Quels CONTREFORTS aux PILIERS de l’ACS : une réponse en HOMMAGE àHERBERT BARTZ

https://agritrop.cirad.fr/598156/1/Martin_Jos%C3%A9_agriculture-de-conservation_contreforts.pdf

Par M. José Martin :

Cirad_ien, quasiment en pré-retraite à
Montpellier, José Martin a bossé sur coton,
arachide et canne à sucre en Afrique, Amérique
du Sud et à La Réunion, sans abandonner le
contrôle des adventices à l’intendance des
projets de R-D et sans occulter le problème de
l’érosion des sols, trop souvent relégué en angle
mort de nos approches

Dans leur dossier très complet sur
l’agriculture de conservation et
régénération des sols (ACS), les
enseignants-chercheurs
agrotoulousains Jean-Pierre
SARTHOU et Ariane CHABERT
(TCS n° 109) considèrent qu’il
conviendrait de décrire sous un autre
angle les trois piliers conceptuels de
l’ACS (photos n°1). Au moins dans le
cas des systèmes « aboutis », c’est-à dire stabilisés après une période de
transition plus ou moins longue et se
bonifiant en régime de croisière ; en
insistant d’abord sur les deux piliers
d’addition (davantage de biomasse à
recycler en couverture des sols
vivante ou morte – et davantage
d’agrobiodiversité dans les rotations
et assolements, incluant cultures marchandes et de service) ; sans pour autant occulter
l’importance du seul pilier de soustraction, « traditionnellement » cité en premier, celui du
NO-TILL c’est-à-dire du renoncement au travail du sol (avec remisage des charrues et des
pulvériseurs à disques). En effet, la régénération des sols par les systèmes ACS dépend
directement des piliers d’addition : les systèmes ACS aboutis génèrent de l’auto-fertilité et
de multiples services écosystémiques. Point de bonification à attendre sans augmentation du
volant de la phytomasse en jeu et de sa diversité ; ainsi, le système de culture devient plus
performant et efficient en production de denrées agricoles mais aussi en production de sols
vivants.

La suppression du travail du sol ne suffit pas à bonifier les
sols
Le questionnement de Jean-Pierre SARTHOU et Ariane CHABERT sur la hiérarchie entre piliers
conceptuels rejoint une préoccupation qui minait Lucien SEGUY, cet « agronome du génie
végétal » (TCS n°108), lorsqu’il déplorait « la symphonie inachevée du semis direct » au Brésil
https://agritrop.cirad.fr/546845/ (https://agritrop.cirad.fr/546845/) ou ailleurs : des couverts s’ils
sont trop maigres ou fugaces, des rotations trop courtes proches de la monoculture, sont
insuffisantes à bonifier les sols ; préoccupation d’ailleurs partagée par d’autres figures plus
académiques du semis direct au Brésil. La suppression du travail du sol ne suffit donc pas à
bonifier les sols. Les statistiques mondiales sur les surfaces en agriculture de conservation, qui
reposent essentiellement sur le pilier soustractif du no-tillage, recouvrent de facto une énorme
variabilité sur l’importance relative des deux piliers additifs, piliers parfois réduits à de maigres
baguettes sans magie et sans pouvoir bonifiant.
La définition trinitaire de l’ACS universellement reconnue par la FAO depuis le début des
années 2010 provient de la définition conceptuelle du SPD « sistema plantio direto »
brésilien en tant que « système » consensuellement adoptée une vingtaine d’années auparavant
par l’EMBRAPA (recherche agronomique fédérale brésilienne), l’IAPAR (recherche
agronomique de l’état du Paraná) et autres organismes de recherche, sur une proposition du
même Lucien SEGUY : le détail de cette genèse n’est cependant pas bien rapporté dans la
littérature historique sur l’ACS, ni même dans la littérature brésilienne sur le SPD, mais cela fut

pourtant relaté ainsi, verbalement, par le Dr Luis C. HERNANI de l’EMBRAPA – j’en fus un
témoin direct – en octobre 1999 à l’Université Fédérale de la Grande Dourados, Mato Grosso du
Sud, Brésil, lors d’un cours de phytotechnie cotonnière destiné à des professionnels de la filière
coton à titre de formation continue.
La définition du SPD fut adoptée à la charnière des années 1980-90 par les chercheurs
brésiliens a posteriori de sa mise en pratique par bien des agriculteurs à un moment où de
facto « l’intendance suivait » en matière d’agromécanique et d’agrochimie. En effet,
plusieurs entreprises brésiliennes fabriquaient déjà des semoirs de semis-direct de haute
technologie ; des herbicides nationaux étaient déjà produits sous licence : notamment du
glyphosate depuis 1984 dans le sillage du paraquat qui lui précéda comme désherbant total non
systémique, ainsi que de nombreux herbicides sélectifs des principales cultures. Ces prérequis
techniques – constamment améliorés – étant dès lors considérés comme acquis, l’effort dans les
cercles plus académiques pouvait se concentrer sur la formalisation conceptuelle : acter le
changement de paradigme cultural et culturel ; soit : renoncer (soustraction) aux lits de semence
finement émiettés et préparés en plein sur les grandes largeurs, adopter (addition) les semis sur
des sillons discrètement et proprement ouverts dans des litières grossières et adopter également
(addition) des cultures non marchandes de plantes de couverture intercalées entre – ou associées
avec – des cultures marchandes en rotation. Autrement dit, les trois piliers du SPD pouvaient être
érigés sans se soucier des contreforts agromécaniques et agrochimiques désormais garantis et en
amélioration constante.

L’agriculture « paillarde » !
Tel n’était absolument pas le cas dans l’état du Paraná des années 1960-70 au sud du Brésil,
en cours de déboisement intense pour la production de grains (réforme des caféières et
déforestation encouragée par le gouvernement) et dès lors soumis annuellement à un intense
travail du sol moto-mécanisé par des producteurs issus de l’émigration européenne. Cependant,
avec leur climat subtropical à pluies violentes et leur topographie vallonnée (paysage de coteaux,
comme dans le Gers), ces producteurs velléitaires engagés à fond dans l’agriculture moderne
façon révolution verte furent très vite confrontés à de sérieux problèmes d’érosion des sols. Il
fallut cette nuit de violent orage de 1971 où celui qui allait devenir le tout premier des
pionniers brésiliens du SPD, catastrophé par la dévastation de ses semis de soja, comprit –
tournant radical – qu’il fallait cesser d’écorcer et écorcher le sol et cesser de l’exposer à
l’agressivité des intempéries ; il acquit cette nuit-là la conviction que pour conserver un sol, il
faut en préserver la couverture et la cohésion en évitant de le dénuder et de l’émietter ; en fait, le
protéger en le gardant couvert avec les résidus de la récolte précédente et – in fine – se résoudre
et s’ingénier à semer directement dedans. C’était le très regretté, affable et amical HERBERT
BARTZ dont le décès récent (le 29 janvier 2021 à presque 84 ans) a endeuillé toute la
communauté des « clubes dos amigos da terra » (clubs des amis de la terre) et de la puissante
FEBRAPDP Fédération Brésilienne de Semis Direct sur la Paille (https://febrapdp.org.br/
(https://febrapdp.org.br/)), communauté gravitant autour du ver de terre « a minhoca » promu en
mascotte. Semis direct sur la paille, paillis ou paillasse, qu’on pourrait traduire – stricto sensu –
par « agriculture paillarde » !
Forcé de s’engager et persévérer dans la voie du sans labour

Ce germano-brésilien né au Brésil, élevé en Allemagne où il connut la faim et le froid et survécut
au bombardement de Dresde, revint au Brésil en 1960 pour s’engager en agriculture sur les terres
acquises par son père, alors qu’il n’avait travaillé que dans la petite entreprise familiale de
démolition (des dégâts de la guerre) et venait de s’inscrire à Aachen en faculté de génie
civil /hydraulique ! Il se documenta alors sur l’agriculture et découvrit in libris les notions
d’engrais verts et de « minimum tillage » ou « optimum tillage » qui n’étaient pas encore passées
dans les pratiques agricoles. Ces techniques étaient expérimentées en Angleterre et
commençaient à être pratiquées aux USA à la faveur dans les années 1950 du lancement par la
firme anglaise ICI (Imperial Chemical Industries) du paraquat, premier désherbant total sans effet
résiduel valant alternative à l’effet nettoyant des labours (notion de labour chimique). Ces
techniques commençaient aussi à être travaillées par la recherche brésilienne dans le Paraná près
de chez lui à Londrina avec l’ingénieur de la coopération technique allemande Rolf DERPSCH.
C’est ainsi qu’après cette terrible dévastation orageuse, à 34 ans, Herbert BARTZ va rencontrer
Rolf DERPSCH et les représentants de la firme britannique ICI ; il résout de voyager en
Angleterre et aux USA, s’endette sur plusieurs années pour payer son voyage. En 1972 il visite
en Allemagne une foire agricole, en Angleterre des réalisations expérimentales ICI encore
insuffisamment convaincantes (station de Fernhurst) mais découvre aux USA des réalisations
fermières vraiment convaincantes car déjà déployées à échelle commerciale. En effet, par
l’entremise d’ICI il rencontre aux USA Shirley PHILIPS, vulgarisateur universitaire, qui
l’accompagne chez Harry YOUNG Jr., un agriculteur pionnier à Herdon (Kentucky) : rencontre
déterminante, il arpente avec eux de beaux maïs cultivés sans labour sur résidus de récolte et
découvre en action le semoir ayant permis cet exploit, un ALLIS-CHALMERS dont il
s’empresse de commander un exemplaire en configuration maïs et soja (photo 3b) sans savoir
comment il s’arrangera pour le payer. De retour au Brésil, coup de malchance, le front froid
hivernal remonte très haut et son blé gèle sur pied : à court d’argent il décapitalise en vendant du
matériel agricole, dont ses outils de travail du sol et se retrouve ainsi forcé de s’engager et
persévérer dans la voie du sans labour : élément de méthode non intentionnel ou
rétrospectivement coup de pouce du destin ?
De la persévérance il lui en fallut, pourtant, et sur plusieurs années, car malgré le paraquat
appliqué au semis, l’enherbement greva sévèrement le rendement de sa première récolte de soja
sans labour, qu’il faillit de surcroît ne pas pouvoir vendre, à cause du paraquat que faute de
solutions alternatives il appliqua aussi par endroits en dirigé entre les rangs, non sans effets
collatéraux. L’année suivante, faute d’herbicides sélectifs du soja disponibles au Brésil, il en fit
venir à travers le Paraguay, situation qui dura encore une paire d’années avant la libération au
Brésil d’herbicides soja d’abord de pré-levée puis enfin de post-levée en 1977. Avancée
décisive : les rendements décollèrent, la restitution au sol par les racines et les résidus
aussi ! Heureusement qu’il était sur les meilleurs sols du pays (même si acidifiés et carencés en P
et K), formés sur d’anciennes coulées basaltiques, le « filet mignon » des terres brésiliennes au
dire des brésiliens, les « sols ‘chocolat’ » au dire de Lucien Séguy. Sans quoi, l’entreprise aurait
probablement sombré.
Pour semer le blé dans les résidus de soja, d’abord peu abondants et assez labiles, et dans ceux
de maïs plus encombrants et persistants, il dut scier les houes rotatives de son semoir Rotacaster
si bien que le blé se retrouva semé quasiment sans enfouissement, dans des sillons à peine
marqués, très superficiels. Cela dura jusqu’en 1979 où il acheta et améliora un prototype de
semoir Semeato adapté pour le semis direct, précurseur de la gamme Semeato TD des semoirs de
semis direct pour céréales à paille (‘semeadora’, littéralement semeuse) ; deux à trois ans après il
remplaça son Allis-Chalmers peu adapté aux sols lourds de chez lui par un Turbo MAX, premier semoir brésilien de semis direct pour grosses graines (‘plantadeira’, littéralement planteuse).

Le choc pétrolier de 1973 conforta HERBERT BARTZ dans
son choix
Quand HERBERT BARTZ se lança à semer sans labourer, ses voisins le crurent devenu fou.
C’est qu’à l’évidence, il était en avance sur l’intendance ! Conscient de cette situation, il mit
d’emblée en intercampagne son Allis-Chalmers et son expérience à la disposition des ingénieurs
brésiliens pour qu’ils s’en inspirent pour en fabriquer au Brésil. Le choc pétrolier de 1973
conforta HERBERT BARTZ dans son choix, le labour étant très gourmand en énergie. Dès
1976 deux autres agriculteurs originaires de la grande région agricole de CAMPOS GERAIS –
toujours dans le Paraná mais sur sols sur grès beaucoup plus maigres- s’inspirèrent d’HERBERT
BARTZ et à eux trois ils conformèrent le trio des pionniers emblématiques – piliers vivants – du
développement des SPD brésilien (photo n°2).
A leur tour, ces nouveaux pionniers en inspirèrent
d’autres, dont Lucien SEGUY en zone tropicale,
dans la nouvelle frontière agricole subamazonienne, travaillant en recherche-action avec
des particuliers ou des coopératives sur les engrais
verts dans des rotations avec labour dressé non
repris (sans émiettement) ; dès lors « l’agronome du
génie végétal » incorpora dans son dispositif
expérimental des systèmes sans labour et convertit
ainsi les engrais verts en couvertures végétales
(mulch), avec le succès que l’on sait (TCS n°108,
pages 31-32). Les cultures de couverture, seules ou
associées, se généralisèrent à travers tout le Brésil
dans les années 90 (photo 3a), car l’enjeu était
énorme : stopper l’érosion et la dégradation des
sols agricoles des immensités brésiliennes.
Une révolution doublement
verte !
Dès lors du sud au nord du Brésil, une
dynamique imparable était lancée, soutenue par
les institutions et fondations de recherche agrotechniques, avec de avancées substantielles sur les
plantes de couverture (tropicales et subtropicales)
relayées par des entrepreneurs visionnaires, des
associations dynamiques et de nouveaux pionniers
devenant autant de référents locaux. Des jours de
champ multitudinaires et des foires de grande
ampleur attirèrent dès les années 1980-90 des
responsables de la FAO et de la Banque Mondiale

(avec le Ciradien Christian PIERI) et de nombreux
visiteurs étrangers, y compris nord-américains et
européens ; entre autres, une des figures de la
révolution verte, Norman BORLAUG prix Nobel de
la paix 1970 pour ses travaux sur l’amélioration
génétique des blés, qui lors de son second voyage au
Brésil en 1994 déclara admiratif : « la deuxième
révolution verte est en marche dans les savanes du
Brésil » : en fait une révolution doublement
verte !
L’agromécanique connut un remarquable essor
grâce aux interactions entre
entrepreneurs et ingénieurs,
concessionnaires et revendeurs,
agriculteurs et tractoristes – véritable
saga nationale où HERBERT BARTZ
garda un protagonisme important :
toute une diversité de semoirs de semis
direct, de pulvérisateurs à bas volume,
mais aussi de rouleaux à cornières pour
rabattre les couverts. Cette
agromécanique adaptée aussi bien aux
besoins des très grandes « fazendas »
qu’à la traction animale voire aux
semis manuels (avec les cannes
planteuses) acquit au tournant des
siècles un rayonnement international :
ainsi du « rolofaca » (littéralement
rouleau à couteaux) qu’on retrouve à
présent dans le jargon français, et des
fameux semoirs SEMEATO, inspirés
trente ans plus tôt des semoirs
américains importés par les tout
premiers pionniers, qui ont à leur tour inspiré les constructeurs européens après leur introduction
en France à l’instigation de Lucien SEGUY.
Parallèlement, les grandes multinationales de l’agrochimie diversifièrent leurs gammes
d’herbicides sélectifs positionnables en SPD, notamment avec des produits de post-levée
suffisamment sélectifs pour la culture considérée et la culture suivante ; les formulations des
désherbants totaux furent améliorées pour permettre le dessèchement rapide des couverts dans les
séquences de « aplica e planta » ou « planta e aplica » (semis sur un couvert tout juste – ou pas
encore – desséché).
Il est donc clair que le développement des SPD brésiliens s’est appuyé sur deux rampes de
lancement et de soutien : l’agromécanique, notamment pour les semis, et l’agrochimie,
notamment celle des herbicides, sélectifs pour les cultures et totaux pour le dessèchement
des couverts à neutraliser pour permettre le démarrage de la culture suivante (photo 3c)
Rampes de lancement et de soutien valant contreforts trop souvent passés sous silence lorsque les
trois principes des SPD brésiliens prennent la lumière et sont symboliquement érigés en piliers de

l’ACS marqués du sceau de la FAO (photos n°1).
Passons sur le tsunami des cultures transgéniques de
soja et coton résistantes au glyphosate qui au tournant
des siècles a commencé à déferler sur les deux
Amériques ; il a conduit à surutiliser le glyphosate,
d’abord pour détruire leurs couverts d’avant culture et
les convertir en paillis, puis pour désherber ces
mêmes cultures en post-levée, en une puis deux
applications. Grisée par son audace, l’agriculture
brésilienne a négligé la prudence ancestrale des
agriculteurs consistant à ne pas mettre tous ses œufs
dans un même panier. Diversité rime avec sécurité et
durabilité, hégémonie et monotonie risquent de rimer
avec agonie. Dans son poème d’éloge funèbre à
HERBERT BARTZ, John LANDERS autre figure
historique de l’ACS au Brésil (https://febrapdp.org.br
/noticias/1001 (https://febrapdp.org.br/noticias
/1001)), n’a pas manqué d’insérer un quatrain
d’humilité, renvoyant à notre vulnérabilité au
dérèglement climatique, autant par déluge que
sécheresse, et à nos excès, puisqu’il y fait rimer
« chuva » (la pluie) avec « buva », ces
vergerettes sans diminutif qu’on trouve au Brésil
déclinées en trois espèces : Conyza bonariensis, C.
canadensis et C. sumatrensis. La troisième est
devenue une plaie végétale très redoutée avec des
occurrences de biotypes résistant à jusqu’à 5 modes
d’action herbicides ! (http://www.weedscience.org
/Pages/Species.aspx (http://www.weedscience.org
/Pages/Species.aspx))

L’agriculture européenne plus
prudente
Fort heureusement, l’agriculture européenne plus
prudente, a beaucoup moins misé sur le
glyphosate, qui depuis longtemps n’est plus appliqué
directement sur les cultures (comme ce fut le cas à ses
débuts, pour nettoyer les ronds verts dans les céréales
dorées avant la moisson) et reste appliqué – avec
parcimonie – sur jachères et couverts en ACS. La
gestion des couverts, de plus en plus diversifiés en composition spécifique et en modalités
d’insertion dans les systèmes de culture, est elle-même de plus en plus diversifiée, et n’est donc
pas nécessairement dépendante du glyphosate ; des moyens alternatifs sont potentiellement
mobilisables, certains naturels (génie agroécologique), d’autres artificiels (génie agromécanique),
avec en contrepartie dans ce dernier cas consommation accrue d’énergie fossile, moindre

rendement de chantier et calendriers culturaux plus contraints. Il ne serait donc pas raisonnable
d’abattre le contrefort agrochimique de l’ACS car peu ou prou le recours aux herbicides en
général, et au glyphosate en particulier, reste de facto indispensable dans le contexte de
l’agriculture européenne. Loin de pouvoir rompre d’un seul coup comme le fit HERBERT
BARTZ en 1971 avec un maximum de risques et de façon tout à fait exceptionnelle dans
l’histoire de l’agriculture universelle, la plupart des fermes se projettent graduellement et à
moindre risque dans le temps long, en termes d’évolution structurelle et fonctionnelle : en
témoignent régulièrement les reportages si bien documentés publiés dans chaque numéro de TCS
ou de la France agricole.

Ne taclons pas le bon sens paysan
L’ACS est souvent citée et conviée lorsqu’il est question d’agroécologie, d’agriculture
climatiquement intelligente et du 4p1000 (quatre pour mille), cette très intéressante initiative
française de R & D lancée par Stéphane LE FOLL lorsqu’il était ministre de l’agriculture,
initiative devenue désormais internationale (ouvrages des éditions QUAE, numéro spécial de
Cahiers Agricultures). A chacune de ces occasions, les fameux piliers de l’ACS sont mis en
exergue avec force développements écologiques, mais les contreforts agromécaniques et
surtout agrochimiques y sont rarement évoqués, l’intendance étant supposée suivre ;
comme si l’agriculture était seulement faite de l’écologie des cultures et des couverts et n’était
pas aussi une affaire d’arts et métiers, contingente de l’activité des agriculteurs et des moyens
matériels et humains qu’ils mobilisent pour cela. Et même si l’ACS diversifie de manière de plus
en plus performante ses couverts et leurs modalités de gestion, et ce faisant devient de moins
dépendante des herbicides en général et du glyphosate en particulier, elle n’est pas encore, loin
s’en faut, apte à se passer complètement, dans toutes les situations et de façon permanente, de
glyphosate. « L’ACS gaillarde » avance (gestion des couverts encore vivants), mais elle est
encore largement adossée à « l’ACS paillarde » sur couverts souvent encore desséchés au
glyphosate. Le dossier glyphosate, désormais porté par un consortium de firmes, sera réexaminé
par l’union européenne en 2022 (https://www.glyphosate.eu/fr/ (https://www.glyphosate.eu/fr/)).
Alors ne taclons pas le bon sens paysan, ne bridons pas la tolérance des lumières, et
arbitrons avec les bilans de carbone à promouvoir en juges de paix, et les vers de terre du
grand Darwin en témoins.
Garder les sols, dans leur intégrité et bien vivants : maximiser leur verdure, leur volant de
phytomasse et leur agrobiodiversité, les bonifier en les rechargeant en carbone et par ricochet en
azote et autres nutriments (auto-fertilité) ; pour une agriculture plus performante, plus résiliente
aux dérèglements climatiques et atténuatrice du réchauffement global ; quitte pour cela à utiliser
à la marge, avec parcimonie et à bon escient, un peu d’irrigation et de chimie, glyphosate inclus :
c’est l’appel d’Alain DUPHIL, agronome et agriculteur céréalier aux confins de la Garonne et de
l’Ariège, appel aux accents presque gaulliens pour la France et au-delà pour la Planète car la
maison brûle et nous tergiversons (la France Agricole, 29 janvier 2021, page 11). N’est-il pas en
effet grand temps de se lever comme de Gaulle en 1940, et de faire face comme le fit HERBERT
BARTZ en 1971-72, pour garder ses sols chez lui et les aggrader, et ainsi pouvoir vivre
durablement et dignement du travail de sa terre conservée et bonifiée. Car en s’ingéniant et
s’efforçant à garder et bonifier sa terre sur sa ferme, HERBERT BARTZ prit progressivement
conscience de la dimension planétaire et de la portée climatique du développement de l’ACS, ses
lectures d’Alexander Von HUMBOLDT le naturaliste, géographe et explorateur allemand qu’il

admirait tant l’y avaient sans doute prédisposé. Repose en paix, HERBERT BARTZ, en ta
généreuse terre brésilienne tant aimée, tu auras bien mérité de l’agroécologie bien comprise,
celle qui gardant et bonifiant la terre, nourrit les terriens, clarifie les eaux et adoucit le climat

L’agriculture de Conservation : L’expérience Brésilienne

Comment à débuter la grande histoire agricole du Brésil

La notion de semis direct désigne une technique culturale simplifiée utilisée en l’agriculture de Conservation ou en sylviculture basée sur l’introduction directe de la graine dans le sol, sans passer par le travail du sol dans le cas de l’agriculture, ni par la mise en culture en pépinière dans le cas de la sylviculture. Avec les rotations et les couverts améliorants il est le troisième pilier de l’agriculture de conservation ou agriculture écologiquement intensive.

«L’agriculture de conservation des sols, remède à l’effondrement de l’Europe agricole». Par Gérard Rass Par Gérard Rass 16 mai 2022 à 14:40

«Des bénéfices environnementaux, climatiques, économiques et, pourtant, aucune promotion de ces techniques en Europe», déplore l’ingénieur agronome

L’agriculture de conservation des sols (ACS) n’est pas une nouveauté. Ce système de culture est issu du semis direct consistant à semer et conduire une culture sans aucun travail mécanique, né dans les années 1960 en Amérique du Nord et répandu sur tout le continent. Le but était alors de lutter contre l’érosion.

Très vite, des agriculteurs pionniers au Brésil et en Argentine ont vu que l’ennemi de la conservation de leur sol résidait dans sa mise à nu et sa dévitalisation par le travail mécanique, l’exposition à la pluie et au soleil, et donc l’érosion qui emporte la terre de surface, la plus riche en humus et la plus fertile. Ils ont introduit une couverture végétale avant la culture principale, et mis au point les « systèmes de semis direct » (les trois pionniers brésiliens, Herbert Bartz, Nono Pereira et Franke Djikstra, furent accompagnés par l’ingénieur allemand Rolf Derpsch, qui a consacré sa vie à l’ACS).

Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement a théorisé ces principes et mis en œuvre outre-mer le semis direct sur couverture végétale (Lucien Séguy, scientifique du Cirad, consacra sa vie à son développement, et fut très populaire auprès des agriculteurs pionniers français qu’il a accompagnés). Ainsi est née l’agriculture de conservation des sols, officialisée par un groupe d’experts de la FAO à Madrid en 2001 lors du 1er congrès mondial de l’agriculture de conservation.

Combinaison. Elle se définit par la combinaison simultanée des trois pratiques : la suppression totale du travail mécanique du sol (donc le semis direct), la couverture permanente du sol par des cultures commercialisables ou par une couverture végétale intermédiaire vivante ou morte (donc incompatible avec le travail du sol, même réduit), et enfin la rotation diversifiée des végétaux.

En complément
Thierry Blandinières (In Vivo): «Il est temps de réagir et de réenvisager l’agriculture européenne, avec son plein potentiel»
Crise alimentaire: et maintenant, la sécheresse…
Lettre ouverte aux étudiants d’AgroParisTech: «Ne niez pas le progrès, encouragez-le!»
L’ACS, s’appuyant sur les meilleurs agriculteurs et experts de terrain, offre de nombreux bénéfices pour les agriculteurs et la collectivité. D’abord, la protection des sols agricoles. Ensuite, l’augmentation de la matière organique du sol : l’humus (gain de 1% en cinq ou dix ans), allié à la diversité des plantes produites, donne un gain de fertilité naturelle gratuit. Puis une vie des sols plus active et plus équilibrée, réduisant pathogènes, parasites, herbes indésirables, et donc recours aux engrais et produits antiparasitaires et herbicides.

Elle séquestre aussi le carbone dans le sol par les plantes, soustrait ainsi du CO2 de l’atmosphère, réduisant effet de serre et réchauffement de l’atmosphère. Ceci a inspiré l’initiative internationale 4 pour 1000 pour la sécurité alimentaire et le climat, lancée par la France à la COP21 de Paris en 2015, à laquelle les acteurs de l’ACS ont fortement contribué. On développe aussi une moindre dépendance à l’énergie fossile (fuel et engrais azotés), qui induit une réduction des coûts et un potentiel de production supplémentaire pour des usages énergétiques (biogaz, biocarburants), sous réserve que les besoins alimentaires et ceux du sol soient satisfaits.

«Ses bénéfices expliquent le développement de l’ACS dans les pays où les agriculteurs sont libres de leurs choix techniques, échappent aux discriminations réglementaires ou aux politiques de contraintes subventionnées dissuadant l’innovation»
On note aussi une meilleure adaptation des sols à la sécheresse et à la valorisation de l’eau, une biodiversité accrue dans les parcelles, mais également une production agricole rentable et durable, par l’accroissement des rendements offrant la possibilité de laisser place à la biodiversité (flore et faune sauvages) sur les surfaces les moins aptes.

Ces bénéfices expliquent le développement de l’ACS dans les pays où les agriculteurs sont libres de leurs choix techniques, échappent aux discriminations réglementaires ou aux politiques de contraintes subventionnées dissuadant l’innovation. Les surfaces cultivées de cette façon dans le monde sont en forte croissance, atteignant 200 millions d’hectares. L’Amérique latine est le leader le plus dynamique, avec en premier lieu l’Argentine qui, en moins de dix ans, a transformé une majorité de soja en monoculture et semis direct en ACS très performante, avec des rotations diversifiées incluant maïs, blé, orge, seigle, colza, tournesol, légumineuses et intégrant des productions animales.

L’Afrique, au-delà de l’Afrique australe, plus avancée, développe avec succès l’ACS à travers des partenariats entre agriculteurs africains et argentins, ou sous l’impulsion de leaders ouverts à l’innovation technique comme le président du Ghana.

Lobbys. En Europe, les surfaces en ACS ont stagné depuis les années 1980 aux alentours d’un à quelques pourcents, selon les pays, freinées par le mythe du travail du sol et par l’essor des techniques culturales simplifiées. Mais en France, depuis une dizaine d’années, sous l’impulsion de groupes d’agriculteurs novateurs, l’agriculture de conservation des sols se développe, malgré le désintérêt persistant des pouvoirs publics, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et des instituts techniques. En cause, les politiques agricoles dictées par les lobbys écologistes, hostiles à la notion même de production et d’entrepreneuriat agricole et à l’utilisation de solutions modernes de protection et nutrition des plantes ou d’amélioration génétique.

L’interdiction politique du glyphosate ou des OGM, sans base scientifique, est un exemple criant du décrochage européen dans le concert des nations ouvertes à l’agriculture et à la liberté d’entreprendre. Dépendant de plus en plus des subventions pour compenser leur manque de profitabilité, les agriculteurs européens peuvent difficilement se risquer à innover dans leurs pratiques. La politique agricole européenne Farm to fork, réduisant les surfaces cultivées et limitant la production à l’hectare à travers l’agriculture biologique, est une menace majeure pour la sécurité alimentaire, dénoncée par de nombreux experts de la FAO à la Banque mondiale, et exacerbée par le conflit ukrainien. Farm to fork doit être rapidement stoppé.

A l’inverse, une politique volontariste favorisant la libération des entreprises agricoles dans la voie de l’amélioration des sols par l’ACS permettrait à notre agriculture de répondre aux enjeux majeurs de sécurité alimentaire, de dépendance aux énergies fossiles, d’évolution climatique, de gestion de l’eau, de biodiversité, le tout à un coût minimal pour les finances publiques. Cela suppose que les agriculteurs puissent utiliser le glyphosate, comme c’est le cas partout dans le monde pour détruire la végétation spontanée ou implantée avant semis.

Les technostructures étatiques subventionnées ayant failli à la développer, les associations pionnières d’agriculteurs en ACS, rodées au développement agricole, ont un rôle majeur de locomotive. Seul l’agriculteur qui a vécu les angoisses du risque existentiel du changement de système agricole pour son revenu, pour sa vie familiale, qui les a surmontés et a réussi techniquement et économiquement la transformation de son écosystème de production pour le rendre plus productif, plus durable et profitable, saura guider ses confrères avec bienveillance, leadership et la pédagogie nécessaires.

Le Global conservation agriculture network rassemble de tels leaders mais ils ne peuvent, seuls, impulser la dynamique nécessaire contre les forces qui la freinent. Devant la gravité des enjeux agronomique, alimentaire et climatique, les responsables politiques doivent apporter leur appui. Cela peut se faire sans argent public en développant les marchés volontaires de compensation carbone, rémunérant les agriculteurs pour stocker le carbone dans leurs sols.

Le temps n’est plus aux irréelles promesses électorales dogmatiques. L’agriculture de conservation des sols a été développée par des agriculteurs ouverts à ce qui se fait de mieux dans le monde, mais ils sont handicapés par la doxa de l’écologisme politique dominant. Y aura-t-il en Europe des responsables politiques porteurs de solutions concrètes aux problèmes, pour reconnaître l’ACS et ses acteurs, et libérer le monde agricole de ses entraves ?

Références : David Zaruk (Risk-Monger), André Heitz (Seppi Over-blog), Jean-Paul Oury (Genetic Literacy) , FAO global soil partnership

Gérard Rass est ingénieur agronome, secrétaire du Global conservation agriculture network, et membre du collectif Science technologies actions.


  Par Serge Bouzinac , chercheur au Cirad, Montpellier, France, et João Carlos de Moraes Sá , maître de conférences à l’UEPG, chercheur niveau 1D – CNPq, président de la commission technico-scientifique du FEBRAPDP

 
« Lucien Séguy nous a quittés le 27 avril, à 75 ans. C’était un véritable diffuseur du système No-Till au Brésil et dans le monde. Son travail et ses connaissances ont été fondamentaux pour la consolidation de ce système dans la région tropicale. La Fédération brésilienne du travail du sol sans paille – FEBRAPDP reconnaît cette immense contribution et exprime un profond sentiment de gratitude »

 


 
Lucien Séguy est né en 1944 dans une famille de petits producteurs de la ville de Saint Yrieix La Perche, située dans le centre de la France, fière de ses racines et de ses habitants. Il était le fils unique des quatre frères qui sont entrés à l’université et ont obtenu leur diplôme d’agronome de l’École nationale supérieure d’agronomie de Toulouse (ENSAT) en 1965, grâce à la bourse. Il s’est ensuite spécialisé en pédologie à l’ Office de la Recherche Scientifique et Technique Outre-Mer de Bondy (ORSTOM). Il a épousé Jacqueline qui l’a accompagné tout au long de sa longue carrière dans la région tropicale. En 1967, il se rend au Sénégal par l’ancien Institut de Recherches Agronomiques Tropicales(IRAT) à la célèbre station expérimentale de Bambey, mais a préféré travailler sur le terrain, dans le village de Sefa, où il a réalisé une carte pédologique de la région et fait face à son premier défi majeur, qui était d’améliorer la gestion des sols en traction animale pour la riziculture de Casamance. Au cours de cette période, il a publié un article sur le profil culturel du riz, mettant l’accent sur la distribution du système racinaire comme élément clé de la structuration des sols.
 
Les défis
En 1969, il est envoyé par l’IRAT à l’ouest de la République du Cameroun, à Dschang, pour développer et suivre plusieurs projets de riz pluvial dans les plaines de M’Bos et N’Dop avec l’extension. Développement d’études sur les systèmes de production et l’amélioration génétique du riz pluvial et irrigué. Il a supervisé des projets sur les interactions entre le génotype et l’environnement, mettant en évidence l’influence de la fertilité des sols sur les épidémies d’explosion dans la riziculture (figure 1).
Figure 1. Partenariats construits au cours de sa trajectoire au Brésil
 
Son travail a suscité un intérêt au Brésil et, fin 1977, l’IRAT a envoyé Lucien à la Maranhão Research Company (EMAPA), étant le premier expert permanent de l’IRAT au Brésil. Au cours des années 1977 et 1982, Lucien, avec l’aide de Serge Bouzinac (ils ont travaillé ensemble jusqu’aux derniers jours de Lucien), a réalisé des études sur les systèmes de riziculture pour les petits producteurs.
Lucien a continué de soutenir la diffusion des meilleurs systèmes de culture dans des consortiums riz + maïs + manioc, suivis du niébé à la fin de la saison des pluies. Il ajustait et perfectionnait les variétés de riz pluvial et irrigué pour les tropiques. Les résultats de ces activités ont suscité l’intérêt d’Embrapa-CNPAF (Centre national de recherche sur le riz et les haricots, Goiânia, GO). Lucien Séguy et Serge Bouzinac ont été invités à développer des travaux dans la région de Cerrados, initiant ainsi un accord fructueux entre le Cirad (Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) et Embrapa-CNPAF. D’innombrables résultats ont été générés par l’accord, permettant un soutien pour faire avancer les connaissances sur l’adoption de l’agriculture sans labour dans la région de Cerrados.
Entre 1983 et 1989, Séguy et Bouzinac ont concentré leurs activités dans la région de Cerrados, principalement dans les États du Mato Grosso, de Goiás et d’une partie du Tocantins; un environnement totalement différent pour eux. A cette époque, une large extension de cette région était en train d’être convertie en agriculture mécanisée. Initialement, le riz pluvial a été introduit et, au fil du temps, il a été remplacé par la culture du soja en monoculture, avec l’utilisation intensive du travail du sol par hersage successif, entraînant une érosion importante et la formation du soi-disant pied grille, ce qui a créé de graves problèmes de compression.
 

La passion de Lucien était la campagne, où il se sentait libre de partager ce qu’il savait

 
En 1984, lors d’une visite à la CCLPL (Coopérative laitière centrale de Paraná – Batavo Products, Carambeí, PR) située dans la région de Campos Gerais, il a rencontré des agronomes Hans Peeten, Josué Nelson Pavei et d’autres du service technique des coopératives. connaître le système mis en œuvre dans cette région. Il a rencontré les agriculteurs Nonô Perereira et Franke Dijkstra, pionniers de l’agriculture sans labour dans cette région. Il est retourné dans le Midwest avec de nombreuses idées à adapter à la région tropicale.
En 1985, voyant le processus de dégradation du sol par l’érosion progresser et la fertilité limitée du sol (acidité élevée, faible quantité de calcium et de magnésium et manque de phosphore et de micronutriments), ils ont commencé à travailler avec le soutien du producteur Munefumi Matsubara, de Fazenda Progresso . Pour lui, Matsubara était le producteur et le mentor qui a cru et ouvert la porte à l’introduction du système sans labour (SPD), brisant les paradigmes et contribuant définitivement à l’expansion du SPD dans le Cerrados.
 

Fazenda Progresso, à Lucas do Rio Verde-MT en 1994. À gauche Munefumi Matsubara, au centre Lucien Séguy, à droite deux chercheurs de Madagascar et en arrière-plan Fernando Penteado Cardoso – Photo tirée de Agronomic Information No. 69, mars 1995, publié par Potafós

 
Ils ont conçu des alternatives au semis direct dans la région tropicale, introduisant des espèces qui ajoutaient de grandes quantités de biomasse et de racines. D’où la grande contribution de Séguy et Bouzinac. Ils ont comparé les traitements avec une préparation en profondeur ou en terre végétale avec des systèmes sans labour pendant cinq années d’études.
Les résultats ont montré que les traitements en non-labour étaient supérieurs aux systèmes conventionnels avec labour du sol, à la fois en termes de productivité et de rentabilité et, en outre, ont augmenté la teneur en matière organique du sol (MOS) de 20%, tandis que la monoculture de soja associée à la préparation (labour et hersage) a entraîné une baisse drastique des MOS. Ainsi, le Direct Planting System introduisait les safrinhas en succession de cultures et occupait progressivement des millions d’hectares jusqu’en l’an 2000, grâce à une diffusion intense des résultats au travers de fondations, coopératives et associations de producteurs.
 
La consolidation des partenariats et la généralisation du semis direct en tant que système
De 1989 à 2002, avec le soutien de l’industrie chimique Rhône Poulenc, des accords de recherche ont été étendus à des entreprises et coopératives agricoles du Midwest et du Nord du Brésil, telles que CooperLucas, Varig Agropecuária, Sul América Agropecuária, Grupo Maeda , AgroNorte, municipalités de Sinop, MT et Caxias, MA et Goiás Agricultural Research Corporation (Emgopa). Ce fut un jalon dans l’avancement du DOCUP dans la région parce que le travail visait à adapter les alternatives que le semis direct prévoit pour différentes situations climatiques dans ces régions. L’action pionnière du groupe Maeda dans l’introduction du non-labour du coton a été remarquable. En collaboration avec des partenaires, Lucien Séguy a amélioré les concepts de plantation directe sur les couvertures végétales permanentes (SCV), en assimilant ces couches de résidus végétaux, comme la litière forestière,
 

Figure 2. Schéma du fonctionnement des toits verts et des cultures commerciales conçu par L. Séguy en 1998. Photo de L. Séguy sur le système racinaire d’ Eleusine coracana , l’une des espèces proposées pour composer le système de production

 
Cette vue était basée sur la plus grande efficacité des toits à récupérer les nutriments déplacés vers les couches plus profondes. De plus, il a créé de nouvelles alternatives sur les haies, encore plus économiques (par exemple, soja sur pelouse Tifton ou maïs sur Arachis pintoï ). Avec AgroNorte, Lucien revient à l’une de ses premières passions: l’amélioration du riz pluvial avec le succès d’une variété, le Cirad 141, qui couvrirait des milliers d’hectares dans le Mato Grosso pendant plus de cinq ans.
 

Visite à la Fazenda Progresso avec Munefumi Matsubara et Serge Bouzinac (en haut à droite) et avec le groupe Maeda (au centre et en bas à droite)

 
De 2002 à 2012, de nouveaux fronts ont été ouverts et ont permis de mener ces travaux au Brésil avec l’Université de São Paulo (USP) à travers le Centre pour l’énergie nucléaire en agriculture avec le Prof. Dr Carlos Clemente Cerri et autres, puis en 2005 avec l’Université d’État de Ponta Grossa (UEPG), en plus de partenariats avec la municipalité de Sinop, avec le groupe Maeda. Il a ouvert de nouveaux fronts avec l’Institut Mato Grosso du Coton (IMA-MT) pour améliorer les systèmes de coton sans labour et développer des mélanges de plantes visant à activer la vie biologique et à améliorer la fertilité des sols. Avec UEPG, par le biais du Prof. Dr. João Carlos de Moraes Sá (Juca Sá) a organisé des formations annuelles pour les chercheurs, enseignants et agronomes liés au Cirad, avec des participants de plus de 13 pays sur le système de semis direct. Six éditions annuelles ont formé plus de 90 personnes, mettant à la disposition des partenaires du Cirad les moyens de l’Agence Française de Développement (AFD) pour interagir avec nos équipes à Campos Gerais do Paraná. En 2010, le Conseil de l’Université UEPG a décerné la Médaille d’honneur au mérite comme titre de «Docteur Honoris Causa» de l’UEPG.
 

En novembre 2010, l’ancien doyen de l’Université d’État de Ponta Grossa, Prof. Le Dr João Carlos Gomes a remis la médaille du mérite universitaire et le diplôme à Lucien Séguy

 
Quoi qu’il en soit, parallèlement à tous ces travaux au Brésil, Lucien Séguy a effectué des centaines de missions de soutien et d’orientation chaque année depuis 1984 dans de nombreux pays tropicaux d’Afrique, d’Asie et de Madagascar, dans le but de diffuser et d’adapter tous ces nouveaux au monde tropical. technologies développées au Brésil avec différentes espèces végétales entre différents continents. On disait qu’il avait plus d’heures de vol que le plus ancien pilote de Boeing.
En 2009, il prend officiellement sa retraite du Cirad, mais avec l’énergie et l’enthousiasme qui lui sont propres, il ouvre de nouveaux chantiers, soutenant en France un groupe d’agriculteurs pionniers du SCV, convaincus par leurs travaux tropicaux et, par la suite, conquérant Le Canada entre au Québec, après l’invitation de l’agronome Louis Pérusse, qui a demandé de l’aide pour développer le système de non-labour dans ces régions froides du pays. Sous un couvert de neige, il réhabilite le blé d’hiver, faisant germer du soja trois semaines avant la récolte, gagnant ainsi un mois pour la croissance du blé avant l’hiver et anticipant la récolte de ce blé d’hiver d’un mois pour s’ouvrir. la possibilité d’implanter des mélanges végétaux.
Insatisfait et infatigable, il recherche également des axes de recherche dans le sud du Brésil, dans les États de Santa Catarina et Rio Grande do Sul avec de jeunes agronomes brésiliens qui diffusent ces systèmes à base de plantes de couverture multifonctionnelles sur des dizaines de milliers d’hectares.
Lucien Séguy a connu une carrière extrêmement riche, passant de la pédologie à l’agronomie puis à la gestion écologique des sols. Il a développé des œuvres dans plus de 30 pays et dans les différentes conditions pédoclimatiques des régions équatoriales et tropicales, méditerranéennes et tempérées. Il a formé, conseillé et guidé d’innombrables agronomes et partenaires du Cirad à travers le monde, toujours avec sa générosité et son amitié, et il lui manque maintenant beaucoup de cœurs. L’un de ses préceptes les plus marquants était, dans la mesure du possible, de travailler sur «L’HARMONIE AVEC LA NATURE», qui fait toute la différence dans les systèmes de conservation de la gestion des sols, de l’eau et de l’atmosphère. Lucien Séguy laisse un héritage et une réflexion aux plus jeunes: il n’y a pas de réalisations sans risques et cela fait partie des actions que nous menons. Il vaut mieux faire des erreurs en essayant de bien faire les choses que d’omettre.
Nous dédions cela en mémoire à Jacqueline, sa femme et grande compagne, ainsi qu’à ses enfants Sandrine et Yannick qui l’ont accompagné durant les derniers mois de sa vie.
 
Messages d’amis et de personnes ayant eu des expériences avec Lucien Séguy
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Les premières expériences
Dans les années 80, j’ai suivi les travaux de recherche à la Fazenda Progresso de M. Munefumi Matsubara (Lucas do Rio Verde, MT) menés par le Dr Lucien Séguy et Serge Bouzinac. Je me souviens de son enthousiasme dans les tranchées montrant la grande activité microbienne des sols tropicaux, l’importance de la diversité végétale et des systèmes racinaires profonds pour le cycle des nutriments (« pompe biologique »). À cette époque, nous avons également fait les premières expériences de semis direct en MT, sur ma propriété, Fazenda Capuaba. Nous connaissions la nécessité de développer un système de production agricole basé sur les caractéristiques du sol et adapté au climat tropical, avec une diversité végétale et une protection constante des sols. À ma grande surprise, en 2017, 30 ans après les premières expériences, J’ai été extrêmement heureux de recevoir une visite de Séguy et Bouzinac où ils ont vu les résultats à long terme de leurs enseignements. Certes, le chercheur Séguy a laissé un grand héritage pour le succès de l’agriculture sous les tropiques, il mérite tous nos honneurs.

José Carlos Soares, Lucas do Rio Verde, MT

 
Lucien Séguy, Serge Bouzinac et José Carlos Soares (Zecão) à Faz. Capuaba à Lucas do Rio Verde, MT
 


 
Vos racines resteront
Nous remercions profondément notre mentor Lucien Séguy pour l’amitié, le dévouement et les enseignements qui nous ont inspirés tout au long de notre parcours à la recherche du développement d’une agriculture plus productive et durable. Dans notre sol, ses racines resteront.
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Hommage à Raíx Sementes

 
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Formation inoubliable, opportune, pratique et efficace en agriculture de conservation avec L. Séguy dans le Cours International de Ponta Grossa.
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Dr. Manuel Reyes Resarch Professeur, Kansas State University
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Les disciples de Lucien
Nous exprimons notre immense gratitude d’avoir été formé par Lucien Seguy et d’être ses amis. Nous avons appris que ce défi pour la conservation et l’agriculture durable basé sur le semis direct est une mission. Aujourd’hui, nous travaillons dans le monde entier, recherchons, diffusons, partageons les enseignements et consolidons le système de semis direct de haute qualité que nous en avons appris. Nous cherchons à évoluer et à adapter la plantation directe à la diversité des conditions dans les pays dans lesquels nous opérons (France, Canada, Madagascar, Cameroun, Cambodge, Laos, Vietnam, Côte d’Ivoire, Nouvelle-Calédonie, Tunisie, Thaïlande et autres). Il a construit un vaste réseau d’agriculteurs, agronomes, chercheurs, sur les différents continents et toujours à la recherche de partenariats. Il a réussi à établir un programme de formation à l’UEPG de 2005 à 2012 avec le Prof. Juca Sá qui nous a encore plus unis. Lucien nous a enseigné le concept de «pompe biologique» basé sur une grande diversité de plantes qui ont déclenché l’intégration culture-élevage-forêt ainsi que les systèmes développés pour la culture bananière en Guadeloupe et en Martinique. C’était un homme bon et généreux qui appréciait profondément l’amitié. Il n’a jamais manqué de servir ceux qui le recherchaient et était toujours ouvert avec bonne humeur, pensant et faisant sans s’arrêter. Il laisse un héritage au Brésil et au monde. Repose en paix et sache que nous serons ici pour continuer ton travail. généreux qui a profondément apprécié l’amitié. Il n’a jamais manqué de servir ceux qui le recherchaient et était toujours ouvert avec bonne humeur, pensant et faisant sans s’arrêter. Il laisse un héritage au Brésil et au monde. Repose en paix et sache que nous serons ici pour continuer ton travail. généreux qui a profondément apprécié l’amitié. Il n’a jamais manqué de servir ceux qui le recherchaient et était toujours ouvert avec bonne humeur, pensant et faisant sans s’arrêter. Il laisse un héritage au Brésil et au monde. Repose en paix et sache que nous serons ici pour continuer ton travail.

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 Serge Bouzinac, Hubert Charpentier, Patrick Julien, Stéphane Boulakia, Florent Tivet, Louis Perusse, Oumarou Boularabé, Hoá Tran Quoc, Pascal Lienhard, Frédéric Jullien, André Chabanne, Olivier Husson, Roger Michellon, Jean Claude Quillet, Jean Luc Vaymel, Lydie Noël Deneuville, Sandrine et Alain Gallon, Christian Abadie, Hélène Leduc, Aubin Lafon, Sarah Singla, Sylvain Hypolite, Christine Cassino et Roger Michell
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L’histoire dans la formation des nouvelles générations
 Le système de plantation directe, qui a été consolidé comme la meilleure proposition de durabilité, a été conçu en réunissant les initiatives et les dédicaces d’innombrables personnes et institutions. Certains d’entre eux se démarquent. Aujourd’hui, nous manifestons pour pleurer la perte de Lucien Seguy, chercheur au Cirad, qui, avec Serge Bouzinac, a beaucoup fait pour le Cerrado, le SPD et notre agriculture, lors de la compréhension et de la diffusion des services de rotation des cultures, base de concepts encore sont conçus pour l’agriculture moderne. De même, il a contribué à la reconnaissance internationale du SPD conçu au Brésil. L’ Université de Londrina État UEL et son département d’agronomie s’associent à FEBRAPDP pour rendre cet hommage et sont prêts à valoriser et à utiliser cette histoire dans la formation de nouvelles générations.
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Prof. Dr Adilson Luiz Seifert, chef du département d’agronomie à l’Université d’État de Londrina

 
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Le volcan d’une idée
J’ai beaucoup appris de Lucien. Je l’ai rencontré dans les années 80, à Ponta Grossa, lors de sa visite à la Fondation ABC. Lors de la visite sur le terrain, il a continué de commenter chaque situation qu’il a vue. C’était un volcan en éruption et des idées montaient encore et encore. Une personne phénoménale! C’était difficile de le suivre! Depuis lors, nous nous sommes rencontrés lors de congrès, d’événements sur le terrain et de conférences. Nous avons parlé de faire quelque chose ensemble, jusqu’à ce qu’en 2004 l’occasion se présente de développer un partenariat et, en 2005, nous avons mis en place l’accord UEPG – CIRAD. Les fonds provenaient de l’AFD (Agence française de développement) et affectés au Laboratoire de la matière organique du sol (LABMOS) pour l’équipement et la formation des partenaires du Cirad. C’était 10 ans de travail. Un saut de qualité dans lequel nous avons consolidé une équipe et sommes devenus une référence dans l’étude de la matière organique du sol. Si je devais résumer en un mot ce que je ressens pour Lucien, c’est la GRATITUDE. Repose en paix, mon ami.
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João Carlos de Moraes Sá, professeur principal à UEPG, Research Productivity Scholarship Level 1D – CNPq, président de la Commission technique et scientifique de la Fédération brésilienne du non-labour et de l’irrigation
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Un être électrique …
J’ai eu le privilège de suivre de près, une partie du gigantesque travail développé par Séguy dans l’État du Mato Grosso, avec deux fidèles compagnons – Serge Bouzinac et Munefumi Matsubara. Ses recherches sur les cultures de couverture, le recyclage des nutriments et la vie biologique du sol ont fourni la base scientifique du système de non-labour, maintenant largement adopté du nord au sud du pays. Séguy était un être électrique, très agité, ému par sa passion pour l’agriculture proche de la nature, ce sommet étant la plantation directe au dessus de la couverture vivante, objectif qu’il recherchait. Doté d’un grand talent pour la peinture (il était assistant d’un peintre célèbre), il a traduit ses concepts agronomiques en graphiques et figures élaborés avec lesquels il a illustré la publication «Du transfert de technologie Nord-Sud aux systèmes sans labour, dans une zone tropicale humide», éditée en 1996. L’agronomie est en deuil et le monde est plus pauvre sans Lucien Séguy. Mais votre exemple demeure.
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Tsuioshi Yamada, ancien directeur de l’IPNI, 1977-2007
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Lucien Seguy au centre: journée champêtre à Sinop, MT, 1995 – Photo prise par T. Yamada

 
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Ce citoyen du monde
 Notre collègue Lucien Séguy est décédé le 27 avril, à l’âge de 75 ans. Notre émotion est profonde avec l’annonce de sa disparition. Cependant, votre immense contribution à une meilleure agriculture sera votre grand héritage. Des souvenirs importants restent, depuis sa classe, au début des années 90, dans la discipline des problèmes de fertilité des sols, pour les étudiants diplômés du Département des Sciences du Sol (ESALQ / USP) et de notre visite au Cirad de Montpellier ( France), en 1999. Au Brésil, où il a commencé ses travaux en 1978, Lucien Séguy était un chercheur impliqué dans la mise en œuvre et la diffusion du semis direct. Ce citoyen du monde a eu une influence et une contribution importantes sur notre agriculture. Votre intelligence, votre simplicité et votre générosité feront défaut! 
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Godofredo Vitti, Prof. Titulaire émérite, ESALQ-USP et Valter Casarin, ESALQ-USP

 
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Infatigable et enthousiaste
Chercheur au Cirad, France – Grand guerrier infatigable, enthousiaste et dynamique! Spécialiste en sols, plantes, gestion et semis direct. En collaboration avec Serge Bouzinac, son éternel collaborateur a développé de nombreuses œuvres validées et utilisées par des producteurs de nombreux pays du monde! J’ai eu le plaisir d’être avec lui plusieurs fois, lors de visites sur le terrain à la Fazenda do Matsubara à Lucas do Rio Verde, dans les années 80, pour tester différents plans de toiture, en collaboration avec Cooperlucas et aussi le grand et profond travail à Sinop, MT, avec Agronorte, Maronese et Team! Lancement de cultivars et beaucoup de diffusion de systèmes durables auprès des producteurs et techniciens! Le monde entier de la science et des agriculteurs perdent beaucoup avec leur départ et leur absence dans les systèmes de production les plus divers du monde!
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Ademir Calegari, chercheur principal chez Iapar, consultant privé – gestion des sols / plantes de couverture (système de plantation directe)

 
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Passion et dévouement
J’ai rencontré le Dr Lucien Séguy à l’Université fédérale de Goiás pour parler du système Barreirão avec le chercheur João Kluthcouski, en 1984, et je l’ai revu en 2016! Excellent exemple et avec beaucoup de passion et de dévouement dans les enseignements! Dès lors, j’ai commencé à me consacrer à l’utilisation des cultures de couverture en agriculture.
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Agronome David Campos Alves
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Fleuri et porté des fruits
Le développement de l’agriculture dans le Cerrados, et du non-labour dans la paille, a eu la contribution du Dr Lucien Seguy et de son compagnon Serge Bouzinac. Les graines qu’il a semées ont fleuri et ont produit des fruits abondants et, en ce moment, nous avons des remerciements et de la gratitude. Allez en paix! Lucien, ton passage ici a été réussi!
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Carlos Pitol, Dourados, MS

 
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Dur et passionné …
Lors de la récolte 2009/2010, j’ai eu l’occasion de rencontrer et de travailler avec les chercheurs Lucien Seguy et Serge Bouzinac, lorsque j’ai rejoint le département de recherche de l’IMAmt, à Primavera do Leste MT. Persévérant, passionné et passionné. Une figure unique, qui nous laisse un héritage et prend notre nostalgie. Condoléances et un gros câlin à la famille et aux amis.
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Agronome Marcio Caldeira, coordinateur technique Araunah Agro

Des agriculteurs « réinventent » leurs tâches en améliorant l’état des sols

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2003945/temiscamingue-methode-csv-sols-cultures

L’agronome Louis Pérusse fait pousser des plantes adaptées à l’ombrage, comme dans ce champ de maïs.

PHOTO : RADIO-CANADA / BIANCA SICKINI-JOLY

« Il faut se réinventer, tout coûte de plus en plus cher », souligne Gilles Bérubé.

Le producteur de cultures commerciales à la Ferme Lubé, à Notre-Dame-du-Nord, fait partie d’une cohorte de six producteurs du Témiscamingue qui tentent de modifier leurs pratiques pour conserver les sols.

Il faut diminuer nos tâches de travail. La main-d’œuvre nous est aussi difficile à trouver, ajoute-t-il.

Les agriculteurs intègrent le système de semis directs sur couverture végétale permanente (SCV). Une méthode pour éviter de labourer le sol et réduire l’usage des pesticides.

L’un des copropriétaires de la Ferme Lubé, Gilles Bérubé, a apprécié les conseils de l’agronome Louis Pérusse.

PHOTO : RADIO-CANADA / BIANCA SICKINI-JOLY

Gilles Bérubé a amorcé ses démarches il y a cinq ans. Ses premières expériences avec le maïs n’avaient pas été fructueuses. Il en apprend davantage sur la méthode depuis le mois de décembre.

Le but de tout ça, c’est d’enrichir nos sols, de ne pas les voir se dégrader. On sait qu’il y a des endroits où les sols se dégradent, qu’ils se compactent. On veut éliminer ça. On a la chance de pouvoir profiter des expériences des autres, autant bénéfiques que [celles] qui ont été désastreuses, signale M. Bérubé.

La méthode SCV

Louis Pérusse, un agronome de Québec, menait un atelier de réseautage avec des producteurs agricoles qui utilisent les principes du système de semis directs sur couverture végétale permanente.

PHOTO : RADIO-CANADA / BIANCA SICKINI-JOLY

Louis Pérusse, un agronome de Québec, a plusieurs cohortes dans les régions de la province. Il a visité les fermes du Témiscamingue jeudi.

On veut, dans un système de rotation, augmenter le nombre d’espèces utilisées et ces plantes, qu’on va intégrer avec des cultures de récoltes, ont des fonctions pour amener des fertilisants, contrôler des maladies, entre autres. On veut intégrer ça et l’objectif de la cohorte est d’initier cette démarche et de permettre aux producteurs de se situer chez eux, explique M. Pérusse.

Celui-ci constate que les cultures du Témiscamingue sont en bon état. On espère que l’automne sera plus beau que l’été, conclut-il.

Avec les informations de Bianca Sickini-Joly et la collaboration d’Emily Blais

SCV Lucien Séguy dans le 58 selon paysannature

Objectif récolter du soleil avec les plantes pour se nourrir durablement et sainement …..!!

Je vous passe l’histoire de l’agriculture, je tiens juste à préciser que ces dernières années, l’ « exploitant agricole » face à ses conseillers « en performances » a largement oublier que son meilleur outil, c’est le sol, et que c’est un outil vivant …..

Ces conseils de performance d’exploitation agricole ont organisé une razzia sur les sols, encouragé par des politiques gouvernementales axées sur la course aux bulletins de vote et aux performances destructrices d’une alimentation accessible aux consommateurs/électeurs toujours moins cher avec des qualités nutritionnelles à disparaître….. il faut prendre toute la production des parcelles pour garantir un revenu de subsistance à l’exploitant agricole . Il faut des parcelles propres de toute adventices, de tout parasites, de toute maladies, pour avoir le rendement volumétrique maximum pour rentabiliser les échanges commerciaux extérieurs via les ports …..Je pense que cette voie n’est pas la bonne, déjà pour un paysan respectueux de ses sols, c’est la marge que procure durablement ses cultures qui est prioritaire….

Ces choix de société basés sur des records à battre ont engagés la vie de nos sols agricoles dans une impasse très risquée….

Le sol, nos sols sont donc vivants et quand il y a de la vie, il y a automatiquement de la nourriture, la vie du sol se nourri chaque jour, toute l’année.

Le paysan en SCV est donc solidaire avec son sol et lui réserve une part de nourriture, sans parler aussi de son habitat, moins ce sol SCV sera perturbé, plus il sera performant et en plus au fil du temps, ces performances s’accumulent …..Quand Lucien évoque le fil rouge à suivre qu’est la forêt, ça permet de comprendre que la Nature a tout organisé depuis déjà très longtemps avec un certain succès ( à ce stade, on pourrait se remémorer une certaine fable de Jean de la Fontaine)

On propose donc ici avec le SCV Lucien SÉGUY , un autre concept d’agriculture nouveau en France, il faut apprendre à gérer les plantes que l’on appelle Mauvaises Herbes ou adventices, on a pas compris que ces plantes peuvent , sont des alliés de nos sols, chaque plante a un rôle à jouer, à cumuler pour la performance du sol , on doit remplacer petit à petit ces plantes adventices par ce que Lucien appelait des plantes de services.

Pendant la, les cultures, entre les cultures on va s’associer à un panel de pantes de services en leur proposant de rendre des services ciblés aux bénéfices du sol et donc des cultures de productions

DENEUVILLE Noêl

Christophe NAUDIN sur twitter