Christophe NAUDIN sur twitter

Influence de la forêt sur la pluviométrie

Luc Descroix, Jose Luis Gonzalez Barrios et Raul Solis

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« Les forêts précèdent les peuples, les déserts les suivent »
François René de Chateaubriand

1Pluie et forêt ! ces éléments sont sans conteste liés puisque plus il pleut et plus la végétation naturelle est dense. Et les zones de forêts sont souvent associées aux montagnes ; les unes et les autres sont souvent liées, et ont pu paraître répulsives ou effrayantes même à diverses époques (Corbin, 2001). Aujourd’hui où l’on cherche des endroits « sauvages », ce qu’il reste de milieux « moins anthropisés » en Europe, c’est vers la forêt et la montagne qu’on se dirige naturellement, donc vers les zones de pluie. La pluie elle-même a fait l’objet de perceptions différentes à travers les âges : il y a eu des périodes (l’âge romantique) où la pluie était bien accueillie, comme bienfaitrice et purificatrice ; or, aux dires d’Alain Corbin, la pluie a été conspuée dans les années 1950-1960, et alors « personne n’osait avouer qu’une averse fine pouvait être très agréable à certains moments de l’année ». La perception de la pluie varie plus encore dans l’espace, elle est parfois honnie en Europe quand il fait gris et pluvieux plusieurs semaines de suite et arrive à provoquer des inondations en plaine ; elle est unanimement saluée au Sahel, où les enfants se précipitent pour courir sous les gouttes, ou au nord du Mexique, où, que ce soit dans le désert de Chihuahua ou la Sierra Madre occidentale, elle apporte les bonnes nouvelles.

2Mais qu’en est-il plus scientifiquement, c’est une des questions que se posent les sociétés et les savants depuis longtemps, à travers les âges comme dans des milieux très différents : les forêts peuvent-elles faire pleuvoir ?

3Les relations entre la distribution spatiale des pluies et la localisation des formations végétales font l’objet de débats historiques, qui ne sont pas sans rappeler ceux qui avaient animé les spécialistes sur le rôle de la forêt dans la formation des écoulements et les causes de l’érosion actuelle dans les Alpes du Sud, entre le milieu du xixe siècle et la fin du siècle suivant.

4La présidence du Mexique elle-même a lancé une grande « Croisade pour l’eau et la forêt », (Cruzada Nacional para el Agua y el Bosque), ce qui montre que le débat n’est pas clos. Avant d’analyser, par une étude bibliographique puis par un exemple, les résultats des travaux menés sur le rôle de la forêt sur la localisation des pluies, on propose dans ce qui suit de partir de réflexions ou slogans lancés par des responsables mexicains de la gestion des eaux et/ou des forêts ; ces réflexions proviennent :

  • d’un discours du gouverneur de l’État de México, qui en janvier 2002, a déclaré qu’il fallait arrêter d’abattre inconsidérément des arbres car chaque arbre adulte « produisait » 8 000 I d’eau par an ; dans le même temps, le ministre de l’Environnement du Mexique, Mr Lichtinguer, semble convaincu qu’il va trouver de l’eau pour remplir les aquifères et les barrages en reboisant les montagnes.
  • d’une enquête réalisée par la journaliste Sandra Gambino en 2000 dans la Sierra Madre occidentale, intitulée « La sierra se está secando » (la Sierra se dessèche). On peut y lire les impressions des habitants de la sierra et des responsables politiques :
  • un habitant du village de La Ciudad (sur la route de Durango à Mazatlán) : « l’intense sécheresse que connaît la Sierra Madre occidentale est occasionnée par la coupe inconsidérée des forêts ; il sort un camion de grumes toutes les trois minutes, on est en train d’achever la forêt et l’avenir de nos enfants est mis en péril, car les pins génèrent de l’eau » ;
  • un chauffeur de grumier : « on continue à extraire le bois comme auparavant, sans aucun contrôle, car il n’y a pas de policiers au cœur de la sierra, et dans la plupart des cas, les formulaires sont trafiqués » et plus loin « maintenant il fait plus chaud, il ne pleut plus et les arbres sont plus secs que jamais » ;
  • un gérant de scierie : « on nous livre du bois chaque jour, mais cela ne nous regarde pas de savoir d’où il vient ; nous, ce qu’on veut, c’est produire des planches tous les jours pour répondre à la demande » ; et plus tard, « le prix du bois livré aux scieries est très bas, il n’est que de 40 % du prix pratiqué sur le marché déclaré » ;
  • le représentant du ministère de l’Agriculture et du Développement rural pour l’État de Durango : « la forêt étant vitale pour générer de l’eau, les volumes de pluie tombés dans la sierra ont diminué drastiquement, provoquant une grave sécheresse » et « le premier facteur qui provoque la sécheresse est la coupe immodérée du bois, qui n’a jamais été régulée », puis « la diminution des pluies dans le haut bassin du Nazas a des conséquences directes sur la Laguna, et cela s’est aggravé ces dernières années », ou encore « les conditions de sécheresse de la sierra sont catastrophiques, le paysage qui autrefois était vert jusqu’en avril, est aujourd’hui sec et sans vie, le vert a disparu, et à sa place, tout est jaune, marron ou ocre » ;
  • la femme d’un paysan : « il fait chaque fois plus chaud, l’éclaircissement de la forêt a provoqué qu’il ne pleuve plus ».

5Et la journaliste de conclure, « le panorama est désolant, la coupe immodérée, l’absence de programme de reboisement et d’une culture de patrimoine, font que le principal poumon du Nord-Mexique est en train de se dégonfler, mettant en péril des régions comme la Laguna, mais aussi les États de Sinaloa et Nayarit, qui dépendent des eaux générées dans la sierra de Durango ».

6La liaison entre une baisse des pluies et une hausse des températures du fait du déboisement est une idée bien partagée du Mexique à l’Afrique ; ainsi, on entend exactement les mêmes réflexions en pays sérère au Sénégal, là où la savane arborée est devenue, sur 60 km de profondeur, une steppe très pauvre quand aux années de sécheresse s’est ajoutée en 1992, la décision du FMI d’interdire les subventions au gaz : la consommation de charbon de bois a monté en flèche, provoquant un recul de 60 km de la végétation arbustive et arborée.

7Les relations entre la forêt et l’eau ont fait l’objet d’une étude très intéressante et très complète effectuée par Andréassian (2002). Il commence par présenter un historique de la perception du lien entre la forêt et l’hydrologie en général et des recherches scientifiques menées, il analyse également les relations entre la végétation et la pluie.

La vision historique de la rétroaction végétation-pluie

8Le vaste panorama historique tracé par Andréassian (2002) commence à l’Antiquité, mais nous nous contenterons d’y puiser quelques remarques un peu plus récentes. Ainsi Bernardin de Saint Pierre (1787) note au sujet de l’île de France (l’île Maurice) : « L’attraction végétale des forêts est si bien d’accord avec l’attraction métallique des pitons de ses montagnes, qu’un champ situé en lieu découvert, dans le voisinage, manque souvent de pluie, tandis qu’il pleut presque toute l’année dans les bois qui n’en sont pas à une portée de fusil ». Peu d’années après, Rauch (1801) déclare que « l’on sait, à ne plus pouvoir en douter, que les bruissantes forêts qui forment le plus bel ornement de la nature, exercent le plus puissant empire sur tous les météores aqueux ». En 1819, le préfet des Basses-Alpes (aujourd’hui Alpes-de-Haute-Provence) propage l’idée suivante : « les hautes montagnes exercent une attraction sur les nuages, et cette attraction est la plus grande possible lorsque les sommets sont boisés ; alors les nuages sont non seulement attirés, mais retenus » (Dugied, 1819). Et pour justifier la nécessité de reboiser les montagnes, le forestier Baudrillart (1823) affirme que « la quantité d’eau qui tombait autrefois en France était beaucoup plus considérable qu’elle ne l’est en ce moment », cette diminution étant due « à l’abaissement des montagnes et à la destruction des bois qui en couvraient les sommets » ; et plus loin : « la destruction des forêts, notamment sur les montagnes, est considérée comme ayant eu pour résultat la diminution des eaux, l’irrégularité des pluies et le changement de température ». Quelques années plus tard, un agronome, Boussingault (1837), conclut de ses travaux que « les grands défrichements diminuent la quantité des eaux vives qui coulent à la surface d’un pays, et qu’il est impossible de dire si cette diminution est due à une moindre quantité annuelle de pluie, à une plus grande évaporation des eaux pluviales, ou à ces deux effets combinés ».

9Formé à l’école des Ponts et Chaussées comme Saint Pierre et Rauch, Dausse (1842) est convaincu que « l’homme a le pouvoir de changer en quelques années, par le déboisement, un climat humide en un climat sec ». Plus sceptique, Becquerel (1865) pose une série de questions qui d’après lui restent à éclaircir, parmi lesquelles celle-ci : « les forêts exercent-elles une influence sur les quantités d’eau tombées et sur la répartition des pluies dans le cours de l’année, ainsi que sur les régimes des eaux vives et des eaux de source ? ». Il renforce ainsi le point de vue de Surell, ingénieur des Ponts et Chaussées qui affirmait en 1841 : « cette influence de la forêt sur le climat n’est pas rigoureusement démontrée, et on l’appuie sur des présomptions plutôt que sur des observations positives ». Toutefois, en 1878, le forestier Matthieu, étudiant les données pluviométriques de trois stations situées l’une en forêt de Haye, près de Nancy, la deuxième en lisière et la dernière à 20 km en plein champ, montre « que la station située dans la zone agricole ne reçoit que 80 % des précipitations des deux stations forestières. Pour les forestiers, cette différence est la preuve irréfutable que la forêt attire la pluie (Andréassian, 2002). Ce chercheur note une nette différence de perception entre une école « forestière » et un clan d’ingénieurs. Ce fait, que la forêt fait pleuvoir, est corroboré, dans l’école des forestiers, en 1909 par Jacquot, qui signale que « ce qui a été établi à Nancy, est indubitablement corroboré par toutes les observations consignées en Russie, en Allemagne, Autriche, Suisse et jusque dans les Indes ». Il avait été par contre complètement réfuté par Valles (1857) qui affirme : « c’est sur les terrains dénudés, plutôt que sur les forêts, que la pluie tombe en plus grande abondance ». Entre ces deux dates, Cézanne (1872) avait déjà départagé les deux contradicteurs : « les forêts sont impuissantes à modifier sensiblement la quantité d’eau pluviale qui tombe dans le bassin d’un fleuve ».

L’évolution récente de cette question

10Plus récemment, l’utilisation de nouveaux moyens de calcul a permis d’élaborer des modèles capables de tenir compte d’éventuelles rétroactions de la végétation sur les pluies. Mais des observations continuent à se faire, chaque jour plus nombreuses ; les références sont en général euro-africaines plus que mexicaines ou américaines, mais montrent que la question est au cœur des préoccupations scientifiques.

11À nouveau les forestiers insistent sur le rôle « pluviogène » des masifs forestiers ; ainsi Martin (1950) a montré, pour une petite commune des Landes de Gascogne au cœur du plus grand massif forestier européen de constitution récente, qu’entre les périodes d’observations de 1782-1818 et de 1891-1900, encadrant à peu près la constitution du massif forestier, la pluviométrie moyenne annuelle serait passée de 709 mm à 938 mm, alors qu’elle ne changeait pas à Toulouse et n’augmentait que de 6 % à Paris. L’augmentation de la pluviosité sur la région landaise reboisée serait donc de l’ordre d’au moins 25 %. Cela pose toutefois le problème de fiabilité des pluviomètres utilisés dans les deux cas. Plus au nord, le Jutland était encore boisé au xvie siècle mais des guerres éliminèrent les forêts de chêne ; au xixe siècle, la sécheresse des printemps compromettait les cultures, et une « société des landes » se constitua en 1866 pour reboiser le pays en pins, dans l’espoir d’humidifier le climat printanier (Bavier et Bourquin, 1957). La société et l’État reboisèrent 118 000 ha de landes et 40 000 ha de dunes ; après cela, les précipitations enregistrées pour les mois d’avril, mai et juin seraient passées de 100 mm en 25 jours de pluie vers 1870 à 150 mm en 35 jours de pluie, mieux répartis et moins orageux.

12Plus récemment, Poncet (1981) conclut que « les massifs forestiers ralentissent les vents jusqu’à une hauteur au-dessus du sol correspondant à la couche limite de turbulence de la circulation atmosphérique, accrue par la rugosité aérodynamique des hautes frondaisons. Ce puissant freinage agit en premier lieu sur l’évapotranspiration réelle des peuplements forestiers et sur le régime thermique. Ce freinage des vents, favorable à leurs échanges thermiques avec la couverture du sol, favorise aussi les condensations et facilite les précipitations ». Mais cet auteur est par ailleurs un des rares à citer des études dans lesquelles il est démontré que les zones boisées ont des coefficients d’écoulement annuels supérieurs aux zones déboisées alentour, toutes choses étant égales par ailleurs.

13Les universitaires ont apporté leur contribution à ces recherches. Ainsi, pour l’historien Thompson (1980), « L’idée selon laquelle la forêt augmenterait les pluies n’est pas nouvelle. Si l’on en croit son fils Ferdinand, Christophe Colomb savait « par expérience » que la disparition de la forêt qui recouvrait à l’origine les Canaries, Madère et les Açores avait réduit les brouillards et les pluies. De même, il pensait que les pluies de l’après-midi qui se produisent en Jamaïque et dans les Antilles étaient la conséquence de la luxuriante forêt des îles ». Par ailleurs, le passage d’une masse d’air d’un plateau dénudé à une forêt entraîne selon Escourrou (1981) un ralentissement de la vitesse du vent et par suite une ascendance de l’air qui renforce l’intensité des pluies. « La reforestation a permis, dans certains endroits, d’augmenter les pluies de plus de 6 % et cette action est surtout sensible pendant les années sèches. La destruction de la forêt dense en Afrique peut avoir des conséquences incalculables quand on sait que les pluies sont plus fortes de 30 %, l’humidité relative de 15 % et les températures plus faibles de 1°5 dans les partie forestières ».

14Dans les Alpes du Sud (Descroix, 1994), la pluviométrie des mois d’été (juin à août compris) a diminué de 0,5 à 8 % suivant les postes entre 1881 et 2000. Cette tendance ne s’observe pas dans les postes des massifs ayant connu les plus forts reboisement (Ventoux-Lure, Préalpes de Digne).

15Dans les régions tropicales, la déforestation a pu jouer un rôle important. La Côte d’Ivoire connaît une forte pression sur ses ressources forestières depuis une trentaine d’années ; or la forêt tropicale humide présente une évapotranspiration annuelle proche de celle des océans tropicaux (1 500 à 2 500 mm). Cette destruction de la forêt n’équivaut-t-elle pas à éloigner le Sahel des zones de fourniture de vapeur d’eau ? Concernant les sécheresses sahéliennes post 1968, Labeyrie estimait en 1985 que « le surpâturage, qui va croissant à mesure que la population sahélienne augmente, contribue sans doute à les rendre de plus en plus prononcées, de plus en plus meurtrières ».

16Il revient à Charney (1975) d’avoir montré, toujours dans le contexte sahélien, le rôle de la végétation dans le déclenchement de la convection, par l’intermédiaire de l’albédo : « Une augmentation de l’albédo de 14 à 35 % au nord de la Zone de convergence intertropicale (ZCIT) provoque un déplacement de cette ZCIT de plusieurs degrés vers le sud, et une diminution de 40 % de la pluviométrie au Sahel durant la saison des pluies ». Quelques années plus tard, Anthes (1984) (cité par Diongue, 2001) a passé en revue les observations et les études théoriques sur les capacités de la végétation à renforcer les précipitations convectives. Il dénombre trois principaux mécanismes : i) l’augmentation de l’énergie statique humide liée à une diminution de l’albédo ; ii) la création de circulations de mésoéchelle associées aux inhomogénéités ; iii) le renforcement de l’humidité atmosphérique dû à une augmentation de l’évaporation.

17Ces deux auteurs sont physiciens de l’atmosphère, et travaillent à l’échelle zonale ; à l’échelle locale, on insiste sur le rôle des microclimats. On peut lire ainsi dans un manuel d’hydrologie et d’irrigation dédié aux régions tropicales : « L’homme ne peut pas agir directement sur les macroclimats. Par contre, il peut chercher à organiser ses terroirs en vue d’y modifier, d’y créer ou d’y maintenir des microclimats » (Dupriez et De Leener, 1990). La figure 44 met en évidence les effets positifs que peut avoir le couvert végétal sur le microclimat d’un terroir. Il semblerait que le rôle des haies, des bosquets et des arbres isolés dans la régulation des températures soit très important, tant à la surface du sol que sur la couche limite. Par contre, les effets à méso ou macro-échelle sont presque impossibles à prouver. C’est ce qui fait dire à Bruijnzeel (1990), chercheur à l’Unesco : « De nombreux travaux menés dans les climats tropicaux humides et tempérés ont pourtant généralement conduit à la conclusion que la forêt n’a pas de conséquence sur la pluviométrie locale et les résultats contraires qui ont pu être avancés pèchent presque tous par la faiblesse des données sur lesquelles ils reposent ».

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Fig. 44 – Effets positifs de la végétation sur le microclimat d’un terroir (d’après Dupriez et De Leener, 1990).

18Et ici, il faut remarquer que les travaux les plus marquants sur les rétroactions végétation/pluie concernent les grands massifs forestiers tropicaux, et les secteurs les plus pluvieux de la Planète. En effet, l’impact de la végétation est plus marqué et de fait, plus étudié dans ces régions que dans les zones moins pluvieuses.

Quelques données observées

19Les liens avec la végétation étaient, on l’a vu, ancrés dans la mémoire des scientifiques comme une question récurrente basée sur des intuitions. Certaines observations ont toutefois aiguillé les chercheurs vers l’existence d’une telle rétroaction. Il a été constaté (Rabin et al., 1990), en utilisant l’imagerie satellitaire et des informations in situ, que la convection se formait d’abord sur une zone avec un sol plus chaud, comme par exemple un champ de blé, plutôt que sur des secteurs adjacents recouverts de végétation « verte ». Les gradients de flux induits par les contrastes de surface peuvent être atténués dans la couche limite par turbulence si les régions hétérogènes ont des dimensions faibles ou peuvent être diluées dans l’écoulement synoptique. Taylor et Lebel (1998) ont démontré que « sous certaines conditions de surface, il s’établit une corrélation positive entre les précipitations du jour et les précipitations antérieures. Ces circonstances apparaissent quand les combinaisons d’averses précédentes ont modifié les taux d’évaporation locale. Les gradients de pluie lors des événements subséquents tendent à persister, renforçant la configuration d’humidité des sols ». Cela indique le poids important des conditions de surface. De plus, Philippon et Fontaine (2002) ont établi que les saisons des pluies humides sur le Sahel étaient précédées d’hivers (boréaux) où la teneur en eau des sols était anormalement élevée sur les régions soudano-sahéliennes.

20Quoi qu’il en soit, le doute persiste, et Lavabre et Andréassian (2000) affirment : « La forêt a un impact significatif sur le climat local (albédo plus faible, évapotranspiration plus forte). À l’échelle régionale, malgré quelques résultats de recherche dans le sens d’un effet positif sur la pluviosité, il est néanmoins difficile de conclure à un effet quelconque de la couverture forestière ».

Beaucoup de conclusions basées sur les résultats des modèles

21Les rétroactions végétation-climat étant bien difficiles à déterminer, on fait de plus en plus appel aux modèles (avec le risque que l’on construise un modèle pour répondre à une question scientifique et que du coup, on le mette au point dès le départ pour répondre dans le sens recherché). Au sujet du recyclage de l’eau, Cosandey et Robinson (2000) concluent « les estimations varient beaucoup d’un modèle à l’autre. Henderson-Sellers (1987) compare les résultats de quatre d’entre eux : la modification des précipitations qui résulteraient de la déforestation de l’Amazonie varierait d’une augmentation de 75 mm (Lettau et al., 1979) à une réduction de 200 à 230 mm (Henderson-Sellers et Gornitz, 1984) ou de 100 à 800 mm selon les endroits (Wilson, 1984 cité par Henderson-Sellers, 1987). Lean et Warrilow (1989) propose que la pluie diminuerait de 20,3 %, les débits de 11,9 % et l’évapotranspiration réelle (ETR) de 27,2 %. Dickinson ef al. (1986) trouvent aussi une réduction de l’évaporation (jusque 50 %) et des précipitations (20 %). Un modèle proposé par Shukla ef al. (1990) aboutit à des estimations voisines ». Dans le même massif forestier, on a déterminé que « l’effet de la déforestation est un réchauffement du sol et une augmentation de la convergence d’humidité induite par un renforcement de la ZCIT » (Polcher et Laval, 1994). D’autres modèles ont permis de définir que « l’évaporation à partir de l’océan Atlantique tropical, de l’Afrique de l’Ouest et de l’Afrique centrale contribue pour 23, 27 et 17 % respectivement, des pluies sur l’Afrique de l’Ouest » ; d’autres auteurs font varier cette proportion de 10 à 90 %, en utilisant des modèles différents (Gong et Eltahir, 1996). Zeng ef al. (1999) ont montré comment la prise en compte d’une rétroaction de l’humidité du sol et de la végétation reproduisait bien mieux les valeurs de précipitations que la seule prise en compte de ces éléments sans rétroaction de leur part. Par ailleurs, la même équipe a remarqué que « quand le modèle (couplé atmosphère-terre-végétation) est forcé par des températures de surface de la mer (SST : sea surface temperatures) observées, un feedback positif des changements végétaux conduit à une augmentation du gradient spatial entre les régions désertiques et les régions forestières aux dépens des zones de savanes. Quand la variation interannuelle des SST est prise en compte, la variabilité climatique tend à réduire la pluviométrie et la végétation des régions les plus humides et à les accroître dans les zones les plus sèches, amortissant la transition désert-forêt » (Zeng et Neelin, 2000). Et, toujours en Afrique de l’Ouest, il a été constaté que « des changements de la circulation générale jouent un rôle important dans le déclenchement de la sécheresse au Sahel (1968-1995), mais d’autres mécanismes peuvent être responsables de la persistance des conditions sèches. Une ACP centrée sur la vitesse verticale des vents indique un changement important dans la circulation générale avant la sécheresse, durant les années soixante. De semblables changements de circulation générale dans les années 1970 n’ont pas été accompagnés d’un retour aux conditions humides » (Long et al., 2000).

22Enfin, Shinoda et Gamo (2000) et Shinoda (2000) ont mis en évidence une corrélation entre une végétation plus fournie que la normale (c’est-à-dire de hautes valeurs de NDVI) et des valeurs de température au-dessus de la couche limite de convection inférieures à la normale ; ce dernier point conduit à un gradient de température altitudinal supérieur et donc à une convection améliorée et une pluviométrie supérieure ; ils montrent que les « pluies des mangues », qui se produisent au Sahel parfois quelques mois avant la saison des pluies, peuvent aussi provoquer cette amélioration de la convection. Cette rétroaction végétation-pluviométrie explique en grande partie le mécanisme de la désertification.

Un exemple de recherche de relation rugosité-pluviométrie dans la Sierra Madre

23On déjà montré que la relation pluie-végétation est très forte du fait de l’étagement des formations végétales en fonction de la pluviométrie annuelle moyenne. Cette très forte relation empêche de trouver, par analyse factorielle, une quelconque relation inverse qui montrerait une rétroaction de la végétation sur la distribution spatiale des pluies. On va tenter ici d’interpréter les résultats de travaux de terrain effectués lors d’une mission réalisée en novembre 2002 sur les sites d’un grand nombre de stations pluviométriques de la Sierra Madre occidentale.

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Fig. 45 – Relief de la zone étudiée (d’après le modèle numérique de terrain mexicain à maille de 90 m) et localisation des postes.

24On a sélectionné pour cela une trentaine de stations réparties sur plus de 400 km du nord au sud, et où les conditions par ailleurs (c’est-à-dire en dehors du taux de boisement) étaient à peu près les mêmes.

25Il faut préciser que le nombre de stations s’est considérablement réduit, passant de 312 à une trentaine, et ce chiffre est en général considéré comme le plancher d’une population statistiquement représentative. Mais il a été impossible de trouver davantage de stations en situation homogène : on n’a en effet considéré que les postes pluviométriques situés à l’étage de la forêt et dans le plateau sommital de la Sierra Madre occidentale de manière à ce que le relief, l’altitude, la rugosité et le type de formation végétale soient les plus proches possibles ; on est donc uniformément dans la forêt de pins, entre 2 200 et 3 000 m d’altitude et sur les plateaux rhyolitiques de la sierra. La liste des stations, localisées aussi sur la figure 45, est portée dans le tableau XXV.

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Tabl. XXV – Liste des stations utilisées pour l’analyse de la relation pluviométrie/densité végétale.

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Aire de stockage de troncs de pins sur la piste de Buenos Aires (Sierra La Concepción, au-dessus de Tepehuanes).

Hypothèses initiales

26On a considéré que les éléments de paysage qui avaient le plus de chances d’avoir une influence sur la répartition spatiale des précipitations étaient les suivants ; les sigles signalés entre parenthèses sont ceux du tableau XXVI tels qu’utilisés pour l’analyse en composantes principales :

27– la pluviométrie moyenne (PMO) qui est ici la principale variable dépendante, mais l’on a aussi introduit l’écart-type des pluies annuelles (PET) et le coefficient de variation (PCV) ;

28– le relief :

29• l’altitude (ALT) de la station ; par ailleurs, on a considéré l’altitude moyenne autour de la station. Pour ce faire, on a pris en compte, grâce au MNT (modèle numérique de terrain), un carré de 36 km2 autour du poste, pour lequel on a calculé, non seulement cette altitude moyenne (AMO), mais aussi l’écart-type de ses altitudes (AET) et leur coefficient de variation, que l’on considérera comme la rugosité de ce carré (ACV).

30– les masses végétales :

31• la densité : (IDF et IDC sous forêt et clairière respectivement) et la rugosité (IRF et IRC).

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Tabl. XXVI – Liste des variables considérées dans l’analyse en composantes principales (ACP).

32La plupart des stations étant situées dans des clairières (il n’est pas conseillé d’installer un pluviomètre au cœur d’une forêt), on a considéré les densités et rugosités de la masse végétale dans les clairières et dans les forêts autour de la clairière.

  • la surface de la clairière (SUPC).
  • on a aussi pris en compte la distance à l’océan Pacifique (DIO), la latitude (LAT) et la longitude (LONG) de la station ainsi que la rugosité du sol autour du poste (écart-type et CV de la topographie numérisée).

Classification des variables par ACP

33On a procédé après avoir dressé la matrice de corrélation (tabl. XXVII) à une ACP (Analyse en composantes principales) de manière à classifier les variables et à entrevoir les redondances qu’elles pouvaient comporter entre elles.

34On a considéré quatre composantes principales et leurs valeurs propres respectives sont signalées dans le tableau XXVIII. Elles expliquent en tout 73,4 % de la variance de la population.

35La classification des variables apparaît dans les figures 46 (axes 1 et 2) et 47 (axes 3 et 4).

36Le premier espace des variables représente plus de 51 % de la variance expliquée.

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Fig. 46 – Espace des variables suivant les deux premières composantes de l’ACP.

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Fig. 47 – Espace des variables suivant les 3e et 4e composantes.

37Le premier axe est avant tout déterminé par la rugosité du relief (ACV), son écart-type (AET), l’indice de rugosité des clairières (IRC), la superficie des clairières (SUPC) et l’écart-type des pluies annuelles (PET). La superficie de la clairière corrélée négativement avec la pluie moyenne conduit à penser que les grandes clairières pourraient constituer des zones où la rugosité diminue, entraînant une diminution relative des précipitations.

38Le deuxième axe est défini avant tout par la distance à l’Océan (DIO), le coefficient de variation interannuelle des précipitations (PCV) et l’indice de rugosité de la forêt (IRF).

39Les deux premiers sont corrélés négativement avec la pluie (PMO).

40Par contre, la pluie est corrélée positivement avec l’indice de densité et l’indice de rugosité de la forêt (et à un moindre degré avec ceux des clairières) ; ceci semble confirmer le rôle « pluviogène » de la rugosité de la cime des formations végétales.

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(Les valeurs en gras sont celles qui sont statistiquement significatives.)
Tabl. XXVII – Matrice de corrélation des variables.

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Tabl. XXVIII – Valeurs propres des quatre premières composantes de l’ACP.

41Le deuxième espace des variables représente encore 22 % de variance expliquée supplémentaire (axes 3 et 4, fig. 47).

42L’axe 3 est très nettement déterminé par la précipitation moyenne (PMO) qui est, bizarrement, corrélée négativement avec tous les indices de rugosité (IRF et IRC) et de densité (IDF et IDC) au premier rang desquels l’indice de rugosité de la forêt. Cela relativise d’autant plus les observations antérieures que la matrice de corrélation (tabl. XXVII) montre qu’il n’y a pas de corrélation pluie-rugosité du couvert. Cela va à l’encontre des résultats acquis précédemment (Descroix et al. 2001) où l’on observait une corrélation évidente entre pluie et masse végétale (alors exprimée en valeur de NDVI : indice normalisé de végétation sur des carrés de surface différente autour du poste). Mais cette étude sur le lien pluie-NDVI était entachée du problème de la relation inverse bien plus puissante qui fait que la végétation d’une région dépend bien sûr de la précipitation qu’elle reçoit.

43L’axe 4 n’apporte presqu’aucune information concernant la pluie, celle-ci étant trop près de l’axe 3 pour déterminer une corrélation avec la 4e composante. Il est défini essentiellement par la rugosité du relief (ACV et AET).

44La contradiction de l’information fournie par les axes 2 et 3 montre bien les problèmes d’interprétation des analyses en composantes principales. On peut obtenir des corrélations inverses suivant les variables considérées, du fait du rôle complémentaire que joue chaque variable vis-à-vis de chacune des autres.

Classification des stations par ACP

45Les individus considérés dans notre population statistique sont ici les stations pluviométriques prises en compte pour cette analyse.

46Leur intercorrélation est décrite par la figure 48, qui représente les composantes 1 et 2. Les valeurs propres et pourcentage de variance expliquée sont les mêmes que pour les variables.

47On constate dans la figure 48 que les stations se regroupent en trois sous-ensembles assez dissemblables :

  • le groupe 1 des stations situées le plus bas en altitude (2 000 à 2 250 m), surtout comprises dan l’État de Durango (sauf Balleza – 8005 – et Llanitos – 8320 –) et qui de ce fait ont une pluviométrie annuelle moyenne modérée (550 à 700 mm) ;
  • le groupe 2 de stations, essentiellement situées dans l’État de Chihuahua, à haute altitude (de 2 400 à 3 000 m) mais où la pluviométrie est également modérée (600 à 800 mm) du fait de la continentalité ; ce sont les stations les plus éloignées de la côte, et surtout les plus septentrionales, donc les plus éloignées du flux de la mousson américaine ;
  • enfin le groupe 3 rassemble les stations les plus pluvieuses, celles situées à assez haute altitude (2 300 à 2 600 m) et sur les zones de plateaux les plus proches du Pacifique et également les plus méridionales, plus exposées à la mousson.

48En conclusion, cette étude portant sur un nombre réduit de stations permet de montrer que si la rugosité du relief et de la végétation, facteurs locaux, jouent un rôle sur la répartition des précipitations, ce rôle est mineur par rapport aux facteurs régionaux et globaux, tels que altitude, coordonnées géographiques et éloignement par rapport au littoral.

Fig. 48 – Espace des individus (stations) suivant les deux premières composantes.

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BIBLIOGRAPHIE

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TABLE DES ILLUSTRATIONS

TitreFig. 48 – Espace des individus (stations) suivant les deux premières composantes.
URLhttp://books.openedition.org/irdeditions/docannexe/image/5495/img-10.jpg
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AUTEURS

Luc Descroix

Géographe et hydrologue, chargé de recherches à l’IRD, actuellement en poste à Niamey (Niger).

Du même auteur

Jose Luis Gonzalez Barrios

Gonzalez Barrios, hydro-pédologue, directeur de recherche au Cenid Raspa (Inifap) de Gômez Palacio.

Du même auteur

Raul Solis

Enseignant à l’École forestière de Durango, thésard de l’Universidad Autónoma de Nuevo León (Linares, Mexique).

© IRD Éditions, 2005

Licence OpenEdition Books

Cette publication numérique est issue d’un traitement automatique par reconnaissance optique de caractères.

Carlos Crovetto

Après Lucien Seguy, Hubert Charpentier, l’agriculture de conservation des sols vient de perdre un autre pionnier : Carlos Crovetto, âgé de 88ans. Auteur de plusieurs livres traduits en français sur  » les fondements d’une agriculture durable » qu’il mettait en pratique sur sa ferme CHEQUÈN au Chili. C’était un plaisir de le recevoir, à plusieurs reprises en France pour partager nos expériences. Hommage et respect❕ Carlos, toi aussi tu vas nous manquer … Reposes en paix ❕

SCV au Canada avec Louis Pérusse

Le copropriétaire de la bergerie Épiphanoise, Étienne Langlois, a mis en place la méthode SCV dans son entreprise en 2021, après avoir vécu d’importants problèmes de sécheresse.

« Un de nos objectifs, c’est d’avoir aucun travail du sol », affirme le copropriétaire.

Il voulait aussi améliorer ses rendements de maïs : « On sème des cultures intercalaires : on a du radis, des trèfles, entre les rangs. Ça nous aide. Dans le fond, le trèfle, il fixe de l’azote pour l’année d’ensuite. Justement pour réduire nos besoins d’intrants pour l’année suivante. »

Ça s’est avéré être une bonne décision pour son entreprise :

« On a 40 à 50% plus de rendements qu’une prairie conventionnelle. »

Une méthode qui voyage

C’est l’agronome Louis Pérusse qui a popularisé ce système de semis directs sur couverture végétale permanente, autrement appelé SCV : « C’est vraiment une voie qui s’ouvre aux agriculteurs au Québec », affirme-t-il.

La méthode a fait du chemin dans la région : « Y’a un engouement vraiment dans le Bas-Saint-Laurent, une belle réponse, une ouverture des producteurs », ajoute monsieur Pérusse.

Une expérience concluante

Le SCV a pour but d’éliminer le travail des sols et de limiter la sécheresse. Un phénomène qui se fait de plus en plus courant avec les changements climatiques : « Les producteurs qui ont adopté cette approche-là sont beaucoup plus résilients aux changements climatiques, à l’augmentation des coûts d’intrants agricoles. Donc ils sont beaucoup mieux outillés. »

Et les résultats sont assez surprenants : « Y’a des entreprises qu’en 2 ans, on a enlevé tout travail de sol au niveau des parcelles, et certaines entreprises, on est en mesure de doubler les rendements de foin. »

Pour le producteur ovin, l’expérience est concluante : « Nous, c’est sûr que la santé de sols s’est améliorée. L’objectif c’est d’avoir aucun sol à nu l’automne. On a des sols vivants en permanence. Nous c’est sûr qu’on ne retournerait pas en arrière là-dessus », conclut monsieur Langlois.

Hommage à Hubert Charpentier

Nous sommes dans la tristesse d’annoncer le décès de notre ancien collègue et ami, Hubert Charpentier qui nous a quitté le 4 Avril 2022.

D’origine berrichonne, Hubert nait le 25 Août 1952 ; il grandit sur la ferme familiale située sur les plateaux argilo-calcaires de l’Indre, au Sud d’Issoudun. Diplôme d’ingénieur agronome en poche (ENSA de Rennes, 1974), il part en 1978 en tant que volontaire du service national en Guyane française sur le jeune polder rizicole de Mana. Le dispositif de recherche est encore modeste et lui permet d’expérimenter une approche… essentiellement cynégétique de la riziculture !

En 1980, Hubert intègre l’IRAT pour une première affectation à Madagascar, auprès de la Société Malgache d’Aménagement du Lac Alaotra (SOMALAC). Jusqu’en 1986, il est en charge de la recherche d’accompagnement pour les rizicultures à maîtrise d’eau partielle et les systèmes de culture pluviaux. Il conduit des expérimentations avec les agriculteurs visant à l’amélioration des systèmes de culture et de production à l’échelle des terroirs villageois en recoupant systématiquement l’ensemble des unités morpho-pédologiques composants les paysages. Ces approches de recherche-action constituent une première déclinaison en contexte d’agriculture de subsistance des méthodologies de « création-diffusion-formation » conçues et déployées au Brésil par Lucien Séguy sur les grandes exploitations mécanisées des Cerrados. Elles couplent, pour chaque agroécologie, la conception des systèmes de cultures, notamment avec l’intégration de culture de blé et de haricot en contre saison, avec leur ajustement thématique (sélection variétale, fumure minérale …). Cette articulation entre composantes systémiques et thématiques organise la production de connaissance sur les performances et les conditions de la durabilité des systèmes et débouche sur des mécanismes expérimentaux d’accès au crédit et intrants. Ses travaux font l’objet d’une synthèse du Cirad intitulée « Des chercheurs chez les paysans » à un moment où l’approche participative commençait à émerger au niveau international. Ils constituent une contribution décisive dans la diffusion de système de culture à base de riz pluvial, dans la région du Lac Alaotra. Dans cette région il continuera à développer son approche cynégétique du milieu naturel, se spécialisant sur les Anatidae de bas-fonds.

A partir de 1987, il rejoint l’Institut des Savanes (IDESSA, intégré au CNRA en 1998) à Bouaké pour travailler sur la fixation, par des voies agrobiologiques de l’agriculture à base d’annuelles, en zone forestière et de savanes. Des dispositifs pérennisés en milieu paysan, couvrant plusieurs dizaines d’hectares, sont développés à Tcholelevogo au Nord en pays Senoufo, et dans le centre, à Brobo, à l’Est de Bouaké (Agriculture et développement n°21, 1999). Ils ouvrent les voies de restauration accélérée des sols sous jachère par introduction de couverts végétaux et de gestion durable et continue des systèmes de culture en semis direct sur des couverts (SCV) morts ou vivants. Ces dispositifs constituent les premières expériences à grandes échelles d’agriculture de conservation en Afrique de l’Ouest ; ils soulignent la nécessité de coupler le développement de ces techniques avec l’embocagement et une gestion concertée des terroirs pour redéfinir les voies d’intégration avec l’élevage et contrôler les feux.

I

l revient à Madagascar auprès de l’ONG TAFA de 1998 à 2005, année où il quitte le Cirad. Il conçoit et pilote avec les agronomes malgaches de TAFA des dispositifs de référence en appui au développement des techniques de SCV sur la côte Est (Manakary, Mananjary), au Lac Alaotra (grenier à riz du pays) ainsi que dans l’Ouest (Morondava) et le Sud-Ouest (Tuléar) de l’île. Ce réseau est complété par les expériences de TAFA et du CIRAD (Roger Michellon) sur les Hauts Plateaux et dans le Moyen-Ouest. Il permet de créer et évaluer les performances agro-techniques et économiques de systèmes de cultures agroécologiques à base de couvert végétaux en adressant la diversité des grands agroécosystèmes cultivés à l’échelle du pays et la variabilité des réalités techniques, économiques et sociales du monde rural. Les acquis de ces travaux et ceux qui les ont précédés ont été capitalisés dans un manuel technique du Semis Direct à Madagascar, très complet, pour lequel il a joué un rôle clef de conceptualisation et de structuration. Les dispositifs de terrain qu’il a mis en place ont servi de support de formation à de nombreux agronomes, qu’ils soient malgaches ou français. Chaque mission de terrain étant pour Hubert l’occasion de partager généreusement son expertise agronomique.

A partir de 2000, il reprend la ferme familiale et s’attache à y développer des systèmes d’Agriculture de Conservation adaptées au contexte de la Champagne berrichonne, d’abord à base de couverture morte ; puis, face à la variabilité climatique, il met au point, avec d’autres agriculteurs pionniers de l’agriculture de conservation en France et avec l’appui de Lucien Séguy, la conduite du blé sur couverture vive de luzerne et lotier corniculé qui devient un élément central d’un système de culture performant et résilient. Dans chacun des termes de la rotation, il conserve des bandes sous travail du sol faisant de sa ferme un des rares dispositifs de référence en France sur une agriculture de conservation parfaitement maîtrisée. Au cours des dix dernières années, Hubert s’est employé à partager son expérience et ses savoir-faire à travers des formations d’agriculteurs et des vidéos, dont certaines totalisent plus de cent mille vues.

Sa très grande capacité de travail, sa vivacité d’esprit, sa grande connaissance de la nature et son humour décapant en faisaient un chercheur hors pair et un collègue auprès duquel on s’enrichissait chaque jour.

Nous saluons la mémoire d’un homme de conviction qui a eu une contribution significative à la réalisation de nos missions d’innovation technique et de formation des partenaires du Sud. Nous avons une pensée amicale et solidaire pour Dominique, son épouse, et Stéphanie, Hervé et Pascaline, ses enfants, ainsi que ses petits-enfants.

Stéphane BOULAKIA

Le rafraîchissement des villes par les arbres

Les arbres n’auraient jamais du quitter les villes …Maintenant, il y a du job pour faire comprendre leurs immenses avantages qui sont incontournables pour une ville durable avec plus de végétation vivante et active en lieu et place de béton mort ou bitume polluant

Cette question de la présence de végétation en ville, est pratiquement la même problématique pour la présence de plantes de couverture multi-services en SCV dans nos parcelles agricoles, il est urgent que l’homme comprenne les services, les bénéfices, que peut lui rendre la végétation. L’existence de la végétation est complètement au service de l’humanité ….lutter contre la végétation à outrance, c’est lutter contre l’avenir ….!

Peut-on poser cette question aux scientifiques compétents ….. »Que devient la chaleur solaire réceptionnée par le feuillage des arbres, que s’est-il passer entre les situations avec végétation qui fabriquent de l’ombre fraîche et sol nu bitumé qui stocke plutôt de la chaleur »…?

En SCV Lucien Séguy , cette énergie solaire captée par les plantes se transforme en usine à photosynthèse et permet la croissance des plantes et notre objectif dans cette technique agricole de production d’alimentation, est l’utilisation maximum de ce phénomène refroidissant et bénéfique pour notre climat et de nos sols agricoles

https://www.inrae.fr/actualites/rafraichissement-villes-arbres

La préparation de la « ville durable » au changement climatique passe par une meilleure prise en compte du confort thermique dans l’espace urbain.

Parmi les stratégies d’adaptation des villes au changement climatique et notamment aux épisodes de chaleur extrême, la réintroduction d’arbres en milieu urbain est une voie prometteuse car, par leur transpiration et leur ombrage, ils ont un impact significatif sur le bilan thermique de l’atmosphère environnante.  L’augmentation des surfaces végétales en ville semble une solution favorablement partagée par les habitants. L’impact positif du rafraîchissement est renforcé par d’autres services écosystémiques que peut fournir la végétation aux habitants, comme par exemple la filtration de l’air, la biodiversité en ville et également l’aspect ludique et social.

Mieux expliciter les interactions entre les arbres et la ville a donc constitué l’objet principal d’un projet ANR porté par l’UMR PIAF, COOLTREES, pour concevoir des villes durables où les aménagements arborés prennent tout leur sens et leur place. Les bénéfices thermiques potentiels des arbres dans un environnement urbain avaient jusqu’ici été peu étudiés, notamment pour les arbres de rue. Le feuillage constitue en fait une véritable carapace absorbante. L’impact des arbres est d’autant plus flagrant en plein soleil : la température mesurée est 7 °C plus faible sous les arbres à 13 heures*.

Un outil de simulation, LASER.T, permettant de simuler l’impact des arbres sur le microclimat urbain et leur fonctionnement, a été conçu et mis au point au cours du programme de recherche. Il simule de manière couplée les interactions thermoradiatives entre les différents éléments d’un paysage urbain, végétation incluse, et est capable de spatialiser le microclimat au sein des houppiers. De même une base de données regroupant toutes les mesures effectuées entre 2014 et 2018 est également disponible. Le modèle sera mis à disposition en open source. Le développement d’une interface graphique permettra également son utilisation par des non-scientifiques (techniciens des espaces verts et des parcs, aménageurs de l’espace urbain…) afin de leur permettre d’évaluer, par exemple, la pertinence d’un aménagement arboré.

Deux zones ombragées de la ville de Strasbourg
L’ombrage généré par les arbres est bienfaiteur. Deux exemples dans la ville de Strasbourg.

Ce projet a donc permis d’avancer dans les connaissances des arbres en ville et de proposer un premier cadre de modélisation, mais qui reste à préciser et affiner : cela fait l’objet d’un nouveau programme de recherche ANR  qui démarre, TIR4sTREEt, coordonné par l’INSA de Strasbourg et dont INRAE est partenaire (UMR PIAF et UMR Sylva).

Un fascicule de vulgarisation et un site web ont été conçus pour présenter le projet COOLTREES et ses résultats, le modèle LASER.T et son utilisation, notamment pour les professionnels.

 Toutes les infos sur https://www6.inrae.fr/cooltrees

https://www.inrae.fr/actualites/chaleur-urbaine-arbres-bien-entretenus-rafraichissent-plus-latmosphere

4pour 1000

https://4p1000.org/

Stéphane Lefoll , en proposant le 4 pour 1000 avait quelque peu gentiment « énervé » Lucien Séguy qui nous expliquait souvent qu’en SCV on visait plutôt les 25 pour 1000 ….

Les activités humaines émettent d’énormes quantité de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère, ce qui renforce l’effet de serre et accélère le changement climatique. Les sols mondiaux contiennent 2 à 3 fois plus de carbone que l’atmosphère. Augmenter ce stock de carbone de 4 pour 1000 (0.4%) par an dans les 30-40 premiers centimètres du sol, permettrait de stopper l’augmentation de la quantité de CO2 dans l’atmosphère. C’est ce que propose l’initiative 4 pour 1000, les sols pour la sécurité alimentaire et le climat.

Cultures de couverture

Joshua J. Miller, associé de recherche postdoctoral, Département de pathologie végétale

Katja Koehler-Cole, associée de recherche postdoctorale, Département d’agronomie et d’horticulture

Au moment de décider de la meilleure façon d’utiliser les cultures de couverture, il est important de considérer l’objectif ultime. Est-ce pour augmenter la matière organique du sol, augmenter la disponibilité des éléments nutritifs pour les cultures suivantes, réduire le compactage du sol, fournir du fourrage au bétail et/ou supprimer les mauvaises herbes ? Répondre à ces questions aidera à identifier les cultures de couverture qui offrent les meilleures chances de succès pour atteindre l’objectif. Principalement, les cultures de couverture sont utilisées pour améliorer la conservation des sols, le cycle et l’approvisionnement en éléments nutritifs et le contrôle des mauvaises herbes. Cependant, ces avantages varient en fonction de l’espèce de culture de couverture qui est plantée, il est donc important de sélectionner le type de culture qui s’intégrera dans votre système de culture actuel, ainsi que de fournir le résultat souhaité.

Il est important de noter que des baisses de rendement de la culture de base suivante ont parfois été observées avec l’utilisation de cultures de couverture, en raison d’une terminaison incomplète, d’une perte d’humidité du sol et/ou d’une immobilisation des éléments nutritifs. Tous ces éléments peuvent être minimisés grâce à une sélection et une gestion appropriées de votre culture de couverture.

Conservation des sols

Les cultures de couverture peuvent être utilisées pour atteindre les objectifs de conservation des sols, en particulier contre l’érosion éolienne et hydrique. Le potentiel d’érosion éolienne dans les régions plus sèches des Grandes Plaines est élevé à la fin de l’hiver et au début du printemps. Les cultures de couverture d’hiver, en particulier les espèces de graminées avec leurs systèmes racinaires étendus, peuvent réduire l’érosion éolienne en maintenant le sol en place et en protégeant la surface du sol. L’érosion hydrique peut également être réduite car les cultures de couverture augmentent l’infiltration. PourPar exemple, les crucifères à racine pivotante, comme les radis et les navets, peuvent pousser à travers des couches de sol compactées et laisser des macropores, canalisant les précipitations vers des couches de sol plus profondes. De plus, la biomasse aérienne réduit l’impact des précipitations, empêchant ainsi le ruissellement du sol (Blanco-Canqui et al., 2015). Dans une parcelle de démonstration d’une seule année au Centre de recherche et de vulgarisation de l’est du Nebraska situé près de Mead, dans le Neb., même la culture de couverture de radis tuée par l’hiver a empêché l’érosion du sol due aux pluies torrentielles du printemps par rapport à la parcelle témoin sans culture de couverture (Figure 1 ) .

Figure 1. Effet de la culture de couverture sur l’érosion du sol (11 mai 2016).

suite…..

https://extensionpublications.unl.edu/assets/html/g2284/build/g2284.htm

La Silice

LA SILICE : L’ÉLEMENT OUBLIÉ EN AGRICULTURE
Nicolaus REMER
Extrait du livre : Substanzen im Lebenszusammenhang der Landwirtschaft,
Titre original du chapitre : Kiesel das vergessene Element
Traduction Aurélie Truffat1- Rôle de la silice dans le monde
La silice est composée de silicium et d’oxygène. Il existe 3 isotopes stables de silice,
possédant les numéros atomiques 28, 29 et 30, et 5 isotopes radioactifs de numéros atomiques
25, 26, 27, 31 et 32. La silice a été peu étudiée dans le domaine de l’agriculture. La silice ne
fait pas partie des 15 éléments absolument indispensables pour la plante, à savoir : C, O, H, N,
S, P, K, Ca, Mg, Fe, B, Mn, Mo, Cu, Zn. Les cendres des graminées et de nombreux arbres,
constituant les grands espaces verts de la Terre, sont pourtant majoritairement constitués de
silice. Et la silice joue également un rôle déterminant dans les cendres des racines d’autres
types de plantes. Mais la présence de silice dans l’environnement plus éloigné des plantes est
également importante pour elles. La silice permet en effet de capter la lumière et la chaleur,
toutes deux indispensables à l’assimilation des plantes.
L’actuel manque d’intérêt pour la silice vient du fait que les sols sablonneux siliceux sont
parmi les sols les plus pauvres, et ne donnent que difficilement des rendements élevés. Ces
sols sont très répandus chez nous dans la région des lacs du nord de l’Allemagne, connue pour
être une région agricole pauvre. La culture de ces sols étant limitée, ils ne sont utilisés que
pour la constitution de zones forestières.
Après l’oxygène, le silicium est l’élément le plus répandu sur Terre (26,7 %). Mais, dans
l’Univers également, la présence du silicium est en moyenne plus fréquente que celle des
autres éléments. Une étude approfondie de la silice met en évidence l’élément silicium, qui a
joué dans la jeunesse de la Terre un rôle similaire à celui du carbone actuellement, et qui
conduisit, en tant que premier élément, à la formation des lois physiques du monde. Avec la
solidification de la planète Terre, en lien avec la formation de la lune, le carbone a
progressivement pris la place du silicium dans la formation de la vie. Les algues siliceuses
(diatomées) sont des vestiges de cette vie basée sur la silice. La matière sèche végétale des
diatomées est constituée à 71 % de silice. Elles ont contribué à la constitution d’importants
dépôts de farines fossiles. Les diatomées sont encore aujourd’hui les représentants terrestres
d’une vie passée basée sur la silice. Leur teneur en silice dépasse de 6 à 7 fois leur teneur en
carbone.
Une étude approfondie met en avant les nombreuses propriétés intéressantes de la silice ou du
quartz (SiO 2 ), et donc de l’élément silicium. Le quartz conduit mieux la chaleur que l’argile.
Il capte la chaleur plus rapidement. Le rayonnement est tout aussi rapide, et peut avoir lieu
subitement en cas de surcapacité. À de hautes altitudes, où le silicium est également fortement
représenté parmi les éléments, il peut participer à des déchargements de chaleur et à des
orages. Les cristaux de quartz sont dotés d’un pôle positif et d’un pôle négatif. Cela fait du
quartz un élément précieux dans le domaine de la microtechnique et de l’électronique. Les
montagnes de quartz diffusent les énergies solaires que les forces terrestres magnétiques
attirent sur la Terre pour le règne végétal. Les montagnes de quartz sont donc
fondamentalement liées à la répartition géographique des plantes (Rudolf Steiner : Le visage
de la Terre, Dornach, 1922, 2.7). La relation particulière entre quarte et chaleur est mise en
évidence par le fait que l’α-quartz se transforme en β-quartz à une température de 575 °C.
Celui-ci se transforme en α- et β-Tridymit à 870 °C et en α- et β-Christobalit à 1470 °C.
Le silicium forme d’innombrables liaisons organiques, comme le silane, le silatrane et
l’alkoxylane, bien que le quartz fasse partie des substances les plus difficilement solubles et
les plus stables. Le quartz s’exprime sous des formes pures et transparentes dans le cristal de
roche et les pierres précieuses. Dans le passé, les pierres précieuses étaient liées aux signes duZodiaque et les quartz constituaient les portes d’accès aux mondes célestes et assuraient la
liaison entre la nature vivante et le cosmos.
Le silicium se comporte de la même façon que le carbone non seulement avec les éléments
basiques mais aussi avec les éléments acides et les métaux pour donner de multiples liaisons :
avec des éléments basiques, comme le verre à eau : K 2 SiO 3 , Na 2 SiO 3
avec des éléments acides : SiF 4 , SiCl 4 , SiS 2 , Si 3 N 4 (à1400 °C)
avec les métaux, il se forme des silicides et des silicates : SiCa 2 , SiMg 2 , Fe 2 SiO 4 et
autres silicates
avec l’hydrogène : SiH 4 et autres liaisons.
Les anciens quartz de la croûte terrestre sont souvent mélangés au carbone. On peut y voir les
traces d’une vie passée. Il existe également des cristaux de roche totalement noirs contenant
du carbone et pouvant atteindre la taille d’un être humain, nommés Morion, qui ont été
découverts dans les gisements argileux ukrainiens près de Shitomir. Ils sont comme des êtres
formés et solidifiés dans un temps très ancien.
De part ses nombreuses propriétés, le quartz peut être utilisé de diverses manières dans les
domaines de la céramique et de la technique. Mais peu d’utilisations ont été étudiées en
agriculture.
W. Filchner, chercheur en Asie, rapporta en 1924 que le paysan chinois extrait des cailloux
siliceux des fleuves pour les mettre dans ses champs. Il alimente ainsi les cultures des
énergies de la lumière et de la chaleur (Filchner, Tschung-Kue, L’empire du milieu, Bln 1924,
p. 166). Les Celtes faisaient de même lors de la mise en place de leurs carrés de culture, qu’ils
bordaient de pierres siliceuses.
La silice joue le rôle le plus important dans la vie terrestre. À côté de la ressource importante
que constituent la peau et les poils du règne animal, il existe des liaisons de Si organique de
qualité des plus fines telles que le silane, le silatrane, etc.
2- Températures extrêmes en sols sablonneux
Les sols sablonneux sont pauvres par nature et n’apportent pas de récolte de céréales aussi
importante que les sols argileux. Les sols sablonneux se détériorent plus vite que les sols
argileux s’ils restent non cultivés car ils perdent rapidement leur humus. Ils ne retiennent pas
bien l’eau et captent tellement la chaleur sur les surfaces non enherbées que la vie dépérit en
cas de forte chaleur en été. Puis le sol s’acidifie à cause des déchets organiques en
décomposition, et sa qualité se détériore de plus en plus. Des mesures effectuées sur des sols
sablonneux du Brandebourg le matin du 11 juin 1937 (à 9h) donnent les résultats suivants :
à 1 cm de profondeur en sol argileux non couvert :
38 °C
en sol sablonneux non couvert :
41 °C
à 8 cm de profondeur en sol argileux non couvert :
26 °C
en sol sablonneux non couvert :
31 °C
température de l’air à 1,20 m au-dessus du sol :
32 °C.
Dans les cultures de lupin et d’avoine, la température mesurée à 13 h à une profondeur de 1
cm dans les endroits non couverts est de 50 et 56 °C. (N. Remer, la mort des sols sablonneux
causée par l’ensoleillement et le réchauffement, Dem. Mon. 1937, p. 113). La chaleur est très
vite restituée. Ces étapes d’accumulation et de restitution de la chaleur ont un effet destructeur
sur le sol. Pendant les saisons humides et froides, et selon les conditions climatiques, lesrisques d’acidification et de lessivage par les acides humiques sont plus importants. Après un
épisode pluvieux, il y a rapidement formation d’une couche d’algues et de mousses, suivie
d’une décomposition acide. Cela conduit à la perte de fertilité du sol.
Mais les sols sablonneux protégés par une couverture végétale présentent aussi des propriétés
intéressantes. Le conseiller Partsch écrivit (Géographie de la Silésie, 1904, Breslau) que la
culture de la vigne dans la région des Grünberg, en Silésie, n’était possible que sur sols
sablonneux.
3- Silice et plante
Les sols sablonneux protégés permettent de donner des récoltes très aromatiques. Cela se voit
nettement dans la culture de fruits à Werder, près de Berlin, dans les montagnes de la région
de Rauen, près des forêts princières, dans la culture d’asperges et de fraises, dans la culture de
groseilles que l’on nomme « la vigne des sols sablonneux ». En 1923, J’ai appris de petits
producteurs de la région du « wendischen Lausitz » que le pain de seigle cultivé sur sols
sablonneux est plus aromatique. Mais les sols sablonneux sont très fragiles, et les paysans
avaient conclu que la qualité spécifique des sols sablonneux est détruite si les sols sont traités
avec des engrais salés. Bien entendu, l’agriculteur moderne avait bien du mal à admettre que
des sols justement pauvres en nutriments sont endommagés par l’apport de nutriments. Mais
les expériences menées par les petits producteurs dans leur économie basée sur les bovins
montraient que les pommes de terre traitées chimiquement à partir de janvier dégageaient une
mauvaise odeur à la cuisson, et que le pain perdait en arômes et n’était plus aussi rassasiant.
Aujourd’hui, on sait que la réussite d’une culture n’a rien à voir avec une teneur précise en
nutriments. La composition des cendres de plante est très variable selon les types de sols.
Mais un équilibre doit pouvoir s’établir entre les éléments acides et les éléments basiques
dans le végétal. En même temps, la silice joue un rôle important car elle peut former des
liaisons avec les deux types d’éléments, et ainsi restaurer l’équilibre. Cet équilibre se voit
ensuite dans la végétation saine des cultures. Lorsque suffisamment de silice est assimilée,
l’influence du Soleil est plus importante. La silice diffuse en effet la lumière et la chaleur.
Alexandrowitsch Timirjasew (1843-1920), à Leningrad, vit dans le processus de formation
des plantes une corrélation avec les énergies solaires (Oparin, Origine de la Vie, Berlin,
1957). Ainsi, Timirjasew a devancé les connaissances en sciences humaines, selon lesquelles
la forme de la plante est déterminée par les influences célestes (Rudolf Steiner, Conférence du
22/07/1922).
Silice et potasse dans 1000 parties de matière sèche
SiO 2
Foin *** (propre à la région de la mer du Nord)
33,8
Bon foin de prairie
27,2
Foin de prairie acide
13,8
Herbe de champ d’épandage
6,9
Paille de seigle
18-27
Paille de blé
jusqu’à 31
K2 O
19,7
18,0
8,8
38,8
9,0
9,0
Les influences des énergies solaires et les influences cosmiques sont diffusées par la silice
dans leurs qualités respectives directement ou indirectement dans la plante. Les parties de la
plante qui contiennent beaucoup de silice poussent deux fois plus vite que celles contenant du
calcaire (Voronkov, le Silicium et la Vie, Berlin, 1975, p.80).La sensibilité des sols sablonneux quant à l’emploi d’engrais contenant des sels repose sur le
fait que les sels empêchent l’assimilation de la silice par la plante. Cela se remarque dans la
paille des céréales. Au cours des 100 dernières années, la teneur en silice des plantes a
beaucoup diminué. La paille perd à la fois son aspect brillant et sa résistance aux
champignons. Autrefois, la paille de seigle servait à la couverture des toits et avait une durée
de vie de 30 ans. Aujourd’hui, il n’est même plus possible de l’utiliser comme couverture de
toit.
Baisse de la teneur en silice des céréales en % de SiO 2 dans les cendres
(d’après Duflos, 1840 et Menzel Lengerke, 1940)
Paille de blé
Paille de seigle
Paille d’orge
Paille d’avoine
1840
81
82
71
79
1940
63
48,2
52
46,5
Il est donc nécessaire de trouver une nouvelle voie pour maintenir les rendements en sols
sablonneux, et qui pourrait également être novatrice pour les autres types de sols déjà riches
en nutriments par nature.
Lors du développement important des graminées sur le sol, la silice ne joue pas seulement un
rôle important pour la plante, mais aussi pour le métabolisme de la Terre vivifiée et pour sa
fertilité. Liebig supposa déjà que la raison de l’appauvrissement du sol se trouvait dans la
défaillance du cycle de la silice. Cela se confirma pour lui dans le cas de l’assimilation de la
silice par l’avoine tout au long de sa croissance (Liebig, Théorie et Pratique, Braunschweig,
1852).
¼ hectare d’avoine contenait jusqu’au 03/07 : 37,7 livres (soit 18,85 kg) de SiO 2
dont 29 % dans les cendres et jusqu’au 27/08 : 145 livres (soit 72,5 kg) de SiO 2 dont 61 %
dans les cendres
Goethe exprima déjà auparavant – après être rentré de Leipzig à Francfort – l’idée que la
fertilité du sol devait être développée avec les transformations de la silice (Goethe, De ma vie,
2° partie, 8° livre).
La corrélation entre la teneur en silice et la croissance est évidente lorsque l’on analyse la
teneur des cendres des différentes parties des plantes.
Les cendres contiennent (selon Voronkov) :
SiO 2 (en %)
Aiguilles de mélèze
84,34
Paille de seigle
46,5 à 65,17
Paille d’avoine
54,25
Roseau
57,7 à77,27
Feuille de riz
80
Ray-grass d’Italie
60,62
Feuilles de maïs
63,76
Les racines des légumineuses contiennent beaucoup de silice. La teneur en silice assure
l’activité du métabolisme des racines (Voronkov, p. 77).
4- Lumière directe et protéine, lumière voilée et glucide
Les plantes qui se développent beaucoup en mi-ombre contiennent également beaucoup
d’acide silicique, et parviennent ainsi à produire de grandes quantités de cellulose.Les cendres comprennent :
SiO 2 (en %)
Fougère aigle
68,8
Prêle
70 à 96
Aiguilles d’épicea
70,07
Les cendres d’aiguilles de pin ne contiennent que 9,61 % de SiO 2 , mais le pin a besoin d’au
moins 1/11e du rayonnement solaire, tandis que l’épicéa survit à un rayonnement solaire de
1/90e. L’épicéa se développe même bien mieux sur le versant nord peu ensoleillé que sur le
versant sud.
La formation de glucides et de cellulose exige une lumière voilée. La formation de la protéine
est en étroite relation avec les influences directes de la lumière. Tandis que la formation de
bois et d’amidon est influencée essentiellement par la quantité d’acide carbonique des sols
humiques, la quantité et la qualité des protéines sont déterminées par la lumière directe. Cela
est très visible au niveau de la cime des arbres. Les branches du sommet des arbres possèdent
des aiguilles plus foncées et plus épaisses, et constituent une meilleure nourriture pour les
animaux que les autres branches. Le feuillage des espèces d’arbre aimant la lumière contient
plus de protéines que celui des espèces préférant l’ombre. Mais, dans le cas des protéines, la
qualité joue un rôle plus important que la quantité car la protéine est garante de la vie. Une
atteinte au cycle de la silice et à la qualité des protéines nuit à la valeur nutritionnelle et à la
qualité panifiable des céréales. Toutes les variétés traditionnelles de céréales poussant sur des
sols pauvres étaient de meilleure qualité et permettaient une panification plus aisée
(Pelschenke, Culture végétale, 8, 67, 1931).
Alors que la teneur en silice des céréales a diminué de 30 % dans l’agriculture moderne, la
teneur en potasse et en chlore a augmenté.
Teneur en Mg, K et Cl (en g/kg de matière sèche)
(d’après Scharrer, Chem. Zeitung, 1939)
Mg
K
Cl
1869
15,5
4,2
Foin de prairie
1933
26,59
7,83
1869
14,43
2,22
Luzerne
nouveau
40,76
6,66
1869
5,47
25,12
2,92
Trèfle rose
nouveau
3,25
45,81
6,45
1869
1,64
14,55
3,20
Seigle
nouveau
0,79
46,78
12,00
1869
1,13
18,84
1,31
Pomme de terre
nouveau
1,03
19,60
3,65
Les explications données par Rudolf Steiner à Koberwitz ont renouvelé notre intérêt pour la
silice. Des formations de silicates doivent être préparées dans les sols vivants afin que des
processus se développent entre le sol et les racines (Rudolf Steiner, Sciences Humaines et
Médecine, 1922, p. 127).
Lorsque le conseiller Bier entendit parler des problèmes liés à la silice en agriculture, il attira
notre attention sur les expériences médicales menées par le conseiller Hugo Schulz à
Greifswald. S’étant intéressé à la luminothérapie parallèlement à son activité de chirurgien, il
compris tout de suite l’intérêt de cette étude. Hugo Schulz avait déjà montré au début du XX°
siècle que la silice est d’une importance capitale dans la formation du système neuro-sensoriel
et de l’épiphyse des os. Les connaissances dans le domaine des cultures végétales ne sont pasaussi avancées. Il est écrit dans le livre de poche sur la nutrition des plantes (1931) : « La
question de l’acide silicique dans l’écosystème végétal n’est pas encore tout à fait claire. »
(König, Hohenkamp, Livre de poche sur la nutrition des plantes, 2.795, 1931).
Le choix offert à la plante entre la silice et ses concurrents, le potassium et le sodium est très
variable.
Teneur (en % des cendres)
Laîche aquatique
Nénuphar
Characées algues
Roseau d’eau
Potasse
30,82
14,4
0,2
8,6
Soude
2,7
29,66
0,1
0,4
Calcaire
10,7
18,9
54,8
5,9
Silice
1,8
0,5
0,3
71,5
(Kerner v. Marilaun, la vie des plantes, extrait de Les plantes comme indicateurs du sol,
Linstow, Institut National Prusse de Géologie, Nouvelle série, M114, Berlin).
[Légende de la photo : La dynamisation des préparations à pulvériser requiert attention,
intérêt et persévérance.]
En établissant des comparaisons dans le monde végétal, il apparaît que les plantes terrestres
anciennes, qui se sont développées au cours d’une période de grande activité de la Terre, et
qui restent encore aujourd’hui des saprophytes, contiennent de grandes quantités de silice.
Ces plantes viennent d’une époque ou la Terre possédait une atmosphère brumeuse et sombre.
Mais la Terre était alors très active comme le montrent encore les épaisses couches de
sédiments et de dépôts. L’ère tertiaire fut ensuite celle de l’apparition des graminées, qui
avaient besoin de beaucoup de lumière, et qui contiennent le plus de silice comparées aux
plantes apparues par la suite. Les graminées assimilent la silice depuis les racines jusqu’aux
épis et peuvent donner d’excellentes teneur en protéines.
Tableau sur la teneur croissante en silice de l’avoine et du riz (d’après Voronkov)
Teneur en SiO 2 dans la matière sèche (en %)
Avoine
Paillettes
10,95
Feuille
5,24
Tige
1,42
racine
1,84
Riz
Paillettes
15
Feuille
12
Tige
5
racine
2
Il ne faut pas oublier la dynamique de la silice propre aux céréales : la silice venant du sol est
en interaction et se mélange aux plus fines particules de silice de l’atmosphère. En effet, les
feuilles possèdent des bactéries transformant la silice, et également capables de fixer l’azote
de l’air (Nombreuses publications d’Alexandrov à Kiev et Odessa de 1958 à 1970, Voronkov,
p.31).
L’emploi de poudre fine de silice de corne en mélange de poudre de cristaux de roche vivante
intervient activement sur le processus de croissance des plantes vertes.
5- Silice et animaux
Le règne animal est de grande aide pour activer les fonctions de la silice dans le sol. Nos
animaux domestiques mangeurs de absorbent également, via leur alimentation, des quantitésconsidérables des substances siliceuses. Cela est perceptible et variable selon le type
d’animaux. La paille de fourrage et le foin de pâture sont plus riches en silice et plus digestes
lorsqu’ils sont cultivés sur des sols entretenus que s’ils sont cultivés sur des sols acides (voir
ci-dessus). Grâce à une nourriture brute riche en silice, les bovins ont plus de cuir, de plus
belles cornes, de bons sabots et des os solides. Ils donnent une impression générale d’animaux
vigoureux. Dans la mesure où l’animal domestique s’adapte aux conditions du sol et apprend
à assimiler l’alimentation siliceuse, un retraitement de qualité des parties siliceuses des
plantes pour la vie du sol s’opère en même temps. L’amendement est ensuite travaillé par le
ver de terre, dont l’intestin dispose de bactéries transformant la silice, et pouvant aussi fixer
l’azote. C’est ainsi que se referme le cercle vertueux liant la vie du sol, la lumière et les
fonctions des fleurs.
Dans le monde végétal, la silice apporte à la plante une résistance à la maladie par son rôle
vis-à-vis de la lumière. Pour les soins des hommes et des animaux, la silice est un remède
contre les infections. Elle empêche la modification des processus métaboliques du cerveau.
Cela est lié aux forces organisées du quartz qui interviennent sur toute la plante, et grâce à
l’activité des abeilles qui se retrouve dans le miel.
D’après la comparaison de la teneur en silice des plumes, de la laine, de la peau et de la
viande, une corrélation peut être établie avec le type d’habitat.
Plumes
Laine de mouton
Viande de mouton
Ecailles
Teneur en silice
1 à 2 % de SiO 2 dans la matière sèche (une
oie produit environ 400 g de plumes)
0,4 % de SiO 2 dans la matière sèche
0,04 % de SiO 2 dans la matière sèche
4,2 % de SiO 2 dans les cendres
Il existe un subtil métabolisme de la silice dans le cerveau pour l’activité des nerfs. Les
liaisons organiques de silice possèdent, par la formation de chaînes très longues, la capacité
de transmettre les impulsions nerveuses très rapidement. De petits éléments issus de la silice
se forment en permanence dans le cerveau par les processus de la conscience. Ces éléments
doivent ensuite toujours être dilués dans le sang comme les éléments vivants porteurs d’azote
et de potasse. Des processus équivalents à ceux du cerveau se retrouvent dans le sol. Il
convient de les favoriser pour stimuler la vie des racines. Au niveau du cerveau, une subtile
préparation d’extrais minéraux siliceux est nécessaire au thalamus pour faire des nerfs un
outil de l’âme. C’est ainsi que se met en place la cohérence entre les idées.
Dans les champs de culture, les excréments des oiseaux granivores – et plus particulièrement
des perdrix, donnent des jus minéraux subtils, formant une polarité très précise avec l’humus
en formation des excréments de vache. Ces polarités sont nécessaires à la vie (Dr Brüll, Parc
Naturel de Kaltenkirchen).
D’une certaine façon, la polarité de cette dynamique s’exprime dans le rapport équilibré entre
la silice et la potasse dans la nourriture des bovins. Le métabolisme de la silice, tant mis à mal
pour les plantes, est de grande importance pour la coordination de l’ensemble des organes.
D’où l’intérêt d’un fourrage sain pour l’alimentation du bétail. La qualité du fourrage
dépend de l’équilibre paritaire entre silice et potasse. Cet équilibre est obtenu via le mélange
de céréales – contenant plus de silice – et de variétés de trèfle – contenant plus de potasse.
6- La silice dans le cycle de l’exploitation agricoleA Muskau, Fürst Pückler est un pionnier qui a réussi à améliorer la qualité des mauvais sols
sablonneux à grande échelle. Pour préparer la culture, il procéda à un labour de défoncement,
utilisa du compost, planta des arbres et des haies, et aménagea des pelouses. C’est ainsi que
fut créé le parc de Muskau dans la région du Lausitz, parc encore bien connu aujourd’hui.
Les céréales ont la capacité de développer un système racinaire important, ce qui laisse
ensuite à la vie du sol une importante quantité de biomasse végétale. Lorsque nous devons
améliorer la qualité des sols, il nous faut cultiver des céréales et utiliser des légumineuses. La
croissance de ces plantes doit être favorisée par l’utilisation de compost et la pratique d’un
chaulage contrôlé. C’est alors qu’interviennent les vers de terre, produisant du calcaire à
double acide carbonique qui est déterminant pour le pouvoir tampon du sol. Lorsque l’on
prépare les sols légers avec une culture pour nourrir le sol de façon à augmenter la teneur en
humus, et le pH du sol de 6 à 6,3, il est ensuite possible de cultiver de la luzerne et du
sainfoin. Ces deux plantes apportent de gros rendements pour l’alimentation animale. La
vesce, associée au colza, le ray-grass annuel, le tournesol, le chou moëllier et le mélange de
Landsberg conviennent également. Il est ensuite possible d’avoir plus de bêtes. L’excrément
de porc est aussi intéressant pour les sols sablonneux, dans le cas où le porc peut être élevé
naturellement. Le porc aime bien manger un peu de terre provenant des mottes de pelouse
avec sa nourriture. Cette terre est décomposée par l’importante digestion acide dans
l’estomac. En plus de l’excrément de porc, il faut ensuite utiliser une petite quantité
d’excréments de volailles. La poule doit avoir aussi à sa disposition de la nourriture, qui doit
être de préférence issue du granit, de feldspath, de basalte ou de gravier. Ces minéraux sont
décomposés d’une toute autre manière que par les bovins ou les porcs.
Pour avoir un fourrage appétant pour les chevaux, les bovins et les moutons, il faut avoir des
céréales de grande hauteur. Il est possible de récolter de la paille et de l’herbe de grande taille
grâce à un meilleur développement racinaire favorisé par le compost et le travail du sol. C’est
pourquoi il faut à nouveau cultiver des parcelles avec de grandes céréales, pour nourrir les
animaux domestiques de manière saine et économique. Cela permet d’élaborer un engrais
favorisant une fertilité importante et durable du sol. Les céréales et les légumineuses ont un
développement racinaire plus important sur les sols sablonneux sains que sur les sols argileux
et glaiseux. Cette faculté doit être favorisée par le maintien constant de la structure
grumeleuse par la mise en place de couvertures végétales et un labour du sol peu profond. La
bouse de vache est irremplaçable pour ce type de sol.
L’expérience de la culture en biodynamie a permis de voir que de nombreux phénomènes
apparaissent sur les sols légers, sablonneux, à partir du moment où le fourrage et
l’amendement sont issus de la ferme et utilisés correctement. L’assimilation du fourrage
s’accroît jusqu’à 30%. Les maladies telles que la stérilité, la tétanie ou les maladies du pis
disparaissent d’elles-mêmes lorsque l’animal mange suffisamment de foin et de paille
produits sur le domaine. Les forces de vie perdurent au fil des générations d’un troupeau
nourrit de la sorte. Le troupeau acquiert une individualité (possibilité de consanguinité). La
silice est ainsi l’élément assurant l’individualité agricole. L’eau de source de montagne et la
silice transmettent les forces cosmiques. Le fourrage vert doit également être de maturité
suffisante. Il faut essayer de maintenir l’équilibre harmonieux entre silice et potasse d’une
façon globale. C’est seulement après que le sang (K 2 O) et les nerfs (SiO 2 ) trouvent
pleinement leurs fonctions.
La conduite de domaines agricoles en sols sablonneux selon le principe de l’organisme
agricole a pleinement démontré que les maladies des animaux peuvent se guérir d’elles-
mêmes et que les forces de vie peuvent être renforcées. Le domaine de Marienhöhe près deBad Saarow faisait figure d’exemple après 12 ans de conduite du domaine selon ce principe
(Remer, Dem. Mon. 1936, p.171, L’élevage des bovins au cœur de l’organisme agricole).
La culture du trèfle devint possible sans chaulage dans une certaine mesure. La paille de
seigle et de céréales d’été était souvent utilisée comme fourrage. Les animaux héritaient d’une
particularité dans leur type, leur assimilation de la nourriture et leur résistance. Les vaches
pouvaient faire jusqu’à 15 veaux. Ces caractères héréditaires se retrouvaient dans la
descendance de manière durable et se développaient encore.
Une telle conduite du domaine requiert un investissement complet et de la ténacité de la part
des hommes. L’homme doit élever son regard innocent sur la nature pour développer une
compréhension approfondie des relations existant entre les êtres en devenir du domaine et le
rythme des saisons. L’âme de ces êtres doit toujours plus s’éveiller.
Le quartz permet d’assurer, dans la vie des animaux et des plantes, une organisation globale,
la beauté des formes et la relation entre les fonctions vitales et organiques. Lorsque
l’exploitation agricole présente de bons résultats dans certains domaines et que, parallèlement,
la production de base augmente, il est nécessaire que les autres parties de l’organisme agricole
s’adaptent afin de respecter les limites écologiques de l’organisme agricole propres à chaque
domaine. Il faut aussi garantir une stabilité des besoins pour une santé optimale de
l’ensemble. La silice est l’élément de l’organisme le plus sensible, et anime les inter-relations
entre les fonctions au sein de l’exploitation. La nature agit selon le principe de précaution, et
non comme les hommes qui agissent ultérieurement. La résistance, le self-contrôle
biologique, un raisonnement global deviennent des caractéristiques de l’individualité du
domaine agricole productif.
7- Preuves de l’efficacité de la poudre fine de silice
Un autre sujet est celui de l’emploi de la silice en poudre fine sur les feuilles des plantes. Des
essais méthodiques ont été menés en 1962 et publiés en 1968 (N. Remer, Des lois de la vie en
agriculture, Dornach, 1968). Ces essais apportent de nombreuses preuves irréfutables.
Anciennes publications à propos de la silice :
La silice et sa signification pour l’agriculture, revue mensuelle Demeter, 1933, p.86.
Signification et utilisation de la préparation 501 (silice de corne) en culture végétale,
revue mensuelle Demeter, 1933, p.97.
L’élevage de bovins au cœur de l’organisme agricole sur sols sablonneux, revue
mensuelle Demeter, 1936, p.171.
Silice et santé des plantes, revue mensuelle Demeter, 1937, p.75.
Mort des sols sablonneux par l’ensoleillement et le réchauffement, revue mensuelle
Demeter, 1937, p.113.
Santé et productivité des animaux domestiques, Planegg à Munich, 1940, p.52.
Les lois de la vie en agriculture, Dornach, 1968.
Engrais organiques, à compte d’auteur, 1980.III. La silice doit-elle encore rester un élément négligé ?
1- La diminution des fonctions liées à la silice nécessite de nouvelles mesures
La baisse de la teneur en silice des plantes cultivées incite à toujours améliorer la couverture
du sol et à aérer les couches plus profondes des sols tassés et abîmés. Ainsi, les racines
peuvent bien se développer et peuvent assimiler les substances minérales du sol contenant de
la silice. La silice met la plante en relation avec le cosmos d’une manière particulière, en
s’associant à la lumière et à la chaleur.
« La silice joue le rôle le plus important dans l’activité de la vie planétaire. » (Rudolf Steiner,
Cours aux agriculteurs, 1 ère Conférence).
La médecine traditionnelle attribuait aux 12 pierres précieuses issues de la silice le pouvoir de
transmettre l’énergie des 12 groupes d’étoiles du zodiaque au corps humain.
Effets sur :
(d’après Surya)
Jaspe
Saphir
Calcédoine
Emeraude
Sardoine
Cornaline Chrysolithe
Chrysolithe
Béryl
Topaze
Chrysoprase
Hyacinthe
Améthyste
Gémeaux
Verseau
Capricorne
Sagittaire
Scorpion
Balance
Vierge
Lion
Cancer
Gémeaux
Taureau
Bélier
pieds
Estomac
Veines et cuisses
vessie
reins
yeux
coeur
estomac et poitrine
Oreilles
Parmi les substances issues du processus de formation de la Terre, la silice est la première à
être apparue. Les plantes pouvaient se développer sur Terre sur la base siliceuse, sans être
exclues du processus. La teneur en silice des premières plantes était supérieure à leur teneur
en carbone. Les algues siliceuses (diatomées) sont encore dans ce cas aujourd’hui. La prêle et
la fougère contiennent également beaucoup de silice. La silice permet également aux plantes
de se développer plus rapidement. C’est aussi le cas de l’élodée du Canada (Elodea
canadensis) et de la consoude (Sympytum), ces deux plantes pouvant être utilisées comme
complément alimentaire pour la santé des animaux.
Teneur en silice (g/kg de matière sèche)
Elodée du Canada
Matière sèche
160
Cendre
154
Potasse
23,6
Calcium
52,3
Silice
24
Le colza, le pois de senteur et le sarrasin ne contiennent que
sèche.
Consoude
167
127
51,4
25
24
2 g de silice par kg de matière
Grâce au mucus siliceux du vivant, le futur être humain ou animal va passer, en reproduisant
les étapes de l’évolution du monde, du ventre de sa mère à la naissance.L’ensemble du monde végétal est basé sur la silice en tant qu’élément actif. La silice
accompagne le développement des plantes sur la Terre jusqu’aux plantes les plus évoluées,
desquelles provient notre nourriture.
Aperçu du monde végétal
Sporophytes
(Angiospermes)
1- Champignons, algues
2- Mousses, lichens
3- Fougères, prêles
Gymnospermes 1- Gingko
2- Conifères
3- Cupressacées (Cyprès)
Monocotylédones 1- Liliacées
2- Graminées
3- Palmacées, musacées (bananier)
Dicotylédones 1- apétales
2- dialypétales
3- gamopétales
Parmi les plantes fourragères et alimentaires, les graminées et les différentes céréales se
caractérisent par des teneurs élevées en silice dans la tige, qui augmentent constamment, et
particulièrement pendant la maturation. André Voisin (La productivité des prairies, Münich,
1958), rapporte des agriculteurs de la vallée d’Elorn, en Bretagne, que les prairies irriguées
étaient fauchées, dans la mesure du possible, lorsque la teneur en silice était élevée et qu’elles
avaient atteint une certaine maturité. Sans cela, le lait des vaches était pauvre en matières
grasses. La teneur en silice des plantes peut varier en fonction du type de sol et du degré de
maturité des plantes. Par exemple, la teneur en silice de la carotte peut aller de 0,10 à 0,64 %
(DLG Tab. 1962).
La silice retransmet les énergies des planètes supérieures (Saturne, Jupiter et Mars). Ces
énergies donnent aux substances issues des énergies terrestres leur qualité alimentaire et leur
forme. Selon la médecine traditionnelle (Surya), Saturne rend long, Jupiter ferme et imposant,
Mars rend solide et piquant. La silice doit pouvoir être dans la terre, afin que l’aspiration à
devenir un arbre – que tout végétal a en lui – se décline à différents degrés. La cendre de
toutes les sortes de bois est riche en silice, et leurs jus sont sucrés (sirop d’érable). La
formation de l’arbre est comme une excroissance du globe terrestre que l’on peut interpréter
comme l’organisation fondamentale du système planétaire, à considérer et à mettre en relation
avec les dynamiques liées à la silice.
Les champignons furent les premières plantes à apparaître sur Terre. Ils se développent
exclusivement, dans le processus de l’arbre, au début de l’éveil de la terre. Lorsqu’ils trouvent
l’énergie suffisante dans les matières organiques, puisqu’ils ne peuvent pas assimiler par eux-
mêmes, ils fracturent et dissolvent les roches siliceuses et les minéraux du sol. À terme du
processus d’évolution du monde végétal se trouvent les plantes à fleur à double périanthe,
apparues pour la première fois sur Terre dans l’Atlantide (ère tertiaire).
Les composées colorées, dont la plupart fleurissent en été, se trouvent tout au sommet de la
classification des plantes à fleur. Elles anticipent le processus de développement de l’ordredans leurs tiges et leurs ramifications, et forment d’innombrables fleurs. La famille des
composées compte peu d’arbustes, et aucun arbre. Elle regroupe en revanche de très
nombreuses plantes médicinales, chaque plante comportant de 80 000 à 100 000 fleurs. Nous
utilisons les fleurs des composées (achillée, camomille, pissenlit) pour stimuler l’activité de la
terre grâce aux champignons formant l’humus et aux géobiontes. L’écorce de chêne soutient
ce processus à l’aide de son calcium, et l’ortie organise le tout. C’est ainsi que s’établit une
grande association de plantes au sein du monde végétal, destinée à assurer la fertilité de la
Terre.
Un léger réveil de la terre se produit à l’endroit où se développent des champignons, et ce
particulièrement en automne, au moment où l’âme de la Terre est en repli. Le léger réveil doit
être provoqué par l’utilisation de compost de fumier dans les champs cultivés, et de compost
de terre (végétal) dans les prairies. Les champignons du sol ont besoin de matière organique
pour se développer. Grâce à un travail peu profond du sol, il se forme des bactéries aérobies,
et, en cas de teneur en calcaire suffisante du sol, des bactéries fixatrices d’azote. Ces bactéries
permettent la constitution d’un humus de grande qualité ayant de nombreux effets secondaires
pour les racines, qui peuvent alors atteindre les coches plus profondes du sol et stimulent les
géobiontes grâce à leurs sécrétions.
Les racines sont très appréciées par de nombreuses bactéries, car elles leur sont utiles pour le
transport de minéraux contenant de la silice. Ce qui est valable pour les racines l’est aussi
pour les feuilles des plantes qui disposent également de bactéries utilisant la silice et fixant
l’azote. De nombreux essais ont été menés sur des plantes vertes avec des bactéries fixatrices
d’azote, du type azotobacter. Ces études n’ont pas donné de résultats très concluants. Les
conclusions de Alexandrow à Odessa (Voronkov : Silice, Editions académiques, Berlin, 1975)
sont différentes. Alexandrow a travaillé avec les bactéries utilisant la silice et a remarqué une
croissance des rendements :
Sur blé d’été : 50 – 100 %
Sur maïs
: 34 – 50 %
De tels résultats sont aussi valables pour le chou, la pomme de terre, le chanvre, le tournesol
et les fruits. Mais il faut savoir que, pour obtenir des résultats avec la silice, les bactéries de la
silice ou la silice qui devrait avoir des effets sur les plantes évoluées (dotées de certaines
bactéries spécifiques) – comme pour nous la silice de corne –, la relation globale entre le sol,
la plante et l’animal est essentielle. Il faut également favoriser une couverture du sol saine et
contenant des protéines, et aérer le sol en profondeur sans pour autant détruire les différents
horizons pédologiques. Il existe en effet naturellement une organisation précise de la vie dans
les zones du sol. Mais les racines ont cependant besoin de respirer pour vivre, afin de pouvoir
faire monter les assimilats – qui sont transformés et redescendent sous forme de sève
élaborée – , puis de les évacuer dans le sol. Le système racinaire est véritablement la partie la
plus active de la plante. La teneur en silice de la plante peut augmenter par l’activité des
racines. Ce sont alors des portes ouvertes à l’influence de Saturne, Jupiter et Mars qui
transforment les énergies terrestres (humus et calcium) en substances nutritives, plus digestes
et plus douces. Ces effets sont clairement visibles dans les carottes, panais et betteraves
rouges.2- L’intervention de la silice dans l’interaction plante – animal
Ses connaissances des sciences naturelles font énoncer à Goethe la loi suivante : « L’animal
prend, la plante donne. » Dans son cours à Koberwitz, Rudolf Steiner développe cette loi
fondamentale sous différents aspects. Le monde végétal et la Terre constituent un seul et
même organisme, une entité vivante. Contrairement aux animaux, les plantes se nourrissent
par elles-mêmes. Elles captent le gaz carbonique, les substances nécessaires et la lumière
cosmique grâce à leurs feuilles, et puisent par leurs racines les minéraux et le sang de la Terre
indispensables à leur survie.
Dans la couche supérieure du sol, éveillée par le fumier et les bactéries du sol, la plante –
disposant de racines secondaires ascendantes – envahit la couche d’humus, en parasitant
légèrement l’intérieur.
Elle doit en même temps développer une partie de ses racines jusqu’à une profondeur
importante (le sainfoin jusqu’à 15m de profondeur, la luzerne jusqu’à 10 m, et d’autres
plantes à une profondeur encore plus importante). Les nombreuses sécrétions des racines des
plantes éveillées stimulent la vie bactérienne du sol, qui permet elle-même à ces plantes de
puiser les substances nécessaires dans les minéraux riches en silice. Ce processus ne conduit
pas à une perte d’énergie des plantes, mais développe au contraire leur vitalité. La plante perd
en revanche sa vitalité lorsqu’elle doit se développer dans un bouillon de culture.
Une plante saine puise les éléments vitaux – oxygène et chaleur- en partie dans la chaleur
emmagasinée par les pétales, mais surtout dans les nutriments sous la forme d’énergie. La
plante transforme directement les solides et les liquides du sol, et fournit de l’air et produit de
la chaleur. Ces deux éléments sont nécessaires à la vie de l’homme et de l’animal, qui ne
peuvent assimiler qu’indirectement les solides et les liquides, par les différentes étapes de la
digestion. La silice prélevée par la plante en rapport avec la lumière est donc en filigrane du
monde végétal et de celui de l’homme et de l’animal. L’homme et l’animal ont besoin de la
silice vivifiée pour développer leur peau, et leurs cheveux ou poils, ainsi que leurs organes
sensoriels. La silice vivifiée permet aussi à leur corps de former le calcium nécessaire à la
formation des os. La silice est utile aux forces d’organisation de l’esprit. L’énergie de la silice
se diffuse dans la périphérie, et de petits corps siliceux issus d’une périphérie plus éloignée
pénètrent l’être vivant. Cela favorise la formation des protéines et celle des lipides, résultant
toutes deux des lois de l’Univers et relatives à la lumière. Mais il faut être conscient que la
Terre, éprouvée par les techniques humaines, a perdu de ses capacités d’expiration et
d’inspiration dans cette dynamique cosmique de la silice. Grâce à de nombreuses réflexions
(Club de Rome, Dennis Meadow, Commission de l’état fédéral), les hommes ont pris
conscience que la vie de la Terre est menacée. Il est indispensable de développer de nouvelles
connaissances, et de prendre de nouvelles mesures pour l’exploitation des terres et des forêts.
Par une intervention globale, les sols pour la plupart endommagés, les sols sablonneux,
pourraient permettre de produire des céréales, légumes et fruits de qualité. Ces sols pourraient
en effet devenir de grande qualité s’ils étaient entourés de forêts vivantes, et si leur humus
était géré différemment.
L’efficacité du calcium – apporté par les terrains calcaires et la culture de légumineuses – est
liée aux fonctions de la silice. Les céréales peuvent donc à nouveau accroître leur teneur en
silice. En Bretagne, les Celtes utilisaient déjà une algue marine côtière calcaire pour cette
synergie silice – calcium. Le chêne est l’arbre où la complémentarité silice – calcium est la
meilleure. D’où sa croissance très rapide. Les cendres d’écorce de chêne contiennent de 70 à
80 % de calcium. Pour une bonne croissance, le chêne doit être entouré d’orties et de sureau,et aidé par le monde animal (sanglier, geais, fourmis et abeilles). L’ortie est une plante très
riche en minéraux, avec 15 à 18 % de matières minérales dans la matière sèche. Elle aide le
chêne, qui lui-même enrichit le milieu où il pousse.
Teneur en silice du bois sec :
Chêne : 0,50 %
Hêtre : 0,19 %
Sapin : 0,13 %
Dans les sols vivants, riches en humus et ouverts au Cosmos, il existe naturellement un ratio
déterminé par la silice, qui permet aux racines de la plante – surtout lorsque la plante reçoit
de la bouse de vache – de trouver les minéraux dont la plante a besoin. Le conseiller August
Bier mit en évidence cette sensibilité de la plante, définie par la silice, chez le hêtre commun.
Ce dernier est capable de trouver du calcium même dans les sols sablonneux pauvres, et
apparaît donc comme une solution pour l’exploitation forestière sur ce type de sol. Depuis de
nombreuses décennies, les agriculteurs ayant acquis les nouvelles connaissances spirituelles
ont pu démontrer qu’il est possible de cultiver et même de soigner les sols sablonneux, grâce
à une harmonie entre la plante et l’animal. Et cela plutôt que de continuer à détruire les sols
sablonneux par les plantations de pins. Il est nécessaire d’aller dans ce sens par soucis de
l’alimentation des générations futures.
La physique et la chimie ont beaucoup apporté en terme d’utilisation externe du silicium et du
quartz. Mais ces sciences se sont peu intéressées aux processus vitaux – qui semblent pourtant
fondamentaux – liés à la silice. Il n’est en effet pas possible de tout déterminer par les
méthodes scientifiques. C’est pour cette raison que les apports de Rudolf Steiner en médecine
et en agriculture sont complètement nouveaux. Il est encore mieux d’apprendre à les
comprendre et à les expérimenter.
« Les dynamiques liées à la silice, qui se produisent dans le sol minéral, trouvent leur
contraire dans l’organisme humain – à savoir, dans le sang et les nerfs. Ces processus
changeant – malheureusement trop peu étudiés – se produisent également dans les champs de
culture. Ils se déroulent entre le champ, c’est-à-dire entre la terre tout simplement, siliceuse, et
les racines des plantes qui descendent dans le sol. » (Rudolf Steiner, Science de l’esprit et
médecine, 1920).