« Des sols vivants, limaces comprises »

Par Noël Deneuville

Noël Deneuville, Paysan dans la Nièvre depuis 30 ans, et acteur de l’agriculture de conservation des sols (ACS) à la ferme du Chaumont. Avec « SCV Lucien Seguy », je veux vous raconter l’histoire d’une limace, non pas comme une ennemie à abattre, mais comme le symptôme d’un déséquilibre que nous avons créé. Comprendre son apparition, c’est ouvrir la voie à une agriculture robuste et durable. Voici mon parcours et mes réflexions au sujet de cette fameuse limace.

Aux origines du problème : L’évolution de l’agriculture dans les années 1960 et la quête du « propre »

Les limaces sont devenues une préoccupation majeure pour les agriculteurs français, notamment dans les zones de grandes cultures comme le colza, le blé ou les cultures maraîchères. Leur prolifération semble liée à une combinaison de facteurs environnementaux et de pratiques agricoles modernes. Parmi les hypothèses plausibles, l’utilisation massive d’insecticides pourraient avoir joué un rôle clé dans ce phénomène. Cet article explore cette problématique, en s’appuyant sur des données historiques et des analyses critiques.

Dans les années 1960-1970, l’agriculture change de visage avec la mécanisation en développement, l’apparition des moissonneuses-batteuses qui facilitent l’essor des surfaces de colza, dont les surfaces passent de 100 000 hectares à 1,5 million aujourd’hui. Ce n’est pas une critique contre la culture du colza qui au contraire a permis pour nos zones intermédiaires d’obtenir des marges confortables.

Pour protéger cette culture des insectes ravageurs – altises, charançons –, les conseils techniques de l’époque font appliquer des insecticides comme le DDT ou les organophosphorés, qui ne font pas de distinction : ils éliminent aussi les insectes utiles, comme les carabes, prédateurs des limaces.Dans les années 1950-60, on arrosait nos champs, y compris le colza, avec des matières actives insecticides comme le DDT, un insecticide puissant mais aveugle. Ces insecticides tuait les ravageurs dangeureux, mais aussi les carabes utiles qui eux pourtant avaient la mission de régulation des limaces.

Ce déséquilibre écologique a réduit la régulation naturelle des populations de limaces, favorisant leur multiplication en l’absence des prédateurs disparus….! En effet, la limace, si les conditions lui sont favorables, peut se reproduire très très vite….

Les ravageurs du colza

  • Limaces. Le colza est une des cultures les plus sensibles aux limaces.
  • Grosses altises. La grosse altise apparaît en septembre dans les parcelles de colza où elle va pondre ses œufs. …
  • Pucerons. …
  • Charançon du bourgeon terminal. …
  • Charançon des tiges. …
  • Méligèthes. …
  • Charançon des siliques.

Mais ce n’est pas tout. Avec le colza arrivent des désherbants efficaces, conçus pour rendre les parcelles « propres ». Résultat : des champs nus, sans adventices ni diversité, un mono-menu pour la biodiversité. Les quelques limaces présentes n’ont plus d’autre choix que de se rabattre sur le seul colza restant , amplifiant les dégâts.

À cela s’ajoute le travail mécanique du sol : s’il peut déranger quelques limaces, il détruit aussi leurs sources d’alimentation variées, tout en perturbant gravement les carabes, ces précieux prédateurs, entre autres, qui régulent leurs populations.

Depuis quelques années, on constate aussi une accélération de la présence de petits escargots minuscules qui occasionnent les mêmes dégâts que leurs collègues limaces ….Ces escargots ne sont plus régulé correctement par les oiseaux des champs en baisse inquiétante …

Évolution de l’utilisation des insecticides depuis 1960

Entre 1945 et 1985, la consommation mondiale de pesticides, dont les insecticides, a doublé tous les dix ans. En France, les années 1960 marquent le début de cette hausse exponentielle, avec une généralisation des produits organochlorés comme le DDT (interdit en 1972). Dans les années 1970-1980, les organophosphorés (ex. malathion) prennent le relais, suivis plus tard par les néonicotinoïdes dans les années 1990. Selon les données disponibles, les ventes d’insecticides en France ont été multipliées par 3,5 entre 2009 et 2018, passant d’environ 5 000 tonnes à plus de 17 000 tonnes de substances actives par an. Cependant, depuis 2019, une baisse est observée, avec une réduction de 19 % des ventes totales de pesticides entre 2012-2017 et 2021, incluant une diminution spécifique des insecticides les plus toxiques.

L’essor des produits antilimaces

Face à la prolifération des limaces, les agriculteurs ont recours à des produits antilimaces, principalement des molluscicides comme le métaldéhyde ou le phosphate de fer. Si leur usage était marginal avant les années 1970, il s’est intensifié avec l’augmentation des surfaces de colza et des grandes cultures. Les données précises sur les volumes avant 2000 sont rares, je n’ai pas trouvé de chiffres précis sur l’évolution des volumes de produits anti-limace mise en oeuvre. Cette utilisation reste toutefois bien inférieure à celle des insecticides, reflétant une réponse ciblée à un problème spécifique plutôt qu’une stratégie globale.

Le piège des intrants : un déséquilibre en cascade

Les insecticides ont aggravé le problème. Prenez les méligèthes, ces petits coléoptères du colza : en quelques années, ils ont résisté aux traitements qui leur étaient destinés, s’adaptant là où les carabes, eux, disparaissaient. Sans prédateurs, les limaces ont prospéré. Les désherbants, en éliminant toute nourriture alternative, les ont poussées vers nos cultures. Et les anti-limaces ? Une chimie idiote, non ciblée, qui empoisonne et perturbent l’ensemble des prédateurs qui s’en nourrissent (des hérissons, insectes et autres oiseaux). Vouloir exterminer toutes les limaces parce qu’elles grignotent quelques feuilles, c’est absurde. Elles ont un rôle : elles décomposent la matière organique et nourrissent une chaîne d’animaux essentiels.

Pour les chasseurs, souvent agriculteurs eux-mêmes, la baisse du petit gibier – perdreaux, faisans – est un mystère qu’ils attribuent à la météo ou à des causes farfelues. Je ne suis pas sûr qu’ils mesurent le lien avec nos pratiques. En tuant les insectes avec les insecticides, on a privé ces oiseaux d’une alimentation facile, et leur rôle régulateur sur les limaces s’est éteint.

Ma stratégie : redonner sa place à la nature

À mes débuts, j’ai suivi cette logique. Insecticides, anti-limaces, désherbants : je voulais des parcelles impeccables. Mais j’ai vite vu les quantités d’anti-limaces grimper sur ma ferme. « Il fallait réagir vite », me suis-je dit. Ce n’était pas tenable.

L’expérience de Lucien m’a été précieuse….il ne connaissait pas plus que ça la problématique limace en France, mais il m’a fait comprendre avec ses autres expériences pour d’autres ravageurs que la solution chimique était à raisonner avec des pincettes et que la solution biologique était bien plus intéressante

Face à cette impasse, j’ai tout repensé. Voici comment je gère les limaces aujourd’hui :

  • Zéro intrants chimiques : Plus d’insecticides ni d’anti-limaces sur 100% de la ferme. (diminution de la sole colza et remplacement par la culture de la moutarde) J’ai vu les prédateurs revenir naturellement. Les refuges à limaces – résidus végétaux, sols humides –(qui sont aussi le repère des prédateurs de la limace) ne posent pas de problème quand les carabes et autres auxiliaires font leur travail continuellement…..
  • Plantes de service et leurres : J’intègre des graines très appétentes pour les limaces – colza, tournesol – dans mes semis. Elles détournent leur attention des cultures principales. D’autres plantes, comme le lin ou le soja, jouent des rôles complémentaires sur d’autres ravageurs ou la fertilité du sol. l’expérience avec la limace m’a permis d’extrapoler ma réflexion à bien d’autres problématiques …… Pas de concours de champ « propre » ici : un maximum de diversité, de bio-diversité, c’est une assurance-vie pour mes parcelles de sols vivants.
  • Semis adaptés : S’il le faut je sème un peu plus tôt pour que mes colzas et céréales prennent de la vigueur avant les pics de limaces, avec une fertilisation localisée pour les booster. ( assurance graines de tournesol pour les semis de colza)
  • Biodiversité dans les parcelles : Sans être opposé aux haies – elles ont leur utilité –, mais je préfère multiplier la diversité directement dans l’ensemble de mes champs avec des couverts permanents. C’est là que se joue l’équilibre en local. La pratique du SCV , a l’avantage de créer un panel de refuge (à base de plantes couvertures du sol) à toute une gamme de prédateurs bien cachés et surtout en sécurité vis à vis d’ oiseaux à la recherche d’insectes ( il n’en est pas de même en sol nu et travaillé mécaniquement)
  • Augmentation des densités de semis des cultures (la part de la biodiversité) surtout en bordure de parcelle boisée

Mon expérience a mal débuté, je l’avoue. Comme tout le monde, j’ai suivi le modèle dominant. Mais quand j’ai vu l’escalade des intrants, j’ai compris : la solution n’est pas de lutter contre les limaces, mais de coexister avec elles.

Une vision globale pour l’avenir

La nature fonctionne en cycles équilibrés depuis toujours. Perturber cet équilibre – tuer les insectes utiles, appauvrir les sols, priver les oiseaux – est une catastrophe pour nos parcelles. Avec « SCV Lucien Seguy », nous proposons une autre voie : produire une alimentation saine et de qualité, en respectant ces cycles. Mes solutions prouvent que c’est possible. Les limaces ne sont pas à exterminer ; elles nous rappellent que tout est lié.

Certes quelques limaces en équilibre sont toujours présentes sur ma ferme, mais il faut intégrer qu’elles sont nécessaire à la survie des carabes ….Et, quelques oiseaux réussissent à consommer quelques carabes, Mais par contre , aujourd’hui , l’équilibre naturelle est rétabli correctement et le fait de toujours prévoir, anticiper un leurre appètent-limace aux périodes sensibles (levée des cultures) me permet de dormir tranquille….!

Conclusion : un pas vers une agriculture robuste

Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, bravo : vous êtes sur la bonne voie pour réfléchir à l’avenir d’une agriculture durable. À la ferme du Chaumont, j’ai appris qu’une parcelle n’a pas besoin d’être « propre » pour être productive. Elle doit être vivante avec des sols vivants. Alors, la prochaine fois que vous croiserez une limace, demandez-vous : et si elle était là pour nous guider vers du raisonnable ?

L’ACS selon Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_de_conservation

L’agriculture de conservation (AC) ou agriculture de conservation des sols (ACS)1 est un ensemble de techniques culturales simplifiées destinées à maintenir et améliorer le potentiel agronomique des sols, tout en conservant une production régulière et performante sur les plans technique et économique.

Elle est définie par la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture comme étant un « système cultural qui peut empêcher la perte de terres arables tout en régénérant les terres dégradées »2.

Cet ensemble de techniques vise une meilleure rentabilité économique à long terme en réduisant le besoin en intrants (engraisproduits phytosanitaires et carburants) sans pour autant les interdire.

Ces techniques culturales reposent sur trois piliers fondamentaux que sont la réduction du travail du sol, la diversification des espèces végétales ainsi qu’une couverture permanente du sol par des cultures, des plantes compagnes et des couverts végétaux3.

Historique et développement

Origine

L’agriculture de conservation est née dans des régions de forte érosion hydrique ou par érosion éolienne et avait pour but initial de protéger les sols contre cette érosion, essentiellement par la couverture des sols. La première des trois composantes de l’agriculture de conservation qui s’est développée est la couverture des sols, en réponse à de graves phénomènes d’érosion des sols, apparus en particulier aux États-Unis dans les années 1930. L’alternance de sécheresse et de pluie, conjuguée à des vents violents, a provoqué le désastreux phénomène connu sous le nom de Dust Bowl (« bassin de poussière »), décrit par John Steinbeck dans Les Raisins de la colère paru en 1939. Ceci a conduit les agriculteurs américains à faire évoluer leurs pratiques de manière très rapide, encouragés par des programmes gouvernementaux. Les techniques d’implantation des cultures en semis direct sous couvert ont commencé à apparaître dans les années 1950 : les agriculteurs enfoncent directement les semences dans le sol à travers les couverts sans labourer et contrôlent les adventices par des herbicides. Cela a nécessité la mise au point de semoirs adaptés. La mise en œuvre de ces pratiques de protection des sols a permis de réduire drastiquement l’érosion des sols aux États-Unis. D’autres avantages de ces systèmes de culture sont vite apparus aux agriculteurs, particulièrement dans les grandes exploitations : économie de carburant, simplification du travail et gain de temps. Le semis direct sans labour est aujourd’hui largement utilisé pour le maïs et le soja aux États-Unis, mais aussi au Brésil, en Argentine, au Canada, en Australie4.

Reconnaissance mondiale

La première mention de l’agriculture de conservation remonte à 1997 lors d’une conférence de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur les techniques culturales simplifiées au Mexique, mais ne sera définie officiellement qu’en 2008 par la FAO5.

La surface cultivée dans le monde selon cette méthode était estimée à 106 millions d’hectares en 2008/2009 et a atteint environ 180 millions d’hectares en 2015/2016, soit environ 12,5 % des terres cultivées dans le monde6. La Fédération Européenne d’Agriculture de Conservation estime à environ 5 % la part des terres cultivée en agriculture de conservation, sans cependant la distinguer des surfaces en semis-direct7.

En 2020, l’APAD a mis en place un label « Au Cœur des Sols »8 afin de valoriser les fermes faisant la démarche de l’agriculture de conservation.

Trois piliers fondamentaux synergiques

L’objectif principal de l’agriculture de conservation est de lutter contre la dégradation des sols agraires, ou de favoriser la régénération des sols dégradés9. Pour cela, elle cherche à augmenter la biodiversité, à stimuler et favoriser les processus biologiques naturels tout en augmentant la quantité de matière organique dans le sol. Ces trois éléments sont des facteurs essentiels pour assurer la fertilité des sols et la séquestration du carbone10. L’agriculture de conservation s’appuie principalement sur les trois piliers suivants afin de réparer ou entretenir cette fertilité.

Réduction du travail du sol

L’objectif des techniques culturales simplifiées est de permettre de freiner l’érosion des sols et de conserver le stock de matière organique nécessaire à son bon fonctionnement. La réduction, voire la suppression du travail mécanique du sol permet de conserver en surface la couche d’humus créée par les débris végétaux en décomposition, qui protègent également le sol contre l’érosion et la battance11. Le but de cette réduction est de limiter le plus possible la déstructuration et la perte de porosité verticale naturelle du sol12.

Diversification des espèces cultivées

La diversification des espèces cultivées, à travers des séquences de rotations et d’associations de cultures impliquant au moins trois cultures différentes, favorise la conservation de la biodiversité du sol et des espèces végétales et permet, par un choix judicieux, l’emploi successif d’espèces aux atouts mécaniques, physiques et biologiques différents et complémentaires ; atouts liés à leur vitesse d’installation, la qualité de leur partie végétale ou partie racinaire. La diversification des espèces végétales et le rallongement de la rotation culturale, permettent l’intégration de cultures non productives mais ayant des intérêts agronomiques, comme la restructuration du sol ou la réduction des maladies et des parasites grâce aux effets complémentaires des espèces entre elles12.

Couverture permanente du sol

Par couverture permanente du sol, on entend aussi bien les résidus végétaux que les couverts durant l’interculture. Son objectif est fournir un écran permanent afin de limiter les adventices, l’érosion du sol lors d’intempéries et la perte excessive des réserves hydriques nécessaires à la vie du sol et des plantes. Le couvert permet entre autres un apport de matières organiques, et en fonction des espèces implantées, d’autres bénéfices comme la restructuration du sol, le stockage d’azote, ou l’activation biologique du sol stimulée par les restitutions de biomasse12,13.

L’agriculture de conservation, se basant sur ces trois bases fondamentales, est considérée comme faisant partie du concept d’agroécologie14

Vers de terre et agriculture de conservation

Les vers de terre épigésendogés et anéciques ont chacun une fonction naturelle de mélange des horizons de surface ou profond. Ils sont des acteurs de la fertilité des sols. L’absence de travail du sol, et notamment du labour favorise leur maintien, l’augmentation de leur population et favorise leur activité bénéfique15. La présence d’un couvert permanent et varié permet de pérenniser l’apport de nourriture pour l’ensemble de la faune du sol et en particulier des vers de terre.

Intérêts et limites

Pour être comprise, adoptée et intégrée, l’agriculture de conservation doit présenter la valeur ajoutée, les intérêts et ses limites susceptibles d’attirer des agriculteurs, mais aussi plus largement des horticulteurs et jardiniers.

Intérêts

Ces avantages sont de trois ordres16,17 :

Sociaux-économiques

  • L’allègement du temps de travail et donc la réduction des besoins en main-d’œuvre ;
  • La réduction des dépenses engagées, par exemple, pour l’achat de carburants d’origine fossile en particulier, l’exploitation et l’entretien des machines, ainsi que la main-d’œuvre ;
  • Une augmentation de l’efficience, puisque la production augmente avec une quantité d’intrants plus faible.

Agronomiques

Environnementaux

  • la réduction de la consommation d’énergie fossile ;
  • la réduction de l’érosion du sol, et donc la diminution des coûts d’entretien des routes, des barrages et des installations hydroélectriques ;
  • l’amélioration de la qualité de l’eau ;
  • l’amélioration de la qualité de l’air ;
  • l’augmentation de l’activité biologique du sol et sa biodiversité ;
  • la séquestration du carbone associée à la réduction d’émission de gaz à effet de serre.

De par ses intérêts environnementaux (réduction de l’érosion et du lessivage, stockage de carbone, augmentation de la biodiversité, maintien ou amélioration de la productivité), l’agriculture de conservation répond aux besoins actuels définis dans les pistes de réflexion proposées dans le rapport du GIEC d’août 201922. L’initiative « 4 pour 1000 » lancée lors de la COP21 promeut également ce type d’agriculture23.

Limites et solutions

L’adoption partielle des principes de l’agriculture de conservation varient selon les pays et les contextes et sont susceptibles de remettre en cause la pérennité de son adoption. Par exemple, un agriculteur réduit ou supprime le labour, afin de réduire le temps de travail et les charges liées aux carburants à court terme, mais sans nécessairement introduire de couverts végétaux ni allonger les rotations culturales ; il supprime alors de la conjonction synergique des effets du couvert végétal permanent, de l’allongement cultural et du non-labour24. L’accès au matériel nouveau de semis direct en particulier peut être un frein à la transition.

L’apport au sol de couverts pauvres en azote (par exemple, la paille qui a un C/N élevé, proche de 100) provoque une faim d’azote25.

Une communauté de soutien, d’échange et d’accompagnement permet d’en limiter ou supprimer les effets. En France, le risque économique est majeur durant la phase de transition26. Le réseau APAD Association Pour la promotion d’une Agriculture Durable en partenariat avec le ministère de l’agriculture permet cette dynamique de limitation des risques1.

Différences et complémentarités

Agriculture de conservation et Techniques culturales simplifiées (TCS)

Il existe très souvent une confusion entre les techniques culturales simplifiées (TCS), le semis direct et l’agriculture de conservation en elle-même aussi bien dans les milieux scientifiques que pour les agriculteurs27.

diagramme présentant les catégories de pratiques culturales en fonction du type de travail du sol

Bien que la réduction du travail du sol soit un des piliers de l’agriculture de conservation, les objectifs des TCS ne sont pas les mêmes que ceux de l’agriculture de conservation.

Agriculture de conservation et agroforesterie

Bien que sa définition soit relativement récente, on retrouve des principes similaires dans d’autres méthodes de cultures antérieures, comme dans l’agroforesterie par exemple28,29.

Techniques et matériels

Travail limité du sol en bande

Unité Strip-till Pluribus (Dawn Equipment Company)

Le strip-till, mot anglais traduit par « travail du sol en bande », est largement répandu en Amérique du nord, commence à apparaître en France. Cette technique consiste à préparer et fissurer les lignes de semis des cultures en rangs. Les strip-tillers sont constitués de plusieurs lames ou outils montés sur un bâti et adaptés à un type de sol ou de culture : lames fissuratrices, rouleaux concaves pour accélérer le réchauffement du sol, roues en V ou roues à doigts, disques lisses ou crénelés.
La solution universelle n’existe pas en matière de Strip-till. En terres argileuses, il est conseillé de passer le strip-tiller en automne pour que l’alternance gel dégel complète le travail. Pour le colza, le strip-till est compatible avec un semis direct mais le précédera de quelques jours ou quelques semaines pour les semis de printemps afin de laisser au sol fissuré le temps de se réchauffer et de minéraliser30.

Semis sans travail du sol

Passage d’un équipement de Strip-till dans une plantation de maïs, Minnesota du sud, USA (Dawn Equipment Company)

Pour réaliser des semis sans travail du sol des semoirs adaptés sont nécessaires, ils ouvrent localement le sol (avec un disque ou une dent), créent un peu de terre fine et placent la graine dans un environnement favorable en perturbant une surface minimum à l’échelle de la parcelle. Ces semoirs sont en général plus lourds et plus coûteux que les semoirs classiques. Ils peuvent néanmoins être adaptés à toutes les conditions. L’AFDI et le CEMAGREF ont conçu un semoir de semis direct qui permet de semer avec une très faible force mécanique et qui peut être utilisé avec de la traction humaine ou animale31. Des agriculteurs pauvres ayant de petites surfaces peuvent se contenter de cannes de semis. Pour les pays développés, les fabricants commercialisent des équipements complexes dont les performances peuvent varier en fonction des conditions de travail. Des comptes rendus d’essais ont été compilés pour aider au choix de ces machines32.

Semis Direct sous Couvert Permanent (SCV)

Technique également appelée Semis Direct sous Couvert Vivant (SCV), son principe est de maintenir une couverture permanente du sol avec des végétaux vivant. Ces techniques ont été développées de façon rigoureuse à partir de 1984 par Lucien Séguy et d’autres agronomes, en 5 ans, ils démontrent que ce système peut être rentable33,34.

Cette technique a pour ambition, selon le GIEE Magellan qui la promeut35[source insuffisante], d’obtenir un effet structurant du sol pour améliorer la qualité d’implantation et la portance des sols, de fournir des éléments minéraux à la culture et d’étouffer les adventices. Elle vise à stimuler l’activité biologique du sol, enrichir le sol en matières organiques et stimuler la faune auxiliaire par le maintien d’un habitat permanent.

Ces différents objectifs ont pour but de tendre vers une réduction des intrants (engrais, produits phytosanitaires), tout en augmentant la résilience de la culture (meilleur maintien de l’humidité du sol par exemple)36[source insuffisante]. Cette technique de culture prometteuse reste malgré tout très restreinte car elle nécessite du matériel spécifique mais surtout parce que la demande en technicité de l’agriculteur est plus élevée37.

Exemples d’adoptions remarquables

Au sud de l’Ontario, Dean Glenney a atteint des rendements de 18,7 tonnes/ha de maïs et 4 tonnes en soja, en utilisant le semis direct, le contrôle du trafic38 et l’association soja maïs en culture en bande39.

Promotions et partenariats

Des organisations intergouvernementales, des structures associatives (ONG) et des organismes publics promeuvent ce type d’agriculture et mettent à disposition des ressources pour que les agriculteurs aient accès à des connaissances et à l’expérience d’autres pratiquants de ces techniques.

Accord cadre France – FAO

En 2008, un partenariat pour la coopération entre la France et la FAO permet le renforcement de la compétitivité des agricultures du Sud. Les domaines concernés sont très divers entre autres les techniques agricoles avec des programmes favorisant les échanges sur les pratiques et la diffusion de technologies et techniques appropriées pour la réponse des cultures à l’eau et aux contraintes environnementales, la gestion de l’eau agricole, l’agriculture de conservation et les techniques de conservation des aliments40,24.

Notes et références

  1. ↑ Revenir plus haut en :a et b « Accompagner le développement de l’agriculture de conservation des sols [archive] », sur agriculture.gouv.fr (consulté le ).
  2.  « Qu’est-ce que l’agriculture de conservation? | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  3.  « Les principes de l’agriculture de conservation | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?)FAO (consulté le ).
  4.  « A l’origine de l’agriculture de conservation, les problèmes d’érosion [archive] », 8 novembre 13 (consulté le ).
  5.  Don C. Reicosky, « », Journal of soil and water conservation, septembre/octobre 2015, p.  106A [1] [archive]
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  7.  (en) « Uptake of Conservation Agriculture [archive] », sur ecaf.org (consulté le ).
  8.  « Qui sommes-nous [archive] », sur Apad, 19 février 2020 (consulté le ).
  9.  « Qu’est-ce que l’agriculture de conservation? | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  10.  « Quels sont les objectifs de la FAO? | Agriculture de conservation | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  11.  « LA LUTTE CONTRE LE RUISSELLEMENT ET L’EROSION DES SOLS [archive] », sur www.u-picardie.fr (consulté le ).
  12. ↑ Revenir plus haut en :a b et c « Les 3 piliers de l’Agriculture de Conservation des Sols [archive] », sur Apad, 20 janvier 2012 (consulté le ).
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  14.  Fanny Roocks, Hélène Salva, Jean-Pierre Sarthou, « Agriculture de conservation des sols [archive] », sur dicoagroecologie.fr, 5 août 2016 (consulté le ).
  15.  Baldivieso Freitas, Paola & Blanco-Moreno, José & Gutiérrez, Mónica & Peigné, Joséphine & Pérez-Ferrer, Alejandro & Trigo, Dolores & Sans, F.. (2017). Earthworm abundance response to conservation agriculture practices in organic arable farming under Mediterranean climate. Pedobiologia. 10.1016/j.pedobi.2017.10.002.
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  24. ↑ Revenir plus haut en :a et b « L’agriculture de conservation | Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation [archive] », sur agriculture.gouv.fr (consulté le ).
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  28.  « Notions de base – Agroforesterie | Boîte à outils GDF | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », FAO (consulté le ).
  29.  « Agroforesterie et agriculture de conservation | Le Projet d’atténuation du changement climatique dans l’agriculture (MICCA) | Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture [archive] », sur www.fao.org (consulté le ).
  30.  Sebastien Chopinet et Nicolas Levillain, La France agricole, no 3402, pp38-39, sept 2011
  31.  Philippe LAFFONT, « Semoir monograine type AFDI/Cemagref [archive] », sur agriculture-de-conservation.com (consulté le ).
  32.  « Choisir son semoir direct [archive] » (consulté le ).
  33.  S. Boulakia, S. Bouzinac, H. Charpentier, N et L Deneuville, J.-C. Quillet, C. Ababdie, A. Coudrillier, S. Gallon et F. Tivet, « Lucien Séguy (1944-2020), Agronome du génie végétal », Agronomie, écologie et innovation TCS, no 10,‎ juin 2020, p. 31 (lire en ligne [archive]  [PDF])
  34.  « Hommage à Lucien Séguy, ingénieur agronome spécialiste des agricultures tropicales [archive] », sur Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire (consulté le )
  35.  « SEMIS DIRECT Du couvert annuel … au couvert permanent [archive] » (consulté le ).
  36.  « Quels sont les avantages et les inconvénients du semis direct sous couverts végétaux ? [archive] » (consulté le ).
  37.  « Synthèse technique Semis-Direct sur Couverture Végétale [archive] » (consulté le ).
  38.  Controlled traffic farming
  39.  http://www.ifao.com/PDFs/OntarioFarmerFencerowArticle.pdf [archive]
  40.  « Décret no 2008-1251 du 1er décembre 2008 portant publication de l’accord-cadre entre le Gouvernement de la République française et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, signé le 31 mars 2005 (1) – Légifrance [archive] », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

  • Noémie Schaller, L’agriculture de conservation, Ministère de l’Agriculture | Centre d’études et de prospective, septembre 2013 (lire en ligne [archive[PDF])
  • Philippe Fleury, Carole Chazoule et Joséphine Peigné, « Ruptures et transversalités entre agriculture biologique et agriculture de conservation », Économie rurale, nos 339-340,‎ 2014, p. 95-112 (DOI 10.4000/economierurale.4247)

Articles connexes

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SEMIS NATURE : semer sans aucun travail de sol, Noël Deneuville – Journée Séguy 2024


Le Semis Nature : Une Approche Agroécologique Innovante

Le Semis Nature, également appelé semis aérien en Argentine , est une technique de semis directement inspirée des dynamiques naturelles. Elle présente des avantages et limites spécifiques, et son application varie en fonction du contexte agricole, du type de sol, des cultures visées et des objectifs des agriculteurs.

Principaux Avantages

  1. Simplicité et Économie
  • Cette méthode est simple à mettre en œuvre et peu coûteuse, puisqu’elle ne nécessite aucun travail du sol.
  • Elle permet de réduire les dépenses liées au carburant, à la main-d’œuvre et à l’entretien des équipements.
  1. Gain de Temps
  • Le semis peut être réalisé avant la récolte de la culture précédente, optimisant ainsi le cycle de production.
  • Cette pratique peut parfois permettre d’obtenir une double récolte annuelle.
  1. Favorisation de la Biodiversité
  • En imitant les mécanismes naturels de dispersion des graines, le semis nature stimule la biodiversité des sols et des écosystèmes environnants.
  • Il contribue à un équilibre écologique bénéfique pour les cultures.
  1. Réduction des Adventices
  • En maintenant le sol couvert et en évitant de le travailler, cette méthode limite la levée des mauvaises herbes, réduisant ainsi la concurrence avec les cultures implantées.

Inconvénients et Limites Conditions Climatiques Déterminantes

  • Le succès du semis nature dépend fortement des conditions météo, notamment de l’humidité du sol. Un sol sec ou compacté peut compromettre la germination.
  • Technique Opportuniste
  • Cette approche exige des conditions optimales pour réussir, ce qui peut rendre les résultats imprévisibles.
  • Perte de Graines
  • Le risque de perte de graines est important, notamment en surface. Une dose de semis plus élevée peut être nécessaire pour compenser ces pertes.
  • Adaptabilité des Espèces

Toutes les espèces de graines ne sont pas nécessairement adaptées au Semis Nature en surface. Certaines graines de grande taille nécessitent un enfouissement pour une germination optimale. Cependant, l’élément clé reste la capacité d’un sol vivant à intégrer les graines dans ses couches superficielles, composées de mulch et de débris végétaux.

Un phénomène surprenant en sol vivant est l’activité intense de la biodiversité : non seulement les vers de terre, mais aussi une faune variée et active, participent à la mobilisation du sol, favorisant naturellement l’intégration des graines. La pluie joue également un rôle essentiel en humidifiant ces couches superficielles, ce qui facilite l’enfouissement léger des graines et leur germination.

Ainsi, pour optimiser le Semis Nature, il est judicieux de privilégier des périodes où les conditions sont humides, chaudes et bien arrosées, car elles recréent cette synergie naturelle entre le sol, la biodiversité et les graines – une dynamique que seule la nature sait parfaitement orchestrer.

Applications et Contexte Favorable

Le semis nature se montre particulièrement efficace dans des conditions où :

  • Le sol est vivant et riche en matière organique.
  • L’eau n’est pas un facteur limitant.

Cette technique est souvent employée pour :

  • Implanter des couverts végétaux ou des cultures fourragères.
  • Semer dans des champs déjà cultivés, notamment avant la récolte de cultures comme le maïs ou les céréales.

L’expérience de pionniers tels que Noël Deneuville, agriculteur français adepte de cette approche, illustre le potentiel du semis nature pour régénérer les sols et réduire les interventions humaines.

Conclusion

Le Semis Nature s’inscrit dans une démarche agroécologique visant à réduire l’impact environnemental tout en améliorant la résilience des systèmes agricoles. Cependant, pour maximiser son efficacité, il nécessite une bonne compréhension des écosystèmes locaux et une adaptation fine aux spécificités de chaque exploitation.

Pour les agriculteurs cherchant à minimiser les interventions mécaniques et à travailler en harmonie avec les cycles naturels, cette technique représente une option pertinente et durable. Elle offre une opportunité d’allier productivité, biodiversité et régénération des sols, à condition de respecter les contraintes environnementales nécessaires à son succès.


Semis Nature de lin d’hiver dans un couvert de sarrasin afin de tester son allélopathie vis à vis de la maîtrise des adventices Septembre 2024

Photo de fin avril 2025 : vue d’ensemble de la parcelle de lin d’hiver en Semis Nature

On renouvelle …..cette automne 2025 , environ 50 ha de blé d’hiver, 20 ha de lin graine ont été implantés en SN sur la ferme

Comment la Conquête Islamique a Transformé l’Agriculture et les Terres Fertiles : un Regard Historique

Contrairement à l’idée reçue d’une « renaissance » pour les terres conquises, l’expansion islamique a entraîné des transformations profondes dans les techniques agricoles, la gestion des ressources et l’entretien des infrastructures. Cet article examine comment la conquête musulmane, en particulier en Afrique du Nord, a modifié les systèmes agricoles sophistiqués hérités des empires précédents, en favorisant des pratiques différentes, avec des conséquences à la fois positives et négatives pour l’économie et l’environnement.

1. L’Héritage Agricole des Romains : un Système Avancé

Avant l’arrivée des conquérants arabes, des régions comme le Maghreb, l’Égypte et la Syrie bénéficiaient de systèmes agricoles avancés développés sous les Romains et Byzantins. Ces systèmes incluaient :

  • Routes entretenues : Non seulement pour le commerce, mais aussi pour l’accès rapide aux zones de production agricole.
  • Systèmes d’irrigation complexes : Aqueducs, canaux et réservoirs permettaient une gestion efficace de l’eau, essentielle dans des régions semi-arides.
  • Entretien obligatoire : Les paysans étaient tenus par des obligations légales d’entretenir ces infrastructures, assurant leur durabilité.

Bilan avant la conquête : Ces systèmes agricoles étaient si efficaces que des régions comme l’Afrique du Nord étaient souvent qualifiées de « grenier à blé » de l’Empire romain.

2. Les Transformations Apportées par les Conquérants Arabes

L’arrivée des conquérants musulmans a entraîné une évolution des pratiques agricoles, mais aussi des ruptures dans les systèmes préexistants :

Négligence des routes et infrastructures

Les routes romaines, essentielles pour le transport des marchandises agricoles, n’ont pas toujours été entretenues. Leur dégradation a entraîné l’isolement de nombreuses zones rurales.

Expansion de l’élevage extensif

  • Les troupeaux de chèvres et de chameaux, favorisés par les nouveaux habitants, ont remplacé partiellement les cultures céréalières.
  • Les chèvres, connues pour leur impact destructeur sur la végétation, ont contribué à la désertification dans certaines zones.
  • Une conversion des terres agricoles en pâturages a diminué leur productivité globale.

Problèmes d’irrigation

  • Les systèmes d’irrigation complexes hérités des Romains et Byzantins ont souvent été négligés. Des canaux se sont ensablés, et des aqueducs se sont effondrés, réduisant l’accès à l’eau.

Conséquence : L’agriculture dans certaines régions s’est effondrée, provoquant une chute des rendements et une dégradation des terres fertiles.

3. Afrique du Nord : du Grenier à Blé à la Désertification

L’Afrique du Nord illustre parfaitement cette transition :

  • Période romaine : La région exportait d’immenses quantités de blé vers l’Empire.
  • Après la conquête : La négligence des techniques agricoles et des infrastructures a transformé certaines zones fertiles en déserts.
  • Carthage et ses environs : Cette ancienne région prospère a vu ses champs de blé déclinés, les aqueducs s’étant effondrés ou taris.

4. Les Techniques Agricoles Arabes : Forces et Limites

Contrairement à l’idée que les conquérants auraient modernisé ces régions, leurs apports étaient adaptés à des environnements différents :

  • Gestion des oasis : Les Arabes maîtrisaient l’agriculture dans les oasis, mais cette méthode était peu adaptée à de vastes plaines agricoles.
  • Absence de rotation des cultures : Une agriculture non diversifiée a épuisé les sols.
  • Pastoralisme prédominant : L’élevage extensif était économiquement utile mais nuisait aux écosystèmes agricoles.

5. Le Rôle des Facteurs Externes

Il est important de noter que d’autres facteurs ont contribué à cette transformation :

  • Changements climatiques : Une augmentation de l’aridité a également joué un rôle dans la désertification.
  • Pressions sociales et économiques : L’évolution des besoins économiques et des modes de vie a favorisé l’élevage au détriment de l’agriculture.

6. Perspectives Historiques et Leçons

Plusieurs auteurs ont observé ces changements :

  • Ibn Khaldun : Il note que la désertification de l’Afrique du Nord s’est accentuée après la conquête.
  • Léon l’Africain : Cet explorateur du XVIᵉ siècle constate la stérilité des zones autrefois fertiles.
  • William H. McNeill : Dans Plagues and Peoples, il décrit l’impact négatif des troupeaux sur l’écologie du Maghreb.

Une Transition Agricole Complexe

La vérité historique est claire : la conquête islamique a marqué un recul significatif pour l’agriculture dans les régions conquises.

Carbone = Batterie

Pour résumer simplement : il faut voir le carbone comme une batterie : un système qui permet le stockage d’énergie solaire via la photosynthèse et qui fonctionne depuis des millions d’années !
Quand on dit qu’il faut stocker du carbone dans les sols agricoles c’est simplement qu’il faut augmenter le taux de matière organique pour avoir une réserve d’énergie suffisante et indispensable à tous les micro-organismes qui ont besoin d’énergie pour vivre mais qui ne font pas de photosynthèse ( les champignons par exemple).
Pour augmenter le taux de matière organique il faut commencer par augmenter la densité végétale toute l’année mais surtout au moment où il y a le plus d’énergie solaire donc l’été !
une surface agricole qui ne fait pas de photosynthèse se dégrade au lieu de s’enrichir !
Pour copier la nature il faut produire beaucoup et recycler TOUTE la biomasse au même endroit après utilisation !
La nature est éternelle parce qu’elle ne consomme pas de matière et elle ne consomme pas de matière parce qu’elle recycle TOUT sur place, les humains ont inventé le déchet et c’est catastrophique !

DENISE Laurent