L’agriculture écologiquement intensive, la révolution doublement verte …

Extrait du livre de Michel GRIFFON …..Préface de M. Erik Orsenna

Les apports de Lucien Séguy

Lucien Séguy est un agronome, très créatif et passionné, dont la carrière s’est faite
en grande partie au Brésil où il a développé de nombreux systèmes de culture à
caractère expérimental dans le cadre d’une relation directe avec des professionnels.
Sa méthode de travail repose sur l’invention permanente d’itinéraires techniques
et leur expérimentation en vraie grandeur, sur l’observation attentive des effets
sur le milieu et sur la reformulation en continu d’hypothèses de travail. L’ensemble
permet un haut degré d’inventivité. Il est l’inventeur d’une panoplie de systèmes de
culture en « semis direct sous couvertures végétales » dans le tropique du Brésil,
et il contribue à la recherche d’autres systèmes dans d’autres pays du monde en
particulier en Afrique et à Madagascar. On lui doit d’avoir donné à l’agroécologie une
grande partie de sa dimension pratique et d’avoir brillamment élargi les horizons
des techniques agronomiques alternatives.

Le semis direct sur couverture végétale dans le sud de la France

Les enseignements tirés de ces rencontres


Lors de ces rencontres, un certain nombre de points ont retenu l’attention. Le système doit
être abordé et réfléchi de façon globale. La technique serait transposable quel que soit le
type de sol, le point commun étant la mise en place de couverts végétaux adaptés à la
région. Le couvert végétal est central dans le SCV, il doit avoir un développement maximal
quitte à le fertiliser et il doit être diversifié.
Les agriculteurs qui se lancent en SCV peuvent le faire rapidement à partir du moment où
ils réussissent leur couvert végétal hivernal. Mais ils peuvent le faire à leur rythme. Il est
nécessaire d’expérimenter sur son territoire, son exploitation, avec ses conditions
pédoclimatiques pour adapter au mieux les couverts végétaux et les cultures.

Merci à la chambre d’agriculture des Landes (2018)

Sans le Glyphosate : «L’agriculture française régressera inexorablement»

Lucien Séguy, ancien pédologue de l’Orstom, va encore plus loin. «En voulant supprimer par idéologie le glyphosate, la France pourrait passer à côté de tous les enjeux de l’agroécologie», s’alarme-t-il. Bien employé, le glyphosate est un «rempart encore indispensable contre l’érosion de la couche arable partout dans le monde… Avant, les tropiques produisaient peu, car leurs terres faiblement fertiles naturellement pour les cultures partaient avec l’eau des pluies. Avec l’agroécologie intensive, les agriculteurs brésiliens peuvent faire deux récoltes plus un engraissement de bêtes par an et même intégrer la production de bois dans le même champ… Il y a dans le monde des millions d’hectares dégradés que l’on peut transformer en jardins tropicaux, il y a de la place pour tout le monde, les gros et les petits agriculteurs. Mais tout cela sans le glyphosate, c’est compliqué», résume-t-il.

En France…..

Pour l’Hexagone, renoncer au glyphosate reviendrait à précipiter une sorte de crise définitive. «L’agriculture française régressera inexorablement. Le pays deviendra acheteur de nourriture et n’exportera plus. Soit on fait le choix inverse, on recharge les sols en matière organique avec le génie végétal en semis direct, on assure alors de hautes productivités stables dans le changement climatique, on préserve des eaux et des sols propres, on garantit des productions totalement pures dans un environnement protégé qui capte plus de carbone qu’il n’en émet», prévient Lucien Séguy. Une agriculture en osmose avec le rythme des saisons et de la nature, mais qui ne peut se passer d’une utilisation raisonnée du glyphosate.

Pour les défenseurs de l’agroécologie, comme M. Séguy, il est donc possible de «produire intensivement à peu de frais de la nourriture de qualité sur des sols sans fuite à la fertilité améliorée». À condition de reconnaître le rôle majeur que le controversé herbicide doit jouer. Les débats et polémiques, on peut en être sûr, sont loin d’être terminés.

Article écrit par Jérôme Lassalle est ingénieur agronome

Le labour c’est tabou, on en viendra tous à bout ?

Face aux menaces pesant sur la ré-autorisation du glyphosate, des agriculteurs sont descendus sur les Champs-Élysées le 22 septembre dernier, à l’appel de la FNSEA, premier syndicat agricole français. Etre soucieux de notre santé ne doit pas forcément empêcher d’entendre l’inquiétude des producteurs de perdre un outil de désherbage efficace. Les alternatives au glyphosate sont néanmoins nombreuses. Des produits de substitution ou des méthodes de désherbage mécanique éprouvées en agriculture biologique, comme le labour, peuvent permettre un contrôle efficace des mauvaises herbes. A moins de ne plus souhaiter labourer les sols. C’est le cas des agriculteurs engagés dans l’ « agriculture de conservation ». Ils ont revendu leur charrue pour éviter la déstructuration des sols qu’elle peut causer. En labourant, l’agriculteur enfouit des graines de mauvaises herbes en profondeur pour les empêcher de germer. Mais dans le même temps, cette action perturbe fortement la vie du sol, comme les vers de terre, les bactéries et les champignons, indispensables à une bonne fertilité. Pour retrouver une bonne fertilité et structure des sols, les agriculteurs engagés dans le non-labour visent à avoir un sol le plus vivant et couvert possible. Pour cela, ils mettent en place des couverts végétaux destinés à éviter les sols nus, fortement sensibles à l’érosion. Ces couverts végétaux permettent de restituer leur biomasse au sol. Ils peuvent provenir des résidus d’une culture après récolte, par exemple  les pailles de blé dont on a moissonné les épis par exemple, ou bien d’ espèces non récoltées, mais implantées uniquement dans le but de nourrir le sol. Les producteurs implanteront alors ces couverts végétaux entre deux cultures destinées à être récoltées, ou bien en association avec elles. On estime qu’en France plus de 30% des céréales sont cultivées sans labour, et plus de 4% sans aucun travail du sol y compris mécanique. La capacité de cette agriculture à stocker le carbone et à régénérer les sols est un argument de poids pour lui assurer son soutien. Les pratiques de non-labour sont en effet capables de stocker, sous des climats tempérés, entre 100 et 200 kg de carbone par hectare, là où le labour participe au réchauffement climatique en émettant du carbone.  Ce qui fait dire à Lucien Séguy chercheur au CIRAD spécialiste du semis-direct, qu’avec l’agriculture de conservation « le plus grand puits de carbone est entre nos mains ». Les terres sans labour et avec des couverts ont généralement de meilleurs taux de matière organique, retiennent mieux l’eau ou ont une moindre sensibilité à l’érosion.

Destruction d un couvert végétal avec un rouleau et semis simultané (Source : Grégoire Agri)

La plus grosse erreur de toute l’histoire de l’humanité est d’avoir fait la guerre à la VÉGÉTATION …..Surtout aux arbres

La planète ne bat pas que des records de chaleur, elle bat aussi des records d’étalement de béton, bitume, sols nus, routes, constructions, climatisations, de nombre de moteurs thermiques et aussi de destruction de végétaux ,de feux de forêts, de gaspillage, de pollution

La planète ne bat pas que des records de chaleur, elle bat aussi des records de nombre de voitures, de camions, de tondeuses à gazon, de broyeurs de végétation ..etc.Combien de volume d’énergie fossile, l’homme peut gaspiller pour saccager aujourd’hui tout azimut de la végétation

Si cette humanité veut garder un petit espoir de continuité durable en conditions normales, elle doit revoir complètement son comportement vis à vis de la végétation et des arbres…..l’arbre, est notre meilleur allié, dire qu’il a même fabriquer le pétrole ….!!

Non-travail & couverture permanente du sol, diversité des espèces cultivées : les 3 grands principes de l’agriculture de conservation présentés par @FrancoisMandin , agriculteur en Vendée, président réseau @apad_contact #ACS

SCV chez paysannature

Sommaire :

1 : Présentation générale 0:00:19

2 : Historique du SD sur la ferme 0:02:19

3 : Rotations 0:05:39

4 : Fertilisation 0:07:53

5 : Gestion des adventices et des limaces 0:13:52

6 : Gestion des mulots 0:20:58

7 : Insecticides et fongicides 0:24:27

8 : Evolution du sol 0:27:09

9 : Les couverts 0:30:43

10 : Semis à la volée/semis naturel 0:41:36

11 : Essais avec Lucien SEGUY 0:56:15

12 : Gestion de l’environnement par la société civile

1:04:11 En semis direct depuis de nombreuses années, Noël DENEUVILLE a travaillé notamment avec Lucien SEGUY. Il a mis en place sur sa ferme le semis à la volée, ou semis naturel.

La valeur des sols dans l’aménagement du territoire (Suisse)

https://qualite-sols.ch/#Qualite-sols

L’aménagement du territoire devrait tenir compte de la qualité des sols. C’est ce que prévoit la Stratégie Sol publié par le Conseil fédéral en 2020. Mais comment y parvenir ? Il n’existe pratiquement aucun instrument pour prendre en compte les fonctions vitales que nos sols fournissent. L’indice de qualité des sols représente une solution au problème : il constitue un instrument pratique pour l’aménagement du territoire qui peut être adapté aux besoins individuels en fonction du contexte et des enjeux d’une région donnée.

Les sols sont sous pression

Les sols suisses sont sous pression. Chaque jour, quelque sept terrains de football sont imperméabilisés ; un demi-mètre carré de sol disparaît chaque seconde (Rapport Environnement 2022). Parallèlement, la Suisse s’est engagée à ne plus consommer de nouveaux sols nets d’ici 2050. Comment y parvenir ?

Les sols non-imperméabilisés ne s’en tirent pas beaucoup mieux : ils sont exposés à la pollution, à la compaction ou encore à la perte de matière organique. Et ce bien que la Stratégie Sol s’engage depuis 2020 en faveur de la protection des sols.

Les conséquences de cette utilisation non durable des sols sont problématiques : nos sols ne peuvent plus remplir leurs fonctions vitales, fonctions dont nous bénéficions directement. Ils fournissent ainsi de moins en moins de nutriments pour notre alimentation, sont moins capables de purifier l’eau et ne l’absorbent plus assez rapidement, contribuent de moins en moins à refroidir nos villes, stockent de moins en moins de CO2 et produisent de moins en moins de biomasse, à la base de la biodiversité, pour ne citer que quelques exemples.

Voilà pour les mauvaises nouvelles. La bonne nouvelle ?

Nous pouvons remédier à la dégradation des sols et de ses fonctions : nous pouvons prendre en compte la qualité des sols dans l’aménagement du territoire. Pour cela, il existe déjà un instrument utilisable dans la pratique. Nous vous présentons…. l’indice de qualité des sols ! À sanu durabilitas, nous aidons les cantons, les régions et les communes à adapter cet instrument à leurs besoins spécifiques afin qu’ils puissent l’utiliser avec succès.

Nos sols en Suisse

Entre 1985 et 2018, les surfaces d’habitat et d’infrastructure ont augmenté de 776 km2 en Suisse, principalement au détriment des terres arables. Selon l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), il n’y a plus de sols intacts en Suisse et leur exploitation n’est pas durable. La loi sur l’aménagement du territoire (LAT) prescrit une utilisation mesurée des sols, la protection des sols et une densification vers l’intérieur. La loi sur la protection de l’environnement (LPE) exige quant à elle de garantir la fertilité (c’est-à-dire la qualité) des sols à long terme. Et pourtant, la Suisse continue malgré tout à perdre des sols de bonne qualité.