de la fertilité de la forêt tropicale. En profondeur, les éléments nutritifs se font beaucoup plus rares !

2nd principe : Pour avoir un sol aéré, riche en nutriments et protégé contre les pluies diluviennes, Lucien Séguy comprend qu’il doit restituer une partie de la culture au sol. L’enjeu est notamment de nourrir les vers de terre et leur cortège d’êtres vivants. Il choisit de recourir à de « puissantes biomasses » pour couvrir le sol et le régénérer en matière organique, qui confère sa fertilité au sol.

Semis direct dans un couvert de sorgho en Europe. La densité et la vigueur du sorgho en font une excellente « plante géante » de couverture, pour contenir les autres plantes et nourrir le sol. Source : agriculture-de-conservation / Cécile Waligora.

– Une ultime observation permet à cet « ingénieur du végétal » d’identifier la complémentarité des plantes dans les systèmes forestiers : toutes ne prospectent pas l’eau aux mêmes profondeurs ; et certaines plantes peuvent arracher des éléments minéraux au sol, pour les mettre à disposition des plantes de la culture suivante.

3ème principe : Lucien Séguy commence donc un travail qui est au cœur de ce qu’il nomme sa « symphonie inachevée » : Il recherche les meilleures successions et associations végétales, permettant de réduire les dépendances aux fertilisants et aux pesticides, et de maximiser les revenus des agriculteurs.

En rupture avec la monoculture, il propose : « L’incorporation de biomasses de couverture encore plus puissantes et plus diversifiées pour que les couverts végétaux des SCV gagnent en multifonctionnalité gratuite. »

Entre deux cultures commerciales, des couverts végétaux sont semés pour réorienter la biologie, la chimie et la structure du sol. Ici, un mélange de tournesol, phacélie et pois. Source : Ver de terre production

Lucien Séguy appelle sa méthode : « Semis sous Couvert Végétal » (SCV).

Avec son binôme Serge Bouzinac et ses partenaires de la recherche et développement brésiliens, Séguy met en place une méthodologie de « recherche-action » sur « système de cultures pérennes » : le chercheur fait ses essais avec, pour et chez les agriculteurs, sur plusieurs années, pour adapter ses travaux aux contraintes de la production.

Pour ces travaux, Lucien Séguy est nommé docteur « Honoris causa » de l’université de Ponta Grossa, une des meilleures universités agricoles du monde, et “Grand Citoyen” par l’Assemblée Législative de l’Etat du Mato Grosso. Mais le paysan-chercheur tient à rendre hommage aux efforts des agriculteurs brésiliens et des acteurs institutionnels :

« Le Brésil a montré au monde sa capacité à développer en moins de 30 ans une agriculture de conservation que le monde entier admire et lui envie, même si elle est largement encore perfectible comme l’ont démontré nos travaux sur les innovations SCV inspirées du fonctionnement de l’écosystème forestier. »

Le grand agronome Norman Borlaug, père de la première révolution verte et prix nobel de la paix, en visite au Brésil sur la fin de sa vie, dira en découvrant les travaux de Séguy : “La deuxième révolution verte est en marche dans les savanes du Brésil !”

Ajoutons que, bien que fortement mécanisés, les agricultures du Brésil, de l’Argentine et des Etats-Unis restent peu productives, car peu irriguées : dans la région du Mato Grosso entre 2001 et 2007, les rendements par hectare sont en moyenne : de 3,5 tonnes pour le coton, 2,9 tonnes pour le soja et 3,4 tonnes pour le maïs. En France, le blé produit 7 tonnes par hectare et le maïs 9 tonnes. Un ami et disciple de Lucien Séguy, Christian Abadie, produit même 14 tonnes de maïs dans le sud-ouest de la France !

Pourquoi les agriculteurs des Etats-Unis, de l’Argentine et du Brésil acceptent-ils de produire si peu par hectare ? La réponse est en partie économique.

Regardons plutôt, pour le moment, les résultats de la méthode du « Semis sous Couvert Végétal » de Lucien Séguy.

Bilan des « Semis sous Couvert Végétal »

Amélioration du statut social des paysans, accomplissements économiques et environnementaux divers ; les résultats présentés ci-dessous sont non exhaustifs, mais sont l’occasion d’illustrer les problématiques de l’agriculture.

Résultats du groupe agro-industriel MAEDA : Augmentation de la productivité du soja de 25%, et du coton de 45%. Soit une productivité respectable de près de 4 tonnes de soja par hectare et 5 tonnes de coton. Passage à 3 cultures sur 2 ans au lieu de 2. Les marges ont été multipliées par 3. Le nombre de machines agricoles a été réduit de moitié. Le nombre de prestataires de services a chuté de 71%. Et la consommation de carburant a diminué de 70%. Produire plus avec moins !

Des engrais renouvelables : Le manque d’azote et de phosphore dans le sol est ce qui limite le plus la productivité des champs. L’azote constitue 78% de l’air que nous respirons. Il est obtenu industriellement par la réaction du gaz naturel avec l’air. Quant au phosphore, il est aujourd’hui extrait des carrières de « guano », sites de déjections des oiseaux marins, ressource peu renouvelable.

A titre d’exemple, Lucien Séguy introduit la plante sauvage Stylosanthes, pour sa capacité à fixer l’azote atmosphérique et à mobiliser le phosphore du sol. Cet exploit naturel est dû à des symbioses racinaires, avec des bactéries pour l’azote, et avec des champignons pour le phosphore.

En plus de la Stylosanthes, il choisit la Brachiaria, pour ses racines profondes qui récupèrent les nutriments perdus, de même que pour la densité de son couvert au sol et pour sa forte productivité. Lucien Séguy sème ces deux plantes entre les pieds du maïs qui précède la culture de soja. Il en tire une hausse de productivité pour le maïs et le soja, et s’en sert comme fourrage pour l’élevage.

Une réduction des dégâts : Sur soja, cette fertilité organique permet de réduire le nombre de traitements fongicides des 2/3, voire totalement, et d’obtenir des grains de 1 à 3% plus riches en protéines.

Sur coton, en réduisant de 30 à 50% les apports chimiques d’azote et de potassium, en simple complément de la fertilité naturelle du sol, les dégâts liés au ravageur sont nettement plus faibles. Les passages de pesticides peuvent alors être réduits d’1/3.

Une auto-épuration naturelle : Le sol vivant est un « biodigesteur » des résidus végétaux, mais aussi des pesticides, qu’il réduit en molécules de plus en plus simples. Plus il y a de matière végétale au sol, plus les pesticides restent piégés longtemps dans ce biodigesteur, et donc meilleure est la destruction de ces polluants.

En culture de coton, qui exige souvent de nombreux traitements chimiques, les Semis sous Couvert Végétal (SCV) permettent de réduire le volume d’insecticides de près d’un tiers et le nombre de molécules différentes de 18 à 5. Le volume de fongicides (contre les champignons) est réduit de moitié. La fonction auto-épuratrice des sols vivants permet de réduire sous le seuil de détection l’ensemble des 150 molécules et sous-produits polluants recherchés.

Une valorisation du territoire : Vous voulez sauver la forêt amazonienne ? 1/5ème des surfaces déboisées de l’Amazonie sont à l’abandon, car dégradés par le travail du sol. Les SCV peuvent régénérer ces 16,5 millions d’hectares :

« Les SCV les plus puissants permettent, en 3 à 5 ans, de retrouver les teneurs en matière organique et les caractéristiques de distribution des tailles d’agrégats des sols originels sous forêt. »

Autres sols valorisables : les savanes arbustives du Brésil, appelées Cerrados, réputés incultes. Ces terres, qui rappellent nos garrigues méditerranéennes, offrent plus de 50 millions d’hectares faciles à cultiver en SCV.

Avec la régénération des sols forestiers détruits et la valorisation des sols de savane incultes, Lucien Séguy se réjouit que le Brésil puisse doubler ses surfaces de production sans détruire la forêt amazonienne !

Le bocage Normand. Les haies et les arbres créent un microclimat à l’échelle des parcelles. Auteur : Bournagain.

Enfin, l’eau étant un élément essentiel à la vie, Lucien Séguy recommande de maintenir un maillage continu de végétation native de 20 à 50 mètres autour des parcelles, plutôt que des îlots forestiers. Cette « forme géométrique du défrichement » permet d’éviter l’ « effet de poêle surchauffée qui engendre des courants ascendants d’air chaud qui rejettent les pluies vers les forêts galeries à la périphérie ».

Une symphonie “inachevée”

Comme expliqué précédemment, les agricultures de hautes technologies du Brésil, de l’Argentine et des Etats-Unis pourraient assez facilement produire 1 tonne de plus par hectare. Lucien Séguy déplore le manque de formation technique et pointe aussi des raisons économiques.

À l’image des agriculteurs des Etats-Unis, les agriculteurs du Brésil ont adopté le non-labour, poussés par l’érosion des sols et par les prix très bas payés aux productions agricoles. Le non-labour leur permet de réduire leurs dépenses en matériel et essence, et apporte de la durabilité à leurs exploitations.

Au Brésil Central, où 95% des agriculteurs pratiquent le Semis Direct (1er principe : non-labour), le Semis sous Couvert Végétal (2ème & 3ème principes : une végétation puissante et diversifiée) n’est en réalité pratiqué que sur 30% des champs de soja et 15% des champs de maïs.

Ainsi, depuis les années 2000, étant insuffisamment régénérés, les sols du Brésil Central se compactent et un travail superficiel du sol redevient nécessaire. La méthode alors utilisée est le « discage » des 5 premiers centimètres, ce qui constitue une régression vers le labour et la chimie, des surcoûts et une perte de durabilité.

C’est que produire les couverts à aussi un coût ! Les systèmes de SCV nécessitent des investissements de 11% à 29% supérieurs aux simples systèmes sans labour. Hélas, en plus des aléas naturels, le libéralisme rend les prix payés aux producteurs extrêmement fluctuants et généralement plutôt bas. Ainsi, il est probable que les lendemains incertains découragent l’épargne dans le sol.

La formation professionnelle et des marchés organisés apparaissent comme les deux leviers pour qui veut bâtir une politique du sol vivant.

A la frontière des travaux de Séguy, plusieurs disciplines peuvent être convoquées :

La plus inattendue est sans doute l’archéologie ! Les pratiques agricoles des civilisations précolombiennes sont de mieux en mieux documentés : culture sans labour ni chimie de synthèse ; sélection des plantes sauvages et associations végétales au champ ; et certains sols amazoniens, qui sont entièrement façonnés par l’homme, possèdent une des meilleures fertilités du monde !

Une myriade de naturalistes (dont les spécialisations sont en proportion de la créativité de la Nature) et d’écologues (spécialisés, eux, dans l’étude des interactions naturels) : mobilisés auprès des agronomes (à recruter également !) pour rechercher de nouvelles plantes de couvertures et de nouvelles stratégies d’assemblage du vivant.

Encore une question de moyen ! L’étude des systèmes naturels nécessite des moyens logistiques que l’approche statistique et la modélisation informatique, généralement privilégiées aujourd’hui en écologie scientifique car moins onéreuses, ne devrait qu’appuyer !

Comme pour les plantes que nous mangeons et qui ont été sélectionnées pour être productives, les sélectionneurs peuvent améliorer les caractéristiques des plantes de couverture : Le sorgho blanc sans tanins à haute teneur en protéines, pour farines, bière, papier et amylose ; le sésame qui contient de 50 à 55% d’huile de qualité supérieure, pour les cosmétiques et l’aviation ; le sarrasin, pour les farines sans gluten, …

L’acclimatation de nouvelles plantes de cultures est aussi un moyen d’améliorer la santé du sol. Par exemple, l’intégration du riz pluvial dans les rotations avec les cultures de soja et coton permettrait de lutter contre les maladies à champignon. Pour rendre cette culture de riz pluvial attractive, le défi est actuellement de mettre au point des variétés à hauts rendements.

Quant aux biologistes et aux généticiens, leurs connaissances à l’échelle cellulaire et moléculaire est une aubaine pour l’étude du sol vivant :

Le séquençage génomique, d’abord, pour l’étude de la diversité microbienne. Champignons et bactéries cachent d’innombrables possibilités de symbioses et d’effets antibiotiques naturels. Il s’agit de tirer parti du haut potentiel des sols vivants !

La recherche dans les OGM aussi, à condition d’être au service de l’agronomie, seule discipline globale des champs : « Les SCV offrent une biodiversité fonctionnelle très efficace […] dans un tel contexte, les OGM pourraient être des auxiliaires précieux, légitimes et incontestablement valorisés pour seulement compléter les services écosystémiques majeurs des SCV. »

Nourrir les BRICS

Lucien Séguy, qui dénonce volontiers le conservatisme français, ne s’étend pas sur la politique du Brésil. Tentons, par nous-même, de comprendre cette très jeune puissance agricole :

Le programme social « Famo Zéro » (faim zéro) lancé en 2003, sous la présidence de Lula, puis de Roussef, a permis de réduire la part de la population sous-alimentée de 28% à 10%.

L’Embrapa, entreprise d’Etat, a acclimaté le blé, le soja, le maïs et le coton, aux sols et aux climats brésiliens. Son existence depuis 1972 inscrit le Brésil dans une démarche scientifique à long terme et ouvre la possibilité de transferts de compétences avec l’Afrique.

Tracés envisagés du chemin de fer “bi-océanique”.

Bien que le Brésil ait su défendre ses intérêts agricoles devant l’Organisation Mondiale du Commerce, le pays tente dès 2003 de remettre en cause les règles arbitraires imposées par les institutions dévoyées de Bretton Woods. En 2014, au sommet de Fortaleza, est lancée la Nouvelle Banque de Développement des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

Il s’agit pour les pays émergents de réduire leurs coûts de production, non par le dumping, mais par l’apport technologique et l’aménagement du territoire. Cette politique est aussi connue sous le nom de « Nouvelles Routes de la Soie ». Un exemple de coopération agricole entre la Chine et le Brésil : la construction de la voie ferrée bi-océanique, traversant l’Amérique latine d’Est en Ouest. Projet gagnant/gagnant, puisqu’il désenclave l’Amazonie et évite le passage par le canal de Panama pour fournir la Chine en denrées agricoles.

Mais cette coopération « sud-sud » est interrompue par le coup, orchestré par le département de la justice américaine, contre Dilma Roussef et Lula.

Et les vers de terre français ?

En France, les réseaux de Lucien Séguy ont débuté 30 ans après le bio, mais 15% des surfaces agricoles françaises sont déjà cultivées en Semis-direct, soit le double de l’agriculture biologique. En dehors des radars de la plupart des médias.

Bien sûr, le bio nourrit aussi les gens et doit être soutenu à ce titre. Notons seulement ses limites pour mieux nous détacher de l’agribashing : Une productivité moindre et un sol moins riche en vie.

Apprécions aussi les vrais mérites du bio : une production fraîche, car locale, et des circuits-courts, pour que la valeur aille aux producteurs.

Lucien Séguy entouré de Français passionnés. Source : festival Paysage in Marciac, 2018.

Les réseaux français de Lucien Séguy tentent toutes les dénominations pour se faire connaître du public : agriculture de conservation, agriculture de régénération, agriculture sur sol vivant. Et le ver de terre comme symbole de la méthode.

Ces agriculteurs sont présents dans tous les syndicats. Et la Coordination Rurale, second syndicat agricole de France, entre la FNSEA et la Confédération Paysanne, organise depuis 25 ans des festivals de non-labour.

Un ministre, le socialiste Stéphane Le Foll, a rencontré les leaders de ces mouvements en France, mais son cabinet n’a rien trouvé de mieux à leur proposer qu’une tribune à la COP21. Car la priorité du ministère est d’atteindre la neutralité carbone de notre agriculture, d’ici à 2050. Notre article « Ces milliardaires « écolos » qui veulent nous affamer » dénonce cette politique agricole malthusienne.

Une rencontre fortuite nous avait d’ailleurs permis d’interroger le ministre sur la détresse des agriculteurs et les prix trop bas. Nous lui demandions de mettre en place une limitation des importations et un stockage des surplus pour hausser les prix. Réponse du ministre : « Nous ne sommes pas communistes ! » Ce fut l’occasion pour nous d’évoquer la méthode des trente glorieuses : « Monsieur le ministre, De Gaulle non plus ; pourtant, c’était sa politique ».

Stéphane Le Foll a tout de même soutenu la création de « ver de terre production ». Cette chaîne de diffusion de contenus sur Youtube est animée par des agriculteurs. Mais les médias traditionnels restent en roue libre… et le public avec eux. Le pays a-t-il besoin d’une chaîne de télévision publique, qui soit dirigée par les instituts scientifiques ?

Parmi les mesures pour encourager l’agriculture sur sol vivant, rappelons l’importance d’autoriser le glyphosate pour maîtriser les couverts végétaux.

Enfin, l’hexagone gagnerait beaucoup à mettre en place une taxe sur les importations de soja. Elle inciterait le retour de la production de légumineuses en France, comme durant l’année 1973 (lorsque les Américains ont organisé un embargo du soja contre l’Europe).

Qu’est-ce qu’une légumineuse ? Une légumineuse est une plante qui, comme le pois, la lentille ou le soja, est capable de fixer l’azote présent dans l’air. Elles permettent de fertiliser un champ pour la culture suivante. Les légumineuses servent à diversifier les cultures pour limiter l’installation de maladies du sol. Et leurs graines, riches en protéines, augmentent l’autonomie de l’élevage. Cette taxe est donc une mesure de « protectionnisme éducateur », dans la tradition de l’économiste Friedrich List.

Le Brésil a prouvé qu’il est capable d’entendre cet argument, à condition que son droit au développement soit pris en compte. Retrouvons l’état d’esprit des coopérants, comme Lucien Séguy.

Antoine Beils, mai 2021

Annexe I : De l’importance de la productivité « physique » pour nourrir le monde

L’économiste et homme politique américain Lyndon Larouche a montré la relation entre d’une part, la productivité par travailleurunité de surface et volume de matières utilisées (les 3 paramètres de la productivité physique) contraints par les handicaps naturels d’un territoire ; et d’autre part, le potentiel démographique de ce même territoire. Dit autrement : Le nombre d’humains que la Terre peut porter n’est pas déterminé par les ressources naturelles, mais par l’efficacité de leur utilisation.

Examinons la productivité physique de l’agriculture.

L’agriculture raisonnée, l’agriculture de précision et l’agroécologie permettent toutes trois de produire autant, avec de moindres volumes de produits chimiques. Ce qui n’est pas forcément le cas du bio, qui a globalement recours à de grands volumes de pesticides « naturels ».

Même constat, avec la faible production du bio par hectare et par travailleur ; bien que l’émergence de pratiques agroécologiques (lorsqu’elles sont compatibles avec le cahier des charges du bio) permettent quelques améliorations.

L’Organisation des Nations Unies (ONU) et sa branche pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO) soutiennent cette productivité physique. Elles parlent d’ailleurs d‘ « agriculture écologiquement intensive » ; mais sans moyens financiers à long terme pour promouvoir les semences à hauts rendements, la mécanisation et les autres moyens logistiques du stockage, du transport et de la chaîne du froid. D’ailleurs, le Programme Alimentaire Mondial des Nations Unies cherche encore 5,5 milliards de dollars, pour l’aide alimentaire d’urgence en 2021.

L’écologie, c’est quand les gros mangent les petits ?

En 1992, conformément au souhait du gouvernement britannique, les prix garantis par la Politique Agricole Commune sont abandonnés. Pour retrouver un équilibre comptable, les agriculteurs cherchent alors à réduire leurs dépenses en engrais et pesticides. Ils adoptent l’agriculture raisonnée, l’agriculture de précision, ainsi que l’agroécologie.

Mais si les prix tombent trop, les agriculteurs renoncent à lutter contre les maladies. Au risque de perdre la production…

C’est aussi le risque pris par le bio, qui, en renonçant à la chimie de synthèse, produit globalement un tiers moins de nourriture que l’agriculture conventionnelle à l’hectare, mais est mieux valorisé commercialement.

La page du productivisme, tant décrié encore, a donc été tournée de force ; bien que les extrémistes verts ne s’en satisfassent pas et exigent l’abandon total des équipements motorisés et de la chimie.

Et le pouvoir de nourrir change de main :

1/ Dépossession des agriculteurs. Puisqu’il faut acquérir du foncier, il faut s’endetter au-delà de ce qui est remboursable. Un problème pour la transmission aux jeunes, mais pas un problème pour le rachat par des fonds financiers.

2/ Concentration de l’agro-industrie. À l’image des abattoirs géants, qui imposent leurs conditions commerciales aux éleveurs.

Annexe II : Puit de carbone & pompe à fric

En climat tropical, le Semis Direct sous puissante biomasse permet de produire de 23 à 32 tonnes de matière sèche, aérienne et racinaire, par hectare. Or, cette matière sèche est faite pour moitié de carbone. Si l’intégralité de cette biomasse est restituée au sol, alors 900 kilos à 2 tonnes de carbone sont séquestrés dans ce sol chaque année, et jusqu’à une dizaine d’années de suite.

L’industrie cherchant à compenser ses émissions de carbones, la tonne de carbone non émise ou stockée se négocie actuellement entre 25€ et 50€. Le Groupe international d’experts pour le changement climatique (Giec) demande que ce prix soit haussé à 180 € la tonne.

Comme développé dans le dossier « Le New Deal vert : sortir du piège de la finance verte », la finance verte tente de mettre les États sous tutelle au nom du climat. Pour l’agriculture, aussi, accepter l’agenda “zéro carbone” est dangereux, car cet agenda mène à l’abandon des énergies fossiles, de la fertilisation azotée et de l’élevage, pourtant nécessaires pour nourrir correctement 9 milliards d’êtres humains en 2050.

Annexe III : Une plongée dans le sol vivant

  • Voir la vidéo : « Lucien Séguy, semis direct sur 20 millions d’hectares ». École Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (ENSAT).

  1. Arnaud Beils says:Merci pour cet excellent article où j’ai appris beaucoup de choses sur l’intérêt du Semis direct sur Couvert Végétal.
    Je note notamment la capacité de certaines plantes à aller chercher les minéraux en profondeur.
    A noter également l’importance méconnus de cette pratique en France (15% de notre production !)
    Peut-être le semis sous couvert végétal permet-il aussi de réaliser des économies d’eau grâce au fait que le couvert végétal conserve l’humidité contrairement à de la terre nue ?Je souhaiterais te poser quelques questions pour comprendre ce que tu as écrit à fond.
    1/ Pourquoi le Brésil n’arrive t’il pas au même rendement que la France ?
    Tu précises qu’ils sont fortement mécanisés et qu’en 2007, nous (la France) arrivons au double du rendement par hectare.
    Hypothèse, le sol n’est pas encore assez généré ?2/ L’équivalent du semis direct sous couvert végétal appliqué à de faibles surfaces (- de 1 hectare) est il le maraichage sur sol vivant ? Autrement, quels outils utiliser pour produire en SCV sur une faible surface ?3/ peut-on dire que l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère (infime précisons le tout de même) est en parti dût au fait que l’on ne restitue pas la matière organique à la terre ? (d’où un argument supplémentaire en faveur du SCV pour capter le CO2)Encore merci pour cet apport intellectuel.
    Militons pour que la recherche agronomique ait les moyens d’augmenter notre potentiel démographique.
    Vive l’Humain explorateur du vivant !Reply
    1. antoinebeils says:Merci à toi l’ami,Pour répondre rapidement :
      1/ Comment doubler ou tripler la production :
      – Le Brésil est un pays aux climats contrastés. Le Mato Grosso par exemple, où a travaillé Séguy, est sec une partie de l’année. Il faut donc investir dans l’irrigation.
      – Une vraie régénération des sols permet les symbioses racinaires avec la vie du sol, pour valoriser la fertilité, donc une meilleur expression des potentialités de la plante.
      – Précisions : le soja étant 2 à 3 fois plus riche en protéines que le maïs, les faibles rendements sont compensés.2/ Comment appliquer l’ “agriculture sur sol vivant” sur une surface d’1 hectare :
      – La chaîne youtube “Ver de Terre Production”, animée par des agriculteurs et des chercheurs, permet de se mettre à jour de “l’état de l’art”, du jardin nourricier aux grandes cultures, en passant par l’élevage, l’arboriculture et le maraichage. 😉3/ La fixation du carbone, un argument pour les sols vivants ?
      Oui, mais… Le paradigme politique “neutralité carbone en 2050” est dangereux, car il implique la suppression de la fertilisation azoté et le démantèlement de l’élevage, comme l’exigent certains financiers fanatiques.
      Parlons plutôt de “l’agriculture sur sol vivant” comme d’une méthode pour nourrir le monde, bien nourrir, tout le monde !

Merci à s’unir pour nourrir le monde ….!!

La glomaline.


Il s’agit d’une glycoprotéine hydrophobe tolérant la chaleur que l’on retrouve à la surface des spores et des mycéliums mycorhiziens. La production de cette substance atteint son maximum chez les mycéliums sénescents. Cette substance à décomposition lente comporterait le tiers du carbone séquestré dans les sols de planète. Sa principale fonction porte sur la stabilisation des agrégats, à la façon d’une colle regroupant l’argile, le limon et le sable fin, avec des effets majeurs sur les propriétés physiques des sols. Ce grumelage assure une meilleure pénétration de l’eau, réduisant  les écoulements de surface, de meilleurs échanges gazeux et une rétention de l’eau et des minéraux, notamment le potassium. On peut dire que la glomaline est très étroitement liée à la fertilité des sols.
On peut observer la glomaline par immunofluorescence sur les mycéliums, les spores et les agrégats de sol.