Proposition de programme de lutte allélophatique contre le chiendent

Voici une idée d’une stratégie continue de lutte contre le chiendent en agriculture de conservation des sols (ACS) biologique tout à fait pertinente. Elle vise à maintenir une pression constante sur cette adventice vivace tout au long de l’année, en enchaînant des mélanges de plantes complémentaires (allélopathiques, compétitives, décompactantes) sur plusieurs saisons, sans glyphosate ni labour. L’objectif est d’épuiser les rhizomes du chiendent, limiter sa repousse et repartir l’année suivante avec un contrôle durable, tout en respectant les principes de l’ACS (couverture permanente, biodiversité, fertilité). Voici une proposition détaillée pour un programme sur deux ans :


Stratégie globale

  • Principe : Combiner des plantes à croissance rapide (été) et longue (hiver/printemps) pour étouffer, inhiber et épuiser le chiendent, avec une succession qui maintient le sol couvert et actif toute l’année.
  • Critères : Inclure des espèces allélopathiques, compétitives, mellifères (pour la biodiversité) et, si possible, décompactantes ou fixatrices d’azote.
  • Durée : Une première année offensive (fin printemps à automne), suivie d’une deuxième année de consolidation.

Année 1 : Offensive initiale

Phase 1 : Fin de printemps (mai-juin) – Mélange estival précoce

Mélange proposé : Sorgho fourrager + Moutarde blanche

  • Composition :
    • Sorgho (15-20 kg/ha) : Allélopathie (sorgolactone, dhurrine), biomasse massive (5-10 t/ha), concurrence racinaire profonde (1-1,5 m).
    • Moutarde (5-10 kg/ha) : Allélopathie (glucosinolates biofumigants), croissance rapide, décompaction (racine pivotante).
  • Rôle :
    • Étouffer les pousses de chiendent par une couverture dense et rapide.
    • Inhiber la germination et affaiblir les jeunes rhizomes via l’allélopathie combinée.
    • Préparer le sol (décompaction légère avec les racines) pour la phase suivante.
  • Durée : Mai à août (3 mois).
  • Gestion :
    • Semis fin mai après une culture précoce (ex. : orge) ou sur sol nu.
    • Destruction par roulage ou fauche début août, avant que la moutarde ne monte trop en graines.
  • Atouts : Mellifère (moutarde), forte biomasse, adapté aux étés chauds.

Phase 2 : Fin d’été/automne (août-octobre) – Mélange de transition

Mélange proposé : Sarrasin + Vesce commune

  • Composition :
    • Sarrasin (50-60 kg/ha) : Allélopathie (composés phénoliques), couverture rapide, étouffement.
    • Vesce (15-20 kg/ha) : Fixation d’azote (100-150 kg/ha), croissance rampante pour combler les espaces.
  • Rôle :
    • Maintenir la pression sur le chiendent après le sorgho/moutarde avec une nouvelle vague allélopathique (sarrasin).
    • Épuiser les repousses automnales par compétition et enrichir le sol (vesce).
  • Durée : Août à novembre (2-3 mois).
  • Gestion :
    • Semis mi-août après destruction du premier mélange.
    • Détruit par gel naturel (vesce et sarrasin sensibles) ou roulage fin automne.
  • Atouts : Mellifère (sarrasin), azote pour la suite, cycle court.

Phase 3 : Hiver/printemps (novembre-avril) – Mélange hivernal

Mélange proposé : Seigle + Trèfle incarnat

  • Composition :
    • Seigle (120-150 kg/ha) : Allélopathie puissante (benzoxazinones), biomasse abondante (5-8 t/ha).
    • Trèfle incarnat (15 kg/ha) : Fixation d’azote, couverture basse, mellifère au printemps.
  • Rôle :
    • Épuiser les rhizomes du chiendent pendant sa dormance hivernale par compétition racinaire et allélopathie.
    • Prévenir toute repousse printanière grâce à une couverture persistante.
  • Durée : Novembre à avril/mai (6 mois).
  • Gestion :
    • Semis fin octobre/début novembre après le sarrasin/vesce.
    • Destruction par roulage début mai avant culture principale (ex. : maïs, soja).
  • Atouts : Résistance au froid, mellifère (trèfle), azote.

Année 2 : Consolidation et contrôle durable

Phase 4 : Printemps/été (mai-septembre) – Couvert longue durée

Plante proposée : Luzerne (Medicago sativa)

  • Composition : Luzerne seule (10-15 kg/ha) ou avec un semis d’appoint (ex. : trèfle blanc à faible dose).
  • Rôle :
    • Maintenir une couverture dense et pérenne pour empêcher la réinstallation du chiendent.
    • Épuiser les derniers rhizomes par compétition racinaire profonde (1-2 m) sur plusieurs saisons.
    • Inhiber légèrement via une allélopathie faible (saponines).
  • Durée : Mai année 2 à printemps année 3 (1-2 ans).
  • Gestion :
    • Semis fin mai après destruction du seigle/trèfle.
    • Laisser en place 1 à 2 ans (fauche ou pâturage possible), puis détruire pour une nouvelle culture.
  • Atouts : Mellifère, décompactante, fixe 200-300 kg/ha d’azote, durable.

Programme résumé

  • Année 1 :
    • Mai-août : Sorgho + Moutarde (offensive estivale).
    • Août-novembre : Sarrasin + Vesce (transition automnale).
    • Novembre-mai : Seigle + Trèfle (pression hivernale).
  • Année 2 :
    • Mai à long terme : Luzerne (contrôle durable).

Pourquoi ce programme ?

  • Continuité : Le sol reste couvert toute l’année, alternant des plantes à cycles courts (sorgho, sarrasin) et longs (seigle, luzerne) pour une pression constante.
  • Actions combinées :
    • Allélopathie : Sorgho, sarrasin et seigle ciblent les pousses et rhizomes à différents moments.
    • Compétition : Biomasse massive (sorgho, seigle) + racines profondes (luzerne).
    • Épuisement : Luzerne sur le long terme prive les rhizomes de ressources.
  • Bonus ACS : Mellifère (moutarde, sarrasin, trèfle, luzerne), azote (vesce, trèfle, luzerne), décompaction (moutarde, luzerne).
  • Bio : Aucun intrant chimique, destruction mécanique ou naturelle (gel).

Alternatives ou ajustements

  • Si été très sec : Remplacez sorgho + moutarde par sorgho seul (plus résistant) ou ajoutez du millet (allélopathique et tolérant).
  • Si chiendent très dense : Doublez la dose de seigle (200 kg/ha) et prolongez sa durée avant destruction.
  • Si culture intermédiaire souhaitée : Récoltez le sorgho (grain) ou fauchez la luzerne pour fourrage, tout en maintenant l’effet anti-chiendent.

Mon avis

Ce programme est une stratégie robuste et continue qui maximise vos chances contre le chiendent en ACS bio. L’enchaînement sorgho/moutarde → sarrasin/vesce → seigle/trèfle attaque le chiendent sous tous les angles en année 1, tandis que la luzerne verrouille le contrôle en année 2. Vous pourriez même tester une parcelle avec ce plan et une autre avec juste seigle + luzerne pour comparer.

Allélopathie

Le sarrasin

Le sarrasin (Fagopyrum esculentum) est une plante intéressante à analyser sous l’angle de son effet allélopathique, surtout dans le contexte de l’agriculture de conservation des sols (ACS). Bien qu’il ne soit ni une légumineuse ni une plante décompactante profonde comme la chicorée ou la luzerne, il est souvent utilisé comme couvert végétal pour ses nombreux atouts, dont son potentiel allélopathique. Voici une évaluation détaillée :


Effet allélopathique du sarrasin

  • Mécanisme :
    Le sarrasin produit et libère des composés chimiques, principalement des composés phénoliques (comme l’acide gallique, l’acide chlorogénique et la rutine) ainsi que des flavonoïdes, par ses racines, ses feuilles et ses résidus après décomposition. Ces substances ont un effet inhibiteur sur la germination et la croissance de certaines plantes voisines, en particulier les adventices.
  • Cibles principales :
    • Adventices comme le chénopode blanc (Chenopodium album), le mouron des champs (Stellaria media) ou certaines graminées (ex. : pâturin).
    • Moins d’effet sur les grandes adventices établies ou les cultures à enracinement profond.
  • Mode d’action :
    • Les allélochimiques interfèrent avec la respiration cellulaire, la synthèse des protéines ou la division cellulaire des plantes sensibles, réduisant leur compétitivité.
    • L’effet est plus marqué dans les sols où les résidus de sarrasin sont laissés en surface (typique en ACS avec semis direct).

Caractéristiques et atouts en ACS

  • Période d’action :
    • Croissance rapide (30-40 jours pour couvrir le sol), floraison en 6-8 semaines. Semé souvent en été (juin-août) comme interculture.
    • L’effet allélopathique est actif pendant sa croissance et persiste après sa destruction grâce aux résidus.
  • Autres bénéfices :
    • Couverture du sol : Étouffe physiquement les adventices par sa densité (compétition pour la lumière).
    • Mobilisation du phosphore : Ses racines exsudent des acides organiques qui rendent le phosphore plus disponible dans le sol.
    • Mellifère : Fleurs blanches très attractives pour les abeilles et autres pollinisateurs, produisant un miel foncé au goût prononcé.
    • Biomasse : Fournit une matière organique abondante après destruction (gel ou roulage).
  • Décompaction :
    • Racines fibreuses peu profondes (20-30 cm), donc un effet décompactant limité comparé à des pivotantes comme la luzerne ou le radis. Son action sur la structure du sol est plutôt superficielle.

Intérêt allélopathique spécifique

  • Suppression des adventices :
    • Études montrent que le sarrasin peut réduire la biomasse des adventices de 50 à 80 % dans les semaines suivant son implantation, grâce à la combinaison de son effet chimique (allélopathie) et physique (couverture dense).
    • Efficace surtout contre les petites adventices annuelles en phase de germination ou de jeune plantule.
  • Impact sur les cultures suivantes :
    • L’effet allélopathique du sarrasin est généralement de courte durée (quelques semaines à un mois après destruction), car ses composés se dégradent rapidement dans le sol. Cela le rend compatible avec la plupart des cultures suivantes (ex. : céréales d’hiver), à condition de respecter un délai après sa destruction.
    • Cependant, un semis trop précoce après le sarrasin peut légèrement retarder la germination de cultures sensibles (ex. : jeunes légumes ou blé tendre), bien que cet effet soit rare en pratique.

Limites de l’allélopathie du sarrasin

  • Efficacité variable :
    • Dépend des conditions du sol (plus fort en sols légers et acides), du climat (efficace en été chaud) et de la densité de semis (au moins 50-70 kg/ha pour un effet optimal).
  • Effet sélectif :
    • Moins efficace contre les adventices vivaces à rhizomes (ex. : liseron, chiendent) ou déjà bien implantées avant le semis.
  • Pas d’effet sur les pathogènes :
    • Contrairement à la moutarde (glucosinolates biofumigants), le sarrasin n’a pas d’action notable sur les nématodes ou champignons du sol.


Mon avis sur le sarrasin en ACS

Le sarrasin est une star des intercultures estivales grâce à son effet allélopathique, qui en fait un outil naturel pour limiter les adventices sans herbicides ni travail du sol – un atout clé en ACS. Son côté mellifère ajoute une valeur pour la biodiversité, et sa capacité à mobiliser le phosphore enrichit le sol. Cependant, il ne répond pas au critère de décompaction profonde.

Les plantes de couverture ……liens à visiter

Accueil

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http://www.supagro.fr/

https://www.supagro.fr/ress-pepites/PlantesdeCouverture/co/EspecePC.html

Les plantes de couvertures sont cultivées pendant les inter-cultures. Leurs fonctions sont multiples et varient notamment selon la famille à laquelle elles appartiennent. Par exemple, les légumineuses sont utilisées pour capter l’azote atmosphérique et le fournir à la culture suivante. Les couverts végétaux peuvent aussi être composés d’un mélange d’espèces pour combiner leurs fonctions.

Liste d’espèces de plantes spécifiques utilisées dans l’agriculture de conservation des sols (ACS), avec leurs caractéristiques et leurs rôles principaux. Ces espèces sont choisies pour leurs capacités à couvrir le sol, améliorer sa structure, enrichir sa fertilité ou répondre à des besoins agronomiques précis.

Légumineuses couramment utilisées comme plantes de service en agriculture de conservation des sols (ACS). Ces espèces sont prisées pour leur capacité à fixer l’azote atmosphérique via leurs nodosités racinaires, enrichir le sol, produire de la biomasse et protéger contre l’érosion. Chaque plante est accompagnée de ses caractéristiques principales et de son utilité dans un système ACS :

1. Vesce commune (Vicia sativa)

  • Rôle : Fixe l’azote (jusqu’à 100-150 kg/ha), couvre le sol rapidement.
  • Atouts : Croissance vigoureuse, facile à intégrer en interculture, se détruit bien par le gel ou mécaniquement.
  • Conditions : Sols bien drainés, préfère les climats tempérés, sensible aux fortes gelées.
  • Utilisation : Idéale avant une culture exigeante en azote (maïs, céréales).

2. Trèfle incarnat (Trifolium incarnatum)

  • Rôle : Apporte 80-120 kg/ha d’azote, produit une biomasse abondante.
  • Atouts : Résiste au froid léger, attire les pollinisateurs, effet couvre-sol dense.
  • Conditions : Sols légèrement acides à neutres, bonne adaptation aux hivers doux.
  • Utilisation : Souvent semé à l’automne pour une couverture hivernale.

3. Luzerne (Medicago sativa)

  • Rôle : Fixe 200-300 kg/ha d’azote sur plusieurs années, améliore la structure du sol avec ses racines profondes.
  • Atouts : Pérenne (3-5 ans), résistante à la sécheresse, excellente pour les rotations longues.
  • Conditions : Sols drainés, non acides (pH > 6), exposition ensoleillée.
  • Utilisation : Plante de service sur le long terme ou en association avec des cultures.

4. Pois fourrager (Pisum sativum subsp. arvense)

  • Rôle : Fixe 70-120 kg/ha d’azote, produit une biomasse tendre et riche.
  • Atouts : Facile à implanter, bonne association avec des graminées (ex. : avoine).
  • Conditions : Sols frais et bien drainés, sensible au gel précoce.
  • Utilisation : En interculture courte avant une culture de printemps.

5. Féverole (Vicia faba)

  • Rôle : Fixe 100-200 kg/ha d’azote, système racinaire puissant pour décompacter le sol.
  • Atouts : Résiste bien au froid, biomasse importante.
  • Conditions : Sols lourds à moyens, évite les sols trop acides ou secs.
  • Utilisation : Couvert d’hiver, souvent semé en automne.

6. Lentille (Lens culinaris)

  • Rôle : Fixe 50-100 kg/ha d’azote, améliore la fertilité des sols pauvres.
  • Atouts : Faible exigence en eau, croissance modérée mais efficace.
  • Conditions : Sols légers et bien drainés, sensible à l’excès d’humidité.
  • Utilisation : En mélange avec d’autres espèces pour diversifier.

7. Lotier corniculé (Lotus corniculatus)

  • Rôle : Fixe 50-100 kg/ha d’azote, protège le sol sur le long terme.
  • Atouts : Pérenne, résiste au piétinement et à la sécheresse, attire les insectes utiles.
  • Conditions : Sols pauvres, même calcaires ou acides.
  • Utilisation : Couvre-sol durable ou en association avec des prairies.

8. Gesse (Lathyrus sativus)

  • Rôle : Fixe 80-120 kg/ha d’azote, bonne couverture du sol.
  • Atouts : Rustique, adaptée aux sols difficiles, croissance rapide.
  • Conditions : Sols secs à moyens, évite les terrains trop humides.
  • Utilisation : En interculture ou mélange pour sols dégradés.

9. Lupin (Lupinus spp., ex. Lupinus albus ou angustifolius)

  • Rôle : Fixe 100-150 kg/ha d’azote, mobilise le phosphore grâce à ses racines.
  • Atouts : Résiste aux sols acides, biomasse abondante.
  • Conditions : Sols sableux à légers, évite les terrains calcaires (sauf variétés adaptées).
  • Utilisation : Avant céréales ou en rotation.

Conseils pour l’ACS

  • Mélanges : Associer ces légumineuses avec des graminées (seigle, avoine) ou crucifères (radis, moutarde) renforce leurs effets (ex. : vesce + avoine pour biomasse et azote).
  • Semis direct : Privilégié en ACS pour préserver la structure du sol.
  • Gestion : Destruction par roulage, gel ou fauche, selon l’espèce et le climat.

Ces légumineuses sont adaptées à différents contextes pédoclimatiques.

2. Crucifères (décompacteurs et biofumigants)

  • Moutarde blanche (Sinapis alba)
    • Rôle : Décompacte le sol, réduit les nématodes grâce à ses composés soufrés (effet biofumigant).
    • Atouts : Croissance rapide, facile à implanter en interculture courte.
    • Conditions : Sensible au gel, éviter les sols trop humides.
  • Radis fourrager (Raphanus sativus)
    • Rôle : Brise les couches compactées grâce à sa racine pivotante, piège les nitrates.
    • Atouts : Très efficace pour améliorer la porosité du sol.
    • Conditions : Sol léger à lourd, implantation estivale ou automnale.

3. Graminées (productrices de biomasse)

  • Seigle (Secale cereale)
    • Rôle : Produit une forte biomasse, protège contre l’érosion, piège les nutriments.
    • Atouts : Résiste au froid, bon effet anti-adventices.
    • Conditions : S’adapte à une large gamme de sols, même pauvres.
  • Avoine (Avena sativa)
    • Rôle : Couvre rapidement le sol, améliore la matière organique.
    • Atouts : Croissance vigoureuse, sensible au gel (facile à détruire naturellement).
    • Conditions : Sol bien drainé, implantation précoce recommandée.

4. Autres espèces notables

  • Phacélie (Phacelia tanacetifolia)
    • Rôle : Améliore la structure du sol, attire les pollinisateurs, piège les nitrates.
    • Atouts : Non légumineuse mais excellente pour la biodiversité, facile à gérer.
    • Conditions : Sol léger à moyen, sensible au froid.
  • Sarrasin (Fagopyrum esculentum)
    • Rôle : Couvre rapidement, étouffe les adventices, mobilise le phosphore.
    • Atouts : Croissance estivale rapide, idéal avant une culture d’hiver.
    • Conditions : Sol pauvre à moyen, évite les sols trop calcaires.

Mélanges multi-espèces

En ACS, les agriculteurs combinent souvent ces plantes pour maximiser les bénéfices. Par exemple :

  • Moutarde + Vesce : Effet biofumigant + apport d’azote.
  • Seigle + Trèfle : Biomasse abondante + enrichissement du sol.
  • Radis + Phacélie : Décompaction + biodiversité.

Conseils pratiques

  • Adaptation locale : Le choix dépend de votre climat, type de sol et objectif (ex. : lutte contre l’érosion, fertilité, biodiversité).
  • Implantation : Semis direct souvent privilégié en ACS pour minimiser le travail du sol.
  • Destruction : Rouleau-faca ou gel naturel pour éviter les herbicides.

La chicorée et l’amarante en tant que plantes décompactantes dans le cadre de l’agriculture de conservation des sols (ACS). Bien qu’elles ne soient pas des légumineuses, elles peuvent jouer un rôle intéressant en tant que plantes de service.


Chicorée (Cichorium intybus)

  • Propriétés décompactantes :
    La chicorée possède une racine pivotante robuste et profonde, pouvant atteindre 50 cm à 1 m, voire plus dans des sols meubles. Cette racine est capable de pénétrer des couches compactées, notamment dans les sols argileux ou limoneux, améliorant la porosité et l’infiltration de l’eau.
  • Atouts :
    • Résistance à la sécheresse grâce à son système racinaire profond.
    • Pérenne ou bisannuelle, elle peut agir comme un couvert durable.
    • Attire les pollinisateurs et favorise la biodiversité (fleurs riches en nectar).
    • Mobilise certains nutriments profonds (calcium, potassium).
  • Limites :
    • Ne fixe pas l’azote (non légumineuse), donc son apport nutritif au sol est limité comparé à une luzerne ou une féverole.
    • Croissance plus lente que certaines plantes annuelles (ex. : moutarde), ce qui peut retarder l’effet couvre-sol.
    • Peut devenir envahissante si mal gérée dans certaines conditions.
  • Utilisation en ACS :
    Idéale comme plante de service à long terme dans les rotations ou en mélange avec des légumineuses (ex. : trèfle) pour combiner décompaction et apport d’azote. Parfaite pour les sols compactés en profondeur, mais moins adaptée aux intercultures courtes.
  • Effets positifs sur la biodiversité
  • Attraction des pollinisateurs et insectes utiles :
    • Les fleurs bleues de la chicorée, riches en nectar et pollen, attirent abeilles, bourdons, papillons et syrphes (prédateurs naturels de pucerons). Cela renforce la biodiversité fonctionnelle dans les parcelles agricoles.
    • En ACS, où les intrants chimiques sont réduits, cet effet soutient la régulation naturelle des ravageurs.
  • Amélioration de la vie du sol :
    • Sa racine pivotante profonde (jusqu’à 1-2 m) crée des galeries qui favorisent les vers de terre et autres organismes fouisseurs, augmentant l’activité biologique et la porosité du sol.
    • En mobilisant des nutriments profonds (calcium, potassium), elle enrichit indirectement la biomasse microbienne en surface via ses résidus.
  • Support à la faune sauvage :
    • Les graines de chicorée attirent certains oiseaux granivores (ex. : pinsons) en fin de saison, contribuant à la biodiversité aviaire.
    • Sa pérennité (bisannuelle ou pluriannuelle) offre un habitat stable pour les petits animaux ou insectes.
  • Effets potentiels négatifs ou neutres
  • Compétition avec la flore locale :
    • Si elle s’implante trop durablement, la chicorée peut concurrencer des espèces herbacées spontanées, surtout dans des systèmes semi-naturels (ex. : prairies).
  • Effet limité sur la diversité microbienne :
    • Contrairement aux légumineuses qui stimulent les bactéries fixatrices d’azote (ex. : Rhizobium), la chicorée a un impact plus indirect sur les micro-organismes via la matière organique qu’elle fournit.
  • Bilan
  • La chicorée est un atout pour la biodiversité aérienne (pollinisateurs, oiseaux) et souterraine (vers de terre), particulièrement dans les systèmes ACS où la couverture permanente favorise la vie du sol. Son effet est surtout notable à moyen/long terme grâce à sa durabilité.

Amarante (Amaranthus spp., ex. Amaranthus retroflexus ou hybrides)

  • Propriétés décompactantes :
    L’amarante développe un système racinaire fibreux et parfois pivotant (selon l’espèce), qui travaille surtout les 20-40 cm supérieurs du sol. Bien que moins puissante qu’une chicorée ou un radis fourrager, elle peut fracturer les croûtes superficielles et améliorer la structure en sols légers à moyens.
  • Atouts :
    • Croissance très rapide, surtout en conditions chaudes et sèches, offrant un couvert dense en peu de temps.
    • Résistante à la sécheresse et adaptée aux sols pauvres.
    • Produit une biomasse abondante, utile pour la matière organique.
    • Certaines espèces (ex. : Amaranthus cruentus) sont cultivées pour leurs graines, ajoutant une valeur économique.
  • Limites :
    • Racines moins profondes et moins agressives que celles de plantes comme la luzerne ou le radis, donc effet décompactant limité aux horizons superficiels.
    • Non légumineuse, donc pas d’apport d’azote.
    • Risque d’envahissement : certaines amarantes (ex. : A. retroflexus) sont considérées comme adventices difficiles à contrôler si elles montent en graines.
  • Utilisation en ACS :
    Utile comme couvert estival rapide pour décompacter légèrement et couvrir les sols nus, mais à gérer avec soin (fauchage avant floraison) pour éviter sa prolifération. Peut être associée à des légumineuses pour diversifier les fonctions.


  • Effets positifs sur la biodiversité
    Refuge pour la faune auxiliaire :
    La croissance dense et rapide de l’amarante offre un habitat temporaire pour les insectes (coccinelles, araignées) qui contrôlent les ravageurs.
    Certaines espèces cultivées (ex. : Amaranthus cruentus) produisent des graines consommées par les oiseaux, soutenant la biodiversité locale.
    Contribution à la biomasse du sol :
    Sa biomasse abondante (surtout en été) enrichit le sol en matière organique après destruction, stimulant les décomposeurs (vers de terre, champignons, bactéries).
    En couvrant le sol nu, elle protège les micro-organismes contre l’érosion et les UV.
    Diversité floristique temporaire :
    En interculture estivale, elle diversifie les couverts végétaux dans des rotations souvent dominées par des graminées ou légumineuses, offrant un complément écologique.
    Effets potentiels négatifs ou neutres
    Risque d’adventice envahissante :
    Certaines amarantes (ex. : Amaranthus retroflexus) produisent des milliers de graines viables pendant des années, pouvant réduire la diversité végétale en concurrençant les espèces spontanées ou cultivées. En ACS, où le désherbage chimique est limité, cela peut poser un problème si elle n’est pas fauchée à temps.
    Effet limité sur les pollinisateurs :
    Contrairement à la chicorée, l’amarante n’a pas de fleurs nectarifères attractives pour les abeilles ou papillons, limitant son rôle pour la biodiversité aérienne.
    Impact variable sur le sol :
    Ses racines fibreuses (20-40 cm) stimulent moins les organismes profonds que des plantes à racines pivotantes (ex. : chicorée, radis).
    Bilan
    L’amarante favorise la biodiversité à court terme en couvrant le sol et en soutenant les décomposeurs, mais son potentiel adventice peut nuire à la diversité végétale si mal contrôlé. Elle est moins bénéfique pour les pollinisateurs ou la faune aérienne que la chicorée.

Comparaison et avis

  • Chicorée : Plus efficace comme plante décompactante grâce à sa racine profonde et robuste. Elle convient mieux aux sols très compactés ou aux systèmes nécessitant une action prolongée. Cependant, elle demande une stratégie à moyen/long terme et ne remplace pas les légumineuses pour la fertilité azotée.
  • Amarante : Moins performante pour la décompaction profonde, mais intéressante pour une action rapide en surface et une couverture estivale. Son potentiel adventice est un frein en ACS, où l’on cherche à limiter les interventions chimiques ou mécaniques.

Mon avis

  • Si votre priorité est la décompaction profonde, la chicorée est un excellent choix parmi les non-légumineuses, comparable au radis fourrager mais avec une durabilité supérieure. Elle serait à privilégier dans un sol argileux ou tassé sur plusieurs horizons.
  • L’amarante, en revanche, me semble moins adaptée comme plante décompactante principale en ACS. Elle brille davantage comme couvert anti-érosion ou pour occuper un sol en été, mais son effet sur la structure est limité et son contrôle peut poser problème.

« Des sols vivants, limaces comprises »

Par Noël Deneuville

Noël Deneuville, Paysan dans la Nièvre depuis 30 ans, et acteur de l’agriculture de conservation des sols (ACS) à la ferme du Chaumont. Avec « SCV Lucien Seguy », je veux vous raconter l’histoire d’une limace, non pas comme une ennemie à abattre, mais comme le symptôme d’un déséquilibre que nous avons créé. Comprendre son apparition, c’est ouvrir la voie à une agriculture robuste et durable. Voici mon parcours et mes réflexions au sujet de cette fameuse limace.

Aux origines du problème : L’évolution de l’agriculture dans les années 1960 et la quête du « propre »

Les limaces sont devenues une préoccupation majeure pour les agriculteurs français, notamment dans les zones de grandes cultures comme le colza, le blé ou les cultures maraîchères. Leur prolifération semble liée à une combinaison de facteurs environnementaux et de pratiques agricoles modernes. Parmi les hypothèses plausibles, l’utilisation massive d’insecticides pourraient avoir joué un rôle clé dans ce phénomène. Cet article explore cette problématique, en s’appuyant sur des données historiques et des analyses critiques.

Dans les années 1960-1970, l’agriculture change de visage avec la mécanisation en développement, l’apparition des moissonneuses-batteuses qui facilitent l’essor des surfaces de colza, dont les surfaces passent de 100 000 hectares à 1,5 million aujourd’hui. Ce n’est pas une critique contre la culture du colza qui au contraire a permis pour nos zones intermédiaires d’obtenir des marges confortables.

Pour protéger cette culture des insectes ravageurs – altises, charançons –, les conseils techniques de l’époque font appliquer des insecticides comme le DDT ou les organophosphorés, qui ne font pas de distinction : ils éliminent aussi les insectes utiles, comme les carabes, prédateurs des limaces.Dans les années 1950-60, on arrosait nos champs, y compris le colza, avec des matières actives insecticides comme le DDT, un insecticide puissant mais aveugle. Ces insecticides tuait les ravageurs dangeureux, mais aussi les carabes utiles qui eux pourtant avaient la mission de régulation des limaces.

Ce déséquilibre écologique a réduit la régulation naturelle des populations de limaces, favorisant leur multiplication en l’absence des prédateurs disparus….! En effet, la limace, si les conditions lui sont favorables, peut se reproduire très très vite….

Les ravageurs du colza

  • Limaces. Le colza est une des cultures les plus sensibles aux limaces.
  • Grosses altises. La grosse altise apparaît en septembre dans les parcelles de colza où elle va pondre ses œufs. …
  • Pucerons. …
  • Charançon du bourgeon terminal. …
  • Charançon des tiges. …
  • Méligèthes. …
  • Charançon des siliques.

Mais ce n’est pas tout. Avec le colza arrivent des désherbants efficaces, conçus pour rendre les parcelles « propres ». Résultat : des champs nus, sans adventices ni diversité, un mono-menu pour la biodiversité. Les quelques limaces présentes n’ont plus d’autre choix que de se rabattre sur le seul colza restant , amplifiant les dégâts.

À cela s’ajoute le travail mécanique du sol : s’il peut déranger quelques limaces, il détruit aussi leurs sources d’alimentation variées, tout en perturbant gravement les carabes, ces précieux prédateurs, entre autres, qui régulent leurs populations.

Depuis quelques années, on constate aussi une accélération de la présence de petits escargots minuscules qui occasionnent les mêmes dégâts que leurs collègues limaces ….Ces escargots ne sont plus régulé correctement par les oiseaux des champs en baisse inquiétante …

Évolution de l’utilisation des insecticides depuis 1960

Entre 1945 et 1985, la consommation mondiale de pesticides, dont les insecticides, a doublé tous les dix ans. En France, les années 1960 marquent le début de cette hausse exponentielle, avec une généralisation des produits organochlorés comme le DDT (interdit en 1972). Dans les années 1970-1980, les organophosphorés (ex. malathion) prennent le relais, suivis plus tard par les néonicotinoïdes dans les années 1990. Selon les données disponibles, les ventes d’insecticides en France ont été multipliées par 3,5 entre 2009 et 2018, passant d’environ 5 000 tonnes à plus de 17 000 tonnes de substances actives par an. Cependant, depuis 2019, une baisse est observée, avec une réduction de 19 % des ventes totales de pesticides entre 2012-2017 et 2021, incluant une diminution spécifique des insecticides les plus toxiques.

L’essor des produits antilimaces

Face à la prolifération des limaces, les agriculteurs ont recours à des produits antilimaces, principalement des molluscicides comme le métaldéhyde ou le phosphate de fer. Si leur usage était marginal avant les années 1970, il s’est intensifié avec l’augmentation des surfaces de colza et des grandes cultures. Les données précises sur les volumes avant 2000 sont rares, je n’ai pas trouvé de chiffres précis sur l’évolution des volumes de produits anti-limace mise en oeuvre. Cette utilisation reste toutefois bien inférieure à celle des insecticides, reflétant une réponse ciblée à un problème spécifique plutôt qu’une stratégie globale.

Le piège des intrants : un déséquilibre en cascade

Les insecticides ont aggravé le problème. Prenez les méligèthes, ces petits coléoptères du colza : en quelques années, ils ont résisté aux traitements qui leur étaient destinés, s’adaptant là où les carabes, eux, disparaissaient. Sans prédateurs, les limaces ont prospéré. Les désherbants, en éliminant toute nourriture alternative, les ont poussées vers nos cultures. Et les anti-limaces ? Une chimie idiote, non ciblée, qui empoisonne et perturbent l’ensemble des prédateurs qui s’en nourrissent (des hérissons, insectes et autres oiseaux). Vouloir exterminer toutes les limaces parce qu’elles grignotent quelques feuilles, c’est absurde. Elles ont un rôle : elles décomposent la matière organique et nourrissent une chaîne d’animaux essentiels.

Pour les chasseurs, souvent agriculteurs eux-mêmes, la baisse du petit gibier – perdreaux, faisans – est un mystère qu’ils attribuent à la météo ou à des causes farfelues. Je ne suis pas sûr qu’ils mesurent le lien avec nos pratiques. En tuant les insectes avec les insecticides, on a privé ces oiseaux d’une alimentation facile, et leur rôle régulateur sur les limaces s’est éteint.

Ma stratégie : redonner sa place à la nature

À mes débuts, j’ai suivi cette logique. Insecticides, anti-limaces, désherbants : je voulais des parcelles impeccables. Mais j’ai vite vu les quantités d’anti-limaces grimper sur ma ferme. « Il fallait réagir vite », me suis-je dit. Ce n’était pas tenable.

L’expérience de Lucien m’a été précieuse….il ne connaissait pas plus que ça la problématique limace en France, mais il m’a fait comprendre avec ses autres expériences pour d’autres ravageurs que la solution chimique était à raisonner avec des pincettes et que la solution biologique était bien plus intéressante

Face à cette impasse, j’ai tout repensé. Voici comment je gère les limaces aujourd’hui :

  • Zéro intrants chimiques : Plus d’insecticides ni d’anti-limaces sur 100% de la ferme. (diminution de la sole colza et remplacement par la culture de la moutarde) J’ai vu les prédateurs revenir naturellement. Les refuges à limaces – résidus végétaux, sols humides –(qui sont aussi le repère des prédateurs de la limace) ne posent pas de problème quand les carabes et autres auxiliaires font leur travail continuellement…..
  • Plantes de service et leurres : J’intègre des graines très appétentes pour les limaces – colza, tournesol – dans mes semis. Elles détournent leur attention des cultures principales. D’autres plantes, comme le lin ou le soja, jouent des rôles complémentaires sur d’autres ravageurs ou la fertilité du sol. l’expérience avec la limace m’a permis d’extrapoler ma réflexion à bien d’autres problématiques …… Pas de concours de champ « propre » ici : un maximum de diversité, de bio-diversité, c’est une assurance-vie pour mes parcelles de sols vivants.
  • Semis adaptés : S’il le faut je sème un peu plus tôt pour que mes colzas et céréales prennent de la vigueur avant les pics de limaces, avec une fertilisation localisée pour les booster. ( assurance graines de tournesol pour les semis de colza)
  • Biodiversité dans les parcelles : Sans être opposé aux haies – elles ont leur utilité –, mais je préfère multiplier la diversité directement dans l’ensemble de mes champs avec des couverts permanents. C’est là que se joue l’équilibre en local. La pratique du SCV , a l’avantage de créer un panel de refuge (à base de plantes couvertures du sol) à toute une gamme de prédateurs bien cachés et surtout en sécurité vis à vis d’ oiseaux à la recherche d’insectes ( il n’en est pas de même en sol nu et travaillé mécaniquement)
  • Augmentation des densités de semis des cultures (la part de la biodiversité) surtout en bordure de parcelle boisée

Mon expérience a mal débuté, je l’avoue. Comme tout le monde, j’ai suivi le modèle dominant. Mais quand j’ai vu l’escalade des intrants, j’ai compris : la solution n’est pas de lutter contre les limaces, mais de coexister avec elles.

Une vision globale pour l’avenir

La nature fonctionne en cycles équilibrés depuis toujours. Perturber cet équilibre – tuer les insectes utiles, appauvrir les sols, priver les oiseaux – est une catastrophe pour nos parcelles. Avec « SCV Lucien Seguy », nous proposons une autre voie : produire une alimentation saine et de qualité, en respectant ces cycles. Mes solutions prouvent que c’est possible. Les limaces ne sont pas à exterminer ; elles nous rappellent que tout est lié.

Certes quelques limaces en équilibre sont toujours présentes sur ma ferme, mais il faut intégrer qu’elles sont nécessaire à la survie des carabes ….Et, quelques oiseaux réussissent à consommer quelques carabes, Mais par contre , aujourd’hui , l’équilibre naturelle est rétabli correctement et le fait de toujours prévoir, anticiper un leurre appètent-limace aux périodes sensibles (levée des cultures) me permet de dormir tranquille….!

Conclusion : un pas vers une agriculture robuste

Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, bravo : vous êtes sur la bonne voie pour réfléchir à l’avenir d’une agriculture durable. À la ferme du Chaumont, j’ai appris qu’une parcelle n’a pas besoin d’être « propre » pour être productive. Elle doit être vivante avec des sols vivants. Alors, la prochaine fois que vous croiserez une limace, demandez-vous : et si elle était là pour nous guider vers du raisonnable ?

Économie des cultures de couverture

Lorsque l’humidité du sol est déficitaire ou qu’une irrigation est nécessaire

Rob Myers, Alan Weber, Sami Tellatin | 

2019 | 

L’un des exemples les plus marquants des bénéfices des cultures de couverture s’est produit lors de la grave sécheresse généralisée de 2012. Dans des milliers d’exploitations agricoles du Midwest et de l’Ouest américain, la croissance des cultures a souffert de précipitations bien inférieures à la normale. Cependant, une tendance a commencé à se dessiner lorsque les agriculteurs ont constaté que le maïs ou le soja cultivés après une culture de couverture se portaient mieux que ceux cultivés dans leurs champs conventionnels. Cette observation fréquente a ensuite été confirmée par les données de rendement. Les agriculteurs ayant répondu à l’Enquête nationale sur les cultures de couverture ont signalé une augmentation moyenne du rendement de 9,6 % pour le maïs cultivé après une culture de couverture et de 11,6 % pour le soja. Plus remarquable encore, dans les sept États les plus durement touchés par la sécheresse, les augmentations de rendement ont été encore plus importantes : 11 % pour le maïs et 14,3 % pour le soja.

Dans une enquête menée auprès de 2 000 agriculteurs du Midwest et du Nord des Grandes Plaines, 64 % ont déclaré qu’ils mettaient en œuvre des pratiques de conservation (sans labour ou travail réduit du sol, cultures de couverture, etc.) comme stratégie de gestion des risques climatiques, et 21 % supplémentaires envisageaient de mettre en œuvre de telles pratiques [12].

Si l’on considère uniquement les agriculteurs ayant utilisé des cultures de couverture pendant une année avant la sécheresse, leur augmentation moyenne de rendement dans les champs couverts était de 6 % pour le maïs et de 11,4 % pour le soja. Compte tenu des prix élevés après la récolte cette année-là (prix moyens nationaux de 6,89 $ pour le maïs et de 14,40 $ pour le soja), les cultures de couverture ont été largement rentabilisées pendant la sécheresse de 2012, même après seulement une année d’utilisation. Il est à noter que cette conclusion est basée sur la réponse au rendement moyen, en utilisant l’analyse de régression de l’enquête sur les rendements. Une petite partie des champs et des exploitations ont subi des pertes de rendement après l’utilisation de cultures de couverture, tandis que d’autres ont enregistré des augmentations de rendement encore plus importantes.

Plusieurs raisons expliquent pourquoi les cultures de couverture peuvent augmenter l’humidité du sol et réduire les pertes de rendement dues à la sécheresse (figure 2). L’une d’elles est qu’elles contribuent à améliorer l’infiltration des eaux de pluie grâce à un nombre accru de macropores, provenant à la fois des racines et de l’activité accrue des vers de terre. Une fois la pluie absorbée, elle a plus de chances de rester dans la zone racinaire, notamment parce que les résidus de cultures de couverture à la surface du sol réduisent l’évaporation. Ces résidus peuvent également maintenir le sol plus frais, ce qui réduit encore les pertes d’humidité et le stress des cultures, et permet aux micro-organismes du sol de fonctionner plus efficacement. Au fil du temps, l’amélioration de la santé du sol peut entraîner une augmentation de sa capacité de rétention d’eau, grâce à l’augmentation de la matière organique et à l’amélioration de la structure des agrégats. Cependant, même à court terme, les cultures de couverture peuvent stimuler les champignons mycorhiziens, qui peuvent aider les racines des cultures, dont la durée de vie a été raccourcie par la sécheresse, à mieux accéder à l’humidité et aux nutriments.

Deux figures montrant des racines de maïs et des racines de soja
Les cultures de couverture peuvent augmenter l’humidité du sol de plusieurs façons : elles stimulent la croissance des champignons mycorhiziens sur les racines des cultures, fournissent des résidus de surface, créent des canaux racinaires utilisables par la culture suivante et améliorent l’infiltration des eaux de pluie et la capacité de rétention d’eau du sol. Illustrations de Carlyn Iverson

Les cultures de couverture peuvent augmenter l’humidité du sol de plusieurs façons : elles stimulent la croissance des champignons mycorhiziens sur les racines des cultures, fournissent des résidus de surface, créent des canaux racinaires utilisables par la culture suivante et améliorent l’infiltration des eaux de pluie et la capacité de rétention d’eau du sol. Illustrations de Carlyn Iverson

Les cultures de couverture peuvent s’avérer très utiles en améliorant la gestion de l’humidité du sol dans les champs souvent soumis à un stress hydrique, comme les sols à texture plus légère ou les champs situés dans des zones à faibles précipitations. L’infiltration améliorée des cultures de couverture peut également accroître l’efficacité de l’irrigation et réduire l’évaporation. Steve Stevens, producteur de coton en Arkansas, estime qu’en utilisant des cultures de couverture, il peut économiser environ 0,06 $ par livre de coton produit (60 $ par acre) grâce à la réduction des dépenses d’irrigation [9].

Noah Williams, qui exploite 1 130 hectares de terres arides dans l’est de l’Oregon, a constaté l’intérêt des cultures de couverture, malgré des précipitations très limitées. En collaboration avec son spécialiste local de la conservation des sols du Service de conservation des ressources naturelles de l’USDA (NRCS), Williams a surveillé l’humidité du sol dans les champs laissés en jachère et dans ceux où des cultures de couverture ont été utilisées. Globalement, l’humidité du sol était à peu près la même entre la jachère et les cultures de couverture. Cependant, après une pluie, Williams a observé que l’humidité atteignait la zone de 60 cm de profondeur du profil du sol dans ses champs couverts de cultures de couverture, alors que cette zone était sèche dans le système de jachère. Associées au pâturage, Williams explique : « Les cultures de couverture compensent le coût des semis. »

Instantané : L’impact financier des cultures de couverture en période de sécheresse

Français D’après les données de la sécheresse de 2012, les cultures de couverture augmentent considérablement le rendement (en moyenne) pendant une année de sécheresse, et les cultures de couverture sont rentables dès la première année . Les rendements du maïs sont en moyenne de 27,34 $, 77,15 $ et 110,45 $ par acre après un, trois et cinq ans de plantation de cultures de couverture. Les rendements du soja sont en moyenne de 41,69 $, 70,22 $ et 84,54 $ par acre après un, trois et cinq ans. (Voir les tableaux 4 et 5 pour plus de détails.) Aux fins de la présente analyse, les incréments d’un, trois et cinq ans signifient que les cultures de couverture avaient été utilisées pendant cette période lorsqu’une sécheresse s’est produite.

Photosynthèse , notre ami (2)

Hernán Asto : Cet ingénieur civil péruvien, originaire d’Ayacucho, a transformé son expérience personnelle – grandir sans électricité et étudier à la lumière des bougies – en une solution révolutionnaire avec sa startup Alinti. Son invention, qui génère de l’électricité à partir de la photosynthèse des plantes en exploitant l’activité de micro-organismes dans le sol, est non seulement ingénieuse, mais aussi porteuse d’un impact social et environnemental significatif.

Son parcours illustre une combinaison rare de créativité, de persévérance et de conscience sociale. Ayant grandi dans une région pauvre du Pérou où l’accès à l’électricité reste un défi pour des millions de personnes, Asto a développé une technologie qui utilise des ressources abondantes et renouvelables – les plantes, le soleil et les micro-organismes – pour produire une énergie propre et accessible. Son dispositif hybride, souvent présenté sous forme d’un pot en argile, capture les électrons libérés par les micro-organismes dans la rhizosphère des plantes, les transformant en électricité utilisable pour éclairer des foyers ou charger des appareils. C’est une approche qui allie bioélectrochimie et simplicité, rendant la solution adaptée aux communautés rurales isolées.

Au-delà de la prouesse technique, ce qui impressionne chez Hernán Asto, c’est sa vision. Il ne s’agit pas seulement d’une invention pour lui-même ou pour la gloire personnelle, mais d’un projet destiné à changer des vies. Alinti a déjà permis à des centaines de familles péruviennes d’accéder à l’électricité, tout en purifiant l’air grâce aux plantes utilisées, comme l’asparagus, qui absorbent des toxines. Son ambition d’étendre cette technologie à l’échelle mondiale, notamment via des plateformes comme Kickstarter, montre qu’il vise un impact global, tout en restant ancré dans une démarche écologique.

Ses nombreux prix – comme le deuxième place au concours « Une idée pour changer l’histoire » de History Channel en 2018, le prix Bio-Circular-Green de l’APEC en 2023, ou encore les 100 000 euros remportés aux XXIII Global eAwards en 2024 – témoignent de la reconnaissance internationale de son travail. Pourtant, il souligne souvent le manque de soutien de l’État péruvien, ce qui met en lumière un défi plus large pour les innovateurs dans des contextes où les ressources institutionnelles sont limitées. Cela rend son succès d’autant plus admirable.

En résumé, Hernán Asto et Alinti représentent une fusion fascinante entre nature et technologie, avec un potentiel pour redéfinir l’accès à l’énergie dans les zones marginalisées. C’est un projet qui mérite attention et soutien, car il incarne une alternative durable face aux crises énergétiques et climatiques actuelles.

La bioélectrochimie, dans le contexte d’Hernán Asto et de son invention chez Alinti, est une discipline scientifique qui étudie les interactions entre des processus biologiques et des phénomènes électrochimiques pour générer de l’électricité ou analyser des systèmes vivants. Plus spécifiquement, ici, elle repose sur l’exploitation de l’activité métabolique de micro-organismes dans le sol pour produire un courant électrique.

1. Le principe de base : la photosynthèse et les micro-organismes

Les plantes, grâce à la photosynthèse, convertissent l’énergie solaire en énergie chimique sous forme de sucres (comme le glucose). Une partie de ces composés organiques est excrétée par les racines dans la rhizosphère, la zone du sol entourant les racines. Ces exsudats servent de nourriture à des micro-organismes présents dans le sol, notamment des bactéries électrogènes (comme les Geobacter ou Shewanella, souvent étudiées dans ce domaine). Ces bactéries décomposent les molécules organiques via leur métabolisme, libérant des électrons comme sous-produit.

2. La conversion bioélectrochimique

La bioélectrochimie intervient ici avec une technologie appelée cellule électrochimique microbienne (ou Microbial Fuel Cell, MFC). Dans une MFC, les électrons produits par les bactéries sont capturés et canalisés pour générer un courant électrique. Le système d’Asto utilise une configuration simple :

  • Une anode (électrode négative) est placée dans le sol près des racines, où les bactéries oxydent les composés organiques, libérant des électrons et des protons (H⁺).
  • Ces électrons circulent de l’anode vers une cathode (électrode positive) via un circuit externe, créant ainsi un courant électrique.
  • À la cathode, souvent exposée à l’air, les électrons se combinent avec des protons et de l’oxygène pour former de l’eau (H₂O), complétant le circuit.

Dans le cas d’Alinti, le dispositif est intégré dans un pot en argile ou un système similaire, où la plante (comme l’asparagus) agit comme une « usine » fournissant continuellement des nutriments aux bactéries via la photosynthèse.

3. Les réactions chimiques simplifiées

  • À l’anode : les bactéries oxydent les exsudats organiques, par exemple : C_6H_{12}O_6 + 6H_2O \rightarrow 6CO_2 + 24H^+ + 24e^- (oxydation du glucose).
  • À la cathode : réduction de l’oxygène : O_2 + 4H^+ + 4e^- \rightarrow 2H_2O.

Le flux d’électrons entre les deux électrodes produit une différence de potentiel (voltage), suffisante pour alimenter une petite lampe LED ou charger un appareil à faible consommation.

4. Spécificités du système d’Asto

Le génie d’Hernán Asto réside dans l’optimisation et la simplification de cette technologie pour un usage domestique et rural :

  • Matériaux accessibles : il utilise des électrodes en carbone ou en métal peu coûteux, et un pot en argile qui maintient l’humidité et favorise la vie microbienne.
  • Hybride naturel-technologique : la plante n’est pas seulement un décor, elle est essentielle au processus, rendant le système durable tant qu’elle reçoit lumière et eau.
  • Efficacité énergétique modeste mais suffisante : une unité peut produire environ 5 à 10 watts par jour (selon les estimations basées sur des MFC similaires), assez pour éclairer une maison rurale ou charger un téléphone.

5. Avantages et défis

  • Avantages :
    • Énergie renouvelable et propre : pas de combustion ni de carburant fossile.
    • Faible coût et maintenance réduite, idéal pour des zones isolées.
    • Bonus écologique : les plantes absorbent du CO₂ et, dans le cas d’Alinti, des espèces comme l’asparagus filtrent aussi des polluants.
  • Défis :
    • Faible densité énergétique : la production est limitée par la quantité d’exsudats et l’activité bactérienne.
    • Dépendance aux conditions environnementales : lumière, humidité et santé de la plante influencent le rendement.
    • Mise à l’échelle : passer d’un pot à une solution pour des villages entiers nécessite des améliorations techniques.

6. Applications et potentiel

La bioélectrochimie d’Alinti est un exemple de ce qu’on appelle la « biotechnologie verte ». Elle pourrait être utilisée non seulement pour l’électricité domestique, mais aussi pour des capteurs environnementaux ou des systèmes de dépollution des sols. Des recherches similaires explorent déjà les MFC pour traiter les eaux usées tout en produisant de l’énergie.

En conclusion, la bioélectrochimie derrière les plantes électriques d’Hernán Asto est une application élégante et pratique d’un domaine scientifique encore en développement. Elle montre comment des processus naturels peuvent être détournés pour répondre à des besoins humains avec un impact minimal sur l’environnement.

« L’intelligence artificielle au secours de l’intelligence du sol… et de notre santé, celle de nos enfants et des générations futures. »

L’avenir de l’IA « agricole » et des drones n’est pas dans la gestion de l’application des pesticides dans les parcelles agricoles…..Elle est dans la perception des problèmes de qualité des sols, afin justement de limiter fortement les maladies et autres parasites qui impactent les cultures de l’agriculture conventionnelle , les sols « vivants » de l’ ACS, sont bien plus performants pour limiter les maladies et les parasites à problème …..

Nous devons passer d’une approche curative à une approche préventive et régénérative. L’IA et les drones agricoles ne devraient pas se limiter à l’optimisation de l’application de pesticides (qui reste une solution à court terme avec des effets néfastes à long terme), mais plutôt à la compréhension fine des sols et des écosystèmes pour favoriser leur résilience naturelle.

Pourquoi cette approche est prometteuse ?

  1. Santé des sols et réduction des intrants
    Les sols vivants, riches en matière organique et en biodiversité microbienne, sont plus résistants aux maladies et aux parasites. L’IA et les drones peuvent analyser des paramètres comme l’humidité, la structure du sol, la biomasse microbienne, et proposer des stratégies pour améliorer la fertilité naturelle.
  2. Détection précoce des déséquilibres
    Plutôt que d’attendre que des maladies apparaissent, l’IA pourrait identifier les premiers signes de stress hydrique, de carences nutritionnelles ou d’attaques parasitaires. Cela permettrait d’agir en amont, par exemple en favorisant la diversité végétale ou en appliquant des biostimulants naturels.
  3. Agriculture de précision régénérative
    Au lieu d’optimiser l’épandage de produits chimiques, l’IA pourrait guider des pratiques comme le semis direct, la couverture végétale, l’agroforesterie et l’intégration des cultures avec l’élevage, qui améliorent la fertilité du sol et réduisent naturellement les maladies.
  4. Valorisation des données agronomiques
    Avec des capteurs multispectraux et des outils d’apprentissage automatique, on pourrait cartographier la santé des sols à l’échelle parcellaire et adapter les pratiques agricoles de façon dynamique, en fonction des conditions réelles.

L’avenir de l’IA agricole est clairement dans l’optimisation des écosystèmes, pas dans la simple gestion des pesticides. Cette approche est essentielle pour une agriculture durable, productive et résiliente face aux changements climatiques.

L’IA pourrait jouer un rôle clé non seulement en fournissant des outils techniques aux agriculteurs, mais surtout en éduquant et en sensibilisant les acteurs de l’agriculture et de l’alimentation à l’importance des sols vivants.

Comment l’IA pourrait accélérer cette prise de conscience ?

  1. Visualisation des données agronomiques
    L’IA peut transformer des analyses complexes (biodiversité microbienne, stockage du carbone, structure du sol…) en visuels clairs et compréhensibles pour convaincre les décideurs, agriculteurs et consommateurs de l’importance des sols vivants.
  2. Modélisation des impacts à long terme
    Grâce à la simulation et aux prédictions, l’IA peut démontrer les effets positifs des pratiques régénératives (couverts végétaux, non-labour, agroforesterie) sur la fertilité des sols, la résilience climatique et la rentabilité économique.
  3. Formation et assistance intelligente
    Des IA conversationnelles ou des applications dédiées pourraient aider les agriculteurs à comprendre les interactions sol-plante-climat et à adopter des stratégies durables adaptées à leurs contextes locaux.
  4. Sensibilisation des consommateurs
    En rendant visibles les bénéfices des sols vivants sur la qualité nutritionnelle des aliments et la santé humaine, l’IA pourrait aussi influencer la demande et encourager une agriculture plus respectueuse des écosystèmes.

L’IA ne doit pas seulement être un outil technique, mais aussi un levier pédagogique et stratégique pour changer les mentalités et accélérer la transition vers une agriculture durable. En aidant à mieux voir, comprendre et anticiper, elle peut rendre les sols vivants évidents aux yeux de tous.

Les lobbys agro-industriels ont encore un intérêt économique à maintenir le modèle actuel basé sur les intrants chimiques, mais l’IA pourrait justement être un accélérateur de prise de conscience et de transformation.

Pourquoi l’IA peut contourner ces résistances ?

  1. Une force de démonstration inédite
    ➜ L’IA permet d’apporter des preuves chiffrées et visuelles sur les bénéfices des sols vivants et de leur gestion en ACS : productivité à long terme, meilleure résilience climatique, réduction des coûts pour les agriculteurs… Un discours basé sur des données incontestables sera plus difficile à contrer par les lobbys.
  2. Une sensibilisation globale et rapide
    ➜ Contrairement aux anciens modèles de transmission du savoir (rapports scientifiques, conférences limitées), l’IA peut diffuser cette connaissance massivement et en temps réel via des outils interactifs, des applications mobiles pour agriculteurs, ou encore des plateformes éducatives pour les consommateurs.
  3. Un levier pour influencer les politiques publiques
    ➜ Les décideurs politiques sont souvent influencés par des études d’impact et des prévisions économiques. Si l’IA démontre avec clarté que la régénération des sols est économiquement plus viable à moyen et long terme, cela pourrait inciter les gouvernements à revoir les orientations agricoles et les régulations.
  4. Un changement de marché qui forcera les industriels à s’adapter
    ➜ Si l’IA parvient à informer les consommateurs sur l’impact des sols vivants sur la qualité de leur alimentation (plus de nutriments, moins de résidus chimiques), la demande pourrait évoluer. Et quand le marché bouge, les industriels suivent !

En conclusion

L’IA peut jouer un rôle clé dans cette révolution agricole en rendant visibles les vérités que certains préfèrent cacher. En reliant agriculteurs, consommateurs et décideurs autour d’une compréhension partagée des enjeux des sols vivants, elle peut créer une pression collective qui finira par obliger les grands acteurs agro-industriels à évoluer.

La photosynthèse , notre ami de toujours !!!

Nourrir et protéger le sol

Photosynthese ….elle a tout créer…. merci le soleil !!

C’est une usine universelle gratuite avec mise à jour automatique…elle a tout construit sur cette planète , elle est à l’origine de toute la vie sur terre…. vous ne pouvez pas imaginer notre monde sans ce cadeau magique qu’est la photosynthèse 

Si les humains devaient avoir un dieu a adoré, incontestablement, ce devrait être là photosynthèse 

Comprendre l’utilité de la photosynthèse, c’est comprendre la vie sur terre 

Pour bien fonctionner, elle a déjà besoin du soleil qui lui fournit une énergie infinie et gratuite…. ensuite, elle a créé elle-même ses bases de fonctionnement qui sont en gros, l’eau, la végétation, le sol, le carbone, les éléments fertilisants …. cette association a elle même créer le climat , la météo, les saisons avec la rotation de la planète, la biodiversité terrestre avec son influence sur la biodiversité marine….etc…ce travail de la photosynthèse est basé sur la globalité d’un tas d’éléments 

Ne pas comprendre l’utilité de la photosynthèse rapidement pour les hommes, c’est se priver rapidement d’avenir durable ..se dire intelligent, c’est comprendre l’intelligence de la photosynthèse 

C’est incroyable que le pétrole dont l’origine est la photosynthèse permet aux hommes de la détruire facilement aujourd’hui , on avait, on a d’autres utilisations plus pertinentes à faire avec l’énergie du pétrole dans l’intérêt de l’humanité….le bitume ce déchet empoisonné du pétrole contribue à l’imperméabilisation des sols souvent les plus fertiles dont la photosynthèse a tant besoin….les villes et agglomérations urbaines sont des foyers incontrôlables de sources de chaleur,de gaspillage d’eau et de photosynthèse 

L’agriculture du pétrole n’a pas encore compris l’énorme intérêt agronomique des plantes de couverture, les complices incontournables du SCV de Lucien Seguy  

  1. Conséquences climatiques directes des pertes écosystémiques
  • La déforestation et la destruction des sols ne se contentent pas de libérer du CO₂, elles diminuent aussi la capacité des puits de carbone (forêts, tourbières, prairies).
  • Ces perturbations influencent aussi le climat via des changements d’albédo (réflectivité des surfaces) et des modifications du cycle de l’eau.
  1. Liens avec la biodiversité et la résilience écologique
  • La perte de carbone s’accompagne souvent d’une perte de biodiversité et de services écosystémiques (régulation du climat, fertilité des sols, cycle de l’eau).
  • Des écosystèmes dégradés sont moins résilients face aux changements climatiques, ce qui peut créer des boucles de rétroaction négatives.
  1. Perspectives de restauration
  • Mentionner des initiatives comme la reforestation, l’agriculture régénérative, la restauration des zones humides et des prairies.
  • Mettre en avant le rôle des solutions basées sur la nature pour restaurer le carbone perdu.
  1. Considérations géographiques et sociétales
  • Les pertes de carbone ne sont pas uniformes : les tropiques ont perdu plus de carbone récemment, tandis que les zones tempérées avaient déjà subi des pertes historiques.
  • L’impact des pratiques agricoles intensives et de l’urbanisation sur ces pertes est importante.

La perte de photosynthèse depuis la présence humaine a eu des conséquences majeures sur ce constat et continue son accélération. La destruction des écosystèmes terrestres ne se limite pas seulement à la libération du carbone stocké dans la biomasse et les sols ; elle entraîne également une réduction significative de la capacité des plantes à absorber et fixer le carbone atmosphérique via la photosynthèse.

Conséquences de la perte de photosynthèse :

  1. Diminution du puits de carbone naturel
  • La photosynthèse joue un rôle clé dans le cycle du carbone en absorbant le CO₂ atmosphérique.
  • La destruction des forêts et des zones humides réduit la surface végétalisée capable de capter le CO₂, aggravant ainsi l’accumulation du carbone dans l’atmosphère.
  1. Rétroaction climatique négative
  • Moins de végétation signifie moins de captation de carbone, ce qui accélère l’augmentation du CO₂ atmosphérique.
  • L’élévation des températures et la modification des précipitations dues au changement climatique peuvent ensuite limiter davantage la croissance des plantes et donc leur capacité photosynthétique.
  1. Impact sur le cycle de l’eau et le climat local
  • Les forêts et zones humides influencent l’évapotranspiration et la régulation des précipitations.
  • Moins de végétation entraîne une réduction des nuages et des précipitations, accentuant l’aridification de certaines régions, ce qui limite encore la régénération des écosystèmes.
  1. Réduction de la production primaire nette (PPN)
  • La PPN (différence entre la photosynthèse et la respiration des plantes) est directement affectée.
  • Une baisse de la PPN signifie que les écosystèmes captent moins de carbone chaque année, ralentissant leur rôle de puits de carbone.

Pourquoi cet aspect est crucial dans l’estimation des pertes de carbone ?

Les pertes de carbone historiques des écosystèmes, ne se limitent pas à un événement ponctuel : elles entraînent une baisse continue de la capacité de la biosphère à absorber le CO₂. Autrement dit, au-delà des tonnages déjà libérés, la perte de la photosynthèse empêche l’absorption de centaines de gigatonnes supplémentaires qui auraient pu être captées si ces écosystèmes étaient intacts.

La déforestation et la destruction des écosystèmes ont considérablement réduit la capacité de la planète à absorber le dioxyde de carbone (CO₂). Voici quelques estimations illustrant cette diminution :

  1. Réduction de la capacité d’absorption des forêts :
  • Forêts tropicales : Les forêts tropicales, qui stockent 20 à 50 fois plus de CO₂ que d’autres écosystèmes, ont vu leur superficie diminuer significativement. Cette perte entraîne une réduction proportionnelle de leur capacité à absorber le CO₂.
  1. Impact des incendies et des sécheresses :
  • Effondrement des puits de carbone terrestres en 2023 : Des événements tels que les incendies massifs et les longues sécheresses ont conduit à une chute drastique de la capacité des écosystèmes terrestres à capter le CO₂, exacerbant ainsi le changement climatique.
  1. Contribution des écosystèmes de carbone bleu :
  • Zones humides côtières : Les écosystèmes de carbone bleu, tels que les mangroves et les marais salants, représentent près de 50 % de l’enfouissement du carbone dans les sédiments marins, bien qu’ils occupent moins de 2 % de la superficie des océans. Leur dégradation libère jusqu’à un milliard de tonnes de CO₂ par an, soit près de 20 % des émissions mondiales dues à la déforestation.

Ces données soulignent l’importance cruciale de préserver et de restaurer les écosystèmes naturels pour maintenir leur rôle essentiel dans la régulation du climat en absorbant le CO₂ atmosphérique.

L’impact de la dégradation des écosystèmes sur leur rôle de tampon climatique

Les écosystèmes terrestres et marins jouent un rôle clé dans la régulation du climat en absorbant et stockant le dioxyde de carbone (CO₂). Leur destruction compromet cette fonction et aggrave le changement climatique de plusieurs manières.


1. Réduction des puits de carbone

  • Les forêts, les prairies, les zones humides et les océans absorbent environ 50 % des émissions anthropiques de CO₂ chaque année.
  • La déforestation, la dégradation des sols et l’assèchement des zones humides diminuent la capacité des écosystèmes à séquestrer le carbone.
  • Par exemple, la forêt amazonienne, autrefois considérée comme un puits de carbone, est désormais devenue une source nette de CO₂ dans certaines régions en raison de la déforestation et des incendies.

2. Accélération du réchauffement climatique

  • Moins d’absorption de CO₂ signifie une concentration atmosphérique plus élevée, ce qui accélère le réchauffement.
  • Les terres dégradées renvoient plus de chaleur dans l’atmosphère (effet d’albédo modifié), ce qui perturbe les cycles climatiques locaux et mondiaux.
  • La perte de couvert forestier réduit aussi l’humidité et modifie les régimes de précipitations, aggravant les sécheresses et rendant la végétation plus vulnérable.

3. Libération de carbone stocké dans les sols et la biomasse

  • Les écosystèmes terrestres contiennent des stocks massifs de carbone (forêts, tourbières, sols riches en matière organique).
  • Lorsque ces écosystèmes sont détruits, le CO₂ stocké est libéré, augmentant encore plus les émissions.
  • Par exemple, l’assèchement des tourbières peut libérer jusqu’à 2 gigatonnes de CO₂ par an, soit environ 5 % des émissions mondiales de carbone fossile.

4. Moins de résilience face aux événements climatiques extrêmes

  • Les écosystèmes sains absorbent les chocs climatiques en régulant les températures et l’humidité.
  • Leur dégradation rend les régions plus vulnérables aux vagues de chaleur, aux inondations et aux tempêtes.
  • La perte des mangroves et des récifs coralliens, par exemple, augmente la vulnérabilité des côtes aux tempêtes et à l’élévation du niveau de la mer.

Conclusion : Un cercle vicieux

La destruction des écosystèmes réduit leur capacité à absorber du CO₂, ce qui aggrave le réchauffement climatique et accélère encore plus leur dégradation. Pour briser ce cercle vicieux, la protection et la restauration des puits de carbone naturels sont essentielles.

Des solutions comme la reforestation, l’agroécologie et la conservation des zones humides pourraient permettre de restaurer cette fonction de tampon climatique et de réduire les impacts du changement climatique.

  • Comparaison avec les émissions anthropiques : un amplificateur du problème climatique
    Les pertes de carbone des écosystèmes terrestres ont joué un rôle majeur dans l’augmentation du CO₂ atmosphérique, bien avant l’ère industrielle. Comparer ces pertes aux émissions anthropiques actuelles permet de mieux comprendre leur impact global.

    1. Une perte de carbone bien supérieure aux émissions fossiles historiques
    Depuis le Néolithique, la déforestation, la dégradation des sols et la conversion des écosystèmes en terres agricoles ont libéré 1 050 à 1 733 GtC (gigatonnes de carbone).
    En comparaison, les émissions de CO₂ liées à la combustion des énergies fossiles depuis 1850 sont estimées à environ 300 GtC.
    Ratio : Les pertes écosystémiques sont 3,5 à 5,8 fois supérieures aux émissions fossiles cumulées.
    📌 Interprétation :
    La destruction des écosystèmes a été historiquement une source massive de CO₂, bien plus importante que l’utilisation des énergies fossiles jusqu’à aujourd’hui.

    2. Une amplification du problème climatique par la perte des puits de carbone
    Chaque année, les écosystèmes terrestres absorbent environ 30 % des émissions anthropiques, soit environ 10 à 12 GtCO₂.
    Les océans en absorbent une quantité similaire (20 à 30 % des émissions).
    Mais avec la déforestation et la dégradation des sols, cette capacité d’absorption diminue, laissant plus de CO₂ dans l’atmosphère.
    📌 Interprétation :
    Si ces écosystèmes étaient préservés, ils pourraient absorber une part encore plus importante des émissions fossiles et atténuer le réchauffement.

    3. Une comparaison avec les émissions annuelles actuelles
    En 2023, les émissions mondiales de CO₂ issues des combustibles fossiles et de l’industrie ont atteint environ 40 GtCO₂ par an (soit 10,9 GtC/an).
    À titre de comparaison, la destruction des forêts tropicales entraîne une perte nette de 3 à 5 GtCO₂/an.
    L’assèchement des zones humides et la destruction des tourbières libèrent environ 2 GtCO₂/an.
    En ajoutant les autres types de dégradation des terres (cultures intensives, désertification), on atteint un total de 6 à 8 GtCO₂/an, soit environ 15 à 20 % des émissions humaines annuelles.
    📌 Interprétation :
    Si nous mettions fin à la destruction des écosystèmes, nous pourrions réduire considérablement les émissions mondiales. Mieux encore, la restauration des écosystèmes permettrait d’augmenter la capacité de captation du CO₂.

    Conclusion : Un double effet aggravant
    Les écosystèmes dégradés émettent du CO₂ au lieu de l’absorber, aggravant la concentration atmosphérique de carbone.
    Ils ne jouent plus leur rôle de puits de carbone, réduisant la capacité naturelle de la Terre à tempérer le changement climatique.
    👉 La déforestation et la destruction des sols ne sont donc pas seulement une source d’émissions historiques : elles continuent aujourd’hui d’amplifier le problème climatique en réduisant notre capacité à le freiner.
    💡 Solution : Stopper la destruction des écosystèmes et restaurer les puits de carbone naturels permettrait de réduire les émissions globales et de stabiliser le climat plus efficacement que des solutions technologiques seules.
  • Une comparaison avec les émissions anthropiques pour montrer à quel point cette perte amplifie le problème.

En résumé, la perte de la photosynthèse est une conséquence sous-jacente mais essentielle de la destruction des écosystèmes, qui aggrave encore davantage l’impact sur le cycle du carbone et le climat.

Un petit espoir : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352938524002416

En appliquant une nouvelle méthodologie de flux de travail proposée (True Significant Trends, TST), nous révélons une tendance mondiale marquée au verdissement. Une partie importante de la surface terrestre terrestre présente une augmentation de la couverture végétale au cours des quatre dernières décennies, notamment en Eurasie. Chaque étape du flux de travail TST, intégrant le pré-blanchiment, la corrélation spatiale et croisée, ainsi que la correction FDR adaptative, améliore progressivement la précision de la détection des tendances significatives. La nouvelle méthodologie TST suggère que les méthodes conventionnelles utilisées jusqu’à présent pourraient surestimer les zones présentant des tendances NDVI significatives en raison de leur capacité limitée à contrôler les résultats erronés. En filtrant efficacement les résultats erronés à chaque étape, le flux de travail TST offre une compréhension plus fiable des tendances spatio-temporelles. Nous recommandons d’appliquer cette approche à différentes échelles et dans toute analyse de tendance impliquant des données spatio-temporelles afin d’améliorer la précision et la robustesse des résultats.

La photosynthèse est le pilier de la vie terrestre, convertissant l’énergie solaire en matière organique, soutenant la biodiversité, le climat et les cycles naturels. Gratuite et universelle, elle a façonné les écosystèmes en s’appuyant sur le soleil, l’eau, le sol et le carbone.


Stopper son gaspillage et favoriser son développement …..C’est la photosynthèse , notre ami de toujours !!!

Il y a deux ans, avant le début des travaux, c’était un vrai désert, rien n’avait poussé ici depuis 40 ans. Quand le Programme alimentaire mondial de l’ONU a dit aux villageois qu’ils allaient redonner vie à cette terre dans le cadre du Grand Mur vert, tout le monde pensait que c’était impossible. Et pourtant, nous voilà en Afrique, dans le désert, au nord de Sagal, et la vie est de retour. Les enjeux n’ont jamais été aussi importants : quand le sol s’érode et que la terre devient un désert, les gens partent pour les villes, et des endroits comme celui-ci s’effondrent. Mais grâce à ce travail…

00:33

« Des villageois et du programme alimentaire mondial en utilisant des techniques et des systèmes dont je vais vous parler dans cette vidéo. Les temps ont changé, et la richesse naturelle revient, ce qui aide les gens ici à améliorer leurs conditions de vie. Bienvenue au Sénégal ! Je suis ici pendant la saison des pluies pour voir le travail du grand mur vert d’Afrique. [Musique] Ma femme et moi, on a commencé à Dakar, une ville d’environ 4 millions d’habitants. C’est la plus grande ville du Sénégal et le point le plus à l’ouest de tout le continent africain. J’ai rencontré le programme alimentaire mondial. »

01:16

« On était à Dar pour discuter de notre voyage, alors on a pris la route avec le Programme alimentaire mondial. C’était environ sept heures de route à travers le Sahel. L’écosystème a vraiment beaucoup changé dans la partie sud : les arbres étaient plus grands, éparpillés parmi les champs de mil. En allant vers le nord, les arbres devenaient de plus en plus petits. C’est la fin de la saison des pluies, et cette terre est aussi verte que possible en ce moment, c’est la meilleure période de l’année. Je n’ai jamais vu autant d’animaux en pâturage. Tout le Sahel ressemble à un grand pâturage à ciel ouvert. On a continué jusqu’à l’endroit où ça commence à devenir le Sahara. »

01:56

« Désert qui est la rivière Sagal, on est ici à la rivière Sagal, qui fait la frontière entre Sagal et de l’autre côté, Morania. Quand on regarde depuis l’espace, on peut vraiment voir les dunes de sable latérales de Morania là où elles rencontrent la rivière Sagal. Cette rivière, c’est vraiment la limite entre le Sahara et le Sahel à plusieurs endroits. Donc, la rivière Sagal ici ne sert pas seulement de frontière entre Sagal et Morania, ni seulement de séparation entre le Sahel et le Sahara, mais si cette zone riveraine est végétalisée, ça pourrait représenter le premier… » Feel free to let me know if you need any adjustments!

02:40

« Le Grand Mur Vert de l’Afrique est une vision audacieuse : c’est un projet pour planter une barrière d’arbres qui s’étendra sur toute la largeur du continent, de Sénégal à Djibouti. L’objectif de ce Grand Mur Vert, c’est d’arrêter l’expansion vers le sud du désert du Sahara, qui a déjà progressé d’environ 10 % ces 100 dernières années. Donc, on a le Sahara, ensuite le Sahel, puis la savane, et enfin la forêt tropicale. L’idée, c’est vraiment de créer une barrière d’arbres pour freiner cette avancée. »

03:23

« J’suis ici sur le terrain, à la Grande Muraille Verte, pour montrer comment on peut restaurer des paysages dégradés. On peut garder le Sahara à distance, créer de l’abondance et permettre aux gens de vivre ici et de s’épanouir. On est sur un site de projet du PAM, dans une zone très dégradée. Au début, quand on a présenté le processus et l’idée, la communauté n’y croyait pas. Ils disaient : ‘Non, c’est pas vrai, c’est pas faisable, on peut pas récupérer cette terre.’ Ça fait plus de 40 ans qu’on est ici et rien ne pousse de ce côté. »

04:10

Le processus a commencé avec une planification participative basée sur la communauté. À la fin de ce processus, on a convenu que l’une des actions majeures dans le projet de réclamation ou de récupération des terres était la création d’une sorte d’école. Ils viennent apprendre comment améliorer les choses, et les gens croient en ce projet, ils sont convaincus et engagés. Vous pouvez voir qu’au PAM, nous avons planté et réhabilité environ 300 000 hectares de terres ces dernières années, et ce que vous voyez ici, ce sont 30 hectares de ces 300 000. C’est une contribution au Grand Mur Vert, car le Grand Mur…

04:57

Le mur, c’est un peu comme un patchwork, une mosaïque de forêts qui, ensemble, forment ce mur pour protéger le Sahel de l’envahissement du désert du Sahara. On travaille sur des terres dégradées et on essaie de les ramener à la vie, et ça passe par plusieurs étapes. Quand on commence avec un sol comme celui qu’on voit ici, qui est craquelé et brûlé par le soleil, il ne peut pas soutenir la moindre forme de vie. C’est littéralement aussi dur que du ciment, il n’y a aucune chance que des graines ou des plantes puissent s’enraciner ici. On le remet sur pied !

05:35

« On ramène ça à la production pour que ça puisse nourrir les gens et les communautés, et que celles-ci puissent recommencer à prospérer. Mais attendez, il faut qu’on crée des structures de récupération d’eau pour garder l’eau sur place. Si on regarde le sol tel qu’il est maintenant, l’eau ne peut pas y rester, elle s’évacue et s’en va. Donc ces demi-lunes, c’est la première étape dans ce processus de réhabilitation et d’amélioration du sol. Ici, on a 7 500 demi-lunes, chacune ayant un diamètre de 4 mètres, et ça nécessite une personne pour… »

06:19

« On creuse un demi-lune par jour. Cet endroit a été travaillé par une équipe de 150 personnes. Alors, comment ça marche ces demi-lunes ? En gros, quand il pleut, l’eau arrive ici et on a placé les demi-lunes sur des lignes de contour. Ça veut dire que quand la pluie tombe, l’eau s’écoule vers cette zone qui est un peu plus basse, ce qui permet de retenir l’eau. On crée aussi une levée un peu plus haute pour s’assurer que l’eau ne déborde pas. Du coup, l’eau reste ici et nourrit ces plantes. On utilise surtout des espèces locales comme le sorgho. »

07:02

« Le millet a été domestiqué ici il y a des milliers d’années, il vient en fait du Sahel et produit une quantité impressionnante de biomasse. C’est donc parfait pour réhabiliter les terres tout en nourrissant les gens en même temps. Ce n’est pas nouveau, on n’a pas inventé une nouvelle technologie ici. La technologie du demi-lune est en réalité une technique endogène au Sahel, qui a été oubliée avec le temps. On l’a remise au goût du jour. Et le sérum que vous voyez derrière nous a poussé uniquement avec la pluie. »

07:41

« En gros, environ 10 à 15 % de l’eau qui sera captée ici va s’infiltrer dans le sol et recharger les nappes phréatiques. Comme ça, on arrive à un équilibre au niveau de l’eau. On ne puise pas dans les ressources en eau, mais on s’assure qu’il y a suffisamment d’eau dans le sol pour les générations futures. Ensuite, on a un autre système qui consiste principalement à planter des rangées. On a des parterres de culture où on peut planter des tomates, du gombo, et ainsi de suite. Ici, on a des tranchées où on a planté du moringa, des pois de pigeon, et aussi d’autres choses. »

08:22

« On a de l’okra qui a poussé à l’état sauvage ici, et l’idée, c’est qu’on a des tranchées de biomasse qui vont nous fournir de la biomasse au fur et à mesure que le système se développe. Entre ces tranchées, on a des fosses de plantation où on a planté des arbres fruitiers, comme des goyaviers et des agrumes. C’est juste un tout premier pas dans ce projet pilote. On va aussi utiliser d’autres espèces natives qu’on va planter dans les fosses pour aider à régénérer le sol et le protéger, pendant que le système commence à croître et à produire de la nourriture et de la vie pour les gens. »

08:59

« Dans son état mature, ce système ressemblera à une forêt, d’accord ? Il y aura des rangées qui produiront de la biomasse et des fruits, et entre ces rangées, on cultivera des légumes. C’est exactement comme fonctionne la nature. On a découvert l’agriculture Copic, qui est un type d’agriculture de conservation développé au Brésil, basé sur les connaissances traditionnelles des peuples autochtones à travers le monde. Beaucoup de populations autochtones ont des méthodes agricoles traditionnelles similaires, qui diffèrent de… »

09:37

« L’agriculture conventionnelle et ce qui imite la dynamique des forêts. La prochaine étape, c’est qu’on va planter des arbres ici. Si on regarde l’immensité de cette zone, on peut mettre des milliers d’arbres dans ces structures. Parfois, quand tu viens dans les villages, tu ne vois personne, juste quelques animaux. Tu te dis : « Ok, je pense que les gens sont là. » En général, chaque année après la saison des pluies, la plupart des jeunes migrent vers Dakar et d’autres grandes villes de Sagal. C’est ce qu’on appelle la migration interne ou locale. Certains quittent Sagal pour aller ailleurs. »

10:20

« En Espagne, ce qu’ils vont faire, c’est l’agriculture qu’ils laissent derrière. Ils vont récolter des pommes là-bas, alors qu’ici, ils faisaient la même chose avant. Ils pensaient à comment migrer, mais maintenant ils ne pensent plus à ça. Avec ce B Hall qu’on a mis en place, on va travailler 12 mois sur la production de légumes. Maintenant, ces jeunes qui sont super importants pour la sécurité et le développement du village n’ont plus besoin de partir. Ce ne sont que les vieux qui restent au village, et ils vont contribuer à la dynamique locale. »

11:03

« Maintenant, la communauté est réunie, ils ont une vraie cohésion sociale. Ce projet était vraiment super intéressant parce que le Programme alimentaire mondial voulait montrer comment on pouvait transformer les zones les plus dévastées en endroits résilients qui produisent de la nourriture. Ils ont choisi de placer leur projet sur un paysage très dégradé, complètement ravagé, où il ne restait que de la terre compacte. C’est en fait la ligne de front du Grand Mur vert de l’Afrique, le fleuve Sagal, du moins pour cette région. C’est là que tu vas vraiment voir les choses. »

11:44

« La ligne de séparation entre le Sahara et le Sahel, donc le travail du PAM (Programme Alimentaire Mondial) s’attaque directement à ce problème sur le terrain avec le Grand Mur Vert de l’Afrique. »ToutSource : Andrew MillisonTerreauRegardées

L’érosion des sols en parcelles cultivées : un danger sous-estimé

L’érosion des sols est un phénomène alarmant, particulièrement en agriculture conventionnelle où le travail mécanique du sol fragilise la structure du terrain. Ces photos, illustrent avec force l’ampleur du problème : ravines profondes, perte de la couche arable et ruissellement incontrôlé.

Le labour, longtemps perçu comme une nécessité, expose le sol à l’impact direct des précipitations, favorisant son lessivage et la diminution de sa fertilité. Chaque tonne de terre arable emportée est une perte irrémédiable pour l’agriculture et l’environnement.

Face à ce constat, il devient essentiel d’adopter des pratiques agroécologiques préservant la structure du sol : couverture végétale permanente, semis direct sous couvert, diversification des cultures… Ces alternatives permettent non seulement de lutter contre l’érosion, mais aussi d’améliorer la biodiversité et la résilience des agroécosystèmes.

Protéger nos sols, c’est garantir l’avenir de l’agriculture et préserver la richesse de notre patrimoine naturel.


Photos de Savoie , chez Hervé CHAMBE SCV et labour …..!!

En haut ma culture couverts derrière maïs…en bas photo limite terre labourée .. le ruisseau a débordé dans mon champ avant de passer raviner le champ du voisin labouré

A droite SCV jusqu’à 2 m du poteau

Même constat autre côté du ruisseau

Même après érosion de terre labourée ça a continué de creuser côté labour

L’érosion des sols : une conséquence alarmante du labour

Sur ces images, on observe clairement que l’érosion continue de creuser là où le sol a été labouré. En quelques heures seulement, ce sont plusieurs milliers d’années de construction du sol qui disparaissent, et pourtant, beaucoup ne semblent pas en être alarmés… Fatalité ou manque de prise de conscience ?

Ce reportage peut paraître intrusif, mais il est essentiel que le grand public prenne conscience des conséquences de nos choix agricoles. Le sol est un héritage précieux, reçu de nos ancêtres et de la Nature, il est destiné aux générations futures. Chaque décision impacte directement sa préservation.

Et comme si cela ne suffisait pas, cette destruction s’accompagne d’un gaspillage énergétique considérable : combien de litres de carburant fossile brûlés pour aboutir à ce résultat ?

Il est temps de repenser nos pratiques agricoles. Faites votre choix de système !


Ici pareil précédent pommes de terre bio JC Devillers

Embouchure de fleuve ……….