PaysanNature

Un chemin de paysan, à l’écoute de la Nature

« Apprenez de la Nature, vous y trouverez votre futur »

PaysanNature

Une vie de paysan au cœur d’une aventure collective

Il y a des noms que l’on choisit.

Et puis il y a ceux qui finissent par vous accompagner presque naturellement.

PaysanNature est devenu le mien.

Pendant des années, j’ai utilisé ce nom sur Internet, dans les forums agricoles, dans les échanges entre agriculteurs et dans les réseaux de l’agriculture de conservation.

Au départ, ce n’était qu’un pseudonyme.

Avec le temps, il est devenu une façon de résumer une conviction qui s’est construite peu à peu :

Pour avancer en agriculture, il faut peut-être commencer par mieux regarder ce que fait la Nature.

Je ne raconte pas cette histoire pour me présenter comme un pionnier ou comme un spécialiste.

Je suis simplement un paysan qui a eu une chance extraordinaire : celle de rencontrer, au cours de sa vie professionnelle, des hommes et des femmes passionnés qui m’ont énormément appris.

Quand je regarde aujourd’hui le chemin parcouru, je me dis surtout que ma carrière agricole n’aurait jamais été la même sans cette équipe exceptionnelle.

Et parmi tous ces hommes, il y avait bien sûr Lucien Séguy.

Lucien était le maître.

Mais Lucien n’était pas seul.

Et c’est aussi cette histoire collective que j’aimerais raconter.


Une histoire qui commence dans une ferme

En 1994, Lydie s’installe à la ferme du Chaumont, à Chevenon dans la Nièvre.

À cette époque, nous sommes encore dans une agriculture où le travail du sol occupe une place centrale.

Comme beaucoup d’agriculteurs de ma génération, je ne suis pas arrivé dans le métier avec l’idée de supprimer la charrue.

On travaillait comme on avait appris à travailler.

Mais la terre nous oblige parfois à nous poser des questions.

Pourquoi certains sols se comportent-ils mieux que d’autres ?

Pourquoi certaines parcelles semblent-elles se dégrader malgré tous les efforts que nous leur consacrons ?

Pourquoi faut-il toujours intervenir davantage ?

Et surtout :

Et si le sol pouvait travailler lui-même ?


1994-1995 : les premières remises en question

La première évolution est progressive.

Nous passons par les techniques culturales simplifiées.

Puis, en 1995, les charrues sont vendues.

À l’époque, cette décision pouvait paraître surprenante.

Mais elle ne reposait pas sur une théorie.

Nous voulions simplement voir ce qui allait se passer si nous laissions davantage le sol tranquille.

Nous avons appris.

Parfois avec de bonnes surprises.

Parfois avec des difficultés.

Et surtout avec beaucoup de questions.


Les débuts du semis direct

À la fin des années 1990, nous cherchons à aller plus loin.

Le semis direct commence à nous intéresser sérieusement.

Mais très vite, nous découvrons que ne plus labourer ne suffit pas.

Il faut comprendre le fonctionnement du sol.

Il faut s’intéresser aux racines.

Aux résidus.

À l’eau.

À la matière organique.

À la vie biologique.

Aux couverts.

C’est progressivement que nous commençons à comprendre que le semis direct n’est pas seulement une technique de semis.

C’est un changement beaucoup plus profond dans la manière de penser l’agriculture.


Puis arrive Lucien Séguy

En 2001, une rencontre va profondément changer notre façon de regarder l’agriculture.

Lucien Séguy.

Lucien était un homme hors du commun.

Il avait cette capacité à vous faire douter de ce que vous croyiez savoir.

Il pouvait être provocateur.

Il pouvait être exigeant.

Il pouvait nous pousser dans nos retranchements.

Mais derrière tout cela, il y avait une immense connaissance du vivant et surtout une volonté extraordinaire de transmettre.

Lucien ne nous disait pas simplement :

« Faites ceci. »

Il nous demandait plutôt :

« Regardez. Pourquoi cela fonctionne-t-il ? »

C’est une différence fondamentale.


Lucien, le maître… mais jamais un homme seul

Avec le recul, je crois qu’il est important de le dire.

On parle beaucoup de Lucien Séguy.

Et c’est normal.

Il était le maître des SCV, celui qui avait accumulé une expérience extraordinaire au fil de ses recherches et de ses voyages.

Mais Lucien savait s’entourer.

Et derrière son nom, il y avait toute une équipe d’hommes et de femmes passionnés.

Des chercheurs.

Des agronomes.

Des techniciens.

Des agriculteurs.

Des amis.

Des compagnons de route.

Tous n’avaient pas le même rôle.

Tous n’avaient pas les mêmes idées.

Mais chacun apportait quelque chose.

Et c’est cette complémentarité qui faisait la richesse de l’aventure.


Jean-Luc Waymel

Parmi eux, il y a une personne qui occupe une place particulière dans mes souvenirs :

Jean-Luc Waymel.

Jean-Luc était un ami.

Mais il était aussi un homme de terrain, un compagnon de nombreuses réflexions et de nombreux travaux autour des SCV.

Avec Lucien, il a participé à cette formidable aventure qui a permis de mettre en pratique, en conditions réelles, des systèmes de cultures qui paraissaient parfois complètement nouveaux.

Jean-Luc fait partie de ces hommes dont on parle moins que Lucien, mais sans lesquels l’histoire des SCV n’aurait pas été la même.

Pour moi, il n’est pas simplement un nom dans une liste.

C’est un ami qui a compté dans mon parcours.


Serge Bouzinac

Il y avait aussi Serge Bouzinac.

Serge fait partie de ces personnes qui ont contribué à créer autour de Lucien un véritable réseau d’expérimentation et d’échanges.

Avec lui, comme avec d’autres, les discussions dépassaient largement une simple technique agricole.

On parlait de systèmes.

De plantes.

De sols.

De climat.

De ce que l’on observait dans les parcelles.

Et surtout, on confrontait les expériences.

C’est cela qui était formidable.

Personne ne détenait à lui seul toute la réponse.


Hubert Charpentier, mon ami

Et puis il y avait Hubert Charpentier.

Hubert était mon ami.

Sa disparition laisse un vide immense.

Mais lorsque je pense à cette période de ma vie, je pense aussi à tous les échanges, toutes les discussions et toute cette passion commune pour une autre agriculture.

Hubert faisait partie de ces hommes qui savaient transmettre sans chercher à se mettre en avant.

Il faisait le lien entre les expériences, les agriculteurs et les idées.

Il avait cette capacité à écouter, à observer et à partager.

Hubert restera pour moi bien plus qu’un nom dans l’histoire des SCV.

Il restera un ami.

Et dans une aventure humaine, cela compte peut-être encore davantage que les techniques.


Stéphane Boulakia

Stéphane Boulakia fait également partie de cette équipe.

Un homme de terrain, de recherche et d’expérimentation, avec cette volonté de comprendre les systèmes agricoles dans leur ensemble.

Ce que j’ai aimé chez ces personnes, c’est qu’elles ne séparaient pas complètement la recherche de la réalité du terrain.

Les essais devaient revenir au champ.

Et les observations du paysan pouvaient, à leur tour, poser de nouvelles questions à la recherche.

C’était un véritable aller-retour entre :

le laboratoire, la parcelle et l’observation du paysan.


Olivier Husson

Il y avait également Olivier Husson.

Olivier m’a particulièrement marqué par sa façon de chercher à comprendre les mécanismes qui se cachent derrière ce que nous observons dans les sols et les plantes.

Le pH.

Le potentiel redox.

L’eau.

L’oxygène.

La biologie.

La photosynthèse.

Les relations entre les plantes et leur milieu.

Avec lui, on comprend que derrière une observation très simple — une plante qui pousse ou qui ne pousse pas — se cachent souvent des mécanismes complexes.

Encore une fois, il ne s’agissait pas seulement d’appliquer une recette.

Il fallait comprendre.


Florent Tivet

Et puis il y a Florent Tivet.

Lui aussi appartient à cette génération de chercheurs et d’agronomes qui ont contribué à faire avancer la connaissance des systèmes de conservation des sols.

Les échanges avec ces personnes ont permis de donner une profondeur scientifique à ce que nous observions dans nos champs.

Nous, les paysans, voyions certaines choses.

Les chercheurs en mesuraient d’autres.

Et parfois, la confrontation des deux regards permettait de comprendre un peu mieux ce qui se passait.


Et bien d’autres encore…

Je pourrais continuer cette liste.

Il y aurait encore beaucoup de noms, de rencontres…

Philippe, Jadir, Marcos, Frédéric, Jean-Claude, Aldémir, Louis….

Des agriculteurs.

Des chercheurs.

Des techniciens.

Des ingénieurs.

Des passionnés.

Des hommes et des femmes rencontrés au fil des voyages et des années.

Et je m’en voudrais d’oublier quelqu’un.

C’est justement pourquoi je préfère parler d’une équipe.

Parce que l’histoire des SCV ne peut pas être réduite à un seul homme.

Même si Lucien Séguy en était incontestablement une figure centrale et le maître à penser, son œuvre s’est construite avec de nombreuses personnes.


Les voyages : ouvrir les yeux

Grâce à toutes ces rencontres, nous avons eu la chance de voyager.

Brésil.

Argentine.

Uruguay.

Bolivie.

Pour un paysan de la Nièvre, découvrir ces agricultures était extraordinaire.

Nous découvrions des paysages agricoles très différents.

Des plantes que nous connaissions à peine.

Des mélanges.

Des couverts.

Des systèmes où le sol pouvait rester couvert en permanence.

Des agriculteurs qui raisonnaient autrement.

Mais surtout, nous découvrions une chose essentielle :

Il n’existe pas une seule agriculture de conservation.

Il existe des principes.

Puis chaque agriculteur doit les adapter à son sol, son climat, ses cultures et son économie.


La grande leçon du génie végétal

C’est là que le message de Lucien prenait toute sa force.

Une plante n’est pas simplement quelque chose que l’on récolte.

Elle peut aussi être :

  • une pompe biologique ;
  • une couverture ;
  • un outil de structuration du sol ;
  • une source de carbone ;
  • une nourriture pour la vie biologique ;
  • un recycleur d’éléments minéraux ;
  • un moyen de capter et conserver l’eau ;
  • une protection contre l’érosion.

C’est ce que Lucien appelait le génie végétal.

Et cette idée a profondément changé ma manière de regarder les champs.

La Nature , des cycles en équilibre qui oeuvre sans cesse pour augmenter sa robustesse  » LA SYMPHONIE INACHEVÉE »


Les SCV qui associent le génie végétal et l’agroforesterie pour bénéficier du bienfait de l’arbre, font que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’homme n’est plus prédateur de son milieu: non seulement il prélève ce dont il a besoin pour se nourrir mais il contribue à la régénération/préservation/augmentation de la fertilité organo-biologique du milieu tout en respectant sa biodiversité. »


Une ferme devenue terrain d’expérimentation

Au fil des années, nous avons donc essayé beaucoup de choses.

Des couverts.

Des associations.

Des mélanges.

Des plantes de service.

Des semis directs.

Des semis à la volée.

Des techniques de distribution des graines.

Des façons différentes de gérer les adventices.

Des systèmes permettant de limiter les interventions.

Certaines expériences ont fonctionné.

D’autres non.

Et c’est normal.

Une ferme n’est pas une station expérimentale.

On travaille avec la météo.

Avec les sols.

Avec les contraintes économiques.

Avec le matériel disponible.

Avec les imprévus.

Mais c’est justement ce qui donne de la valeur aux observations paysannes.


Le Semis Nature

C’est progressivement que nous avons développé ce que nous appelons aujourd’hui le Semis Nature.

L’idée est simple :

profiter des conditions naturelles pour déposer des graines en surface, dans un sol vivant, sans bouleverser le sol.

Cette idée doit beaucoup aux observations réalisées lors des voyages et aux expériences de Lucien et de son équipe, notamment autour du semis aérien en Amérique du Sud.

Mais nous avons dû l’adapter à notre contexte.

Toutes les graines ne se comportent pas de la même façon.

Toutes les périodes ne conviennent pas.

Toutes les parcelles ne sont pas prêtes.

Le Semis Nature n’est donc pas une recette.

C’est une tentative de travailler avec les opportunités offertes par le milieu.


Les limaces : comprendre plutôt que combattre

Les limaces m’ont également beaucoup appris.

Au début, la réaction naturelle était de vouloir les détruire.

Puis nous avons commencé à réfléchir autrement.

Pourquoi sont-elles présentes ?

Quels sont leurs prédateurs ?

Que change la diversité des cultures ?

Peut-on créer un nouvel équilibre ?

Avec Lucien et d’autres personnes de cette équipe, nous avons cherché des solutions différentes :

  • associations ;
  • cultures leurres ;
  • diversification ;
  • habitats ;
  • recherche d’équilibres biologiques.

Je ne prétends pas que nous avons trouvé une solution universelle.

Mais j’ai appris quelque chose :

Avant de combattre un problème, il faut essayer de comprendre pourquoi il existe.


PaysanNature naît sur Internet

C’est dans cette période que le nom PaysanNature apparaît sur Internet.

Vers 2009, je commence à utiliser ce pseudonyme dans les échanges agricoles.

La phrase qui l’accompagne résume assez bien ce que je ressens :

« Apprenez de la Nature, vous y trouverez votre futur. »

Ce nom n’était pas destiné à devenir une marque.

Je ne cherchais pas à construire une image.

Je voulais simplement pouvoir échanger avec d’autres agriculteurs.

Partager des expériences.

Poser des questions.

Répondre lorsque j’avais quelque chose à apporter.

Et surtout continuer à apprendre.


Une formidable école : les autres agriculteurs

Les forums agricoles, les journées techniques, les voyages et les rencontres ont été une formidable école.

On pouvait discuter avec un agriculteur qui travaillait à plusieurs centaines de kilomètres.

Comparer les sols.

Comparer les couverts.

Parler des semoirs.

Discuter des échecs.

Partager une photo.

Et parfois se rendre compte qu’une parcelle qui paraissait parfaite sur une photographie cachait quelques problèmes.

Cette confrontation permanente entre les expériences est probablement l’une des grandes richesses de l’agriculture de conservation.


Une carrière agricole, mais surtout une aventure humaine

Aujourd’hui, lorsque je regarde derrière moi, je réalise que ma carrière agricole a été beaucoup plus riche que je ne pouvais l’imaginer lorsque j’ai commencé.

J’ai connu les années de labour.

Les premières TCS.

Les débuts du semis direct.

Les premières difficultés.

Les voyages.

Les rencontres.

Les essais.

Les erreurs.

Les réussites.

Les discussions interminables autour d’une parcelle.

Les journées techniques.

Les réunions.

Les forums.

Les échanges avec les chercheurs.

Et surtout les amitiés.

J’ai eu une chance incroyable.

Celle d’avoir traversé une carrière agricole en rencontrant autant de personnes passionnées.


Lucien nous a appris à travailler en équipe

Avec le recul, je crois que c’est aussi une des grandes leçons de Lucien.

Même s’il était le maître, il savait que la connaissance ne pouvait pas rester entre les mains d’un seul homme.

Il savait s’entourer.

Il savait écouter.

Il savait provoquer les échanges.

Il savait mettre ensemble des personnes très différentes.

Un chercheur.

Un agriculteur.

Un technicien.

Un passionné.

Un observateur.

Et parfois, de cette rencontre naissait une idée nouvelle.

C’est peut-être cela qui rend son héritage si particulier.

Lucien n’a pas seulement laissé des techniques.

Il a laissé un réseau humain capable de continuer à chercher.


Ce que je dois à cette équipe

Lorsque l’on me demande aujourd’hui ce qu’est PaysanNature, j’ai donc du mal à répondre simplement :

« C’est Noël Deneuville. »

Non.

PaysanNature est aussi le résultat de toutes ces rencontres.

Il y a un peu de chaque discussion.

Un peu de chaque voyage.

Un peu de chaque expérience.

Un peu de chaque erreur.

Un peu de chaque personne qui m’a transmis quelque chose.

Il y a Lydie, bien sûr, avec qui toute cette aventure a été vécue au quotidien.

Il y a Lucien.

Jean-Luc.

Serge.

Hubert.

Stéphane.

Olivier.

Florent.

Et tant d’autres.

Je leur dois énormément.


Je ne suis pas arrivé au bout du chemin

Et c’est peut-être ce que je préfère dans cette histoire.

Je n’ai pas trouvé la solution.

Je n’ai pas découvert l’agriculture parfaite.

Je ne sais pas exactement à quoi ressemblera l’agriculture de demain.

Mais je suis convaincu d’une chose :

nous avons encore énormément à apprendre.

La Nature est beaucoup plus complexe que nos recettes.

Elle fonctionne depuis des millions d’années.

Nous, agriculteurs, avons seulement quelques générations d’expérience à l’échelle de cette histoire.

Alors pourquoi ne pas continuer à observer ?

Pourquoi ne pas continuer à essayer ?

Pourquoi ne pas accepter de se tromper ?

Pourquoi ne pas partager ce que nous apprenons ?


Une aventure qui continue

Aujourd’hui, le nom PaysanNature continue son chemin.

Il continue dans les parcelles.

Dans le Semis Nature.

Dans les couverts.

Dans les essais.

Dans les journées techniques.

Dans les discussions entre agriculteurs.

Et désormais dans le travail de transmission autour de Lucien Séguy et des SCV.

Ce que j’aimerais transmettre n’est pas une méthode toute faite.

C’est plutôt une attitude :

observer avant d’agir ;

comprendre avant de condamner ;

expérimenter avant d’affirmer ;

partager avant de garder pour soi.


Merci à tous ceux qui ont fait cette histoire

Si je devais terminer cette histoire par un mot, ce serait simplement :

Merci.

Merci à Jacqueline.

Merci à Lydie.

Merci à Lucien.

Merci à Jean-Luc Waymel.

Merci à Serge Bouzinac.

Merci à Hubert Charpentier, mon ami, qui nous manque aujourd’hui.

Merci à Stéphane Boulakia.

Merci à Olivier Husson.

Merci à Florent Tivet.

Merci à tous ceux que je n’ai pas cités et qui ont participé, de près ou de loin, à cette aventure.

Merci aussi à tous les agriculteurs rencontrés au fil des années.

Parce qu’une carrière agricole n’est pas seulement une succession de cultures, de rendements et de comptes.

Elle peut être aussi une succession de rencontres, d’amitiés, de découvertes et de remises en question.

Et lorsque je regarde aujourd’hui le chemin parcouru, je me dis que j’ai eu énormément de chance.

J’ai eu la chance de vivre une vie de paysan extraordinairement intéressante.

Pas parce que j’aurais trouvé toutes les réponses.

Mais parce que j’ai eu la chance de chercher, pendant toutes ces années, avec une équipe incroyable.


PaysanNature, finalement, c’est peut-être cela

Un homme parmi d’autres.

Un paysan parmi d’autres.

Une expérience parmi beaucoup d’autres.

Mais surtout un fil qui relie des personnes, des idées et des générations.

Un fil qui part de la terre.

Qui passe par les racines.

Qui rencontre la science.

Qui rencontre les paysans.

Qui traverse les continents.

Et qui revient toujours au même endroit :

dans nos champs.

Alors, si je devais conserver une seule phrase pour résumer cette aventure, je garderais celle qui accompagnait mes premiers pas sur Internet :

« Apprenez de la Nature, vous y trouverez votre futur. »

Et peut-être ajouterais-je aujourd’hui :

« Mais n’oublions jamais que nous apprenons rarement seuls. »

Noël Deneuville – PaysanNature

Ferme du Chaumont – Nièvre

Ferme du Chaumont

https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/Ferme_du_Chaumont

Lydie Deneuville s’installe en 1994 à la ferme du Chaumont (Nièvre) et abandonne rapidement le labour pour adopter les Techniques Culturales Simplifiées (TCS) puis le semis direct sous couvert végétal (SCV) dès 2001. Elle est rejointe en 2002 par Noël, qui applique les mêmes méthodes sur sa ferme voisine.

Leur objectif est d’améliorer la fertilité des sols et de réduire les intrants chimiques. Ils testent divers semoirs avant de trouver un modèle adapté en Amérique du Sud. Ils participent à des voyages d’étude et s’inspirent de figures comme Lucien Séguy et Frédéric Thomas pour perfectionner leurs pratiques.

Les choix agronomiques incluent :

  • Diversification des cultures (blé, soja, sarrasin, maïs, tournesol, et bien d’autres…).
  • Utilisation systématique de couverts végétaux pour nourrir le sol et gérer les adventices.
  • Expérimentations sur l’allélopathie, la densité de semis, la réduction du glyphosate et le Semis Nature .
  • Valorisation de la biodiversité fonctionnelle pour limiter les ravageurs (ex : maintien des renards et rapaces contre les campagnols, absence d’antilimaces depuis 15 ans) nourrir les limaces pour préserver les prédateurs des limaces.

Leur approche améliore la rentabilité économique et la résilience des sols, avec un assolement flexible basé sur les performances agronomiques et économiques.

Lydie et Noël ne se contentent pas d’innover sur leurs fermes : ils s’engagent activement dans le partage de leurs avancées techniques et agronomiques. Ils organisent de nombreuses visites et rencontres sur leurs fermes, proposent des conférences sur le SCV selon les principes de Lucien Séguy et consacrent chaque année une journée entière au SCV Lucien Séguy, un événement dédié à l’échange de connaissances et d’expériences autour de l’agriculture de conservation.

SEMIS NATURE : semer sans aucun travail de sol, Noël Deneuville – Journée Séguy 2024


Le Semis Nature : Une Approche Agroécologique Innovante

Le Semis Nature, également appelé semis aérien en Argentine , est une technique de semis directement inspirée des dynamiques naturelles. Elle présente des avantages et limites spécifiques, et son application varie en fonction du contexte agricole, du type de sol, des cultures visées et des objectifs des agriculteurs.

Principaux Avantages

  1. Simplicité et Économie
  • Cette méthode est simple à mettre en œuvre et peu coûteuse, puisqu’elle ne nécessite aucun travail du sol.
  • Elle permet de réduire les dépenses liées au carburant, à la main-d’œuvre et à l’entretien des équipements.
  1. Gain de Temps
  • Le semis peut être réalisé avant la récolte de la culture précédente, optimisant ainsi le cycle de production.
  • Cette pratique peut parfois permettre d’obtenir une double récolte annuelle.
  1. Favorisation de la Biodiversité
  • En imitant les mécanismes naturels de dispersion des graines, le semis nature stimule la biodiversité des sols et des écosystèmes environnants.
  • Il contribue à un équilibre écologique bénéfique pour les cultures.
  1. Réduction des Adventices
  • En maintenant le sol couvert et en évitant de le travailler, cette méthode limite la levée des mauvaises herbes, réduisant ainsi la concurrence avec les cultures implantées.

Inconvénients et Limites Conditions Climatiques Déterminantes

  • Le succès du semis nature dépend fortement des conditions météo, notamment de l’humidité du sol. Un sol sec ou compacté peut compromettre la germination.
  • Technique Opportuniste
  • Cette approche exige des conditions optimales pour réussir, ce qui peut rendre les résultats imprévisibles.
  • Perte de Graines
  • Le risque de perte de graines est important, notamment en surface. Une dose de semis plus élevée peut être nécessaire pour compenser ces pertes.
  • Adaptabilité des Espèces

Toutes les espèces de graines ne sont pas nécessairement adaptées au Semis Nature en surface. Certaines graines de grande taille nécessitent un enfouissement pour une germination optimale. Cependant, l’élément clé reste la capacité d’un sol vivant à intégrer les graines dans ses couches superficielles, composées de mulch et de débris végétaux.

Un phénomène surprenant en sol vivant est l’activité intense de la biodiversité : non seulement les vers de terre, mais aussi une faune variée et active, participent à la mobilisation du sol, favorisant naturellement l’intégration des graines. La pluie joue également un rôle essentiel en humidifiant ces couches superficielles, ce qui facilite l’enfouissement léger des graines et leur germination.

Ainsi, pour optimiser le Semis Nature, il est judicieux de privilégier des périodes où les conditions sont humides, chaudes et bien arrosées, car elles recréent cette synergie naturelle entre le sol, la biodiversité et les graines – une dynamique que seule la nature sait parfaitement orchestrer.

Applications et Contexte Favorable

Le semis nature se montre particulièrement efficace dans des conditions où :

  • Le sol est vivant et riche en matière organique.
  • L’eau n’est pas un facteur limitant.

Cette technique est souvent employée pour :

  • Implanter des couverts végétaux ou des cultures fourragères.
  • Semer dans des champs déjà cultivés, notamment avant la récolte de cultures comme le maïs ou les céréales.

L’expérience de pionniers tels que Noël Deneuville, agriculteur français adepte de cette approche, illustre le potentiel du semis nature pour régénérer les sols et réduire les interventions humaines.

Conclusion

Le Semis Nature s’inscrit dans une démarche agroécologique visant à réduire l’impact environnemental tout en améliorant la résilience des systèmes agricoles. Cependant, pour maximiser son efficacité, il nécessite une bonne compréhension des écosystèmes locaux et une adaptation fine aux spécificités de chaque exploitation.

Pour les agriculteurs cherchant à minimiser les interventions mécaniques et à travailler en harmonie avec les cycles naturels, cette technique représente une option pertinente et durable. Elle offre une opportunité d’allier productivité, biodiversité et régénération des sols, à condition de respecter les contraintes environnementales nécessaires à son succès.


Semis Nature de lin d’hiver dans un couvert de sarrasin afin de tester son allélopathie vis à vis de la maîtrise des adventices Septembre 2024

Photo de fin avril 2025 : vue d’ensemble de la parcelle de lin d’hiver en Semis Nature

On renouvelle …..cette automne 2025 , environ 50 ha de blé d’hiver, 20 ha de lin graine ont été implantés en SN sur la ferme

Peut -on envisager un Semis Nature dans le cas des conditions climatiques d’octobre 2024 pour nos régions

Pour cette pratique, il est essentiel de passer en préalable du SN avec une dose modérée de glyphosate (surtout pas de post-semis)

SN d’orge hiver 05 10 2024

SN de lin d’hiver 25 septembre 2024

SN de blé d’hiver 09 octobre 2024

Les conditions très humides pour notre régions, nous ont permis de déclencher le SN pour toutes les cultures d’automne

Les parcelles concernées sont en système « SCV abouti » avec un sol ultra vivant capables de recevoir les semences de nos cultures dans ces conditions exceptionnelles ….Cela nous autorisent à implanter à temps toutes nos cultures d’automne aux dates optimales (sauf les parcelles non récoltées évidemment) sans prendre de retard dans les dates de semis et des périodes de travaux….

Le SN dans le cas évoqué peut être réalisé sous la pluie, aucun problème, la largeur de semis est de 24 m et le tracteur circule dans les passages de pulvérisation …

Attention, toutefois aux désherbages avec actions racinaires !!

LE SEMIS NATURE

Le Semis Nature, c’est un semis à la « volée » sans AUCUN travail du sol.

Il est aussi appelé « Semis Aérien » en Amérique du sud

Semis Nature de sarrasin en relais dans une orge d’hiver (2016)

Le Semis Nature est une technique agricole consistant à déposer simplement des graines à la surface du sol (comme peut le faire la Nature) , souvent dans une culture ou un couvert déjà en place et surtout dans une zone de mulch, capable de conserver un minimum d’humidité et de réserves fertilisantes (jamais sur un sol nu ) , sans aucun travail de sol, et en imitant donc la Nature qui pratique cette technique depuis déjà quelques temps….!!

Cette approche, bien qu’opportuniste, est simple, économique et rapide, mais nécessite des conditions précises pour réussir, telles qu’un sol vivant et équilibré chimiquement et biologiquement, la disponibilité favorable en humidité ou en eau (pluie ou irrigation), la lumière est elle aussi indispensable avec un minimum de chaleur. En résumé, toute les conditions qui favorisent la germination des graines et le développement à la suite des plantes ciblées ….

Noël Deneuville , agriculteur et pionnier de cette méthode en France, , s’est inspiré de techniques argentines avec l’aide technique de Lucien Séguy. Chez les Sud-Américains, les graines sont déposées par avion ou épandeur terrestre souvent pour implanter facilement une deuxième culture fourragère destinée aux pâturages de bovins après la récolte des maïs grain ou soja. Le principal avantage du semis-nature est de permettre l’implantation de cultures ou de couverts avant la récolte, gagnant ainsi du temps et optimisant les ressources.

4 Conditions Clés :

  1. Un sol vivant : Un sol biologiquement actif est essentiel pour que les graines puissent germer. La pratique préalable du SCV permet de retrouver un avantage certain au niveau activité biologique du sol ….Un sol nu ou avec peu d’activité biologique et donc avec un travail mécanique de sol, compromet le succès du Semis Nature.
  2. De l’eau : L’eau est un facteur limitant, notamment en été. Cette technique est plus adaptée aux périodes pluvieuses, comme l’automne.
  3. La lumière : Semer lorsque la culture en place commence à jaunir permet à la lumière d’atteindre le sol, un facteur crucial pour la germination. Il est important de prendre en compte la durée des journées qui augmente au printemps , mais qui diminue en automne et propose donc plus ou moins de lumière…
  4. De la chaleur : La germination correcte des graines demandent des températures adaptées …Les saisons sèches d’été ou froides d’hiver ne sont pas forcément adaptées dans toute les régions au SN

Espèces adaptées :

  • En fin de printemps , il est préférable de semer des petites graines (ex. sarrasin) pour des semis avant l’été. la taille des graines facilitent leurs chutes vers le sol afin quelles puissent conserver leur humidité nécessaire à leur germination
  • Au début de l’automne les grosses graines (ex. céréales) sont plus facilement envisageable , on s’oriente vers de l’eau de plus en plus disponible normalement .
  • Certaines formes physiques de graines sont plus adaptées à une germination efficace en conditions limites d’humidité …
  • Un choix judicieux des graines permet d’envisager une double récolte dans la même année culturale ou alors une réussite intéressante en production de plantes de couverture .

Le Semis-Nature, bien que nécessitant des conditions opportunes, permet de préserver le sol et l’écosystème, tout en favorisant les coûts et favorisant la biodiversité.

https://www.agro-league.com/blog/le-semis-nature-une-technique-a-part-entiere-avec-noel-deneuvilleLe semis nature, une technique à part entière – avec Noël Deneuville

Le Semis « Nature » consiste à déposer des graines en surface dans un couvert ou dans une culture en place. C’est un type particulier de semis à la volée sans travail du sol. L’approche paraît simple, économique et rapide mais elle reste opportuniste et nécessite des conditions particulières pour assurer un bon développement de la plante.Noël Deneuville est agriculteur dans la Nièvre (58) et membre AgroLeague, proche de la ville de Nevers. ACiste convaincu, il pratique le semis direct sous couvert vivant sur sa ferme depuis 25 ans. Noël a découvert cette approche avec Lucien Seguy lors de leurs voyages en Amérique du Sud. Les argentins appellent ce mode d’implantation le « semis aérien », et ont pour habitude de déposer les graines fourragères en avion ou épandeurs à engrais pneumatiques, dans les maïs ou les sojas en phase de maturation pour implanter des cultures fourragères utilisées pour nourrir le bétail. La graine arrive au sol par les airs, comme bien souvent dans la nature. Quels critères sont à prendre en compte pour appréhender le semis nature ? Quelles espèces sont les plus adaptées et comment les implanter ? Dans L’Agronomie & Nous, Noël nous parle de son retour d’expérience sur cette technique de semis.

Semis Nature en 2017

Sommaire

L’intérêt du semis nature 

3 conditions pour réussir un semis nature :

Quelles espèces sont adaptées au semis nature ? 

Comment as-tu adapté ton itinéraire cultural ?

Conclusion 

Le semis « nature » consiste à déposer des graines en surface dans un couvert ou dans une culture en place. C’est un type particulier de semis à la volée sans travail du sol. L’approche paraît simple, économique et rapide mais elle reste opportuniste et nécessite des conditions particulières pour assurer un bon développement de la plante.

Noël Deneuville est agriculteur dans la Nièvre (58) et membre AgroLeague, proche de la ville de Nevers. ACiste convaincu, il pratique le semis direct sous couvert vivant sur sa ferme depuis 20 ans. Noël a découvert cette approche avec Lucien Seguy lors de leurs voyages en Amérique du Sud. Les argentins appellent ce mode d’implantation le « semis aérien », et ont pour habitude de déposer les graines fourragères en avion ou à l’aide d’épandeurs à engrais pneumatiques, dans les maïs ou les sojas en phase de maturation pour implanter des cultures fourragères utilisées pour nourrir le bétail. La graine arrive donc au sol par les airs, comme bien souvent dans la nature. 

Quels critères sont à prendre en compte pour appréhender le semis nature ? Quelles espèces sont les plus adaptées et comment les implanter ? Dans L’Agronomie & Nous, Noël nous parle de son retour d’expérience sur cette technique de semis.

L’intérêt du semis nature 

La technique imite la nature : quand les plantes développent leurs graines, elles tombent au sol et germent.  L’avantage principal est de pouvoir implanter une culture ou un couvert en avance par rapport à un semis post moisson : 

  • Implantation d’un couvert multi-espèces dans une céréales 1 mois avant la récolte.
  • Implantation d’un couvert avant la récolte d’un maïs pour garantir son implantation dans de bonnes conditions.

“Semer dans une culture en place permet un gain de temps comparé à si on devait attendre la récolte pour semer. L’objectif est de réduire au maximum les coûts d’implantation et d’optimiser le développement des couverts, voire d’aller vers une double récolte annuelle”. 

3 conditions pour réussir un semis nature :

Un sol vivant

Le premier critère pour pouvoir implémenter cette technique dans de bonnes conditions est d’avoir un sol qui va être capable d’accueillir cette pratique. Le semis nature ne se réussit que sur un sol vivant. Si le sol est croûté, sans présence de résidus ou sans activité biologique qui va incorporer la graine au sol, il n’y a aucune chance que les graines déposées à la surface lèvent.

“Ce qui fait fonctionner le semis direct, c’est la couverture du sol. Je rajouterais même un 4ème principe qui est de ramener un maximum de matière organique au sol. Nourrir et protéger le sol“.

De l’eau

Le deuxième facteur limitant est l’eau, une problématique récurrente en France et surtout ces dernières années. 

“À l’automne, on se dirige vers des périodes pluvieuses donc on a rarement loupé un semis nature dans des cultures de printemps. À l’approche de l’été, c’est plus délicat. Si on a de l’irrigation, c’est plus simple“.‍

Semer au moment où la culture laisse passer la lumière ‍

« Par exemple, pour semer dans une céréale, il faut attendre que les premières feuilles commencent à jaunir (environ un mois avant la récolte). On sème dès qu’on sent que la lumière arrive au sol. Si on attend trop, le sol peut se dessécher. »

Il faut bien préciser que le semis nature est un semis opportuniste : on le fait quand les conditions sont réunies. Il ne faut pas être dogmatique. 

Quelles espèces sont adaptées au semis nature ? 

La première contrainte est matérielle. 

“L’équipement est important. La plupart des exploitations agricoles sont équipées d’un épandeur à engrais centrifuge. Cet outil fonctionne bien pour les graines lourdes (blé, soja) mais n’est pas performant pour les petites graines (colza, millet, tournesol). Nous avons essayé de travailler sur l’enrobage de semence afin d’alourdir les graines. La technique consiste à créer des boulettes de graines avec de la mélasse et de l’argile à l’aide d’une bétonnière, puis de sécher le tout afin d’en faciliter la distribution. Les petites graines se collent aux plus grosses et à l’argile, améliorant la rétention en eau dans l’environnement proche de la graine. Cela fonctionne bien sur des petites surfaces, mais le processus est trop chronophage pour l’implémenter à plus grande échelle. Je me suis donc équipé d’un épandeur pneumatique pour pallier ce problème. »

“Pour semer le couvert dans le maïs, je suis équipé d’un « enjambeur ». Je sème mes mélanges lorsque  le maïs commence à jaunir. S’il fait sec, les graines restent au sol et vont germer dès que la pluie arrive. Dans ce cas, mieux vaut éviter de broyer les cannes sous le cueilleur. Laisser les cannes droites permet de faciliter leur germination. »

La deuxième contrainte est la disponibilité en eau, et également liée au calibre des graines. ‍

“Pour les semis avant l’été on favorise des petites graines qui germent mieux sur un sol non travaillé. Les graines angulaires comme le sarrasin ont tendance à mieux rentrer dans les interstices du sol et à bien lever. On évite les graminées et les grosses graines. À l’automne, on va vers des périodes de pluies. On peut se permettre de semer de plus grosses graines : céréales avec un peu de légumineuses. Quand la culture de printemps est récoltée, le couvert est en place“.‍

Comment as-tu adapté ton itinéraire cultural ?

“J’ai revendu ma charrue pour investir dans un trieur et un séchoir afin d’assurer une bonne conservation des graines. Je consacre 5 à 10% de ma surface à la production de graines. Les semences sont le premier poste de dépense donc il est important de les produire soi-même ou de les échanger avec d’autres agriculteurs ». 

“En semis nature, on ne travaille pas le sol et on le garde toujours couvert, cela a tendance à réduire la levée de dormance des adventices. Si on ne sème rien à ce moment-là, les adventices lèvent, et ce, malgré les herbicides. J’ai donc une couverture végétale permanente du sol. Le premier levier, c’est la mise en place de couverts végétaux performants (au moins 2 t/ha de biomasse)“.

“Je ne mets plus d’insecticides ni d’anti-limaces. Je rajoute du colza dans les semis de céréales; du soja, colza, lin dans les semis de maïs afin. Ces plantes vont apporter de la nourriture aux ravageurs, puis disparaître après passage d’herbicide. Les limaces sont là, mais les prédateurs aussi, un équilibre écosystémique se crée. »

“Lorsque l’on est en semis direct sous couverts végétaux, on a moins de lessivage d’azote. Les couverts sont de vraies usines de recyclage qui limitent les pertes d’éléments nutritifs et les remettent à disposition pour la culture suivante“. 

“En général, on peut observer une perte au moment de la germination. Il est donc important de majorer la dose de semis d’environ 30 à 50%, comparé à un semis classique pour compenser ces pertes“. ‍

Conclusion 

Le semis nature ne se réussit que sur un sol vivant, en présence d’eau et de lumière. 

C’est une technique opportuniste mais réfléchie. Elle doit être intégrée dans l’itinéraire technique pour se laisser la possibilité de la mettre en place, notamment au niveau des temps de rémanence des matières actives dans le sol.

C’est de l’opportunisme gagnant pour le développement de couverts végétaux et/ou en vue d’une double récolte. Les résultats sont encourageants. L’idée est d’arriver à produire à moindre coût, tout en conservant son capital sol et en respectant son écosystème. 

Semis Nature d’une orge de printemps R 2024

Essai de semis Nature de sorgho grains

Semis Nature avec distributeur pneumatique de 24 m

Les graines de sorgho, dont la densité de semis Nature a été augmenter, sont accompagnées de graines de colza et de chicorée …..Ainsi que des granulés de lisier de porc destiné à stabiliser le mélange de graine dans la trèmie

Intervention destinée à aplatir le couvert végétal vers le sol ….

Objectifs : accès à la lumière et à la chaleur pour favoriser la germination et créer un mulch permettant de garder de l’humidité…

A suivre avec les propositions de la météo et de la gourmandise des limaces et autres escargots…!

Contrôle naturelle des adventices ….!

L’objectif est le désherbage du blé d’hiver …..J’ai semé (en Semis Nature) un mélange sarrasin+blé avant la chute des feuilles du soja …..Cette photo est prise avant le passage de la batteuse pour récolter le soja …De ce fait, la culture de blé est déjà en place (à peu de frais) ….Lucien m’a fait comprendre que dès que la lumière traversait le feuillage des cultures pour pouvoir parvenir au sol , la nature s’activait pour remettre en place des plantes (que nous humains on appelle adventices ou mauvaises herbes ) pour assurer à nouveau une protection du sol et un captage de soleil pour un nouveau cycle de fabrication de photosynthèse (la Nature ne s’arrête jamais) ….Donc, d’après Lucien, il faut être le premier à choisir, les graines, les plantes que l’on veut pour reproduire cette action avant que la Nature ai réagi et développe les siennes …..Dans ce cas précis, dès que le blé avance en stade et que le gel arrive, le sarrasin disparaît en laissant la parcelle relativement propre suivant la dose de sarrasin (le choix du sarrasin est du à sa fonction allélophatique; la plante secrète des molécules chimiques capables de limiter le développement des adventices )…. Il y a quand même des conditions de propreté préalable nécessaire lors de la mise en place de cette technique, d’humidité, chaleur qui entre en jeu ….L’absence de travail de sol est aussi très importante (semis Nature)