La vapeur d’eau représente entre 1 et 5 % de l’atmosphère, soit environ 100 fois plus que le CO₂. Son impact sur le rayonnement solaire est considérable : elle contribue à environ 60 % de l’effet de serre, contre 26 % pour le CO₂ (d’après le GIEC, à volume égal en laboratoire). Cela signifie que la vapeur d’eau est environ 300 fois plus efficace que le CO₂ pour réguler la température terrestre. Heureusement, car sans atmosphère, la Terre connaîtrait des écarts extrêmes de température, atteignant +150°C en journée et -168°C la nuit.
Sur les continents, le modèle climatique naturel repose sur la forêt de feuillus. Cette dernière joue un rôle clé en évaporant deux fois plus d’eau qu’un océan à surface égale. Grâce à cette transpiration intense, elle peut générer ses propres pluies et dissiper jusqu’à 60 % de l’énergie solaire reçue par les sols. Ce phénomène d’évapotranspiration est fondamental pour rafraîchir l’atmosphère et stabiliser le climat local.
Agriculture et urbanisme : s’inspirer du modèle forestier
En agriculture, il est essentiel d’imiter ce modèle en maximisant la production de biomasse, notamment en été, lorsque l’ensoleillement et la chaleur sont à leur maximum. Une couverture végétale dense permet d’absorber l’énergie solaire via la photosynthèse et d’évacuer l’excès de chaleur par évapotranspiration.
Les villes devraient suivre cette même logique en augmentant leurs surfaces végétalisées pour réduire les températures urbaines. À l’inverse, un désert ne consomme pas d’eau, ne génère pas de pluies et surchauffe mécaniquement. Ainsi, sur tous les continents, la végétalisation massive permet de faire reculer la désertification. En été, un champ agricole sec se comporte comme un désert, entraînant une hausse des températures pouvant atteindre 20°C de plus qu’un champ vert et vivant dans lequel on a mis en place des plantes de couverture.
Cycle du carbone et équilibre des écosystèmes
Concernant les gaz à effet de serre comme le méthane (CH₄) et le protoxyde d’azote (N₂O), leurs concentrations atmosphériques sont si faibles que leur effet est difficilement mesurable. Le CO₂, le CH₄ et le N₂O sont en réalité des gaz très rares dans l’atmosphère.
Les sols organiques stockent ces gaz sous forme de matière solide grâce à la photosynthèse. La décomposition de la biomasse les libère, mais tant que la couverture végétale est vivante, un équilibre naturel est maintenu : la production et la décomposition restent proportionnées. C’est pour cette raison que les forêts conservent des taux stables de matière organique et de carbone dans leurs sols, tout en régulant le climat via une forte évapotranspiration.
Il est également important de souligner que les sols en bonne santé ne cessent de s’améliorer physiquement lorsqu’ils sont en fonctionnement continu. Un sol vivant, riche en matière organique et en biodiversité microbienne, développe une meilleure structure, favorisant l’infiltration et la rétention d’eau. Cette évolution améliore sa fertilité, réduit l’érosion et augmente sa résilience face aux sécheresses et aux excès d’eau.
En conclusion, tout espace dépourvu de végétation se comporte comme un désert : il ne retient ni eau ni vie, et subit un réchauffement excessif. La clé pour un climat stable et vivable réside donc dans la préservation et l’expansion des écosystèmes végétaux, aussi bien en milieu rural qu’urbain.
Selon un nouveau rapport dont l’Organisation météorologique mondiale (OMM) a coordonné l’élaboration, les cours d’eau de la planète ont atteint en 2023 un niveau de sécheresse sans précédent depuis plus de trois décennies, ce qui annonce des perturbations inquiétantes des ressources en eau, alors que la demande ne cesse d’augmenter.
Messages clés
En 2023, les cours d’eau de la planète ont atteint un niveau de sécheresse sans précédent depuis 33 ans
Les glaciers ont subi une perte de masse record au cours des 50 dernières années
Le changement climatique perturbe le cycle hydrologique
L’Initiative «Alertes précoces pour tous» doit s’attaquer aux dangers liés à l’eau
L’OMM appelle à renforcer les dispositifs de surveillance et le partage des données
L’écoulement des cours d’eau et l’apport dans les réservoirs ont été inférieurs à la normale dans de nombreuses régions du monde au cours des cinq dernières années. Selon le rapport sur l’état des ressources en eau dans le monde, cette baisse de régime se répercute sur la quantité d’eau disponible pour les populations, l’agriculture et les écosystèmes, aggravant la pression qui s’exerce sur les réserves de la planète.
Au cours des cinq dernières décennies, les glaciers ont subi la plus grande perte de masse jamais enregistrée. Par ailleurs, cela fait deux années consécutives (2022-2023) que toutes les régions du monde où se trouvent des glaciers font état d’une diminution des glaces.
L’année 2023 ayant été la plus chaude jamais enregistrée, les températures élevées et la faiblesse généralisée des précipitations ont contribué à des sécheresses prolongées. Les crues se sont toutefois aussi multipliées sur la planète: les événements hydrologiques extrêmes ont été favorisés non seulement par des facteurs climatiques naturels, notamment la transition de conditions La Niña à un épisode El Niño à la mi-2023, mais également par le changement climatique d’origine humaine.
Madame Celeste Saulo, Secrétaire générale de l’OMM, exprime son inquiétude: «Dans le contexte du changement climatique, l’eau nous donne un avant-goût des évolutions à venir. Les signaux d’alerte se multiplient: nous assistons à une exacerbation des précipitations, des crues et des sécheresses extrêmes, qui lèvent un lourd tribut sur les vies, les écosystèmes et les économies. La fonte des glaces et des glaciers menace la sécurité hydrique à long terme de plusieurs millions de personnes. Pourtant, nous ne prenons pas les mesures urgentes qui s’imposent.»
«L’élévation de la température a accéléré le cycle hydrologique, qui est aussi devenu plus irrégulier et moins prévisible. Nous sommes confrontés à des situations de plus en plus difficiles, où l’eau est soit trop abondante, soit insuffisante. Une atmosphère plus chaude pouvant contenir plus d’humidité, le réchauffement climatique augmente le risque de fortes précipitations. Parallèlement, l’accélération de l’évaporation et l’asséchement des sols aggravent les sécheresses», souligne-t-elle.
Pourtant, l’état réel des ressources en eau douce de la planète nous échappe encore dans une large mesure. Nous ne pouvons pas gérer un problème si nous ne mesurons pas son ampleur. Ce rapport vise à promouvoir une amélioration de la surveillance, du partage de données, de collaboration transfrontalière et des mesures prises pour évaluer la situation», précise Celeste Saulo. «Nous devons agir de toute urgence.»
Les rapports sur l’état des ressources en eau dans le monde offrent une vue générale complète et cohérente de la situation. Ils reposent sur les contributions de plusieurs dizaines de Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN), d’autres organismes et d’experts. Leur but est d’informer aussi bien les personnes amenées à prendre des décisions dans les secteurs sensibles aux questions hydriques, que les professionnels œuvrant à prévenir les catastrophes. Cette série de rapports constitue un complément aux rapports phares de l’OMM sur l’état du climat mondial.
La série de rapports sur l’état des ressources en eau dans le monde, qui a vu le jour il y a trois ans, est la publication la plus complète à ce jour dans le domaine. Elle offre des informations réactualisées sur le volume des lacs et des réservoirs, des données sur l’humidité des sols et des détails sur les glaciers et l’équivalent en eau de la neige.
Elle est destinée à fournir un vaste ensemble de données mondiales relatives aux variables hydrologiques, comprenant des données d’observation et des données modélisées provenant de sources très diverses. Ces rapports s’inscrivent dans la même logique que l’Initiative mondiale «Alertes précoces pour tous». Comme elle, ils visent non seulement à améliorer la qualité des données et les conditions d’accès aux fins de la surveillance et de la prévision des risques liés à l’eau, mais également à mettre en place des systèmes d’alerte précoce pour toute la population de la planète d’ici à 2027.
Actuellement, 3,6 milliards de personnes ont un accès insuffisant à l’eau au moins un mois par an. Selon ONU-Eau, leur nombre devrait dépasser 5 milliards d’ici à 2050, et nous sommes encore loin d’atteindre l’objectif de développement durable n° 6 relatif à l’eau et à l’assainissement.
Points saillants
Phénomènes hydrologiques extrêmes
L’année 2023 a été l’année la plus chaude jamais observée. La transition de conditions La Niña à un épisode El Niño à la mi-2023, tout comme la phase positive du dipôle de l’océan Indien, a favorisé des phénomènes météorologiques extrêmes.
C’est sur le continent africain que ceux-ci ont entraîné le plus de pertes humaines. En Libye, deux digues d’arrêt se sont effondrées à la suite d’une crue majeure en septembre 2023. Le bilan s’est élevé à plus de 11 000 décès et 22 % de la population a été touchée. Des crues ont également frappé la région de la Corne de l’Afrique, la République démocratique du Congo, le Rwanda, le Mozambique et le Malawi.
Le sud des États-Unis d’Amérique, l’Amérique centrale, l’Argentine, l’Uruguay, le Pérou et le Brésil ont été touchés par une sécheresse généralisée, qui a entraîné une chute de 3 % du produit intérieur brut en Argentine et l’abaissement du niveau des eaux le plus frappant jamais observé dans l’Amazone et le lac Titicaca.
Débit des cours d’eau
L’année 2023 a surtout été marquée par des débits fluviaux inférieurs ou comparables à ceux de la période historique. Comme en 2001 et en 2022, plus de 50 % des bassins versants de la planète ont présenté des conditions anormales, le plus souvent liées à une baisse des eaux. Plus rarement, des bassins ont présenté des excédents d’eau.
De vastes territoires d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud ont subi une grave sécheresse et une diminution du débit de leurs cours d’eau en 2023. Les bassins du Mississippi et de l’Amazone ont connu des niveaux d’eau d’une faiblesse sans précédent. En Asie et en Océanie, les grands bassins du Gange, du Brahmapoutre et du Mékong ont connu des conditions hydriques inférieures à la normale sur la quasi-totalité de leur territoire.
Sur la côte orientale de l’Afrique, le débit et les crues se sont avérés supérieurs, voire très supérieurs, à la normale. L’île du Nord (Nouvelle-Zélande) et les Philippines ont connu des débits annuels très supérieurs à la normale. En Europe du Nord, sur l’ensemble du territoire du Royaume-Uni et de l’Irlande, tout comme en Finlande et dans le sud de la Suède, le débit des cours d’eau a été plus élevé que la normale.
2023: Half of the globe had dry river flow conditions
Réservoirs et lacs
L’apport d’eau dans les réservoirs a présenté une tendance similaire à celle des écoulements des cours d’eau de la planète: l’Inde, l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud et l’Amérique centrale, tout comme certaines régions d’Australie, ont enregistré des débits entrants plus faibles que la normale. À l’échelle du bassin, le stockage des eaux dans les réservoirs s’est avéré très variable, en fonction de la gestion de l’eau. Ainsi, le niveau des bassins de l’Amazone et du Paraná, notamment, a été beaucoup plus élevé que la normale, alors que le débit fluvial y a été très inférieur à la normale en 2023.
Le lac Coari, en Amazonie, a connu des niveaux inférieurs à la normale, ce qui a entraîné une élévation extrême de la température de ses eaux. Le volume d’eau du lac Turkana, qui se partage entre le Kenya et l’Éthiopie, a en revanche été supérieur à la normale, par suite d’un apport des rivières nettement plus important que la normale.
Niveau des eaux souterraines
En Afrique du Sud, tout comme en Inde, en Irlande, en Australie et en Israël, la plupart des puits ont révélé que le niveau des nappes phréatiques était plus élevé que la normale, à la suite de précipitations plus abondantes que la moyenne. Une diminution notable de la disponibilité des eaux souterraines a été observée dans certaines régions d’Amérique du Nord et d’Europe en raison d’une sécheresse prolongée. Au Chili et en Jordanie, le niveau des eaux souterraines s’est avéré inférieur à la normale, mais cette baisse, observable sur la durée, s’explique davantage par des captages excessifs que par des facteurs climatiques.
Humidité du sol et évapotranspiration
Le niveau d’humidité des sols a été le plus souvent inférieur ou très inférieur à la normale sur de vastes territoires, et plus particulièrement en Amérique du Nord, en Amérique du Sud, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, des régions qui ont connu des conditions particulièrement sèches entre juin et août. En Amérique centrale et en Amérique du Sud, en particulier au Brésil et en Argentine, l’évapotranspiration effective a été très inférieure à la normale en septembre, octobre et novembre. Au Mexique, cette situation a duré presque toute l’année en raison de la sécheresse.
En revanche, certaines régions, notamment l’Alaska, le nord-est du Canada, l’Inde, ainsi que certaines parties de la Russie, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, ont connu des niveaux d’humidité du sol nettement supérieurs à la normale.
Équivalent en eau de la neige
Dans la plupart des bassins hydrographiques de l’hémisphère Nord, l’équivalent en eau de la neige a été inférieur ou très inférieur à la normale en mars. Le pic saisonnier de masse neigeuse de 2023 s’est avéré bien supérieur à la normale dans certaines régions de l’Amérique du Nord et bien inférieur à la normale en Europe et en Asie.
Glaciers
Selon des données préliminaires pour la période allant de septembre 2022 à août 2023, les glaciers ont perdu plus de 600 gigatonnes d’eau, ce qui représente la pire perte en 50 ans d’observation. Cette perte importante s’explique principalement par une fonte extrême dans l’ouest de l’Amérique du Nord et dans les Alpes européennes, où les glaciers suisses ont perdu environ 10 % de leur volume résiduel ces deux dernières années. Dans l’hémisphère Nord, la couverture neigeuse a diminué à la fin du printemps et en été: en mai 2023, son étendue a été la huitième plus faible jamais enregistrée (1967-2023). En Amérique du Nord, la couverture neigeuse du mois de mai a été la plus faible au cours de cette même période.
Ces dernières années, la perte estivale de masse glaciaire a révélé que les glaciers d’Europe, de Scandinavie, du Caucase, de l’ouest du Canada, de l’Asie du Sud-Ouest et de Nouvelle Zélande avaient passé leur «pic d’eau» (taux de fonte maximal d’un glacier en cours de recul), un phénomène qui entraîne une réduction des réserves et des ressources disponibles, tandis que la fonte semble continuer de s’accélérer dans les Andes méridionales (surtout la région de la Patagonie), en Arctique russe et au Svalbard.
Retreating Glaciers: Glaciers suffer largest mass loss in 50 years
Le Rapport sur l’état des ressources en eau dans le monde s’appuie sur les contributions d’un vaste réseau d’experts en hydrologie, notamment les SMHN, les centres mondiaux de données, les spécialistes mondiaux de la modélisation hydrologique et des organismes de soutien tels que la NASA et le Centre allemand de recherche en géosciences (GFZ).
Le nombre de stations de mesure du débit des rivières est passé de 273 (dans 14 pays) à 713 (dans 33 pays), et la collecte de données sur les eaux souterraines s’étend maintenant à 35 459 puits (dans 40 pays), contre 8 246 puits (dans 10 pays) l’année précédente (voir la figure 1). Toutefois, malgré les améliorations apportées à la mise en commun des données d’observation, l’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Asie restent sous-représentées dans la collecte des données hydrologiques, ce qui appelle l’attention sur la nécessité d’améliorer les dispositifs de surveillance et le partage des données, en particulier dans les pays du Sud.
Le rapport vise à permettre d’améliorer l’accessibilité et la disponibilité des données d’observation (par une amélioration des dispositifs de surveillance et du partage des données), à intégrer davantage de variables pertinentes et à encourager la participation des pays pour mieux comprendre le cycle de l’eau et mieux rendre compte de sa dynamique.
Les prochains rapports devraient contenir encore plus de données d’observation, grâce à des initiatives telles que le Système mondial OMM d’évaluation et de prévision hydrologiques (HydroSOS), le Système d’observation hydrologique de l’OMM (SOHO) et la collaboration avec les centres de données mondiaux.
Pour de plus amples informations, veuillez contacter :
Clare NullisAttachée de presse de l’OMMcnullis@wmo.int+41 79 709 13 97
WMO Strategic Communication Office Media Contactmedia@wmo.int
Ces producteurs et éducateurs mondiaux ont joué un rôle clé dans la croissance de la culture sans labour sur plus de 510 millions d’acres à travers le monde
En 2017, nous avons reconnu 43 agriculteurs et éducateurs nord-américains comme des légendes du semis direct. De plus, 11 lauréats de sept pays situés hors d’Amérique du Nord ont été reconnus comme des légendes internationales du semis direct. Depuis lors, on nous a demandé à plusieurs reprises pourquoi nous n’avons pas ajouté de nouveaux agriculteurs et éducateurs internationaux qui méritent amplement cette reconnaissance.
En conséquence, nous avons lancé en 2023 un programme visant à honorer les réalisations des agriculteurs et des éducateurs internationaux pratiquant la culture sans labour. L’objectif est d’ajouter chaque année à ce tableau d’honneur plusieurs agriculteurs et éducateurs de renommée internationale dans le domaine de l’agriculture sans labour et de l’agriculture de conservation (AC).
En 2023, plusieurs collègues internationaux du secteur de l’agriculture de conservation ont dressé une liste exhaustive des pionniers et des défenseurs du semis direct dans le monde, exclusivement pour No-Till Farmer. Cette liste comprenait 52 personnes qui ont contribué de manière significative au développement, à la promotion et à la diffusion des nombreux avantages du semis direct et de l’AC à l’échelle internationale.
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Les trois lauréats de cette année ont été sélectionnés par un jury à partir de cette liste. Pour consulter cette liste, rendez-vous sur No-TillFarmer.com/international.
Si vous souhaitez nommer d’autres agriculteurs ou éducateurs internationaux méritants pour les futurs prix No-Till Legend, veuillez rédiger une lettre d’une à deux pages décrivant leurs réalisations et l’envoyer par courrier électronique à lessitef@lessitermedia.com avant le 30 mai 2025.
Pionniers internationaux du semis direct 2024
Sarah Singla, Canet de Salars, France
Exploitant agricole sans labour dans le sud de la France, Singla a repris la gestion de l’exploitation familiale en 2010 sur des sols non labourés depuis plus de 45 ans.
Son père a été l’un des premiers agriculteurs français à passer au semis direct pour réduire les coûts de production et l’érosion. Il a acheté un semoir direct lors d’un salon agricole européen et a vendu sa charrue à versoir en même temps, de sorte qu’il n’y avait pas de retour en arrière.
Après la mort du père de Singla en 1990, son grand-père a continué à cultiver sans labour, même si de nombreux agriculteurs français et chercheurs européens étaient convaincus qu’il devrait un jour labourer les champs. Pourtant, il ne voyait aucune raison de labourer, car il pouvait opérer avec des coûts de production très bas. De plus, il était convaincu que la famille devrait vendre la ferme si elle revenait au labour extensif.
La diversification avec une douzaine de cultures et de cultures de couverture lui permet de cultiver des cultures à racines pivotantes longues, comme la luzerne, la phacélie et le tournesol, qui brisent les couches de sol compactées et utilisent l’eau plus efficacement. Ceci est à comparer aux cultures à racines moins profondes comme le persil et le blé qu’elle inclut dans ses rotations de cultures. Par conséquent, elle a besoin de moins d’engrais avec des rotations diversifiées qui couvrent le sol la majeure partie de l’année.
Passionnée et enthousiaste par ses convictions, elle a parcouru le monde en tant que boursière Nuffield pour approfondir ses connaissances sur le semis direct, la fertilité des sols et l’approche holistique de l’agriculture moderne.
« Le sol est un organisme vivant et lorsque vous ne labourez pas, le sol travaille pour vous », a déclaré Singla dans un article du Farm & Ranch Guide. « Seuls 1 à 2 % des agriculteurs dans le monde pratiquent le semis direct, car la plupart des agriculteurs continuent à labourer.
« Le sol est fait pour être recouvert. Et nous devons le reconstruire pour le régénérer. L’un des grands avantages du semis direct est sa biodiversité, car il préserve un écosystème qui enrichit le sol.
« Un sol sans biologie n’est pas un sol, mais simplement de la géologie. »
Richard Findlay, KwaZulu-Natal, Afrique du Sud
Richard Findlay, semencier à la retraite et l’un des organisateurs du No-Till Club d’Afrique du Sud, a joué un rôle déterminant dans la promotion, la motivation et l’orientation de l’expansion du non-labour dans toute l’Afrique du Sud.
« Parce que je suis convaincu que le travail de conservation du sol est d’une importance nationale en Afrique du Sud, j’essaie de diffuser l’information au plus grand nombre, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles j’ai participé à l’organisation de la conférence annuelle sur le semis direct. »
Dans les zones arides du pays, Findlay affirme que la disponibilité de l’humidité est l’un des principaux avantages du semis direct. Il a montré aux producteurs les nombreux avantages des cultures de couverture pour conserver l’humidité que reçoivent leurs exploitations.
Findlay estime que le semis direct permet de développer des sols plus sains et d’apporter une stabilité des rendements grâce à la matière organique supplémentaire qu’il apporte, tout en nourrissant les microbes, les bactéries, les champignons et les insectes du sol. Il encourage également les producteurs à pratiquer le semis direct, car il permet de séquestrer le carbone, ce qui est nécessaire dans la lutte contre le réchauffement climatique.
Tony Reynolds, Lincolnshire du Sud, Grande-Bretagne Source : Farmers Weekly
Tony Reynolds et son petit-fils Patrick, qui n’ont pas labouré depuis plus de 20 ans, exploitent environ 3 000 hectares dans le sud du Lincolnshire, en Angleterre. Récoltant des rendements élevés sur ce qu’il appelle des « terres indifférentes », il affirme que plus de 2 décennies de semis direct, connu sous le nom de semis direct au Royaume-Uni, ont apporté des avantages majeurs.
Les raisons qui ont poussé le cultivateur à adopter le semis direct étaient d’augmenter la teneur en carbone organique du sol, d’améliorer sa fertilité et de réduire l’érosion éolienne et hydrique. Deux décennies de semis direct ont permis de réduire les besoins en phosphore et en potassium jusqu’à 60 %.
Selon un article de Farmers Weekly, le semis direct, une rotation des cultures plus diversifiée, des cultures de couverture et l’introduction de cultures de printemps ont conduit à des améliorations spectaculaires dans la lutte contre les mauvaises herbes. Les rotations de cultures plus diversifiées comprennent généralement 2 années de blé, 1 année de colza et l’ajout de cultures semées au printemps. Son mélange traditionnel de cultures de couverture comprend de l’avoine noire, de la vesce, de la phacélie et du trèfle incarnat semés à l’automne avant la culture de printemps.
En plus de la culture printanière, Reynolds affirme que la meilleure arme contre les mauvaises herbes est de ne pas perturber le sol, ce qui entraîne une moindre germination des graines de mauvaises herbes.
Au fil des ans, Reynolds a servi de mentor aux producteurs britanniques et européens en matière de culture sans labour et a été l’un des intervenants de nombreuses conférences sur la réussite de la culture sans labour dans des conditions climatiques variables. Il a également été président du principal organisme d’agriculture de conservation en Grande-Bretagne.
Reynolds a produit de nombreuses vidéos pour montrer les changements apportés à sa propre exploitation agricole et a passé beaucoup de temps en Europe à comparer ce que d’autres producteurs ont appris sur l’agriculture de conservation. Il a également présenté des idées sur la valeur de l’agriculture de conservation à la Commission européenne en tant que forme reconnaissable d’agriculture durable.
La ferme accueille également des groupes de producteurs et d’éducateurs du monde entier qui souhaitent en savoir plus sur l’agriculture sans labour et l’agriculture de conservation.
Reconnaissant la valeur des microbes aérobies dans le sol, il soutient que le labourage a pour résultat que les microbes anaérobies sont exposés à l’oxygène tandis que les microbes anaérobies sont enterrés, ce qui entraîne la perte de jusqu’à 60 % des précieux microbes. Reynolds pense qu’il faut 4 ans pour récupérer et remplacer ces populations de « bétail souterrain » après le labourage.
Grâce au semis direct, il a découvert que les microbes, les champignons et les invertébrés souterrains sont essentiels pour convertir les résidus en matière organique supplémentaire, indispensable à la construction de la structure du sol.
Ouverture des candidatures pour les légendes étrangères du No-Till 2025
Si vous souhaitez nommer d’autres agriculteurs ou éducateurs internationaux méritants pour les futurs prix No-Till Legend, veuillez rédiger une lettre d’une à deux pages décrivant leurs réalisations et l’envoyer par courrier électronique à lessitef@lessitermedia.com avant le 30 mai 2025.
Légendes internationales du semis direct
Voici la liste des 18 « Légendes internationales du semis direct » de 13 pays du monde entier, honorées par No-Till Farmer. Elles ont été honorées pour avoir joué un rôle clé dans l’acceptation du semis direct dans le monde entier.
La réflexion « Sols nus, climat foutu » de Laurent Denise traduit une observation percutante sur l’impact des pratiques agricoles sur le climat. Les sols nus, c’est-à-dire les terres agricoles laissées sans couverture végétale, sont une cause majeure de plusieurs problèmes environnementaux.
1. Impact sur l’érosion et la fertilité des sols
Les sols laissés à nu sont vulnérables à l’érosion causée par le vent et la pluie. Cela entraîne une perte de matière organique et de nutriments, rendant les terres moins fertiles sur le long terme.
L’absence de couverture végétale empêche également le sol de se régénérer naturellement, ce qui augmente la dépendance aux engrais chimiques.
2. Rôle dans le réchauffement climatique
Les sols nus contribuent à l’accumulation de CO₂ dans l’atmosphère, car ils libèrent du carbone au lieu de le stocker. En revanche, un sol couvert de végétation (par exemple avec des cultures intermédiaires ou des couverts végétaux) agit comme un puits de carbone.
De plus, les sols nus ont un albédo (réflectivité) différent qui peut intensifier l’effet de réchauffement local.
3. Perte de biodiversité
L’absence de couvert végétal détruit les habitats pour de nombreuses espèces, affectant la biodiversité, y compris celle des micro-organismes essentiels à la santé des sols.
4. Solutions durables
La réflexion de Laurent Denise s’inscrit dans un plaidoyer pour l’agroécologie. La couverture permanente des sols, via des techniques comme les cultures de couverture, les prairies permanentes ou le non-labour, permet de restaurer la santé des sols, de capturer du carbone et de protéger le climat.
Les pratiques comme l’agriculture de conservation ou la permaculture, qui valorisent les sols vivants et couverts, sont des réponses concrètes.
En résumé, cette réflexion met en lumière un cercle vicieux où des pratiques agricoles inadaptées aggravent le changement climatique, et inversement. Elle appelle à une révision profonde de nos approches agricoles pour aller vers des pratiques plus respectueuses de la planète et résilientes.
L’auteur affirme que le CO2, souvent qualifié de « gaz de la vie, » est crucial pour la photosynthèse et la vie végétale. Il soutient que le niveau actuel de CO2 dans l’atmosphère est historiquement bas et bénéfique pour les écosystèmes. Selon lui, les activités humaines n’ont qu’un impact mineur sur les émissions globales de CO2, car la majorité est générée naturellement par les océans et autres sources naturelles. Il critique les discours alarmistes sur le climat, soulignant que le Soleil, l’orbite terrestre et d’autres phénomènes naturels jouent des rôles majeurs dans le climat. Enfin, il alerte sur les risques d’une trop forte réduction de CO2, qui pourrait nuire à la biodiversité et à l’agriculture.
Le CO2 est essentiel à la vie végétale : Oui, le dioxyde de carbone est crucial pour la photosynthèse. Cependant, les niveaux de CO2 dans l’atmosphère ne sont pas seulement une question de croissance des plantes. Ils influencent aussi l’effet de serre, qui joue un rôle clé dans le réchauffement climatique.
Impact des activités humaines : Les scientifiques s’accordent à dire que les activités humaines, notamment la combustion de combustibles fossiles, ont considérablement augmenté les niveaux de CO2 atmosphérique depuis la révolution industrielle. Cette augmentation a perturbé l’équilibre naturel et contribué au réchauffement climatique actuel.
Rôle des phénomènes naturels : Il est vrai que des facteurs naturels comme l’activité solaire et les cycles orbitaux influencent le climat à long terme. Toutefois, ces phénomènes ne suffisent pas à expliquer le réchauffement rapide observé depuis le 20e siècle. Ce réchauffement coïncide étroitement avec l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines.
Les seuils de CO2 dans l’atmosphère : Bien que les niveaux actuels de CO2 (environ 420 ppm) soient inférieurs à ceux d’autres époques géologiques, les conditions planétaires étaient alors très différentes. L’augmentation rapide actuelle dépasse la capacité naturelle des écosystèmes à s’adapter.
Alarmisme et scepticisme : Il est sain de poser des questions et de demander des preuves scientifiques. Cependant, nier systématiquement l’impact des émissions humaines sur le climat, malgré des décennies de recherche approfondie, peut nuire à la recherche de solutions équilibrées.
En résumé, le CO2 est vital pour la vie, mais son rôle en tant que gaz à effet de serre doit être pris en compte avec sérieux. Les preuves scientifiques soutiennent que la réduction des émissions humaines est nécessaire pour limiter les impacts négatifs du réchauffement climatique. La discussion doit rester basée sur des données scientifiques rigoureuses et vérifiables.
Mais, la perte massive de végétation terrestre a un impact significatif sur le climat et le cycle global du carbone.
1. Rôle des forêts dans l’absorption du CO2
Les forêts, en particulier les forêts tropicales comme l’Amazonie, agissent comme des puits de carbone. Elles absorbent une quantité importante de CO2 atmosphérique par photosynthèse et le stockent sous forme de biomasse (arbres, plantes, sol).
Lorsque ces forêts sont détruites (par déforestation, incendies, agriculture, urbanisation), leur capacité à séquestrer le carbone est perdue.
Pire, lorsque la végétation brûle ou se décompose, elle relâche le CO2 qu’elle avait stocké, augmentant ainsi les niveaux de CO2 atmosphérique.
2. Perturbation du cycle de l’eau
La végétation joue un rôle clé dans le cycle hydrologique. Les plantes libèrent de la vapeur d’eau dans l’atmosphère via la transpiration, ce qui influence les précipitations et le climat local.
La perte de végétation peut mener à des changements climatiques locaux, comme une diminution des pluies, des sécheresses, et même une désertification dans certaines régions.
3. Effet sur la biodiversité
La destruction de la végétation impacte les écosystèmes et la biodiversité, ce qui a des effets en cascade sur le climat. Par exemple :
La disparition de la végétation réduit les habitats pour les pollinisateurs et autres espèces clés.
Les sols dégradés libèrent du carbone, aggravant le réchauffement climatique.
4. Rôle des sols et de la végétation dans le stockage du carbone
Les sols sont également de grands réservoirs de carbone. Lorsque les forêts sont détruites ou remplacées par des cultures intensives :
Le carbone stocké dans le sol est relâché sous forme de CO2 ou de méthane.
Les monocultures, souvent utilisées après la déforestation, sont bien moins efficaces pour le stockage du carbone que les forêts naturelles.
5. Lien avec le réchauffement climatique
La déforestation ne contribue pas seulement à augmenter le CO2 dans l’atmosphère :
Elle modifie l’albédo terrestre (réflectivité de la surface). Les zones déboisées, plus claires, réfléchissent davantage la lumière solaire, ce qui perturbe les équilibres locaux et globaux.
Elle élimine une partie de la régulation climatique naturelle, comme l’atténuation des vagues de chaleur.
Que peut-on faire ?
Pour limiter ces effets, il est crucial de :
Protéger les forêts existantes, notamment les forêts tropicales qui jouent un rôle disproportionné dans la séquestration du carbone.
Restaurer les écosystèmes dégradés par le biais de la reforestation et de la régénération naturelle.
Promouvoir une agriculture durable et réduire les pratiques qui favorisent la déforestation (comme l’élevage intensif ou les monocultures de soja et d’huile de palme).
La perte de végétation terrestre est un facteur clé du changement climatique, car elle perturbe le cycle du carbone, le cycle de l’eau et la biodiversité. Restaurer et protéger la végétation est une action incontournable pour atténuer les impacts du réchauffement climatique.
Les SCV (Systèmes de Culture sur Couverture Végétale) développés par Lucien Séguy représentent une approche innovante et durable pour améliorer les performances agricoles mondiales, mais aussi un rôle très important pour atténuer le dérèglement climatique.
1. Qu’est-ce que les SCV ?
Les SCV consistent à pratiquer une agriculture sans labour tout en maintenant en permanence une couverture végétale vivante ou morte sur les sols. Cette technique repose sur trois piliers :
Non-labour : préserver la structure du sol et ses micro-organismes.
Couverture permanente du sol : réduire l’érosion, améliorer la rétention d’eau et favoriser la biodiversité.
Diversification des cultures (associations et rotations) : limiter les maladies, les ravageurs et améliorer la fertilité du sol.
2. Les avantages des SCV pour l’agriculture mondiale
2.1. Amélioration de la fertilité des sols
Les SCV favorisent la vie biologique des sols, en particulier les organismes décomposeurs (vers de terre, champignons, bactéries).
La couverture végétale enrichit le sol en matière organique, améliorant sa structure et sa fertilité.
2.2. Résilience face aux changements climatiques
Les SCV améliorent la capacité de rétention d’eau des sols, permettant aux cultures de mieux résister aux périodes de sécheresse.
En réduisant l’érosion, ils protègent les sols contre les pluies violentes et limitent la perte de nutriments essentiels.
2.3. Réduction de l’usage d’intrants chimiques
Une couverture végétale riche permet de limiter les besoins en engrais et en pesticides en renforçant les cycles naturels des nutriments et les interactions biologiques.
La rotation et l’association des cultures réduisent la pression des ravageurs et des maladies.
2.4. Séquestration du carbone
Les SCV augmentent le stockage de carbone dans les sols grâce à l’apport continu de matière organique. C’est une solution importante pour lutter contre le changement climatique.
2.5. Réduction des coûts pour les agriculteurs
Moins de labour = économies de carburant et de mécanisation.
Moins d’intrants chimiques = réduction des dépenses liées aux engrais et aux pesticides.
3. Pourquoi encourager les SCV à l’échelle mondiale ?
3.1. Répondre à la demande alimentaire croissante
Avec une population mondiale en augmentation, il est crucial de produire plus tout en préservant les ressources naturelles. Les SCV permettent de maintenir, voire d’augmenter, les rendements sur le long terme tout en protégeant les sols pour les générations futures.
3.2. Résoudre les problèmes d’érosion et de dégradation des sols
La FAO estime qu’environ 33 % des sols mondiaux sont déjà dégradés. Les SCV offrent une solution directe pour inverser cette tendance.
3.3. Une alternative à l’agriculture intensive destructrice
L’agriculture conventionnelle repose souvent sur le labour intensif, l’utilisation massive d’engrais chimiques et de monocultures, qui épuisent les sols et aggravent les problèmes environnementaux. Les SCV proposent un modèle opposé, basé sur la régénération des écosystèmes agricoles.
4. Les défis à surmonter
Formation des agriculteurs : Les SCV nécessitent un changement de paradigme important. Les agriculteurs doivent être formés à ces nouvelles pratiques.
Investissements initiaux : Même si les SCV réduisent les coûts à long terme, l’adoption de nouvelles machines (comme les semoirs spécialisés) et la gestion des cultures de couverture peuvent représenter un obstacle financier pour les petits producteurs.
Adaptation locale : Les SCV doivent être adaptés à chaque contexte climatique, pédologique et socio-économique.
5. Conclusion
Encourager les SCV de Lucien Séguy est une solution prometteuse pour améliorer la durabilité et la performance de l’agriculture mondiale. Ces pratiques peuvent :
Restaurer les sols,
Réduire l’empreinte écologique de l’agriculture,
Sécuriser la production alimentaire à long terme.
Promouvoir une couverture végétale verte et vivante en permanence, enrichie par la biodiversité, afin de rétablir un équilibre essentiel à la stabilité climatique mondiale.
Toutefois, leur adoption nécessite un accompagnement des agriculteurs, des politiques incitatives et des investissements en recherche et développement pour les adapter aux différents environnements agricoles mondiaux.
L’agriculture moderne permet aux agriculteurs de laisser le sol intact et de favoriser sa santé. Des pratiques telles que le semis direct, le travail réduit du sol et le travail de conservation du sol permettent aux agriculteurs de réduire ou d’éliminer le labourage d’un champ, ce qui retourne le sol. Lorsque le sol est brisé et retourné au cours du processus de labourage, il libère le carbone stocké dans le sol et augmente les risques d’érosion du sol par le vent ou la pluie. Les pratiques de travail réduit du sol permettent aux nutriments précieux et à l’humidité de rester dans le sol, de limiter l’érosion du sol, de réduire le ruissellement des eaux et de permettre aux agriculteurs de mieux utiliser l’eau de pluie. Ces pratiques ont le potentiel de réduire le besoin d’irrigation et de permettre aux agriculteurs de protéger les sources d’eau douce. Les méthodes sans labour peuvent également aider à séquestrer le carbone dans le sol. En pratiquant un travail minimal ou nul du sol, les agriculteurs contribuent à empêcher l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et à lutter contre le changement climatique. Un autre avantage du semis direct est que les agriculteurs sont en mesure de mieux préserver l’écosystème pour les vers de terre, les nématodes, les acariens, les insectes, les champignons, les bactéries et plus de 1 000 espèces différentes d’invertébrés. Chaque décision de laisser le sol intact est un engagement en faveur d’écosystèmes plus sains.
La sécheresse n’est pas simplement un manque d’eau. 💦 La Terre regorge d’eau sous différentes formes : liquide, solide ou vapeur. Nous vivons sur une planète d’eau. 🌍 Même l’air que nous respirons contient toujours de la vapeur d’eau invisible.
Alors, pourquoi y a-t-il de la sécheresse ? La sécheresse résulte de deux échecs majeurs :
L’incapacité à transformer la vapeur d’eau en nuages viables et en pluie. ⛅🌧
L’incapacité à retenir cette eau dans les sols, les plantes 🌳 et les écosystèmes.
Les plantes, les sols et les écosystèmes jouent un rôle clé dans ce cycle. Les bioaérosols produits par les plantes (minuscules particules libérées dans l’air) permettent de former des nuages de basse altitude qui rafraîchissent le climat et apportent des précipitations. Ces processus naturels dépendent également de sols riches en micro-organismes et de paysages capables de stocker l’eau.
Comment pouvons-nous agir ? Pour lutter contre la sécheresse, nous devons renforcer ces cycles naturels. Voici des solutions concrètes :
Créer des paysages qui retiennent l’eau, comme des bassins de rétention.
Enrichir les sols avec des micro-organismes vivants, essentiels pour maintenir l’humidité et favoriser la végétation.
Planter une diversité d’arbres, d’arbustes et de cultures de couverture pour augmenter le feuillage, rafraîchir le sol et libérer des bioaérosols.
Intégrer l’élevage dans un cycle durable où le bétail contribue à enrichir le sol.
En conclusion, La sécheresse n’est pas un manque absolu d’eau, mais un déséquilibre dans la manière dont elle circule et est stockée dans les écosystèmes. En recréant des paysages riches en végétation et en biodiversité, nous pouvons favoriser la formation des nuages, des précipitations et restaurer l’équilibre de l’eau sur Terre. 🌱🌧
La compréhension de la réponse de la respiration des plantes au changement climatique est cruciale pour anticiper l’avenir des puits de carbone terrestres. Cependant, il devient de plus en plus évident qu’il ne faut plus séparer climat et biodiversité dans nos approches. Les modèles globaux actuels, souvent focalisés uniquement sur des aspects climatiques comme la température, peinent à reproduire des phénomènes observés, tels que le déclin de la respiration nocturne des plantes à température constante.
Une nouvelle étude propose une avancée significative en intégrant les réserves de substrats respiratoires (rapides et lentes) dans les modèles. Cette approche offre une meilleure représentation des dynamiques végétales. Mais au-delà des raffinements scientifiques, elle met en lumière un point essentiel : les solutions les plus efficaces pour atténuer et s’adapter au changement climatique reposent sur des écosystèmes riches en biodiversité.
Des puits de carbone naturels, qu’il s’agisse de forêts, de zones humides ou de sols vivants, constituent des solutions intégrées : ils stockent le carbone tout en offrant des services écosystémiques essentiels, comme la régulation des cycles de l’eau et de l’oxygène. Ces écosystèmes jouent un rôle clé dans la résilience des territoires face aux crises climatiques. C’est pourquoi il est impératif de ne plus dissocier atténuation et adaptation, ni de séparer les discussions entre climat et biodiversité. Une convergence des COP (Conférences des Parties) climat et biodiversité serait un pas décisif pour aligner ces enjeux indissociables.
Tout est lié : un dérèglement climatique exacerbe l’effondrement de la biodiversité, tandis qu’un appauvrissement de la biodiversité perturbe les grands cycles biogéochimiques, comme ceux du carbone et de l’eau. En conséquence, mettre la biodiversité au centre des politiques climatiques n’est pas une option, mais une nécessité.
Les perturbations climatiques que nous observons, comme l’augmentation des émissions de CO₂, sont en partie le résultat direct de l’effondrement des écosystèmes naturels, combiné à nos activités humaines. La solution ne peut pas reposer sur une approche fragmentée. Pour espérer résoudre les crises écologiques et climatiques, nous devons travailler sur l’ensemble des systèmes qui soutiennent la vie sur Terre.
Préserver et restaurer la biodiversité, tout en réintégrant des écosystèmes riches et fonctionnels dans nos territoires, est la meilleure réponse que nous pouvons apporter. Ce chemin nous permet non seulement de limiter le réchauffement climatique, mais aussi de reconstruire des territoires résilients et vivants pour les générations futures.
Les limaces peuvent occasionner de gros dégâts sur les cultures, surtout sur celles de printemps en début de cycle. Il est donc important d’anticiper le risque limaces dans sa stratégie, surtout lorsque l’on cherche à réduire le travail du sol et les intrants.
Après avoir abordé la technique du semis nature technique opportuniste de semis à la volée sans travail du sol, Noël Deneuville nous parle de sa stratégie de gestion des limaces… sans anti-limaces. Sorti d’un historique de pratiques conventionnelles, il a décidé de changer son fusil d’épaule et a commencé à implémenter le semis direct sous couverts vivants il y a une vingtaine d’années. Parti d’une situation avec une forte pression limaces, il a appris à travailler avec la nature pour gérer le problème autrement.
Dans L’Agronomie & Nous, Noël nous partage 3 points clés à avoir en tête pour aller vers une réduction de la chimie dans gestion de cette problématique.
Un système de semis direct sous couverts vivants
Il est important de garder une vision globale de la régulation naturelle qui s’opère dans les systèmes agricoles. En termes de proportion, des études ont montré que l’efficacité de la gestion des ravageurs se fait à 10% grâce à la chimie, à 40% grâce à la sélection variétale et à 50% grâce aux auxiliaires de cultures. Cela permet de souligner l’impact des régulations écosystémiques sur la productivité agricole.
90% des auxiliaires ont besoin de micro-habitats (haies, bandes enherbées, etc) et d’une diversité de ressources alimentaires pour assurer leur cycle complet de reproduction, contre 50% des ravageurs. Les pratiques culturales jouent donc un rôle essentiel sur le développement des auxiliaires. Aller vers des pratiques d’agriculture de conservation des sols permet d’instaurer une forme de lutte par conservation des habitats des auxiliaires. Le carbone est une des bases de ce processus de régulation. La mise en place de couverts végétaux permet de nourrir le sol, de favoriser l’activité biologique et d’avoir un pool d’auxiliaires comme les carabes qui vont réguler les populations de limaces.
« Au démarrage, j’avais une grosse pression des limaces. Tous les facteurs s’y prêtaient : une part importante de colza dans la rotation, une texture de sol qui préserve l’humidité, l’usage régulier d’insecticides. Historiquement, la problématique limace « gênante » n’est apparue qu’après les premières applications d’anti-limaces . La Nature tient son système en 2 mots : cycle en équilibre. Suite à une réflexion avec Lucien Seguy, j’ai décidé d’arrêter les insecticides pour baser ma stratégie de lutte sur la régulation naturelle. J’ai réduit la sole de colza et ai commencé à mettre en place des techniques de colza associé et de colza leurre ».
Nourrir les limaces permet de réduire les dégâts sur les cultures
Noël a commencé à apporter de la nourriture aux limaces pour réduire les dégâts sur ses cultures. L’idée est de rajouter des lots de colza pour accompagner les cultures au moment du semis de blé ou de maïs (4-5 kg/ha selon les conditions), puis de revenir en semer à la volée si besoin. Il ajoute également du soja à hauteur de 40 kg/ha avec le maïs. Les graines de nyger sont aussi très appétentes pour les limaces (mais onéreuses si on ne les produit pas sur place). Quand la culture à semer est du colza, mieux vaut éviter de l’implanter derrière une céréale à paille. Les résidus pailleux fournissent des abris aux limaces contre le soleil et la chaleur. Dans la rotation, mieux vaut implanter le colza derrière une légumineuse.
« On constate que la limace a une mémoire alimentaire : quand elle est habituée à manger du colza, elle va continuer à manger du colza. Tant qu’il y en a sur la parcelle, l’impact sur la culture en place est réduit. Malgré les pertes, je me suis tenu à ne pas mettre d’insecticides ni d’anti-limaces. Au bout de 3 ans, un équilibre écosystémique s’est établi. Il est important de préciser que je suis dans un système de semis direct sous couverts vivants. Cela ne fonctionne que si le sol est toujours couvert. Si la parcelle est nue, les limaces mangent les graines des cultures. Dans ce cas, il vaut mieux utiliser de l’anti-limaces ».
Favoriser le démarrage rapide des cultures
Il faut trouver un équilibre dans la date de semis pour mettre toutes les chances de son côté.
« La période cruciale est au moment du semis. Une fois que la culture est bien développée, la pression limaces a tendance à diminuer. Il faut semer dans des conditions poussantes. J’ai plutôt tendance à retarder mes dates de semis au printemps pour avoir les meilleures conditions. Dans des conditions froides, la culture met du temps à levée, c’est du pain béni pour les limaces. À l’automne, c’est l’inverse. Mieux vaut semer un peu plus tôt pour que les céréales fassent de la biomasse rapidement. À l’arrivée de l’hiver, la pression limaces ralentit ».
La fertilisation joue également un rôle crucial. En sortie d’hiver, les terres sont froides donc le démarrage est lent. Apporter une fertilisation localisée ou starter permet d’optimiser le développement racinaire en augmentant la disponibilité des éléments nutritifs pour les cultures.
« J’apporte des bouchons organiques dans la ligne de semis (100 à 120 kg/ha à 10% d’azote). La teneur en azote est plus faible que des formes d’azote chimique, mais la forme organique améliore l’efficience d’assimilation. De plus, l’azote organique ne gêne pas la germination de la jeune plantule. Je ne suis pas en agriculture biologique, j’apporte aussi de l’azote en plein sur mes parcelles. Je fertilise également mes couverts en sortie d’hiver. Ils se développent, les racines travaillent le sol et activent l’activité biologique. Il est important de préciser que j’ai une texture de sol qui favorise la réserve en eau. L’eau n’est pas un facteur limitant sur mon système. Il faut faire attention à ne pas assécher le sol pour la culture qui suit ».
Conclusion
3 points à retenir sur la gestion des limaces sans anti-limaces :
Se passer d’anti limaces est un risque qui nécessite des pré-requis. Cela demande une réflexion en amont et une vision systémique dans la stratégie de lutte et les pratiques culturales.
En tant qu’agriculteur, on a indirectement un rôle d’éleveur d’auxiliaires. Nourrir les limaces et protéger les prédateurs des limaces, comme dans la Nature.
La date de semis et la fertilisation starter sont des éléments intéressants à prendre en compte dans la réflexion.
La Nature nous offre une vision riche et systémique de la gestion naturelle des limaces dans un cadre d’agriculture de conservation des sols.
Diversification des couverts et rôle des plantes pièges L’utilisation de plantes pièges ou de couverts diversifiés pour détourner les limaces des cultures principales. Nos essais ont démarrés avec le colza comme leurre, tournesol ou soja, mais d’autres espèces comme la moutarde, le trèfle ou certaines variétés de céréales à croissance rapide pourraient être essayés ou intégrées dans les couverts pour amplifier cet effet. Ces plantes, en plus de nourrir les limaces, peuvent stimuler la biodiversité du sol et attirer davantage d’auxiliaires comme les staphylins ou les araignées, qui sont aussi des prédateurs naturels des limaces. Une rotation bien pensée des couverts peut ainsi devenir une barrière écologique supplémentaire.
Rôle des conditions climatiques et du microclimat Quand on évoque l’importance des conditions poussantes pour le démarrage des cultures, mais on pourrait préciser comment le climat local et le microclimat parcellaire influencent la pression des limaces. Par exemple, dans des zones très humides ou après des automnes doux, les populations de limaces peuvent exploser. Travailler sur la gestion de l’humidité via le drainage naturel (grâce à l’activité des vers de terre favorisée par les couverts et l’assèchement des profils ) ou l’exposition des parcelles (en évitant les zones trop ombragées) peut compléter la stratégie. Cela renforce l’idée que l’agriculteur doit s’adapter à son terroir spécifique.
Impact à long terme sur la résilience du système Un aspect intéressant à souligner est l’évolution de la résilience de la démarche au fil des années. En arrêtant les anti-limaces et les insecticides, on a permis à l’ agroécosystème de retrouver un équilibre qui ne repose plus sur des interventions extérieures. On pourrait ajouter que cette approche, bien qu’exigeante au départ (notamment les 2- 3 ans nécessaires à l’équilibre), réduit la dépendance aux intrants chimiques et aux fluctuations de leurs prix. Cela offre aussi une sécurité face aux aléas climatiques ou aux restrictions réglementaires sur les pesticides, un enjeu majeur pour l’avenir de l’agriculture.
Observation et indicateurs de suivi Pour les agriculteurs qui souhaitent s’inspirer de cette méthode, il pourrait être utile d’ajouter une note sur l’importance de l’observation. J’ai adapté ma stratégie en fonction de mes expériences et observations (pression limaces, mémoire alimentaire, etc.). Des indicateurs simples comme le comptage des limaces avec des pièges (planches ou tuiles posées au sol) ou le suivi des populations de carabes (via des pièges barber) peuvent aider à évaluer l’efficacité de la régulation naturelle et à ajuster les pratiques d’année en année.
Lien avec la santé des sols et des écosystèmes Enfin, on pourrait relier cette gestion des limaces à des bénéfices plus larges. En favorisant la vie du sol (carbone, auxiliaires, activité biologique), on contribue à stocker du carbone, à améliorer la structure du sol et à réduire l’érosion. Ces sols vivants produisent des cultures plus saines, avec potentiellement moins de résidus chimiques, ce qui profite à la santé humaine et à celle des générations futures. C’est une illustration concrète de la manière dont l’agriculture peut devenir un levier pour répondre aux défis environnementaux et sanitaires.
« Se passer des anti-limaces chimiques est une démarche qui demande du temps, de l’observation et une approche globale, mais elle offre des solutions durables. En nourrissant les limaces pour détourner leur appétit, en protégeant les auxiliaires qui deviennent des équilibreurs de limaces et en optimisant les dates de semis et la fertilisation, l’agriculteur devient un véritable architecte de son écosystème. Cette stratégie ne se limite pas à gérer un ravageur : elle renforce la santé du sol, la biodiversité et la résilience face aux défis futurs, pour nous et les générations à venir. »
Les auxiliaires sont de véritables acteurs d’un équilibre durable face aux limaces, et le paradoxe des anti-limaces chimiques qui, en perturbant cet équilibre, peuvent aggraver le problème à long terme.
Les auxiliaires : des alliés naturels contre les limaces Les auxiliaires de culture, tels que les carabes, les staphylins, les hérissons, les crapauds ou encore certaines araignées, jouent un rôle clé dans la régulation des populations de limaces. Ces prédateurs naturels ne se contentent pas d’éliminer une partie des limaces : ils maintiennent un équilibre dynamique qui évite les explosions démographiques de ces ravageurs. Contrairement à une solution chimique, qui agit de manière ponctuelle et indiscriminée, les auxiliaires s’inscrivent dans une logique de long terme. Leur efficacité repose sur la présence de conditions favorables : des habitats préservés (couverts végétaux, haies, bandes enherbées) et une absence de perturbations majeures, comme l’usage d’insecticides ou de molluscicides. Le piège des anti-limaces chimiques L’utilisation d’anti-limaces chimiques, souvent perçue comme une solution rapide, peut en réalité se révéler contre-productive. Ces produits, en plus de cibler les limaces, affectent directement ou indirectement les auxiliaires. Par exemple, les granulés à base de métaldéhyde ou de phosphate de fer, s’ils sont mal dosés ou mal appliqués, peuvent intoxiquer les carabes ou les oiseaux qui consomment des limaces empoisonnées. Pire encore, en éliminant une partie des limaces sans réguler leur reproduction, les anti-limaces chimiques créent un vide temporaire qui favorise une recolonisation rapide par les survivantes ou leurs œufs, souvent dans un environnement où les prédateurs naturels ont été affaiblis. Résultat : la dépendance aux traitements augmente, et la pression des limaces devient un problème chronique là où elle aurait pu être maîtrisée naturellement. Un cercle vertueux avec les auxiliaires En misant sur les auxiliaires, comme on le fait avec notre système de semis direct sous couverts vivants (SCV) , on enclenche un cercle vertueux. Les couverts végétaux et la vie du sol attirent, nourrissent et protègent ces prédateurs, qui régulent les limaces de manière progressive et durable. Cette approche demande de la patience – souvent quelques années pour que l’écosystème se stabilise – mais elle réduit la dépendance aux intrants et renforce la résilience du système agricole. Les auxiliaires deviennent ainsi les “véritables anti-limaces”, non pas par une action brutale, mais par leur capacité à maintenir un équilibre acceptable, en harmonie avec les cycles naturels. Une leçon d’écologie appliquée Ce contraste entre la régulation naturelle et l’approche chimique illustre une leçon fondamentale : en agriculture, lutter contre un symptôme sans comprendre ses causes peut aggraver la situation. Les anti-limaces chimiques, en détruisant les auxiliaires, désarment en quelque sorte le système de ses défenses naturelles, favorisant paradoxalement le développement des limaces sur le long terme. À l’inverse, préserver et encourager les auxiliaires revient à investir dans un capital écologique qui profite à l’ensemble de l’agroécosystème.
« Les auxiliaires de culture sont les véritables héros de cette stratégie. En régulant les limaces de manière naturelle et durable, ils maintiennent un équilibre que les anti-limaces chimiques viennent souvent perturber. En éliminant non seulement les limaces mais aussi leurs prédateurs, ces produits créent un effet boomerang : une fois leur action dissipée, les limaces reviennent en force dans un écosystème appauvri. En misant sur les carabes, les hérissons et autres alliés, on montre qu’une agriculture avec moins de chimie n’est pas une utopie, mais une réalité qui demande de repenser notre rôle : non pas dominer la nature, mais coopérer avec elle. »
Mes autres pistes de recherche…
On dispose d’informations sur des plantes qui repoussent les limaces grâce à leur odorat sensible. Les limaces, en effet, utilisent leur sens olfactif développé pour détecter leur nourriture, et certaines odeurs fortes ou désagréables pour elles peuvent agir comme des répulsifs naturels. Voici quelques exemples de plantes reconnues pour cet effet, basées sur leurs composés aromatiques :
L’ail (Allium sativum) : Riche en composés soufrés, l’ail dégage une odeur puissante qui dérange les limaces. On peut planter de l’ail près des cultures sensibles ou utiliser une infusion (ail broyé dans de l’eau) à vaporiser sur les plantes.
La menthe (Mentha spp.) : En particulier la menthe poivrée, grâce à sa teneur en menthol, produit un parfum intense qui perturbe l’odorat des limaces. Elle peut être disposée en bordure ou mélangée aux cultures.
Le thym (Thymus vulgaris) : Ses huiles essentielles aromatiques, comme le thymol, créent une barrière olfactive que les limaces évitent. Il est efficace planté autour des zones à protéger.
Le romarin (Rosmarinus officinalis) : Son arôme camphré et citronné, dû à ses huiles essentielles, repousse les limaces. Il est souvent recommandé en association avec d’autres plantes vulnérables.
La sauge (Salvia spp.) : Avec son feuillage aromatique riche en composés volatils, elle agit comme un répulsif naturel. Elle est robuste et facile à intégrer dans un jardin.
L’absinthe (Artemisia absinthium) : Cette plante dégage une odeur amère et forte qui incommode les limaces. On peut l’utiliser en purin ou placer ses feuilles près des cultures.
La lavande (Lavandula spp.) : Bien connue pour son parfum apaisant pour les humains, elle est irritante pour les limaces grâce à ses huiles essentielles. Elle fonctionne bien en bordure ou en massifs.
Ces plantes sont plutôt destinées à la gestion des jardins vu leurs coûts économiques …..Ces plantes agissent en exploitant la sensibilité olfactive des limaces, qui préfèrent éviter les zones où ces odeurs dominent. Leur efficacité est renforcée lorsqu’elles sont plantées en barrières ou associées à des cultures sensibles (comme les salades ou les jeunes pousses). Cependant, cette stratégie fonctionne mieux en prévention qu’en cas d’infestation massive, où des méthodes complémentaires (pièges, auxiliaires) peuvent être nécessaires. L’avantage est que ces plantes sont écologiques, souvent décoratives ou utiles en cuisine, et elles favorisent la biodiversité sans nuire aux prédateurs naturels des limaces.
Le lin ne produit pas d’huiles essentielles ou de composés aromatiques particulièrement forts comme l’ail, la menthe ou le thym, qui sont des répulsifs olfactifs classiques. Son odeur est discrète, et ses feuilles ou tiges ne dégagent pas de parfum notable susceptible de perturber l’odorat sensible des limaces. En revanche, quelques observations permettent de réfléchir à son interaction avec ces mollusques :
Texture et environnement : Le lin a des tiges plutôt ligneuses et fibreuses, surtout en fin de cycle, ce qui le rend moins appétissant pour les limaces par rapport à des plantes tendres comme les salades ou les jeunes pousses. Cette texture pourrait jouer un rôle dissuasif physique plus qu’olfactif. De plus, dans un système de semis direct ou sous couverts (SCV), le lin peut contribuer à créer un environnement moins favorable aux limaces en asséchant légèrement le sol grâce à son système racinaire, surtout s’il est associé à d’autres espèces.
Composés chimiques potentiels : Les graines de lin contiennent des mucilages et des traces de composés cyanogènes (libérant de faibles quantités d’acide cyanhydrique lors de la dégradation), mais ces substances sont peu concentrées dans les parties aériennes accessibles aux limaces. Il n’y a pas de preuve directe que ces composés repoussent les limaces par l’odorat, mais ils pourraient avoir un effet répulsif léger ou toxique si les limaces en ingèrent.
Rôle dans les rotations : Dans une rotation culturale, le lin est parfois utilisé pour “nettoyer” le sol ou diversifier les habitats, ce qui peut indirectement réduire la pression des limaces en évitant la monoculture (par exemple, après un colza très attractif pour elles). Cependant, cet effet est lié à la gestion globale du système plutôt qu’à une action olfactive spécifique.
Contrairement aux plantes comme la lavande ou le romarin, qui agissent directement sur l’odorat des limaces grâce à leurs huiles essentielles volatiles, le lin n’a pas de mécanisme olfactif marqué. Son effet dissuasif, s’il existe, serait davantage mécanique (texture) ou écologique (diversité dans la parcelle) plutôt que chimique ou aromatique.
Dans des systèmes de cultures associées, le lin est parfois semé avec des plantes comme la camomille (Matricaria chamomilla) ou le fenugrec (Trigonella foenum-graecum). Camomille : Cette plante dégage une odeur légèrement âcre et contient des composés terpéniques qui peuvent repousser les limaces. En bordure ou mélangée au lin, elle pourrait créer une barrière olfactive naturelle. Des agriculteurs en polyculture rapportent que la camomille réduit les dégâts de limaces sur des cultures voisines, bien que cela reste empirique. Fenugrec : Connu pour son odeur épicée et ses composés soufrés, le fenugrec pourrait aussi agir comme un répulsif léger. Associé au lin dans une rotation ou un couvert, il diversifie l’environnement olfactif et pourrait détourner les limaces. Lin dans un couvert multi-espèces : En semis direct sous couverts vivants (SCV), le lin peut être intégré à un mélange avec des plantes répulsives comme la moutarde (Sinapis alba) ou le trèfle incarnat (Trifolium incarnatum). Moutarde : Ses composés volatils (isothiocyanates) libérés par les racines et les feuilles ont un effet répulsif avéré sur les limaces. En association avec le lin, elle pourrait renforcer la protection des cultures principales. Trèfle : Bien qu’il ne soit pas fortement répulsif, son odeur subtile et sa capacité à fixer l’azote enrichissent le sol, favorisant les auxiliaires (carabes, etc.) qui régulent les limaces.
Plantes associées au lin avec effet répulsif olfactif Voici une sélection de plantes qui pourraient être cultivées avec le lin pour maximiser un effet répulsif via l’odorat des limaces : Coriandre (Coriandrum sativum) : Son odeur piquante, due aux aldéhydes et aux terpènes, est désagréable pour les limaces. Plantée en intercalaire avec le lin, elle pourrait créer une zone moins attractive pour ces mollusques tout en attirant des pollinisateurs. Oignon ou ciboulette (Allium spp.) : Comme l’ail, ces plantes de la famille des Alliacées émettent des composés soufrés volatils qui repoussent les limaces. La ciboulette, plus facile à intégrer en bordure avec le lin, pourrait être une option pratique. Tanaisie (Tanacetum vulgare) : Cette plante produit une odeur camphrée et amère grâce à ses huiles essentielles (thujone). Très efficace contre les limaces, elle pourrait être semée autour des parcelles de lin pour une double action : répulsion olfactive et attraction des auxiliaires comme les coccinelles.
Proposition d’un système pratique Imaginons une parcelle où le lin est cultivé dans un objectif de gestion naturelle des limaces : Semis : Lin mélangé à de la moutarde (5 kg/ha) et bordé de tanaisie ou de ciboulette.
Rôle du lin : Il agit comme une culture secondaire ou un leurre mécanique (moins appétissant que d’autres plantes tendres). Rôle des associées : La moutarde et la tanaisie repoussent les limaces par leur odeur, tandis que la ciboulette renforce la barrière olfactive. Effet bonus : Les couverts attirent les carabes et autres prédateurs, réduisant encore la pression des limaces. Ce système s’inspire des principes de diversification et de régulation naturelle, tout en compensant l’absence de répulsion olfactive directe du lin.
L’agriculture de conservation est un système cultural qui permet de prévenir les pertes de terres arables tout en régénérant les terres dégradées. Elle favorise le maintien d’une couverture permanente du sol, une perturbation minimale du sol et la diversification des espèces végétales. Elle renforce la biodiversité et les processus biologiques naturels au-dessus et au-dessous de la surface du sol, ce qui contribue à accroître l’efficacité de l’utilisation de l’eau et des nutriments et à améliorer durablement la production végétale.
Les principes de l’agriculture de conservation sont universellement applicables à tous les paysages agricoles et à toutes les utilisations des terres, avec des pratiques adaptées localement. Les interventions sur le sol, telles que la perturbation mécanique du sol, sont réduites au strict minimum ou évitées, et les intrants externes, tels que les produits agrochimiques et les éléments nutritifs pour les plantes d’origine minérale ou organique, sont appliqués de manière optimale et selon des modalités et des quantités qui n’interfèrent pas avec les processus biologiques ou ne les perturbent pas.
L’agriculture de conservation facilite une bonne agronomie par des interventions bien ciblées dans le temps et améliore la gestion globale des terres pour la production pluviale et irriguée. Complétée par d’autres bonnes pratiques connues, notamment l’utilisation de semences de qualité et la gestion intégrée des parasites, des nutriments, des mauvaises herbes et de l’eau, etc., l’agriculture de conservation constitue une base pour l’intensification durable de la production agricole. Elle ouvre des possibilités accrues d’intégration des secteurs de production, comme l’intégration culture-élevage et l’intégration des arbres et des pâturages dans les paysages agricoles.
Avantages de l’Agriculture de Conservation
Pour être largement adoptée, toute nouvelle technologie doit présenter des avantages et des bénéfices qui attirent un large groupe d’agriculteurs qui comprennent les différences entre ce qu’ils font et ce dont ils ont besoin. Dans le cas de l’agriculture de conservation, ces avantages peuvent être regroupés comme suit:
Les avantages économiques qui améliorent l’efficacité de la production.
Trois avantages économiques majeurs peuvent résulter de l’adoption de l’agriculture de conservation:
un gain de temps et donc réduction des besoins en main-d’œuvre;
une réduction des coûts, par exemple le carburant, les frais de fonctionnement et d’entretien des machines, ainsi qu’une réduction du coût de la main-d’œuvre;
une augmentation de l’efficience, puisque la production augmente avec une quantité d’intrants plus faible.
L’impact positif de l’agriculture de conservation sur la répartition de la main-d’œuvre au cours du cycle de production et, plus important encore, la réduction des besoins en main-d’œuvre sont les principales raisons pour lesquelles les agriculteurs d’Amérique latine adoptent l’agriculture de conservation, en particulier ceux qui dépendent entièrement de la main-d’œuvre familiale.
Des avantages agronomiques qui améliorent la productivité du sol.
L’adoption de l’agriculture de conservation permet d’améliorer la productivité des sols par:
l’augmentation de la matière organique;
la conservation de l’eau dans le sol;
l’amélioration de la structure du sol, et donc de la zone d’enracinement.
L’ajout constant de résidus de culture entraîne une augmentation de la teneur en matière organique du sol. Au début, cette augmentation est limitée à la couche supérieure du sol, mais avec le temps, elle s’étend aux couches plus profondes du sol. La matière organique joue un rôle important dans le sol: l’efficience de l’utilisation des engrais, la capacité de rétention d’eau, l’agrégation du sol, l’environnement du système racinaire et la rétention des nutriments sont tous tributaires de la teneur du sol en matière organique.
Avantages environnementaux qui protègent le sol et rendent l’agriculture plus durable:
réduction de l’érosion des sols, et donc des coûts d’entretien des routes, des barrages et des centrales hydroélectriques;
amélioration de la qualité de l’eau;
amélioration de la qualité de l’air;
augmentation de la biodiversité;
séquestration du carbone.
Les résidus à la surface du sol réduisent l’effet d’éclaboussure des gouttes de pluie, et une fois l’énergie des gouttes de pluie dissipée, les gouttes se dirigent vers le sol sans aucun effet nocif. Il en résulte une meilleure infiltration et une réduction du ruissellement, d’où une moindre érosion. Les résidus forment également une barrière physique qui réduit la vitesse de l’eau et du vent sur la surface. La réduction de la vitesse du vent réduit l’évaporation de l’humidité du sol.
L’un des aspects de l’agriculture conventionnelle est sa capacité à modifier le paysage. La destruction de la couverture végétale affecte les plantes, les animaux et les micro-organismes. Certains de ces êtres vivants profitent du changement et deviennent nuisibles. Cependant, la plupart des organismes sont négativement affectés et soit ils disparaissent complètement, soit leur population est considérablement réduite. Avec la conservation de la couverture du sol dans l’agriculture de conservation, un habitat est créé pour un certain nombre d’espèces qui se nourrissent de parasites, ce qui attire à son tour davantage d’insectes, d’oiseaux et d’autres animaux. La rotation des cultures et celles de couverture freine la perte de biodiversité génétique, favorisée par la monoculture.
Les systèmes basés sur l’ajout de résidus de culture et l’absence de travail du sol accumulent davantage de carbone dans le sol que la perte dans l’atmosphère résultant du travail du sol par le labour. Au cours des premières années de mise en œuvre de l’agriculture de conservation, la teneur en matière organique du sol augmente grâce à la décomposition des racines et à l’apport de résidus végétaux en surface. Cette matière organique est décomposée lentement, et une grande partie est incorporée dans le profil du sol, de sorte que la libération de carbone dans l’atmosphère se produit également lentement. Dans le bilan total, le carbone est séquestré dans le sol, et transforme le sol en un réservoir net de carbone. Cela pourrait avoir de profondes conséquences dans la lutte pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et contribuer ainsi à prévenir les effets désastreux du réchauffement climatique.