LE TAUX DE CO2 MONDIAL EST TRÈS BAS

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PAR RAPPORT À L’HISTOIRE DE LA PLANÈTE…

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https://twitter.com/Vidoc_Ronaco/status/1879169347811434799

L’auteur affirme que le CO2, souvent qualifié de « gaz de la vie, » est crucial pour la photosynthèse et la vie végétale. Il soutient que le niveau actuel de CO2 dans l’atmosphère est historiquement bas et bénéfique pour les écosystèmes. Selon lui, les activités humaines n’ont qu’un impact mineur sur les émissions globales de CO2, car la majorité est générée naturellement par les océans et autres sources naturelles. Il critique les discours alarmistes sur le climat, soulignant que le Soleil, l’orbite terrestre et d’autres phénomènes naturels jouent des rôles majeurs dans le climat. Enfin, il alerte sur les risques d’une trop forte réduction de CO2, qui pourrait nuire à la biodiversité et à l’agriculture.

  1. Le CO2 est essentiel à la vie végétale : Oui, le dioxyde de carbone est crucial pour la photosynthèse. Cependant, les niveaux de CO2 dans l’atmosphère ne sont pas seulement une question de croissance des plantes. Ils influencent aussi l’effet de serre, qui joue un rôle clé dans le réchauffement climatique.
  2. Impact des activités humaines : Les scientifiques s’accordent à dire que les activités humaines, notamment la combustion de combustibles fossiles, ont considérablement augmenté les niveaux de CO2 atmosphérique depuis la révolution industrielle. Cette augmentation a perturbé l’équilibre naturel et contribué au réchauffement climatique actuel.
  3. Rôle des phénomènes naturels : Il est vrai que des facteurs naturels comme l’activité solaire et les cycles orbitaux influencent le climat à long terme. Toutefois, ces phénomènes ne suffisent pas à expliquer le réchauffement rapide observé depuis le 20e siècle. Ce réchauffement coïncide étroitement avec l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines.
  4. Les seuils de CO2 dans l’atmosphère : Bien que les niveaux actuels de CO2 (environ 420 ppm) soient inférieurs à ceux d’autres époques géologiques, les conditions planétaires étaient alors très différentes. L’augmentation rapide actuelle dépasse la capacité naturelle des écosystèmes à s’adapter.
  5. Alarmisme et scepticisme : Il est sain de poser des questions et de demander des preuves scientifiques. Cependant, nier systématiquement l’impact des émissions humaines sur le climat, malgré des décennies de recherche approfondie, peut nuire à la recherche de solutions équilibrées.

En résumé, le CO2 est vital pour la vie, mais son rôle en tant que gaz à effet de serre doit être pris en compte avec sérieux. Les preuves scientifiques soutiennent que la réduction des émissions humaines est nécessaire pour limiter les impacts négatifs du réchauffement climatique. La discussion doit rester basée sur des données scientifiques rigoureuses et vérifiables.

Mais, la perte massive de végétation terrestre a un impact significatif sur le climat et le cycle global du carbone.

1. Rôle des forêts dans l’absorption du CO2

Les forêts, en particulier les forêts tropicales comme l’Amazonie, agissent comme des puits de carbone. Elles absorbent une quantité importante de CO2 atmosphérique par photosynthèse et le stockent sous forme de biomasse (arbres, plantes, sol).

  • Lorsque ces forêts sont détruites (par déforestation, incendies, agriculture, urbanisation), leur capacité à séquestrer le carbone est perdue.
  • Pire, lorsque la végétation brûle ou se décompose, elle relâche le CO2 qu’elle avait stocké, augmentant ainsi les niveaux de CO2 atmosphérique.

2. Perturbation du cycle de l’eau

La végétation joue un rôle clé dans le cycle hydrologique. Les plantes libèrent de la vapeur d’eau dans l’atmosphère via la transpiration, ce qui influence les précipitations et le climat local.

  • La perte de végétation peut mener à des changements climatiques locaux, comme une diminution des pluies, des sécheresses, et même une désertification dans certaines régions.

3. Effet sur la biodiversité

La destruction de la végétation impacte les écosystèmes et la biodiversité, ce qui a des effets en cascade sur le climat. Par exemple :

  • La disparition de la végétation réduit les habitats pour les pollinisateurs et autres espèces clés.
  • Les sols dégradés libèrent du carbone, aggravant le réchauffement climatique.

4. Rôle des sols et de la végétation dans le stockage du carbone

Les sols sont également de grands réservoirs de carbone. Lorsque les forêts sont détruites ou remplacées par des cultures intensives :

  • Le carbone stocké dans le sol est relâché sous forme de CO2 ou de méthane.
  • Les monocultures, souvent utilisées après la déforestation, sont bien moins efficaces pour le stockage du carbone que les forêts naturelles.

5. Lien avec le réchauffement climatique

La déforestation ne contribue pas seulement à augmenter le CO2 dans l’atmosphère :

  • Elle modifie l’albédo terrestre (réflectivité de la surface). Les zones déboisées, plus claires, réfléchissent davantage la lumière solaire, ce qui perturbe les équilibres locaux et globaux.
  • Elle élimine une partie de la régulation climatique naturelle, comme l’atténuation des vagues de chaleur.

Que peut-on faire ?

Pour limiter ces effets, il est crucial de :

  • Protéger les forêts existantes, notamment les forêts tropicales qui jouent un rôle disproportionné dans la séquestration du carbone.
  • Restaurer les écosystèmes dégradés par le biais de la reforestation et de la régénération naturelle.
  • Promouvoir une agriculture durable et réduire les pratiques qui favorisent la déforestation (comme l’élevage intensif ou les monocultures de soja et d’huile de palme).

La perte de végétation terrestre est un facteur clé du changement climatique, car elle perturbe le cycle du carbone, le cycle de l’eau et la biodiversité. Restaurer et protéger la végétation est une action incontournable pour atténuer les impacts du réchauffement climatique.

Les SCV (Systèmes de Culture sur Couverture Végétale) développés par Lucien Séguy représentent une approche innovante et durable pour améliorer les performances agricoles mondiales, mais aussi un rôle très important pour atténuer le dérèglement climatique.


1. Qu’est-ce que les SCV ?

Les SCV consistent à pratiquer une agriculture sans labour tout en maintenant en permanence une couverture végétale vivante ou morte sur les sols. Cette technique repose sur trois piliers :

  • Non-labour : préserver la structure du sol et ses micro-organismes.
  • Couverture permanente du sol : réduire l’érosion, améliorer la rétention d’eau et favoriser la biodiversité.
  • Diversification des cultures (associations et rotations) : limiter les maladies, les ravageurs et améliorer la fertilité du sol.

2. Les avantages des SCV pour l’agriculture mondiale

2.1. Amélioration de la fertilité des sols

  • Les SCV favorisent la vie biologique des sols, en particulier les organismes décomposeurs (vers de terre, champignons, bactéries).
  • La couverture végétale enrichit le sol en matière organique, améliorant sa structure et sa fertilité.

2.2. Résilience face aux changements climatiques

  • Les SCV améliorent la capacité de rétention d’eau des sols, permettant aux cultures de mieux résister aux périodes de sécheresse.
  • En réduisant l’érosion, ils protègent les sols contre les pluies violentes et limitent la perte de nutriments essentiels.

2.3. Réduction de l’usage d’intrants chimiques

  • Une couverture végétale riche permet de limiter les besoins en engrais et en pesticides en renforçant les cycles naturels des nutriments et les interactions biologiques.
  • La rotation et l’association des cultures réduisent la pression des ravageurs et des maladies.

2.4. Séquestration du carbone

  • Les SCV augmentent le stockage de carbone dans les sols grâce à l’apport continu de matière organique. C’est une solution importante pour lutter contre le changement climatique.

2.5. Réduction des coûts pour les agriculteurs

  • Moins de labour = économies de carburant et de mécanisation.
  • Moins d’intrants chimiques = réduction des dépenses liées aux engrais et aux pesticides.

3. Pourquoi encourager les SCV à l’échelle mondiale ?

3.1. Répondre à la demande alimentaire croissante

Avec une population mondiale en augmentation, il est crucial de produire plus tout en préservant les ressources naturelles. Les SCV permettent de maintenir, voire d’augmenter, les rendements sur le long terme tout en protégeant les sols pour les générations futures.

3.2. Résoudre les problèmes d’érosion et de dégradation des sols

La FAO estime qu’environ 33 % des sols mondiaux sont déjà dégradés. Les SCV offrent une solution directe pour inverser cette tendance.

3.3. Une alternative à l’agriculture intensive destructrice

L’agriculture conventionnelle repose souvent sur le labour intensif, l’utilisation massive d’engrais chimiques et de monocultures, qui épuisent les sols et aggravent les problèmes environnementaux. Les SCV proposent un modèle opposé, basé sur la régénération des écosystèmes agricoles.


4. Les défis à surmonter

  • Formation des agriculteurs : Les SCV nécessitent un changement de paradigme important. Les agriculteurs doivent être formés à ces nouvelles pratiques.
  • Investissements initiaux : Même si les SCV réduisent les coûts à long terme, l’adoption de nouvelles machines (comme les semoirs spécialisés) et la gestion des cultures de couverture peuvent représenter un obstacle financier pour les petits producteurs.
  • Adaptation locale : Les SCV doivent être adaptés à chaque contexte climatique, pédologique et socio-économique.

5. Conclusion

Encourager les SCV de Lucien Séguy est une solution prometteuse pour améliorer la durabilité et la performance de l’agriculture mondiale. Ces pratiques peuvent :

  • Restaurer les sols,
  • Réduire l’empreinte écologique de l’agriculture,
  • Sécuriser la production alimentaire à long terme.
  • Promouvoir une couverture végétale verte et vivante en permanence, enrichie par la biodiversité, afin de rétablir un équilibre essentiel à la stabilité climatique mondiale.

Toutefois, leur adoption nécessite un accompagnement des agriculteurs, des politiques incitatives et des investissements en recherche et développement pour les adapter aux différents environnements agricoles mondiaux.

« Agro-Innovation : Préserver les Sols pour un Futur Durable »

L’agriculture moderne permet aux agriculteurs de laisser le sol intact et de favoriser sa santé. Des pratiques telles que le semis direct, le travail réduit du sol et le travail de conservation du sol permettent aux agriculteurs de réduire ou d’éliminer le labourage d’un champ, ce qui retourne le sol. Lorsque le sol est brisé et retourné au cours du processus de labourage, il libère le carbone stocké dans le sol et augmente les risques d’érosion du sol par le vent ou la pluie. Les pratiques de travail réduit du sol permettent aux nutriments précieux et à l’humidité de rester dans le sol, de limiter l’érosion du sol, de réduire le ruissellement des eaux et de permettre aux agriculteurs de mieux utiliser l’eau de pluie. Ces pratiques ont le potentiel de réduire le besoin d’irrigation et de permettre aux agriculteurs de protéger les sources d’eau douce. Les méthodes sans labour peuvent également aider à séquestrer le carbone dans le sol. En pratiquant un travail minimal ou nul du sol, les agriculteurs contribuent à empêcher l’accumulation de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et à lutter contre le changement climatique. Un autre avantage du semis direct est que les agriculteurs sont en mesure de mieux préserver l’écosystème pour les vers de terre, les nématodes, les acariens, les insectes, les champignons, les bactéries et plus de 1 000 espèces différentes d’invertébrés. Chaque décision de laisser le sol intact est un engagement en faveur d’écosystèmes plus sains.

« Repenser la sécheresse : Restaurer les cycles de l’eau pour un avenir durable »


La sécheresse n’est pas simplement un manque d’eau. 💦
La Terre regorge d’eau sous différentes formes : liquide, solide ou vapeur. Nous vivons sur une planète d’eau. 🌍 Même l’air que nous respirons contient toujours de la vapeur d’eau invisible.

Alors, pourquoi y a-t-il de la sécheresse ?
La sécheresse résulte de deux échecs majeurs :

  1. L’incapacité à transformer la vapeur d’eau en nuages viables et en pluie. ⛅🌧
  2. L’incapacité à retenir cette eau dans les sols, les plantes 🌳 et les écosystèmes.

Les plantes, les sols et les écosystèmes jouent un rôle clé dans ce cycle. Les bioaérosols produits par les plantes (minuscules particules libérées dans l’air) permettent de former des nuages de basse altitude qui rafraîchissent le climat et apportent des précipitations. Ces processus naturels dépendent également de sols riches en micro-organismes et de paysages capables de stocker l’eau.

Comment pouvons-nous agir ?
Pour lutter contre la sécheresse, nous devons renforcer ces cycles naturels. Voici des solutions concrètes :

  • Créer des paysages qui retiennent l’eau, comme des bassins de rétention.
  • Enrichir les sols avec des micro-organismes vivants, essentiels pour maintenir l’humidité et favoriser la végétation.
  • Planter une diversité d’arbres, d’arbustes et de cultures de couverture pour augmenter le feuillage, rafraîchir le sol et libérer des bioaérosols.
  • Intégrer l’élevage dans un cycle durable où le bétail contribue à enrichir le sol.

En conclusion,
La sécheresse n’est pas un manque absolu d’eau, mais un déséquilibre dans la manière dont elle circule et est stockée dans les écosystèmes. En recréant des paysages riches en végétation et en biodiversité, nous pouvons favoriser la formation des nuages, des précipitations et restaurer l’équilibre de l’eau sur Terre. 🌱🌧


« Climat et biodiversité : Une convergence indispensable pour des solutions durables »


La compréhension de la réponse de la respiration des plantes au changement climatique est cruciale pour anticiper l’avenir des puits de carbone terrestres. Cependant, il devient de plus en plus évident qu’il ne faut plus séparer climat et biodiversité dans nos approches. Les modèles globaux actuels, souvent focalisés uniquement sur des aspects climatiques comme la température, peinent à reproduire des phénomènes observés, tels que le déclin de la respiration nocturne des plantes à température constante.

Une nouvelle étude propose une avancée significative en intégrant les réserves de substrats respiratoires (rapides et lentes) dans les modèles. Cette approche offre une meilleure représentation des dynamiques végétales. Mais au-delà des raffinements scientifiques, elle met en lumière un point essentiel : les solutions les plus efficaces pour atténuer et s’adapter au changement climatique reposent sur des écosystèmes riches en biodiversité.

Des puits de carbone naturels, qu’il s’agisse de forêts, de zones humides ou de sols vivants, constituent des solutions intégrées : ils stockent le carbone tout en offrant des services écosystémiques essentiels, comme la régulation des cycles de l’eau et de l’oxygène. Ces écosystèmes jouent un rôle clé dans la résilience des territoires face aux crises climatiques. C’est pourquoi il est impératif de ne plus dissocier atténuation et adaptation, ni de séparer les discussions entre climat et biodiversité. Une convergence des COP (Conférences des Parties) climat et biodiversité serait un pas décisif pour aligner ces enjeux indissociables.

Tout est lié : un dérèglement climatique exacerbe l’effondrement de la biodiversité, tandis qu’un appauvrissement de la biodiversité perturbe les grands cycles biogéochimiques, comme ceux du carbone et de l’eau. En conséquence, mettre la biodiversité au centre des politiques climatiques n’est pas une option, mais une nécessité.

Les perturbations climatiques que nous observons, comme l’augmentation des émissions de CO₂, sont en partie le résultat direct de l’effondrement des écosystèmes naturels, combiné à nos activités humaines. La solution ne peut pas reposer sur une approche fragmentée. Pour espérer résoudre les crises écologiques et climatiques, nous devons travailler sur l’ensemble des systèmes qui soutiennent la vie sur Terre.

Préserver et restaurer la biodiversité, tout en réintégrant des écosystèmes riches et fonctionnels dans nos territoires, est la meilleure réponse que nous pouvons apporter. Ce chemin nous permet non seulement de limiter le réchauffement climatique, mais aussi de reconstruire des territoires résilients et vivants pour les générations futures.


https://www.afd.fr/fr/actualites/la-biodiversite-victime-et-solution-face-au-changement-climatique

Vapeur d’eau atmosphérique et climat….

https://climate.copernicus.eu/graphics-gallery

Figure 11. Anomalies annuelles de la quantité moyenne de vapeur d’eau totale dans la colonne d’eau sur le domaine 60°S–60°N par rapport à la moyenne de la période de référence 1992–2020. Les anomalies sont exprimées en pourcentage de la moyenne 1992–2020. Données : ERA5. Crédit : C3S/ECMWF.

La vapeur d’eau joue un rôle crucial dans le système climatique, car elle contribue de manière significative à l’effet de serre naturel de la Terre. Contrairement à d’autres gaz à effet de serre, comme le dioxyde de carbone et le méthane, la concentration de vapeur d’eau n’est pas directement influencée par les activités humaines. Cependant, à mesure que l’atmosphère se réchauffe, elle peut contenir davantage de vapeur d’eau (environ 7 % de plus pour chaque degré Celsius supplémentaire). À son tour, la teneur en vapeur d’eau plus élevée amplifie encore le réchauffement, un processus connu sous le nom de « rétroaction température-vapeur d’eau ». L’augmentation de l’humidité dans l’atmosphère accroît également le risque d’événements pluvieux extrêmes et fournit l’énergie nécessaire à des tempêtes tropicales plus intenses.

La « colonne de vapeur d’eau totale », appelée ici « vapeur d’eau », est une mesure de la quantité d’humidité dans une colonne d’air verticale s’étendant de la surface de la Terre jusqu’au sommet de l’atmosphère. En 2024, la vapeur d’eau moyenne annuelle sur le domaine 60°S–60°N a atteint sa valeur la plus élevée depuis au moins 33 ans, soit 4,9 % de plus que la moyenne de 1991-2020. Ce chiffre est bien supérieur à la deuxième valeur la plus élevée (3,4 %) enregistrée en 2016 et à la troisième valeur la plus élevée (3,3 %) enregistrée en 2023. La valeur record de vapeur d’eau pour 2024 a été influencée par une combinaison d’évaporation de surface accrue de l’océan en raison de températures de surface de la mer plus élevées et par la capacité d’une atmosphère plus chaude à retenir plus d’humidité.

Différence de température moyenne mondiale (°C) par rapport au niveau de 1850-1900, basée sur les moyennes des valeurs mensuelles de six ensembles de données au maximum : Berkeley Earth, HadCRUT5 et NOAAGlobalTemp (de 1850), GISTEMP (de 1880), ERA5 (de 1940) et JRA-3Q (de septembre 1947). Les ensembles de données sont normalisés pour avoir les mêmes moyennes pour 1991-2020 et un décalage moyen de 0,88 °C est utilisé pour relier les moyennes de 1991-2020 et de 1850-1900. La courbe noire montre une estimation de la variation climatologique à long terme de la température (voir 
À propos des données et des méthodes ). Les barres rouges et bleues montrent les écarts des températures moyennes annuelles par rapport à cette estimation. Crédit : C3S/ECMWF.

la concentration de vapeur d’eau n’est pas directement influencée par les activités humaines.

Même si cet article indique que la concentration de la vapeur d’eau atmosphérique n’est pas influencée par les activités humaines …….

Je me permet de douter un peu de cette affirmation ….On oublie certainement quelques évolutions récentes des surfaces terrestres que l’homme influence un minimum cet aspect…..!!

  • Déforestations exponentielles
  • Brûlages, incendies
  • Bitumages, imperméabilisations importantes des sols urbains et mêmes extra – urbains
  • Travail mécanique des sols agricoles cultivés qui se retrouvent trop longtemps sans végétation
  • Augmentation importante des populations, du nombre de véhicules,
  • Mauvaise , pour ne pas dire très mauvaise gestion de nos déchets surtout organiques
  • Mauvaises gestion des cycles de l’eau
  • ….etc….

Sur les graphiques ci-joint , on remarque que les températures et les taux de vapeur d’eau évoluent dans les mêmes sens , dans le même facteur de temps ….On pourrait comparer éventuellement avec d’autres graphiques pour constater les mêmes évolutions avec les points précédents qui ont été évoquer ….

Je pourrai même me permettre de rajouter que l’évolution du taux de CARBONE dans notre atmosphère est certainement une chance pour atténuer ce dérèglement climatique ….Car il favorise fortement le développement de la végétation terrestre qui elle est super bénéfique pour la régulation du climat ….Encore faut-il que l’activité humaine prenne conscience rapidement que les surfaces terrestres sont a gérer avec intelligence comme le fait depuis toujours la Nature …!!

Une étude publiée en 2024 dans *Nature* révèle que la photosynthèse des plantes terrestres absorbe 30 % de CO₂ de plus que les précédentes estimations, qui dataient des années 1980. Grâce à de nouvelles modélisations et l’utilisation de satellites pour tracer le sulfure de carbonyle (OCS), une molécule absorbée et dégradée lors de la photosynthèse, les chercheurs ont estimé que les plantes terrestres capturent environ 157 gigatonnes de carbone par an, soit 18 % du CO₂ atmosphérique.

Cette découverte souligne que, bien que la majorité de ce CO₂ soit réémise dans l’atmosphère via la respiration et la décomposition, il s’agit d’un flux régulier de « nouveau CO₂ ». En conséquence, la durée de vie effective du CO₂ dans l’atmosphère pourrait être réduite à environ 6 ans grâce au vivant, contre 100 à 300 ans selon les modèles physiques.

Ce résultat n’atténue pas la nécessité de réduire les émissions fossiles, ne serait-ce que pour économiser l’énergie issue de la fossilisation ancienne….mais il met en lumière l’importance de restaurer et protéger les écosystèmes pour renforcer les puits naturels de carbone. Il plaide également pour intégrer la biodiversité au cœur des politiques climatiques afin de stabiliser le carbone sous des formes durables (bois, humus, vase, etc.) et de développer des approches de géomimétisme pour imiter et amplifier les processus naturels de séquestration du carbone.

https://www.nature.com/articles/s41586-024-08050-3#citeas

Le déclin nocturne de la respiration des plantes est cohérent avec l’épuisement du substrat

La compréhension de la réponse de la respiration des plantes au changement climatique est essentielle pour prédire l’avenir des puits de carbone terrestres. Les modèles globaux actuels, basés sur une approche classique liant la respiration nocturne uniquement à la température, échouent à expliquer les déclins observés de cette respiration durant la nuit, même lorsque la température reste constante.

Une nouvelle étude propose un modèle novateur qui attribue ces déclins à la disponibilité des substrats respiratoires. Ce modèle intègre deux types de réserves : une réserve rapide et une lente, et reproduit fidèlement les baisses nocturnes observées. Contrairement aux modèles classiques, cette approche reflète mieux les dynamiques internes des plantes en montrant que la respiration dépend de la taille des réserves disponibles, plutôt que de la température seule.

Ce changement de paradigme offre plusieurs avantages : il permet de simuler naturellement l’acclimatation des plantes via des ajustements de la taille des réserves et fournit une base plus robuste pour les projections à long terme sur le rôle des écosystèmes terrestres dans la régulation du climat. Adapter les modèles mondiaux en conséquence pourrait transformer notre compréhension des interactions entre végétation et climat.

https://www.nature.com/articles/s43247-024-01312-y?fromPaywallRec=true

La gestion nature des limaces – avec Noël Deneuville

Les limaces peuvent occasionner de gros dégâts sur les cultures, surtout sur celles de printemps en début de cycle. Il est donc important d’anticiper le risque limaces dans sa stratégie, surtout lorsque l’on cherche à réduire le travail du sol et les intrants.

Après avoir abordé la technique du semis nature technique opportuniste de semis à la volée sans travail du sol, Noël Deneuville nous parle de sa stratégie de gestion des limaces… sans anti-limaces. Sorti d’un historique de pratiques conventionnelles, il a décidé de changer son fusil d’épaule et a commencé à implémenter le semis direct sous couverts vivants il y a une vingtaine d’années. Parti d’une situation avec une forte pression limaces, il a appris à travailler avec la nature pour gérer le problème autrement. 

Dans L’Agronomie & Nous, Noël nous partage 3 points clés à avoir en tête pour aller vers une réduction de la chimie dans gestion de cette problématique. 

‍Un système de semis direct sous couverts vivants 

Il est important de garder une vision globale de la régulation naturelle qui s’opère dans les systèmes agricoles. En termes de proportion, des études ont montré que l’efficacité de la gestion des ravageurs se fait à 10% grâce à la chimie, à 40% grâce à la sélection variétale et à 50% grâce aux auxiliaires de cultures. Cela permet de souligner l’impact des régulations écosystémiques sur la productivité agricole. 

90% des auxiliaires ont besoin de micro-habitats (haies, bandes enherbées, etc) et d’une diversité de ressources alimentaires pour assurer leur cycle complet de reproduction, contre 50% des ravageurs. Les pratiques culturales jouent donc un rôle essentiel sur le développement des auxiliaires. Aller vers des pratiques d’agriculture de conservation des sols permet d’instaurer une forme de lutte par conservation des habitats des auxiliaires. Le carbone est une des bases de ce processus de régulation. La mise en place de couverts végétaux permet de nourrir le sol, de favoriser l’activité biologique et d’avoir un pool d’auxiliaires comme les carabes qui vont réguler les populations de limaces.

« Au démarrage, j’avais une grosse pression des limaces. Tous les facteurs s’y prêtaient : une part importante de colza dans la rotation, une texture de sol qui préserve l’humidité, l’usage régulier d’insecticides. Historiquement, la problématique limace « gênante » n’est apparue qu’après les premières applications d’anti-limaces . La Nature tient son système en 2 mots : cycle en équilibre. Suite à une réflexion avec Lucien Seguy, j’ai décidé d’arrêter les insecticides pour baser ma stratégie de lutte sur la régulation naturelle. J’ai réduit la sole de colza et ai commencé à mettre en place des techniques de colza associé et de colza leurre ». 

Nourrir les limaces permet de réduire les dégâts sur les cultures 

Noël a commencé à apporter de la nourriture aux limaces pour réduire les dégâts sur ses cultures. L’idée est de rajouter des lots de colza pour accompagner les cultures au moment du semis de blé ou de maïs (4-5 kg/ha selon les conditions), puis de revenir en semer à la volée si besoin. Il ajoute également du soja à hauteur de 40 kg/ha avec le maïs. Les graines de nyger sont aussi très appétentes pour les limaces (mais onéreuses si on ne les produit pas sur place). Quand la culture à semer est du colza, mieux vaut éviter de l’implanter derrière une céréale à paille. Les résidus pailleux fournissent des abris aux limaces contre le soleil et la chaleur. Dans la rotation, mieux vaut implanter le colza derrière une légumineuse. 

« On constate que la limace a une mémoire alimentaire : quand elle est habituée à manger du colza, elle va continuer à manger du colza. Tant qu’il y en a sur la parcelle, l’impact sur la culture en place est réduit. Malgré les pertes, je me suis tenu à ne pas mettre d’insecticides ni d’anti-limaces. Au bout de 3 ans, un équilibre écosystémique s’est établi. Il est important de préciser que je suis dans un système de semis direct sous couverts vivants. Cela ne fonctionne que si le sol est toujours couvert. Si la parcelle est nue, les limaces mangent les graines des cultures. Dans ce cas, il vaut mieux utiliser de l’anti-limaces ». 

Favoriser le démarrage rapide des cultures

Il faut trouver un équilibre dans la date de semis pour mettre toutes les chances de son côté. 

« La période cruciale est au moment du semis. Une fois que la culture est bien développée, la pression limaces a tendance à diminuer. Il faut semer dans des conditions poussantes. J’ai plutôt tendance à retarder mes dates de semis au printemps pour avoir les meilleures conditions. Dans des conditions froides, la culture met du temps à levée, c’est du pain béni pour les limaces. À l’automne, c’est l’inverse. Mieux vaut semer un peu plus tôt pour que les céréales fassent de la biomasse rapidement. À l’arrivée de l’hiver, la pression limaces ralentit ».

La fertilisation joue également un rôle crucial. En sortie d’hiver, les terres sont froides donc le démarrage est lent. Apporter une fertilisation localisée ou starter permet d’optimiser le développement racinaire en augmentant la disponibilité des éléments nutritifs pour les cultures.

« J’apporte des bouchons organiques dans la ligne de semis (100 à 120 kg/ha à 10% d’azote). La teneur en azote est plus faible que des formes d’azote chimique, mais la forme organique améliore l’efficience d’assimilation. De plus, l’azote organique ne gêne pas la germination de la jeune plantule. Je ne suis pas en agriculture biologique, j’apporte aussi de l’azote en plein sur mes parcelles. Je fertilise également mes couverts en sortie d’hiver. Ils se développent, les racines travaillent le sol et activent l’activité biologique. Il est important de préciser que j’ai une texture de sol qui favorise la réserve en eau. L’eau n’est pas un facteur limitant sur mon système. Il faut faire attention à ne pas assécher le sol pour la culture qui suit ». 

Conclusion 

3 points à retenir sur la gestion des limaces sans anti-limaces :

  • Se passer d’anti limaces est un risque qui nécessite des pré-requis. Cela demande une réflexion en amont et une vision systémique dans la stratégie de lutte et les pratiques culturales. 
  • En tant qu’agriculteur, on a indirectement un rôle d’éleveur d’auxiliaires. Nourrir les limaces et protéger les prédateurs des limaces, comme dans la Nature. 
  • La date de semis et la fertilisation starter sont des éléments intéressants à prendre en compte dans la réflexion. 
  • La Nature nous offre une vision riche et systémique de la gestion naturelle des limaces dans un cadre d’agriculture de conservation des sols.

    Diversification des couverts et rôle des plantes pièges
    L’utilisation de plantes pièges ou de couverts diversifiés pour détourner les limaces des cultures principales. Nos essais ont démarrés avec le colza comme leurre, tournesol ou soja, mais d’autres espèces comme la moutarde, le trèfle ou certaines variétés de céréales à croissance rapide pourraient être essayés ou intégrées dans les couverts pour amplifier cet effet. Ces plantes, en plus de nourrir les limaces, peuvent stimuler la biodiversité du sol et attirer davantage d’auxiliaires comme les staphylins ou les araignées, qui sont aussi des prédateurs naturels des limaces. Une rotation bien pensée des couverts peut ainsi devenir une barrière écologique supplémentaire.

    Rôle des conditions climatiques et du microclimat
    Quand on évoque l’importance des conditions poussantes pour le démarrage des cultures, mais on pourrait préciser comment le climat local et le microclimat parcellaire influencent la pression des limaces. Par exemple, dans des zones très humides ou après des automnes doux, les populations de limaces peuvent exploser. Travailler sur la gestion de l’humidité via le drainage naturel (grâce à l’activité des vers de terre favorisée par les couverts et l’assèchement des profils ) ou l’exposition des parcelles (en évitant les zones trop ombragées) peut compléter la stratégie. Cela renforce l’idée que l’agriculteur doit s’adapter à son terroir spécifique.

    Impact à long terme sur la résilience du système
    Un aspect intéressant à souligner est l’évolution de la résilience de la démarche au fil des années. En arrêtant les anti-limaces et les insecticides, on a permis à l’ agroécosystème de retrouver un équilibre qui ne repose plus sur des interventions extérieures. On pourrait ajouter que cette approche, bien qu’exigeante au départ (notamment les 2- 3 ans nécessaires à l’équilibre), réduit la dépendance aux intrants chimiques et aux fluctuations de leurs prix. Cela offre aussi une sécurité face aux aléas climatiques ou aux restrictions réglementaires sur les pesticides, un enjeu majeur pour l’avenir de l’agriculture.

    Observation et indicateurs de suivi
    Pour les agriculteurs qui souhaitent s’inspirer de cette méthode, il pourrait être utile d’ajouter une note sur l’importance de l’observation. J’ai adapté ma stratégie en fonction de mes expériences et observations (pression limaces, mémoire alimentaire, etc.). Des indicateurs simples comme le comptage des limaces avec des pièges (planches ou tuiles posées au sol) ou le suivi des populations de carabes (via des pièges barber) peuvent aider à évaluer l’efficacité de la régulation naturelle et à ajuster les pratiques d’année en année.

    Lien avec la santé des sols et des écosystèmes
    Enfin, on pourrait relier cette gestion des limaces à des bénéfices plus larges. En favorisant la vie du sol (carbone, auxiliaires, activité biologique), on contribue à stocker du carbone, à améliorer la structure du sol et à réduire l’érosion. Ces sols vivants produisent des cultures plus saines, avec potentiellement moins de résidus chimiques, ce qui profite à la santé humaine et à celle des générations futures. C’est une illustration concrète de la manière dont l’agriculture peut devenir un levier pour répondre aux défis environnementaux et sanitaires.



    « Se passer des anti-limaces chimiques est une démarche qui demande du temps, de l’observation et une approche globale, mais elle offre des solutions durables. En nourrissant les limaces pour détourner leur appétit, en protégeant les auxiliaires qui deviennent des équilibreurs de limaces et en optimisant les dates de semis et la fertilisation, l’agriculteur devient un véritable architecte de son écosystème. Cette stratégie ne se limite pas à gérer un ravageur : elle renforce la santé du sol, la biodiversité et la résilience face aux défis futurs, pour nous et les générations à venir. »
  • Les auxiliaires sont de véritables acteurs d’un équilibre durable face aux limaces, et le paradoxe des anti-limaces chimiques qui, en perturbant cet équilibre, peuvent aggraver le problème à long terme.

    Les auxiliaires : des alliés naturels contre les limaces
    Les auxiliaires de culture, tels que les carabes, les staphylins, les hérissons, les crapauds ou encore certaines araignées, jouent un rôle clé dans la régulation des populations de limaces. Ces prédateurs naturels ne se contentent pas d’éliminer une partie des limaces : ils maintiennent un équilibre dynamique qui évite les explosions démographiques de ces ravageurs. Contrairement à une solution chimique, qui agit de manière ponctuelle et indiscriminée, les auxiliaires s’inscrivent dans une logique de long terme. Leur efficacité repose sur la présence de conditions favorables : des habitats préservés (couverts végétaux, haies, bandes enherbées) et une absence de perturbations majeures, comme l’usage d’insecticides ou de molluscicides.
    Le piège des anti-limaces chimiques
    L’utilisation d’anti-limaces chimiques, souvent perçue comme une solution rapide, peut en réalité se révéler contre-productive. Ces produits, en plus de cibler les limaces, affectent directement ou indirectement les auxiliaires. Par exemple, les granulés à base de métaldéhyde ou de phosphate de fer, s’ils sont mal dosés ou mal appliqués, peuvent intoxiquer les carabes ou les oiseaux qui consomment des limaces empoisonnées. Pire encore, en éliminant une partie des limaces sans réguler leur reproduction, les anti-limaces chimiques créent un vide temporaire qui favorise une recolonisation rapide par les survivantes ou leurs œufs, souvent dans un environnement où les prédateurs naturels ont été affaiblis. Résultat : la dépendance aux traitements augmente, et la pression des limaces devient un problème chronique là où elle aurait pu être maîtrisée naturellement.
    Un cercle vertueux avec les auxiliaires
    En misant sur les auxiliaires, comme on le fait avec notre système de semis direct sous couverts vivants (SCV) , on enclenche un cercle vertueux. Les couverts végétaux et la vie du sol attirent, nourrissent et protègent ces prédateurs, qui régulent les limaces de manière progressive et durable. Cette approche demande de la patience – souvent quelques années pour que l’écosystème se stabilise – mais elle réduit la dépendance aux intrants et renforce la résilience du système agricole. Les auxiliaires deviennent ainsi les “véritables anti-limaces”, non pas par une action brutale, mais par leur capacité à maintenir un équilibre acceptable, en harmonie avec les cycles naturels.
    Une leçon d’écologie appliquée
    Ce contraste entre la régulation naturelle et l’approche chimique illustre une leçon fondamentale : en agriculture, lutter contre un symptôme sans comprendre ses causes peut aggraver la situation. Les anti-limaces chimiques, en détruisant les auxiliaires, désarment en quelque sorte le système de ses défenses naturelles, favorisant paradoxalement le développement des limaces sur le long terme. À l’inverse, préserver et encourager les auxiliaires revient à investir dans un capital écologique qui profite à l’ensemble de l’agroécosystème.


    « Les auxiliaires de culture sont les véritables héros de cette stratégie. En régulant les limaces de manière naturelle et durable, ils maintiennent un équilibre que les anti-limaces chimiques viennent souvent perturber. En éliminant non seulement les limaces mais aussi leurs prédateurs, ces produits créent un effet boomerang : une fois leur action dissipée, les limaces reviennent en force dans un écosystème appauvri. En misant sur les carabes, les hérissons et autres alliés, on montre qu’une agriculture avec moins de chimie n’est pas une utopie, mais une réalité qui demande de repenser notre rôle : non pas dominer la nature, mais coopérer avec elle. »

Mes autres pistes de recherche…

  • On dispose d’informations sur des plantes qui repoussent les limaces grâce à leur odorat sensible. Les limaces, en effet, utilisent leur sens olfactif développé pour détecter leur nourriture, et certaines odeurs fortes ou désagréables pour elles peuvent agir comme des répulsifs naturels. Voici quelques exemples de plantes reconnues pour cet effet, basées sur leurs composés aromatiques :
  • L’ail (Allium sativum) : Riche en composés soufrés, l’ail dégage une odeur puissante qui dérange les limaces. On peut planter de l’ail près des cultures sensibles ou utiliser une infusion (ail broyé dans de l’eau) à vaporiser sur les plantes.
  • La menthe (Mentha spp.) : En particulier la menthe poivrée, grâce à sa teneur en menthol, produit un parfum intense qui perturbe l’odorat des limaces. Elle peut être disposée en bordure ou mélangée aux cultures.
  • Le thym (Thymus vulgaris) : Ses huiles essentielles aromatiques, comme le thymol, créent une barrière olfactive que les limaces évitent. Il est efficace planté autour des zones à protéger.
  • Le romarin (Rosmarinus officinalis) : Son arôme camphré et citronné, dû à ses huiles essentielles, repousse les limaces. Il est souvent recommandé en association avec d’autres plantes vulnérables.
  • La sauge (Salvia spp.) : Avec son feuillage aromatique riche en composés volatils, elle agit comme un répulsif naturel. Elle est robuste et facile à intégrer dans un jardin.
  • L’absinthe (Artemisia absinthium) : Cette plante dégage une odeur amère et forte qui incommode les limaces. On peut l’utiliser en purin ou placer ses feuilles près des cultures.
  • La lavande (Lavandula spp.) : Bien connue pour son parfum apaisant pour les humains, elle est irritante pour les limaces grâce à ses huiles essentielles. Elle fonctionne bien en bordure ou en massifs.
  • Ces plantes sont plutôt destinées à la gestion des jardins vu leurs coûts économiques …..Ces plantes agissent en exploitant la sensibilité olfactive des limaces, qui préfèrent éviter les zones où ces odeurs dominent. Leur efficacité est renforcée lorsqu’elles sont plantées en barrières ou associées à des cultures sensibles (comme les salades ou les jeunes pousses). Cependant, cette stratégie fonctionne mieux en prévention qu’en cas d’infestation massive, où des méthodes complémentaires (pièges, auxiliaires) peuvent être nécessaires. L’avantage est que ces plantes sont écologiques, souvent décoratives ou utiles en cuisine, et elles favorisent la biodiversité sans nuire aux prédateurs naturels des limaces.
  • Le lin ne produit pas d’huiles essentielles ou de composés aromatiques particulièrement forts comme l’ail, la menthe ou le thym, qui sont des répulsifs olfactifs classiques. Son odeur est discrète, et ses feuilles ou tiges ne dégagent pas de parfum notable susceptible de perturber l’odorat sensible des limaces. En revanche, quelques observations permettent de réfléchir à son interaction avec ces mollusques :
  • Texture et environnement :
    Le lin a des tiges plutôt ligneuses et fibreuses, surtout en fin de cycle, ce qui le rend moins appétissant pour les limaces par rapport à des plantes tendres comme les salades ou les jeunes pousses. Cette texture pourrait jouer un rôle dissuasif physique plus qu’olfactif. De plus, dans un système de semis direct ou sous couverts (SCV), le lin peut contribuer à créer un environnement moins favorable aux limaces en asséchant légèrement le sol grâce à son système racinaire, surtout s’il est associé à d’autres espèces.
  • Composés chimiques potentiels :
    Les graines de lin contiennent des mucilages et des traces de composés cyanogènes (libérant de faibles quantités d’acide cyanhydrique lors de la dégradation), mais ces substances sont peu concentrées dans les parties aériennes accessibles aux limaces. Il n’y a pas de preuve directe que ces composés repoussent les limaces par l’odorat, mais ils pourraient avoir un effet répulsif léger ou toxique si les limaces en ingèrent.
  • Rôle dans les rotations :
    Dans une rotation culturale, le lin est parfois utilisé pour “nettoyer” le sol ou diversifier les habitats, ce qui peut indirectement réduire la pression des limaces en évitant la monoculture (par exemple, après un colza très attractif pour elles). Cependant, cet effet est lié à la gestion globale du système plutôt qu’à une action olfactive spécifique.
  • Contrairement aux plantes comme la lavande ou le romarin, qui agissent directement sur l’odorat des limaces grâce à leurs huiles essentielles volatiles, le lin n’a pas de mécanisme olfactif marqué. Son effet dissuasif, s’il existe, serait davantage mécanique (texture) ou écologique (diversité dans la parcelle) plutôt que chimique ou aromatique.

  • Dans des systèmes de cultures associées, le lin est parfois semé avec des plantes comme la camomille (Matricaria chamomilla) ou le fenugrec (Trigonella foenum-graecum).
    Camomille : Cette plante dégage une odeur légèrement âcre et contient des composés terpéniques qui peuvent repousser les limaces. En bordure ou mélangée au lin, elle pourrait créer une barrière olfactive naturelle. Des agriculteurs en polyculture rapportent que la camomille réduit les dégâts de limaces sur des cultures voisines, bien que cela reste empirique.
    Fenugrec : Connu pour son odeur épicée et ses composés soufrés, le fenugrec pourrait aussi agir comme un répulsif léger. Associé au lin dans une rotation ou un couvert, il diversifie l’environnement olfactif et pourrait détourner les limaces.
    Lin dans un couvert multi-espèces :
    En semis direct sous couverts vivants (SCV), le lin peut être intégré à un mélange avec des plantes répulsives comme la moutarde (Sinapis alba) ou le trèfle incarnat (Trifolium incarnatum).
    Moutarde : Ses composés volatils (isothiocyanates) libérés par les racines et les feuilles ont un effet répulsif avéré sur les limaces. En association avec le lin, elle pourrait renforcer la protection des cultures principales.
    Trèfle : Bien qu’il ne soit pas fortement répulsif, son odeur subtile et sa capacité à fixer l’azote enrichissent le sol, favorisant les auxiliaires (carabes, etc.) qui régulent les limaces.

    Plantes associées au lin avec effet répulsif olfactif
    Voici une sélection de plantes qui pourraient être cultivées avec le lin pour maximiser un effet répulsif via l’odorat des limaces :
    Coriandre (Coriandrum sativum) :
    Son odeur piquante, due aux aldéhydes et aux terpènes, est désagréable pour les limaces. Plantée en intercalaire avec le lin, elle pourrait créer une zone moins attractive pour ces mollusques tout en attirant des pollinisateurs.
    Oignon ou ciboulette (Allium spp.) :
    Comme l’ail, ces plantes de la famille des Alliacées émettent des composés soufrés volatils qui repoussent les limaces. La ciboulette, plus facile à intégrer en bordure avec le lin, pourrait être une option pratique.
    Tanaisie (Tanacetum vulgare) :
    Cette plante produit une odeur camphrée et amère grâce à ses huiles essentielles (thujone). Très efficace contre les limaces, elle pourrait être semée autour des parcelles de lin pour une double action : répulsion olfactive et attraction des auxiliaires comme les coccinelles.

    Proposition d’un système pratique
    Imaginons une parcelle où le lin est cultivé dans un objectif de gestion naturelle des limaces :
    Semis : Lin mélangé à de la moutarde (5 kg/ha) et bordé de tanaisie ou de ciboulette.
  • Rôle du lin : Il agit comme une culture secondaire ou un leurre mécanique (moins appétissant que d’autres plantes tendres).
    Rôle des associées : La moutarde et la tanaisie repoussent les limaces par leur odeur, tandis que la ciboulette renforce la barrière olfactive.
    Effet bonus : Les couverts attirent les carabes et autres prédateurs, réduisant encore la pression des limaces.
    Ce système s’inspire des principes de diversification et de régulation naturelle, tout en compensant l’absence de répulsion olfactive directe du lin.



Qu’est-ce que l’agriculture de conservation?

FAO.org

https://www.fao.org/conservation-agriculture/overview/what-is-conservation-agriculture/fr

L’agriculture de conservation est un système cultural qui permet de prévenir les pertes de terres arables tout en régénérant les terres dégradées. Elle favorise le maintien d’une couverture permanente du sol, une perturbation minimale du sol et la diversification des espèces végétales. Elle renforce la biodiversité et les processus biologiques naturels au-dessus et au-dessous de la surface du sol, ce qui contribue à accroître l’efficacité de l’utilisation de l’eau et des nutriments et à améliorer durablement la production végétale.

Les principes de l’agriculture de conservation sont universellement applicables à tous les paysages agricoles et à toutes les utilisations des terres, avec des pratiques adaptées localement. Les interventions sur le sol, telles que la perturbation mécanique du sol, sont réduites au strict minimum ou évitées, et les intrants externes, tels que les produits agrochimiques et les éléments nutritifs pour les plantes d’origine minérale ou organique, sont appliqués de manière optimale et selon des modalités et des quantités qui n’interfèrent pas avec les processus biologiques ou ne les perturbent pas.

L’agriculture de conservation facilite une bonne agronomie par des interventions bien ciblées dans le temps et améliore la gestion globale des terres pour la production pluviale et irriguée. Complétée par d’autres bonnes pratiques connues, notamment l’utilisation de semences de qualité et la gestion intégrée des parasites, des nutriments, des mauvaises herbes et de l’eau, etc., l’agriculture de conservation constitue une base pour l’intensification durable de la production agricole.  Elle ouvre des possibilités accrues d’intégration des secteurs de production, comme l’intégration culture-élevage et l’intégration des arbres et des pâturages dans les paysages agricoles.

Avantages de l’Agriculture de Conservation

Pour être largement adoptée, toute nouvelle technologie doit présenter des avantages et des bénéfices qui attirent un large groupe d’agriculteurs qui comprennent les différences entre ce qu’ils font et ce dont ils ont besoin. Dans le cas de l’agriculture de conservation, ces avantages peuvent être regroupés comme suit:

Les avantages économiques qui améliorent l’efficacité de la production.

Trois avantages économiques majeurs peuvent résulter de l’adoption de l’agriculture de conservation:

  • un gain de temps et donc réduction des besoins en main-d’œuvre;
  • une réduction des coûts, par exemple le carburant, les frais de fonctionnement et d’entretien des machines, ainsi qu’une réduction du coût de la main-d’œuvre;
  • une augmentation de l’efficience, puisque la production augmente avec une quantité d’intrants plus faible.

L’impact positif de l’agriculture de conservation sur la répartition de la main-d’œuvre au cours du cycle de production et, plus important encore, la réduction des besoins en main-d’œuvre sont les principales raisons pour lesquelles les agriculteurs d’Amérique latine adoptent l’agriculture de conservation, en particulier ceux qui dépendent entièrement de la main-d’œuvre familiale.

Des avantages agronomiques qui améliorent la productivité du sol.

L’adoption de l’agriculture de conservation permet d’améliorer la productivité des sols par:

  • l’augmentation de la matière organique;
  • la conservation de l’eau dans le sol;
  • l’amélioration de la structure du sol, et donc de la zone d’enracinement.

L’ajout constant de résidus de culture entraîne une augmentation de la teneur en matière organique du sol. Au début, cette augmentation est limitée à la couche supérieure du sol, mais avec le temps, elle s’étend aux couches plus profondes du sol. La matière organique joue un rôle important dans le sol: l’efficience de l’utilisation des engrais, la capacité de rétention d’eau, l’agrégation du sol, l’environnement du système racinaire et la rétention des nutriments sont tous tributaires de la teneur du sol en matière organique.

Avantages environnementaux qui protègent le sol et rendent l’agriculture plus durable:

  • réduction de l’érosion des sols, et donc des coûts d’entretien des routes, des barrages et des centrales hydroélectriques;
  • amélioration de la qualité de l’eau;
  • amélioration de la qualité de l’air;
  • augmentation de la biodiversité;
  • séquestration du carbone.

Les résidus à la surface du sol réduisent l’effet d’éclaboussure des gouttes de pluie, et une fois l’énergie des gouttes de pluie dissipée, les gouttes se dirigent vers le sol sans aucun effet nocif. Il en résulte une meilleure infiltration et une réduction du ruissellement, d’où une moindre érosion. Les résidus forment également une barrière physique qui réduit la vitesse de l’eau et du vent sur la surface. La réduction de la vitesse du vent réduit l’évaporation de l’humidité du sol.

L’un des aspects de l’agriculture conventionnelle est sa capacité à modifier le paysage. La destruction de la couverture végétale affecte les plantes, les animaux et les micro-organismes. Certains de ces êtres vivants profitent du changement et deviennent nuisibles. Cependant, la plupart des organismes sont négativement affectés et soit ils disparaissent complètement, soit leur population est considérablement réduite. Avec la conservation de la couverture du sol dans l’agriculture de conservation, un habitat est créé pour un certain nombre d’espèces qui se nourrissent de parasites, ce qui attire à son tour davantage d’insectes, d’oiseaux et d’autres animaux. La rotation des cultures et celles de couverture freine la perte de biodiversité génétique, favorisée par la monoculture.

Les systèmes basés sur l’ajout de résidus de culture et l’absence de travail du sol accumulent davantage de carbone dans le sol que la perte dans l’atmosphère résultant du travail du sol par le labour. Au cours des premières années de mise en œuvre de l’agriculture de conservation, la teneur en matière organique du sol augmente grâce à la décomposition des racines et à l’apport de résidus végétaux en surface. Cette matière organique est décomposée lentement, et une grande partie est incorporée dans le profil du sol, de sorte que la libération de carbone dans l’atmosphère se produit également lentement. Dans le bilan total, le carbone est séquestré dans le sol, et transforme le sol en un réservoir net de carbone. Cela pourrait avoir de profondes conséquences dans la lutte pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et contribuer ainsi à prévenir les effets désastreux du réchauffement climatique.

L’ACS selon Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture_de_conservation

L’agriculture de conservation (AC) ou agriculture de conservation des sols (ACS)1 est un ensemble de techniques culturales simplifiées destinées à maintenir et améliorer le potentiel agronomique des sols, tout en conservant une production régulière et performante sur les plans technique et économique.

Elle est définie par la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture comme étant un « système cultural qui peut empêcher la perte de terres arables tout en régénérant les terres dégradées »2.

Cet ensemble de techniques vise une meilleure rentabilité économique à long terme en réduisant le besoin en intrants (engraisproduits phytosanitaires et carburants) sans pour autant les interdire.

Ces techniques culturales reposent sur trois piliers fondamentaux que sont la réduction du travail du sol, la diversification des espèces végétales ainsi qu’une couverture permanente du sol par des cultures, des plantes compagnes et des couverts végétaux3.

Historique et développement

Origine

L’agriculture de conservation est née dans des régions de forte érosion hydrique ou par érosion éolienne et avait pour but initial de protéger les sols contre cette érosion, essentiellement par la couverture des sols. La première des trois composantes de l’agriculture de conservation qui s’est développée est la couverture des sols, en réponse à de graves phénomènes d’érosion des sols, apparus en particulier aux États-Unis dans les années 1930. L’alternance de sécheresse et de pluie, conjuguée à des vents violents, a provoqué le désastreux phénomène connu sous le nom de Dust Bowl (« bassin de poussière »), décrit par John Steinbeck dans Les Raisins de la colère paru en 1939. Ceci a conduit les agriculteurs américains à faire évoluer leurs pratiques de manière très rapide, encouragés par des programmes gouvernementaux. Les techniques d’implantation des cultures en semis direct sous couvert ont commencé à apparaître dans les années 1950 : les agriculteurs enfoncent directement les semences dans le sol à travers les couverts sans labourer et contrôlent les adventices par des herbicides. Cela a nécessité la mise au point de semoirs adaptés. La mise en œuvre de ces pratiques de protection des sols a permis de réduire drastiquement l’érosion des sols aux États-Unis. D’autres avantages de ces systèmes de culture sont vite apparus aux agriculteurs, particulièrement dans les grandes exploitations : économie de carburant, simplification du travail et gain de temps. Le semis direct sans labour est aujourd’hui largement utilisé pour le maïs et le soja aux États-Unis, mais aussi au Brésil, en Argentine, au Canada, en Australie4.

Reconnaissance mondiale

La première mention de l’agriculture de conservation remonte à 1997 lors d’une conférence de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur les techniques culturales simplifiées au Mexique, mais ne sera définie officiellement qu’en 2008 par la FAO5.

La surface cultivée dans le monde selon cette méthode était estimée à 106 millions d’hectares en 2008/2009 et a atteint environ 180 millions d’hectares en 2015/2016, soit environ 12,5 % des terres cultivées dans le monde6. La Fédération Européenne d’Agriculture de Conservation estime à environ 5 % la part des terres cultivée en agriculture de conservation, sans cependant la distinguer des surfaces en semis-direct7.

En 2020, l’APAD a mis en place un label « Au Cœur des Sols »8 afin de valoriser les fermes faisant la démarche de l’agriculture de conservation.

Trois piliers fondamentaux synergiques

L’objectif principal de l’agriculture de conservation est de lutter contre la dégradation des sols agraires, ou de favoriser la régénération des sols dégradés9. Pour cela, elle cherche à augmenter la biodiversité, à stimuler et favoriser les processus biologiques naturels tout en augmentant la quantité de matière organique dans le sol. Ces trois éléments sont des facteurs essentiels pour assurer la fertilité des sols et la séquestration du carbone10. L’agriculture de conservation s’appuie principalement sur les trois piliers suivants afin de réparer ou entretenir cette fertilité.

Réduction du travail du sol

L’objectif des techniques culturales simplifiées est de permettre de freiner l’érosion des sols et de conserver le stock de matière organique nécessaire à son bon fonctionnement. La réduction, voire la suppression du travail mécanique du sol permet de conserver en surface la couche d’humus créée par les débris végétaux en décomposition, qui protègent également le sol contre l’érosion et la battance11. Le but de cette réduction est de limiter le plus possible la déstructuration et la perte de porosité verticale naturelle du sol12.

Diversification des espèces cultivées

La diversification des espèces cultivées, à travers des séquences de rotations et d’associations de cultures impliquant au moins trois cultures différentes, favorise la conservation de la biodiversité du sol et des espèces végétales et permet, par un choix judicieux, l’emploi successif d’espèces aux atouts mécaniques, physiques et biologiques différents et complémentaires ; atouts liés à leur vitesse d’installation, la qualité de leur partie végétale ou partie racinaire. La diversification des espèces végétales et le rallongement de la rotation culturale, permettent l’intégration de cultures non productives mais ayant des intérêts agronomiques, comme la restructuration du sol ou la réduction des maladies et des parasites grâce aux effets complémentaires des espèces entre elles12.

Couverture permanente du sol

Par couverture permanente du sol, on entend aussi bien les résidus végétaux que les couverts durant l’interculture. Son objectif est fournir un écran permanent afin de limiter les adventices, l’érosion du sol lors d’intempéries et la perte excessive des réserves hydriques nécessaires à la vie du sol et des plantes. Le couvert permet entre autres un apport de matières organiques, et en fonction des espèces implantées, d’autres bénéfices comme la restructuration du sol, le stockage d’azote, ou l’activation biologique du sol stimulée par les restitutions de biomasse12,13.

L’agriculture de conservation, se basant sur ces trois bases fondamentales, est considérée comme faisant partie du concept d’agroécologie14

Vers de terre et agriculture de conservation

Les vers de terre épigésendogés et anéciques ont chacun une fonction naturelle de mélange des horizons de surface ou profond. Ils sont des acteurs de la fertilité des sols. L’absence de travail du sol, et notamment du labour favorise leur maintien, l’augmentation de leur population et favorise leur activité bénéfique15. La présence d’un couvert permanent et varié permet de pérenniser l’apport de nourriture pour l’ensemble de la faune du sol et en particulier des vers de terre.

Intérêts et limites

Pour être comprise, adoptée et intégrée, l’agriculture de conservation doit présenter la valeur ajoutée, les intérêts et ses limites susceptibles d’attirer des agriculteurs, mais aussi plus largement des horticulteurs et jardiniers.

Intérêts

Ces avantages sont de trois ordres16,17 :

Sociaux-économiques

  • L’allègement du temps de travail et donc la réduction des besoins en main-d’œuvre ;
  • La réduction des dépenses engagées, par exemple, pour l’achat de carburants d’origine fossile en particulier, l’exploitation et l’entretien des machines, ainsi que la main-d’œuvre ;
  • Une augmentation de l’efficience, puisque la production augmente avec une quantité d’intrants plus faible.

Agronomiques

Environnementaux

  • la réduction de la consommation d’énergie fossile ;
  • la réduction de l’érosion du sol, et donc la diminution des coûts d’entretien des routes, des barrages et des installations hydroélectriques ;
  • l’amélioration de la qualité de l’eau ;
  • l’amélioration de la qualité de l’air ;
  • l’augmentation de l’activité biologique du sol et sa biodiversité ;
  • la séquestration du carbone associée à la réduction d’émission de gaz à effet de serre.

De par ses intérêts environnementaux (réduction de l’érosion et du lessivage, stockage de carbone, augmentation de la biodiversité, maintien ou amélioration de la productivité), l’agriculture de conservation répond aux besoins actuels définis dans les pistes de réflexion proposées dans le rapport du GIEC d’août 201922. L’initiative « 4 pour 1000 » lancée lors de la COP21 promeut également ce type d’agriculture23.

Limites et solutions

L’adoption partielle des principes de l’agriculture de conservation varient selon les pays et les contextes et sont susceptibles de remettre en cause la pérennité de son adoption. Par exemple, un agriculteur réduit ou supprime le labour, afin de réduire le temps de travail et les charges liées aux carburants à court terme, mais sans nécessairement introduire de couverts végétaux ni allonger les rotations culturales ; il supprime alors de la conjonction synergique des effets du couvert végétal permanent, de l’allongement cultural et du non-labour24. L’accès au matériel nouveau de semis direct en particulier peut être un frein à la transition.

L’apport au sol de couverts pauvres en azote (par exemple, la paille qui a un C/N élevé, proche de 100) provoque une faim d’azote25.

Une communauté de soutien, d’échange et d’accompagnement permet d’en limiter ou supprimer les effets. En France, le risque économique est majeur durant la phase de transition26. Le réseau APAD Association Pour la promotion d’une Agriculture Durable en partenariat avec le ministère de l’agriculture permet cette dynamique de limitation des risques1.

Différences et complémentarités

Agriculture de conservation et Techniques culturales simplifiées (TCS)

Il existe très souvent une confusion entre les techniques culturales simplifiées (TCS), le semis direct et l’agriculture de conservation en elle-même aussi bien dans les milieux scientifiques que pour les agriculteurs27.

diagramme présentant les catégories de pratiques culturales en fonction du type de travail du sol

Bien que la réduction du travail du sol soit un des piliers de l’agriculture de conservation, les objectifs des TCS ne sont pas les mêmes que ceux de l’agriculture de conservation.

Agriculture de conservation et agroforesterie

Bien que sa définition soit relativement récente, on retrouve des principes similaires dans d’autres méthodes de cultures antérieures, comme dans l’agroforesterie par exemple28,29.

Techniques et matériels

Travail limité du sol en bande

Unité Strip-till Pluribus (Dawn Equipment Company)

Le strip-till, mot anglais traduit par « travail du sol en bande », est largement répandu en Amérique du nord, commence à apparaître en France. Cette technique consiste à préparer et fissurer les lignes de semis des cultures en rangs. Les strip-tillers sont constitués de plusieurs lames ou outils montés sur un bâti et adaptés à un type de sol ou de culture : lames fissuratrices, rouleaux concaves pour accélérer le réchauffement du sol, roues en V ou roues à doigts, disques lisses ou crénelés.
La solution universelle n’existe pas en matière de Strip-till. En terres argileuses, il est conseillé de passer le strip-tiller en automne pour que l’alternance gel dégel complète le travail. Pour le colza, le strip-till est compatible avec un semis direct mais le précédera de quelques jours ou quelques semaines pour les semis de printemps afin de laisser au sol fissuré le temps de se réchauffer et de minéraliser30.

Semis sans travail du sol

Passage d’un équipement de Strip-till dans une plantation de maïs, Minnesota du sud, USA (Dawn Equipment Company)

Pour réaliser des semis sans travail du sol des semoirs adaptés sont nécessaires, ils ouvrent localement le sol (avec un disque ou une dent), créent un peu de terre fine et placent la graine dans un environnement favorable en perturbant une surface minimum à l’échelle de la parcelle. Ces semoirs sont en général plus lourds et plus coûteux que les semoirs classiques. Ils peuvent néanmoins être adaptés à toutes les conditions. L’AFDI et le CEMAGREF ont conçu un semoir de semis direct qui permet de semer avec une très faible force mécanique et qui peut être utilisé avec de la traction humaine ou animale31. Des agriculteurs pauvres ayant de petites surfaces peuvent se contenter de cannes de semis. Pour les pays développés, les fabricants commercialisent des équipements complexes dont les performances peuvent varier en fonction des conditions de travail. Des comptes rendus d’essais ont été compilés pour aider au choix de ces machines32.

Semis Direct sous Couvert Permanent (SCV)

Technique également appelée Semis Direct sous Couvert Vivant (SCV), son principe est de maintenir une couverture permanente du sol avec des végétaux vivant. Ces techniques ont été développées de façon rigoureuse à partir de 1984 par Lucien Séguy et d’autres agronomes, en 5 ans, ils démontrent que ce système peut être rentable33,34.

Cette technique a pour ambition, selon le GIEE Magellan qui la promeut35[source insuffisante], d’obtenir un effet structurant du sol pour améliorer la qualité d’implantation et la portance des sols, de fournir des éléments minéraux à la culture et d’étouffer les adventices. Elle vise à stimuler l’activité biologique du sol, enrichir le sol en matières organiques et stimuler la faune auxiliaire par le maintien d’un habitat permanent.

Ces différents objectifs ont pour but de tendre vers une réduction des intrants (engrais, produits phytosanitaires), tout en augmentant la résilience de la culture (meilleur maintien de l’humidité du sol par exemple)36[source insuffisante]. Cette technique de culture prometteuse reste malgré tout très restreinte car elle nécessite du matériel spécifique mais surtout parce que la demande en technicité de l’agriculteur est plus élevée37.

Exemples d’adoptions remarquables

Au sud de l’Ontario, Dean Glenney a atteint des rendements de 18,7 tonnes/ha de maïs et 4 tonnes en soja, en utilisant le semis direct, le contrôle du trafic38 et l’association soja maïs en culture en bande39.

Promotions et partenariats

Des organisations intergouvernementales, des structures associatives (ONG) et des organismes publics promeuvent ce type d’agriculture et mettent à disposition des ressources pour que les agriculteurs aient accès à des connaissances et à l’expérience d’autres pratiquants de ces techniques.

Accord cadre France – FAO

En 2008, un partenariat pour la coopération entre la France et la FAO permet le renforcement de la compétitivité des agricultures du Sud. Les domaines concernés sont très divers entre autres les techniques agricoles avec des programmes favorisant les échanges sur les pratiques et la diffusion de technologies et techniques appropriées pour la réponse des cultures à l’eau et aux contraintes environnementales, la gestion de l’eau agricole, l’agriculture de conservation et les techniques de conservation des aliments40,24.

Notes et références

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  38.  Controlled traffic farming
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  40.  « Décret no 2008-1251 du 1er décembre 2008 portant publication de l’accord-cadre entre le Gouvernement de la République française et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, signé le 31 mars 2005 (1) – Légifrance [archive] », sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

  • Noémie Schaller, L’agriculture de conservation, Ministère de l’Agriculture | Centre d’études et de prospective, septembre 2013 (lire en ligne [archive[PDF])
  • Philippe Fleury, Carole Chazoule et Joséphine Peigné, « Ruptures et transversalités entre agriculture biologique et agriculture de conservation », Économie rurale, nos 339-340,‎ 2014, p. 95-112 (DOI 10.4000/economierurale.4247)

Articles connexes

Liens externes

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Les terres agricoles sous pression

https://www.realagriculture.com/2024/12/ag-policy-connection-s3-ep-1-farmland-under-pressure-season-3-premiere/?utm_source=Eastern%20Daily+-+Dec%2024%2C%202024&utm_campaign=Eastern%20Daily&utm_medium=email

La terre est une ressource fondamentale et limitée, mais il est facile de négliger sa valeur dans notre vie quotidienne.

Le Canada dispose peut-être d’une abondance de terres, mais ces hectares sont soumis à une pression immense pour servir à de multiples fins : développement résidentiel et industriel, production alimentaire, biodiversité, séquestration du carbone, production d’énergie solaire et éolienne, loisirs, etc.