Sol vivant : et si le travail du sol comptait bien plus qu’on ne le pense ?

Cette étude est particulièrement intéressante car elle provient d’une parcelle conduite en agriculture biologique. Autrement dit, dans cet essai, la comparaison des modalités de travail du sol n’est pas brouillée par des différences de traitements phytosanitaires chimiques de synthèse. Les chercheurs ont comparé quatre pratiques : labour traditionnel à 30 cm, labour agronomique à 18 cm, travail réduit à 15 cm sans retournement et travail superficiel à seulement 7 cm. Le résultat visuel est frappant : la composition de la faune du sol change fortement à mesure que l’intensité et la profondeur du travail diminuent. Avec le labour profond, les vers de terre endogés dominent très largement. Lorsque le travail devient plus superficiel, les vers épigés et anéciques prennent davantage de place, tout comme plusieurs groupes de prédateurs du sol tels que les carabes et les staphylins. Pourquoi ? Parce qu’une charrue n’est pas neutre biologiquement. Elle retourne les horizons, détruit ou perturbe des galeries, enfouit les résidus et modifie profondément l’habitat des organismes du sol. Et c’est précisément l’intérêt de cet essai en bio : on ne peut pas attribuer ces différences aux pesticides de synthèse. Le facteur expérimental mis en avant ici est le type et la profondeur du travail du sol.

Cela rappelle une chose essentielle : la biodiversité d’un sol ne se résume pas à « avec ou sans pesticides ». La perturbation mécanique du sol est elle aussi un facteur majeur.

Source : essai ISARA-Lyon, site expérimental de Thil, programme Bioindicateurs 2 de l’ADEME, Vian (2011), repris dans Impact du travail du sol sur son fonctionnement biologique.

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