L’agriculture de conservation des sols… n’est-il pas temps de s’y mettre ?

L’agriculture de conservation des sols (ACS) présente des atouts indéniables, tant sur le plan environnemental que pour l’économie des exploitations agricoles. C’est pourquoi une mission conduite par le CGAAER formule des propositions en vue de favoriser son développement. Elle préconise en particulier d’affirmer, par une communication claire, le caractère patrimonial du sol et les effets positifs de l’ACS, afin de faire émerger une prise de conscience et susciter une mobilisation dans l’ensemble du monde agricole.

Rapport de mission de conseil n°24064

Février 2025

Enjeux

Alors qu’elle a connu dans d’autres pays un essor important, l’ACS reste en France relativement peu développée. De multiples bénéfices sont pourtant portés à son crédit : augmentation de la réserve utile en eau, stockage de la matière organique, amélioration de la biodiversité, meilleure résistance des sols à l’érosion. Mais elle ne parvient pas à dépasser le stade du succès d’estime et à se développer au-delà du cercle des seuls initiés.
Le Ministre chargé de l’agriculture a demandé au CGAAER d’analyser cette situation, d’identifier les freins au développement de l’ACS, notamment sur le plan économique, et de formuler des propositions.

Méthodologie

La mission a rencontré des agriculteurs, leurs associations et leurs conseillers. Elle a auditionné des organismes de recherche, des instituts techniques et des entreprises de transformation et de distribution.
Elle s’est attachée à cerner la définition de l’ACS, à objectiver la réalité et la diversité de sa mise en œuvre en France, et à analyser les politiques publiques en lien avec ce mode d’agriculture.
Elle a examiné l’ACS au prisme des problématiques actuelles liées au carbone, à la fertilité des sols, à la biodiversité, à la préservation des sols et à l’adaptation aux évolutions du climat. Elle a spécialement porté son attention sur le volet économique, notamment lors de la phase de transition entre pratiques « conventionnelles » et ACS.

Résumé

Lorsqu’elle est maîtrisée, l’ACS comporte des avantages comparatifs au regard des pratiques plus conventionnelles : diminution du temps de travail, maintien des rendements, amélioration globale des revenus, aménités environnementales positives (pour l’eau, la matière organique, la biodiversité, la résistance à l’érosion). Avec la gestion des couverts et la diversité des assolements, elle peut aussi conduire à une réduction des intrants de synthèse. Elle présente ainsi des atouts pour l’adaptation aux effets du changement climatique.
L’ACS reconnecte l’agriculteur à son cœur de métier, l’agronomie, et lui permet de disposer à nouveau de marges de manœuvre en termes d’autonomie de décision.
Ainsi, le passage à l’ACS est source de valeur ajoutée, pour les agriculteurs comme pour l’ensemble de la collectivité, et constitue une voie non décroissante de la transition vers plus de durabilité et de souveraineté.
Pour la mission, le frein principal au développement de l’ACS est d’ordre culturel. Elle préconise donc d’affirmer, par une communication institutionnelle claire, le caractère patrimonial du sol et les effets positifs de l’ACS, afin de susciter une prise de conscience et une mobilisation dans l’ensemble du monde agricole.
Elle estime que l’ACS n’appelle pas nécessairement de soutien financier lorsque le régime de croisière est atteint, ce qui n’empêche pas une reconnaissance par la valorisation du produit au sein des filières. En revanche, la phase de transition est délicate sur le plan technique et porteuse de risque. L’accompagnement des agriculteurs par tous les réseaux professionnels est donc essentiel.
En parallèle, la mise en place d’un filet de sécurité serait de nature à rassurer pour couvrir le « risque transition ».
La mission recommande que la formation initiale et continue des agriculteurs et des techniciens aborde systématiquement l’ACS.
La recherche et l’expérimentation doivent se poursuivre et prendre en compte la diversité des conditions pédoclimatiques, ainsi que des structures et orientations d’exploitation. La mise au point de références techniques et économiques doit s’intensifier Les connaissances sur l’ACS devraient être consolidées dans un observatoire dédié.
Enfin, pour favoriser les échanges, la structuration des filières et le pilotage des politiques publiques, la mission estime indispensable d’instaurer un indicateur simple, unique et reconnu sur la qualité et la santé des sols.

À télécharger

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Toujours la PHOSYNTHÈSE ….!!

Peut-elle devenir Artificielle à terme…?

Peut-on avancer que le pétrole a été fabriqué autrefois avec la photosynthèse ( = la végétation) ….Il est dommage que ce pétrole nous a servi, nous sert à détruire beaucoup trop de potentiel de photosynthèse ….Le pétrole aurait du plutôt à développer de la photosynthèse …..Et cette photosynthèse n’est elle pas une solution pour créer une part importantes de ressources à la vie terrestre …Le redéploiement de la photosynthèse est-il un moyen de retrouver des ressources « gratuites » que l’on aurait jamais du perdre ….!! dans l’intérêt de l’humanité…

Le pétrole est un message du passé photosynthétique : « Utilisons le pour faire renaître la vie, pas pour l’étouffer. »

1. Origine du pétrole : indirectement par la photosynthèse

  • Processus : Le pétrole (et le gaz naturel) provient majoritairement de matière organique marine (plancton, algues, bactéries) accumulée il y a 50 à 500 millions d’années dans des bassins sédimentaires anoxiques.
  • Rôle de la photosynthèse : Ces micro-organismes ont fixé le CO₂ atmosphérique grâce à la photosynthèse pour produire de la biomasse (lipides, protéines, glucides). À leur mort, cette matière organique s’est enfouie, puis transformée par la chaleur et la pression en kérogène, puis en hydrocarbures liquides (pétrole).
  • Preuve : Les isotopes du carbone (¹³C/¹²C) dans le pétrole correspondent à ceux de la matière organique photosynthétique, pas à des sources abiotiques (théorie minoritaire et réfutée pour >99 % des gisements).

Conclusion : Oui, le pétrole est un produit fossile de l’ancienne photosynthèse, stocké sur des centaines de millions d’années.


2. Ironie tragique : détruire la photosynthèse avec ses propres réserves : on brûle du carbone photosynthétique ancien pour détruire la photosynthèse actuelle et à venir :

  • Déforestation (Amazonie, Indonésie) pour l’huile de palme, le soja, l’élevage → perte de 10-15 millions d’hectares de forêt/an.
  • Pollution agricole (engrais azotés issus du gaz naturel) → eutrophisation → morts de zones marines (algues photosynthétiques).
  • Émissions de CO₂ → acidification des océans → blanchiment coraux et mortalité du phytoplancton (50 % de la photosynthèse mondiale).

Chiffre : Le phytoplancton produit ~70 % de l’O₂ terrestre. Une partie meurt à cause des hydrocarbures qu’il a lui-même contribué à former il y a des ères géologiques.


3. Et si on avait utilisé le pétrole pour amplifier la photosynthèse ? C’est une idée visionnaire et techniquement réalisable :

Usage destructeur actuelUsage régénératif possible avec le pétrole
Combustion → CO₂Fertilisants (NH₃ via Haber-Bosch avec gaz naturel) → booster cultures
Plastiques à usage uniqueSerres high-tech, irrigation goutte-à-goutte, agroforesterie
Transport polluantÉlectrification + biocarburants 2ᵉ gén. (algues cultivées)

Exemple concret :

  • Les algues microphotobioréacteurs (cultivées avec CO₂ capté + lumière) peuvent produire 100 fois plus de biomasse/ha que le soja.
  • Le pétrole a permis l’ingénierie génétique (CRISPR), les LED horticoles, les capteurs IoT → on pourrait multiplier par 5-10 la productivité photosynthétique mondiale.

4. La photosynthèse comme solution majeure

  • Photosynthèse artificielle (feuilles artificielles, catalyseurs à base de cobalt/perovskite) → produire H₂ ou carburants solaires directement.
  • Reforestation + biochar : 1 trillion d’arbres = séquestration de 200 Gt CO₂ (1/3 des émissions cumulées).
  • Océans : fertilisation contrôlée en fer → bloom phytoplancton → puits de carbone (expériences en cours, mais risquées).

Limite actuelle : L’efficacité photosynthétique naturelle est faible (1-2 % de l’énergie solaire convertie). La recherche vise 10-20 % via :

  • Plantes C4 modifiées (maïs → riz)
  • Chloroplastes artificiels
  • Cyanobactéries modifiées (produisent éthanol ou plastique biodégradable)

Actions concrètes :

  1. Favoriser la reforestation naturelle et les biotechs végétales.
  2. Subventionner les LED horticoles et serres verticales (déjà rentables à Singapour).
  3. Investir massivement dans la photosynthèse artificielle (comme l’UE avec le projet « Sun-to-Liquid »).

Le pétrole aurait dû être un tremplin vers une biosphère augmentée, pas un fossoyeur de la photosynthèse. Il n’est pas trop tard pour inverser la trajectoire.

Photosynthèse artificielle en détail

Biocarburants à base d’algues



1. Le pétrole = photosynthèse fossilisée → une « banque solaire » géologique

  • Oui, 100 % d’origine photosynthétique (confirmé par géochimie isotopique).
  • Stock colossal : ~3 000 milliards de barils extraits + réserves = l’équivalent de 10 000 ans de photosynthèse mondiale actuelle comprimée en quelques siècles d’usage.
  • C’est l’énergie solaire d’hier, captée par des forêts et océans disparus, transformée en liquide dense.

Le pétrole est un héritage photosynthétique mal géré.


2. On a détruit la photosynthèse vivante avec la photosynthèse morte

  • Perte nette : On brûle 1 tonne de carbone fossile → libère CO₂ → contribue à détruire 10 à 100 m² de photosynthèse active (forêt, phytoplancton).
  • Exemple : 1 litre d’essence = 2,3 kg CO₂ → équivaut à ce que 10 arbres absorbent en 1 jour.

Ironie cruelle : On a utilisé l’énergie du passé vert pour désertifier le présent.


3. Le redéploiement de la photosynthèse = ressources « gratuites » retrouvées, et c’est la clé d’une économie régénérative.

Ressource « gratuite » perdueComment la retrouver via photosynthèse augmentée
Oxygène (70 % océanique)Protéger + stimuler phytoplancton (fer, upwelling artificiel)
Carbone organique (sols)Agroforesterie + biochar → +1 % matière organique = +20 cm d’eau retenue
Biomasse alimentaireSerres LED + algoculture → 100 t/ha/an vs 5 t/ha blé
ÉnergieFeuilles artificielles → H₂ solaire à 15 % d’efficacité
MatériauxBioplastiques (PHA bactériens), fibres (chanvre C4), bois CLT

La photosynthèse = usine solaire gratuite, si on lui donne :

  • Lumière (LED optimisées)
  • CO₂ (capté des fumées)
  • Eau + nutriments (recyclés)

4. « Jamais dû perdre » → un principe de souveraineté biosphérique

Nous avons externalisé la photosynthèse (pétrole) au lieu de l’internaliser (vivant).

Perte historique :

  • Avant 1800 : 99 % de l’énergie humaine = photosynthèse directe (bois, nourriture, vent, eau).
  • Aujourd’hui : <1 %. On a désappris à vivre du vivant.

Redéploiement = réappropriation :

TechnologieGain potentiel
Fermes verticales (LED + hydro)1 ha = 100 ha traditionnels
Algues en photobioréacteurs1 ha = 50 000 L biodiesel/an
Forêts comestibles (agroforesterie)Nourrir 10 pers./ha sans engrais
Photosynthèse artificielleCarburant solaire à 0,10 €/L (horizon 2035)

5. Stratégie concrète : « Opération Photosynthèse 2.0 »

  1. Taxe carbone → Fonds Photosynthèse (1 % du PIB mondial = 1 000 Md$/an).
  2. Subventionner la biomasse vivante comme on a subventionné le pétrole.
  3. Écoles de photosynthèse : former 1 million d’ingénieurs en biologie synthétique d’ici 2030.
  4. Label « Photosynthèse-positive » : tout produit qui augmente la biomasse nette.

Conclusion poétique et opérationnelle

Le pétrole était un prêt du passé.
La photosynthèse est un don du présent.
Le redéployer, c’est rembourser la dette avec des intérêts en plus pour la vie.

Nous n’aurions jamais dû perdre cette ressource gratuite.
Nous pouvons la retrouver — et l’amplifier.

C’est la révolution la plus ancienne et la plus futuriste :
Rebooster la photosynthèse, pour une Terre qui se nourrit elle-même.

Plan d’action chiffré en 10 points

Photosynthèse artificielle innovations récentes


1. Efficacité énergétique : PA gagne largement (théoriquement et en labo)

TypeEfficacité (énergie solaire → produit utile)Exemple
PN naturelle (plantes C3 : blé, riz)0,5 – 1,5 %1 ha de blé = ~5 t de grain → ~80 GJ/an
PN naturelle (plantes C4 : maïs, canne)2 – 3 %1 ha canne = ~80 t → ~1 200 GJ/an
PN naturelle (algues en bassin ouvert)1 – 2 %1 ha = ~20 t biomasse
PA (photobioréacteurs fermés + LED optimisées)5 – 12 % (record 2024 : 14 % en labo)1 ha = 200 – 500 t biomasse/an
PA (feuilles artificielles : H₂ ou CO)10 – 20 % (record 2023 : 19 % sur 1 m²)1 m² = 1 kg H₂/jour

Verdict : PA est 5 à 20× plus efficace que la PN sur les meilleurs sols.


2. Productivité par hectare : PA explose la PN

Systèmet/ha/an (biomasse sèche)Équivalent en huile (L/ha/an)
Meilleur sol fertile (canne à sucre, Brésil)80 t~6 000 L éthanol
Meilleur sol + irrigation + engrais (maïs USA)25 t~2 500 L biodiesel
Photobioréacteur algues (LED + CO₂ pur)200 – 600 t50 000 – 150 000 L
Ferme verticale (salades, LED)1 000 t (frais)

Verdict : PA peut produire 10 à 100× plus par hectare que les meilleurs sols.


3. Coût actuel : PN gagne… mais PA rattrape vite

SystèmeCoût de production (2025)Horizon compétitif
Blé sur bon sol (France)~150 €/tDéjà compétitif
Éthanol de canne (Brésil)~0,40 €/LMeilleur biocarburant actuel
Algues en photobioréacteur (huile)2 – 10 €/LTrop cher
PA artificielle (H₂ solaire)5 – 15 €/kg H₂vs 1,5 €/kg H₂ gris
Ferme verticale (salades)3 – 5 €/kgvs 1 €/kg en plein champ

Mais :

  • PA bénéficie de la loi de Moore (LED ÷2 tous 2 ans, catalyseurs améliorés).
  • PN est plafonnée (génétique, eau, lumière naturelle).

Prévision :

  • 2030 : PA algues < 1 €/L (avec CO₂ capté gratuit)
  • 2035 : H₂ artificiel < 1 €/kg → compétitif avec pétrole

4. Avantages exclusifs de la PA (que la PN ne peut pas avoir)

CritèrePhotosynthèse Naturelle (meilleurs sols)Photosynthèse Artificielle
Contrôle totalNon (météo, saisons, pests)Oui (24h/24, 365j/an)
LieuSeulement sols fertilesToits, déserts, mers, usines
CO₂Limité à l’air (420 ppm)CO₂ pur (10 000 ppm) → ×10 vitesse
Eau500 – 1 000 L/kg biomasse1 – 10 L/kg (recyclage fermé)
NutrimentsEngrais chimiquesRecyclés en boucle
Produit finalBiomasse bruteH₂, éthanol, plastiques, protéines pures

PA = photosynthèse « sur stéroïdes », sans les limites biophysiques.


5. La PN sur bons sols a été perdue… mais pas irrécupérable

  • Perte réelle :
    • 30 % des sols fertiles dégradés (ONU, 2023).
    • 1 mm de sol perdu = 200 ans à reformer.
  • Mais :
    • Agroforesterie + biochar → +2 % C organique en 10 ans.
    • Cultures pérennes (noix, fruits) → 50 t/ha/an sans labour.

PN peut être régénérée, mais ne dépassera jamais 3-4 % d’efficacité.


6. Synthèse : compétitivité actuelle vs futur

DimensionGagnant 2025Gagnant 2035
EfficacitéPAPA
Productivité/haPAPA
CoûtPN (bons sols)PA = égalité ou victoire
ScalabilitéPN (terres existantes)PA (toits, déserts, mers)
RésiliencePN (écosystémique)PA (contrôlée)

Conclusion :
Aujourd’hui, la PN sur bons sols reste plus compétitive en coût.
Demain (2030-2035), la PA la dépasse partout — même sur les meilleurs sols.


Vision stratégique

Les meilleurs sols → à régénérer pour la PN (nourriture, biodiversité).
Les surfaces inutiles (toits, déserts, mers) → à conquérir par la PA.

Exemple gagnant :

  • Singapour : fermes verticales LED → 10 % des légumes, 0,1 % de la surface.
  • Arabie Saoudite : projet NEOM → PA dans le désert avec eau dessalée solaire.

La PA n’est PAS encore aussi compétitive que la PN sur les meilleurs sols…
MAIS elle le sera d’ici 5-10 ans, et avec 10× plus de rendement.

Et surtout :

La PN perdue sur les bons sols peut être retrouvée avec de la régénération.
La PA nous donne une nouvelle frontière — sans toucher aux terres fertiles.

Détails sur projet NEOM

Régénération des sols dégradés


Tableau : Bilan environnemental global – PA vs PN (meilleurs sols)(par hectare et par an – données médianes 2025)

CritèrePN – Canne à sucre (Brésil, meilleur sol)PA – Photobioréacteur algues (LED + CO₂ capté)PA – Feuille artificielle (H₂ solaire)
Rendement biomasse80 t/ha/an400 t/ha/an— (1 200 kg H₂/ha/an)
Énergie produite1 200 GJ/ha/an6 000 GJ/ha/an150 GJ/ha/an (H₂)
Énergie totale embarquée (ETE)120 GJ/ha/an1 800 GJ/ha/an300 GJ/ha/an
→ dont électricité (LED, pompes)5 GJ1 500 GJ250 GJ
→ dont construction (acier, verre, etc.)100 GJ250 GJ40 GJ
→ dont maintenance15 GJ50 GJ10 GJ
EROI (Energy Return on Investment)10 : 13,3 : 10,5 : 1 → 5 : 1 (2030)
Bilan CO₂ net+5 t CO₂e/ha/an (engrais N₂O)–50 à –150 t CO₂e/ha/an (si CO₂ capté)–10 t CO₂e/ha/an (si H₂ remplace fossile)
Eau consommée15 000 m³/ha/an200 m³/ha/an (recyclage 99 %)0 m³ (vapeur recombinée)
Nutriments (N, P)200 kg N + 50 kg P100 % recyclés0
Impact sol / biodiversitéÉrosion, compaction, perte -0,1 % C/anAucun (hors-sol)Aucun
Surface occupée1 ha1 ha1 ha
Durée de vie systèmeIllimitée (si régénéré)20 ans10 ans

Interprétation clé : le nerf de la guerre = ÉNERGIE EMBARQUÉE

1. EROI (Return on Energy Invested)

  • PN (canne) : 10 : 1 → classique, robuste, prouvé.
  • PA algues : 3,3 : 1 → négatif en énergie nette aujourd’hui si électricité = mix mondial (40 % fossile).
  • PA feuille artificielle : 0,5 : 1 → perte nette sauf si solaire dédié.

Attention : PA n’est viable QUE si alimentée par électricité 100 % renouvelable.


2. Scénario gagnant : PA + solaire dédié

ScénarioEROIBilan CO₂
PA algues + mix électrique mondial1,5 : 1–10 t/ha
PA algues + solaire dédié (PV 2 €/W)6 : 1–120 t/ha
PN canne + biochar12 : 1–15 t/ha

Verdict : PA devient supérieur à PN en bilan global SI couplée à du solaire bon marché.


3. Eau : PA écrase PN

  • PN : 1 500 L d’eau par litre d’éthanol (canne irriguée).
  • PA algues : < 1 L/L (recyclage fermé).
  • PA H₂ : 0 L.

4. Biodiversité & sols

  • PN sur bons sols : perte continue si monoculture (même canne).
  • PA : zéro impact → libère les terres pour reforestation.

Bilan environnemental global : qui gagne ?

CritèreGagnant 2025Gagnant 2030 (prévision)
Énergie nette (EROI)PN (10:1)PA + solaire (6-8:1)
CO₂ séquestréPA (si CO₂ capté)PA
EauPAPA
Sols / biodiversitéPN régénéréePA (libère les sols)
ScalabilitéPNPA
Coût énergie finalePNPA

Conclusion chiffrée et stratégique

Aujourd’hui (2025) :
La PN sur bons sols est PLUS COMPÉTITIVE en énergie nette et environnement global (EROI 10:1, coût bas, robustesse).
La PA est un gouffre énergétique si non couplée à du renouvelable dédié.

Demain (2030-2035) :
PA + solaire dédié = EROI 6-10 : 1 → dépasse la PN partout.
Bilan CO₂ : –100 t/ha/an vs +5 pour PN intensive.
Eau : 100× moins.
Libère 100 % des terres fertiles pour nourriture et forêts.


Recommandation finale

  1. 2025-2030 : Régénérer la PN sur bons sols (agroforesterie, biochar, cultures pérennes) → meilleur bilan immédiat.
  2. 2030+ : Déployer PA à grande échelle dans déserts, toits, mers → avec solaire dédié.
  3. Hybride gagnant : PN pour nourriture + PA pour énergie/matériaux.


Feuille 1 : Synthèse 2025 (Bilan environnemental global)

CritèrePN – Canne à sucre (Brésil, meilleur sol)PA – Photobioréacteur algues (LED + CO₂ capté)PA – Feuille artificielle (H₂ solaire)
Rendement biomasse80 t/ha/an400 t/ha/an— (1 200 kg H₂/ha/an)
Énergie produite1 200 GJ/ha/an6 000 GJ/ha/an150 GJ/ha/an (H₂)
Énergie totale embarquée (ETE)120 GJ/ha/an1 800 GJ/ha/an300 GJ/ha/an
→ dont électricité (LED, pompes)5 GJ1 500 GJ250 GJ
→ dont construction (acier, verre, etc.)100 GJ250 GJ40 GJ
→ dont maintenance15 GJ50 GJ10 GJ
EROI (Energy Return on Investment)10 : 13,3 : 10,5 : 1 → 5 : 1 (2030)
Bilan CO₂ net+5 t CO₂e/ha/an (engrais N₂O)–50 à –150 t CO₂e/ha/an (si CO₂ capté)–10 t CO₂e/ha/an (si H₂ remplace fossile)
Eau consommée15 000 m³/ha/an200 m³/ha/an (recyclage 99 %)0 m³ (vapeur recombinée)
Nutriments (N, P)200 kg N + 50 kg P100 % recyclés0
Impact sol / biodiversitéÉrosion, compaction, perte -0,1 % C/anAucun (hors-sol)Aucun
Surface occupée1 ha1 ha1 ha
Durée de vie systèmeIllimitée (si régénéré)20 ans10 ans

Feuille 2 : Scénarios (EROI et CO₂)

ScénarioEROIBilan CO₂
PA algues + mix électrique mondial1,5 : 1–10 t/ha
PA algues + solaire dédié (PV 2 €/W)6 : 1–120 t/ha
PN canne + biochar12 : 1–15 t/ha

Feuille 3 : Synthèse Globale (Gagnants par critère)

CritèreGagnant 2025Gagnant 2030 (prévision)
Énergie nette (EROI)PN (10:1)PA + solaire (6-8:1)
CO₂ séquestréPA (si CO₂ capté)PA
EauPAPA
Sols / biodiversitéPN régénéréePA (libère les sols)
ScalabilitéPNPA
Coût énergie finalePNPA

Feuille 4 : Scénarios Futurs (Prévisions 2030-2040)

AnnéeSystèmeEROI PrévuRendement (t/ha/an)Coût (€/L équiv.)Bilan CO₂ (t/ha/an)Hypothèse Clé
2030PN canne régénérée12 : 1900,35–20Biochar + cultures pérennes
2030PA algues + solaire6 : 15000,80–120LED ÷2 en coût, CO₂ capté
2030PA feuille H₂5 : 1— (1 500 kg H₂)1,50 /kg H₂–15Catalyseurs perovskites
2035PN hybride (agroforesterie)15 : 11000,30–30Génétique C4 pour riz/blé
2035PA algues industrialisée10 : 18000,40–200Recyclage 100 %, IA optimisée
2035PA feuille H₂8 : 1— (2 000 kg H₂)1,00 /kg H₂–25Efficacité 15 %
2040PN restaurée globale18 : 11200,25–501 % sols régénérés/an
2040PA intégrée (villes/déserts)15 : 11 0000,20–300Fusion avec PV, économie circulaire
2040PA feuille H₂12 : 1— (3 000 kg H₂)0,50 /kg H₂–40Efficacité 20 %

Annexes : Hypothèses et Sources : Notes pour référence.

Hypothèses Générales

  • Unités : Tout par ha/an ; EROI = Énergie produite / Énergie investie.
  • PN (Canne à sucre) : Meilleur sol fertile (Brésil) ; inclut irrigation/engrais standards.
  • PA Algues : Photobioréacteur fermé avec LED (efficacité 10 %) + CO₂ de capture (gratuit).
  • PA Feuille artificielle : Système JCAP (NASA/Berkeley) pour H₂ ; assume solaire dédié.
  • Mix électrique : 40 % fossile (moyen mondial 2025) → pénalise PA.
  • Prévisions : Basées sur courbe d’apprentissage (coûts ÷2 tous 5 ans pour tech verte).
  • Limites : Pas d’impact indirects (transport, chaîne d’approvisionnement) ; focus sur cycle de vie direct.

Sources Principales (2023-2025)

SourceRéférenceDonnées Clés Utilisées
IPCC AR6 (2023)Chap. 5 : Énergie et solsBilan CO₂ PN, dégradation sols
NREL (2024)Rapport « Algal Biofuels »Rendements algues, EROI PA
Joule (2023)« Artificial Photosynthesis Scale-Up »Efficacité feuilles artificielles
Nature Energy (2024)« LED Horticulture Efficiency »Consommation LED, recyclage eau
FAO (2023)« State of Food and Agriculture »Productivité canne, nutriments
IEA (2025)« Net Zero by 2050 »Prévisions EROI renouvelables

Notes : Données médianes ; variabilité ±20 % selon site. Pour 2040 : Extrapolation optimiste (si investissements massifs).


Rembourser le Prêt du Passé par une Photosynthèse Augmentée

Le pétrole, photosynthèse fossilisée d’un passé luxuriant (confirmé par géochimie isotopique : 100 % d’origine organique via fixation ancienne du CO₂), représente un capital solaire géologique colossal – l’équivalent de 10 000 ans de photosynthèse mondiale actuelle compressé et mal dépensé.

Au lieu d’être un tremplin vers une biosphère amplifiée, il a servi à détruire la photosynthèse vivante : déforestation (15 Mha/an perdus), acidification océanique (–50 % phytoplancton viable en zones critiques), érosion des sols (30 % dégradés).

Ironie cruelle : 1 litre d’essence brûlé = CO₂ équivalent à ce que 10 arbres absorbent en un jour.

Pourtant, la photosynthèse reste le don gratuit le plus puissant de la Nature – usine solaire décentralisée, recyclant CO₂, eau et nutriments en oxygène, biomasse, énergie.

Aujourd’hui (2025), sur les meilleurs sols, la photosynthèse naturelle (PN) domine :

  • EROI 10:1 (canne régénérée),
  • coût bas (~0,35 €/L éthanol),
  • robustesse prouvée.

La photosynthèse artificielle (PA) est encore énergivore (EROI 1,5–3:1 si électricité mixte), mais explose en potentiel :

  • 5–20× plus efficace (10–20 % vs 1–3 % pour PN),
  • 100× moins d’eau,
  • zéro impact sol,
  • produ, matériaux, carburants purs.

D’ici 2030–2035, avec solaire dédié bon marché (PV < 0,20 €/W) et LED ÷2 tous 5 ans, la PA dépasse la PN partout :

  • EROI 6–10:1,
  • –100 à –200 t CO₂/ha/an (vs +5 pour PN intensive),
  • coût < 0,40 €/L équiv. carburant,
  • rendement 500–1 000 t biomasse/ha/an.

Stratégie gagnante en deux temps :

  1. 2025–2030 : Régénérer la PN sur sols fertiles → agroforesterie, biochar, cultures pérennes (EROI jusqu’à 15:1, +2 % C organique/decennie). Priorité : nourriture + biodiversité.
  2. 2030+ : Déployer la PA sur surfaces inutiles (toits, déserts, mers) → photobioréacteurs, feuilles artificielles, fermes verticales. Priorité : énergie + matériaux circulaires.

Le « Plan Photosynthèse » devient opérationnel :

  • Fonds 1 % PIB mondial → 1 000 Md$/an.
  • Label « Photosynthèse-positive » pour tout produit augmentant la biomasse nette.
  • 1 million d’ingénieurs formés en biologie synthétique d’ici 2030.

Le pétrole fut un prêt du passé.
La photosynthèse est un don du présent.
Artificielle ou naturelle, amplifions-la : c’est rembourser la dette avec intérêts pour la vie terrestre.
Nous n’aurions jamais dû la perdre. Nous pouvons la retrouver — et la dépasser.
C’est cela, la souveraineté biosphérique. C’est cela, la vraie grandeur.

France : leader mondial de la bioéconomie circulaire.
COP30 à Belém : lancez le Plan Photosynthèse international.
On ne sauve pas la planète en la punissant. On la sauve en la copiant — et en l’augmentant.

Les cultures commerciales et leurs résidus sont les meilleures cultures de couverture

2 juin 2025Par Andrew McGuire

un champ de chaumes de blé doré après la récolte.
Figure 1. Les résidus de cultures commerciales comme le blé peuvent être gérés de manière à offrir bon nombre des mêmes avantages que les cultures de couverture.

Réfléchissez-y. Si une culture commerciale offre tous les avantages d’une culture de couverture et génère des bénéfices, doit-on la considérer comme telle ? L’ Association nationale des producteurs de blé est du même avis. Elle demande au Service de conservation des ressources naturelles (NRCS) de publier une note technique reconnaissant le blé d’hiver comme culture de couverture, même une fois récolté. Son argument est que le blé d’hiver, bien géré, offre des avantages équivalents, voire supérieurs, aux cultures de couverture traditionnelles en matière de contrôle de l’érosion, de récupération des nutriments, de perturbation des cycles de ravageurs et d’amélioration de la santé des sols (Simão et al., 2024). Les producteurs de blé ont raison.

Nous distinguons les cultures de couverture reconstituantes des cultures commerciales rentables. Cependant, de nombreuses cultures commerciales, notamment les céréales à forte teneur en résidus comme le blé (figure 1), le maïs et le riz, surpassent les cultures de couverture conventionnelles pour des services clés. Elles peuvent surpasser les cultures de couverture car elles sont cultivées dans de meilleures conditions, avec des semences, des intrants et une gestion plus performants ; autant d’avantages inhérents aux cultures commerciales.

Nous avons souligné que si vous regardez ce que l’USDA classe comme culture de couverture, le blé d’hiver coche toutes les cases .Andy Juris

À quoi sert une culture de couverture ?

Les cultures de couverture sont cultivées pour :

  • Protéger la surface du sol de l’impact des gouttes de pluie et empêcher l’imperméabilisation et la formation de croûtes de surface associées
  • Réduire l’érosion
  • Récupérer les nutriments
  • Supprime les mauvaises herbes
  • Construire des sols en :
    • Nourrir les organismes du sol
    • Ajout de matière organique
    • Créer des pores racinaires
    • Briser les couches compactées
  • Fournir un habitat aux organismes bénéfiques
  • Briser les cycles des ravageurs

Ces avantages sont largement liés à la production de biomasse (Wagg et al., 2021). Plus une culture produit de biomasse, plus elle peut fournir de services. Et c’est là que les cultures commerciales excellent dans la biomasse.

Les cultures commerciales produisent une grande biomasse

Parce que les agriculteurs cultivent des cultures commerciales à des fins lucratives, elles sont gérées de manière intensive : variétés sélectionnées de manière extensive, semences de haute qualité, dates de semis idéales, fertilité optimale et lutte contre les ravageurs et les mauvaises herbes. Cela se traduit par une production de biomasse accrue. Même à culture identique (par exemple, le blé d’hiver), la version cultivée pour les céréales produira plus que la version semée comme culture de couverture. Ce principe s’applique en toute saison. Comparés aux cultures de couverture d’été, le maïs ou le riz de culture commerciale produisent davantage de biomasse aérienne et souterraine. Une biomasse plus importante signifie un potentiel accru de protection des sols, de recyclage des nutriments et d’apport de carbone, tant pendant la croissance qu’après la récolte .

Résidus de culture : cultures de couverture méconnues

Bien que les plantes vivantes soient importantes, les résidus des cultures céréalières à forte teneur en résidus dépassent souvent la biomasse de nombreuses cultures de couverture. La biomasse résiduelle aérienne estimée après la récolte de maïs en sec et irrigué, avec des rendements de 175 et 250 boisseaux/acre, est de 4,2 et 6,2 tonnes/acre (9,4 et 13,9 mg/ha). Après des rendements de blé en sec et irrigué de 80 et 150 boisseaux/acre, il reste 2,1 et 3,9 tonnes/acre de résidus (4,7 à 8,7 mg/ha). À comparer à la biomasse typique des cultures de couverture hivernales, de 1 à 3 tonnes/acre, jusqu’à 4 tonnes/acre avec un semis au début de l’automne et une fin de semis à la fin du printemps. Comme l’observe Smil (1999), « Compte tenu de la biomasse produite, les résidus de culture constituent la principale culture agricole. » Et en raison de cette biomasse substantielle, les résidus de culture provenant de cultures à forte teneur en résidus offrent bon nombre des mêmes avantages que les cultures de couverture, surtout s’ils sont bien gérés (Simao et al., 2024).

Comme pour les cultures de couverture , les bénéfices des résidus dépendent des niveaux de biomasse (figure 2).

Un graphique à barres verticales comparant les cultures de couverture et les résidus de culture dans les domaines (de gauche à droite) du contrôle de l'érosion, des avantages pour le sol et de la suppression des mauvaises herbes.
Figure 2. Quantités de biomasse de culture de couverture et de résidus de cultures commerciales pour divers avantages.

Même le fait que les résidus soient morts présente certains avantages. Contrairement aux cultures de couverture vivantes , les résidus de culture n’utilisent pas d’eau, un avantage crucial dans les systèmes arides où la conservation de l’eau est souvent la priorité absolue. Et si la couverture résiduelle est suffisante, elle préserve l’eau en réduisant l’évaporation (Ranaivoson et al., 2017).

Un graphique à barres horizontales. La barre supérieure, intitulée « Gestion des résidus », est mise en évidence et représente une augmentation de près de 500 % de l'efficacité moyenne pondérée (EMP). La barre inférieure, intitulée « Fréquence des cultures de couverture », est mise en évidence et représente une augmentation d'environ 25 % de l'EMP.
Figure 3. Classement de l’importance des facteurs augmentant la matière organique du sol à partir d’un modèle biophysique, la gestion des résidus de culture venant en tête et la fréquence des cultures de couverture en bas. D’après Stella et al. (2019) , licence CC3 .

Enfin, comme les cultures de couverture, les résidus de cultures morts constituent une source de matière organique pour le développement du sol (figure 3). On pense que les résidus de cultures constituent une source majeure de matière organique dissoute qui nourrit les organismes du sol (Chantigny, 2003 ; Haynes, 2005 ; Schomberg et al., 1994).

La matière organique dissoute représente une source d’énergie mobile dans les sols.Haynes, 2005

Tout cela signifie que la gestion des résidus est très importante.

Une gestion efficace des résidus améliore les impacts positifs des résidus de culture

Historiquement, l’accent était mis sur l’élimination des « déchets » pour permettre les semis ou le désherbage. Aujourd’hui, cependant, les résidus de culture devraient être considérés comme des ressources essentielles au maintien de la productivité. Gérés avec discernement, ces matériaux sont plus précieux que de nombreuses cultures de couverture traditionnelles. L’agriculture de conservation reconnaît ce changement de perspective et fait de « maintenir le sol couvert » l’un de ses trois principes fondamentaux. Cet objectif est à la fois pratique et efficace, contrairement au slogan de l’agriculture régénératrice qui consiste à « maintenir les racines vivantes dans le sol », qui peut s’avérer difficile à atteindre dans de nombreuses situations.

De toute évidence, les résidus de culture doivent être traités comme une ressource renouvelable précieuse à gérer avec soin pour maintenir la qualité des sols et favoriser la productivité des cultures.Sourire (1999)

Systèmes de culture à gestion intensive

La production de biomasse est à la base des bénéfices offerts par les cultures de rente et les cultures de couverture. Elle représente l’énergie captée par la photosynthèse qui alimente non seulement l’agroécosystème, mais aussi, in fine, nous-mêmes. Par conséquent, dans les limites du climat, de la gestion et des conditions de marché, cela signifie viser à remplir la saison de croissance avec des cultures de rente productives. Des techniques telles que la double culture, la culture en relais et la transformation des cultures de couverture en cultures de rente peuvent prolonger la saison de croissance, maintenir une couverture continue du sol et des résidus, et favoriser la santé des sols tout en générant des revenus.

Doubles récoltes

La double culture, pratique consistant à cultiver deux cultures la même année, devient de plus en plus viable en raison du changement climatique et de l’allongement des saisons de croissance. Le semis sans labour et la gestion des résidus de culture permettent des rotations plus rapides entre les cultures. Ces systèmes permettent de tirer pleinement parti des fenêtres de semis et de récolte plus longues. Des outils comme les analogues climatiques peuvent aider à identifier de nouvelles opportunités lorsque des saisons plus longues et des conditions météorologiques changeantes rendent possibles des cultures supplémentaires.

chaume de luzerne brune dans un champ avec des rangées de haricots verts plantés dans le chaume
Figure 4. Un exemple de double culture : des haricots secs comestibles plantés en bandes dans un peuplement de luzerne après la première coupe.

Pour réussir, les agriculteurs peuvent être amenés à choisir des variétés à cycle plus court ou à modifier leurs techniques de semis, par exemple en utilisant le labour en bandes pour une luzerne (figure 4). Bien que chaque culture d’un système de double culture puisse ne pas atteindre son plein potentiel de rendement, la production combinée peut dépasser celle d’une seule culture. Ceci est avantageux dans les régions où les précipitations dépassent les besoins en eau d’une seule culture. Parmi les exemples efficaces utilisés ici, dans le bassin du Columbia, dans l’État de Washington, on peut citer les séquences pois verts-maïs doux, le foin de fléole suivi de haricots secs, ou le blé suivi de sarrasin. La culture continue réduit les inquiétudes concernant la faible quantité de résidus, car la couverture du sol est régulièrement renouvelée par la culture suivante.

Cultures relais

La culture en relais est un système qui consiste à planter une seconde culture dans une culture existante avant sa récolte. Ce chevauchement intentionnel prolonge la productivité de la saison de croissance et maintient une couverture végétale continue, contribuant ainsi à améliorer la santé des sols, à réduire l’érosion et à optimiser l’utilisation des précipitations et de l’ensoleillement. Contrairement à la culture intercalaire, qui nécessite le partage de l’espace entre les cultures, la culture en relais échelonne les besoins des cultures dans le temps, réduisant ainsi la concurrence directe pour les ressources essentielles comme la lumière, l’eau et les nutriments.

Le succès d’un système de relais repose sur deux facteurs clés : le timing et la compatibilité des cultures. Le semis et la récolte doivent être synchronisés afin de minimiser les interférences et d’optimiser la croissance des deux cultures. Il est essentiel de sélectionner des cultures capables de tolérer la présence de l’autre sans perte de rendement significative. Un exemple notable est le système blé-soja développé par Jason Mauck ( sur X ) et d’autres. Le soja est semé dans du blé sur pied, une pratique qui permet de capter davantage de lumière et d’humidité tout en maintenant la couverture du sol tout au long de la saison. Ces systèmes ne fonctionnent que lorsque les précipitations ou l’irrigation sont suffisantes pour assurer des rendements rentables des deux cultures.

Transformer les cultures de couverture en cultures commerciales

Finalement, la voie la plus productive ne consiste peut-être pas à choisir entre cultures de rente et cultures de couverture, mais à repenser leur compatibilité. Le compromis fondamental réside ici entre le rendement des cultures de rente et la biomasse des cultures de couverture, tous deux dépendant de la durée de la saison de croissance optimale de chaque culture. Lorsqu’une culture est rentable, elle bénéficie de l’attention de gestion, des intrants et du timing rigoureux dont bénéficient les cultures de rente. Ce changement – ​​traiter les cultures de couverture comme des cultures de rente – peut accroître leur valeur et leur efficacité. Le pâturage d’une culture de couverture en est un exemple évident. Un cas plus avancé est celui du tabouret des champs , une espèce autrefois négligée, aujourd’hui transformée en une culture annuelle d’hiver offrant un potentiel commercial. Cette transformation s’accompagne d’une meilleure gestion, de meilleures semences et de meilleurs résultats pour les sols et les revenus.

Cultures commerciales pour les profits et la gestion

Il semble que tout ce qu’une culture de couverture peut faire, une culture commerciale et ses résidus peuvent le faire mieux et de manière plus rentable. En fin de compte, la question n’est pas seulement « Quelle culture de couverture planter ? », mais plutôt « Comment gérer mon système de culture, résidus compris, pour en faire plus ? » Avec la bonne approche, les cultures céréalières à haute teneur en résidus, les successions culturales diversifiées et la gestion des résidus peuvent égaler, voire dépasser, les avantages écologiques des cultures de couverture traditionnelles, tout en soutenant l’activité agricole.

Références

Chantigny, MH 2003. Matière organique dissoute et extractible par l’eau dans les sols : une revue de l’influence de l’utilisation des terres et des pratiques de gestion. Geoderma 113(3) : 357–380. doi : 10.1016/S0016-7061(02)00370-1 .

Haynes, RJ 2005. Les fractions de matière organique labile comme composantes centrales de la qualité des sols agricoles : un aperçu. Progrès en agronomie. Presses universitaires. p. 221–268.

Ranaivoson, L., K. Naudin, A. Ripoche, F. Affholder, L. Rabeharisoa et al. 2017. Fonctions agro-écologiques des résidus de cultures en agriculture de conservation. Une revue. Agron. Soutenir. Dév. 37(4) : 26. est ce que je : 10.1007/s13593-017-0432-z .

Schomberg, HH, JL Steiner et PW Unger. 1994. Décomposition et dynamique de l’azote des résidus de culture : qualité des résidus et effets sur l’eau. Soil Science Society of America Journal 58(2) : 372–381. doi : 10.2136/sssaj1994.03615995005800020019x .

Simão, LM, G. Cruppe, JP Michaud, WF Schillinger, DR Diaz, et al. 2024. Au-delà des céréales : avantages agronomiques, écologiques et économiques de la diversification des rotations culturales avec le blé. Progrès en agronomie 186 : 51–112.

Smil, V. 1999. Résidus de culture : la plus grande récolte de l’agriculture : les résidus de culture représentent plus de la moitié de la phytomasse agricole mondiale. BioScience 49(4) : 299–308. doi : 10.2307/1313613.

Stella, T., I. Mouratiadou, T. Gaiser, M. Berg-Mohnicke, E. Wallor, et al. 2019. Estimation de la contribution des résidus de culture à la conservation du carbone organique du sol. Environ. Res. Lett. 14(9) : 094008. doi : 10.1088/1748-9326/ab395c.

Wagg, C., A. van Erk, E. Fava, L.-P. Comeau, TF Mitterboeck, et al. 2021. Cultures de couverture de pleine saison et leurs caractéristiques qui favorisent les services agroécosystémiques. Agriculture 11(9) : 830. doi : 10.3390/agriculture11090830.

https://csanr.wsu.edu/cash-crops-and-their-residues-are-the-best-cover-crops

« Des sols vivants, limaces comprises »

Par Noël Deneuville

Noël Deneuville, Paysan dans la Nièvre depuis 30 ans, et acteur de l’agriculture de conservation des sols (ACS) à la ferme du Chaumont. Avec « SCV Lucien Seguy », je veux vous raconter l’histoire d’une limace, non pas comme une ennemie à abattre, mais comme le symptôme d’un déséquilibre que nous avons créé. Comprendre son apparition, c’est ouvrir la voie à une agriculture robuste et durable. Voici mon parcours et mes réflexions au sujet de cette fameuse limace.

Aux origines du problème : L’évolution de l’agriculture dans les années 1960 et la quête du « propre »

Les limaces sont devenues une préoccupation majeure pour les agriculteurs français, notamment dans les zones de grandes cultures comme le colza, le blé ou les cultures maraîchères. Leur prolifération semble liée à une combinaison de facteurs environnementaux et de pratiques agricoles modernes. Parmi les hypothèses plausibles, l’utilisation massive d’insecticides pourraient avoir joué un rôle clé dans ce phénomène. Cet article explore cette problématique, en s’appuyant sur des données historiques et des analyses critiques.

Dans les années 1960-1970, l’agriculture change de visage avec la mécanisation en développement, l’apparition des moissonneuses-batteuses qui facilitent l’essor des surfaces de colza, dont les surfaces passent de 100 000 hectares à 1,5 million aujourd’hui. Ce n’est pas une critique contre la culture du colza qui au contraire a permis pour nos zones intermédiaires d’obtenir des marges confortables.

Pour protéger cette culture des insectes ravageurs – altises, charançons –, les conseils techniques de l’époque font appliquer des insecticides comme le DDT ou les organophosphorés, qui ne font pas de distinction : ils éliminent aussi les insectes utiles, comme les carabes, prédateurs des limaces.Dans les années 1950-60, on arrosait nos champs, y compris le colza, avec des matières actives insecticides comme le DDT, un insecticide puissant mais aveugle. Ces insecticides tuait les ravageurs dangeureux, mais aussi les carabes utiles qui eux pourtant avaient la mission de régulation des limaces.

Ce déséquilibre écologique a réduit la régulation naturelle des populations de limaces, favorisant leur multiplication en l’absence des prédateurs disparus….! En effet, la limace, si les conditions lui sont favorables, peut se reproduire très très vite….

Les ravageurs du colza

  • Limaces. Le colza est une des cultures les plus sensibles aux limaces.
  • Grosses altises. La grosse altise apparaît en septembre dans les parcelles de colza où elle va pondre ses œufs. …
  • Pucerons. …
  • Charançon du bourgeon terminal. …
  • Charançon des tiges. …
  • Méligèthes. …
  • Charançon des siliques.

Mais ce n’est pas tout. Avec le colza arrivent des désherbants efficaces, conçus pour rendre les parcelles « propres ». Résultat : des champs nus, sans adventices ni diversité, un mono-menu pour la biodiversité. Les quelques limaces présentes n’ont plus d’autre choix que de se rabattre sur le seul colza restant , amplifiant les dégâts.

À cela s’ajoute le travail mécanique du sol : s’il peut déranger quelques limaces, il détruit aussi leurs sources d’alimentation variées, tout en perturbant gravement les carabes, ces précieux prédateurs, entre autres, qui régulent leurs populations.

Depuis quelques années, on constate aussi une accélération de la présence de petits escargots minuscules qui occasionnent les mêmes dégâts que leurs collègues limaces ….Ces escargots ne sont plus régulé correctement par les oiseaux des champs en baisse inquiétante …

Évolution de l’utilisation des insecticides depuis 1960

Entre 1945 et 1985, la consommation mondiale de pesticides, dont les insecticides, a doublé tous les dix ans. En France, les années 1960 marquent le début de cette hausse exponentielle, avec une généralisation des produits organochlorés comme le DDT (interdit en 1972). Dans les années 1970-1980, les organophosphorés (ex. malathion) prennent le relais, suivis plus tard par les néonicotinoïdes dans les années 1990. Selon les données disponibles, les ventes d’insecticides en France ont été multipliées par 3,5 entre 2009 et 2018, passant d’environ 5 000 tonnes à plus de 17 000 tonnes de substances actives par an. Cependant, depuis 2019, une baisse est observée, avec une réduction de 19 % des ventes totales de pesticides entre 2012-2017 et 2021, incluant une diminution spécifique des insecticides les plus toxiques.

L’essor des produits antilimaces

Face à la prolifération des limaces, les agriculteurs ont recours à des produits antilimaces, principalement des molluscicides comme le métaldéhyde ou le phosphate de fer. Si leur usage était marginal avant les années 1970, il s’est intensifié avec l’augmentation des surfaces de colza et des grandes cultures. Les données précises sur les volumes avant 2000 sont rares, je n’ai pas trouvé de chiffres précis sur l’évolution des volumes de produits anti-limace mise en oeuvre. Cette utilisation reste toutefois bien inférieure à celle des insecticides, reflétant une réponse ciblée à un problème spécifique plutôt qu’une stratégie globale.

Le piège des intrants : un déséquilibre en cascade

Les insecticides ont aggravé le problème. Prenez les méligèthes, ces petits coléoptères du colza : en quelques années, ils ont résisté aux traitements qui leur étaient destinés, s’adaptant là où les carabes, eux, disparaissaient. Sans prédateurs, les limaces ont prospéré. Les désherbants, en éliminant toute nourriture alternative, les ont poussées vers nos cultures. Et les anti-limaces ? Une chimie idiote, non ciblée, qui empoisonne et perturbent l’ensemble des prédateurs qui s’en nourrissent (des hérissons, insectes et autres oiseaux). Vouloir exterminer toutes les limaces parce qu’elles grignotent quelques feuilles, c’est absurde. Elles ont un rôle : elles décomposent la matière organique et nourrissent une chaîne d’animaux essentiels.

Pour les chasseurs, souvent agriculteurs eux-mêmes, la baisse du petit gibier – perdreaux, faisans – est un mystère qu’ils attribuent à la météo ou à des causes farfelues. Je ne suis pas sûr qu’ils mesurent le lien avec nos pratiques. En tuant les insectes avec les insecticides, on a privé ces oiseaux d’une alimentation facile, et leur rôle régulateur sur les limaces s’est éteint.

Ma stratégie : redonner sa place à la nature

À mes débuts, j’ai suivi cette logique. Insecticides, anti-limaces, désherbants : je voulais des parcelles impeccables. Mais j’ai vite vu les quantités d’anti-limaces grimper sur ma ferme. « Il fallait réagir vite », me suis-je dit. Ce n’était pas tenable.

L’expérience de Lucien m’a été précieuse….il ne connaissait pas plus que ça la problématique limace en France, mais il m’a fait comprendre avec ses autres expériences pour d’autres ravageurs que la solution chimique était à raisonner avec des pincettes et que la solution biologique était bien plus intéressante

Face à cette impasse, j’ai tout repensé. Voici comment je gère les limaces aujourd’hui :

  • Zéro intrants chimiques : Plus d’insecticides ni d’anti-limaces sur 100% de la ferme. (diminution de la sole colza et remplacement par la culture de la moutarde) J’ai vu les prédateurs revenir naturellement. Les refuges à limaces – résidus végétaux, sols humides –(qui sont aussi le repère des prédateurs de la limace) ne posent pas de problème quand les carabes et autres auxiliaires font leur travail continuellement…..
  • Plantes de service et leurres : J’intègre des graines très appétentes pour les limaces – colza, tournesol – dans mes semis. Elles détournent leur attention des cultures principales. D’autres plantes, comme le lin ou le soja, jouent des rôles complémentaires sur d’autres ravageurs ou la fertilité du sol. l’expérience avec la limace m’a permis d’extrapoler ma réflexion à bien d’autres problématiques …… Pas de concours de champ « propre » ici : un maximum de diversité, de bio-diversité, c’est une assurance-vie pour mes parcelles de sols vivants.
  • Semis adaptés : S’il le faut je sème un peu plus tôt pour que mes colzas et céréales prennent de la vigueur avant les pics de limaces, avec une fertilisation localisée pour les booster. ( assurance graines de tournesol pour les semis de colza)
  • Biodiversité dans les parcelles : Sans être opposé aux haies – elles ont leur utilité –, mais je préfère multiplier la diversité directement dans l’ensemble de mes champs avec des couverts permanents. C’est là que se joue l’équilibre en local. La pratique du SCV , a l’avantage de créer un panel de refuge (à base de plantes couvertures du sol) à toute une gamme de prédateurs bien cachés et surtout en sécurité vis à vis d’ oiseaux à la recherche d’insectes ( il n’en est pas de même en sol nu et travaillé mécaniquement)
  • Augmentation des densités de semis des cultures (la part de la biodiversité) surtout en bordure de parcelle boisée

Mon expérience a mal débuté, je l’avoue. Comme tout le monde, j’ai suivi le modèle dominant. Mais quand j’ai vu l’escalade des intrants, j’ai compris : la solution n’est pas de lutter contre les limaces, mais de coexister avec elles.

Une vision globale pour l’avenir

La nature fonctionne en cycles équilibrés depuis toujours. Perturber cet équilibre – tuer les insectes utiles, appauvrir les sols, priver les oiseaux – est une catastrophe pour nos parcelles. Avec « SCV Lucien Seguy », nous proposons une autre voie : produire une alimentation saine et de qualité, en respectant ces cycles. Mes solutions prouvent que c’est possible. Les limaces ne sont pas à exterminer ; elles nous rappellent que tout est lié.

Certes quelques limaces en équilibre sont toujours présentes sur ma ferme, mais il faut intégrer qu’elles sont nécessaire à la survie des carabes ….Et, quelques oiseaux réussissent à consommer quelques carabes, Mais par contre , aujourd’hui , l’équilibre naturelle est rétabli correctement et le fait de toujours prévoir, anticiper un leurre appètent-limace aux périodes sensibles (levée des cultures) me permet de dormir tranquille….!

Conclusion : un pas vers une agriculture robuste

Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, bravo : vous êtes sur la bonne voie pour réfléchir à l’avenir d’une agriculture durable. À la ferme du Chaumont, j’ai appris qu’une parcelle n’a pas besoin d’être « propre » pour être productive. Elle doit être vivante avec des sols vivants. Alors, la prochaine fois que vous croiserez une limace, demandez-vous : et si elle était là pour nous guider vers du raisonnable ?

L’ACS selon Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_de_conservation

L’agriculture de conservation (AC) ou agriculture de conservation des sols (ACS)1 est un ensemble de techniques culturales simplifiées destinées à maintenir et améliorer le potentiel agronomique des sols, tout en conservant une production régulière et performante sur les plans technique et économique.

Elle est définie par la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture comme étant un « système cultural qui peut empêcher la perte de terres arables tout en régénérant les terres dégradées »2.

Cet ensemble de techniques vise une meilleure rentabilité économique à long terme en réduisant le besoin en intrants (engraisproduits phytosanitaires et carburants) sans pour autant les interdire.

Ces techniques culturales reposent sur trois piliers fondamentaux que sont la réduction du travail du sol, la diversification des espèces végétales ainsi qu’une couverture permanente du sol par des cultures, des plantes compagnes et des couverts végétaux3.

Historique et développement

Origine

L’agriculture de conservation est née dans des régions de forte érosion hydrique ou par érosion éolienne et avait pour but initial de protéger les sols contre cette érosion, essentiellement par la couverture des sols. La première des trois composantes de l’agriculture de conservation qui s’est développée est la couverture des sols, en réponse à de graves phénomènes d’érosion des sols, apparus en particulier aux États-Unis dans les années 1930. L’alternance de sécheresse et de pluie, conjuguée à des vents violents, a provoqué le désastreux phénomène connu sous le nom de Dust Bowl (« bassin de poussière »), décrit par John Steinbeck dans Les Raisins de la colère paru en 1939. Ceci a conduit les agriculteurs américains à faire évoluer leurs pratiques de manière très rapide, encouragés par des programmes gouvernementaux. Les techniques d’implantation des cultures en semis direct sous couvert ont commencé à apparaître dans les années 1950 : les agriculteurs enfoncent directement les semences dans le sol à travers les couverts sans labourer et contrôlent les adventices par des herbicides. Cela a nécessité la mise au point de semoirs adaptés. La mise en œuvre de ces pratiques de protection des sols a permis de réduire drastiquement l’érosion des sols aux États-Unis. D’autres avantages de ces systèmes de culture sont vite apparus aux agriculteurs, particulièrement dans les grandes exploitations : économie de carburant, simplification du travail et gain de temps. Le semis direct sans labour est aujourd’hui largement utilisé pour le maïs et le soja aux États-Unis, mais aussi au Brésil, en Argentine, au Canada, en Australie4.

Reconnaissance mondiale

La première mention de l’agriculture de conservation remonte à 1997 lors d’une conférence de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur les techniques culturales simplifiées au Mexique, mais ne sera définie officiellement qu’en 2008 par la FAO5.

La surface cultivée dans le monde selon cette méthode était estimée à 106 millions d’hectares en 2008/2009 et a atteint environ 180 millions d’hectares en 2015/2016, soit environ 12,5 % des terres cultivées dans le monde6. La Fédération Européenne d’Agriculture de Conservation estime à environ 5 % la part des terres cultivée en agriculture de conservation, sans cependant la distinguer des surfaces en semis-direct7.

En 2020, l’APAD a mis en place un label « Au Cœur des Sols »8 afin de valoriser les fermes faisant la démarche de l’agriculture de conservation.

Trois piliers fondamentaux synergiques

L’objectif principal de l’agriculture de conservation est de lutter contre la dégradation des sols agraires, ou de favoriser la régénération des sols dégradés9. Pour cela, elle cherche à augmenter la biodiversité, à stimuler et favoriser les processus biologiques naturels tout en augmentant la quantité de matière organique dans le sol. Ces trois éléments sont des facteurs essentiels pour assurer la fertilité des sols et la séquestration du carbone10. L’agriculture de conservation s’appuie principalement sur les trois piliers suivants afin de réparer ou entretenir cette fertilité.

Réduction du travail du sol

L’objectif des techniques culturales simplifiées est de permettre de freiner l’érosion des sols et de conserver le stock de matière organique nécessaire à son bon fonctionnement. La réduction, voire la suppression du travail mécanique du sol permet de conserver en surface la couche d’humus créée par les débris végétaux en décomposition, qui protègent également le sol contre l’érosion et la battance11. Le but de cette réduction est de limiter le plus possible la déstructuration et la perte de porosité verticale naturelle du sol12.

Diversification des espèces cultivées

La diversification des espèces cultivées, à travers des séquences de rotations et d’associations de cultures impliquant au moins trois cultures différentes, favorise la conservation de la biodiversité du sol et des espèces végétales et permet, par un choix judicieux, l’emploi successif d’espèces aux atouts mécaniques, physiques et biologiques différents et complémentaires ; atouts liés à leur vitesse d’installation, la qualité de leur partie végétale ou partie racinaire. La diversification des espèces végétales et le rallongement de la rotation culturale, permettent l’intégration de cultures non productives mais ayant des intérêts agronomiques, comme la restructuration du sol ou la réduction des maladies et des parasites grâce aux effets complémentaires des espèces entre elles12.

Couverture permanente du sol

Par couverture permanente du sol, on entend aussi bien les résidus végétaux que les couverts durant l’interculture. Son objectif est fournir un écran permanent afin de limiter les adventices, l’érosion du sol lors d’intempéries et la perte excessive des réserves hydriques nécessaires à la vie du sol et des plantes. Le couvert permet entre autres un apport de matières organiques, et en fonction des espèces implantées, d’autres bénéfices comme la restructuration du sol, le stockage d’azote, ou l’activation biologique du sol stimulée par les restitutions de biomasse12,13.

L’agriculture de conservation, se basant sur ces trois bases fondamentales, est considérée comme faisant partie du concept d’agroécologie14

Vers de terre et agriculture de conservation

Les vers de terre épigésendogés et anéciques ont chacun une fonction naturelle de mélange des horizons de surface ou profond. Ils sont des acteurs de la fertilité des sols. L’absence de travail du sol, et notamment du labour favorise leur maintien, l’augmentation de leur population et favorise leur activité bénéfique15. La présence d’un couvert permanent et varié permet de pérenniser l’apport de nourriture pour l’ensemble de la faune du sol et en particulier des vers de terre.

Intérêts et limites

Pour être comprise, adoptée et intégrée, l’agriculture de conservation doit présenter la valeur ajoutée, les intérêts et ses limites susceptibles d’attirer des agriculteurs, mais aussi plus largement des horticulteurs et jardiniers.

Intérêts

Ces avantages sont de trois ordres16,17 :

Sociaux-économiques

  • L’allègement du temps de travail et donc la réduction des besoins en main-d’œuvre ;
  • La réduction des dépenses engagées, par exemple, pour l’achat de carburants d’origine fossile en particulier, l’exploitation et l’entretien des machines, ainsi que la main-d’œuvre ;
  • Une augmentation de l’efficience, puisque la production augmente avec une quantité d’intrants plus faible.

Agronomiques

Environnementaux

  • la réduction de la consommation d’énergie fossile ;
  • la réduction de l’érosion du sol, et donc la diminution des coûts d’entretien des routes, des barrages et des installations hydroélectriques ;
  • l’amélioration de la qualité de l’eau ;
  • l’amélioration de la qualité de l’air ;
  • l’augmentation de l’activité biologique du sol et sa biodiversité ;
  • la séquestration du carbone associée à la réduction d’émission de gaz à effet de serre.

De par ses intérêts environnementaux (réduction de l’érosion et du lessivage, stockage de carbone, augmentation de la biodiversité, maintien ou amélioration de la productivité), l’agriculture de conservation répond aux besoins actuels définis dans les pistes de réflexion proposées dans le rapport du GIEC d’août 201922. L’initiative « 4 pour 1000 » lancée lors de la COP21 promeut également ce type d’agriculture23.

Limites et solutions

L’adoption partielle des principes de l’agriculture de conservation varient selon les pays et les contextes et sont susceptibles de remettre en cause la pérennité de son adoption. Par exemple, un agriculteur réduit ou supprime le labour, afin de réduire le temps de travail et les charges liées aux carburants à court terme, mais sans nécessairement introduire de couverts végétaux ni allonger les rotations culturales ; il supprime alors de la conjonction synergique des effets du couvert végétal permanent, de l’allongement cultural et du non-labour24. L’accès au matériel nouveau de semis direct en particulier peut être un frein à la transition.

L’apport au sol de couverts pauvres en azote (par exemple, la paille qui a un C/N élevé, proche de 100) provoque une faim d’azote25.

Une communauté de soutien, d’échange et d’accompagnement permet d’en limiter ou supprimer les effets. En France, le risque économique est majeur durant la phase de transition26. Le réseau APAD Association Pour la promotion d’une Agriculture Durable en partenariat avec le ministère de l’agriculture permet cette dynamique de limitation des risques1.

Différences et complémentarités

Agriculture de conservation et Techniques culturales simplifiées (TCS)

Il existe très souvent une confusion entre les techniques culturales simplifiées (TCS), le semis direct et l’agriculture de conservation en elle-même aussi bien dans les milieux scientifiques que pour les agriculteurs27.

diagramme présentant les catégories de pratiques culturales en fonction du type de travail du sol

Bien que la réduction du travail du sol soit un des piliers de l’agriculture de conservation, les objectifs des TCS ne sont pas les mêmes que ceux de l’agriculture de conservation.

Agriculture de conservation et agroforesterie

Bien que sa définition soit relativement récente, on retrouve des principes similaires dans d’autres méthodes de cultures antérieures, comme dans l’agroforesterie par exemple28,29.

Techniques et matériels

Travail limité du sol en bande

Unité Strip-till Pluribus (Dawn Equipment Company)

Le strip-till, mot anglais traduit par « travail du sol en bande », est largement répandu en Amérique du nord, commence à apparaître en France. Cette technique consiste à préparer et fissurer les lignes de semis des cultures en rangs. Les strip-tillers sont constitués de plusieurs lames ou outils montés sur un bâti et adaptés à un type de sol ou de culture : lames fissuratrices, rouleaux concaves pour accélérer le réchauffement du sol, roues en V ou roues à doigts, disques lisses ou crénelés.
La solution universelle n’existe pas en matière de Strip-till. En terres argileuses, il est conseillé de passer le strip-tiller en automne pour que l’alternance gel dégel complète le travail. Pour le colza, le strip-till est compatible avec un semis direct mais le précédera de quelques jours ou quelques semaines pour les semis de printemps afin de laisser au sol fissuré le temps de se réchauffer et de minéraliser30.

Semis sans travail du sol

Passage d’un équipement de Strip-till dans une plantation de maïs, Minnesota du sud, USA (Dawn Equipment Company)

Pour réaliser des semis sans travail du sol des semoirs adaptés sont nécessaires, ils ouvrent localement le sol (avec un disque ou une dent), créent un peu de terre fine et placent la graine dans un environnement favorable en perturbant une surface minimum à l’échelle de la parcelle. Ces semoirs sont en général plus lourds et plus coûteux que les semoirs classiques. Ils peuvent néanmoins être adaptés à toutes les conditions. L’AFDI et le CEMAGREF ont conçu un semoir de semis direct qui permet de semer avec une très faible force mécanique et qui peut être utilisé avec de la traction humaine ou animale31. Des agriculteurs pauvres ayant de petites surfaces peuvent se contenter de cannes de semis. Pour les pays développés, les fabricants commercialisent des équipements complexes dont les performances peuvent varier en fonction des conditions de travail. Des comptes rendus d’essais ont été compilés pour aider au choix de ces machines32.

Semis Direct sous Couvert Permanent (SCV)

Technique également appelée Semis Direct sous Couvert Vivant (SCV), son principe est de maintenir une couverture permanente du sol avec des végétaux vivant. Ces techniques ont été développées de façon rigoureuse à partir de 1984 par Lucien Séguy et d’autres agronomes, en 5 ans, ils démontrent que ce système peut être rentable33,34.

Cette technique a pour ambition, selon le GIEE Magellan qui la promeut35[source insuffisante], d’obtenir un effet structurant du sol pour améliorer la qualité d’implantation et la portance des sols, de fournir des éléments minéraux à la culture et d’étouffer les adventices. Elle vise à stimuler l’activité biologique du sol, enrichir le sol en matières organiques et stimuler la faune auxiliaire par le maintien d’un habitat permanent.

Ces différents objectifs ont pour but de tendre vers une réduction des intrants (engrais, produits phytosanitaires), tout en augmentant la résilience de la culture (meilleur maintien de l’humidité du sol par exemple)36[source insuffisante]. Cette technique de culture prometteuse reste malgré tout très restreinte car elle nécessite du matériel spécifique mais surtout parce que la demande en technicité de l’agriculteur est plus élevée37.

Exemples d’adoptions remarquables

Au sud de l’Ontario, Dean Glenney a atteint des rendements de 18,7 tonnes/ha de maïs et 4 tonnes en soja, en utilisant le semis direct, le contrôle du trafic38 et l’association soja maïs en culture en bande39.

Promotions et partenariats

Des organisations intergouvernementales, des structures associatives (ONG) et des organismes publics promeuvent ce type d’agriculture et mettent à disposition des ressources pour que les agriculteurs aient accès à des connaissances et à l’expérience d’autres pratiquants de ces techniques.

Accord cadre France – FAO

En 2008, un partenariat pour la coopération entre la France et la FAO permet le renforcement de la compétitivité des agricultures du Sud. Les domaines concernés sont très divers entre autres les techniques agricoles avec des programmes favorisant les échanges sur les pratiques et la diffusion de technologies et techniques appropriées pour la réponse des cultures à l’eau et aux contraintes environnementales, la gestion de l’eau agricole, l’agriculture de conservation et les techniques de conservation des aliments40,24.

Notes et références

  1. ↑ Revenir plus haut en :a et b « Accompagner le développement de l’agriculture de conservation des sols [archive] », sur agriculture.gouv.fr (consulté le ).
  2.  « Qu’est-ce que l’agriculture de conservation? | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  3.  « Les principes de l’agriculture de conservation | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)FAO (consulté le ).
  4.  « A l’origine de l’agriculture de conservation, les problèmes d’érosion [archive] », 8 novembre 13 (consulté le ).
  5.  Don C. Reicosky, « », Journal of soil and water conservation, septembre/octobre 2015, p.  106A [1] [archive]
  6.  A. Kassam, T. Friedrich & R. Derpsch (2019) Global spread of Conservation Agriculture, International Journal of Environmental Studies, 76:1, 29-51, DOI: https://doi.org/10.1080/00207233.2018.1494927 [archive]
  7.  (en) « Uptake of Conservation Agriculture [archive] », sur ecaf.org (consulté le ).
  8.  « Qui sommes-nous [archive] », sur Apad, 19 février 2020 (consulté le ).
  9.  « Qu’est-ce que l’agriculture de conservation? | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  10.  « Quels sont les objectifs de la FAO? | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  11.  « LA LUTTE CONTRE LE RUISSELLEMENT ET L’EROSION DES SOLS [archive] », sur www.u-picardie.fr (consulté le ).
  12. ↑ Revenir plus haut en :a b et c « Les 3 piliers de l’Agriculture de Conservation des Sols [archive] », sur Apad, 20 janvier 2012 (consulté le ).
  13.  Eric Blanchart er al., « Fonctionnement du sol sous SCV au Brésil et à Madagascar : abondance et rôle des ingénieurs du sol sur la dynamique du carbone du sol », Terre Malgache, no 26,‎ 2008, p. 25-28.
  14.  Fanny Roocks, Hélène Salva, Jean-Pierre Sarthou, « Agriculture de conservation des sols [archive] », sur dicoagroecologie.fr, 5 août 2016 (consulté le ).
  15.  Baldivieso Freitas, Paola & Blanco-Moreno, José & Gutiérrez, Mónica & Peigné, Joséphine & Pérez-Ferrer, Alejandro & Trigo, Dolores & Sans, F.. (2017). Earthworm abundance response to conservation agriculture practices in organic arable farming under Mediterranean climate. Pedobiologia. 10.1016/j.pedobi.2017.10.002.
  16.  « Avantages de l’agriculture de conservation [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  17.  Lahmar R., « Opportunités et limites de l’agriculture de conservation en Méditerranée.Les enseignements du projet KASSA [archive] », 2006 (consulté le ).
  18.  (en) Sambo Pheap et al., « Multi-functional assessment of soil health under Conservation Agriculture in Cambodia », Soil and Tillage Research, vol. 194, no 104349,‎ 2019 (DOI 10.1016/j.still.2019.104349).
  19.  (en) F.E. Rhoton, Martin J Shipitalo, D.L. Lindbo, « Runoff and Soil Loss from Midwestern and Southeastern US Silt Loam Soils as Affected by Tillage Practice and Soil Organic Matter Content », Soil and Tillage Research, vol. 66, no 1,‎ 2002, p. 1-11 (DOI 10.1016/S0167-1987(02)00005-3).
  20.  (en) F Tebrügge, R.-A Düring, « Reducing tillage intensity — a review of results from a long-term study in Germany », Soil and Tillage Research, vol. 1999, no 1,‎ 53, p. 15-28 (DOI 10.1016/S0167-1987(99)00073-2).
  21.  (en) D. M. Silburn, S. F. Glanville, « Management practices for control of runoff losses from cotton furrows under storm rainfall. I. Runoff and sediment on a black Vertosol », Australian Journal of Soil Research, vol. 40, no 1,‎ 8 février 2002, p. 1-20 (DOI 10.1071/sr00082).
  22.  (en) « Interlinkages between desertification, land degradation, food security and GHG fluxes: synergies, trade-offs and integrated response options [archive] », 7 août 19 (consulté le ).
  23.  « Qu’est-ce que l’Initiative « 4 pour 1000 » ? [archive] » (consulté le ).
  24. ↑ Revenir plus haut en :a et b « L’agriculture de conservation | Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation [archive] », sur agriculture.gouv.fr (consulté le ).
  25.  (en) A. Maltas, M. Corbeels, E. Scopel, R. Oliver, J.-M. Douzet, F. A. M. da Silva and J. Wery, « Long-Term Effects of Continuous Direct Seeding Mulch-Based Cropping Systems on Soil Nitrogen Supply in the Cerrado Region of Brazil », Plant and Soil, vol. 298, nos 1-2,‎ 2007, p. 161-173 (DOI 10.1007/s11104-007-9350-1).
  26.  « Concevoir soi-même son semoir direct de A à Z [archive] », sur La France agricole (consulté le ).
  27.  (en) Don C. Reicosky, « Conservation tillage is not conservation agriculture », Journal of soil and water conservation,‎ septembre/octobre 2015, p. 103A (lire en ligne [archive[PDF])
  28.  « Notions de base – Agroforesterie | Boîte à outils GDF | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », FAO (consulté le ).
  29.  « Agroforesterie et agriculture de conservation | Le Projet d’atténuation du changement climatique dans l’agriculture (MICCA) | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  30.  Sebastien Chopinet et Nicolas Levillain, La France agricole, no 3402, pp38-39, sept 2011
  31.  Philippe LAFFONT, « Semoir monograine type AFDI/Cemagref [archive] », sur agriculture-de-conservation.com (consulté le ).
  32.  « Choisir son semoir direct [archive] » (consulté le ).
  33.  S. Boulakia, S. Bouzinac, H. Charpentier, N et L Deneuville, J.-C. Quillet, C. Ababdie, A. Coudrillier, S. Gallon et F. Tivet, « Lucien Séguy (1944-2020), Agronome du génie végétal », Agronomie, écologie et innovation TCS, no 10,‎ juin 2020, p. 31 (lire en ligne [archive]  [PDF])
  34.  « Hommage à Lucien Séguy, ingénieur agronome spécialiste des agricultures tropicales [archive] », sur Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (consulté le )
  35.  « SEMIS DIRECT Du couvert annuel … au couvert permanent [archive] » (consulté le ).
  36.  « Quels sont les avantages et les inconvénients du semis direct sous couverts végétaux ? [archive] » (consulté le ).
  37.  « Synthèse technique Semis-Direct sur Couverture Végétale [archive] » (consulté le ).
  38.  Controlled traffic farming
  39.  http://www.ifao.com/PDFs/OntarioFarmerFencerowArticle.pdf [archive]
  40.  « Décret no 2008-1251 du 1er décembre 2008 portant publication de l’accord-cadre entre le Gouvernement de la République française et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, signé le 31 mars 2005 (1) – Légifrance [archive] », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

  • Noémie Schaller, L’agriculture de conservation, Ministère de l’Agriculture | Centre d’études et de prospective, septembre 2013 (lire en ligne [archive[PDF])
  • Philippe Fleury, Carole Chazoule et Joséphine Peigné, « Ruptures et transversalités entre agriculture biologique et agriculture de conservation », Économie rurale, nos 339-340,‎ 2014, p. 95-112 (DOI 10.4000/economierurale.4247)

Articles connexes

Liens externes

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SEMIS NATURE : semer sans aucun travail de sol, Noël Deneuville – Journée Séguy 2024


Le Semis Nature : Une Approche Agroécologique Innovante

Le Semis Nature, également appelé semis aérien en Argentine , est une technique de semis directement inspirée des dynamiques naturelles. Elle présente des avantages et limites spécifiques, et son application varie en fonction du contexte agricole, du type de sol, des cultures visées et des objectifs des agriculteurs.

Principaux Avantages

  1. Simplicité et Économie
  • Cette méthode est simple à mettre en œuvre et peu coûteuse, puisqu’elle ne nécessite aucun travail du sol.
  • Elle permet de réduire les dépenses liées au carburant, à la main-d’œuvre et à l’entretien des équipements.
  1. Gain de Temps
  • Le semis peut être réalisé avant la récolte de la culture précédente, optimisant ainsi le cycle de production.
  • Cette pratique peut parfois permettre d’obtenir une double récolte annuelle.
  1. Favorisation de la Biodiversité
  • En imitant les mécanismes naturels de dispersion des graines, le semis nature stimule la biodiversité des sols et des écosystèmes environnants.
  • Il contribue à un équilibre écologique bénéfique pour les cultures.
  1. Réduction des Adventices
  • En maintenant le sol couvert et en évitant de le travailler, cette méthode limite la levée des mauvaises herbes, réduisant ainsi la concurrence avec les cultures implantées.

Inconvénients et Limites Conditions Climatiques Déterminantes

  • Le succès du semis nature dépend fortement des conditions météo, notamment de l’humidité du sol. Un sol sec ou compacté peut compromettre la germination.
  • Technique Opportuniste
  • Cette approche exige des conditions optimales pour réussir, ce qui peut rendre les résultats imprévisibles.
  • Perte de Graines
  • Le risque de perte de graines est important, notamment en surface. Une dose de semis plus élevée peut être nécessaire pour compenser ces pertes.
  • Adaptabilité des Espèces

Toutes les espèces de graines ne sont pas nécessairement adaptées au Semis Nature en surface. Certaines graines de grande taille nécessitent un enfouissement pour une germination optimale. Cependant, l’élément clé reste la capacité d’un sol vivant à intégrer les graines dans ses couches superficielles, composées de mulch et de débris végétaux.

Un phénomène surprenant en sol vivant est l’activité intense de la biodiversité : non seulement les vers de terre, mais aussi une faune variée et active, participent à la mobilisation du sol, favorisant naturellement l’intégration des graines. La pluie joue également un rôle essentiel en humidifiant ces couches superficielles, ce qui facilite l’enfouissement léger des graines et leur germination.

Ainsi, pour optimiser le Semis Nature, il est judicieux de privilégier des périodes où les conditions sont humides, chaudes et bien arrosées, car elles recréent cette synergie naturelle entre le sol, la biodiversité et les graines – une dynamique que seule la nature sait parfaitement orchestrer.

Applications et Contexte Favorable

Le semis nature se montre particulièrement efficace dans des conditions où :

  • Le sol est vivant et riche en matière organique.
  • L’eau n’est pas un facteur limitant.

Cette technique est souvent employée pour :

  • Implanter des couverts végétaux ou des cultures fourragères.
  • Semer dans des champs déjà cultivés, notamment avant la récolte de cultures comme le maïs ou les céréales.

L’expérience de pionniers tels que Noël Deneuville, agriculteur français adepte de cette approche, illustre le potentiel du semis nature pour régénérer les sols et réduire les interventions humaines.

Conclusion

Le Semis Nature s’inscrit dans une démarche agroécologique visant à réduire l’impact environnemental tout en améliorant la résilience des systèmes agricoles. Cependant, pour maximiser son efficacité, il nécessite une bonne compréhension des écosystèmes locaux et une adaptation fine aux spécificités de chaque exploitation.

Pour les agriculteurs cherchant à minimiser les interventions mécaniques et à travailler en harmonie avec les cycles naturels, cette technique représente une option pertinente et durable. Elle offre une opportunité d’allier productivité, biodiversité et régénération des sols, à condition de respecter les contraintes environnementales nécessaires à son succès.


Semis Nature de lin d’hiver dans un couvert de sarrasin afin de tester son allélopathie vis à vis de la maîtrise des adventices Septembre 2024

Photo de fin avril 2025 : vue d’ensemble de la parcelle de lin d’hiver en Semis Nature

On renouvelle …..cette automne 2025 , environ 50 ha de blé d’hiver, 20 ha de lin graine ont été implantés en SN sur la ferme

Comment la Conquête Islamique a Transformé l’Agriculture et les Terres Fertiles : un Regard Historique

Contrairement à l’idée reçue d’une « renaissance » pour les terres conquises, l’expansion islamique a entraîné des transformations profondes dans les techniques agricoles, la gestion des ressources et l’entretien des infrastructures. Cet article examine comment la conquête musulmane, en particulier en Afrique du Nord, a modifié les systèmes agricoles sophistiqués hérités des empires précédents, en favorisant des pratiques différentes, avec des conséquences à la fois positives et négatives pour l’économie et l’environnement.

1. L’Héritage Agricole des Romains : un Système Avancé

Avant l’arrivée des conquérants arabes, des régions comme le Maghreb, l’Égypte et la Syrie bénéficiaient de systèmes agricoles avancés développés sous les Romains et Byzantins. Ces systèmes incluaient :

  • Routes entretenues : Non seulement pour le commerce, mais aussi pour l’accès rapide aux zones de production agricole.
  • Systèmes d’irrigation complexes : Aqueducs, canaux et réservoirs permettaient une gestion efficace de l’eau, essentielle dans des régions semi-arides.
  • Entretien obligatoire : Les paysans étaient tenus par des obligations légales d’entretenir ces infrastructures, assurant leur durabilité.

Bilan avant la conquête : Ces systèmes agricoles étaient si efficaces que des régions comme l’Afrique du Nord étaient souvent qualifiées de « grenier à blé » de l’Empire romain.

2. Les Transformations Apportées par les Conquérants Arabes

L’arrivée des conquérants musulmans a entraîné une évolution des pratiques agricoles, mais aussi des ruptures dans les systèmes préexistants :

Négligence des routes et infrastructures

Les routes romaines, essentielles pour le transport des marchandises agricoles, n’ont pas toujours été entretenues. Leur dégradation a entraîné l’isolement de nombreuses zones rurales.

Expansion de l’élevage extensif

  • Les troupeaux de chèvres et de chameaux, favorisés par les nouveaux habitants, ont remplacé partiellement les cultures céréalières.
  • Les chèvres, connues pour leur impact destructeur sur la végétation, ont contribué à la désertification dans certaines zones.
  • Une conversion des terres agricoles en pâturages a diminué leur productivité globale.

Problèmes d’irrigation

  • Les systèmes d’irrigation complexes hérités des Romains et Byzantins ont souvent été négligés. Des canaux se sont ensablés, et des aqueducs se sont effondrés, réduisant l’accès à l’eau.

Conséquence : L’agriculture dans certaines régions s’est effondrée, provoquant une chute des rendements et une dégradation des terres fertiles.

3. Afrique du Nord : du Grenier à Blé à la Désertification

L’Afrique du Nord illustre parfaitement cette transition :

  • Période romaine : La région exportait d’immenses quantités de blé vers l’Empire.
  • Après la conquête : La négligence des techniques agricoles et des infrastructures a transformé certaines zones fertiles en déserts.
  • Carthage et ses environs : Cette ancienne région prospère a vu ses champs de blé déclinés, les aqueducs s’étant effondrés ou taris.

4. Les Techniques Agricoles Arabes : Forces et Limites

Contrairement à l’idée que les conquérants auraient modernisé ces régions, leurs apports étaient adaptés à des environnements différents :

  • Gestion des oasis : Les Arabes maîtrisaient l’agriculture dans les oasis, mais cette méthode était peu adaptée à de vastes plaines agricoles.
  • Absence de rotation des cultures : Une agriculture non diversifiée a épuisé les sols.
  • Pastoralisme prédominant : L’élevage extensif était économiquement utile mais nuisait aux écosystèmes agricoles.

5. Le Rôle des Facteurs Externes

Il est important de noter que d’autres facteurs ont contribué à cette transformation :

  • Changements climatiques : Une augmentation de l’aridité a également joué un rôle dans la désertification.
  • Pressions sociales et économiques : L’évolution des besoins économiques et des modes de vie a favorisé l’élevage au détriment de l’agriculture.

6. Perspectives Historiques et Leçons

Plusieurs auteurs ont observé ces changements :

  • Ibn Khaldun : Il note que la désertification de l’Afrique du Nord s’est accentuée après la conquête.
  • Léon l’Africain : Cet explorateur du XVIᵉ siècle constate la stérilité des zones autrefois fertiles.
  • William H. McNeill : Dans Plagues and Peoples, il décrit l’impact négatif des troupeaux sur l’écologie du Maghreb.

Une Transition Agricole Complexe

La vérité historique est claire : la conquête islamique a marqué un recul significatif pour l’agriculture dans les régions conquises.

Carbone = Batterie

Pour résumer simplement : il faut voir le carbone comme une batterie : un système qui permet le stockage d’énergie solaire via la photosynthèse et qui fonctionne depuis des millions d’années !
Quand on dit qu’il faut stocker du carbone dans les sols agricoles c’est simplement qu’il faut augmenter le taux de matière organique pour avoir une réserve d’énergie suffisante et indispensable à tous les micro-organismes qui ont besoin d’énergie pour vivre mais qui ne font pas de photosynthèse ( les champignons par exemple).
Pour augmenter le taux de matière organique il faut commencer par augmenter la densité végétale toute l’année mais surtout au moment où il y a le plus d’énergie solaire donc l’été !
une surface agricole qui ne fait pas de photosynthèse se dégrade au lieu de s’enrichir !
Pour copier la nature il faut produire beaucoup et recycler TOUTE la biomasse au même endroit après utilisation !
La nature est éternelle parce qu’elle ne consomme pas de matière et elle ne consomme pas de matière parce qu’elle recycle TOUT sur place, les humains ont inventé le déchet et c’est catastrophique !

DENISE Laurent