Agir sur le climat local avec la photosynthèse

https://www.terre-du-futur.fr/agir-sur-le-climat-local-photosynthese-cedric-cabrol/

Les travaux de Cédric Cabrol, agro-éco-climatologue

Protéger le climat local est vital dans le contexte changement climatique rapide que nous connaissons.

Cette évolution climatique a une origine anthropique, qui provient des émissions de gaz à effet de serre rejetés dans l’atmosphère par les activités humaines. Ce changement a et aura des conséquences de plus en plus défavorables sur nos conditions de vie, tout en pouvant devenir une menace existentielle. 

Cédric Cabrol, chercheur en agro-éco-climatologie s’intéresse de près à la photosynthèse. Il en fait un indicateur essentiel pour réguler le climat.

Le changement climatique est global, mais n’est pas uniforme sur la planète.  Il est d’abord plus fort sur les continents, et accentué dans l’hémisphère nord par la répartition géographique des continents. Le pôle nord se réchauffe plus vite que l’équateur ce qui modifie les flux d’échanges thermiques entre ces deux régions et affectant fortement et rapidement le climat.

En Europe, et plus notamment en France, les températures ont augmenté de près de 2 degrés, soit près de deux fois plus que la moyenne du globe. Les régimes de précipitations évoluent à la baisse et se concentrent en hiver.  Des sécheresses de plus en plus fréquentes, fortes et longues s’installent, affectant la disponibilité en eau du pays. Les systèmes agricoles souffrent et des tensions autour de cette disponibilité en eau apparaissent. Les heurts autour des bassines de Sainte Soline en témoignent.  

Les politiques qui sont proposées pour juguler ce réchauffement climatique agissent principalement sur les émissions de gaz à effet de serre. Ce sont des politiques de long terme. Hors, il faut agir à court et moyen terme pour limiter les effets du réchauffement, en protégeant le cycle de l’eau. C’est en agissant sur le climat local que nous pourrons reprendre la main sur la disponibilité en eau. C’est ce qu’étudie activement et rigoureusement Cédric Cabrol.

La photosynthèse, indicateur clé

Cédric Cabrol organise ses travaux en suivant l’évolution de la photosynthèse des territoires. Il estime que c’est un indicateur clé à suivre car celui-ci résume globalement l’activité végétale.

Pour mémoire la photosynthèse est la réaction chimique qui produit le monde végétal à partir de trois éléments principaux : 

  • L’énergie, sous forme lumineuse, qui vient du soleil ;
  • L’eau, contenue dans les sols ;
  • Le gaz carbonique, contenu dans l’atmosphère.

D’autres éléments comme certains sels minéraux du sol facilitent la croissance des végétaux.

Pour Cédric Cabrol la photosynthèse est un indicateur important car représentatif de l’évapotranspiration des végétaux. Cette évapotranspiration est essentielle pour réguler le climat local car :

  • Elle absorbe de la chaleur (et fait donc baisser localement la température) ;
  • Elle augmente la concentration de l’atmosphère en vapeur d’eau.   

L’évaporation permet donc de modérer la température locale puis, d’évacuer cette énergie ailleurs dans l’atmosphère par la chaleur latente contenue dans la vapeur d’eau. Cet effet est connu, notamment en ville où les arbres contribuent à rafraichir l’air ambiant. 

Pour visionner la vidéo de Cédric Cabrol qui présente le résultat de ses travaux

Dans la présentation, Cédric Cabrol aborde notamment les sujets suivants :

  • L’évolution des températures comparée Europe / Amérique du Nord ;
  • La dérive climatique européenne ;
  • L’accélération de la dérive climatique ;
  • Part des gaz à effet de serre dans l’évolution du climat ;
  • Le causes annexes dans l’évolution du climat ;
  • L’intensification des sécheresses ;
  • Le déficit de vapeur d’eau au-dessus du continent européen ;
  • La clim du climat ;
  • La photosynthèse ;
  • La perte de capacité à générer des nuages ;
  • Corrélation évolutions méthodes agricoles et climat ;
  • La structure des sols ;
  • La recharge des sols en eau ;
  • Les leviers pour générer des précipitations;
  • Et beaucoup d’exemples concrets d’actions sur le climat local. 

Agir sur l’évapotranspiration au niveau local

Augmenter la concentration en vapeur d’eau dans l’atmosphère contribue aussi à favoriser les précipitations localement et sur le trajet du déplacement de la masse d’air.

Cet effet est essentiel sur les continents, au-dessus desquels jusqu’à 70% des précipitations peuvent provenir de ces effets d’évapotranspiration des végétaux et non directement de l’évaporation des océans.

C’est pourquoi maintenir un niveau d’évapotranspiration sur les continents est essentiel. Pour

Cédric Cabrol, le niveau de photosynthèse est représentatif de l’évapotranspiration. Et cet indicateur peut se surveiller par satellite.

Si la Terre du Futur recommande de développer les massifs forestiers, Cédric Cabrol élargit l’horizon en s’intéressant aux modes de production agricole.  Sans que ce soit limitatif, l’agroforesterie, la régénération des sols ou encore les prairies pour les élevages favorisent la photosynthèse sur des durées longues, simplement parce qu’au départ ces cultures facilitent l’infiltration des eaux dans les sols en comparaison des cultures intensives s’appuyant sur un machinisme onéreux et lourd. Il faut donc accroitre la part de végétation permanente sur les territoires. 

Conclusion : accroitre la part de végétation permanente

Les travaux de Cédric Cabrol sont présentés dans deux vidéos, l’une au format court de 40 minutes, l’autre plus détaillée sur 2 heures cinquante minutes.

Ces vidéos très didactiques sont étayées de nombreux exemples et d’expérimentations très parlants. 

Notre capacité à résister aux effets du changement climatique sur les 30 à 40 prochaines années dépendra de notre aptitude à gérer nos sols pour maintenir le cycle de l’eau. Pour cela il faut pouvoir comprendre quelles sont les interactions entre les sols, le végétal (agriculture et forêts) et l’atmosphère. Ces interactions sont déterminantes dans la fabrication du climat : celui-ci résulte pour une bonne partie de la couverture végétale des continents. C’est ce que Cédric Cabrol a bien compris et nous explique. 


Cet article agir sur le climat local avec la photosynthèse pour résumer les travaux de Cédric Cabrol a été rédigé par Frédéric Durdux

Démonstration Climatique: Top emballement!

Par Cédric Cabrol

la Nature fait tout pour refroidir……l’homme fait tout pour réchauffer……!!

Même en voulant refroidir avec une climatisation qui fonctionne avec du courant électrique ….on a besoin, nous les hommes de dégager de la chaleur ..

La végétation de la Nature, au contraire, a besoin de la chaleur du soleil pour fabriquer sa photosynthèse…..C’est pour cela que l’on se met tous a l’ombre des arbres, même les animaux, quand la chaleur du soleil est trop importante….

la Nature fait tout pour refroidir…!!

La végétation terrestre avec la vie qu’elle génère est un réservoir d’eau immense, elle reçoit la pluie, la régule, ralenti son ruissellement, empêche l’érosion, organise les échanges avec la nappe phréatique, protège le sol, crée des réserves, stocke efficacement du carbone, protège et nourri la biodiversité, fabrique notre nourriture, filtre notre eau pour la rendre potable, nous fabrique du bois….etc…..

Mais surtout, comme le montre cette vidéo de Cédric Cabrol , la végétation refroidi l’atmosphère, alimente régulièrement l’évaporation et crée de nouvelles pluies…..Cette végétation beaucoup trop négligée par nos cerveaux humains met en mouvement constant l’eau en cycles continus pourvu, que l’on la laisse fonctionner un minimum

Bien sûr suivant les situations les performances de cette végétation sont différentes, mais les principes sont les même …..Dès qu’il a présence de végétation vivante, il y a un minimum d’évaporation qui se crée doucement et durablement pour alimenter les flux de vapeur d’eau atmosphérique, et c’est bien une sorte de régulation d’évaporation continue dans la durée qui se met en place régulièrement grâce à la végétation …..

l’homme fait tout pour réchauffer……!!

Cette humanité invincible…..!! Allons nous tirer rapidement des leçons de nos erreurs….!!

Chaque m2 de terre, de sol qui reçoit les rayons du soleil à un moment de la journée, même infime, est vitale pour l’avenir de l’humanité.

Même raisonnement pour chaque goutte d’eau, qui s’est cassée la tête pour arriver sur une feuille verte, vivante d’une plante. Si ses collègues « gouttes d’eau » s’écrasent, sur du béton, bitume artificiel , l’organisation des cycles hydriques sont totalement bouleversée, les cycles naturels sont rompus …

La Nature se casse la tête depuis des millions d’années pour recouvrir de végétation tous les cailloux, rochers et ainsi créer le sol vivant, réserve logistique si importante pour les plantes.

En architecture, il devrait être interdit de laisser apparaître des façades de béton ou autres matériaux inertes. Les architectes devraient capter chaque goutte de pluie et chaque rayon de soleil dans leurs constructions fonctionnelles.

Il n’y a pas que l’agriculture qui doit se remettre en question, c’est toute la société qui doit réagir vite à une orientation végétale maximum.

Au niveau agricole, avec les SCV de Lucien Séguy, les solutions de productions alimentaires efficaces avec végétation maximum sont déjà largement validés et exposés sur ce site et dans de nombreuses exploitations agricoles partout dans le monde…

Réflexions de M. ALLAN SAVORY

Allan Savory

https://pitchstonewaters.com/two-princeton-mit-scientists-say-epa-climate-regulations-based-on-a-hoax/

À l’origine en anglais et traduit par Gloogle

https://pitchstonewaters.com/two-princeton-mit-scientists-say-epa-climate-regulations-based-on-a-hoax… Deux climatologues à la retraite de Princeton et du MIT. Les réglementations climatiques « ne sont pas basées sur des faits scientifiques mais plutôt sur des opinions politiques et des modèles spéculatifs qui se sont constamment révélés erronés ». Ils affirment que tout repose sur un consensus évalué par les pairs, mais affirment, à juste titre, je crois : « La science n’a jamais été élaborée par consensus… Peu importe qu’il y ait un consensus. Peu importe qu’un lauréat du prix Nobel dise que c’est vrai ; s’il n’est pas d’accord avec les observations, c’est faux ». « La science, au contraire, n’a besoin que d’un seul chercheur qui ait raison, ce qui signifie qu’il ait des résultats vérifiables par référence au monde réel… En science, le consensus n’a pas d’importance. Ce qui est pertinent, ce sont des résultats reproductibles. Tant de choses sont douces à mes oreilles, tout comme leur description du manque d’éthique dans le monde universitaire. Cependant, de la même manière, en niant le changement climatique dû aux actions humaines, ils ne sont pas eux-mêmes en mesure de commettre les mêmes péchés qu’ils accusent leurs pairs de commettre. Par exemple, aucune mention de la perte factuelle de la biodiversité mondiale, de la désertification et des méga-incendies qui alimentent désormais le changement climatique et s’alimentent les uns les autres. Pour avoir découvert, dans les années 1960, la cause de milliers d’années de désertification d’origine humaine et le fait qu’elle ne peut aujourd’hui être inversée qu’en utilisant l’élevage, ainsi que le processus de planification basé sur 1 000 ans d’expérience militaire européenne, j’ai eu le même diffamation académique et « experte ». Ceci malgré des milliers d’observations, étayées par des essais, des recherches, de la documentation et bien plus encore, et pas un seul élément de preuve scientifique, d’observation ou de critique contraire. Seules des preuves d’experts universitaires faisant autorité parce qu’ils disent que c’est faux, et des articles évalués par des pairs approuvant les condamnations les uns des autres sans même étudier le sujet – condamnation sans fin du professeur Dr Joe Schuster, David Briske, Holocheck et d’autres, pour la plupart des universités du Texas, Nouveau-Mexique, Arizona et Oxford. Je pense que déplorer un tel comportement institutionnel ne fait désormais qu’aggraver le chaos que les experts universitaires proposent aux dirigeants mondiaux lors des conférences successives sur le climat, ainsi que les querelles et les conflits pendant que notre navire coule. C’est la raison pour laquelle j’ai proposé une suggestion simple et sans risque il y a deux ans lors de la COP26. Si suffisamment de personnes soutenaient une telle action directe réconciliatrice, je crois que nous pourrions encore unir l’équipe humaine derrière une bonne science et une collaboration harmonieuse à notre heure de besoin.

Allan Savory.

«L’agriculture de conservation des sols, remède à l’effondrement de l’Europe agricole». Par Gérard Rass Par Gérard Rass 16 mai 2022 à 14:40

«Des bénéfices environnementaux, climatiques, économiques et, pourtant, aucune promotion de ces techniques en Europe», déplore l’ingénieur agronome

L’agriculture de conservation des sols (ACS) n’est pas une nouveauté. Ce système de culture est issu du semis direct consistant à semer et conduire une culture sans aucun travail mécanique, né dans les années 1960 en Amérique du Nord et répandu sur tout le continent. Le but était alors de lutter contre l’érosion.

Très vite, des agriculteurs pionniers au Brésil et en Argentine ont vu que l’ennemi de la conservation de leur sol résidait dans sa mise à nu et sa dévitalisation par le travail mécanique, l’exposition à la pluie et au soleil, et donc l’érosion qui emporte la terre de surface, la plus riche en humus et la plus fertile. Ils ont introduit une couverture végétale avant la culture principale, et mis au point les « systèmes de semis direct » (les trois pionniers brésiliens, Herbert Bartz, Nono Pereira et Franke Djikstra, furent accompagnés par l’ingénieur allemand Rolf Derpsch, qui a consacré sa vie à l’ACS).

Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement a théorisé ces principes et mis en œuvre outre-mer le semis direct sur couverture végétale (Lucien Séguy, scientifique du Cirad, consacra sa vie à son développement, et fut très populaire auprès des agriculteurs pionniers français qu’il a accompagnés). Ainsi est née l’agriculture de conservation des sols, officialisée par un groupe d’experts de la FAO à Madrid en 2001 lors du 1er congrès mondial de l’agriculture de conservation.

Combinaison. Elle se définit par la combinaison simultanée des trois pratiques : la suppression totale du travail mécanique du sol (donc le semis direct), la couverture permanente du sol par des cultures commercialisables ou par une couverture végétale intermédiaire vivante ou morte (donc incompatible avec le travail du sol, même réduit), et enfin la rotation diversifiée des végétaux.

En complément
Thierry Blandinières (In Vivo): «Il est temps de réagir et de réenvisager l’agriculture européenne, avec son plein potentiel»
Crise alimentaire: et maintenant, la sécheresse…
Lettre ouverte aux étudiants d’AgroParisTech: «Ne niez pas le progrès, encouragez-le!»
L’ACS, s’appuyant sur les meilleurs agriculteurs et experts de terrain, offre de nombreux bénéfices pour les agriculteurs et la collectivité. D’abord, la protection des sols agricoles. Ensuite, l’augmentation de la matière organique du sol : l’humus (gain de 1% en cinq ou dix ans), allié à la diversité des plantes produites, donne un gain de fertilité naturelle gratuit. Puis une vie des sols plus active et plus équilibrée, réduisant pathogènes, parasites, herbes indésirables, et donc recours aux engrais et produits antiparasitaires et herbicides.

Elle séquestre aussi le carbone dans le sol par les plantes, soustrait ainsi du CO2 de l’atmosphère, réduisant effet de serre et réchauffement de l’atmosphère. Ceci a inspiré l’initiative internationale 4 pour 1000 pour la sécurité alimentaire et le climat, lancée par la France à la COP21 de Paris en 2015, à laquelle les acteurs de l’ACS ont fortement contribué. On développe aussi une moindre dépendance à l’énergie fossile (fuel et engrais azotés), qui induit une réduction des coûts et un potentiel de production supplémentaire pour des usages énergétiques (biogaz, biocarburants), sous réserve que les besoins alimentaires et ceux du sol soient satisfaits.

«Ses bénéfices expliquent le développement de l’ACS dans les pays où les agriculteurs sont libres de leurs choix techniques, échappent aux discriminations réglementaires ou aux politiques de contraintes subventionnées dissuadant l’innovation»
On note aussi une meilleure adaptation des sols à la sécheresse et à la valorisation de l’eau, une biodiversité accrue dans les parcelles, mais également une production agricole rentable et durable, par l’accroissement des rendements offrant la possibilité de laisser place à la biodiversité (flore et faune sauvages) sur les surfaces les moins aptes.

Ces bénéfices expliquent le développement de l’ACS dans les pays où les agriculteurs sont libres de leurs choix techniques, échappent aux discriminations réglementaires ou aux politiques de contraintes subventionnées dissuadant l’innovation. Les surfaces cultivées de cette façon dans le monde sont en forte croissance, atteignant 200 millions d’hectares. L’Amérique latine est le leader le plus dynamique, avec en premier lieu l’Argentine qui, en moins de dix ans, a transformé une majorité de soja en monoculture et semis direct en ACS très performante, avec des rotations diversifiées incluant maïs, blé, orge, seigle, colza, tournesol, légumineuses et intégrant des productions animales.

L’Afrique, au-delà de l’Afrique australe, plus avancée, développe avec succès l’ACS à travers des partenariats entre agriculteurs africains et argentins, ou sous l’impulsion de leaders ouverts à l’innovation technique comme le président du Ghana.

Lobbys. En Europe, les surfaces en ACS ont stagné depuis les années 1980 aux alentours d’un à quelques pourcents, selon les pays, freinées par le mythe du travail du sol et par l’essor des techniques culturales simplifiées. Mais en France, depuis une dizaine d’années, sous l’impulsion de groupes d’agriculteurs novateurs, l’agriculture de conservation des sols se développe, malgré le désintérêt persistant des pouvoirs publics, de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et des instituts techniques. En cause, les politiques agricoles dictées par les lobbys écologistes, hostiles à la notion même de production et d’entrepreneuriat agricole et à l’utilisation de solutions modernes de protection et nutrition des plantes ou d’amélioration génétique.

L’interdiction politique du glyphosate ou des OGM, sans base scientifique, est un exemple criant du décrochage européen dans le concert des nations ouvertes à l’agriculture et à la liberté d’entreprendre. Dépendant de plus en plus des subventions pour compenser leur manque de profitabilité, les agriculteurs européens peuvent difficilement se risquer à innover dans leurs pratiques. La politique agricole européenne Farm to fork, réduisant les surfaces cultivées et limitant la production à l’hectare à travers l’agriculture biologique, est une menace majeure pour la sécurité alimentaire, dénoncée par de nombreux experts de la FAO à la Banque mondiale, et exacerbée par le conflit ukrainien. Farm to fork doit être rapidement stoppé.

A l’inverse, une politique volontariste favorisant la libération des entreprises agricoles dans la voie de l’amélioration des sols par l’ACS permettrait à notre agriculture de répondre aux enjeux majeurs de sécurité alimentaire, de dépendance aux énergies fossiles, d’évolution climatique, de gestion de l’eau, de biodiversité, le tout à un coût minimal pour les finances publiques. Cela suppose que les agriculteurs puissent utiliser le glyphosate, comme c’est le cas partout dans le monde pour détruire la végétation spontanée ou implantée avant semis.

Les technostructures étatiques subventionnées ayant failli à la développer, les associations pionnières d’agriculteurs en ACS, rodées au développement agricole, ont un rôle majeur de locomotive. Seul l’agriculteur qui a vécu les angoisses du risque existentiel du changement de système agricole pour son revenu, pour sa vie familiale, qui les a surmontés et a réussi techniquement et économiquement la transformation de son écosystème de production pour le rendre plus productif, plus durable et profitable, saura guider ses confrères avec bienveillance, leadership et la pédagogie nécessaires.

Le Global conservation agriculture network rassemble de tels leaders mais ils ne peuvent, seuls, impulser la dynamique nécessaire contre les forces qui la freinent. Devant la gravité des enjeux agronomique, alimentaire et climatique, les responsables politiques doivent apporter leur appui. Cela peut se faire sans argent public en développant les marchés volontaires de compensation carbone, rémunérant les agriculteurs pour stocker le carbone dans leurs sols.

Le temps n’est plus aux irréelles promesses électorales dogmatiques. L’agriculture de conservation des sols a été développée par des agriculteurs ouverts à ce qui se fait de mieux dans le monde, mais ils sont handicapés par la doxa de l’écologisme politique dominant. Y aura-t-il en Europe des responsables politiques porteurs de solutions concrètes aux problèmes, pour reconnaître l’ACS et ses acteurs, et libérer le monde agricole de ses entraves ?

Références : David Zaruk (Risk-Monger), André Heitz (Seppi Over-blog), Jean-Paul Oury (Genetic Literacy) , FAO global soil partnership

Gérard Rass est ingénieur agronome, secrétaire du Global conservation agriculture network, et membre du collectif Science technologies actions.

Connais-t-on bien cette Nature

Est-il possible de sonder la Nature ….? Je l’a connais mal cette Nature, mais je sais quand même que la Nature n’a jamais fait que de se préoccuper de la santé de ses sols , et elle fait cela depuis des millions d’années, du coup, ça à l’air d’un système un peu abouti , il n’y a pas à se poser d’autres questions et pour avoir un sol en santé, il ne faut aucune perturbation mécanique, aucune intervention, d’ailleurs un sol vivant (donc nourri) est complètement structuré pour fonctionner à fond (aller essayer de faire un trou dans une forêt « non perturbée » ) Pour les haies, voilà un gros gadget , je ne suis pas anti-haie , je dis simplement que l’on prête beaucoup trop de vertus aux haies , par contre reproduire les avantages des haies partout sur les parcelles cultivées, là ça commence à devenir vraiment intéressant , et cela s’appelle le SCV dont le maître est M. Lucien Séguy ….Avec le SCV en parcelles agricoles, c’est comme-ci on avait des haies sur toutes la surfaces de la parcelle ….l’avenir de l’Agriculture , ce sont les SCV : lucien seguy.fr

Deneuville Noêl

Couverts multi-espèces de plantes multi-services ( Octobre 2022)

Des agriculteurs « réinventent » leurs tâches en améliorant l’état des sols

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2003945/temiscamingue-methode-csv-sols-cultures

L’agronome Louis Pérusse fait pousser des plantes adaptées à l’ombrage, comme dans ce champ de maïs.

PHOTO : RADIO-CANADA / BIANCA SICKINI-JOLY

« Il faut se réinventer, tout coûte de plus en plus cher », souligne Gilles Bérubé.

Le producteur de cultures commerciales à la Ferme Lubé, à Notre-Dame-du-Nord, fait partie d’une cohorte de six producteurs du Témiscamingue qui tentent de modifier leurs pratiques pour conserver les sols.

Il faut diminuer nos tâches de travail. La main-d’œuvre nous est aussi difficile à trouver, ajoute-t-il.

Les agriculteurs intègrent le système de semis directs sur couverture végétale permanente (SCV). Une méthode pour éviter de labourer le sol et réduire l’usage des pesticides.

L’un des copropriétaires de la Ferme Lubé, Gilles Bérubé, a apprécié les conseils de l’agronome Louis Pérusse.

PHOTO : RADIO-CANADA / BIANCA SICKINI-JOLY

Gilles Bérubé a amorcé ses démarches il y a cinq ans. Ses premières expériences avec le maïs n’avaient pas été fructueuses. Il en apprend davantage sur la méthode depuis le mois de décembre.

Le but de tout ça, c’est d’enrichir nos sols, de ne pas les voir se dégrader. On sait qu’il y a des endroits où les sols se dégradent, qu’ils se compactent. On veut éliminer ça. On a la chance de pouvoir profiter des expériences des autres, autant bénéfiques que [celles] qui ont été désastreuses, signale M. Bérubé.

La méthode SCV

Louis Pérusse, un agronome de Québec, menait un atelier de réseautage avec des producteurs agricoles qui utilisent les principes du système de semis directs sur couverture végétale permanente.

PHOTO : RADIO-CANADA / BIANCA SICKINI-JOLY

Louis Pérusse, un agronome de Québec, a plusieurs cohortes dans les régions de la province. Il a visité les fermes du Témiscamingue jeudi.

On veut, dans un système de rotation, augmenter le nombre d’espèces utilisées et ces plantes, qu’on va intégrer avec des cultures de récoltes, ont des fonctions pour amener des fertilisants, contrôler des maladies, entre autres. On veut intégrer ça et l’objectif de la cohorte est d’initier cette démarche et de permettre aux producteurs de se situer chez eux, explique M. Pérusse.

Celui-ci constate que les cultures du Témiscamingue sont en bon état. On espère que l’automne sera plus beau que l’été, conclut-il.

Avec les informations de Bianca Sickini-Joly et la collaboration d’Emily Blais

Les agriculteurs devraient voir augmenter les rendements et les bénéfices des cultures avec un retour sur investissement de 15 à 25 % en passant à des pratiques agricoles régénératives

https://www.wbcsd.org/Projects/OP2B/News/Farmers-stand-to-see-increase-crop-yields-and-profits-with-15-25-return-on-investment-by-transitioning-to-regenerative-farming-practices?ct=t

Publié: 24 mai 2023

L’investissement financier à court terme pour les agriculteurs peut atteindre près de 40 dollars américains par acre, mais les bénéfices à long terme peuvent augmenter de 120 % ; l’aide des secteurs public et privé est nécessaire pour réduire les risques liés à la transition vers des pratiques régénératrices

Washington, DC, 24  mai 2023 –  Les agriculteurs pourraient s’attendre à un retour sur investissement de 15 à 25 % après la transition des systèmes agricoles conventionnels aux systèmes agricoles régénératifs, mais la transition peut prendre trois à cinq ans, selon un rapport et une analyse économique publiés aujourd’hui par Boston Consulting. Group (BCG) et la coalition One Planet Business for Biodiversity (OP2B) du Conseil mondial des entreprises pour le développement durable (WBCSD). Le nouveau rapport, « Cultiver la prospérité des agriculteurs : investir dans l’agriculture régénérative », examine les principaux avantages financiers et les obstacles systémiques pour les agriculteurs qui tentent d’adopter des pratiques agricoles durables et propose des solutions des secteurs public et privé pour aider les agriculteurs pendant la période de transition. 

Le rapport, qui a interrogé plus de 100 agriculteurs américains, a révélé que les premiers utilisateurs ont cité les avantages tangibles des systèmes régénératifs – notamment des sols plus sains, une réduction des coûts des intrants, moins de complications liées au ruissellement des engrais, une plus grande biodiversité et une meilleure résilience aux climats extrêmes.

Sur la base d’enquêtes et d’entretiens avec des agriculteurs et d’une analyse financière des producteurs de blé du Kansas, le rapport a révélé qu’il peut y avoir une analyse de rentabilisation positive pour l’agriculture régénérative à long terme, avec des bénéfices pouvant atteindre jusqu’à 120 % au-dessus des revenus des agriculteurs. en utilisant des pratiques conventionnelles.

« Le moment est venu de soutenir une transition à grande échelle vers des pratiques agricoles régénératives », selon Doug Petry , auteur du rapport et directeur de One Planet Business for Biodiversity (OP2B), WBCSD. « Nos résultats montrent qu’il existe une analyse de rentabilisation positive en faveur de la transition vers des pratiques agricoles régénératrices – mais les agriculteurs ont besoin de plus d’aide. Les risques à court terme pendant la période de transition sont importants, c’est pourquoi nous devons fournir une structure de soutien comprenant à la fois une assistance financière et technique. Nous ne pouvons pas laisser nos agriculteurs assumer seuls les coûts financiers initiaux de la transition vers des pratiques agricoles régénératrices.

Le rapport révèle qu’au cours de la période de transition de trois à cinq ans, les agriculteurs peuvent s’attendre à une perte de rentabilité allant jusqu’à 40 dollars par acre en raison de la diminution des rendements des cultures et des dépenses en capital pour l’équipement spécialisé. Mais le risque financier à court terme pour les agriculteurs en transition peut être atténué par une myriade d’options de soutien, notamment des programmes de partage des coûts, des baux durables, de meilleures conditions d’assurance, des garanties de cultures régénératives, des subventions gouvernementales, des primes de prix, des programmes de prêt et des marchés de services écosystémiques.

« Notre objectif devrait être de réduire les risques liés à la transition des systèmes conventionnels vers les systèmes régénératifs pour les agriculteurs », a déclaré Sonya Hoo , directrice générale et partenaire du BCG. « Les entreprises et les gouvernements doivent intervenir pour alléger le fardeau qui pèse sur les agriculteurs et accélérer la transition globale vers des pratiques agricoles plus durables. Notre modélisation économique montre qu’à long terme, le passage à l’agriculture régénérative est gagnant-gagnant pour les agriculteurs, les consommateurs et la planète.

« En tant qu’agriculteur de l’Iowa de 7e génération, je constate par moi-même les opportunités d’utiliser des pratiques agricoles régénératives pour être plus rentables et plus résilientes », a déclaré Mitchell Hora . « Grâce à notre utilisation du semis direct, des cultures de couverture et d’autres pratiques de renforcement de la santé des sols, nous avons réduit notre utilisation d’engrais de 50 % et nos pesticides jusqu’à 75 % tout en augmentant nos rendements. Nous avons connu des contretemps au début, mais nous avons surmonté les risques logistiques et économiques et avons réussi. » 

« Le besoin urgent de passer et de maintenir une agriculture régénératrice nécessite que plusieurs acteurs fournissent un soutien éducatif et financier aux agriculteurs pour les aider à atténuer les risques et à récompenser les résultats positifs. Ce rapport montre la valeur et les aspects économiques qui nous permettent de soutenir collectivement les agriculteurs », a déclaré Hanneke Faber , présidente du Nutrition Business Group d’Unilever.

« Les gens constituent le fondement du système alimentaire mondial et des activités de PepsiCo. C’est pourquoi il est essentiel de garantir que chaque agriculteur dispose des moyens de subsistance dont il a besoin pour croître, prospérer et assurer la santé à long terme du système alimentaire mondial », a expliqué Rob Meyers, vice -président de l’agriculture durable chez PepsiCo (membre de l’OP2B). « Comme indiqué dans ce dernier rapport, l’atténuation du risque financier et de la courbe d’apprentissage associés à la transition vers des pratiques intelligentes face au climat est essentielle pour assurer le succès de nos agriculteurs. Piloté par  PepsiCo Positif (pep+), nous travaillons avec des partenaires crédibles pour permettre la transition vers des pratiques agricoles durables et régénératrices grâce à une assistance technique d’experts, un investissement initial dans les résultats, un réseautage entre pairs et l’inclusion d’agriculteurs expérimentés dans les systèmes agricoles durables et régénératifs.

Les coûts environnementaux, sanitaires et socio-économiques mondiaux associés au système actuel d’alimentation et d’utilisation des terres s’élèvent à près de 12 000 milliards de dollars américains par an . Les pratiques agricoles durables peuvent contribuer à atténuer ces dommages tout en rétablissant la santé des écosystèmes. Avec la fréquence croissante des événements météorologiques extrêmes (tels que les sécheresses, les inondations et les chaleurs extrêmes), combinée à l’immense perte de biodiversité due à l’agriculture au cours des dernières décennies, les pratiques agricoles régénératrices peuvent être un outil puissant permettant aux agriculteurs de s’adapter à un changer le climat et augmenter ainsi la rentabilité – pour les agriculteurs historiques et novices.