LUCIEN SÉGUY (1944-2020),AGRONOME DU GÉNIE VÉGÉTAL

Lucien Séguy est né dans une famille de petits paysans du nord Dordogne, fiers de leurs racines et durs à la tâche. Il sera le seul de sa fratrie de quatre frères et sœurs à accéder à l’université. Diplôme d’ingénieur agronome de l’ENSA Toulouse en poche, suivi d’une spécialisation en pédologie à l’ORSTOM (ex IRD…) de Bondy, il épouse Jacqueline qui l’accompagnera durant toute sa carrière. Son service civil se déroule au Sénégal de 1967 à 1969 ; à la grande station IRAT (Institut de Recherche Agronomique Tropicale) de Bambey, il préfère une affectation en brousse, Sefa. Il y refait une carte pédologique et s’attaque à l’amélioration du travail du sol en traction animale des rizières de Casamance.
La suite de cet hommage à lire dans l’article ci-joint publié dans la revue TCS n°108 en 2020.

https://agriculture-de-conservation.com/IMG/pdf/tcs108_echos_hommage.pdf

AGRONOMIE, ÉCOLOGIE ET INNOVATION. TCS N°108. JUIN/JUILLET/AOÛT 2020

Liens à visiter

lucien seguy.org de M. Cédric Cabannes

Ce site est une initiative créée pour rendre hommage à Lucien Séguy et à son oeuvre.
L’objectif est de fédérer une communauté d’agriculteurs qui vont continuer à faire vivre les travaux de Lucien pour inspirer une agriculture durable.

https://agriculture-de-conservation.com/ de Frédéric Thomas

Réflexion sur la biodiversité

Ce terme qui désigne la variété des formes de vies sur terre s’apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces qui les composent ainsi que leurs interactions et niveaux d’organisation. Depuis le sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992, la préservation de la biodiversité est considérée comme un des enjeux essentiels du développement durable et les pays signataires se sont engagés à préserver et restaurer la diversité du vivant. Après l’année de la biodiversité en 2010, une plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) qui réunit un groupe d’experts de manière similaire au GIEC est chargée de conseiller les gouvernements sur cette thématique majeure. Au-delà des raisons éthiques, la biodiversité est essentielle aux sociétés humaines qui en sont complètement dépendantes à travers l’ensemble des services écosystémiques qui nous permettent de vivre.
De nombreuses espèces sont impactées voire menacées par les activités humaines et la sanctuarisation d’espaces naturels est nécessaire pour préserver cette diversité biologique. Cependant et loin de la science, la biodiversité est devenue un terme valise et fourre-tout à la mode où chacun idéalise sa vision de la nature fléchant en même temps ceux qui, soi-disant, la maltraitent : très souvent l’agriculture et les agriculteurs !

Rien ne ressemble à notre biodiversité initiale

C’est exact que pour produire de la nourriture, les chasseurs-cueilleurs qui n’étaient pas sans impacts sur les écosystèmes de l’époque, sédentarisés en agriculteurs, ont progressivement organisé des milieux naturels. L’agriculture est donc devenue l’art d’altérer ou plutôt d’aménager la biodiversité à son avantage. Plus tard, avec le développement du transport et des échanges, les agriculteurs ont déplacé, sélectionné et modifié de nombreuses espèces. Ainsi, la grande majorité de ce que nous cultivons et mangeons aujourd’hui ressemble peu aux espèces locales d’origine et vient d’autres parties du monde. Que ce soient les tomates ou le maïs pour les plus emblématiques, en passant par les céréales, beaucoup d’arbres fruitiers et même la vigne, rien ne ressemble à notre biodiversité initiale. Avec la sélection variétale, et même la création de nouvelles espèces, la biodiversité végétale de nos campagnes s’est certainement enrichie ! De plus, ces plantes sont souvent accompagnées par une activité biologique plus ou moins spécifique et même de ravageurs et de maladies, qui de fait, viennent enrichir la biodiversité locale tout en perturbant les écosystèmes existants.

Grand brassage

Bien entendu, ce grand brassage ne s’est pas fait sans accident. Citons quelques exemples emblématiques : l’introduction du lapin de garenne en Australie, l’arrivée du frelon asiatique, de la coccinelle asiatique (cf TCS 122 de mars/avril/mai 2023) ou l’invasion de plantes comme la jussie qui, après s’être échappée de bassins d’agréments et d’aquariums, est devenue depuis quelques décennies un redoutable envahisseur des milieux naturels humides. Ainsi, en matière de biodiversité, rien n’est vraiment statique mais tout est en perpétuelle évolution et adaptation.

Le sol, écosystème précieux

Par ailleurs, nous sommes sensibles à ce que nous voyons et apprécions comme les animaux, les insectes, les oiseaux mais beaucoup moins à ce qui est petit et caché. À ce titre, les sols sont certainement un réservoir très sous-estimé en matière de biodiversité. Ils n’hébergent pas que des vers de terre, des carabes, des collemboles et des larves d’insectes. On y trouve également des nématodes, des bactéries et des mycorhizes. Lorsque des analyses d’ADN nous révèlent plus de 500 « génotypes » différents de ces précieux champignons auxiliaires dans une petite poignée de terre, rien que ce niveau nous laisse présager de la richesse et de la diversité de cet écosystème précieux. En agriculture, il est bien entendu essentiel d’encourager cette biodiversité même si elle recèle quelques trouble-fêtes comme les taupins, certains nématodes ou autres champignons pathogènes. Ces réseaux trophiques sont essentiels pour décomposer les résidus, recycler la fertilité et la transférer aux végétaux mais aussi organiser la matrice sol qui est leur habitat et réguler une partie des « ravageurs ». Vu sous cet angle, on comprend pourquoi le travail du sol peut être un énorme stress pour cet écosystème et cette biodiversité. Tout en perturbant les horizons, il détruit inévitablement un certain nombre d’individus et souvent les plus gros comme les vers de terre qui sont déjà un écosystème à eux tout seuls. Il déstructure et désorganise profondément le milieu qui va se réchauffer et s’assécher plus rapidement tout en perturbant les connections et échanges entre les êtres vivants. Cependant, en système conventionnel, une autre organisation de vie existe et s’adapte ; elle est seulement différente.
Ce constat nous amène à deux réflexions fondamentales :
- La biodiversité n’a rien de stable et les équilibres naturels, trop souvent mis en avant, ne sont qu’apparence. Il ne s’agit en fait que de déséquilibres continus entre les acteurs qui s’ajustent aux conditions de milieu et les uns par rapport aux autres, donnant cette sensation de stabilité. La vie s’adapte en permanence avec une biodiversité propre à chaque milieu que ce soit une forêt, un champ de blé, une prairie ou même une ville. Inversement, la biodiversité d’un milieu est source de résilience c’est-à-dire de capacité de réaction et d’adaptation par rapport à des changements de conditions.
- Si beaucoup de personnes centrées « individu » et « milieu » cherchent à supprimer les sources d’agression, elles oublient trop souvent la ressource alimentaire qui est la clé de voute de tout écosystème. Les plantes et la photosynthèse qui sont l’entrée de l’énergie dans le vivant sont donc essentielles à ce niveau. Ainsi, en agriculture comme ailleurs, si la diversité végétale est un atout, il ne faut pas négliger la productivité et donc la biomasse laissée au milieu. C’est ici que l’ACS introduit une différence importante avec les autres systèmes de cultures en apportant d’imposants couverts végétaux multi-espèces et une continuité de photosynthèse. C’est cette biomasse qui nourrira en premier les « herbivores » mais aussi toute l’activité collaborative des plantes, comme les insectes qui profitent du nectar et du pollen ou les bactéries des exsudats racinaires. Vient ensuite une horde de décomposeurs et détritivores qui consomment les résidus laissés au sol, les corps et les déjections de la première chaine de consommateurs. Ils seront ensuite relayés par des réseaux très longs et ramifiés d’êtres vivants qui puiseront un peu de l’énergie restante dans les liaisons entre les atomes de carbone tout en restituant à chaque étape une partie des éléments minéraux liés.
Ainsi et tout au long de ce processus, la fertilité mobilisée par les végétaux est redistribuée et le carbone repart dans l’atmosphère sous forme de CO2. Celui-ci est certainement aussi accompagné d’un peu de méthane (CH4) et d’autres GES, vu que les processus de digestion du sol sont assez proches de ceux des polygastriques comme les vaches. Certains laboratoires vont même jusqu’à évaluer l’activité biologique des sols en mesurant leurs niveaux d’émission en CO2. Bien qu’assez futile, c’est simple avec une approche globale et fonctionnelle intéressantes.

Les milieux agricoles ne sont pas sans biodiversité

Nos sociétés doivent donc accepter que les milieux agricoles soient organisés mais ce n’est pas pour cette raison qu’ils sont sans biodiversité. Le bocage, souvent mis en avant comme idéal, n’a rien d’un milieu naturel ; c’est un milieu complètement façonné par l’agriculture. Certes, certains paysages agricoles sont devenus trop monotones, ce qui réduit de fait la biodiversité qu’ils hébergent et il conviendrait de penser corridors et zones de compensation écologique. Cependant de nombreux agriculteurs et beaucoup d’ACSistes cultivent des formes de diversité dans leurs champs qui viennent enrichir la biodiversité générale du territoire.
Un niveau de productivité élevée est essentiel afin de préserver d’autres territoires plus « naturels ». À ce titre, à la révolution française, les forêts n’occupaient plus que 9 millions d’hectares, mais depuis, elles ont pu se développer sur le territoire et continuer de progresser de 20 % depuis 1985 pour atteindre 17 millions d’hectares en 2020, soit une couverture de 31 % du territoire métropolitain. Il s’agit bien d’extension de milieux « naturels » mais avec une biodiversité différente. Une autre partie importante de la surface agricole a été simultanément transformée en villes et infrastructures grignotant de nombreux espaces naturels. Il est donc normal que les mesures comparatives de biodiversité dans le temps donnent des informations différentes sur les insectes et sur les oiseaux reprises de manière alarmiste qui deviennent des vérités pointant seules l’agriculture et la « chimie » comme responsables.

Une mutation s’est opérée

Cependant, en examinant plus en détail les recherches et publications notamment celles du CNRS de mai dernier, on constate que les oiseaux des milieux agricoles ont diminué de 38 % comme ceux des milieux urbains (-29 %) entre 1985 et 2020. Cependant, les oiseaux classés « généralistes » parmi lesquels on retrouve les corbeaux, corneilles, geais, étourneaux, pigeons et bien d’autres ont connu, sur la même période, une croissance de 22 %. C’est donc plus une mutation qui s’est opérée et ces généralistes de moins en moins bien « contrôlés » voire « protégés » sont certainement venus consommer une partie des ressources alimentaires des oiseaux des champs, et faire de plus en plus de dégâts sur les cultures, comme ce fut le cas ce printemps. Cet exemple montre bien qu’en termes de biodiversité, il est très risqué d’avoir une lecture orientée avec des causalités simplistes. Une vision large avec un inventaire de la globalité des interactions s’impose.
Dans le même ordre d’idée, faut-il supprimer le nombre de vaches pour sauver la planète du réchauffement climatique ? Effectivement, nos bovins émettent du CO2 et même un peu de méthane. Comme beaucoup d’herbivores, ils consomment des plantes et donc de la photosynthèse, que nous ne pouvons pas valoriser, pour les transformer en aliments. Ce n’est donc pas du CO2 additif comme celui émis par du charbon ou toute autre énergie fossile, mais un carbone qui est recyclé pour alimenter les écosystèmes et nous-mêmes en énergie solaire. Ces vaches ne sont que les premiers maillons des chaines de recyclage de la matière végétale qui, d’une manière ou d’une autre, devra être décomposée et minéralisée pour restituer la fertilité au système. Intégrées dans cette vue d’ensemble, il n’est pas si sûr que les vaches soient si impactantes.

Faire confiance aux acteurs du quotidien

Limiter le nombre de vaches, c’est également réduire les prairies, sources de biodiversité et points d’abreuvement stratégiques pour beaucoup d’oiseaux et d’insectes en été. C’est aussi réduire les bouses et les tas de fumiers qui sont des multiplicateurs d’insectes très appréciés par les oiseaux. C’est enfin menacer des arbres, des haies et une mosaïque de paysages agricoles favorables à la biodiversité.
Force est de constater que les politiques environnementales, à l’image du cas des bovins, sont de plus en plus animées par des « experts » hors sol avec des approches très orientées. Pire, leurs mesures simplistes deviennent aberrantes pour un regard systémique et peuvent souvent entrainer une aggravation des impacts globaux. Faire confiance aux acteurs du quotidien qui sont les meilleurs observateurs et experts et accepter la complexité du vivant avec une gestion des questions environnementales en compromis est certainement le meilleur moyen d’avancer sereinement et surtout d’avoir un vrai impact local comme global, tangible et durable.

ENCADRÉ
Évolution des flux de carbone et d’azote lors des processus de décomposition et de minéralisation.
Lorsque les résidus organiques (paille, couvert, fourrage, fumier, compost…), qui contiennent environ 45 % de carbone, sont remis au sol, un ensemble d’activité biologique se succède pour consommer cette biomasse, en extraire la matière nécessaire à sa constitution mais aussi à son énergie. Ainsi, en coupant les liaisons carbonées, des plus simples aux plus complexes, ces chaînes de vie vont renvoyer petit à petit dans l’atmosphère le carbone d’entrée tout en libérant les éléments minéraux et entre autres l’azote réutilisable par les plantes.
Sans la présence d’herbivores, les résidus trop carbonés (C/N supérieur à 25) retournés au sol vont entraîner une « faim d’azote » que l’on constate assez souvent en ACS sans la minéralisation du travail mécanique. Outre mobiliser tout l’azote libre du sol, cette activité de décomposition, en quête d’azote pour se multiplier, consomme alors une partie des matières organiques du sol dont le C/N est beaucoup plus bas, libérant ainsi du carbone stocké. C’est en partie pour cette raison que l’incorporation massive de pailles ne contribue pas autant que beaucoup le pensent, à la croissance du taux de MO.
L’intégration des animaux dans le système va bien sûr émettre du carbone (environ 60 % du carbone ingéré) qui est utilisé pour leur métabolisme et leur production. Cependant, cette transition par le rumen et les estomacs des herbivores qualifie (réduit fortement le C/N) la nourriture apportée à l’activité biologique du sol qui, elle, émettra moins de carbone et certainement d’autres GES, limitera les faims d’azote et le déstockage du carbone déjà présent dans les MO du sol avec un retour plus rapide de l’azote et de la fertilité pour plus de photosynthèse future. C’est en partie pour cette raison qu’une prairie productive peut être considérée comme un « puits » de carbone. Malheureusement, sans les vaches, l’affaire sera plus compliquée. C’est aussi pour cette raison que l’élevage pâturant intégré dans les itinéraires ACS, apporte des bénéfices en matière de qualité de sol et retour de fertilité.

Frédéric Thomas

Lucien Séguy

https://www.amicaledesanciensducirad.fr/index.php/vie-de-l-adac/collegues-disparus/seguy-lucien

Hommage de l’amicale des anciens du CIRAD

Notre collègue Lucien Séguy est décédé, le 27 avril 2020, à l’âge de 75 ans à son domicile en France. 

Né en 1945 dans une famille de petits paysans du nord de la Dordogne, fiers de leurs racines et durs à la tâche, Lucien sera le seul de sa fratrie à accéder à l’université et à se former, grâce aux bourses de la République, comme ingénieur agronome ENSAT (Ecole nationale supérieure agronomique de Toulouse) en 1965, suivi d’une spécialisation en pédologie à l’ORSTOM de Bondy.

Il se marie à la fin de ses études avec Jacqueline qui l’accompagnera durant toute sa longue carrière à l’étranger. Son service militaire se déroule en coopération au Sénégal, de 1967 à 1969, d’abord à la station IRAT de Bambey, puis à Sefa, où son premier grand défi sera d’améliorer le travail du sol en traction animale pour la riziculture de la Casamance sur les « sols gris » qui bordent ses nombreux cours d’eau et marigots.

A partir de 1969, il est affecté par l’Irat dans l’Ouest Cameroun à Dschang d’où il monte et accompagne des projets rizicoles pluviaux sur les plaines des M’Bos et de N’Dop avec la Satec, sur lesquels il développe ses études systèmes de culture et amélioration variétale du riz pluvial et irrigué et il mène de front le suivi de projets productifs et des études très originales sur les interactions entre génotype et environnement (interactions entre fertilité des sols, état nutritionnel des plantes et pyriculariose du riz).

Ses réalisations ont intéressé des responsables de la recherche agronomique brésiliens et, fin 1977, Francis Bour, le directeur général de l’IRAT, l’affecte auprès de l’EMBRAPA de l’état du Maranhão. Il sera le premier expert du futur Cirad à être en poste permanent au Brésil où il restera jusqu’à sa retraite. De 1977 à 1982, il monte avec l’aide de Serge Bouzinac des études sur des systèmes de culture pour les petits paysans sans terre à base de riz pluvial en conditions de défriche-brûlis manuelle traditionnelle et en les comparant avec des systèmes mécanisés en traction animale, lesquels furent abandonnés après un an d’étude en raison des risques d’érosion catastrophique qu’ils généraient. En parallèle, Lucien cultive ses passions en appuyant la diffusion des meilleurs systèmes manuels utilisant l’herbicide basés sur les cultures associées (riz + maïs + manioc) suivi de Vigna en fin de saison des pluies et en perfectionnant les variétés de riz pluviales et irriguées pour la zone équatoriale. Ces activités et leurs résultats valent à Lucien et Serge d’être contactés par le centre fédéral de recherches sur le riz, l’EMBRAPA CNPAF de Goiânia. De 1983 à 1989, Lucien et Serge s’attaquent à un milieu totalement différent, les Cerrados du Centre Ouest brésilien, dominés par une grande agriculture mécanisée après défriche de la savane qui substitue rapidement le riz pluvial sur défriche par du soja en monoculture et technologies de culture simplifiées (TCS) généralisé, ce qui induit une érosion dévastatrice. Après un rapide diagnostic, basé sur l’étude du profil cultural, les recommandations sont simples : introduire des systèmes combinant rotations de culture (soja/riz, soja/maïs) et succession annuelle de cultures (riz + sorgho ou mil, soja + maïs ou sorgho ou mil) avec des préparations de sols profondes (labour inversé ou scarification). Ces systèmes de travail du sol plus profond ont eu du succès surtout pour la rénovation de pâturage (sistema barreirão diffusé largement par João Kluthcouski, homologue Brésilien de Lucien). Mais l’avènement du Plantio direto au sud du Brésil a changé le paradigme et à partir de 1985, avec le précieux appui d’un producteur éclairé, Munefumi Matsubara, à la fazenda Progresso, les alternatives en semis direct ont été comparées aux mêmes systèmes avec travail du sol profond ou superficiel : durant les 5 années d’études, les résultats des alternatives en semis direct ont dépassé ceux des systèmes conventionnels avec travail du sol en productivité et en rentabilité, et surtout permettent d’améliorer les teneurs de matière organique des sols, alors que sur la monoculture de soja x TCS ces teneurs s’effondrent. Les techniques de semis direct et de succession de cultures vont rapidement occuper des millions d’hectares, grâce à une diffusion intensive des résultats via les fondations et associations de producteurs.

A partir de 1989, en lien avec Rhône Poulenc, des conventions de recherches sont signées avec diverses entreprises et coopératives du Centre Ouest et du Nord du Brésil (CooperLucas, Varig Agropecuária, Sul América Agropecuária, etc.) pour adapter les techniques de semis direct aux différents acteurs dans ces régions, devenant ainsi les pionniers du semis direct sur cotonnier au Mato Grosso. Lucien Séguy a amélioré les concepts du semis direct sur couverture végétale permanente (SCV). Il a aussi créé de nouvelles alternatives SCV sur couvertures vivantes, encore plus performantes (soja sur pelouse de Tifton, maïs sur Arachis pintoï). Avec AgroNorte, Lucien est aussi revenu à ses premières amours : la génétique riz pluvial et une variété, le CIRAD 141 qui a couvert des centaines de milliers d’ha pendant des années au Mato Grosso.

Les partenariats au Brésil se sont élargis à partir de 2002 aux universités (USP, UEPG) ainsi qu’à IMA- MT, Institut Mato-grossense du coton pour la partie des systèmes de semis direct cotonniers et le développement des mélanges de plantes améliorant la vie biologique et la fertilité des sols. Avec le Dr João Carlos Sá, de l’université de Ponta Grossa, spécialiste du semis direct au Brésil, ils organisent des cours de formation aux techniques de semis direct durant 4 ans, permettant d’initier les partenaires du Cirad travaillant avec nos équipes sur les terrains du Sud. Il a reçu le titre de Docteur Honoris Causa de l’UEPG.

Parallèlement à ces travaux au Brésil, Lucien Séguy réalise chaque année de multiples missions d’appui et d’orientation dans de nombreux pays tropicaux d’Afrique et d’Asie, visant à diffuser et à adapter dans le monde tropical ces nouvelles technologies mises au point au Brésil avec échanges de matériels végétaux entre les différents continents.

À sa retraite, en 2009, il ouvre de nouveaux terrains de recherche : des réseaux se montent qu’il anime, partageant sa vision, ses idées et sa créativité, en France, autour d’agriculteurs pionniers des SCV convaincus par ses travaux tropicaux dès le milieu des années 90, puis au Québec, à l’invitation d’un agronome, Louis Pérusse, qui lui demande un appui pour développer les SCV… sous couvert de neige. Sa connaissance fine des plantes lui permet de proposer des combinaisons stimulant de multiples fonctions écosystémiques : fixation azotée par les légumineuses, stimulation des symbioses microbiennes et des vers de terre, labour biologique, contrôle des adventices par effets allélopathiques, etc… Il poursuit également ces axes de recherche au sud du Brésil, avec de jeunes agronomes qui diffusent ces systèmes à base de couverts multifonctionnels sur des dizaines milliers d’ha.

Lucien Séguy a eu une carrière scientifique exceptionnelle par ses applications, passant de la pédologie à l’agronomie puis à l’amélioration variétale et ceci dans toutes les écologies. Il a su avant bien d’autres travailler « en milieu réel », plutôt qu’en station. Il a formé, conseillé et orienté de nombreux agronomes du Cirad et de ses partenaires dans le monde qui vont se sentir un peu orphelins. Un de ses préceptes les plus marquants était de faire travailler la nature à notre profit, c’est la grande force des SCV qu’il a créés et diffusés dans le monde entier. Remettant en cause les fondements de la révolution verte, il a contribué aux bases d’une agriculture renouvelée et à la fondation de cette transition agroécologique dont le Cirad a depuis fait une de ses thématiques stratégiques.

Lucien était un homme entier, cultivé, charismatique, passionné jusqu’à l’excès. Préférant parfois l’intuition à la démonstration, il ne laissait personne indifférent. Erik Orsenna, que Lucien avait promené sur ses terrains au Brésil, le décrit comme un « moine soldat » dans son livre « Voyage aux pays du coton ». Mais si certains étaient réticents face à ses comportements parfois tranchés, nul ne peut nier que Lucien a été un agronome hors pair, doté d’une culture encyclopédique et d’une capacité exceptionnelle d’observation, capable de porter un diagnostic pertinent tant sur les situations de production que sur les gestes techniques. Il avait la passion de trouver des solutions aux problèmes concrets des paysans, aux « ploucs » dont il se disait si fier de faire partie. Tout au long de sa carrière, il a fondé une école de pensée avec une vision globale de l’agronomie dont le Cirad est redevable et qu’il continue à enrichir en empruntant les chemins ouverts par cet innovateur d’exception.

Les agricultures tropicales, la recherche agronomique en général, et le Cirad en particulier, lui doivent beaucoup et sa disparition laisse un grand vide. Nous avons tous une pensée amicale et solidaire pour Jacqueline, sa femme, et ses enfants Sandrine et Yannick qui l’ont soutenu et soigné durant les derniers mois de sa longue maladie.

1977 Ouest Cameroun
Riz pluvial Goiania BRÉSIL 1986
1980 Bouaké

Hommage de Jean-Pierre Sarthou

Mon maître, mon juge, mon centre d’inspiration principal, c’est la Nature, sous sa complexité la plus grande. Vous avez une question à poser, posez-la à la Nature et elle vous répondra ; il faut simplement faire quelques manip’ pour qu’elle vous réponde et le faire de manière scientifique pour comprendre pourquoi cette réponse, ce qu’elle veut dire exactement ». Ainsi s’exprimait Lucien Séguy en ouverture de son cours-conférence de deux jours donné aux étudiants de la spécialisation AGREST en 2016, à l’ENSAT. Je ne connaissais pas Lucien depuis longtemps mais déjà son discours franc, imagé mais clair, suintant dans chaque phrase son immense expérience de terrain doublée de bon sens, de pragmatisme et de réalisme, me fascinait. J’ai eu la chance de le rencontrer plusieurs fois par la suite, d’échanger beaucoup avec lui après nos escapades respectives dans les champs du Sud-Ouest et d’ailleurs en France, comme des tropiques latino-américains ou asiatiques, et c’était non seulement un plaisir mais une occasion unique pour moi de parfaire mes connaissances et de me faire expliquer ce que j’avais entendu et observé. Revoyant aujourd’hui la vidéo (condensée) de son intervention à l’Agro Toulouse (merci Grégory Dechamp-Guillaume, merci Christophe de Heaulme !), ayant moi-même affiné mes connaissances théoriques et pratiques sur l’agriculture de conservation des sols, je mesure mieux à présent la pertinence de ses intuitions initiales qui quelque part, me rassurent et m’expliquent bien des choses… Je mesure aussi la puissance de l’expérience du terrain et cela me conforte aussi, mais surtout lorsqu’elle est vécue sous les tropiques, où, comme le disait Lucien et me l’avait déjà démontré son disciple Olivier Husson, tout est exacerbé et tout va beaucoup plus vite qu’ici, ce qui aide à comprendre.

Je ne suis pas le mieux placé pour retracer le parcours professionnel exceptionnel de Lucien Séguy, mais une chose est sûre : cet agronome hors pair, qui a su conjuguer sous toutes les latitudes ou presque, savoir scientifique et observations empiriques, était un humaniste et un idéaliste, presque un alchimiste. Que tous les AgroToulousains qui marchent et marcheront dans ses pas, s’inspirent de son œuvre, pour l’avènement d’un pacte salutaire et fécond entre la Nature et l’Homme, dont les générations futures ont, dès maintenant, urgemment besoin.

Jean-Pierre Sarthou
Professeur d’Agronomie et Agroécologie à l’INP-ENSAT

Hommage du Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation souhaite rendre hommage, aux côtés du Centre International de recherche agronomique pour le développement, à Lucien Séguy qui a consacré son exceptionnelle carrière à la recherche et au développement des agricultures tropicales.

Né dans une famille d’agriculteurs en Dordogne, il a toujours eu à cœur de trouver des solutions aux problèmes concrets des paysans. Innovateur, il a fondé une école de pensée avec une vision globale de l’agronomie que le Cirad continue aujourd’hui à enrichir.

Lucien Seguy est l’un des pères du semis direct sur couverture végétale permanente, technique naturelle sans labour privilégiant la rotation de cultures, qu’il a contribué à développer au Brésil. Au terme de quelques années d’études et avec l’appui de producteurs, les techniques de semis direct et de successions de cultures se sont développées sur des millions d’hectares au sud du Brésil.
Passionné par la riziculture, il a accompagné au tout début de sa carrière des projets de développement des systèmes de cultures et d’amélioration variétale au Sénégal et au Cameroun. Il y reviendra également au Brésil en travaillant sur la génétique du riz pluvial et une variété, le CIRAD 141, qui a couvert des centaines de milliers d’hectares pendant des années au Mato Grosso.
Parallèlement, Lucien Séguy a réalisé de multiples missions d’appui et d’orientation dans de nombreux pays tropicaux d’Afrique et d’Asie, visant à adapter ces nouvelles technologies mises au point au Brésil.

Lucien Séguy est le précurseur d’une agriculture renouvelée, régénératrice et respectueuse des sols, fondement de la transition agroécologique qui est au cœur de la stratégie du ministre et des travaux de recherche menés par le Cirad.

Hommage de Jean-Claude Quillet

Aujourd’hui, un Grand Sage nous a quitté, j’ai perdu un ami et c’est le coeur lourd que je prends mon crayon pour écrire ces quelques lignes pour rendre hommage à son travail si précieux qu’il nous laisse en héritage et aussi à l’homme qu’il était.
En tant qu’agronome au CIRAD, sa carrière a débuté en Afrique puis rapidement au Brésil avec son collègue et compère Serge Bouzinac à St Louis dans le Maranhão au Nord du Brésil puis dans le sud Paraná et Rio Grande do Sul pour limiter l’érosion des sols en labour, il semait le maïs et le soja directement sur le labour pour garder un maximum de porosité, il s’était vite rendu compte que ce n’était pas la solution.
Avec les agriculteurs brésiliens qui avaient conscience d’aller à la faillite avec l’érosion des sols causée par les fortes pluies, en quelques années, il a trouvé la solution : ne plus travailler le sol pour toujours produire soja, maïs, blé, viande et lait sans laisser un désert derrière eux sous 1 500 à 2 500mm de pluie.
C’est en 1995, en Touraine, que nous avons commencé le semis direct sans travail du sol avec notre conseiller agricole de la chambre d’agriculture Philippe Lion et avec Claude Bourguignon qui nous a expliqué et montré au microscope que le sol était vivant !
A chaque formation Claude B. nous parlait du Brésil. C’est alors qu’en janvier 1998, je lui ai demandé le contact de Lucien au Brésil. Dès le 1er contact téléphonique, il m’a demandé « qu’avez-vous les français à vous intéresser au travail que je fais au Brésil, il y en a qui sont passés me voir et qui n’ont rien compris et rien fait en France ? ». Après quelques explications, sur ce que nous mettions en place dans nos fermes, nous avons entamé un échange riche et passionnant. C’est lors de ce premier contact que j’ai compris que c’était un homme exceptionnel que l’on ne rencontre qu’une seule fois dans vie. Son cerveau était une véritable encyclopédie des plantes de toute la planète, il avait une mémoire, un savoir énorme …
En juillet de la même année, nous sommes allés chez lui à Angoisse en Dordogne avec Jacques Fortin, où nous avons passé une journée mémorable. Puis, il est venu à Montlouis pour faire un état des lieux avec son collègue Hubert Charpentier et Claude Bourguignon, ce fut là aussi une journée mémorable. A cette occasion, nous avons décidé de lui rendre visite au Brésil en décembre 1998 avec 8 agriculteurs et pour certains leurs épouses pendant 12 jours. Il avait tout organisé sur place avec un vol interne du Paraná au Mato Grasso, plusieurs visites d’exploitations et le plus important : la visite de la plate-forme d’essais à Sinop et de comparaison sur 250ha avec des conditions climatiques encore plus difficiles (3 000mm / an pendant 8 mois et 4 mois de saison sèche). C’est grâce à ce séjour que nous avons compris l’importance des couverts végétaux pour accompagner le semis direct et la rotation des cultures.
D’autres voyages suivirent sur les sites où Lucien faisait du conseil à ses collègues à Madagascar, avec Hubert Charpentier et Olivier Husson, au Laos, au Cambodge, au Vietnam, Afrique du Sud, Cameroun, et la Tunisie où j’ai alors travaillé pour lui durant 5 ans.
Il nous certifiait que c’était le seul système agricole qui pouvait sauver la planète en reconstituant la biodiversité du sol ainsi que sa fertilité et ainsi nourrir la population mondiale dont le nombre ne cesse de grandir. Il disait « pour une fois que l’homme peut se nourrir sans dégrader et épuiser les sols et par conséquent la planète tout en les régénérant grâce à la biodiversité (les champignons, microbes, bactéries …) »
C’était un homme avec un fort caractère, à la fois souple et dur, parfois difficile. Il ne s’éternisait pas avec les personnes qui ne le comprenait pas et c’est pour cela qu’il n’était pas toujours apprécié de ses collègues chercheurs.
Lucien, c’était aussi un chercheur infatigable. Il pouvait travailler 16h par jour, faire des périples avec ses collègues pour être sur le terrain avec eux quelques soient les conditions (saison des pluies, pistes exécrables …), il s’adaptait à toutes les situations.
Il avait une passion débordante pour son métier. Il disait toujours qu’il ne connaissait qu’une petite partie du génie végétale, que la nature pouvait nous donner : en travaillant avec elle, elle travaillerait pour nous, pour aider les agriculteurs en protégeant la planète, à condition que les agriculteurs le comprennent mais aussi tous les acteurs du monde agricole. Et alors même que nous, humains, n’avons fait que de détruire la planète depuis 2 000 ans, avec une accélération depuis ces 70 dernières années par un excès de mécanisation en travaillant le sol et par un excès de chimie. Il convient aussi de saluer Serge, qui a perdu lui aussi son ami, et qui a travaillé avec lui en binôme pendant toute sa carrière et qui assurait la continuité des recherches au Brésil pendant que Lucien rendait visite à ses collègues à l’étranger afin de suivre sur place les recherches mises en place avec eux.

Depuis un an, Lucien luttait de toutes ses forces contre la maladie avec des souffrances que nul ne mérite et qui l’ont démuni jusqu’à la fin, mais il ne se plaignait pas, et restait agréable avec son entourage proche.

Mais surtout, il laisse derrière lui son épouse, Jacqueline, qui l’a accompagné pendant toute sa carrière dans tous les pays où il a travaillé et plus durement dans cette dernière année avec le soutien de leur fille, Sandrine, dans cette difficile fin de vie.

Lucien a laissé un historique de rapports de recherches en agroécologie à destination du monde agricole, des instituts et des politiques qui seront utiles.

Merci Lucien.

Jean-Claude Quillet
Agriculteur en semis-direct

Serge Bouzinac et João Carlos de Moraes Sá

Serge Bouzinac 1 e João Carlos de Moraes Sá 2
1
Pesquisador CIRAD, Montpellier – França; 2 Prof. Sênior UEPG, Bolsista de Produtividade em Pesquisa Nível 1D
– CNPq, Presidente da Comissão Técnico-Científica da Federação Brasileira de Plantio Direto e Irrigação
“ Lucien Séguy foi um verdadeiro difusor do sistema plantio direto no Brasil e mundo afora.
Seus trabalhos e conhecimentos foram fundamentais para a consolidação desse sistema na
região tropical. A Federação Brasileira de Plantio Direto na Palha reconhece essa imensa
contribuição e expressa o sentimento de profundo agradecimento ”
“in memoriam”… A jornada de um visionário
Lucien Séguy nasceu em 1944 numa família de pequenos produtores
da cidade de Saint Yrieix La Perche, localizada no Centro da França,
que é orgulhosa de suas raízes e seu povo. Ele foi o único filho dos 4
irmãos que entrou na Universidade e se diplomou Engenheiro
Agrônomo pela Escola Nacional Superior de Agronomia de Toulouse
(ENSAT) em 1965, graças a bolsa de estudo. A seguir fez especialização
em pedologia no ORSTOM de Bondy. Casou-se com Jacqueline que o
acompanhou durante toda sua longa carreira na região tropical. Em
1967 foi para o Senegal, pelo IRAT na famosa estação experimental de
Bambey, mas preferiu trabalhar no campo, no vilarejo de Sefa, onde
fez um mapa pedológico da região e encarou seu primeiro grande
desafio que foi aprimorar o manejo do solo em tração animal para a orizicultura da Casamance. Nesse
período ele publica um artigo sobre o perfil cultural com a cultura do arroz dando ênfase a distribuição
do sistema radicular como componente chave na estruturação do solo.
Os desafios
Em 1969, é enviado pelo IRAT para o oeste da República dos Camarões em Dschang para elaborar e
acompanhar vários projetos orizícolas de sequeiro nas planícies dos M’Bos e de N’Dop com a a
extensão. Desenvolveu estudos em sistemas de produção e melhoramento genético do arroz de
sequeiro e irrigado. Supervisionou projetos sobre as interações entre génotipo e meio ambiente,
destacando a influência da fertilidade dos solos nas epidemias de brusone na cultura do arroz (Figura
1).
Figura 1. Parcerias construídas durante a sua trajetória no Brasil.Seus trabalhos despertaram interesse no Brasil, e no final de 1977, o IRAT enviou Lucien para a EMAPA
(Empresa de Pesquisa do Maranhão) no Maranhão, sendo o primeiro expert do IRAT permanente no
Brasil. Durante os anos de 1977 e 1982, Lucien, com o auxílio de Serge Bouzinac, (eles trabalharam
juntos até os últimos dias de Lucien) implantaram estudos sobre sistemas de cultivo de arroz para
pequenos produtores.
Lucien seguiu apoiando a difusão dos melhores sistemas de cultivo em consórcios envolvendo arroz +
milho + mandioca, seguido de caupi no final da estação chuvosa. Foi ajustando e aperfeiçoando as
variedades de arroz de sequeiro e irrigadas para os trópicos. Os resultados dessas atividades
despertaram o interesse da EMBRAPA-CNPAF (Centro Nacional de Pesquisa de Arroz e Feijão, Goiânia-
GO). Tanto Lucien Séguy quanto Serge Bouzinac foram convidados para desenvolver trabalhos na
região dos Cerrado, 0 dando assim o início de um profícuo convênio entre o CIRAD (Centre de
Coopération Internationale em Recherche Agronomique pour le Développement) e a EMBRAPA-
CNPAF. Inúmeros resultados foram gerados pelo convênio possibilitando o o suporte para avanço nos
conhecimentos na adoção do plantio direto na região dos Cerrados.
Entre 1983 e 1989 Séguy e Bouzinac concentraram os trabalhos na região dos Cerrados, principalmente
no estado do Mato Grosso, Goiás e parte de Tocantins, um ambiente totalmente diferente para eles.
Naquela época, grande extensão dessa região estava sendo convertida para uma agricultura
mecanizada. Inicialmente, foi introduzida a cultura do arroz de sequeiro e, com o passer do tempo,
esta foi substituída pela cultura da soja em monocultivo com o uso intensivo do preparo do solo através
de gradagens sucessivas, resultando em expressiva erosão e formação do chamado pé de grade,
gerando problemas sérios de compactação
Foto 1. A paixão de Lucien era o campo onde se sentia livre para compartilhar o que sabia.
Em 1984, em visita a CCLPL (Cooperativa Central de Laticínios do Paraná – Produtos Batavo, Carambeí-
PR) localizada na região dos Campos Gerais, encontrou-se com o Engenheiro Agrônomo Hans Peeten,
Josué Nelson Pavei e outros do departamento técnico das cooperativas para conhecer o sistema que
estava sendo implantado nesta região. Conheceu os agricultores Nonô Perereira e Franke Dijkstra,pioneiros do plantio direto desta região. Retornou ao centro-oeste com muitas idéias a serem
adaptadas para a região tropical.
Em 1985, vendo o processo de degradação do solo pela erosão avançando e a fertilidade do solo
limitada (elevada acidez, baixa quantidade de cálcio e magnésio e carência de fósforo e
micronutrientes) iniciaram um trabalho com o apoio do produtor Sr. Munefumi Matsubara, da Fazenda
Progresso. Para ele, o Sr. Matsubara foi o produtor e mentor que acreditou e abriu as portas para a
introdução do sistema plantio direto rompendo paradigmas e contribuindo definitivamente para a
expansão do SPD nos Cerrados.
Foto 2. Foto na Fazenda Progresso em Lucas do Rio Verde-MT em 1994. A esquerda o Sr. Munefume
Matsubara, ao centro Lucien Séguy, a direita dois pesquisadores de Madagascar e ao fundo o Dr.
Fernando Penteado Cardoso. Foto retirada do Informações Agronômicas n° 69, Março de 1995,
publicado pela Potafós.
Desenharam as alternativas para o Plantio Direto na região tropical introduzindo espécies que
adicionavam elevadas quantidades de biomassa e raízes. Daí surgiu a grande contribuição do Séguy e
Bouzinac. Eles compararam os tratamentos com preparo do solo profundo ou superficial com os
sistemas em plantio direto durante 5 anos de estudos.
Os resultados mostraram que os tratamentos em plantio direto foram superiores aos sistemas
convencionais com preparo de solo,tanto em produtividade como em lucratividade e além disso,
aumentaram o conteúdo de matéria orgânica do solo (MOS) em 20%, enquanto a monocultura de soja
associada ao preparo (aração e gradagem) resultou na queda drástica da MOS. Assim, o sistema Plantio
Direto foi introduzindo as safrinhas em sucessão de culturas e foram ocupando gradativamente
milhões de ha até o ano de 2000, graças a uma intensa difusão dos resultados através das fundações,
cooperativas e associações de produtores.
A consolidação de parcerias e difusão do plantio direto como um sistema
A partir de 1989 até 2002, com o apoio da Rhône Poulenc, os convênios de pesquisa foram estendidos
para empresas e cooperativas agrícolas do Centro Oeste e do Norte do Brasil, tais como a CooperLucas,
Varig Agropecuária, Sul América Agropecuária, Grupo Maeda, AgroNorte, Prefeituras de Sinop – MT e
de Caxias – MA e Emgopa. Foi um marco no avanço do SPD na região porque os trabalhos visaram
adaptar as alternativas que o plantio direto proporciona para diferentes situações climáticas nessasregiões. A ação pioneira do grupo Maeda na introdução do Plantio Direto no algodoeiro foi marcante.
Junto com os parceiros, Lucien Séguy melhorou os conceitos do Plantio Direto sobre Coberturas
Vegetais Permanentes (SCV) assimilando essas camadas de resíduos vegetais, tais como a liteira da
floresta, criando o conceito da “bomba biológica” (Fig. 2).
Figura 2. O esquema sobre o funcionamento das coberturas verdes e cultivos comerciais desenhado
por L. Séguy em 1998. Foto de L. Séguy sobre o sistema radicular de Eleusine coracana, uma das
espécies sugeridas para compor o sistema de produção.
Essa visão foi calcada na maior eficiência das coberturas na recuperação dos nutrientes deslocados
para as camadas mais profundas. Além disso, ele criou novas alternativas sobre coberturas vivas, ainda
mais econômicas (por exemplo soja sobre gramado de Tifton ou milho sobre Arachis pintoï). Com a
AgroNorte, Lucien voltou para uma de suas primeiras paixões: o melhoramento do arroz de sequeiro
com o êxito de uma variedade, o CIRAD 141, que cobrirá durante mais de 5 anos milhares de ha no
Mato Grosso.
Foto 3. Visita a Fazenda Progresso com o Sr. Munefumi Matsubara e Serge Bouzinac (alto a direita) e
com o grupo Maeda (Centro e direita inferior).
A partir de 2002 e até 2012, novas frentes foram abertas e permitiram conduzir esses trabalhos no
Brasil com a Universidade de São Paulo através do Centro de Energia Nuclear na Agricultura com o
Prof. Dr. Carlos Clemente Cerri e outros e na sequência em 2005, com a Universidade Estadual de
Ponta Grossa (UEPG), além das parcerias com a prefeitura de Sinop, com o grupo Maeda. Abriu novas
frentes com o IMA- MT, Instituto Mato-grossense do Algodão para aprimorar os sistemas de Plantio
Direto algodoeiro e desenvolver os mesclas de plantas visando ativar a vida biológica e melhorar afertilidade do solo. Em conjunto com a UEPG através do Prof. Dr. João Carlos de Moraes Sá (Juca Sá)
foram organizados cursos anuais de formação de pesquisadores, professores e engenheiros
agrônomos ligados ao CIRAD, com participantes de mais de 13 países sobre o sistema Plantio Direto.
Foram seis edições anuais treinando mais de 90 pessoas, proporcionando aos parceiros do CIRAD com
recursos da AFD (Agencia Francesa de Desenvolvimento) a interação com nossas equipes nos Campos
Gerais do Paraná. Em 2010 foi outorgado pelo Conselho Universitário da UEPG a Medalha de Honra ao
Mérito como o título de “Doutor Honoris Causa” da UEPG.
Foto 4. No dia 18-11-2010, o então Reitor da Universidade Estadual de Ponta Grossa, Prof. Dr. João
Carlos Gomes fez a entrega da Medalha de Mérito Universitário e o diploma ao Dr. Lucien Séguy.
Enfim, paralelamente a todos esses trabalhos no Brasil, Lucien Séguy realizava a cada ano desde 1984,
e foram centenas de missões de apoio e orientação em numerosos países tropicais da África, da Ásia
e de Madagascar, visando difundir e adaptar pelo mundo tropical todas essas novas tecnologias
elaboradas no Brasil com diversas espécies de plantas entre os diferentes continentes. Costumava-se
dizer que ele tinha mais horas de vôo que o mais antigo piloto de Boeing.
Em 2009, aposentou-se formalmente do CIRAD, porém, com a energia e entusiasmo que lhe eram
peculiar, abriu novas frentes de trabalho apoiando na França um grupo de agricultores pioneiros no
SCV, convictos por seus trabalhos tropicais e na sequência conquista o Canadá entrando por Québec,
após o convite do agrônomo Louis Pérusse, que pediu ajuda para desenvolver o Sistema Plantio Direto
lá naquelas terras frias do Canadá. Debaixo de uma cobertura de neve ele reabilita os trigos de inverno,
sobressemeados a lanço na soja 3 semanas antes da colheita, ganhando assim um mês para o
crescimento do trigo antes do inverno e antecipando a colheita deste trigo de inverno em um mês para
abrir a possibilidade de implantar as mesclas de plantas. Essas misturas com várias plantas promove
enorme atividade biológica ao solo e recarregamento em Matéria Orgânica e múltiplas funções
ecossistêmicas.
Não satisfeito e incansável, procura os eixos de pesquisa no Sul do Brasil, nos Estados de Santa Catarina
e do Rio Grande do Sul com jovens agrônomos brasileiros que difundem esses sistemas a base de
plantas de cobertura multifuncional em dezenas de milhares de ha.
Lucien Séguy teve uma carreira extremamente rica, passando da pedologia para a agronomia e em
seguida ao manejo ecológico do solo. Desenvolveu trabalhos em mais de 30 países e nas diversas
condições pedoclimáticas das regiões equatoriais e tropicais, mediterrâneas e temperadas. Ele
formou, aconselhou e orientou inúmeros agrônomos do CIRAD e parceiros no mundo, sempre com
sua generosidade e amizade, deixando agora saudades em muitos corações. Um de seus preceitos
mais marcante era, na medida do possível, trabalhar em “HARMONIA COM A NATUREZA”, o que faz
toda a diferença nos sistemas conservacionistas de manejo do solo, água e atmosfera. Lucien Séguydeixa um legado e uma reflexão aos mais jovens: não há conquistas sem riscos e estes fazem parte das
ações que tomamos. É preferível errar tentando acertar do que se omitir.
Dedicamos esse “in memoriam” a Jacqueline, sua esposa e grande companheira, e seus filhos Sandrine
e Yannick que o acompanharam durante os últimos meses vida.
Mensagens de amigos e daqueles que tiveram experiências com Lucien
As primeiras experiências
Foto 5. Lucien Séguy, Serge Bouzinac e José Carlos Soares (Zecão) na Faz. Capuaba em Lucas do Rio
Verde-MT
Na década de 80 acompanhei os trabalhos de pesquisa na Fazenda Progresso do Sr. Munefume
Matsubara (Lucas do Rio Verde-MT) realizados pelo do Dr. Lucien Séguy e Serge Bouzinac. Lembro do
seu entusiasmo nas trincheiras mostrando a grande atividade microbiana nos solos tropicais, a
importância da diversidade de plantas e dos sistemas radiculares profundos para ciclagem de
nutrientes (“bomba biológica”). Naquele período também fizemos as primeiras experiências com
plantio direto no MT, na minha propriedade, a Fazenda Capuaba. Sabíamos da necessidade em
desenvolver um sistema de produção agrícola baseado nas características de solo e ajustado para o
clima tropica, com diversidade de plantas e proteção constante do solo. Para minha surpresa em 2017,
30 anos após as experiências iniciais, tive a enorme satisfação em receber a visita do L. Séguy e S.
Bouzinac onde constataram os resultados de longo prazo dos seus ensinamentos. Com certeza o
pesquisador L. Séguy deixou um grande legado para o sucesso da agricultura nos trópicos, merece
todas as nossas homenagens.
José Carlos Soares, Lucas do Rio Verde-MT
Suas raízes permanecerão
Agradecemos profundamente ao nosso mentor Lucien Séguy pela amizade, dedicação e
ensinamentos que nos inspiraram ao longo da nossa caminhada em busca do desenvolvimento de
uma agricultura mais produtiva e sustentável. Em nosso solo, suas raízes permanecerão.
Homenagem da RAÍX SEMENTES. »
Inesquecível, oportuno, prático e efetivo treinamento em agricultura conservacionista com L. Séguy
no Curso Internacional em Ponta Grossa.Dr. Manuel Reyes Resarch Professor, Kansas State University.
Os discípulos do Lucien…
Expressamos nossa imensa gratidão de sermos formados pelo Lucien Seguy e ser seus amigos.
Aprendemos que esse desafio pela agricultura conservacionista e sustentável calcada no plantio
direto é uma missão. Hoje estamos mundo afora trabalhando, pesquisando, divulgando,
compartilhando os ensinamentos, e consolidando o sistema plantio direto de alta qualidade que
aprendemos com ele. Estamos procurando evoluir e adaptar o plantio direto na diversidade das
condições dos países que atuamos (França, Canada, Madagascar, Camarões, Camboja, Laos, Vietna,
Costa do Marfim, Nova Caledônia, Tunisia, Tailandia e outros). Ele construiu uma vasta rede de
agricultores, agronômos, pesquisadores, nos vários continentes e sempre procurando parcerias. Ele
conseguiu estabeler um programa de treinamento na UEPG de 2005 a 2012 junto com o Prof. Juca Sá
que nos uniu ainda mais. O Lucien nos ensinou o conceito da “bomba biológica” baseado numa larga
diversidade de plantas que desencadeou a integração lavoura-pecuaria-floresta como nos sistemas
que foram desenvolvidos para cultura da banana em Guadeloupe e Martinique. Ele era um homem
bom, generoso que valorizava profundamente a amizade. Nunca deixou de atender a quem o
procurava e sempre aberto com bom humor, pensando e fazendo sem parar. Ele deixa um legado
para o Brasil e para o mundo.
Descance em paz e saiba que estaremos aqui continuando sua obra.
Serge Bouzinac, Hubert Charpentier, Patrick Julien, Stéphane Boulakia, Florent Tivet, Louis Perusse,
Oumarou Boularabé, Hoá Tran Quoc, Pascal Lienhard, Frédéric Jullien, André Chabanne, OlivierHusson, Roger Michellon, Jean Claude Quillet, Jean Luc Vaymel, Lydie et Noël Deneuville, Sandrine et
Alain Gallon, Christian Abadie, Hélène Leduc, Aubin Lafon, Sarah Singla, Sylvain Hypolite.
História na formação das novas gerações…
O Sistema Plantio Direto, que se consolidou como a melhor proposta para a sustentabilidade, foi
concebido reunindo as iniciativas e dedicações de inúmeras pessoas e instituições. Algumas delas se
destacam. Hoje, nos manifestamos para lamentar a perda de Lucien Seguy, pesquisador do Cirad,
que junto com Serge Bouzinac fez muito pelo Cerrado, pelo SPD e pela nossa agropecuária, ao
compreender e divulgar os serviços das rotações de culturas, a base de conceitos que ainda estão
sendo concebidos para uma agricultura moderna. Da mesma forma ele contribuiu para o
reconhecimento internacional dado ao SPD concebido no Brasil. A UEL e seu Depto de Agronomia se
juntam a FEBRAPDP para prestar esta justa homenagem e se prontificam a valorizar e empregar esta
história na formação das novas gerações.
Prof. Dr. Adilson Luiz Seifert, Chefe do Departamento de Agronomia da Universidade Estadual de
Londrina
Um vulcão de ideias…
Aprendi muito com o Lucien. O conheci nos anos 80 em Ponta Grossa quando visitou a Fundação
ABC. No giro de campo ele não parava de comentar toda e qualquer situação que via. Ele era um
vulcão em erupção e as ideias iam surgindo sem parar. Uma pessoa fenomenal! Era difícil
acompanhá-lo! Desde então nos encontrávamos em congressos, eventos de campo e palestras.
Falávamos em fazer algo em conjunto, até que em 2004 surgiu a oportunidade de elaboramos uma
parceria e em 2005 concretizamos o convênio UEPG – CIRAD. Os recursos vieram da AFD (Agência
Francesa para o Desenvolvimento) e aplicados no Laboratório de Matéria Orgânica do Solo (LABMOS)
para equipamentos e treinamento de parceiros do CIRAD. Foram 10 anos de trabalhos. Um salto de
qualidade no qual consolidamos uma equipe e nos tornamos referência no estudo da matéria
orgânica do solo. Se fosse resumir em uma palavra o que sinto pelo Lucien é GRATIDÃO. Descanse
em paz amigo.João Carlos de Moraes Sá, Professor Sênior da UEPG, Bolsista de Produtividade em Pesquisa Nível 1D
– CNPq, Presidente da Comissão Técnico – Científica da Federação Brasileira de Plantio Direto e
Irrigação.
Um ser elétrico…
Foto . Lucien Seguy ao centro: dia de campo em SINOP-MT, 1995 (Foto tirada por T. Yamada)
Tive o privilégio de acompanhar de perto, parte do gigantesco trabalho desenvolvido por Séguy no
estado de Mato Grosso, junto com dois fiéis companheiros – Serge Bouzinac e Munefume
Matsubara. Suas pesquisas sobre plantas de cobertura, reciclagem de nutrientes e vida biológica do
solo deram o embasamento científico para o sistema de plantio direto na palha, hoje de adoção
generalizada de norte a sul do país.
Séguy era um ser elétrico, muito agitado, movido pela sua paixão por uma agricultura que se
aproxime da natureza, sendo este ápice, o plantio direto em cima de cobertura viva, objetivo que
tanto procurava. Dotado de grande talento para pintura (foi assistente de famoso pintor) traduziu
seus conceitos agronômicos em elaborados gráficos e figuras com que ele ilustrou a publicação “Da
transferência de tecnologia Norte-Sul aos sistemas de plantio direto, em zona tropical úmida”,
editada em 1996.
A agronomia está de luto e o mundo fica mais pobre sem Lucien Séguy. Mas fica o seu exemplo.
Tsuioshi Yamada, ex-diretor do IPNI, 1977-2007.
Esse cidadão do mundo…
Nosso colega Lucien Séguy morreu dia 27 de abril, aos 75 anos de idade. Nossa emoção é profunda
com o anúncio de seu desaparecimento. Contudo, a sua imensa contribuição para uma agricultura
melhor será seu grande legado. Ficam lembranças importantes como de sua aula, no início da década
de 90, na disciplina Problemas de Fertilidade do Solo, para alunos curso de pós-graduação do
Departamento de Ciência do Solo (ESALQ/USP) e de nossa visita ao CIRAD- Montpellier (França), em
1999. No Brasil, onde iniciou seus trabalhos em 1978, Lucien Séguy foi um pesquisador envolvido
com a implementação e disseminação do plantio direto. Esse cidadão do mundo exerceu significativainfluência e contribuição para a nossa agricultura. Sua inteligência, simplicidade e generosidade farão
falta!
Godofredo Vitti, Prof. Titular Emérito, ESALQ-USP e Valter Casarin, ESALQ-USP
Incansável e entusiasta…
Pesquisador do CIRAD, França – Grande e incansável, entusiasta e guerreiro dinâmico! Especialista
em Solos, plantas, manejo e plantio direto. Juntamente com Serge Bouzinac, seu eterno
companheiro de trabalho desenvolveram muitos trabalhos validados e em uso por produtores de
muitos Países do Mundo! Tive o prazer de estar com ele diversas vezes, em visitas a campo lá na
Fazenda do Matsubara em LUCAS do Rio Verde, na década de 80, testando diferentes plantas de
cobertura, junto à Cooperlucas e, também o grande e profundo trabalho em Sinop, MT com a
Agronorte, Maronese e Equipe! Cultivares lançadas e muita difusão de Sistemas Sustentáveis aos
Produtores e técnicos! Todo o mundo da Ciência e dos agricultores perdem muito com a sua partida e
com a sua ausência nos mais diversos sistemas produtivos do Mundo!
Ademir Calegari, Pesquisador Sênior do Iapar, Consultor Privado – Manejo de solos / Plantas de
cobertura ( Sistema plantio direto)
paixão e dedicação…
Conheci o Dr Lucien Séguy na Universidade Federal de Goiás falando do Sistema Barreirão com Dr
João Kluthcouski em 1984 e voltei a encontrar em 2016! Grande exemplo e com muita paixão e
dedicação nos ensinamentos! A partir daí passei a me dedicar ao uso de Plantas de Cobertura na
agricultura.
Eng. Agronomo David Campos Alves
Floresceram e produziram frutos…
O desenvolvimento da Agricultura nos Cerrados, e do Plantio Direto na Palha, teve a contribuição do
Dr Lucien Seguy e seu companheiro Serge Bouzinac.
As sementes por ele semeadas, floresceram e produziram frutos em abundancia, e neste momento
nos resta o nosso agradecimento e Gratidão. Vá em Paz
Lucien, sua passagem por aqui foi vitoriosa!
Carlos Pitol, Dourados-MSAguerrido e apaixonado…
Nos idos da Safra 2009 / 10, tive a oportunidade de conhecer e trabalhar com os pesquisadores
Lucien Seguy e Serge Bouzinac, quando integrei o departamento de pesquisa do IMAmt, em
Primavera do Leste MT. Perseverante, aguerrido e apaixonado. Uma figura ímpar, que nos deixa um
legado e leva nossa saudade. Condolências e um forte abraço aos familiares e amigos.
Eng. Agronomo Marcio Caldeira, Coordenador Técnico Araunah Agro
Ensinamento e inspiração…
Lucien Seguy fonte de ensinamento e inspiração para muitas pessoas que utilizam o SPDq ao redor
do mundo. Famosa a frase dele quando tinha que  » explicar o inexplicável  » a respeito das fantásticas
sinergias agronômicas e de meio ambiente entre PD e mix de diferentes espécies na Adubacao
verde : C’est la puissance du GENIE’ VEGETAl … e’ o poder do gênio vegetal, da engenharia das
plantas … Nós Europeus crescemos e somos formados na convicção que a estruturação do solo é
feita com o aço…. ele trabalhou até o fim para quebrar esse paradigma !!
Com gratidão, Sergio Argenteri, Piovera, Itália