Avec Louis Pérusse
Fertilité et matière organique des sols, François Hirissou
Cette vidéo a été réalisé dans le cadre du Carrefour des Éleveurs 2023 organisé par La Vache Heureuse
Le rafraîchissement des villes par les arbres
Les arbres n’auraient jamais du quitter les villes …Maintenant, il y a du job pour faire comprendre leurs immenses avantages qui sont incontournables pour une ville durable avec plus de végétation vivante et active en lieu et place de béton mort ou bitume polluant
Cette question de la présence de végétation en ville, est pratiquement la même problématique pour la présence de plantes de couverture multi-services en SCV dans nos parcelles agricoles, il est urgent que l’homme comprenne les services, les bénéfices, que peut lui rendre la végétation. L’existence de la végétation est complètement au service de l’humanité ….lutter contre la végétation à outrance, c’est lutter contre l’avenir ….!
Peut-on poser cette question aux scientifiques compétents ….. »Que devient la chaleur solaire réceptionnée par le feuillage des arbres, que s’est-il passer entre les situations avec végétation qui fabriquent de l’ombre fraîche et sol nu bitumé qui stocke plutôt de la chaleur »…?
En SCV Lucien Séguy , cette énergie solaire captée par les plantes se transforme en usine à photosynthèse et permet la croissance des plantes et notre objectif dans cette technique agricole de production d’alimentation, est l’utilisation maximum de ce phénomène refroidissant et bénéfique pour notre climat et de nos sols agricoles
https://www.inrae.fr/actualites/rafraichissement-villes-arbres
La préparation de la « ville durable » au changement climatique passe par une meilleure prise en compte du confort thermique dans l’espace urbain.
Parmi les stratégies d’adaptation des villes au changement climatique et notamment aux épisodes de chaleur extrême, la réintroduction d’arbres en milieu urbain est une voie prometteuse car, par leur transpiration et leur ombrage, ils ont un impact significatif sur le bilan thermique de l’atmosphère environnante. L’augmentation des surfaces végétales en ville semble une solution favorablement partagée par les habitants. L’impact positif du rafraîchissement est renforcé par d’autres services écosystémiques que peut fournir la végétation aux habitants, comme par exemple la filtration de l’air, la biodiversité en ville et également l’aspect ludique et social.
Mieux expliciter les interactions entre les arbres et la ville a donc constitué l’objet principal d’un projet ANR porté par l’UMR PIAF, COOLTREES, pour concevoir des villes durables où les aménagements arborés prennent tout leur sens et leur place. Les bénéfices thermiques potentiels des arbres dans un environnement urbain avaient jusqu’ici été peu étudiés, notamment pour les arbres de rue. Le feuillage constitue en fait une véritable carapace absorbante. L’impact des arbres est d’autant plus flagrant en plein soleil : la température mesurée est 7 °C plus faible sous les arbres à 13 heures*.
Un outil de simulation, LASER.T, permettant de simuler l’impact des arbres sur le microclimat urbain et leur fonctionnement, a été conçu et mis au point au cours du programme de recherche. Il simule de manière couplée les interactions thermoradiatives entre les différents éléments d’un paysage urbain, végétation incluse, et est capable de spatialiser le microclimat au sein des houppiers. De même une base de données regroupant toutes les mesures effectuées entre 2014 et 2018 est également disponible. Le modèle sera mis à disposition en open source. Le développement d’une interface graphique permettra également son utilisation par des non-scientifiques (techniciens des espaces verts et des parcs, aménageurs de l’espace urbain…) afin de leur permettre d’évaluer, par exemple, la pertinence d’un aménagement arboré.

Ce projet a donc permis d’avancer dans les connaissances des arbres en ville et de proposer un premier cadre de modélisation, mais qui reste à préciser et affiner : cela fait l’objet d’un nouveau programme de recherche ANR qui démarre, TIR4sTREEt, coordonné par l’INSA de Strasbourg et dont INRAE est partenaire (UMR PIAF et UMR Sylva).
Un fascicule de vulgarisation et un site web ont été conçus pour présenter le projet COOLTREES et ses résultats, le modèle LASER.T et son utilisation, notamment pour les professionnels.
Toutes les infos sur https://www6.inrae.fr/cooltrees
Cycle de l’eau
https://wiki.tripleperformance.fr/index.php?curid=15826
La quantité d’eau présente sur Terre est constante. Elle se répartit entre plusieurs réservoirs d’eau que sont l’atmosphère, les mers et océans, les glaciers et calottes glaciaires, les cours d’eau, les lacs, les nappes phréatiques et la végétation. L’eau circule entre ces différents réservoirs sous forme d’eau liquide ou de vapeur d’eau gazeuse. L’ensemble de ces flux entre réservoirs constitue le cycle de l’eau.
Fonctionnement du cycle de l’eau
Le cycle de l’eau peut se résumer comme suit :
Schéma simplifié du cycle de l’eau dans un bassin versant où le fonctionnement du cycle de l’eau est optimal (ex : forêt de feuillus).
L’accumulation dans l’atmosphère
L’eau de pluie se forme par condensation de la vapeur d’eau présente dans l’atmosphère sous forme d’eau liquide. Sur les continents, les deux tiers des pluies sont provoquées par la couverture végétale. Les précipitations proviennent du mélange de la vapeur d’eau issue de la mer et de l’évapotranspiration des terres, selon la répartition suivante :
- 60 % d’eau évapo-transpirée par la végétation en milieu continental (en particulier les feuillus).
- 30% d’eau issue de l’évaporation de l’eau de mer. L’énergie solaire rend possible l’évapotranspiration de l’eau par la végétation grâce à la photosynthèse. L’énergie solaire correspond au moteur du cycle de l’eau.
- 10 % sont évaporés du sol[1].
Le retour à l’océan (rivières et ruissellements de surface)
- Une partie de l’eau de pluie s’évapore immédiatement (≈10%).
- Une autre partie de l’eau de pluie s’infiltre dans les sols. L’eau infiltrée dans les sols rejoint les eaux souterraines et nappes phréatiques par gravité. Une part des eaux souterraines alimente les cours d’eau et rivières qui se jettent dans l’océan (≈30%)[2]. L’eau du sol et des nappes phréatiques peut être également captée par les racines de la végétation.
- Une autre partie de l’eau de pluie peut s’écouler en surface par ruissellement. L’eau de ruissellement de surface alimente directement les rivières et cours d’eau qui se jettent dans l’océan sans infiltration préalable dans les sols. Dans une forêt de feuillus, ces ruissellements de surface sont inexistants, l’intégralité de l’eau de pluie non évaporée s’infiltre dans le sol. La part des eaux de pluie qui retourne à l’océan n’excède alors pas 30%. Dans un écosystème où la végétation est moins abondante ou dans les zones artificialisées, des ruissellements de surface ont lieu. L’eau de pluie est alors rejetée en excès vers l’océan par la rivière (>30%).
Prélèvement vs ressource
Les prélèvements en eau ne représentent que 2 à 3% de la ressource en eau, c’est-à-dire du volume des précipitations annuelles. La ressource en eau ne fait pas défaut mais l’enjeu est de parvenir à mieux capter cette ressource et de mieux raisonner ses usages à l’échelle collective.
Schéma de l’origine et des usages des prélèvements d’eau.
Une fois prélevée, l’eau est utilisée pour :
- L’utilisation humaine (34%) – y compris alimentation mais aussi sanitaires et lavage.
- L’utilisation agricole (46%) – y compris irrigation et usage dans les processus agricoles. L’eau utilisée pour l’irrigation retourne soit dans les bassins aquifères, soit dans l’atmosphère par évapotranspiration.
- L’utilisation industrielle et production énergétique (20%)[3].
Une fois utilisée, l’eau fait l’objet de traitements avant de finir dans les cours d’eau, ou bien d’être infiltrée dans les sols et éventuellement de rejoindre les bassins aquifères. In fine, l’eau utilisée est renvoyée à la mer. Les rejets en rivière sont sources de pollutions et amplifient la vidange des bassins versants. Recycler l’eau signifie de ne pas la jeter en mer via les rivières, donc de la réinfiltrer dans les sols après traitement ou de la recycler pour des usages non domestiques comme l’arrosage.
NB : L’eau est utilisée et non consommée, car elle ne disparaît pas – dans tous les cas, elle finit par retourner dans le cycle ! En revanche, son utilisation s’accompagne d’une pollution plus ou moins importante.
La végétation dans le cycle de l’eau
La végétation occupe une place centrale dans la régulation du cycle de l’eau. A l’interface entre le sol et l’atmosphère, elle est nécessaire au maintien de l’équilibre entre évaporation, transpiration, infiltration et ruissellement des eaux de pluie.
Elle diminue l’évaporation par :
- un effet brise-vent,
- la création de zones ombragées et humides par le feuillage,
- la diminution de la température du sol (environ 20°C de moins).
Elle limite le ruissellement et favorise l’infiltration par :
- le ralentissement de l’eau de pluie par le feuillage,
- la structuration du sol par les racines qui assurent une bonne porosité et stabilité du sol (réserve utile),
- la protection contre l’érosion grâce au tapis d’humus (matière organique et végétale décomposée).
Phénomène d’évapotranspiration
La végétation participe localement à la création des précipitations par la transpiration des feuilles. La transpiration est conditionnée par plusieurs facteurs :
- L’espèce végétale : tous les végétaux n’ont pas la même capacité de transpiration. Un feuillu transpire deux fois plus qu’un conifère et provoque donc deux fois plus de pluie qu’un conifère. Dans l’idéal, une forêt ne devrait pas être constituée de plus d’un tiers de conifères. Il en va de même du maïs qui a une capacité d’évapotranspiration bien supérieure au blé par exemple.
- Les conditions climatiques : l’humidité et la température de l’air, le vent et le rayonnement solaire impactent la capacité d’évapotranspiration des plantes.
Une plante en stress hydrique n’évapotranspire plus (les feuilles s’assèchent). Pour garder le cycle en fonctionnement, il est donc nécessaire de fournir de l’eau aux plantes.
Le cycle d’évapotranspiration est nécessaire pour déclencher les pluies sur le bassin versant. Dit autrement, l’absence d’évapotranspiration va générer une absence de pluie. Inversement, il pleut pratiquement de manière continue au-dessus des jungles, et jamais au – dessus des déserts, quelle que soit la distance à l’océan.
Rôle clé de l’arbre
L’arbre joue un rôle primordial dans le cycle de l’eau.
- La profondeur de ses racines est essentielle à la communication entre la surface du sol et les nappes superficielles (nappes des sables dans les Landes ou nappes d’accompagnement des cours d’eau par exemple).
- Le réseau mycorhizien favorise l’hydratation du sol et de la végétation environnante.
En réponse aux variations météorologiques à l’échelle locale, l’arbre permet donc de réguler l’accès aux eaux profondes.
Dérèglement du cycle de l’eau
Les perturbations du cycle de l’eau se traduisent par un dérèglement de la répartition annuelle des pluies qui donne lieu à une alternance d’inondations et d’épisodes de sécheresse.
Augmentation de la température
Une température plus élevée augmente la capacité d’évaporation. En pratique, l’air chaud peut contenir plus d’eau que l’air froid. Ce phénomène s’observe avec la rosée : en refroidissant à la surface des plantes, l’air se déleste de son excès d’eau.
Infiltration insuffisante et ruissellement excessif
Schéma simplifié du cycle de l’eau altéré dans un bassin versant où l’infiltration de l’eau est insuffisante (densité végétale insuffisante et/ou sols artificialisés).
Lorsque le fonctionnement du cycle de l’eau est optimal, seul 30% de l’eau de pluie est restituée à la mer par la rivière. Lorsque l’infiltration de l’eau dans les sols est insuffisante, cette proportion augmente. :
- Au niveau de la Garonne, 50% de l’eau de pluie est aujourd’hui rejetée en mer.
- En 2020, cette proportion a atteint 75% au niveau de la Sèvre Niortaise en Nouvelle Aquitaine.[4]
Cet excès d’eau non stockée dans les sols sortant du bassin versant conduit à une diminution du volume d’eau qui peut être transpirée par la végétation, donc à une diminution du volume des précipitations. Aux inondations succèdent donc des périodes de sécheresse.
Infiltration et qualité du sol
L’infiltration de l’eau dans le sol est étroitement liée au type de sol et à la qualité du sol.
La texture du sol conditionne évidemment sa capacité d’infiltration, mais on peut améliorer ce taux d’infiltration en régénérant la vie du sol : un sol vivant a une structure qui favorise l’infiltration de l’eau et limite le ruissellement.
De même que pour sa capacité d’infiltration, la structure du sol a un impact direct sur sa capacité de rétention (réserve utile).
Plusieurs mécanismes sont à l’œuvre :
- Les racines (y compris les réseaux mycorhiziens)
- Les espaces laissés par la faune du sol (microfaune, mais aussi bien sûr vers de terres, etc…)
A l’inverse, le travail du sol, le tassement et le labour diminuent le taux d’infiltration et de rétention de l’eau dans le sol. Même s’il augmente la porosité du sol, le labour détruit les réseaux mycorhiziens et les micropores recouverts de matière organique nécessaires à la stabilité du sol.
Un sol nu génère par ailleurs des phénomènes de battance.
Artificialisation des sols
La diminution de la couverture végétale du fait de la déforestation, de l’urbanisation et de certaines pratiques agricoles a dégradé la qualité des sols et a perturbé le cycle de l’eau tant à l’échelle locale que globale.
La réduction de la surface occupée par la végétation a pour conséquences :
- Une diminution du volume des pluies formées dans les terres due à la réduction de l’évapotranspiration.
- Une communication entravée entre les eaux superficielles et les eaux plus profondes par la déforestation et l’absence d’arbres dans certaines zones agricoles ou certaines zones urbanisées.
Les revêtements imperméables du sol tels que les routes et trottoirs des zones urbanisées font obstacle à l’infiltration de l’eau.
De même, de nombreuses parcelles qui avaient comme rôle de servir de tampon lors des grosses pluies (parcelles inondables, zones humides, etc…) ont été asséchées et drainées au fil du temps pour favoriser la production agricole ou la construction de bâtiments, accentuant le phénomène de ruissellement.
En résumé, au même titre que les sols nus ou ayant une faible densité végétale, les sols artificialisés rendus imperméables génèrent un excès de ruissellement qui perturbe le cycle de l’eau, accentue les inondations et réduit l’évapotranspiration, donc les précipitations.[5]
Comparaison d’un écosystème désertique et d’une forêt de feuillus
Une forêt de feuillus correspond à un écosystème idéal où le petit cycle de l’eau, aussi appelé cycle court, a un fonctionnement optimal. Dans un écosystème désertique où la végétation est peu présente et la vie du sol peu abondante, le petit cycle de l’eau est altéré voire inexistant. Le tableau ci-contre récapitule différents paramètres du cycle de l’eau dans ces deux écosystèmes.
| Désert | Végétation (feuillus) | |
|---|---|---|
| Précipitations | Irrégulières | Régulières |
| Ruissellement | Maximal | Minime |
| Evapotranspiration | Nul | Max |
| Réserve hydrique | Minimale | Maximale (sol structuré) |
| Flux de l’eau | Rapide | Lent |
La régulation du cycle de l’eau nécessite de prendre en compte les liens structurels qui existent entre la couverture végétale et forestière, l’activité biologique et la qualité du sol et les flux d’eau qui constituent le cycle de l’eau.
Quels leviers de régulation ?
Le dérèglement du cycle de l’eau survient lorsqu’une part trop importante (supérieure à 30%) des eaux de pluie est rejetée en mer par ruissellement.
Les solutions qui peuvent être mises en place pour remédier à ce dérèglement consistent à favoriser la rétention d’eau et limiter les ruissellements de surface pour éviter que l’eau de pluie ne soit rejetée en excès vers la mer.
Freiner et réguler le débit de l’eau
Plus l’eau de pluie prend du temps à descendre vers la mer, plus elle a de facilité à s’infiltrer dans le sol. De nombreuses techniques permettent de ralentir l’écoulement de l’eau, et plus ces techniques sont mises en œuvre en amont des bassins versants, plus elles sont efficaces.
- Noues, fossés et infrastructures hydrologiques passives : les noues et les fossés permettent de retenir l’eau sur les coteaux pour lui laisser le temps de s’infiltrer.
- Végétation et forêts : un terrain structuré par la végétation va ralentir l’écoulement de l’eau.
- Castors : les castors, grâce à leurs barrages, augmentent le niveau des cours d’eau, et irriguent de cette manière une surface très importante.
- Les terrasses : sur un terrain en pente, la culture en terrasses permet de fractionner l’écoulement des eaux de ruissellement et de ralentir le retour de ces eaux à la mer. Cette architecture se retrouve notamment dans les pays d’Asie qui cultivent des rizières en terrasses dans des milieux pentus.
Structures de rétention d’eau
Il existe une diversité de structures qui permettent de conserver l’eau :
- Les barrages : ces constructions assurent un contrôle du débit des cours d’eau et/ou un stockage de l’eau. Les barrages peuvent également avoir vocation à produire de l’hydroélectricité.
- Les retenues collinaires : les eaux de ruissellement de surface peuvent être retenues et temporairement stockées par la mise en place de digues dans des vallons. L’eau stockée peut s’infiltrer lentement et/ou être prélevée pour l’irrigation, la consommation humaine et les usages industriels.
- Les bassines agricoles : elles correspondent à des réservoirs d’eau creusés dans le sol et recouverts d’un film étanche. Contrairement aux retenues collinaires, l’eau stockée dans les bassines agricoles provient de prélèvements effectués dans les nappes phréatiques pendant les périodes dites de hautes eaux ou dans les rivières en crue. Ce stockage des eaux profondes en surface permet de rendre l’eau facilement accessible pour l’irrigation en été. Bien qu’elles fassent l’objet de nombreuses controverses et posent des questions d’équité sociale entre les agriculteurs, elles n’en restent pas moins un moyen de sécuriser l’approvisionnement en eau des cultures et de maintenir une couverture végétale vivante en période estivale, dès lors qu’elle font l’objet d’une gestion rigoureuse.
Pratiques agricoles favorisant l’infiltration d’eau
Le taux d’infiltration de l’eau dans le sol étant fonction de la qualité du sol et de sa couverture végétale, favoriser l’infiltration de l’eau revient à privilégier des pratiques agricoles qui améliorent la stabilité structurale du sol et qui maximisent la densité végétale.
L’ Agriculture de Conservation des Sols
L’Agriculture de Conservation des Sols repose sur trois piliers :
- Maximiser la couverture végétale tout au long de l’année par des couverts végétaux ou paillis.
- Diversifier les successions culturales et les associations de cultures pour étendre l’exploration du sol, l’exploitation de l’eau du sol et optimiser sa restructuration.
- Réduire voire supprimer le travail du sol pour maintenir sa stabilité structurale assurée par la végétation et l’activité biologique du sol. Le passage des engins agricoles doit être limité pour minimiser le tassement du sol et les coûts de production.
Cet ensemble de pratiques présente plusieurs bénéfices :
- Une augmentation de la teneur en matière organique du sol.
- Une amélioration de la structuration du sol.
- Une augmentation de l’activité biologique des sols.
Ces bénéfices concourent à favoriser l’infiltration et la rétention de l’eau dans le sol et à limiter le ruissellement.[6]
L’ Agroforesterie
L’agroforesterie consiste à associer des arbres et des cultures sur une même parcelle agricole. Compte tenu du rôle central de l’arbre dans la régulation du cycle de l’eau, l’extension de l’agroforesterie est indispensable pour :
- Limiter l’évaporation grâce à l’effet brise-vent des arbres et haies implantés dans les exploitations agricoles.
- Protéger les sols et cultures en cas de fortes intempéries.
- Assurer le rechargement des nappes phréatiques et l’approvisionnement des cultures en eau par le réseau racinaire des arbres.
- Diminuer la température (« climatisation naturelle« ).
Non seulement la réintroduction des arbres et des haies sur les parcelles agricoles rend les cultures plus résilientes aux sécheresses et inondations qui tendent actuellement à s’intensifier, mais elle contribue également à réguler le cycle de l’eau, donc à atténuer les sécheresses et inondations.
Le keyline design
Organiser ses parcelles selon les principes du keyline design va permettre à la fois de diriger, infiltrer, stocker, répartir les eaux de ruissellement et d’en évacuer l’excédent (vers des noues ou bassins), mais aussi d’infiltrer de l’oxygène et des nutriments tout ceci dans le but de favoriser le développement d’un sol vivant, profond et présentant une grande fertilité biologique. Il est moins coûteux d’atteindre ce but dans un paysage qui a été organisé à cette fin.
Ne pas confondre consommation et ressource
L’eau ne disparaît pas. C’est un cycle. La seule façon de perdre de l’eau douce est de la rejeter en mer au lieu de la recycler dans les terres. On ne manque pas d’eau, on en jette trop.
Plus on a d’eau, plus on a de végétation, et plus on a de végétation, plus on a d’eau. En période de sécheresse, la tentation est forte de réduire l’irrigation qui constitue la moitié de la consommation d’eau. Mais consommation n’est pas ressource. Réduire l’irrigation revient à amplifier la sécheresse. En effet, en période de sécheresse, l’irrigation est nécessaire au maintien de la vie des sols et de la couverture végétale, elle-même nécessaire à la bonne régulation du cycle de l’eau. Conserver l’irrigation lorsqu’elle est indispensable, contribue au bon fonctionnement du cycle de l’eau et permet à terme de limiter les périodes de sécheresse.
La bonne santé hydrique d’un bassin versant dépend de sa densité végétale (surtout l’été), l’idéal étant la densité végétale de l’écosystème forestier (de feuillus).
Cet article a été rédigé avec l’aimable participation de Laurent Denise, chercheur indépendant sur le lien climat-eau-biodiversité.
Plantes de services

Les végétaux
Cette planète bleue …..Que l’on pourrait aussi appeler PLANÈTE VERTE ET VÉGÉTALE pour la partie terrestre…..Ces végétaux, n’ont ils pas un petit rôle ….Ne sont ils pas indispensables dans un tas de domaine utile à notre survie nous les humains….!!

Le SCV Lucien Séguy est basé sur la capacité incroyable de ces végétaux ….
Semis direct et résistance des cultures aux maladies
Semis direct et résistance des cultures aux maladies L. Séguy, S. Bouzinac, A.C. Maronezzi
Les relations “génotypes – facteurs du milieu” ont toujours constitué un pôle d’intérêt majeur, exercé une véritable fascination pour la recherche, mais les relations plante-parasite sont complexes interviennent en effet, en interaction, les facteurs génétiques (résistance variétale) le cycle physiologique de la plante, le photopériodisme, le climat, la nature du sol, la fertilisation et enfin les incidences des pesticides sur la physiologie de la plante.
L’homme peut cependant, agir de manière efficace par sa gestion des systèmes de culture, sur la plupart des facteurs du milieu qui conditionnent la santé des cultures.

Avec les techniques de semis direct qui ont été développées et ont donné naissance à de multiples systèmes de production de grains, intégrant ou non l’élevage, la gestion des facteurs du milieu a radicalement changé au Brésil au cours des 25 dernières années, sur des surfaces considérables (plus de 10 millions d’hectares sont en semis direct en 1999) ; outre les modifications qui portent sur les flux d’eau et la dynamique des cations et anions, les techniques de semis direct, permettent en toute situation pédoclimatique, de recharger le profil cultural en matière organique dont on connaît les propriétés essentielles pour la nutrition et la santé des cultures.
À un cycle d’érosion continue de la ressource sol, entre 1970 et 1990, a succédé un cycle de restauration, reconstruction, puis préservation de la fertilité et de la qualité des sols.
Le CIRAD-CA3, intervient sur l’amélioration des systèmes de culture dans divers écosystèmes du centre-ouest et de l’Ouest du Brésil depuis plus de 15 ans et a très largement contribué à la mise au point et à la diffusion des techniques de semis direct. Sa démarche de travail repose sur la création-diffusion de systèmes de culture novateurs toujours plus performants (conditions agronomiques et technico-économiques), pour, avec et chez les agriculteurs, dans leurs unités de production.
L. Séguy, S. Bouzinac, 1998
La pérennisation des systèmes a permis, après plusieurs années de fonctionnement, de cumuler les effets des techniques qui ont été parfaitement contrôlées, et donc de les évaluer rigoureusement.
AGRONORTE2, en collaboration avec le CIRAD’ a également, dans le même temps, créé du matériel génétique de pointe et notamment, des variétés de riz à haut potentiel; la sélection du matériel a été faite pour et dans des systèmes de culture pratiqués à la fois, en semis direct et avec préparation mécanisée des sols.
Le CIRAD CA a été le pionnier et le promoteur du semis direct en partenariat avec l’agriculteur Munefume Matsubara, sur les fronts pionniers du centre nord du Mato Grosso
L. Séguy, S. Bouzinac, 1998
De cette expérience, des tendances reproductibles notamment sur le comportement des cultures vis à vis des maladies, ont pu être identifiées ; c’est l’objet principal de ce court article.
1. La résistance du riz pluvial aux maladies fongiques est très nettement améliorée en semis direct.
Le cas du semis direct de riz sur couverture morte.
Le semis direct du matériel génétique a été effectué 2 années consécutives sur couverture morte d’Eleusine coracana, qui venait en succession de soja, l’année précédente ; le labour mis en comparaison, a été réalisé sur les mêmes précédents ; les composantes de l’itinéraire technique du riz pluvial sont égales dans les deux systèmes (date de semis, fumure, traitement de semences, herbicides, etc).
L’incidence des principales maladies cryptogamiques a été évaluée sur différents cultivars de riz (en présence d’une forte fumure azotée et sans fongicides), dont le niveau de résistance suivi au cours des deux années précédentes pour l’ensemble des maladies, est variable. Le tableau 1 résume les principaux résultats obtenus.

du sol : semis direct (SD) et labour (L)
AGRONORTE – Sinop – MT -19971998
Notations (échelle IRAT/CIRAD – De 0 (indemne) à 9 (destruction totale de l’organe atteint).
De manière plus générale, des notations effectuées sur plus de 600 lignées (de F3 à F8, qui portent également sur la comparaison entre les 2 mêmes modes de gestion du sol, montrent une nette amélioration générale de la résistance du matériel génétique sur semis direct : des lignées considérées comme assez sensibles sur travail du sol peuvent être classées comme moyennement résistantes sur la parcelle voisine en semis direct.
Résistance de type horizontal (résistance généralement contrôlée par de nombreux gènes – polygénique).
L’impact sur la productivité du riz en semis direct est hautement significatif : de 23 à plus de 40% d’augmentation en fonction des conditions climatiques de l’année (tableau 1).
Le cas du semis direct de riz sur couverture vivante d’Arachis pintoi.
L’évaluation de l’impact du complexe parasitaire fongiques sur le riz pluvial a été effectuée entre parcelle labourée et parcelle en semis direct sur couverture vivante d’Avachis p., au cours du 1111- cycle cultural 1998/99.
La variété Best 3, qui a servi de matériel génétique de référence pour l’évaluation est classée comme assez sensible au complexe fongique (excepté à Rhynchosporium et cercospora) en présence d’usé forte fumure azotée (80 à plus de 100 Kg/N/ha) et en l’absence de protection fongicide finale à partir de (émission des premières panicules, comme dans les conditions de l’étude.
Les résultats réunis dans le tableau 2, mettent en évidence une amélioration très significative de la résistance de la variété Best 3 aux maladies sur !e semis direct qui se traduit à la fois par une augmentation nette de productivité, et une meilleure qualité de grains, totalement sains, sans tâches.

2 modes de gestion du sol
AGRONORTE – Sinop – MT -1999
2. La résistance du coton (cultivar Deltapine 90), au complexe parasitaire de fin de cycles
Complexe parasitaire de fin de cycle – bactériose (Xanthomonas campestris), Ramulariose (Remularia areola), viroses (vermelhão et surtout maladie bleue, transmises par le puceron Aphis gossypii).
L’année climatique 1997/98 a été particulièrement propice aux attaques parasitaires dans le sud de (État de Goiàs, où le CIRAD-CA’ intervient sur la gestion de 1a culture cotonnière avec semis direct, en partenariat avec le Groupe MAEDA.
Les dégâts dus au complexe parasitaires6 (bacteriose, viroses) sur la culture cotonnière (variété Deltapine 90, très sensible aux viroses) ont été considérables puisque la productivité moyenne obtenue sur plus de 20 000 ha, qui est voisine de 2 500 Kg/ha les années climatiques plus favorables, est tombée à moins de 1 500 Kg/ha, en 1997198.
Dans ce contexte de pression parasitaire exceptionnelle, la même variété, DP 90, très sensible à cette pression sur 1a majorité des surfaces plantées sur travail conventionnel du sol (labour, scarification), s’est montrée pratiquement indemne sur couverture vivante d’Arachis pintoï, comme le montrent les résultats du tableau 3.
Cette parcelle d’un demi hectare qui a produit plus de 2 120 Kg/ha dans ces conditions, était saine, malgré qu’elle soit entourée de parcelles très touchées, pourries par le complexe parasitaire et qui ont, de ce fait, produit entre 950 et 1 330 Kg/ha.

En conclusion
Les trois exemples présentés tant sur le riz pluvial à haut potentiel dans la zone tropicale humide du centre nord du Mato Grosso que sur le cotonnier dans le sud de l’état de Goiàs, montrent que les techniques de semis direct peuvent permettre de réduire la pression des maladies fongiques et bactériennes.
Dans le cas du riz pluvial, l’amélioration de la résistance aux champignons est reproductible sur couverture morte d’Eleusine coracana.
La couverture vivante d’Arachis pintoi, dans deux conditions pédoclimatiques très différentes, permet, en semis direct, de réduire très significativement la pression du complexe parasitaire sur deux cultures aussi différentes que sont le cotonnier et le riz pluvial. Si il est bien trop prématuré pour formuler des conclusions sur les causes de l’amélioration de la résistance des cultures en semis direct sur couverture permanente du sol, on peut cependant faire quelques hypothèses à partir de la connaissance des mécanismes très différents de fonctionnement qui régissent le semis direct et le labour.
Maladies des appareils végétatif et reproducteur dont le complexe fongique des tâches de grains ,* Helminthosporium oryzae, Phoma sorghina, Drechslera
En premier lieu, une meilleure et plus stable régulation de l’alimentation hydrique et minérale de la plante sous semis direct peut permettre de minimiser l’importance des stress hydriques et par là même d’aider la plante à mieux résister aux agressions parasitaires.
En second lieu, l’alimentation minérale de la culture est très différente entre les 2 modes de gestion du sol et par voie de conséquence, la physiologie même de la variété. L’alimentation azotée de la culture est en particulier très fortement modifiée : alors que sur travail du sol, de fortes fumures azotées dès les 30 premiers jours du cycle favorisent une sensibilité accrue du riz à la pyriculariose foliaire, ces mêmes niveaux de fumure azotée, n’affectent pas le niveau de résistance des variétés mêmes sensibles, sur le semis direct. Ce fait, reproductible sur une très lange gamme de variétés à niveau de résistance variable, suggère que la nutrition azotée sur le semis direct est parfaitement régulée grâce à la prépondérance des mécanismes biologiques.
À l’inverse, sur travail du sol, la plante absorbe préférentiellement l’azote de l’engrais chimique et se dérégule en absorbant de l’azote en excès. Un excès d’azote soluble apparait dans les tissus foliaires (au même titre que les glucides solubles réducteurs) et constitue un plat de choix pour les champignons pathogènes. En absorbant très rapidement et en excès l’azote sur labour, la physiologie de la plante est profondément modifiée, et l’absorption d’autres nutriments est ralentie (L. Séguy, J.L Notteghem, 1981 – L. Séguy, S Bouzinac, 1989) ; cet état de déséquilibre favoriserait également les attaques parasitaires en provoquant un stress dans la plante qui accroîtrait sa sensibilité.
Comme de nombreux d’auteurs l’ont déjà depuis longtemps démontré (Pantanelli, 1921, Dufrenoy J., 1935, ;936; Chaboussou F., 1985) l’importance des éléments nutritionnels solubles dans la contamination et l’infection par les champignons pathogènes et les virus, est incontestable.
Plus largement, un état prédominant de protéolyse se trouverait lié aux maladies et inversement, la résistance serait en rapport avec une protéosynthèse dominante; les relations plante-parasite pourraient avant tout être d’ordre nutrionnelles (théorie de la trophobiose de Chaboussou, 1985).
Dans le cadre des techniques de semis direct qui vont devenir rapidement dominantes au Brésil, ces hypothèses méritent d’être approfondies.
Bibliographie
- L. Séguy, S. Bouzinac, A. Trentini. N.A. Cortês,1998 – Brazilian frontier agriculture –
Special issue – Agriculture et développement – ISSN 1249-9951. - L. Séguy, J.L. Notteghem, S. Bouzinac,1981 – Compte rendus du symposium sur la
résistance du riz à la Pyryculariose – Montpellier, France – BP 5035 – CIRAD – P 139-152 - 3. L. Séguy, S. Bouzinac, 1989 – Les principaux fadeurs qui conditionnent la productivité
du riz pluvial et sa sensibilité à la Pyriculariose sur sois rouges ferrallitiques d’altitude,
Goiânia – GO – Doc. interne CIRAD – BP 5035 – Montpellier – France. - 4. F. Chaboussou, 1985 – La santé des cultures – Flammarion, la maison rustique, Paris,
ISBN 2-7066-01-50-7.
Document obtenu sur le site Cirad du réseau http://agroecologie.cirad.fr

