Comment l’agriculture conventionnelle a-t-elle détruit les services écosystémiques apportés par des champignons et des bactéries ?

Figure 1. Ectomycorhizes sur une racine d’arbre (crédit photo : E. Force).

Figure 1. Ectomycorhizes sur une racine d’arbre (crédit photo : E. Force).

Les Trachéophytes, ou plantes vasculaires, sont capables d’établir d’étroites relations, aussi appelées symbioses, avec de nombreux micro-organismes. Au niveau racinaire, les plantes terrestres ont la capacité de s’associer avec des champignons, on parle de mycorhizes (fig. 1), mais également avec des bactéries aux voisinages du système racinaire : les rhizobactéries (ex. Rhizobium). Ces symbioses sont largement répandues dans les différents écosystèmes terrestres, aussi bien dans les zones arides que dans les zones tempérées.

Figure 2. Les différents types de mycorhizes (illustration : E. Force, d’après F. Le Tacon, 1985). En bleu : éléments du champignon ; en gris : éléments végétaux.

Figure 2. Les différents types de mycorhizes (illustration : E. Force, d’après F. Le Tacon, 1985). En bleu : éléments du champignon ; en gris : éléments végétaux.

Figure 3. Photographie en microscopie optique d’une coupe transversale de rhizome fossile d’Aglaophyton de Rhynie (A) et détail au niveau de deux cellules (B) (crédit photo : F. Le Tacon & M.-A. Selosse).

Figure 3. Photographie en microscopie optique d’une coupe transversale de rhizome fossile d’Aglaophyton de Rhynie (A) et détail au niveau de deux cellules (B) (crédit photo : F. Le Tacon & M.-A. Selosse).

Concernant les mycorhizes, il existe trois associations différentes : les ectomycorhizes, les endomycorhizes et les ectendomycorhizes (fig. 2). Les endomycorhizes sont majoritairement observées, et plus particulièrement les endomycorhizes dites à arbuscules (fig. 2). Celles-ci sont établies entre des racines de la plante et des Gloméromycètes, ou champignons mycorhizogènes. Ces champignons ont co-évolué avec les plantes terrestres depuis plus de 460 Ma, leur permettant très probablement de coloniser les divers écosystèmes terrestres grâce notamment à l’amélioration de la fonction de nutrition (fig. 3). Quant aux rhizobactéries, celles-ci colonisent la rhizosphère ou encore le système racinaire de la plante.

Ces deux associations symbiotiques sont caractérisées par un transfert bidirectionnel de nutriments. En effet, les Gloméromycètes, comme les rhizobactéries, étant hétérotrophes pour le carbone, les composés carbonés indispensables aux besoins énergétiques sont issus de la plante. L’estimation du carbone transféré de la plante vers les champignons varie entre 4 et 20% du carbone total chez la plante.

Les champignons mycorhiziens améliorent la nutrition en eau de la plante. Les rhizobactéries ainsi que les Gloméromycètes favorisent l’assimilation de sels minéraux par la plante en échange du carbone fourni par celle-ci. Ces échanges nutritionnels permettent d’une part une meilleure croissance des symbiotes et d’autre part une meilleure résistance de la plante aux stress biotiques et abiotiques. À l’heure du développement durable et de l’agriculture biologique, les mycorhizes et les rhizobactéries semblent être des acteurs majeurs des services écosystémiques (transfert de nutriments du sol à la plante, d’une plante à une autre, etc.) fournis par la nature aux sociétés humaines. Dans un tel contexte, ces symbioses représentent un enjeu majeur pour une agriculture plus durable en visant à réduire l’usage des pesticides et en permettant une amélioration de la production végétale.

En quoi certains micro-organismes du sol sont-ils à l’origine de services écosystémiques pour l’Homme ?

Les mycorhizes et la biostabilisation du sol

Figure 4. Glomaline représentée comme matériau immunoréactif (IM) sur les agrégats de sol et les hyphes d'un champignon mycorhizien arbusculaire (d’après Wright & Upadhyahy, 1998). A : agrégat provenant d'un sol collecté dans une zone non perturbée montre une IM à la surface. B : IM sur les hyphes (H) sur un agrégat du même sol. C : IM sur les hyphes d'un isolat de Gigaspora gigantea attaché à un morceau de film horticole en plastique. De nombreux petits morceaux de IM ont été vus comme de petits points sur le film horticole. (Barre d’échelle = 60 micromètres).

Figure 4. Glomaline représentée comme matériau immunoréactif (IM) sur les agrégats de sol et les hyphes d’un champignon mycorhizien arbusculaire (d’après Wright & Upadhyahy, 1998). A : agrégat provenant d’un sol collecté dans une zone non perturbée montre une IM à la surface. B : IM sur les hyphes (H) sur un agrégat du même sol. C : IM sur les hyphes d’un isolat de Gigaspora gigantea attaché à un morceau de film horticole en plastique. De nombreux petits morceaux de IM ont été vus comme de petits points sur le film horticole. (Barre d’échelle = 60 micromètres).

Les champignons mycorhiziens confèrent des bénéfices pour la structure du sol. En effet, les hyphes, observés en nombre dans les sols, ont la propriété d’agir sur la macro-agrégation des constituants du sol et par conséquent sur sa stabilité. Ces filaments mycéliens produisent une glycoprotéine extracellulaire, la glomaline, agglomérant de petites particules pour former des micro-agrégats de diamètre inférieur à 250 micromètres. Les micro-agrégats s’agencent ensuite pour donner des macro-agrégats stables de diamètre supérieur à 250 micromètres (fig. 4). L’amélioration de la stabilité du sol permet de limiter l’érosion, la perte de nutriments et de la matière organique par lixiviation, ce qui conduit alors à une augmentation de la pénétration de l’air et de l’eau dans le sol. Tout ceci favorise la productivité des cultures.

L’amélioration de la nutrition hydrique et minérale des plantes par les micro-organismes

Le rôle majeur des champignons et bactéries symbiotiques est l’amélioration de la nutrition hydrique et minérale de la plante, et ce, par des transferts d’eau et d’éléments minéraux, dont le phosphore et l’azote, des micro-organismes vers la plante. Ces transferts de matière permettent une augmentation de la croissance des plantes symbiotes. En effet, l’élongation des filaments mycéliens accroit la surface de contact entre la solution du sol et le système racinaire. Aussi, ces hyphes ont la capacité d’explorer des zones non accessibles pour les plantes non mycorhizées et y prélever l’eau et les autres nutriments pour les transférer à la plante hôte. En parallèle, certaines bactéries du genre Rhizobium permettent l’assimilation de l’azote atmosphérique (N2) pour la plante par la formation de nodosités.

Bactéries et champignons : une aide à l’assimilation de l’azote pour la plante

L’azote (N) est un composé fondamental pour les plantes. Il entre dans la formation des phospholipides, des coenzymes, des acides aminés (constituants des protéines) et des acides nucléiques (ADN et ARN). L’azote se retrouve sous deux types de formes dans le sol : une forme organique et une forme minérale. Ces formes sont assimilables par la plante grâce à certaines bactéries et autres Gloméromycètes.

Figure 5. A : Les différentes étapes de l’établissement de la symbiose rhizobienne (illustration : E. Force) ; B : schéma de l'organisation d'une nodosité (illustration : T. Duchateau).

Figure 5. A : Les différentes étapes de l’établissement de la symbiose rhizobienne (illustration : E. Force) ; B : schéma de l’organisation d’une nodosité (illustration : T. Duchateau).

Les racines des Fabacées, ou Légumineuses, rencontrent au sein de leur rhizosphère des bactéries du genre Rhizobium. Ces dernières pénètrent en quelques heures dans les racines par l’intermédiaire des poils absorbants ou des blessures. Les bactéries se multiplient ensuite dans le cortex de la racine qui réagit par une hypertrophie. Des galles, appelées bactériocécidies, se forment sur toute la longueur des racines : il s’agit de nodosités bactériennes ou nodules. En réponse à la multiplication bactérienne, la plante met en place une réaction de défense en internalisant les bactéries comme lors d’une phagocytose : les bactéries deviennent alors des bactéroïdes (fig. 5).

Figure 6. Modalités de la coopération entre le bactéroïde et la plante (illustration : T. Duchateau). Les échelles ne sont pas respectées.

Figure 6. Modalités de la coopération entre le bactéroïde et la plante (illustration : T. Duchateau). Les échelles ne sont pas respectées.

La nodosité constitue une unité fonctionnelle regroupant des bactéroïdes capables d’assimiler le diazote atmosphérique. De plus, un pigment rouge analogue à l’hémoglobine, la leghémoglobine, est synthétisée par les cellules végétales. Ce pigment est indispensable à l’assimilation du diazote par les bactéroïdes. En effet, l’activité de la nitrogénase du bactéroïde (transformation du N2 en azote organique utilisable) est inhibée par le dioxygène ; c’est pourquoi la séquestration de l’O2 par la leghémoglobine est crucial. À l’issue de la réaction catalysée par la nitrogénase, l’ammoniac formé se combine à un sucre donnant alors un aminoacide directement transporté au sein des vaisseaux du xylème (fig. 6).

Quant aux filaments mychoriziens, ceux-ci sont capables de prélever l’azote à la fois sous une forme minérale (NH4+ et NO3) et sous une forme organique (acides aminés). Les champignons mycorhiziens peuvent également favoriser la dégradation de la matière organique et augmenter la biodisponibilité de cet élément pour les plantes. L’assimilation de l’azote par les plantes nécessite des transporteurs localisés au niveau de l’interface sol-filaments mycéliens extra-racinaires. Ces transporteurs de l’azote sont codés par deux gènes : GintAMT1 et GintAMT2. Ces derniers sont des transporteurs de haute affinité pour les ions NH4+.

Les micro-organismes et le transfert du phosphore du sol vers la plante

La majorité des sols contient d’importantes quantités de phosphore (P) organique ou inorganique (entre 200 et 3 000 mg/kg de sol). Cet élément se retrouve généralement sous forme de phosphate inorganique lié à d’autres constituants cationiques du sol pour former des complexes avec du calcium (CaPO4) à pH élevé, et des complexes avec le fer (FePO4) ou l’aluminium (AlPO4) à pH faible. Le phosphore peut également s’observer sous forme de molécules organiques comme la lécithine, une molécule de la classe des phospholipides. Cependant, comparé à d’autres éléments minéraux, le phosphore est très peu mobile dans les sols. L’action de prélèvement de la solution du sol par les racines engendre rapidement des zones appauvries en phosphore à leurs alentours. Une très faible proportion, souvent inférieure à 1%, est directement disponible pour les plantes, rendant cet élément difficile à acquérir alors que les besoins en phosphore sont conséquents. Le phosphore est un élément indispensable à la vie des plantes : il entre dans la synthèse de nombreuses molécules comme l’ATP, les nucléotides, les phospholipides, certaines enzymes, ainsi que dans les processus énergétiques, de régulation, de signalisation, etc. Le phosphore est aussi stocké dans les vacuoles sous forme d’inositol-hexaphosphate ou phytate.

Les plantes ont élaboré des stratégies leur permettant d’accroitre leur capacité d’absorption à partir de la solution du sol. Une première stratégie consiste à augmenter la surface entre le système racinaire et le sol ce qui permet d’accéder à une plus grande quantité de phosphore directement disponible. Puis, une deuxième stratégie élaborée par la plante consiste à libérer le phosphore des complexes formés avec les divers cations en sécrétant des molécules telles que le malate ou le citrate entrant en compétition avec le phosphore. Aussi, des enzymes, les phosphatases, peuvent être synthétisées et libérées dans le sol pour minéraliser et rendre accessible le phosphore contenu dans les composés organiques.

Figure 7. La symbiose mycorhizienne et ses modalités d’échange entre les symbiotes (illustration : E. Force).

Figure 7. La symbiose mycorhizienne et ses modalités d’échange entre les symbiotes (illustration : E. Force).

En parallèle de ces deux stratégies, l’absorption du phosphore (sous forme de phosphate) via les mycorhizes est possible (fig. 7). Cette dernière est la plus rencontrée.

Figure 8. Modalités de prélèvement des éléments azotés et phosphatés par les filaments mycéliens à partir du sol et transferts vers la plante (illustration : E. Force).

Figure 8. Modalités de prélèvement des éléments azotés et phosphatés par les filaments mycéliens à partir du sol et transferts vers la plante (illustration : E. Force).

Les filaments mycéliens sont capables d’hydrolyser le phosphore organique en phosphore inorganique le rendant alors disponible dans le sol pour la plante, ou bien de le transférer directement à la plante hôte après son assimilation par le champignon (fig. 8). En échange, des glucides provenant de la plante sont distribués au champignon. Les cellules végétales au contact du champignon montrent une concentration en phosphore supérieure comparée aux autres cellules racinaires. Le prélèvement du phosphore par les hyphes s’effectue contre le gradient de concentration. Ceci nécessitant de l’énergie, le phosphore entre dans le cytoplasme via des symports Pi/H+ de haute affinité. De plus, il existe une importante diversité de transporteurs.

Les micro-organismes participent d’une part à la nutrition hydrique et d’autre part à la nutrition minérale des plantes, favorisant alors leur croissance. En quoi les champignons et les bactéries assurent-ils des services écosystémiques pour l’Homme ?

L’amélioration du rendement et de la qualité des productions végétales assurés par des micro-organismes

De multiples études rapportent que les micro-organismes du sol augmenteraient jusqu’à deux fois la productivité des plantes au sein des prairies. Par exemple, l’apport de champignons mycorhiziens ou de rhizobactéries (appelés PGPR pour Plant Growth-Promoting Rhizobacteria) en champ a permis d’améliorer la croissance de plusieurs espèces de Fabacées fourragères. Cet accroissement de la qualité du fourrage peut s’expliquer par l’amélioration de la nutrition minérale des plantes. En effet, les champignons et bactéries permettent une meilleure absorption du phosphore, élément indispensable au développement des organismes végétaux. En détails, les champignons mycorhiziens contribuent à 90% dans l’absorption du phosphore par les plantes.

De plus, des études récentes montrent que les mycorhizes ont un effet bénéfique à la fois sur la croissance et le rendement mais également sur la qualité des productions végétales. Les champignons mycorhiziens accroissent la concentration des huiles essentielles chez différentes plantes aromatiques comme l’Origan (Origatum vulgare), le Basilic (Ocimum basilicum) ou encore la Menthe (Mentha arvensis).

Aussi, l’apport de symbiotes mycorhiziens sembleraient avoir un impact sur la diversité des plantes : les mycorhizes augmenteraient de 30% la diversité des plantes dans les prairies européennes en favorisant l’installation des jeunes plantules et en améliorant la capacité compétitive de certaines espèces vis-à-vis d’espèces dominantes.

Figure 9. Modes d’action des rhizobactéries bénéfiques, conduisant à des effets de phytostimulation ou de phytoprotection (illustration : E. Force, d’après Vacheron et al., 2013).

Figure 9. Modes d’action des rhizobactéries bénéfiques, conduisant à des effets de phytostimulation ou de phytoprotection (illustration : E. Force, d’après Vacheron et al., 2013).

Quant aux rhizobactéries, ces micro-organismes peuvent aussi améliorer la santé des plantes. En effet, les PGPR inhibent la prolifération de phytopathogènes des racines et peuvent conduire à l’induction d’une résistance systémique chez les plantes. Par exemple, l’inoculation du Blé aves la PGPR Pseudomonas fluorescens entraine une accumulation de protéines impliquées dans les réactions de défense (fig. 9).

De nos jours, les pratiques employées en agriculture conventionnelle semblent altérer ces interactions entre la plante et les micro-organismes du sol. 

L’agriculture conventionnelle : un bref historique

Qu’est-ce que l’agriculture conventionnelle ?

Dans les années 1950, portée par les révolutions industrielles et chimiques, l’agriculture se modernise drastiquement au cours de ce que les historiens appellent « la révolution verte ». La modification des pratiques agriculturales est majoritairement conduite par une industrialisation prononcée ; le recours à des machines de récolte, de plantation ou d’irrigation conduisent, à l’époque, à un meilleur rendement, à des denrées alimentaires moins chères ainsi qu’à une réduction du nombre de personnes ou d’heures de travail à production équivalente.

Mais l’industrialisation n’est pas le seul changement qui s’opère : les industries chimiques et entreprises biotechnologiques s’emparent du marché et proposent aux agriculteurs des solutions chimiques (intrants azotés, intrants phosphorés, terreaux nutritifs…), génétiques (OGM…) et éradicatrices (bactéricides, fongicides, insecticides…). Ces solutions améliorent, à court terme, le rendement des cultures en fournissant de manière illimitée des éléments nutritifs (tels que le phosphore et l’azote) et en éliminant les pathogènes.

Les productions entrent aussi dans des utilisations de plus en plus diverses : pour nourrir les humains mais aussi pour nourrir le bétail dont l’élevage connait la même intensification ou pour produire des biocarburants/matériaux utiles. Il ne s’agit alors plus de produire des aliments mais des « matériaux bruts ».

De la révolution à la catastrophe

Au départ, l’agriculture conventionnelle permet de fournir des éléments limitants ou d’éliminer des pathogènes (qui affectent les rendements) là où l’on en a besoin. L’impact à court terme est donc une amélioration de la sécurité alimentaire directe ainsi qu’une amélioration du rendement.

Mais très vite l’agriculture conventionnelle se heurte à ses propres limites : les pathogènes se développent et s’adaptent, passent outre les mesures de défenses chimiques que l’agriculture conventionnelle consomme en abondance demandant alors de développer et de mettre sur le marché de nouveaux produits.

En à peine quelques décennies, les économistes et agriculteurs mettent en évidence un autre problème : malgré une consommation toujours plus grande de produits chimiques ainsi qu’un investissement toujours plus conséquent dans la recherche et le développement de technologies « conventionnelles », le rendement fléchit. Il n’évolue d’ailleurs plus depuis les années 2000 alors que les financements des entreprises de biotechnologies et la consommation de produits chimiques, eux, continuent d’augmenter.

De plus, la qualité des aliments, bien que plus faciles à produire, devient aussi de plus en plus mauvaise. Les études se multiplient démontrant les effets nocifs à long terme des pesticides et produits d’intrants sur la santé humaine (maladies auto-immunes, cancers…). En particulier, la valeur nutritive du Blé cultivé de manière conventionnelle est en chute libre.

D’autres problèmes indirects mais tout aussi dramatiques se présentent. Le phosphore, un des intrants chimiques les plus utilisés et les plus essentiels pour l’agriculture conventionnelle, est issu de l’exploitation de roches phosphorées. Ces roches sont rares et fournies par une poignée de pays. L’approvisionnement du phosphore mondial est majoritairement géré par le Maroc qui possède sur son territoire la plus grande (et la seule capable de soutenir l’agriculture mondiale) réserve de phosphore sous forme minérale. Une crise politique et/ou économique pourrait, de ce fait, avoir de graves conséquences sur la capacité à nourrir l’humanité et sur la sécurité alimentaire mondiale.

Mais quels sont les effets de telles pratiques sur les symbioses mises en place par la plante ? Ces effets peuvent-ils expliquer les échecs de l’agriculture conventionnelle ?

L’agriculture conventionnelle : observation des effets sur les interactions plantes-micro-organismes

Des effets alarmants : de la perte de diversité à la perte des services écosystémiques

Des études récentes mettent en avant un disfonctionnement sévère du prélèvement du phosphore au sein des agrosystèmes cultivés de manière conventionnelle. Dans un système agricultural conventionnel, les mycorhizes ne représentent plus que 0-30% de l’import de phosphore. La plante survient à ses propres besoins en absorbant 70-100% du phosphore qui lui est nécessaire pour sa croissance. À l’inverse dans un environnement naturel, les mycorhizes importent 80% du phosphore utilisable par la plante ! Cette perte drastique d’efficacité d’importation du phosphore est étudiée et mise en évidence dans tous les systèmes agriculturaux conventionnels.

Récemment, ces mêmes observations ont été réalisées sur des Fabacées associées à des bactéries Rhizobium. Dans ces cultures, les bactéries sont peu efficaces pour l’absorption du N2 atmosphérique et sont, statistiquement, beaucoup plus souvent pathogènes (et donc néfastes) que bénéfiques.

Les effets de l’agriculture conventionnelle impactent à la fois la fonction (perte de services écosystémiques et perte d’efficacité) et la diversité (perte de diversité des micro-organismes dans le sol) des agrosystèmes.

Une première hypothèse incomplète : la « symbiose inutile »

Une des premières hypothèses proposées par les chercheurs et ingénieurs agronomes a été que si l’on fournit à la plante les éléments dont elle a besoin en grande quantité, alors elle n’a plus besoin des bactéries ou des champignons pour prélever suffisamment ces éléments limitants. De fait, la plante ne fournit plus de carbone à ses symbiotes devenus inutiles. On peut alors penser que les symbiotes, privés de leurs ressources périssent ou deviennent pathogènes et parasitent la plante.

Quels seraient les effets de l’arrêt de l’importation de phosphore par l’Homme ? Les micro-organismes du sol impliqués dans les symbioses redeviendraient-ils efficaces ?

C’est le pari qu’a relevé certains agriculteurs, notamment au Mexique, où les intrants chimiques (azote et phosphore) ont été supprimés et remplacés par des substituts. Par exemple, des Fabacées (du genre Trifolium) bordant les cultures devraient, en théorie, enrichir le sol en azote grâce à leur association avec Rhizobium. Pourtant, le rendement des cultures n’était pas meilleur et l’efficacité des symbioses restait profondément impactée.

Cette expérience permet de mettre en évidence que les effets dramatiques de l’agriculture conventionnelle ne sont pas seulement liés à l’import du phosphore mais à d’autres facteurs, et qu’ils ne peuvent pas être uniquement expliqués par des symbiotes devenues « inutiles ».

L’agriculture conventionnelle et la destruction des relations plantes-micro-organismes : un modèle actualisé

Pourquoi les mycorhizes perdent-elles ces services écosystémiques suite à la pratique d’une agriculture conventionnelle ?

La faute revient d’abord aux pesticides (bactéricides et fongicides) utilisés à outrance par l’agriculture conventionnelle. Ces pesticides, destinés initialement à l’élimination des pathogènes, sont très nocifs pour les champignons et bactéries symbiotiques.

La dégradation des symbiotes conduit à deux effets :

  • La perte de diversité au sein du sol. Cela limite le choix de la plante pour son partenaire le plus efficace. En effet, de nombreuses souches de Rhizobium et de nombreux champignons existent et sont plus ou moins efficaces pour la capture et le transport des éléments nutritifs. Il peut arriver que certains symbiotes deviennent des tricheurs en ne fournissant plus de nutriments, ou s’avèrent plus couteux en carbone que d’autres. La plante est capable de sentir l’efficacité de ses symbiotes. Elle peut alors favoriser ses partenaires efficaces en leur octroyant plus de carbone, et sanctionner les tricheurs et les symbiotes peu efficaces mais couteux énergiquement en leur fournissant moins de carbone. La perte de diversité liée à l’utilisation des fongicides limite alors le choix de la plante. S’il n’y a plus de compétition entre les symbiotes pour être le plus attractif et le plus efficace, la plante devra se contenter des partenaires qu’elle trouve même si ceux-ci sont peu bénéfiques voire néfastes.
  • La perte du nombre de partenaires et donc la diminution du volume de sol exploré par les symbiotes de la plante. Dans ce cas, le phosphore ou l’azote pouvant être récupérés par l’importante surface des hyphes ne sont plus accessibles et la plante n’obtient plus autant d’éléments qu’auparavant.
Figure 10. Le modèle de modification des symbioses par l’agriculture conventionnelle (1/2). Les fongicides (dans le cas des mycorhizes, représenté ici) ou les bactéricides dans le cas des bactéries diazotrophes) modifient la nature et l’efficacité des symbioses. Ces pesticides éliminent les pathogènes mais limitent aussi le nombre et l’efficacité des symbiotes et rendent les relations plus ambiguës (moins efficaces, plus de triche…) (illustration : T. Duchateau).

Figure 10. Le modèle de modification des symbioses par l’agriculture conventionnelle (1/2). Les fongicides (dans le cas des mycorhizes, représenté ici) ou les bactéricides dans le cas des bactéries diazotrophes) modifient la nature et l’efficacité des symbioses. Ces pesticides éliminent les pathogènes mais limitent aussi le nombre et l’efficacité des symbiotes et rendent les relations plus ambiguës (moins efficaces, plus de triche…) (illustration : T. Duchateau).

Ces effets impactent généralement le rendement : les plantes possèdent moins de partenaires et ceux restants sont moins efficaces, voire tricheurs (fig. 10). La plante reçoit donc moins de phosphore et sa croissance est altérée. Ses symbioses deviennent plus ambiguës et certaines relations s’apparentent à du parasitisme (fig. 10).

Le sol reste néanmoins la « matière noire » de la recherche et de l’ingénierie agriculturale ; le système sol est très complexe, très régulé et peu étudié. À l’époque où ces premiers effets sont indéniables, peu d’individus pense à s’intéresser au sol pour expliquer la baisse du rendement.

Figure 11. Le modèle de modification des symbioses par l’agriculture conventionnelle (2/2). L’introduction des éléments limitants est le coup de grâce aux symbiotes. Malgré une efficacité moindre, les symbiotes restent relativement utiles. L’apport d’éléments limitants les rends totalement « inutiles » pour la plante qui n’a alors plus d’intérêt à les conserver. Les symbiotes ont donc le choix de périr ou de devenir parasites (illustration : T. Duchateau).

Figure 11. Le modèle de modification des symbioses par l’agriculture conventionnelle (2/2). L’introduction des éléments limitants est le coup de grâce aux symbiotes. Malgré une efficacité moindre, les symbiotes restent relativement utiles. L’apport d’éléments limitants les rends totalement « inutiles » pour la plante qui n’a alors plus d’intérêt à les conserver. Les symbiotes ont donc le choix de périr ou de devenir parasites (illustration : T. Duchateau).

La solution est l’utilisation d’intrants. Autrement dit, si la plante n’est plus aussi développée qu’avant, il est important de lui procurer tout ce dont elle a besoin pour favoriser sa croissance ! L’import de phosphore, en particulier, intensif et non régulé (typique de l’agriculture conventionnelle) dans le sol permet à la plante de s’approvisionner en cet élément initialement limitant et devenu alors abondant (fig. 11). En conséquence, les symbioses déjà altérées et ambigües, deviennent extrêmement couteuses énergétiquement pour la plante, et perdent leurs bénéfices. L’utilisation des intrants agit alors comme un facteur crucial de modifications des interactions plantes-micro-organismes : les symbioses sont affaiblies, modifiées, peu efficaces, et l’import des éléments limitants les rend inutiles. Cela provoque alors le passage d’une relation symbiotique à une relation parasitaire (fig. 11). Ce processus a été très bien étudié chez Rhizobium, et récemment, des résultats similaires commencent à être observés pour les mycorhizes.

L’agriculture conventionnelle avec ses apports extérieurs modifie donc profondément le paysage évolutif des plantes et transforme les symbioses nécessaires à la plante en relation parasitaire au sein lesquelles les champignons et les bactéries, faute de pouvoir remplir leur rôle, se nourrissent au dépend de leur hôte. En conséquence, les plantes perdent leur capacité à s’associer de manière mutualiste avec ces micro-organismes, et le retour en arrière n’est alors plus possible (expliquant l’échec de l’expérience des agriculteurs mexicains citée précédemment). Les relations symbiotiques étant devenues des relations parasitaires, si on limite voire supprime les apports d’intrants, les plantes ne peuvent plus absorber les nutriments. Leur croissance est alors considérablement réduite voire même inhibée.

En somme, les associations symbiotiques mycorhiziennes et bactériennes apparaissent comme un acteur majeur des services écosystémiques rendus par la nature à la société humaine. Ces diverses symbioses ont un rôle fondamental dans la bioséquestration du carbone, le cycle des nutriments, la biodiversité végétale ainsi que la productivité des écosystèmes agricoles. L’introduction de pesticides et d’intrants, comme le phosphore, dans les champs a été un moyen utilisé par l’agriculture conventionnelle pour augmenter le rendement des productions végétales en fournissant un élément limitant. Ceci a eu pour conséquence de détruire les services écosystémiques apportés par certains micro-organismes du sol. Aujourd’hui, l’ajout de phosphore est devenu nécessaire pour compenser la perte de ces services écosystémiques, sans quoi le rendement des cultures serait fortement diminué. À l’heure du développement durable et d’une agriculture biologique, l’utilisation des champignons mycorhiziens et des rhizobactéries représente un enjeu crucial pour une agriculture visant à réduire l’emploi des intrants chimiques et à permettre une optimisation qualitative et quantitative de la production végétale.

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*Thomas Duchateau est doctorant en immunologie et virologie. Agrégé de sciences de la vie, sciences de la Terre et de l’univers. Vous pouvez le suivre sur Instagram : @L’Insta Scientifique.

Rédigé par Thomas Duchateau* & Evan Force et publié depuis Overblog

Qu’est devenu le pouvoir de la photosynthèse pour une ville comme Paris ….?

Cette vidéo partagée montre l’évolution de Paris depuis environ -223 av. J.-C. jusqu’à nos jours (2025 dans la simulation), où une zone initialement couverte de forêts et de prairies verdoyantes est progressivement remplacée par des constructions urbaines. Le « pouvoir de la photosynthèse » – que j’interprète comme la capacité du sol et de la végétation à produire de la biomasse via la photosynthèse (mesurée souvent par la productivité primaire nette, ou NPP en anglais) – a été fortement impacté par cette urbanisation.

Pour Paris :

  • Évolution historique : À l’origine, la région de Paris était majoritairement boisée et agricole, avec une NPP élevée grâce à une couverture végétale dense. Des cartes historiques (de 1730 à 2017) montrent que les espaces verts ont interagi avec l’urbanisation : en 1730, Paris comptait beaucoup de jardins, vignobles et terrains cultivés, mais l’expansion urbaine a réduit ces zones naturelles. apur.org Au XIXe siècle, sous Napoléon III et Haussmann, Paris a vu une explosion des espaces verts publics : plus de 1 835 hectares de parcs nouveaux (comme le Bois de Boulogne ou de Vincennes), et 600 000 arbres plantés, multipliant les espaces verts par 100 (de 18 à 1 820 hectares environ). Cela a partiellement compensé les pertes, mais n’a pas restauré la NPP originelle.
  • Situation actuelle (2026) : Aujourd’hui, Paris intra-muros couvre environ 105 km², avec environ 23 % d’espaces verts (parcs, jardins, forêts urbaines). Cependant, l’urbanisation a remplacé une grande partie des sols perméables par des surfaces imperméables (bâtiments, routes), réduisant la NPP locale de manière significative. Par exemple, une forêt naturelle a une NPP autour de 800-1 200 gC/m²/an, contre moins de 200 gC/m²/an dans les zones urbaines denses. Les efforts récents (comme le plan « Paris respire » ou la végétalisation des toits) visent à augmenter cela, mais la perte nette par rapport à l’état pré-urbain est estimée à plus de 80 % dans la zone centrale.

Pour le reste du monde :

  • Tendances globales : L’urbanisation mondiale a réduit la NPP terrestre de manière notable. Entre 2000 et 2010, l’expansion urbaine a diminué la NPP de 22,4 Tg C/an (tégrammes de carbone par an), compensant 30 % des gains dus au changement climatique (comme l’augmentation du CO₂ qui favorise la croissance végétale). De 1990 à 2020, il y a une relation négative constante entre urbanisation et NPP à l’échelle mondiale : les villes convertissent des terres productives (forêts, cultures) en zones à faible NPP.
  • Variations régionales : Dans des régions comme le bassin du Yangtze en Chine, la NPP globale a augmenté de 592 à 670 gC/m² entre 2000 et 2020 grâce à la reforestation et au climat, mais l’urbanisation l’a localement diminuée. En Asie du Sud-Est, l’urbanisation a un impact négatif non linéaire sur la NPP, plus fort avec la croissance démographique et le PIB. Globalement, bien que la Terre connaisse une « verdisation » (augmentation de la NPP de 6 % de 1982 à 1999 due au CO₂), l’urbanisation et le changement climatique en plaine ou en montagne continuent de la freiner.
  • Perspectives : Avec l’urbanisation croissante (plus de 55 % de la population mondiale en ville en 2026), la NPP risque de baisser davantage sans initiatives comme les villes vertes ou la restauration écologique. Cependant, des tendances positives existent, comme l’augmentation de la productivité primaire brute (GPP) dans certaines zones urbaines grâce à l’irrigation et aux parcs.

En résumé, pour Paris comme pour le monde, l’urbanisation a réduit le pouvoir photosynthétique en remplaçant la végétation naturelle, mais des efforts humains totalement insuffisant (parcs, reforestation) atténuent beaucoup trop peu cela localement.

Y a t-il un avenir serein pour nos enfants sur cette planète ….??

Réponse complète, honnête et sans langue de bois – novembre 2025

1. Le constat brutal (si rien ne change)

Sur la trajectoire actuelle, non, il n’y a pas d’avenir serein possible.

Dans 30 à 70 ans, nos enfants et petits-enfants vivront sur une planète où :

  • les 30–50 cm de terre fertile auront disparu ou seront réduits à une croûte stérile sur la plupart des grandes plaines agricoles,
  • les océans ne donneront plus que 8–12 kg de poisson/habitant/an (contre 20 kg aujourd’hui),
  • les famines deviendront structurelles (pas seulement climatiques), touchant d’abord l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud dès 2035–2050, puis le reste du monde,
  • les conflits pour les dernières terres fertiles et l’eau douce deviendront la norme,
  • des centaines de millions de personnes seront forcées de migrer.

Ce n’est pas de la science-fiction : c’est déjà écrit dans les chiffres de la FAO, de l’IPBES et des pédologues depuis 30 ans.

2. Le sol est-il plus important que le climat ou le pic pétrolier ?

Oui, mille fois oui.
À l’échelle humaine (50–150 ans), le sol vivant est le facteur limitant absolu :

  • Sans pétrole → on fait du nucléaire, du solaire, de l’éolien. C’est cher, mais faisable.
  • Avec +3 °C ou +4 °C → c’est dur, inégalitaire, mais on peut survivre et garder une civilisation technologique.
  • Sans terre arable vivante → on ne mange plus.
  • Aucune technologie actuelle ou prévisible avant 2200 ne nourrit 8–10 milliards d’humains sans sols.

Le sol est le vrai « game over » silencieux.

Tout le reste est négociable.

3. La bonne nouvelle (et elle est énorme)

Cet avenir n’est pas inéluctable. Le sol est donc le talon d’Achille n°1 de l’humanité au XXIᵉ siècle.
Nous savons exactement comment renverser la tendance, et ça marche déjà à très grande échelle.

Pays/RégionSurface déjà en régénération forteRésultat concret mesuréTemps observé
Brésil45–50 Mha semis direct+300 à 600 % de matière organique en 15–20 ans25 ans
Australie30–35 Mha agriculture de conservationSols désertiques redevenus fertiles10–15 ans
États-Unis60 Mha couverts + no-tillÉrosion stoppée, +0,8–1,5 % MO/an10–20 ans
Niger + Sahel7 Mha régénération assistée300 millions d’arbres, nappes phréatiques remontées20–30 ans
France (bio + ACS)6 Mha et en forte croissance+0,6–1,4 % MO/an8–12 ans

Partout où on arrête de labourer, où on couvre le sol 365 j/an et où on ramène la matière organique, les sols reviennent à la vie en 5 à 20 ans.
C’est incroyablement rapide.

4. Scénario réaliste et atteignable d’ici 2050–2070(si décision politique forte dès 2030–2035)

Mesure simple et obligatoireImpact chiffré attenduConséquence pour nos enfants
Interdiction du labour nu + couverts permanents+0,7–1,2 % MO/an partoutRendements +30–50 % sans engrais chimiques
Retour au sol de 80 % de la matière organique (déchets alimentaires, résidus, fumier, boues épurées)+250–350 Gt de carbone stockés dans les solsSols plus fertiles qu’en 1900
Zéro artificialisation nette dès 20351 milliard d’hectares sauvésFin de l’étalement urbain destructeur
40–50 % des océans en aires protégées réellesStocks poissons +40–70 % en 20–30 ans15–20 kg de poisson/habitant/an à nouveau

→ Dans ce scénario, dès 2060–2080, la Terre redevient capable de nourrir 10 milliards d’humains abondamment, durablement, et sans pétrole ni engrais de synthèse.

l’espoir est concret, à portée de main

Oui, un avenir serein est encore possible pour nos enfants et surtout pour nos petits-enfants, à une condition :

Que nous décidions collectivement, avant 2035, que le sol vivant et la photosynthèse sont plus importants que le PIB, le bitume et le dernier iPhone.

Mais uniquement si nous acceptons enfin de reconnaître que le sol est plus important que le pétrole et que le CO₂, et que nous agissons en conséquence dès les 10–15 prochaines années.

Le miracle, c’est que :

  • les techniques existent et sont rentables dès la 3–5 ans pour l’agriculteur,
  • la nature pardonne extrêmement vite quand on arrête de la détruire,
  • le soleil continue de briller gratuitement tous les matins,
  • des millions d’agriculteurs dans le monde montrent déjà la voie et s’enrichissent en restaurant leurs terres.
  • la photosynthèse est toujours gratuite tous les matins.

Nous n’avons pas besoin d’inventer quoi que ce soit.

Il nous reste une seule chose à faire :
arrêter de gaspiller le soleil et la matière organique,
et remettre les deux en boucle immédiatement.
Nous avons juste besoin d’arrêter de faire les choses les plus bêtes que l’humanité ait jamais faites : labourer, bitumer, brûler, jeter la matière organique.Si nous changeons de cap dès demain, nos enfants vivront sur la planète la plus belle, la plus fertile et la plus résiliente que l’humanité ait jamais connue :
des sols noirs de 50 cm, des rivières propres, des océans qui se remplissent, une agriculture avec peu de pétrole, un climat stabilisé par le carbone remis dans la terre.

Si nous continuons à regarder ailleurs, ils vivront le collapse le plus absurde de l’histoire.

Le choix est entre nos mains. Et la nature, elle, est prête à nous tendre la main dès qu’on voudra bien la saisir.

Courage.
On peut encore gagner.
Et même gagner très beau

Le sol est-il plus important que le climat ou le pic pétrolier ?

La Plus Grande Erreur Stratégique de l’Humanité :

Le sujet le plus sous-estimé du siècle, et de très loin.
Avoir Gaspillé l’Énergie Gratuite du Soleil et le Cycle Organique qui Aurait Dû Nous Nourrir Éternellement

L’humanité du XXIᵉ siècle est en train de mourir d’une erreur civilisationnelle colossale :
pendant 150 ans, elle a sciemment détruit la seule usine solaire réellement gratuite, infinie et décentralisée dont elle disposait – la photosynthèse terrestre – tout en gaspillant les milliards de tonnes de matière organique qui auraient dû refermer le cycle.Au lieu de vivre sur les intérêts du soleil, nous avons liquidé le capital (les sols vivants) en brûlant du pétrole millénaire pour accélérer la destruction.

Résultat en 2025 :

  • 35–45 % de la photosynthèse terrestre est déjà éteinte ou gaspillée
  • 33–40 % des sols sont dégradés, 95 % le seront d’ici 2050 sans changement radical
  • Les océans s’effondrent et ne compenseront rien
  • La population va encore augmenter de 2 milliards

Nous ne sommes pas face à une « crise climatique ».
Nous sommes face à la fin programmée de la fertilité planétaire par pure incompétence civilisationnelle.

Conscience Humaine et Incompétence Historique

Une infime minorité (pédologues, agronomes, FAO, IPBES, certains paysans) alerte depuis plus de 50 ans.
Tout le reste de l’humanité – opinion publique, décideurs politiques, économistes, ingénieurs, urbanistes – a collectivement décidé que :

  • un sol, « ça repousse tout seul »
  • on pourra toujours importer de la nourriture
  • le béton et le bitume sont « c’est moderne »
  • brûler la paille ou mettre les déchets en décharge « c’est plus pratique »
  • labourer profondément « c’est plus propre »
  • Pourquoi on en parle si peu par rapport au climat ?
  • Le sol, c’est lent et invisible : on voit fondre un glacier, on ne « voit » pas un sol qui perd 0,5 % de matière organique par an.
  • Les rendements agricoles continuent d’augmenter grâce aux engrais, à la génétique et à l’irrigation… tant que ça tient.
  • On masque la dégradation.
  • L’artificialisation des terres rapporte énormément d’argent (promoteurs, collectivités locales, etc.).
  • Il n’existe pas (encore) de « marché carbone du sol » aussi médiatisé et financiarisé que celui du CO₂.

L’invisibilité extrême du désastre (perte de 0,2 à 1 mm de sol par an, perte de 0,3 % de matière organique par an) combinée aux masques technologiques temporaires (engrais NPK, OGM, irrigation) a créé l’illusion que « tout va bien ».

Le sol est le parent pauvre des grandes négociations internationales, alors que c’est probablement le facteur limitant le plus implacable pour la population humaine au XXIᵉ siècle.

Résultat :
→ Artificialisation accélérée : +100 millions d’hectares imperméabilisés depuis 1950–2025
→ 95 % des terres terrestres projetées dégradées ou mortes d’ici 2050 (IPBES 2018–2024)
→ Une civilisation qui a choisi de vivre sur le capital au lieu des intérêts solaires

Le Gaspillage Colossal de la Photosynthèse et du Cycle Organique

1. On a éteint la plus grande centrale solaire gratuite du monde

PériodePhotosynthèse terrestre active (Gt C/an)Part gaspillée/détruite par l’homme
Avant 1700~120 Gt C/an< 5 %
1950~115 Gt C/an~15 %
2025105–108 Gt C/an35–45 %
Projection 2050 (BAU)90–95 Gt C/an50–60 %

→ Nous avons éteint 12 à 15 % de la photosynthèse terrestre en 150 ans
C’est l’équivalent de détruire trois fois la surface de l’Europe en capacité de production alimentaire solaire.

2. On a jeté le carburant qui aurait dû refermer le cycle

Type de biomasse/déchetQuantité mondiale gaspillée chaque annéePotentiel si 100 % retourné au sol
Déchets alimentaires1,4 Gt+0,5 % MO/an sur 1,2 Md ha
Résidus de culture4–5 Gt (40–60 % brûlés ou perdus)+0,8–1,2 % MO/an
Déjections animales~100 Gt humide mal valorisées+1 % MO/an sur prairies
Déchets verts + boues d’épuration0,6 Gt+0,4 % MO/an

→ En valorisant seulement 60 % de ces flux, nous pourrions augmenter la matière organique mondiale des sols agricoles de +0,8 à 1,2 % par an pendant 30 ans
→ C’est-à-dire annuler tout le déclin depuis 1850 et rendre les sols plus fertiles qu’au Moyen Âge.

3. On a payé très cher pour détruire ce qui était gratuit

Action stupideCoût énergétique fossileConséquence sur le sol
Labour profond 1 million d’hectares15–25 millions de litres de gazolePerte de 300 000 à 1 million de tonnes de carbone
Bitumage de 1 million d’hectares de routes/parking5–8 millions de tonnes de bitume (pétrole)Perte définitive de photosynthèse + infiltration d’eau
Brûlage de 1 milliard de tonnes de paille0 (mais émission de 1,5 Gt CO₂eq)Perte de 400–600 millions de tonnes de carbone qui auraient pu retourner au sol

Nous avons littéralement payé du pétrole pour détruire du soleil.

L’humanité n’a pas seulement « abîmé » la planète.
Elle a commis l’erreur la plus bête qu’une espèce intelligente puisse faire :

  • Elle a dépensé une énergie fossile finie et polluante pour détruire une énergie solaire infinie et propre
  • Elle a jeté à la poubelle ou brûlé les seuls déchets qui auraient pu refermer le cycle gratuitement
  • Elle a imperméabilisé avec du bitume (déchet pétrolier) des millions de km² qui auraient pu continuer à faire de la photosynthèse et filtrer l’eau potable
  • Elle a transformé la plus grande ressource renouvelable (soleil + cycle organique) en ressource non renouvelable (sols morts + pétrole)

Aucune civilisation extraterrestre qui observerait la Terre depuis 1850 ne comprendrait :
« Ils avaient le soleil gratuit tous les jours… et ils ont préféré brûler leur capital souterrain pour détruire leur capital vivant de surface. »Recommandements d’Urgence Civilisationnelle (à appliquer avant 2035)

  1. Interdiction mondiale du brûlage des résidus agricoles et du labour nu dès 2030–2035
  2. Retour obligatoire au sol de 80 % minimum de toute matière organique (urbaine et agricole)
  3. Taxe carbone + taxe labour + taxe bitume → subvention massive au non-labour et aux couverts permanents
  4. « Droit à la photosynthèse » : toute surface artificialisée = compensation intégrale par surface équivalente en couvert végétal permanent ailleurs
  5. Dé-bitumage systématique des parkings, trottoirs, zones industrielles dès que possible
  6. Taxe exceptionnelle sur les profits historiques des compagnies pétrolières pour financer la régénération massive des sols
  7. Indicateur national n°1 : non plus le PIB, mais le taux de photosynthèse active + taux de retour de matière organique au sol

Nous avons encore 15 à 30 ans pour inverser la trajectoire.
Après, même avec toute la volonté du monde, la physique et la biologie ne nous laisseront plus le choix.

Nous avons jeté à la poubelle l’énergie gratuite du soleil et le seul moyen de la stocker durablement.
Il est temps de la ramasser avant que la poubelle ne soit définitivement scellée.

Le système agricole industriel actuel est en train de scier la branche sur laquelle l’humanité est assise. On a probablement encore 30 à 70 ans avant que les premières civilisations régionales ne s’effondrent principalement à cause de la stérilité des sols (bien avant que le dernier baril de pétrole ne soit pompé ou que la banquise ait totalement fondu). Et presque personne ne veut regarder en bas pendant qu’on discute du thermomètre ou des éoliennes.

C’est peut-être le plus grand aveuglement collectif de notre époque.

Pourquoi ça reste invisible ou secondaire ?

  1. L’érosion du sol est lente et silencieuse (0,2 à 1 mm par an, personne ne le « voit ».
  2. Les rendements tiennent encore grâce aux engrais chimiques et à l’irrigation… tant qu’il reste du phosphate, de l’eau et de l’énergie pas trop chère.
  3. L’artificialisation des terres (zones commerciales, lotissements, routes) rapporte immédiatement de l’argent aux collectivités et aux promoteurs.
  4. Il n’existe pas de « GIEC du sol » aussi médiatisé que celui du climat.

On peut vivre sur une planète plus chaude.
On ne peut pas vivre sur une planète sans terre.

Conclusion

Oui, on sait parfaitement régénérer les sols, et vite.
On a même déjà les outils, les techniques et les preuves à très grande échelle.
Le seul vrai frein aujourd’hui : la volonté politique et économique.

Mais là où ces solutions sont appliquées à grande échelle (Brésil, Australie, certains États américains, Zimbabwe avec le pâturage régénératif, France en bio/ACS), les sols reviennent à la vie en 5 à 20 ans.

C’est possible. C’est même déjà en train de se faire.
Il suffit de le décider partout.

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Combien de CO₂ peut-on réellement retirer en restaurant la photosynthèse et les sols vivants ?


Et ce n’est pas une hypothèse optimiste : c’est de la physique et de la biologie déjà mesurée sur le terrain.

Combien de CO₂ peut-on réellement retirer en restaurant la photosynthèse et les sols vivants ?

Pratique à grande échelle (1 milliard d’hectares)Séquestration carbone réaliste et durableÉquivalent en Gt CO₂ évité ou retiré par an
Semis direct + couverts permanents + rotations longues+0,5 à 1,5 t C/ha/an1,8 à 5,5 Gt CO₂/an
Agroforesterie (arbres dans les champs)+1 à 4 t C/ha/an3,6 à 14,5 Gt CO₂/an
Pâturage tournant dynamique + prairies multi-espèces+1 à 5 t C/ha/an (records à +10)3,6 à 18 Gt CO₂/an
Retour massif de matière organique (compost, biochar, fumier)+0,5 à 2 t C/ha/an1,8 à 7,3 Gt CO₂/an
Restauration forêts et zones humides+3 à 10 t C/ha/antrès élevé mais surface limitée

→ Potentiel mondial réaliste et déjà prouvé : 8 à 20 Gt CO₂ retirés chaque année si on met 2 à 3 milliards d’hectares en pratiques régénératives fortes d’ici 2040–2050.
→ Émissions anthropiques actuelles (2025) : ≈ 50 Gt CO₂eq/an
→ On pourrait donc annuler 15 à 40 % des émissions rien qu’avec les sols et la biomasse, et atteindre zéro net voire négatif en combinant avec la baisse des énergies fossiles.Scénario +3 °C ou +4 °C → +1,7 °C ou +2 °C grâce aux sols

Scénario actuel (RCP 8.5 ou SSP5-8.5)Réchauffement projeté 2100Avec séquestration massive dans les sols et la biomasse (15–20 Gt CO₂/an retirés dès 2040)Réchauffement probable 2100
Business as usual+4 à +5 °CImpossible de rattraper totalement, mais on peut couper la trajectoire de moitié+2,5 à +3,2 °C
Émissions divisées par 2 d’ici 2050 + régénération sols très forte+2,7 à +3,5 °CRetrait de 12–18 Gt/an → on revient sous la barre des +2 °C, voire +1,7 °C+1,6 à +2 °C

En clair :
Oui, restaurer massivement la photosynthèse et les sols vivants est le levier le plus puissant, le plus rapide et le moins cher pour atténuer le réchauffement climatique.

Bonus : les effets secondaires positifs (et énormes)

  • Refroidissement local de 0,5 à 2 °C dans les régions agricoles (plus d’humidité, plus d’évapotranspiration, moins d’îlots de chaleur)
  • Résilience totale aux sécheresses extrêmes (sols éponges qui retiennent 200–400 mm d’eau en plus)
  • Réduction naturelle des inondations (infiltration ×5 à ×10)
  • Retour de la biodiversité (vers de terre, mycorhizes, pollinisateurs)
  • Moins de méthane et protoxyde d’azote grâce à l’arrêt des engrais de synthèse

Conclusion très directe

Si l’humanité décide enfin de remettre la photosynthèse au centre (couverts permanents, arbres partout, retour de toute la matière organique, agroforesterie, pâturage régénératif), alors :

  • le pic de réchauffement peut être ramené sous +2 °C (voire proche de +1,5 °C avec une volonté forte),
  • on gagne en même temps la guerre contre la faim, la sécheresse et les migrations,
  • et on le fait avec des techniques qui rapportent de l’argent aux paysans dès la 3ᵉ année.

Le climat n’est pas une fatalité à +4 °C.
C’est une conséquence de notre guerre contre la photosynthèse.

On a déjà la solution sous les pieds.
Il suffit de la remettre en marche.
Et la planète nous pardonnera beaucoup plus vite qu’on ne le croit.


L’agriculture régénérative ne suffira pas toute seule :

Elle doit être portée par une réorganisation profonde de toute la civilisation.
Sans ces mesures complémentaires, même les meilleurs agriculteurs régénératifs seront écrasés par l’étalement urbain, les infrastructures, la finance et les habitudes de consommation.

LE PAQUET COMPLET EN 10 PILIERS (à mettre en place simultanément avant 2035–2040)

PilierMesure concrète obligatoireObjectif chiffré 2050Responsable principal
1. Formation massive à l’intelligence de la natureMatières « Fonctionnement des écosystèmes vivants » et « Lecture du paysage » obligatoires de la maternelle à l’université + formation continue pour tous les adultes (50 h/an)80 % de la population sait lire un sol, une haie, un cycle de l’eauÉducation nationale + plateformes en ligne gratuites
2. Zéro artificialisation nette → Artificialisation NÉGATIVEToute nouvelle construction = dé-imperméabilisation d’une surface ×1,5 ailleurs. Objectif : rendre 100 millions d’hectares à la photosynthèse d’ici 2070-150 Mha imperméabilisés netsLois nationales + taxe bitume ×10
3. Réorganisation urbaine : remettre 50 % de photosynthèse en villeToitures végétalisées, parkings dé-bitumés → prairies ou forêts urbaines, rues en matériaux drainants, obligation de 30 m² de surface photosynthétique par habitant en ville+2 à 3 Gt CO₂ séquestrés/an + baisse de 4–8 °C des îlots de chaleurPlans locaux d’urbanisme réécrits
4. Libération des sols fertiles les plus richesInterdiction totale et immédiate de construire sur les terres de classe 1 et 2 (les 20 % les plus fertiles du monde). Délocalisation des zones industrielles/logistiques vers sols pauvres ou déjà artificialisés500 millions d’hectares protégés à jamaisCartographie mondiale + loi internationale
5. Création de « ceintures filtrantes » autour des villes et le long des cours d’eau100 mètres de prairies, haies, zones humides obligatoires. Objectif : filtrer 90 % des nitrates et pesticides + réalimenter les nappesRetour de l’eau potable naturelle dans 80 % des agglomérations
6. Révolution des transports et des voies de communication-50 % de routes et parkings bitumés d’ici 2050. Remplacement par voies ferrées, pistes cyclables, chemins en grave naturelle ou matériaux perméables. Développement massif du télétravail et des villages-relais-70 % d’imperméabilisation liée aux transportsPlan Marshall ferroviaire + vélo
7. Retour obligatoire de la matière organique (urbaine + agricole)90 % des biodéchets, boues d’épuration, tontes, résidus de culture retournés au sol sous 3 ans (plateformes de compostage de proximité partout)+300 Gt de carbone dans les sols d’ici 2070Loi « Zéro biodéchet en décharge »
8. Monnaie et fiscalité au service du vivantTaxe carbone + taxe labour + taxe bitume + taxe engrais/azote → reversée à 100 % en paiements pour services écosystémiques (sol, eau, biodiversité)300–500 €/ha/an pour les pratiques régénérativesBudgets nationaux réorientés
9. Droit à la photosynthèse inscrit dans les constitutionsToute personne a droit à 100 m² de surface photosynthétique active et protégée par habitant (principe juridique supérieur au droit de propriété)Indicateur officiel remplaçant le PIBRévision constitutionnelle dans 50 pays
10. Gouvernance mondiale du vivantCréation d’une Organisation Mondiale des Sols et de la Photosynthèse (sous l’égide de l’ONU) avec pouvoir de sanction, comme l’AIEA pour le nucléaireObjectif : +2 milliards d’hectares en régénération forte d’ici 2060Traité international vinculant

Vision intégrée à horizon 2070 si on applique les 10 piliers

  • Villes : 50 % plus vertes, 5–8 °C plus fraîches l’été, air pur, eau de pluie filtrée bue directement
  • Campagnes : sols noirs de 40–60 cm, rendements stables voire en hausse sans engrais chimiques
  • Routes et parkings : réduits de 60 %, remplacés par trains, vélos, chemins enherbés
  • Émissions nettes : négatives dès 2055–2060 grâce aux sols et forêts
  • Réchauffement plafonné à +1,7–2 °C
  • 10–11 milliards d’humains nourris abondamment et en paix avec la biosphère

Phrase clé à retenir

On ne sauvera ni le climat, ni la faim, ni la paix sans sauver les sols et la photosynthèse partout, y compris en ville.


L’agriculture régénérative n’est que la première pierre.


Le vrai projet de civilisation du XXIᵉ siècle, c’est remettre la photosynthèse au cœur de chaque mètre carré habité ou cultivé de la planète.Et ça, ce n’est plus de l’écologie.C’est de l’intelligence vitale.

On a 15 ans pour lancer le mouvement.
Après, la physique ne pardonnera plus. Mais si on le lance, nos arrière-petits-enfants appelleront le XXIᵉ siècle « le siècle où l’humanité a enfin compris comment vivre du soleil ».

GIEE Magellan

La journée technique de terrain organisée par le GIEE Magellan pour fêter ses 10 ans, qui s’est tenue le mardi 18 novembre 2025 à Bona (Nièvre, 58). Cet événement incluait des échanges et des présentations sur les résultats et thématiques du groupe.

agriculture-de-conservation.com

Contexte sur le GIEE Magellan

Le GIEE (Groupe d’Intérêt Économique et Environnemental) Magellan est un collectif d’agriculteurs de la Nièvre (58) créé en 2015, dédié à l’avancement collectif de la technique du semis direct sous couvert végétal (SDCV). Ce groupe vise à améliorer la fertilité des sols, réduire l’usage d’intrants et promouvoir l’agriculture de conservation. Il compte une dizaine de membres actifs qui mènent des expérimentations en micro-parcelles et à l’échelle des systèmes de culture. facebook.com +2Détails de l’événement du 18 novembre 2025

  • Thème principal : Célébration des 10 ans du GIEE, avec un focus sur les résultats et les thématiques de travail des dix premières années (expérimentations en SDCV, couverts végétaux, choix de semoirs, etc.).
  • Format : Journée technique de terrain, avec des échanges interactifs plutôt qu’une présentation formelle en salle.
  • Programme annoncé
    • Visites de plate-formes d’essais sur le terrain (démonstrations pratiques de techniques SDCV).
    • Interventions d’intervenants techniques (experts en agronomie de conservation).
    • Témoignages des membres du GIEE sur leurs expériences et résultats.
    • Présentation de matériel agricole adapté (semoirs, outils pour couverts végétaux).
  • Lieu : Bona, Nièvre (58) – une commune rurale propice aux démonstrations agricoles.
  • Objectif : Favoriser les partages d’expériences pour inspirer d’autres agriculteurs et techniciens.

Ressources liées et présentation générale du groupe

Le groupe dispose d’un Guide Technique « Culture Magellan » (édité en 2023, sans mise à jour confirmée pour 2025), qui synthétise leurs travaux. Il inclut une section dédiée à la présentation du groupe et de son fonctionnement. Vous pouvez le consulter ou le télécharger ici : Guide Culture Magellan.

Le guide couvre :

  • Présentation du GIEE et son organisation.
  • Vision du semis direct sous couvert.
  • Couverts végétaux (de l’annuel au permanent).
  • Choix et utilisation de semoirs.
  • Points clés pour débuter en SDCV.

Pour plus d’infos, je recommande de contacter directement le GIEE via leur page Facebook : https://www.facebook.com/GIEEMagellan

ou leur site

https://gieemagellan.wixsite.com/magellan/le-groupe où des retours post-événement pourraient être partagés prochainement.

Voir aussi : https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/ACACIA_-_GIEE_MAGELLAN

L’agriculture de conservation des sols… n’est-il pas temps de s’y mettre ?

L’agriculture de conservation des sols (ACS) présente des atouts indéniables, tant sur le plan environnemental que pour l’économie des exploitations agricoles. C’est pourquoi une mission conduite par le CGAAER formule des propositions en vue de favoriser son développement. Elle préconise en particulier d’affirmer, par une communication claire, le caractère patrimonial du sol et les effets positifs de l’ACS, afin de faire émerger une prise de conscience et susciter une mobilisation dans l’ensemble du monde agricole.

Rapport de mission de conseil n°24064

Février 2025

Enjeux

Alors qu’elle a connu dans d’autres pays un essor important, l’ACS reste en France relativement peu développée. De multiples bénéfices sont pourtant portés à son crédit : augmentation de la réserve utile en eau, stockage de la matière organique, amélioration de la biodiversité, meilleure résistance des sols à l’érosion. Mais elle ne parvient pas à dépasser le stade du succès d’estime et à se développer au-delà du cercle des seuls initiés.
Le Ministre chargé de l’agriculture a demandé au CGAAER d’analyser cette situation, d’identifier les freins au développement de l’ACS, notamment sur le plan économique, et de formuler des propositions.

Méthodologie

La mission a rencontré des agriculteurs, leurs associations et leurs conseillers. Elle a auditionné des organismes de recherche, des instituts techniques et des entreprises de transformation et de distribution.
Elle s’est attachée à cerner la définition de l’ACS, à objectiver la réalité et la diversité de sa mise en œuvre en France, et à analyser les politiques publiques en lien avec ce mode d’agriculture.
Elle a examiné l’ACS au prisme des problématiques actuelles liées au carbone, à la fertilité des sols, à la biodiversité, à la préservation des sols et à l’adaptation aux évolutions du climat. Elle a spécialement porté son attention sur le volet économique, notamment lors de la phase de transition entre pratiques « conventionnelles » et ACS.

Résumé

Lorsqu’elle est maîtrisée, l’ACS comporte des avantages comparatifs au regard des pratiques plus conventionnelles : diminution du temps de travail, maintien des rendements, amélioration globale des revenus, aménités environnementales positives (pour l’eau, la matière organique, la biodiversité, la résistance à l’érosion). Avec la gestion des couverts et la diversité des assolements, elle peut aussi conduire à une réduction des intrants de synthèse. Elle présente ainsi des atouts pour l’adaptation aux effets du changement climatique.
L’ACS reconnecte l’agriculteur à son cœur de métier, l’agronomie, et lui permet de disposer à nouveau de marges de manœuvre en termes d’autonomie de décision.
Ainsi, le passage à l’ACS est source de valeur ajoutée, pour les agriculteurs comme pour l’ensemble de la collectivité, et constitue une voie non décroissante de la transition vers plus de durabilité et de souveraineté.
Pour la mission, le frein principal au développement de l’ACS est d’ordre culturel. Elle préconise donc d’affirmer, par une communication institutionnelle claire, le caractère patrimonial du sol et les effets positifs de l’ACS, afin de susciter une prise de conscience et une mobilisation dans l’ensemble du monde agricole.
Elle estime que l’ACS n’appelle pas nécessairement de soutien financier lorsque le régime de croisière est atteint, ce qui n’empêche pas une reconnaissance par la valorisation du produit au sein des filières. En revanche, la phase de transition est délicate sur le plan technique et porteuse de risque. L’accompagnement des agriculteurs par tous les réseaux professionnels est donc essentiel.
En parallèle, la mise en place d’un filet de sécurité serait de nature à rassurer pour couvrir le « risque transition ».
La mission recommande que la formation initiale et continue des agriculteurs et des techniciens aborde systématiquement l’ACS.
La recherche et l’expérimentation doivent se poursuivre et prendre en compte la diversité des conditions pédoclimatiques, ainsi que des structures et orientations d’exploitation. La mise au point de références techniques et économiques doit s’intensifier Les connaissances sur l’ACS devraient être consolidées dans un observatoire dédié.
Enfin, pour favoriser les échanges, la structuration des filières et le pilotage des politiques publiques, la mission estime indispensable d’instaurer un indicateur simple, unique et reconnu sur la qualité et la santé des sols.

À télécharger

https://agriculture.gouv.fr/telecharger/151792

Toujours la PHOSYNTHÈSE ….!!

Peut-elle devenir Artificielle à terme…?

Peut-on avancer que le pétrole a été fabriqué autrefois avec la photosynthèse ( = la végétation) ….Il est dommage que ce pétrole nous a servi, nous sert à détruire beaucoup trop de potentiel de photosynthèse ….Le pétrole aurait du plutôt à développer de la photosynthèse …..Et cette photosynthèse n’est elle pas une solution pour créer une part importantes de ressources à la vie terrestre …Le redéploiement de la photosynthèse est-il un moyen de retrouver des ressources « gratuites » que l’on aurait jamais du perdre ….!! dans l’intérêt de l’humanité…

Le pétrole est un message du passé photosynthétique : « Utilisons le pour faire renaître la vie, pas pour l’étouffer. »

1. Origine du pétrole : indirectement par la photosynthèse

  • Processus : Le pétrole (et le gaz naturel) provient majoritairement de matière organique marine (plancton, algues, bactéries) accumulée il y a 50 à 500 millions d’années dans des bassins sédimentaires anoxiques.
  • Rôle de la photosynthèse : Ces micro-organismes ont fixé le CO₂ atmosphérique grâce à la photosynthèse pour produire de la biomasse (lipides, protéines, glucides). À leur mort, cette matière organique s’est enfouie, puis transformée par la chaleur et la pression en kérogène, puis en hydrocarbures liquides (pétrole).
  • Preuve : Les isotopes du carbone (¹³C/¹²C) dans le pétrole correspondent à ceux de la matière organique photosynthétique, pas à des sources abiotiques (théorie minoritaire et réfutée pour >99 % des gisements).

Conclusion : Oui, le pétrole est un produit fossile de l’ancienne photosynthèse, stocké sur des centaines de millions d’années.


2. Ironie tragique : détruire la photosynthèse avec ses propres réserves : on brûle du carbone photosynthétique ancien pour détruire la photosynthèse actuelle et à venir :

  • Déforestation (Amazonie, Indonésie) pour l’huile de palme, le soja, l’élevage → perte de 10-15 millions d’hectares de forêt/an.
  • Pollution agricole (engrais azotés issus du gaz naturel) → eutrophisation → morts de zones marines (algues photosynthétiques).
  • Émissions de CO₂ → acidification des océans → blanchiment coraux et mortalité du phytoplancton (50 % de la photosynthèse mondiale).

Chiffre : Le phytoplancton produit ~70 % de l’O₂ terrestre. Une partie meurt à cause des hydrocarbures qu’il a lui-même contribué à former il y a des ères géologiques.


3. Et si on avait utilisé le pétrole pour amplifier la photosynthèse ? C’est une idée visionnaire et techniquement réalisable :

Usage destructeur actuelUsage régénératif possible avec le pétrole
Combustion → CO₂Fertilisants (NH₃ via Haber-Bosch avec gaz naturel) → booster cultures
Plastiques à usage uniqueSerres high-tech, irrigation goutte-à-goutte, agroforesterie
Transport polluantÉlectrification + biocarburants 2ᵉ gén. (algues cultivées)

Exemple concret :

  • Les algues microphotobioréacteurs (cultivées avec CO₂ capté + lumière) peuvent produire 100 fois plus de biomasse/ha que le soja.
  • Le pétrole a permis l’ingénierie génétique (CRISPR), les LED horticoles, les capteurs IoT → on pourrait multiplier par 5-10 la productivité photosynthétique mondiale.

4. La photosynthèse comme solution majeure

  • Photosynthèse artificielle (feuilles artificielles, catalyseurs à base de cobalt/perovskite) → produire H₂ ou carburants solaires directement.
  • Reforestation + biochar : 1 trillion d’arbres = séquestration de 200 Gt CO₂ (1/3 des émissions cumulées).
  • Océans : fertilisation contrôlée en fer → bloom phytoplancton → puits de carbone (expériences en cours, mais risquées).

Limite actuelle : L’efficacité photosynthétique naturelle est faible (1-2 % de l’énergie solaire convertie). La recherche vise 10-20 % via :

  • Plantes C4 modifiées (maïs → riz)
  • Chloroplastes artificiels
  • Cyanobactéries modifiées (produisent éthanol ou plastique biodégradable)

Actions concrètes :

  1. Favoriser la reforestation naturelle et les biotechs végétales.
  2. Subventionner les LED horticoles et serres verticales (déjà rentables à Singapour).
  3. Investir massivement dans la photosynthèse artificielle (comme l’UE avec le projet « Sun-to-Liquid »).

Le pétrole aurait dû être un tremplin vers une biosphère augmentée, pas un fossoyeur de la photosynthèse. Il n’est pas trop tard pour inverser la trajectoire.

Photosynthèse artificielle en détail

Biocarburants à base d’algues



1. Le pétrole = photosynthèse fossilisée → une « banque solaire » géologique

  • Oui, 100 % d’origine photosynthétique (confirmé par géochimie isotopique).
  • Stock colossal : ~3 000 milliards de barils extraits + réserves = l’équivalent de 10 000 ans de photosynthèse mondiale actuelle comprimée en quelques siècles d’usage.
  • C’est l’énergie solaire d’hier, captée par des forêts et océans disparus, transformée en liquide dense.

Le pétrole est un héritage photosynthétique mal géré.


2. On a détruit la photosynthèse vivante avec la photosynthèse morte

  • Perte nette : On brûle 1 tonne de carbone fossile → libère CO₂ → contribue à détruire 10 à 100 m² de photosynthèse active (forêt, phytoplancton).
  • Exemple : 1 litre d’essence = 2,3 kg CO₂ → équivaut à ce que 10 arbres absorbent en 1 jour.

Ironie cruelle : On a utilisé l’énergie du passé vert pour désertifier le présent.


3. Le redéploiement de la photosynthèse = ressources « gratuites » retrouvées, et c’est la clé d’une économie régénérative.

Ressource « gratuite » perdueComment la retrouver via photosynthèse augmentée
Oxygène (70 % océanique)Protéger + stimuler phytoplancton (fer, upwelling artificiel)
Carbone organique (sols)Agroforesterie + biochar → +1 % matière organique = +20 cm d’eau retenue
Biomasse alimentaireSerres LED + algoculture → 100 t/ha/an vs 5 t/ha blé
ÉnergieFeuilles artificielles → H₂ solaire à 15 % d’efficacité
MatériauxBioplastiques (PHA bactériens), fibres (chanvre C4), bois CLT

La photosynthèse = usine solaire gratuite, si on lui donne :

  • Lumière (LED optimisées)
  • CO₂ (capté des fumées)
  • Eau + nutriments (recyclés)

4. « Jamais dû perdre » → un principe de souveraineté biosphérique

Nous avons externalisé la photosynthèse (pétrole) au lieu de l’internaliser (vivant).

Perte historique :

  • Avant 1800 : 99 % de l’énergie humaine = photosynthèse directe (bois, nourriture, vent, eau).
  • Aujourd’hui : <1 %. On a désappris à vivre du vivant.

Redéploiement = réappropriation :

TechnologieGain potentiel
Fermes verticales (LED + hydro)1 ha = 100 ha traditionnels
Algues en photobioréacteurs1 ha = 50 000 L biodiesel/an
Forêts comestibles (agroforesterie)Nourrir 10 pers./ha sans engrais
Photosynthèse artificielleCarburant solaire à 0,10 €/L (horizon 2035)

5. Stratégie concrète : « Opération Photosynthèse 2.0 »

  1. Taxe carbone → Fonds Photosynthèse (1 % du PIB mondial = 1 000 Md$/an).
  2. Subventionner la biomasse vivante comme on a subventionné le pétrole.
  3. Écoles de photosynthèse : former 1 million d’ingénieurs en biologie synthétique d’ici 2030.
  4. Label « Photosynthèse-positive » : tout produit qui augmente la biomasse nette.

Conclusion poétique et opérationnelle

Le pétrole était un prêt du passé.
La photosynthèse est un don du présent.
Le redéployer, c’est rembourser la dette avec des intérêts en plus pour la vie.

Nous n’aurions jamais dû perdre cette ressource gratuite.
Nous pouvons la retrouver — et l’amplifier.

C’est la révolution la plus ancienne et la plus futuriste :
Rebooster la photosynthèse, pour une Terre qui se nourrit elle-même.

Plan d’action chiffré en 10 points

Photosynthèse artificielle innovations récentes


1. Efficacité énergétique : PA gagne largement (théoriquement et en labo)

TypeEfficacité (énergie solaire → produit utile)Exemple
PN naturelle (plantes C3 : blé, riz)0,5 – 1,5 %1 ha de blé = ~5 t de grain → ~80 GJ/an
PN naturelle (plantes C4 : maïs, canne)2 – 3 %1 ha canne = ~80 t → ~1 200 GJ/an
PN naturelle (algues en bassin ouvert)1 – 2 %1 ha = ~20 t biomasse
PA (photobioréacteurs fermés + LED optimisées)5 – 12 % (record 2024 : 14 % en labo)1 ha = 200 – 500 t biomasse/an
PA (feuilles artificielles : H₂ ou CO)10 – 20 % (record 2023 : 19 % sur 1 m²)1 m² = 1 kg H₂/jour

Verdict : PA est 5 à 20× plus efficace que la PN sur les meilleurs sols.


2. Productivité par hectare : PA explose la PN

Systèmet/ha/an (biomasse sèche)Équivalent en huile (L/ha/an)
Meilleur sol fertile (canne à sucre, Brésil)80 t~6 000 L éthanol
Meilleur sol + irrigation + engrais (maïs USA)25 t~2 500 L biodiesel
Photobioréacteur algues (LED + CO₂ pur)200 – 600 t50 000 – 150 000 L
Ferme verticale (salades, LED)1 000 t (frais)

Verdict : PA peut produire 10 à 100× plus par hectare que les meilleurs sols.


3. Coût actuel : PN gagne… mais PA rattrape vite

SystèmeCoût de production (2025)Horizon compétitif
Blé sur bon sol (France)~150 €/tDéjà compétitif
Éthanol de canne (Brésil)~0,40 €/LMeilleur biocarburant actuel
Algues en photobioréacteur (huile)2 – 10 €/LTrop cher
PA artificielle (H₂ solaire)5 – 15 €/kg H₂vs 1,5 €/kg H₂ gris
Ferme verticale (salades)3 – 5 €/kgvs 1 €/kg en plein champ

Mais :

  • PA bénéficie de la loi de Moore (LED ÷2 tous 2 ans, catalyseurs améliorés).
  • PN est plafonnée (génétique, eau, lumière naturelle).

Prévision :

  • 2030 : PA algues < 1 €/L (avec CO₂ capté gratuit)
  • 2035 : H₂ artificiel < 1 €/kg → compétitif avec pétrole

4. Avantages exclusifs de la PA (que la PN ne peut pas avoir)

CritèrePhotosynthèse Naturelle (meilleurs sols)Photosynthèse Artificielle
Contrôle totalNon (météo, saisons, pests)Oui (24h/24, 365j/an)
LieuSeulement sols fertilesToits, déserts, mers, usines
CO₂Limité à l’air (420 ppm)CO₂ pur (10 000 ppm) → ×10 vitesse
Eau500 – 1 000 L/kg biomasse1 – 10 L/kg (recyclage fermé)
NutrimentsEngrais chimiquesRecyclés en boucle
Produit finalBiomasse bruteH₂, éthanol, plastiques, protéines pures

PA = photosynthèse « sur stéroïdes », sans les limites biophysiques.


5. La PN sur bons sols a été perdue… mais pas irrécupérable

  • Perte réelle :
    • 30 % des sols fertiles dégradés (ONU, 2023).
    • 1 mm de sol perdu = 200 ans à reformer.
  • Mais :
    • Agroforesterie + biochar → +2 % C organique en 10 ans.
    • Cultures pérennes (noix, fruits) → 50 t/ha/an sans labour.

PN peut être régénérée, mais ne dépassera jamais 3-4 % d’efficacité.


6. Synthèse : compétitivité actuelle vs futur

DimensionGagnant 2025Gagnant 2035
EfficacitéPAPA
Productivité/haPAPA
CoûtPN (bons sols)PA = égalité ou victoire
ScalabilitéPN (terres existantes)PA (toits, déserts, mers)
RésiliencePN (écosystémique)PA (contrôlée)

Conclusion :
Aujourd’hui, la PN sur bons sols reste plus compétitive en coût.
Demain (2030-2035), la PA la dépasse partout — même sur les meilleurs sols.


Vision stratégique

Les meilleurs sols → à régénérer pour la PN (nourriture, biodiversité).
Les surfaces inutiles (toits, déserts, mers) → à conquérir par la PA.

Exemple gagnant :

  • Singapour : fermes verticales LED → 10 % des légumes, 0,1 % de la surface.
  • Arabie Saoudite : projet NEOM → PA dans le désert avec eau dessalée solaire.

La PA n’est PAS encore aussi compétitive que la PN sur les meilleurs sols…
MAIS elle le sera d’ici 5-10 ans, et avec 10× plus de rendement.

Et surtout :

La PN perdue sur les bons sols peut être retrouvée avec de la régénération.
La PA nous donne une nouvelle frontière — sans toucher aux terres fertiles.

Détails sur projet NEOM

Régénération des sols dégradés


Tableau : Bilan environnemental global – PA vs PN (meilleurs sols)(par hectare et par an – données médianes 2025)

CritèrePN – Canne à sucre (Brésil, meilleur sol)PA – Photobioréacteur algues (LED + CO₂ capté)PA – Feuille artificielle (H₂ solaire)
Rendement biomasse80 t/ha/an400 t/ha/an— (1 200 kg H₂/ha/an)
Énergie produite1 200 GJ/ha/an6 000 GJ/ha/an150 GJ/ha/an (H₂)
Énergie totale embarquée (ETE)120 GJ/ha/an1 800 GJ/ha/an300 GJ/ha/an
→ dont électricité (LED, pompes)5 GJ1 500 GJ250 GJ
→ dont construction (acier, verre, etc.)100 GJ250 GJ40 GJ
→ dont maintenance15 GJ50 GJ10 GJ
EROI (Energy Return on Investment)10 : 13,3 : 10,5 : 1 → 5 : 1 (2030)
Bilan CO₂ net+5 t CO₂e/ha/an (engrais N₂O)–50 à –150 t CO₂e/ha/an (si CO₂ capté)–10 t CO₂e/ha/an (si H₂ remplace fossile)
Eau consommée15 000 m³/ha/an200 m³/ha/an (recyclage 99 %)0 m³ (vapeur recombinée)
Nutriments (N, P)200 kg N + 50 kg P100 % recyclés0
Impact sol / biodiversitéÉrosion, compaction, perte -0,1 % C/anAucun (hors-sol)Aucun
Surface occupée1 ha1 ha1 ha
Durée de vie systèmeIllimitée (si régénéré)20 ans10 ans

Interprétation clé : le nerf de la guerre = ÉNERGIE EMBARQUÉE

1. EROI (Return on Energy Invested)

  • PN (canne) : 10 : 1 → classique, robuste, prouvé.
  • PA algues : 3,3 : 1 → négatif en énergie nette aujourd’hui si électricité = mix mondial (40 % fossile).
  • PA feuille artificielle : 0,5 : 1 → perte nette sauf si solaire dédié.

Attention : PA n’est viable QUE si alimentée par électricité 100 % renouvelable.


2. Scénario gagnant : PA + solaire dédié

ScénarioEROIBilan CO₂
PA algues + mix électrique mondial1,5 : 1–10 t/ha
PA algues + solaire dédié (PV 2 €/W)6 : 1–120 t/ha
PN canne + biochar12 : 1–15 t/ha

Verdict : PA devient supérieur à PN en bilan global SI couplée à du solaire bon marché.


3. Eau : PA écrase PN

  • PN : 1 500 L d’eau par litre d’éthanol (canne irriguée).
  • PA algues : < 1 L/L (recyclage fermé).
  • PA H₂ : 0 L.

4. Biodiversité & sols

  • PN sur bons sols : perte continue si monoculture (même canne).
  • PA : zéro impact → libère les terres pour reforestation.

Bilan environnemental global : qui gagne ?

CritèreGagnant 2025Gagnant 2030 (prévision)
Énergie nette (EROI)PN (10:1)PA + solaire (6-8:1)
CO₂ séquestréPA (si CO₂ capté)PA
EauPAPA
Sols / biodiversitéPN régénéréePA (libère les sols)
ScalabilitéPNPA
Coût énergie finalePNPA

Conclusion chiffrée et stratégique

Aujourd’hui (2025) :
La PN sur bons sols est PLUS COMPÉTITIVE en énergie nette et environnement global (EROI 10:1, coût bas, robustesse).
La PA est un gouffre énergétique si non couplée à du renouvelable dédié.

Demain (2030-2035) :
PA + solaire dédié = EROI 6-10 : 1 → dépasse la PN partout.
Bilan CO₂ : –100 t/ha/an vs +5 pour PN intensive.
Eau : 100× moins.
Libère 100 % des terres fertiles pour nourriture et forêts.


Recommandation finale

  1. 2025-2030 : Régénérer la PN sur bons sols (agroforesterie, biochar, cultures pérennes) → meilleur bilan immédiat.
  2. 2030+ : Déployer PA à grande échelle dans déserts, toits, mers → avec solaire dédié.
  3. Hybride gagnant : PN pour nourriture + PA pour énergie/matériaux.


Feuille 1 : Synthèse 2025 (Bilan environnemental global)

CritèrePN – Canne à sucre (Brésil, meilleur sol)PA – Photobioréacteur algues (LED + CO₂ capté)PA – Feuille artificielle (H₂ solaire)
Rendement biomasse80 t/ha/an400 t/ha/an— (1 200 kg H₂/ha/an)
Énergie produite1 200 GJ/ha/an6 000 GJ/ha/an150 GJ/ha/an (H₂)
Énergie totale embarquée (ETE)120 GJ/ha/an1 800 GJ/ha/an300 GJ/ha/an
→ dont électricité (LED, pompes)5 GJ1 500 GJ250 GJ
→ dont construction (acier, verre, etc.)100 GJ250 GJ40 GJ
→ dont maintenance15 GJ50 GJ10 GJ
EROI (Energy Return on Investment)10 : 13,3 : 10,5 : 1 → 5 : 1 (2030)
Bilan CO₂ net+5 t CO₂e/ha/an (engrais N₂O)–50 à –150 t CO₂e/ha/an (si CO₂ capté)–10 t CO₂e/ha/an (si H₂ remplace fossile)
Eau consommée15 000 m³/ha/an200 m³/ha/an (recyclage 99 %)0 m³ (vapeur recombinée)
Nutriments (N, P)200 kg N + 50 kg P100 % recyclés0
Impact sol / biodiversitéÉrosion, compaction, perte -0,1 % C/anAucun (hors-sol)Aucun
Surface occupée1 ha1 ha1 ha
Durée de vie systèmeIllimitée (si régénéré)20 ans10 ans

Feuille 2 : Scénarios (EROI et CO₂)

ScénarioEROIBilan CO₂
PA algues + mix électrique mondial1,5 : 1–10 t/ha
PA algues + solaire dédié (PV 2 €/W)6 : 1–120 t/ha
PN canne + biochar12 : 1–15 t/ha

Feuille 3 : Synthèse Globale (Gagnants par critère)

CritèreGagnant 2025Gagnant 2030 (prévision)
Énergie nette (EROI)PN (10:1)PA + solaire (6-8:1)
CO₂ séquestréPA (si CO₂ capté)PA
EauPAPA
Sols / biodiversitéPN régénéréePA (libère les sols)
ScalabilitéPNPA
Coût énergie finalePNPA

Feuille 4 : Scénarios Futurs (Prévisions 2030-2040)

AnnéeSystèmeEROI PrévuRendement (t/ha/an)Coût (€/L équiv.)Bilan CO₂ (t/ha/an)Hypothèse Clé
2030PN canne régénérée12 : 1900,35–20Biochar + cultures pérennes
2030PA algues + solaire6 : 15000,80–120LED ÷2 en coût, CO₂ capté
2030PA feuille H₂5 : 1— (1 500 kg H₂)1,50 /kg H₂–15Catalyseurs perovskites
2035PN hybride (agroforesterie)15 : 11000,30–30Génétique C4 pour riz/blé
2035PA algues industrialisée10 : 18000,40–200Recyclage 100 %, IA optimisée
2035PA feuille H₂8 : 1— (2 000 kg H₂)1,00 /kg H₂–25Efficacité 15 %
2040PN restaurée globale18 : 11200,25–501 % sols régénérés/an
2040PA intégrée (villes/déserts)15 : 11 0000,20–300Fusion avec PV, économie circulaire
2040PA feuille H₂12 : 1— (3 000 kg H₂)0,50 /kg H₂–40Efficacité 20 %

Annexes : Hypothèses et Sources : Notes pour référence.

Hypothèses Générales

  • Unités : Tout par ha/an ; EROI = Énergie produite / Énergie investie.
  • PN (Canne à sucre) : Meilleur sol fertile (Brésil) ; inclut irrigation/engrais standards.
  • PA Algues : Photobioréacteur fermé avec LED (efficacité 10 %) + CO₂ de capture (gratuit).
  • PA Feuille artificielle : Système JCAP (NASA/Berkeley) pour H₂ ; assume solaire dédié.
  • Mix électrique : 40 % fossile (moyen mondial 2025) → pénalise PA.
  • Prévisions : Basées sur courbe d’apprentissage (coûts ÷2 tous 5 ans pour tech verte).
  • Limites : Pas d’impact indirects (transport, chaîne d’approvisionnement) ; focus sur cycle de vie direct.

Sources Principales (2023-2025)

SourceRéférenceDonnées Clés Utilisées
IPCC AR6 (2023)Chap. 5 : Énergie et solsBilan CO₂ PN, dégradation sols
NREL (2024)Rapport « Algal Biofuels »Rendements algues, EROI PA
Joule (2023)« Artificial Photosynthesis Scale-Up »Efficacité feuilles artificielles
Nature Energy (2024)« LED Horticulture Efficiency »Consommation LED, recyclage eau
FAO (2023)« State of Food and Agriculture »Productivité canne, nutriments
IEA (2025)« Net Zero by 2050 »Prévisions EROI renouvelables

Notes : Données médianes ; variabilité ±20 % selon site. Pour 2040 : Extrapolation optimiste (si investissements massifs).


Rembourser le Prêt du Passé par une Photosynthèse Augmentée

Le pétrole, photosynthèse fossilisée d’un passé luxuriant (confirmé par géochimie isotopique : 100 % d’origine organique via fixation ancienne du CO₂), représente un capital solaire géologique colossal – l’équivalent de 10 000 ans de photosynthèse mondiale actuelle compressé et mal dépensé.

Au lieu d’être un tremplin vers une biosphère amplifiée, il a servi à détruire la photosynthèse vivante : déforestation (15 Mha/an perdus), acidification océanique (–50 % phytoplancton viable en zones critiques), érosion des sols (30 % dégradés).

Ironie cruelle : 1 litre d’essence brûlé = CO₂ équivalent à ce que 10 arbres absorbent en un jour.

Pourtant, la photosynthèse reste le don gratuit le plus puissant de la Nature – usine solaire décentralisée, recyclant CO₂, eau et nutriments en oxygène, biomasse, énergie.

Aujourd’hui (2025), sur les meilleurs sols, la photosynthèse naturelle (PN) domine :

  • EROI 10:1 (canne régénérée),
  • coût bas (~0,35 €/L éthanol),
  • robustesse prouvée.

La photosynthèse artificielle (PA) est encore énergivore (EROI 1,5–3:1 si électricité mixte), mais explose en potentiel :

  • 5–20× plus efficace (10–20 % vs 1–3 % pour PN),
  • 100× moins d’eau,
  • zéro impact sol,
  • produ, matériaux, carburants purs.

D’ici 2030–2035, avec solaire dédié bon marché (PV < 0,20 €/W) et LED ÷2 tous 5 ans, la PA dépasse la PN partout :

  • EROI 6–10:1,
  • –100 à –200 t CO₂/ha/an (vs +5 pour PN intensive),
  • coût < 0,40 €/L équiv. carburant,
  • rendement 500–1 000 t biomasse/ha/an.

Stratégie gagnante en deux temps :

  1. 2025–2030 : Régénérer la PN sur sols fertiles → agroforesterie, biochar, cultures pérennes (EROI jusqu’à 15:1, +2 % C organique/decennie). Priorité : nourriture + biodiversité.
  2. 2030+ : Déployer la PA sur surfaces inutiles (toits, déserts, mers) → photobioréacteurs, feuilles artificielles, fermes verticales. Priorité : énergie + matériaux circulaires.

Le « Plan Photosynthèse » devient opérationnel :

  • Fonds 1 % PIB mondial → 1 000 Md$/an.
  • Label « Photosynthèse-positive » pour tout produit augmentant la biomasse nette.
  • 1 million d’ingénieurs formés en biologie synthétique d’ici 2030.

Le pétrole fut un prêt du passé.
La photosynthèse est un don du présent.
Artificielle ou naturelle, amplifions-la : c’est rembourser la dette avec intérêts pour la vie terrestre.
Nous n’aurions jamais dû la perdre. Nous pouvons la retrouver — et la dépasser.
C’est cela, la souveraineté biosphérique. C’est cela, la vraie grandeur.

France : leader mondial de la bioéconomie circulaire.
COP30 à Belém : lancez le Plan Photosynthèse international.
On ne sauve pas la planète en la punissant. On la sauve en la copiant — et en l’augmentant.

Les cultures commerciales et leurs résidus sont les meilleures cultures de couverture

2 juin 2025Par Andrew McGuire

un champ de chaumes de blé doré après la récolte.
Figure 1. Les résidus de cultures commerciales comme le blé peuvent être gérés de manière à offrir bon nombre des mêmes avantages que les cultures de couverture.

Réfléchissez-y. Si une culture commerciale offre tous les avantages d’une culture de couverture et génère des bénéfices, doit-on la considérer comme telle ? L’ Association nationale des producteurs de blé est du même avis. Elle demande au Service de conservation des ressources naturelles (NRCS) de publier une note technique reconnaissant le blé d’hiver comme culture de couverture, même une fois récolté. Son argument est que le blé d’hiver, bien géré, offre des avantages équivalents, voire supérieurs, aux cultures de couverture traditionnelles en matière de contrôle de l’érosion, de récupération des nutriments, de perturbation des cycles de ravageurs et d’amélioration de la santé des sols (Simão et al., 2024). Les producteurs de blé ont raison.

Nous distinguons les cultures de couverture reconstituantes des cultures commerciales rentables. Cependant, de nombreuses cultures commerciales, notamment les céréales à forte teneur en résidus comme le blé (figure 1), le maïs et le riz, surpassent les cultures de couverture conventionnelles pour des services clés. Elles peuvent surpasser les cultures de couverture car elles sont cultivées dans de meilleures conditions, avec des semences, des intrants et une gestion plus performants ; autant d’avantages inhérents aux cultures commerciales.

Nous avons souligné que si vous regardez ce que l’USDA classe comme culture de couverture, le blé d’hiver coche toutes les cases .Andy Juris

À quoi sert une culture de couverture ?

Les cultures de couverture sont cultivées pour :

  • Protéger la surface du sol de l’impact des gouttes de pluie et empêcher l’imperméabilisation et la formation de croûtes de surface associées
  • Réduire l’érosion
  • Récupérer les nutriments
  • Supprime les mauvaises herbes
  • Construire des sols en :
    • Nourrir les organismes du sol
    • Ajout de matière organique
    • Créer des pores racinaires
    • Briser les couches compactées
  • Fournir un habitat aux organismes bénéfiques
  • Briser les cycles des ravageurs

Ces avantages sont largement liés à la production de biomasse (Wagg et al., 2021). Plus une culture produit de biomasse, plus elle peut fournir de services. Et c’est là que les cultures commerciales excellent dans la biomasse.

Les cultures commerciales produisent une grande biomasse

Parce que les agriculteurs cultivent des cultures commerciales à des fins lucratives, elles sont gérées de manière intensive : variétés sélectionnées de manière extensive, semences de haute qualité, dates de semis idéales, fertilité optimale et lutte contre les ravageurs et les mauvaises herbes. Cela se traduit par une production de biomasse accrue. Même à culture identique (par exemple, le blé d’hiver), la version cultivée pour les céréales produira plus que la version semée comme culture de couverture. Ce principe s’applique en toute saison. Comparés aux cultures de couverture d’été, le maïs ou le riz de culture commerciale produisent davantage de biomasse aérienne et souterraine. Une biomasse plus importante signifie un potentiel accru de protection des sols, de recyclage des nutriments et d’apport de carbone, tant pendant la croissance qu’après la récolte .

Résidus de culture : cultures de couverture méconnues

Bien que les plantes vivantes soient importantes, les résidus des cultures céréalières à forte teneur en résidus dépassent souvent la biomasse de nombreuses cultures de couverture. La biomasse résiduelle aérienne estimée après la récolte de maïs en sec et irrigué, avec des rendements de 175 et 250 boisseaux/acre, est de 4,2 et 6,2 tonnes/acre (9,4 et 13,9 mg/ha). Après des rendements de blé en sec et irrigué de 80 et 150 boisseaux/acre, il reste 2,1 et 3,9 tonnes/acre de résidus (4,7 à 8,7 mg/ha). À comparer à la biomasse typique des cultures de couverture hivernales, de 1 à 3 tonnes/acre, jusqu’à 4 tonnes/acre avec un semis au début de l’automne et une fin de semis à la fin du printemps. Comme l’observe Smil (1999), « Compte tenu de la biomasse produite, les résidus de culture constituent la principale culture agricole. » Et en raison de cette biomasse substantielle, les résidus de culture provenant de cultures à forte teneur en résidus offrent bon nombre des mêmes avantages que les cultures de couverture, surtout s’ils sont bien gérés (Simao et al., 2024).

Comme pour les cultures de couverture , les bénéfices des résidus dépendent des niveaux de biomasse (figure 2).

Un graphique à barres verticales comparant les cultures de couverture et les résidus de culture dans les domaines (de gauche à droite) du contrôle de l'érosion, des avantages pour le sol et de la suppression des mauvaises herbes.
Figure 2. Quantités de biomasse de culture de couverture et de résidus de cultures commerciales pour divers avantages.

Même le fait que les résidus soient morts présente certains avantages. Contrairement aux cultures de couverture vivantes , les résidus de culture n’utilisent pas d’eau, un avantage crucial dans les systèmes arides où la conservation de l’eau est souvent la priorité absolue. Et si la couverture résiduelle est suffisante, elle préserve l’eau en réduisant l’évaporation (Ranaivoson et al., 2017).

Un graphique à barres horizontales. La barre supérieure, intitulée « Gestion des résidus », est mise en évidence et représente une augmentation de près de 500 % de l'efficacité moyenne pondérée (EMP). La barre inférieure, intitulée « Fréquence des cultures de couverture », est mise en évidence et représente une augmentation d'environ 25 % de l'EMP.
Figure 3. Classement de l’importance des facteurs augmentant la matière organique du sol à partir d’un modèle biophysique, la gestion des résidus de culture venant en tête et la fréquence des cultures de couverture en bas. D’après Stella et al. (2019) , licence CC3 .

Enfin, comme les cultures de couverture, les résidus de cultures morts constituent une source de matière organique pour le développement du sol (figure 3). On pense que les résidus de cultures constituent une source majeure de matière organique dissoute qui nourrit les organismes du sol (Chantigny, 2003 ; Haynes, 2005 ; Schomberg et al., 1994).

La matière organique dissoute représente une source d’énergie mobile dans les sols.Haynes, 2005

Tout cela signifie que la gestion des résidus est très importante.

Une gestion efficace des résidus améliore les impacts positifs des résidus de culture

Historiquement, l’accent était mis sur l’élimination des « déchets » pour permettre les semis ou le désherbage. Aujourd’hui, cependant, les résidus de culture devraient être considérés comme des ressources essentielles au maintien de la productivité. Gérés avec discernement, ces matériaux sont plus précieux que de nombreuses cultures de couverture traditionnelles. L’agriculture de conservation reconnaît ce changement de perspective et fait de « maintenir le sol couvert » l’un de ses trois principes fondamentaux. Cet objectif est à la fois pratique et efficace, contrairement au slogan de l’agriculture régénératrice qui consiste à « maintenir les racines vivantes dans le sol », qui peut s’avérer difficile à atteindre dans de nombreuses situations.

De toute évidence, les résidus de culture doivent être traités comme une ressource renouvelable précieuse à gérer avec soin pour maintenir la qualité des sols et favoriser la productivité des cultures.Sourire (1999)

Systèmes de culture à gestion intensive

La production de biomasse est à la base des bénéfices offerts par les cultures de rente et les cultures de couverture. Elle représente l’énergie captée par la photosynthèse qui alimente non seulement l’agroécosystème, mais aussi, in fine, nous-mêmes. Par conséquent, dans les limites du climat, de la gestion et des conditions de marché, cela signifie viser à remplir la saison de croissance avec des cultures de rente productives. Des techniques telles que la double culture, la culture en relais et la transformation des cultures de couverture en cultures de rente peuvent prolonger la saison de croissance, maintenir une couverture continue du sol et des résidus, et favoriser la santé des sols tout en générant des revenus.

Doubles récoltes

La double culture, pratique consistant à cultiver deux cultures la même année, devient de plus en plus viable en raison du changement climatique et de l’allongement des saisons de croissance. Le semis sans labour et la gestion des résidus de culture permettent des rotations plus rapides entre les cultures. Ces systèmes permettent de tirer pleinement parti des fenêtres de semis et de récolte plus longues. Des outils comme les analogues climatiques peuvent aider à identifier de nouvelles opportunités lorsque des saisons plus longues et des conditions météorologiques changeantes rendent possibles des cultures supplémentaires.

chaume de luzerne brune dans un champ avec des rangées de haricots verts plantés dans le chaume
Figure 4. Un exemple de double culture : des haricots secs comestibles plantés en bandes dans un peuplement de luzerne après la première coupe.

Pour réussir, les agriculteurs peuvent être amenés à choisir des variétés à cycle plus court ou à modifier leurs techniques de semis, par exemple en utilisant le labour en bandes pour une luzerne (figure 4). Bien que chaque culture d’un système de double culture puisse ne pas atteindre son plein potentiel de rendement, la production combinée peut dépasser celle d’une seule culture. Ceci est avantageux dans les régions où les précipitations dépassent les besoins en eau d’une seule culture. Parmi les exemples efficaces utilisés ici, dans le bassin du Columbia, dans l’État de Washington, on peut citer les séquences pois verts-maïs doux, le foin de fléole suivi de haricots secs, ou le blé suivi de sarrasin. La culture continue réduit les inquiétudes concernant la faible quantité de résidus, car la couverture du sol est régulièrement renouvelée par la culture suivante.

Cultures relais

La culture en relais est un système qui consiste à planter une seconde culture dans une culture existante avant sa récolte. Ce chevauchement intentionnel prolonge la productivité de la saison de croissance et maintient une couverture végétale continue, contribuant ainsi à améliorer la santé des sols, à réduire l’érosion et à optimiser l’utilisation des précipitations et de l’ensoleillement. Contrairement à la culture intercalaire, qui nécessite le partage de l’espace entre les cultures, la culture en relais échelonne les besoins des cultures dans le temps, réduisant ainsi la concurrence directe pour les ressources essentielles comme la lumière, l’eau et les nutriments.

Le succès d’un système de relais repose sur deux facteurs clés : le timing et la compatibilité des cultures. Le semis et la récolte doivent être synchronisés afin de minimiser les interférences et d’optimiser la croissance des deux cultures. Il est essentiel de sélectionner des cultures capables de tolérer la présence de l’autre sans perte de rendement significative. Un exemple notable est le système blé-soja développé par Jason Mauck ( sur X ) et d’autres. Le soja est semé dans du blé sur pied, une pratique qui permet de capter davantage de lumière et d’humidité tout en maintenant la couverture du sol tout au long de la saison. Ces systèmes ne fonctionnent que lorsque les précipitations ou l’irrigation sont suffisantes pour assurer des rendements rentables des deux cultures.

Transformer les cultures de couverture en cultures commerciales

Finalement, la voie la plus productive ne consiste peut-être pas à choisir entre cultures de rente et cultures de couverture, mais à repenser leur compatibilité. Le compromis fondamental réside ici entre le rendement des cultures de rente et la biomasse des cultures de couverture, tous deux dépendant de la durée de la saison de croissance optimale de chaque culture. Lorsqu’une culture est rentable, elle bénéficie de l’attention de gestion, des intrants et du timing rigoureux dont bénéficient les cultures de rente. Ce changement – ​​traiter les cultures de couverture comme des cultures de rente – peut accroître leur valeur et leur efficacité. Le pâturage d’une culture de couverture en est un exemple évident. Un cas plus avancé est celui du tabouret des champs , une espèce autrefois négligée, aujourd’hui transformée en une culture annuelle d’hiver offrant un potentiel commercial. Cette transformation s’accompagne d’une meilleure gestion, de meilleures semences et de meilleurs résultats pour les sols et les revenus.

Cultures commerciales pour les profits et la gestion

Il semble que tout ce qu’une culture de couverture peut faire, une culture commerciale et ses résidus peuvent le faire mieux et de manière plus rentable. En fin de compte, la question n’est pas seulement « Quelle culture de couverture planter ? », mais plutôt « Comment gérer mon système de culture, résidus compris, pour en faire plus ? » Avec la bonne approche, les cultures céréalières à haute teneur en résidus, les successions culturales diversifiées et la gestion des résidus peuvent égaler, voire dépasser, les avantages écologiques des cultures de couverture traditionnelles, tout en soutenant l’activité agricole.

Références

Chantigny, MH 2003. Matière organique dissoute et extractible par l’eau dans les sols : une revue de l’influence de l’utilisation des terres et des pratiques de gestion. Geoderma 113(3) : 357–380. doi : 10.1016/S0016-7061(02)00370-1 .

Haynes, RJ 2005. Les fractions de matière organique labile comme composantes centrales de la qualité des sols agricoles : un aperçu. Progrès en agronomie. Presses universitaires. p. 221–268.

Ranaivoson, L., K. Naudin, A. Ripoche, F. Affholder, L. Rabeharisoa et al. 2017. Fonctions agro-écologiques des résidus de cultures en agriculture de conservation. Une revue. Agron. Soutenir. Dév. 37(4) : 26. est ce que je : 10.1007/s13593-017-0432-z .

Schomberg, HH, JL Steiner et PW Unger. 1994. Décomposition et dynamique de l’azote des résidus de culture : qualité des résidus et effets sur l’eau. Soil Science Society of America Journal 58(2) : 372–381. doi : 10.2136/sssaj1994.03615995005800020019x .

Simão, LM, G. Cruppe, JP Michaud, WF Schillinger, DR Diaz, et al. 2024. Au-delà des céréales : avantages agronomiques, écologiques et économiques de la diversification des rotations culturales avec le blé. Progrès en agronomie 186 : 51–112.

Smil, V. 1999. Résidus de culture : la plus grande récolte de l’agriculture : les résidus de culture représentent plus de la moitié de la phytomasse agricole mondiale. BioScience 49(4) : 299–308. doi : 10.2307/1313613.

Stella, T., I. Mouratiadou, T. Gaiser, M. Berg-Mohnicke, E. Wallor, et al. 2019. Estimation de la contribution des résidus de culture à la conservation du carbone organique du sol. Environ. Res. Lett. 14(9) : 094008. doi : 10.1088/1748-9326/ab395c.

Wagg, C., A. van Erk, E. Fava, L.-P. Comeau, TF Mitterboeck, et al. 2021. Cultures de couverture de pleine saison et leurs caractéristiques qui favorisent les services agroécosystémiques. Agriculture 11(9) : 830. doi : 10.3390/agriculture11090830.

https://csanr.wsu.edu/cash-crops-and-their-residues-are-the-best-cover-crops

« Des sols vivants, limaces comprises »

Par Noël Deneuville

Noël Deneuville, Paysan dans la Nièvre depuis 30 ans, et acteur de l’agriculture de conservation des sols (ACS) à la ferme du Chaumont. Avec « SCV Lucien Seguy », je veux vous raconter l’histoire d’une limace, non pas comme une ennemie à abattre, mais comme le symptôme d’un déséquilibre que nous avons créé. Comprendre son apparition, c’est ouvrir la voie à une agriculture robuste et durable. Voici mon parcours et mes réflexions au sujet de cette fameuse limace.

Aux origines du problème : L’évolution de l’agriculture dans les années 1960 et la quête du « propre »

Les limaces sont devenues une préoccupation majeure pour les agriculteurs français, notamment dans les zones de grandes cultures comme le colza, le blé ou les cultures maraîchères. Leur prolifération semble liée à une combinaison de facteurs environnementaux et de pratiques agricoles modernes. Parmi les hypothèses plausibles, l’utilisation massive d’insecticides pourraient avoir joué un rôle clé dans ce phénomène. Cet article explore cette problématique, en s’appuyant sur des données historiques et des analyses critiques.

Dans les années 1960-1970, l’agriculture change de visage avec la mécanisation en développement, l’apparition des moissonneuses-batteuses qui facilitent l’essor des surfaces de colza, dont les surfaces passent de 100 000 hectares à 1,5 million aujourd’hui. Ce n’est pas une critique contre la culture du colza qui au contraire a permis pour nos zones intermédiaires d’obtenir des marges confortables.

Pour protéger cette culture des insectes ravageurs – altises, charançons –, les conseils techniques de l’époque font appliquer des insecticides comme le DDT ou les organophosphorés, qui ne font pas de distinction : ils éliminent aussi les insectes utiles, comme les carabes, prédateurs des limaces.Dans les années 1950-60, on arrosait nos champs, y compris le colza, avec des matières actives insecticides comme le DDT, un insecticide puissant mais aveugle. Ces insecticides tuait les ravageurs dangeureux, mais aussi les carabes utiles qui eux pourtant avaient la mission de régulation des limaces.

Ce déséquilibre écologique a réduit la régulation naturelle des populations de limaces, favorisant leur multiplication en l’absence des prédateurs disparus….! En effet, la limace, si les conditions lui sont favorables, peut se reproduire très très vite….

Les ravageurs du colza

  • Limaces. Le colza est une des cultures les plus sensibles aux limaces.
  • Grosses altises. La grosse altise apparaît en septembre dans les parcelles de colza où elle va pondre ses œufs. …
  • Pucerons. …
  • Charançon du bourgeon terminal. …
  • Charançon des tiges. …
  • Méligèthes. …
  • Charançon des siliques.

Mais ce n’est pas tout. Avec le colza arrivent des désherbants efficaces, conçus pour rendre les parcelles « propres ». Résultat : des champs nus, sans adventices ni diversité, un mono-menu pour la biodiversité. Les quelques limaces présentes n’ont plus d’autre choix que de se rabattre sur le seul colza restant , amplifiant les dégâts.

À cela s’ajoute le travail mécanique du sol : s’il peut déranger quelques limaces, il détruit aussi leurs sources d’alimentation variées, tout en perturbant gravement les carabes, ces précieux prédateurs, entre autres, qui régulent leurs populations.

Depuis quelques années, on constate aussi une accélération de la présence de petits escargots minuscules qui occasionnent les mêmes dégâts que leurs collègues limaces ….Ces escargots ne sont plus régulé correctement par les oiseaux des champs en baisse inquiétante …

Évolution de l’utilisation des insecticides depuis 1960

Entre 1945 et 1985, la consommation mondiale de pesticides, dont les insecticides, a doublé tous les dix ans. En France, les années 1960 marquent le début de cette hausse exponentielle, avec une généralisation des produits organochlorés comme le DDT (interdit en 1972). Dans les années 1970-1980, les organophosphorés (ex. malathion) prennent le relais, suivis plus tard par les néonicotinoïdes dans les années 1990. Selon les données disponibles, les ventes d’insecticides en France ont été multipliées par 3,5 entre 2009 et 2018, passant d’environ 5 000 tonnes à plus de 17 000 tonnes de substances actives par an. Cependant, depuis 2019, une baisse est observée, avec une réduction de 19 % des ventes totales de pesticides entre 2012-2017 et 2021, incluant une diminution spécifique des insecticides les plus toxiques.

L’essor des produits antilimaces

Face à la prolifération des limaces, les agriculteurs ont recours à des produits antilimaces, principalement des molluscicides comme le métaldéhyde ou le phosphate de fer. Si leur usage était marginal avant les années 1970, il s’est intensifié avec l’augmentation des surfaces de colza et des grandes cultures. Les données précises sur les volumes avant 2000 sont rares, je n’ai pas trouvé de chiffres précis sur l’évolution des volumes de produits anti-limace mise en oeuvre. Cette utilisation reste toutefois bien inférieure à celle des insecticides, reflétant une réponse ciblée à un problème spécifique plutôt qu’une stratégie globale.

Le piège des intrants : un déséquilibre en cascade

Les insecticides ont aggravé le problème. Prenez les méligèthes, ces petits coléoptères du colza : en quelques années, ils ont résisté aux traitements qui leur étaient destinés, s’adaptant là où les carabes, eux, disparaissaient. Sans prédateurs, les limaces ont prospéré. Les désherbants, en éliminant toute nourriture alternative, les ont poussées vers nos cultures. Et les anti-limaces ? Une chimie idiote, non ciblée, qui empoisonne et perturbent l’ensemble des prédateurs qui s’en nourrissent (des hérissons, insectes et autres oiseaux). Vouloir exterminer toutes les limaces parce qu’elles grignotent quelques feuilles, c’est absurde. Elles ont un rôle : elles décomposent la matière organique et nourrissent une chaîne d’animaux essentiels.

Pour les chasseurs, souvent agriculteurs eux-mêmes, la baisse du petit gibier – perdreaux, faisans – est un mystère qu’ils attribuent à la météo ou à des causes farfelues. Je ne suis pas sûr qu’ils mesurent le lien avec nos pratiques. En tuant les insectes avec les insecticides, on a privé ces oiseaux d’une alimentation facile, et leur rôle régulateur sur les limaces s’est éteint.

Ma stratégie : redonner sa place à la nature

À mes débuts, j’ai suivi cette logique. Insecticides, anti-limaces, désherbants : je voulais des parcelles impeccables. Mais j’ai vite vu les quantités d’anti-limaces grimper sur ma ferme. « Il fallait réagir vite », me suis-je dit. Ce n’était pas tenable.

L’expérience de Lucien m’a été précieuse….il ne connaissait pas plus que ça la problématique limace en France, mais il m’a fait comprendre avec ses autres expériences pour d’autres ravageurs que la solution chimique était à raisonner avec des pincettes et que la solution biologique était bien plus intéressante

Face à cette impasse, j’ai tout repensé. Voici comment je gère les limaces aujourd’hui :

  • Zéro intrants chimiques : Plus d’insecticides ni d’anti-limaces sur 100% de la ferme. (diminution de la sole colza et remplacement par la culture de la moutarde) J’ai vu les prédateurs revenir naturellement. Les refuges à limaces – résidus végétaux, sols humides –(qui sont aussi le repère des prédateurs de la limace) ne posent pas de problème quand les carabes et autres auxiliaires font leur travail continuellement…..
  • Plantes de service et leurres : J’intègre des graines très appétentes pour les limaces – colza, tournesol – dans mes semis. Elles détournent leur attention des cultures principales. D’autres plantes, comme le lin ou le soja, jouent des rôles complémentaires sur d’autres ravageurs ou la fertilité du sol. l’expérience avec la limace m’a permis d’extrapoler ma réflexion à bien d’autres problématiques …… Pas de concours de champ « propre » ici : un maximum de diversité, de bio-diversité, c’est une assurance-vie pour mes parcelles de sols vivants.
  • Semis adaptés : S’il le faut je sème un peu plus tôt pour que mes colzas et céréales prennent de la vigueur avant les pics de limaces, avec une fertilisation localisée pour les booster. ( assurance graines de tournesol pour les semis de colza)
  • Biodiversité dans les parcelles : Sans être opposé aux haies – elles ont leur utilité –, mais je préfère multiplier la diversité directement dans l’ensemble de mes champs avec des couverts permanents. C’est là que se joue l’équilibre en local. La pratique du SCV , a l’avantage de créer un panel de refuge (à base de plantes couvertures du sol) à toute une gamme de prédateurs bien cachés et surtout en sécurité vis à vis d’ oiseaux à la recherche d’insectes ( il n’en est pas de même en sol nu et travaillé mécaniquement)
  • Augmentation des densités de semis des cultures (la part de la biodiversité) surtout en bordure de parcelle boisée

Mon expérience a mal débuté, je l’avoue. Comme tout le monde, j’ai suivi le modèle dominant. Mais quand j’ai vu l’escalade des intrants, j’ai compris : la solution n’est pas de lutter contre les limaces, mais de coexister avec elles.

Une vision globale pour l’avenir

La nature fonctionne en cycles équilibrés depuis toujours. Perturber cet équilibre – tuer les insectes utiles, appauvrir les sols, priver les oiseaux – est une catastrophe pour nos parcelles. Avec « SCV Lucien Seguy », nous proposons une autre voie : produire une alimentation saine et de qualité, en respectant ces cycles. Mes solutions prouvent que c’est possible. Les limaces ne sont pas à exterminer ; elles nous rappellent que tout est lié.

Certes quelques limaces en équilibre sont toujours présentes sur ma ferme, mais il faut intégrer qu’elles sont nécessaire à la survie des carabes ….Et, quelques oiseaux réussissent à consommer quelques carabes, Mais par contre , aujourd’hui , l’équilibre naturelle est rétabli correctement et le fait de toujours prévoir, anticiper un leurre appètent-limace aux périodes sensibles (levée des cultures) me permet de dormir tranquille….!

Conclusion : un pas vers une agriculture robuste

Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, bravo : vous êtes sur la bonne voie pour réfléchir à l’avenir d’une agriculture durable. À la ferme du Chaumont, j’ai appris qu’une parcelle n’a pas besoin d’être « propre » pour être productive. Elle doit être vivante avec des sols vivants. Alors, la prochaine fois que vous croiserez une limace, demandez-vous : et si elle était là pour nous guider vers du raisonnable ?

L’ACS selon Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_de_conservation

L’agriculture de conservation (AC) ou agriculture de conservation des sols (ACS)1 est un ensemble de techniques culturales simplifiées destinées à maintenir et améliorer le potentiel agronomique des sols, tout en conservant une production régulière et performante sur les plans technique et économique.

Elle est définie par la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture comme étant un « système cultural qui peut empêcher la perte de terres arables tout en régénérant les terres dégradées »2.

Cet ensemble de techniques vise une meilleure rentabilité économique à long terme en réduisant le besoin en intrants (engraisproduits phytosanitaires et carburants) sans pour autant les interdire.

Ces techniques culturales reposent sur trois piliers fondamentaux que sont la réduction du travail du sol, la diversification des espèces végétales ainsi qu’une couverture permanente du sol par des cultures, des plantes compagnes et des couverts végétaux3.

Historique et développement

Origine

L’agriculture de conservation est née dans des régions de forte érosion hydrique ou par érosion éolienne et avait pour but initial de protéger les sols contre cette érosion, essentiellement par la couverture des sols. La première des trois composantes de l’agriculture de conservation qui s’est développée est la couverture des sols, en réponse à de graves phénomènes d’érosion des sols, apparus en particulier aux États-Unis dans les années 1930. L’alternance de sécheresse et de pluie, conjuguée à des vents violents, a provoqué le désastreux phénomène connu sous le nom de Dust Bowl (« bassin de poussière »), décrit par John Steinbeck dans Les Raisins de la colère paru en 1939. Ceci a conduit les agriculteurs américains à faire évoluer leurs pratiques de manière très rapide, encouragés par des programmes gouvernementaux. Les techniques d’implantation des cultures en semis direct sous couvert ont commencé à apparaître dans les années 1950 : les agriculteurs enfoncent directement les semences dans le sol à travers les couverts sans labourer et contrôlent les adventices par des herbicides. Cela a nécessité la mise au point de semoirs adaptés. La mise en œuvre de ces pratiques de protection des sols a permis de réduire drastiquement l’érosion des sols aux États-Unis. D’autres avantages de ces systèmes de culture sont vite apparus aux agriculteurs, particulièrement dans les grandes exploitations : économie de carburant, simplification du travail et gain de temps. Le semis direct sans labour est aujourd’hui largement utilisé pour le maïs et le soja aux États-Unis, mais aussi au Brésil, en Argentine, au Canada, en Australie4.

Reconnaissance mondiale

La première mention de l’agriculture de conservation remonte à 1997 lors d’une conférence de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur les techniques culturales simplifiées au Mexique, mais ne sera définie officiellement qu’en 2008 par la FAO5.

La surface cultivée dans le monde selon cette méthode était estimée à 106 millions d’hectares en 2008/2009 et a atteint environ 180 millions d’hectares en 2015/2016, soit environ 12,5 % des terres cultivées dans le monde6. La Fédération Européenne d’Agriculture de Conservation estime à environ 5 % la part des terres cultivée en agriculture de conservation, sans cependant la distinguer des surfaces en semis-direct7.

En 2020, l’APAD a mis en place un label « Au Cœur des Sols »8 afin de valoriser les fermes faisant la démarche de l’agriculture de conservation.

Trois piliers fondamentaux synergiques

L’objectif principal de l’agriculture de conservation est de lutter contre la dégradation des sols agraires, ou de favoriser la régénération des sols dégradés9. Pour cela, elle cherche à augmenter la biodiversité, à stimuler et favoriser les processus biologiques naturels tout en augmentant la quantité de matière organique dans le sol. Ces trois éléments sont des facteurs essentiels pour assurer la fertilité des sols et la séquestration du carbone10. L’agriculture de conservation s’appuie principalement sur les trois piliers suivants afin de réparer ou entretenir cette fertilité.

Réduction du travail du sol

L’objectif des techniques culturales simplifiées est de permettre de freiner l’érosion des sols et de conserver le stock de matière organique nécessaire à son bon fonctionnement. La réduction, voire la suppression du travail mécanique du sol permet de conserver en surface la couche d’humus créée par les débris végétaux en décomposition, qui protègent également le sol contre l’érosion et la battance11. Le but de cette réduction est de limiter le plus possible la déstructuration et la perte de porosité verticale naturelle du sol12.

Diversification des espèces cultivées

La diversification des espèces cultivées, à travers des séquences de rotations et d’associations de cultures impliquant au moins trois cultures différentes, favorise la conservation de la biodiversité du sol et des espèces végétales et permet, par un choix judicieux, l’emploi successif d’espèces aux atouts mécaniques, physiques et biologiques différents et complémentaires ; atouts liés à leur vitesse d’installation, la qualité de leur partie végétale ou partie racinaire. La diversification des espèces végétales et le rallongement de la rotation culturale, permettent l’intégration de cultures non productives mais ayant des intérêts agronomiques, comme la restructuration du sol ou la réduction des maladies et des parasites grâce aux effets complémentaires des espèces entre elles12.

Couverture permanente du sol

Par couverture permanente du sol, on entend aussi bien les résidus végétaux que les couverts durant l’interculture. Son objectif est fournir un écran permanent afin de limiter les adventices, l’érosion du sol lors d’intempéries et la perte excessive des réserves hydriques nécessaires à la vie du sol et des plantes. Le couvert permet entre autres un apport de matières organiques, et en fonction des espèces implantées, d’autres bénéfices comme la restructuration du sol, le stockage d’azote, ou l’activation biologique du sol stimulée par les restitutions de biomasse12,13.

L’agriculture de conservation, se basant sur ces trois bases fondamentales, est considérée comme faisant partie du concept d’agroécologie14

Vers de terre et agriculture de conservation

Les vers de terre épigésendogés et anéciques ont chacun une fonction naturelle de mélange des horizons de surface ou profond. Ils sont des acteurs de la fertilité des sols. L’absence de travail du sol, et notamment du labour favorise leur maintien, l’augmentation de leur population et favorise leur activité bénéfique15. La présence d’un couvert permanent et varié permet de pérenniser l’apport de nourriture pour l’ensemble de la faune du sol et en particulier des vers de terre.

Intérêts et limites

Pour être comprise, adoptée et intégrée, l’agriculture de conservation doit présenter la valeur ajoutée, les intérêts et ses limites susceptibles d’attirer des agriculteurs, mais aussi plus largement des horticulteurs et jardiniers.

Intérêts

Ces avantages sont de trois ordres16,17 :

Sociaux-économiques

  • L’allègement du temps de travail et donc la réduction des besoins en main-d’œuvre ;
  • La réduction des dépenses engagées, par exemple, pour l’achat de carburants d’origine fossile en particulier, l’exploitation et l’entretien des machines, ainsi que la main-d’œuvre ;
  • Une augmentation de l’efficience, puisque la production augmente avec une quantité d’intrants plus faible.

Agronomiques

Environnementaux

  • la réduction de la consommation d’énergie fossile ;
  • la réduction de l’érosion du sol, et donc la diminution des coûts d’entretien des routes, des barrages et des installations hydroélectriques ;
  • l’amélioration de la qualité de l’eau ;
  • l’amélioration de la qualité de l’air ;
  • l’augmentation de l’activité biologique du sol et sa biodiversité ;
  • la séquestration du carbone associée à la réduction d’émission de gaz à effet de serre.

De par ses intérêts environnementaux (réduction de l’érosion et du lessivage, stockage de carbone, augmentation de la biodiversité, maintien ou amélioration de la productivité), l’agriculture de conservation répond aux besoins actuels définis dans les pistes de réflexion proposées dans le rapport du GIEC d’août 201922. L’initiative « 4 pour 1000 » lancée lors de la COP21 promeut également ce type d’agriculture23.

Limites et solutions

L’adoption partielle des principes de l’agriculture de conservation varient selon les pays et les contextes et sont susceptibles de remettre en cause la pérennité de son adoption. Par exemple, un agriculteur réduit ou supprime le labour, afin de réduire le temps de travail et les charges liées aux carburants à court terme, mais sans nécessairement introduire de couverts végétaux ni allonger les rotations culturales ; il supprime alors de la conjonction synergique des effets du couvert végétal permanent, de l’allongement cultural et du non-labour24. L’accès au matériel nouveau de semis direct en particulier peut être un frein à la transition.

L’apport au sol de couverts pauvres en azote (par exemple, la paille qui a un C/N élevé, proche de 100) provoque une faim d’azote25.

Une communauté de soutien, d’échange et d’accompagnement permet d’en limiter ou supprimer les effets. En France, le risque économique est majeur durant la phase de transition26. Le réseau APAD Association Pour la promotion d’une Agriculture Durable en partenariat avec le ministère de l’agriculture permet cette dynamique de limitation des risques1.

Différences et complémentarités

Agriculture de conservation et Techniques culturales simplifiées (TCS)

Il existe très souvent une confusion entre les techniques culturales simplifiées (TCS), le semis direct et l’agriculture de conservation en elle-même aussi bien dans les milieux scientifiques que pour les agriculteurs27.

diagramme présentant les catégories de pratiques culturales en fonction du type de travail du sol

Bien que la réduction du travail du sol soit un des piliers de l’agriculture de conservation, les objectifs des TCS ne sont pas les mêmes que ceux de l’agriculture de conservation.

Agriculture de conservation et agroforesterie

Bien que sa définition soit relativement récente, on retrouve des principes similaires dans d’autres méthodes de cultures antérieures, comme dans l’agroforesterie par exemple28,29.

Techniques et matériels

Travail limité du sol en bande

Unité Strip-till Pluribus (Dawn Equipment Company)

Le strip-till, mot anglais traduit par « travail du sol en bande », est largement répandu en Amérique du nord, commence à apparaître en France. Cette technique consiste à préparer et fissurer les lignes de semis des cultures en rangs. Les strip-tillers sont constitués de plusieurs lames ou outils montés sur un bâti et adaptés à un type de sol ou de culture : lames fissuratrices, rouleaux concaves pour accélérer le réchauffement du sol, roues en V ou roues à doigts, disques lisses ou crénelés.
La solution universelle n’existe pas en matière de Strip-till. En terres argileuses, il est conseillé de passer le strip-tiller en automne pour que l’alternance gel dégel complète le travail. Pour le colza, le strip-till est compatible avec un semis direct mais le précédera de quelques jours ou quelques semaines pour les semis de printemps afin de laisser au sol fissuré le temps de se réchauffer et de minéraliser30.

Semis sans travail du sol

Passage d’un équipement de Strip-till dans une plantation de maïs, Minnesota du sud, USA (Dawn Equipment Company)

Pour réaliser des semis sans travail du sol des semoirs adaptés sont nécessaires, ils ouvrent localement le sol (avec un disque ou une dent), créent un peu de terre fine et placent la graine dans un environnement favorable en perturbant une surface minimum à l’échelle de la parcelle. Ces semoirs sont en général plus lourds et plus coûteux que les semoirs classiques. Ils peuvent néanmoins être adaptés à toutes les conditions. L’AFDI et le CEMAGREF ont conçu un semoir de semis direct qui permet de semer avec une très faible force mécanique et qui peut être utilisé avec de la traction humaine ou animale31. Des agriculteurs pauvres ayant de petites surfaces peuvent se contenter de cannes de semis. Pour les pays développés, les fabricants commercialisent des équipements complexes dont les performances peuvent varier en fonction des conditions de travail. Des comptes rendus d’essais ont été compilés pour aider au choix de ces machines32.

Semis Direct sous Couvert Permanent (SCV)

Technique également appelée Semis Direct sous Couvert Vivant (SCV), son principe est de maintenir une couverture permanente du sol avec des végétaux vivant. Ces techniques ont été développées de façon rigoureuse à partir de 1984 par Lucien Séguy et d’autres agronomes, en 5 ans, ils démontrent que ce système peut être rentable33,34.

Cette technique a pour ambition, selon le GIEE Magellan qui la promeut35[source insuffisante], d’obtenir un effet structurant du sol pour améliorer la qualité d’implantation et la portance des sols, de fournir des éléments minéraux à la culture et d’étouffer les adventices. Elle vise à stimuler l’activité biologique du sol, enrichir le sol en matières organiques et stimuler la faune auxiliaire par le maintien d’un habitat permanent.

Ces différents objectifs ont pour but de tendre vers une réduction des intrants (engrais, produits phytosanitaires), tout en augmentant la résilience de la culture (meilleur maintien de l’humidité du sol par exemple)36[source insuffisante]. Cette technique de culture prometteuse reste malgré tout très restreinte car elle nécessite du matériel spécifique mais surtout parce que la demande en technicité de l’agriculteur est plus élevée37.

Exemples d’adoptions remarquables

Au sud de l’Ontario, Dean Glenney a atteint des rendements de 18,7 tonnes/ha de maïs et 4 tonnes en soja, en utilisant le semis direct, le contrôle du trafic38 et l’association soja maïs en culture en bande39.

Promotions et partenariats

Des organisations intergouvernementales, des structures associatives (ONG) et des organismes publics promeuvent ce type d’agriculture et mettent à disposition des ressources pour que les agriculteurs aient accès à des connaissances et à l’expérience d’autres pratiquants de ces techniques.

Accord cadre France – FAO

En 2008, un partenariat pour la coopération entre la France et la FAO permet le renforcement de la compétitivité des agricultures du Sud. Les domaines concernés sont très divers entre autres les techniques agricoles avec des programmes favorisant les échanges sur les pratiques et la diffusion de technologies et techniques appropriées pour la réponse des cultures à l’eau et aux contraintes environnementales, la gestion de l’eau agricole, l’agriculture de conservation et les techniques de conservation des aliments40,24.

Notes et références

  1. ↑ Revenir plus haut en :a et b « Accompagner le développement de l’agriculture de conservation des sols [archive] », sur agriculture.gouv.fr (consulté le ).
  2.  « Qu’est-ce que l’agriculture de conservation? | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  3.  « Les principes de l’agriculture de conservation | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)FAO (consulté le ).
  4.  « A l’origine de l’agriculture de conservation, les problèmes d’érosion [archive] », 8 novembre 13 (consulté le ).
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  6.  A. Kassam, T. Friedrich & R. Derpsch (2019) Global spread of Conservation Agriculture, International Journal of Environmental Studies, 76:1, 29-51, DOI: https://doi.org/10.1080/00207233.2018.1494927 [archive]
  7.  (en) « Uptake of Conservation Agriculture [archive] », sur ecaf.org (consulté le ).
  8.  « Qui sommes-nous [archive] », sur Apad, 19 février 2020 (consulté le ).
  9.  « Qu’est-ce que l’agriculture de conservation? | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  10.  « Quels sont les objectifs de la FAO? | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  11.  « LA LUTTE CONTRE LE RUISSELLEMENT ET L’EROSION DES SOLS [archive] », sur www.u-picardie.fr (consulté le ).
  12. ↑ Revenir plus haut en :a b et c « Les 3 piliers de l’Agriculture de Conservation des Sols [archive] », sur Apad, 20 janvier 2012 (consulté le ).
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  14.  Fanny Roocks, Hélène Salva, Jean-Pierre Sarthou, « Agriculture de conservation des sols [archive] », sur dicoagroecologie.fr, 5 août 2016 (consulté le ).
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  40.  « Décret no 2008-1251 du 1er décembre 2008 portant publication de l’accord-cadre entre le Gouvernement de la République française et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, signé le 31 mars 2005 (1) – Légifrance [archive] », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

  • Noémie Schaller, L’agriculture de conservation, Ministère de l’Agriculture | Centre d’études et de prospective, septembre 2013 (lire en ligne [archive[PDF])
  • Philippe Fleury, Carole Chazoule et Joséphine Peigné, « Ruptures et transversalités entre agriculture biologique et agriculture de conservation », Économie rurale, nos 339-340,‎ 2014, p. 95-112 (DOI 10.4000/economierurale.4247)

Articles connexes

Liens externes

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