Ce cycle, essentiel à la vie sur Terre, influence le climat global et soutient la biodiversité.

Ce cycle, essentiel à la vie sur Terre, influence le climat global et soutient la biodiversité.


La disponibilité de l’eau douce devient une vraie préoccupation. Le cycle de l’eau est très perturbé par nos besoins, mais retrouver un cycle vertueux est tout à fait possible grâce à l’évapotranspiration des arbres, estime le chercheur indépendant Laurent Denise.
La question de l’eau n’est pas tout à fait un jeu d’enfant. Et pourtant, il y a une logique implacable. « On a tout ce qu’il faut, il faut juste mettre les pièces du puzzle dans le bon sens« , explique Laurent Denise, chercheur indépendant sur le lien entre le climat, l’eau et la biodiversité. Pour faire baisser la température, il faut arroser. L’écart de température de la terre entre un champ vert et un champ sec peut être considérable pour une raison simple, « l’évaporation de l’eau absorbe 60% de l’énergie solaire qui arrive au sol.«
Le chercheur alerte sur la spirale infernale entre sécheresse et inondations. Plus il y a de sécheresse, plus il y a aussi des inondations. Explications. « Si vous n’avez pas de couverture végétale pour retenir l’eau, vous avez une inondation. Et comme vous n’avez pas retenu l’eau, vous avez une sécheresse. Comme vous n’avez pas d’eau pour évacuer la chaleur, vous avez une canicule. » Elle-même entraînant des feux de forêt. CQFD. C’est la spirale infernale de la désertification des continents. Il y a 8000 ans, le Sahara était vert. « C’était une forêt de type équatorial avant de perdre ses arbres et de devenir un désert. On ne sait pas pourquoi les arbres ont disparu, mais on sait que la disparition des arbres provoque la désertification« , précise le chercheur. Mais les choses changent doucement. L’Afrique du Nord reverdit ce que prouvent les images de la NASA. Ce qui modifie la circulation atmosphérique, affectant même le climat de la péninsule ibérique, comme lors des inondations en Espagne d’octobre 2024. Les circulations ont changé, du coup, les modèles météo ne sont plus capables de faire des prévisions fiables au-delà de 15 jours.
Le moteur de la machine climat, c’est la forêt. On décrit souvent l’arbre comme un gros consommateur d’eau, mais il rend plus d’eau qu’il n’en consomme. Selon l’Office National des forêts, un chêne peut rejeter 1 000 litres d’eau par jour, 75 pour un bouleau. Les feuillus sont les arbres qui produisent le plus d’eau, les conifères ont peur d’intérêt pour la production d’eau. « En fait, on ne consomme pas l’eau, on la fait circuler. La forêt est la plus grosse pompe à eau qu’on connaisse. Une forêt va évaporer 500 mm d’eau à l’année et va provoquer 750 mm de pluie.« . Par le phénomène d’évapotranspiration, elle génère ses propres pluies. Ce sont les vents qui font circuler cette eau. Si une surface ne génère pas d’évapotranspiration, il n’y aura pas de pluie. C’est exactement ce qui se passe dans les déserts. C’est aussi ce qui explique les températures toujours plus élevées dans les zones urbanisées. « Il n’y a pas d’autre solution sur terre pour faire reculer un désert que d’amener de la végétation et du vivant. Quand la densité végétale diminue, les accidents climatiques augmentent.«
L’autre gros problème de l’eau, c’est la perte par ruissellement. On a longtemps cru que les pluies se formaient sur les mers et tombaient ensuite sur les continents. Une étude de l’INRAE de 2019 montre une autre réalité. « 70% des pluies qui tombent chez nous viennent de l’évapotranspiration des sols » explique Laurent Denise. Toute l’eau qui part dans les rivières rejoint les fleuves qui se jettent ensuite dans la mer. On perd à chaque fois de l’eau douce pour alimenter de l’eau salée. Les deux tiers qui partent à la mer seraient pourtant bien utiles pour les terres. « L’objectif partout en Afrique, c’est zéro ruissellement de surface. C’est-à-dire retenir l’eau dans les terres pour végétaliser et remettre du vivant, donc de la photosynthèse qui est la base. » Pas besoin pour autant de dépenser des fortunes pour changer le cours des choses. « Si vous ne voulez pas accélérer le retour à la mer, il ne faut rien jeter dans la rivière. Tout ce que vous prélevez, tout ce que vous avez, tout ce qui coule en surface, en amont de la rivière, doit être retenu. » Ce qui au passage éviterait aussi la pollution de la rivière. « Pour résoudre le gros souci de pollution et d’inondation, il faut déconnecter la rivière.«
À l’échelle de notre jardin individuel, toute récupération d’eau évite d’envoyer l’eau dans la rivière. Quand on stocke de l’eau pour son jardin, son potager, on rend cette eau de pluie à la terre. « Le but est de maintenir les 5 cm de sol toujours vivant, frais et vivant, donc pas l’asphyxier, pas le noyer sous l’eau. Chaque goutte de pluie doit passer par les sols et pas aller directement à la rivière.« , détaille le chercheur.
Il est tout à fait possible d’agir même si nous subissons les choix faits à l’autre bout de la planète. « On va subir un changement global et il faut raisonner en local » estime Laurent Denis. La rivière ne peut pas dépolluer, en raison du manque d’oxygène. Reste qu’il faut quand même dépolluer les eaux usées, mais les stations d’épuration ont leur limites. « Un milieu aquatique n’a pas assez d’oxygène pour oxyder les polluants et les dégrader. » Heureusement, il existe une solution naturelle, autrement plus efficace. « Plutôt que de faire une station d’épuration, vous faites de l’épandage dans des champs de biomasse. » Les saules et les peupliers avec leur gros système racinaire, leur forte consommation d’eau, de phosphate et de nitrate sont les essences les plus efficaces. Ces arbres coupés régulièrement peuvent servir aussi à produire du bois.
Les réserves d’eau font énormément débat. Mais pas question de pointer du doigt les agriculteurs pour Laurent Denise. « Je pars du principe qu’un agriculteur n’est pas un consommateur d’eau, mais un producteur de pluie. L’agriculteur a besoin de verdir plus. Si on veut verdir l’agriculture, c’est avec des champs verts et surtout pas avec des déserts et des champs secs. Si vous laissez sécher la terre, vous coupez le cycle de l’eau. » Maintenir ce cycle de l’eau éviterait à la fois l’irrigation et les retenues d’eau. « Mais il faut donner des moyens aux agriculteurs de maintenir en vie les sols, de manière à ne jamais arrêter la pompe. » Car réamorcer la pompe coûte de l’eau et de l’énergie. Le tout est de trouver l’équilibre entre la puissance des arbres pour produire de la pluie et de cultiver les terres pour nourrir la planète. L’élevage va contribuer à enrichir les sols avec l’apport de bactéries et de champignons. L’agroforesterie et l’agriculture de conservation des sols sont des pratiques intéressantes. « Prenez la Normandie, on pense : c’est vert parce qu’il pleut tout le temps. On prend le problème à l’envers. Il pleut tout le temps parce que c’est vert. » La boucle est bouclée.
La Chicorée
Analysons l’effet allélopathique de la chicorée (Cichorium intybus) dans le contexte de l’agriculture de conservation des sols (ACS). Bien que vous ayez déjà exploré ses propriétés décompactantes et mellifères, son potentiel allélopathique mérite une attention spécifique. Voici ce qu’on peut en dire :
Effet allélopathique de la chicorée
Caractéristiques et intensité de l’allélopathie
Intérêt en ACS
Comparaison avec d’autres plantes
Lien avec vos critères précédents
Mon avis sur la chicorée en ACS
L’allélopathie de la chicorée est un bonus modeste, mais pas son point fort principal. Elle brille davantage par sa capacité à décompacter les sols, attirer les pollinisateurs et offrir une couverture durable. Si votre objectif est de contrôler les adventices via l’allélopathie, des plantes comme le sarrasin ou la moutarde seraient plus efficaces. Cependant, dans un mélange, la chicorée peut jouer un rôle complémentaire :
En résumé, son effet allélopathique est réel mais discret – un outil secondaire dans sa palette.
Voici une idée d’une stratégie continue de lutte contre le chiendent en agriculture de conservation des sols (ACS) biologique tout à fait pertinente. Elle vise à maintenir une pression constante sur cette adventice vivace tout au long de l’année, en enchaînant des mélanges de plantes complémentaires (allélopathiques, compétitives, décompactantes) sur plusieurs saisons, sans glyphosate ni labour. L’objectif est d’épuiser les rhizomes du chiendent, limiter sa repousse et repartir l’année suivante avec un contrôle durable, tout en respectant les principes de l’ACS (couverture permanente, biodiversité, fertilité). Voici une proposition détaillée pour un programme sur deux ans :
Stratégie globale
Année 1 : Offensive initiale
Phase 1 : Fin de printemps (mai-juin) – Mélange estival précoce
Mélange proposé : Sorgho fourrager + Moutarde blanche
Phase 2 : Fin d’été/automne (août-octobre) – Mélange de transition
Mélange proposé : Sarrasin + Vesce commune
Phase 3 : Hiver/printemps (novembre-avril) – Mélange hivernal
Mélange proposé : Seigle + Trèfle incarnat
Année 2 : Consolidation et contrôle durable
Phase 4 : Printemps/été (mai-septembre) – Couvert longue durée
Plante proposée : Luzerne (Medicago sativa)
Programme résumé
Pourquoi ce programme ?
Alternatives ou ajustements
Mon avis
Ce programme est une stratégie robuste et continue qui maximise vos chances contre le chiendent en ACS bio. L’enchaînement sorgho/moutarde → sarrasin/vesce → seigle/trèfle attaque le chiendent sous tous les angles en année 1, tandis que la luzerne verrouille le contrôle en année 2. Vous pourriez même tester une parcelle avec ce plan et une autre avec juste seigle + luzerne pour comparer.
Le sarrasin
Le sarrasin (Fagopyrum esculentum) est une plante intéressante à analyser sous l’angle de son effet allélopathique, surtout dans le contexte de l’agriculture de conservation des sols (ACS). Bien qu’il ne soit ni une légumineuse ni une plante décompactante profonde comme la chicorée ou la luzerne, il est souvent utilisé comme couvert végétal pour ses nombreux atouts, dont son potentiel allélopathique. Voici une évaluation détaillée :
Effet allélopathique du sarrasin
Caractéristiques et atouts en ACS
Intérêt allélopathique spécifique
Limites de l’allélopathie du sarrasin
Mon avis sur le sarrasin en ACS
Le sarrasin est une star des intercultures estivales grâce à son effet allélopathique, qui en fait un outil naturel pour limiter les adventices sans herbicides ni travail du sol – un atout clé en ACS. Son côté mellifère ajoute une valeur pour la biodiversité, et sa capacité à mobiliser le phosphore enrichit le sol. Cependant, il ne répond pas au critère de décompaction profonde.
Accueil
http://www.apad.asso.fr/
http://www.supagro.fr/
https://www.supagro.fr/ress-pepites/PlantesdeCouverture/co/EspecePC.html


Les plantes de couvertures sont cultivées pendant les inter-cultures. Leurs fonctions sont multiples et varient notamment selon la famille à laquelle elles appartiennent. Par exemple, les légumineuses sont utilisées pour capter l’azote atmosphérique et le fournir à la culture suivante. Les couverts végétaux peuvent aussi être composés d’un mélange d’espèces pour combiner leurs fonctions.
Liste d’espèces de plantes spécifiques utilisées dans l’agriculture de conservation des sols (ACS), avec leurs caractéristiques et leurs rôles principaux. Ces espèces sont choisies pour leurs capacités à couvrir le sol, améliorer sa structure, enrichir sa fertilité ou répondre à des besoins agronomiques précis.
Légumineuses couramment utilisées comme plantes de service en agriculture de conservation des sols (ACS). Ces espèces sont prisées pour leur capacité à fixer l’azote atmosphérique via leurs nodosités racinaires, enrichir le sol, produire de la biomasse et protéger contre l’érosion. Chaque plante est accompagnée de ses caractéristiques principales et de son utilité dans un système ACS :
1. Vesce commune (Vicia sativa)
2. Trèfle incarnat (Trifolium incarnatum)
3. Luzerne (Medicago sativa)
4. Pois fourrager (Pisum sativum subsp. arvense)
5. Féverole (Vicia faba)
6. Lentille (Lens culinaris)
7. Lotier corniculé (Lotus corniculatus)
8. Gesse (Lathyrus sativus)
9. Lupin (Lupinus spp., ex. Lupinus albus ou angustifolius)
Conseils pour l’ACS
Ces légumineuses sont adaptées à différents contextes pédoclimatiques.
2. Crucifères (décompacteurs et biofumigants)
3. Graminées (productrices de biomasse)
4. Autres espèces notables
Mélanges multi-espèces
En ACS, les agriculteurs combinent souvent ces plantes pour maximiser les bénéfices. Par exemple :
Conseils pratiques
La chicorée et l’amarante en tant que plantes décompactantes dans le cadre de l’agriculture de conservation des sols (ACS). Bien qu’elles ne soient pas des légumineuses, elles peuvent jouer un rôle intéressant en tant que plantes de service.
Chicorée (Cichorium intybus)
Amarante (Amaranthus spp., ex. Amaranthus retroflexus ou hybrides)
Comparaison et avis
Mon avis
Rob Myers, Alan Weber, Sami Tellatin |
2019 |
L’un des exemples les plus marquants des bénéfices des cultures de couverture s’est produit lors de la grave sécheresse généralisée de 2012. Dans des milliers d’exploitations agricoles du Midwest et de l’Ouest américain, la croissance des cultures a souffert de précipitations bien inférieures à la normale. Cependant, une tendance a commencé à se dessiner lorsque les agriculteurs ont constaté que le maïs ou le soja cultivés après une culture de couverture se portaient mieux que ceux cultivés dans leurs champs conventionnels. Cette observation fréquente a ensuite été confirmée par les données de rendement. Les agriculteurs ayant répondu à l’Enquête nationale sur les cultures de couverture ont signalé une augmentation moyenne du rendement de 9,6 % pour le maïs cultivé après une culture de couverture et de 11,6 % pour le soja. Plus remarquable encore, dans les sept États les plus durement touchés par la sécheresse, les augmentations de rendement ont été encore plus importantes : 11 % pour le maïs et 14,3 % pour le soja.
Dans une enquête menée auprès de 2 000 agriculteurs du Midwest et du Nord des Grandes Plaines, 64 % ont déclaré qu’ils mettaient en œuvre des pratiques de conservation (sans labour ou travail réduit du sol, cultures de couverture, etc.) comme stratégie de gestion des risques climatiques, et 21 % supplémentaires envisageaient de mettre en œuvre de telles pratiques [12].
Si l’on considère uniquement les agriculteurs ayant utilisé des cultures de couverture pendant une année avant la sécheresse, leur augmentation moyenne de rendement dans les champs couverts était de 6 % pour le maïs et de 11,4 % pour le soja. Compte tenu des prix élevés après la récolte cette année-là (prix moyens nationaux de 6,89 $ pour le maïs et de 14,40 $ pour le soja), les cultures de couverture ont été largement rentabilisées pendant la sécheresse de 2012, même après seulement une année d’utilisation. Il est à noter que cette conclusion est basée sur la réponse au rendement moyen, en utilisant l’analyse de régression de l’enquête sur les rendements. Une petite partie des champs et des exploitations ont subi des pertes de rendement après l’utilisation de cultures de couverture, tandis que d’autres ont enregistré des augmentations de rendement encore plus importantes.
Plusieurs raisons expliquent pourquoi les cultures de couverture peuvent augmenter l’humidité du sol et réduire les pertes de rendement dues à la sécheresse (figure 2). L’une d’elles est qu’elles contribuent à améliorer l’infiltration des eaux de pluie grâce à un nombre accru de macropores, provenant à la fois des racines et de l’activité accrue des vers de terre. Une fois la pluie absorbée, elle a plus de chances de rester dans la zone racinaire, notamment parce que les résidus de cultures de couverture à la surface du sol réduisent l’évaporation. Ces résidus peuvent également maintenir le sol plus frais, ce qui réduit encore les pertes d’humidité et le stress des cultures, et permet aux micro-organismes du sol de fonctionner plus efficacement. Au fil du temps, l’amélioration de la santé du sol peut entraîner une augmentation de sa capacité de rétention d’eau, grâce à l’augmentation de la matière organique et à l’amélioration de la structure des agrégats. Cependant, même à court terme, les cultures de couverture peuvent stimuler les champignons mycorhiziens, qui peuvent aider les racines des cultures, dont la durée de vie a été raccourcie par la sécheresse, à mieux accéder à l’humidité et aux nutriments.

Les cultures de couverture peuvent augmenter l’humidité du sol de plusieurs façons : elles stimulent la croissance des champignons mycorhiziens sur les racines des cultures, fournissent des résidus de surface, créent des canaux racinaires utilisables par la culture suivante et améliorent l’infiltration des eaux de pluie et la capacité de rétention d’eau du sol. Illustrations de Carlyn Iverson
Les cultures de couverture peuvent s’avérer très utiles en améliorant la gestion de l’humidité du sol dans les champs souvent soumis à un stress hydrique, comme les sols à texture plus légère ou les champs situés dans des zones à faibles précipitations. L’infiltration améliorée des cultures de couverture peut également accroître l’efficacité de l’irrigation et réduire l’évaporation. Steve Stevens, producteur de coton en Arkansas, estime qu’en utilisant des cultures de couverture, il peut économiser environ 0,06 $ par livre de coton produit (60 $ par acre) grâce à la réduction des dépenses d’irrigation [9].
Noah Williams, qui exploite 1 130 hectares de terres arides dans l’est de l’Oregon, a constaté l’intérêt des cultures de couverture, malgré des précipitations très limitées. En collaboration avec son spécialiste local de la conservation des sols du Service de conservation des ressources naturelles de l’USDA (NRCS), Williams a surveillé l’humidité du sol dans les champs laissés en jachère et dans ceux où des cultures de couverture ont été utilisées. Globalement, l’humidité du sol était à peu près la même entre la jachère et les cultures de couverture. Cependant, après une pluie, Williams a observé que l’humidité atteignait la zone de 60 cm de profondeur du profil du sol dans ses champs couverts de cultures de couverture, alors que cette zone était sèche dans le système de jachère. Associées au pâturage, Williams explique : « Les cultures de couverture compensent le coût des semis. »
Français D’après les données de la sécheresse de 2012, les cultures de couverture augmentent considérablement le rendement (en moyenne) pendant une année de sécheresse, et les cultures de couverture sont rentables dès la première année . Les rendements du maïs sont en moyenne de 27,34 $, 77,15 $ et 110,45 $ par acre après un, trois et cinq ans de plantation de cultures de couverture. Les rendements du soja sont en moyenne de 41,69 $, 70,22 $ et 84,54 $ par acre après un, trois et cinq ans. (Voir les tableaux 4 et 5 pour plus de détails.) Aux fins de la présente analyse, les incréments d’un, trois et cinq ans signifient que les cultures de couverture avaient été utilisées pendant cette période lorsqu’une sécheresse s’est produite.
Frédéric Thomas est un pionnier de l’agriculture de conservation en France, connu pour son approche pragmatique et ses explications ancrées dans l’expérience terrain.
Frédéric Thomas, agriculteur et expert en agriculture de conservation des sols (ACS), a partagé lors de cette conférence son parcours et sa vision d’une agriculture durable, économique et respectueuse des écosystèmes. Voici les points clés :
Message central
Frédéric Thomas prône une transition vers une agriculture « agile », qui mise sur le vivant et l’énergie solaire plutôt que sur des intrants et des machines lourdes. Les couverts végétaux ne sont pas une contrainte, mais un levier pour améliorer la fertilité, réduire les coûts et s’adapter aux défis modernes. Son discours, accessible et étayé par 25 ans d’expérience, invite les agriculteurs à repenser leurs pratiques avec pragmatisme et optimisme.
Ce résumé reflète l’esprit de ses interventions habituelles, telles que celles disponibles sur le site agriculture-de-conservation.com ou dans ses ouvrages.
La Savory Foundation, créée en 2022, lance un projet ambitieux pour accélérer la régénération des prairies à l’échelle mondiale, en mobilisant des capitaux institutionnels et philanthropiques. Sous la direction de Daniela Ibarra-Howell, cofondatrice du Savory Institute, ce projet s’appuie sur la gestion holistique pour restaurer des terres dégradées, en commençant par une initiative en Uruguay. L’objectif est de répondre à l’urgence écologique tout en impliquant les communautés locales et en surmontant les obstacles à l’investissement dans la régénération des sols.
Développement :
Le texte met en lumière une problématique environnementale majeure : la dégradation des prairies, qui représentent un tiers de la surface terrestre. Cette détérioration, souvent liée à une gestion inadaptée du pâturage, a des répercussions sur la biodiversité, les écosystèmes et les populations humaines. Face à ce défi, le Savory Institute, actif depuis plus de dix ans dans la promotion de la gestion holistique, a identifié un besoin critique : accélérer ces efforts via un financement structuré et massif. C’est dans ce contexte que la Savory Foundation voit le jour en 2022, avec pour mission de canaliser des ressources financières vers des projets concrets de régénération.
Le premier projet, lancé en Uruguay, illustre cette vision. Il ne s’agit pas seulement de restaurer des prairies, mais aussi d’intégrer les agriculteurs locaux dans une dynamique économique et écologique durable. Cette approche pragmatique vise à lever les freins systémiques à l’investissement, comme le manque de modèles financiers viables ou l’absence de coordination entre acteurs. Daniela Ibarra-Howell, figure centrale de cette initiative, apporte une expertise pluridisciplinaire et une expérience terrain, notamment via la gestion de son ranch familial. Sa stratégie s’appuie sur un réseau mondial et des partenariats dans des secteurs comme l’alimentation et la mode, amplifiant ainsi l’impact de Savory.
En élargissant cette perspective, on peut voir dans ce projet une réponse à une crise globale : le déclin écologique. Les prairies régénérées ne se contentent pas de stocker du carbone ou de préserver la biodiversité ; elles soutiennent aussi les moyens de subsistance des communautés rurales. Cependant, des questions émergent : comment mesurer l’efficacité à long terme ? Les capitaux mobilisés suffiront-ils face à l’ampleur du problème ? Ce projet, bien que prometteur, pourrait être un premier pas vers une transformation plus large, à condition que le modèle soit réplicable et adaptable à d’autres régions du monde.
Une entrevue en vedette avec Daniela Ibarra-Howell et Erik Bruun Bindslev
Les prairies couvrent près d’un tiers de la surface de la Terre. Lorsque ces paysages sont mal gérés – souvent en raison d’une gestion inadéquate et de pratiques de pâturage du bétail – cela peut entraîner une dégradation des terres avec des conséquences de grande ampleur pour les personnes, la faune et l’environnement. Le Savory Institute a passé plus d’une décennie à promouvoir la gestion holistique, un cadre de gestion complet qui favorise la régénération des prairies dans le monde entier. Pourtant, alors que l’urgence de l’effondrement écologique et de la perte de biodiversité s’accélère, l’équipe du Savory Institute a reconnu la nécessité d’un outil supplémentaire pour soutenir cet effort : une plateforme prête à l’investissement qui pourrait regrouper des capitaux à grande échelle et les déployer efficacement dans des projets de régénération des terres à haute intégrité.
La Savory Foundation a été fondée en 2022 pour combler ce fossé, en réunissant des capitaux institutionnels à grande échelle, des bailleurs de fonds philanthropiques et des gestionnaires de terres régénératrices pour mettre en œuvre des projets à l’échelle dont la planète a urgemment besoin. Aujourd’hui, la Fondation dévoile son premier projet finançable en Uruguay pour régénérer les prairies à grande échelle, tout en impliquant les gestionnaires agricoles locaux et en résolvant certains des principaux obstacles du système à un investissement à grande échelle dans la régénération.
À la tête de la Savory Foundation se trouve Daniela Ibarra-Howell, qui est présidente et associée directrice de la Savory Foundation et cofondatrice/PDG du Savory Institute. Originaire d’Argentine, elle combine une expertise en ingénierie agricole, en gestion des ressources naturelles et en économie avec une expérience pratique de la gestion du ranch familial de 9 000 acres dans le Colorado, aux États-Unis, pendant plus d’une décennie. Architecte clé de la stratégie de Savory, elle a joué un rôle déterminant dans l’augmentation de son impact grâce à une stratégie de réseau et à des initiatives axées sur le marché dans les domaines de l’alimentation et de la mode. S’appuyant sur les antécédents éprouvés de Savory et sur les liens communautaires profonds de son réseau mondial, la Fondation est prête à mobiliser des capitaux pour la restauration des prairies à grande échelle.

Regenerative Food Systems Investment (RFSI) a eu l’occasion de s’entretenir avec Daniela et le responsable des partenariats stratégiques de la Savory Foundation, Erik Bruun Bindslev, au sujet de ce travail passionnant. Les deux hommes ont parlé de la mission de la fondation qui consiste à apporter des capitaux à la régénération à grande échelle, de ce qui rend ce premier projet si unique, stimulant et riche en potentiel, de leur vision à long terme pour la Savory Foundation et des raisons pour lesquelles les investisseurs et les bailleurs de fonds devraient y prêter attention.
Voici ce qu’ils ont partagé…
RFSI : Pourriez-vous commencer par nous parler de la Savory Foundation et de sa création ?
Daniela : La Savory Foundation a été créée en réponse à la désintégration accélérée des systèmes écologiques due à la mauvaise gestion, qui conduit à l’instabilité climatique et aux troubles sociaux. La perte de biodiversité, l’effondrement des écosystèmes et le déclin de la résilience sont des crises étroitement liées ; lorsqu’un système échoue, les autres suivent. Alors que le monde prend conscience de cette réalité, nous avons une occasion historique d’intervenir à grande échelle par le biais de l’agriculture régénératrice sur les vastes prairies où le potentiel de régénération est immense.
Le Savory Institute a jeté les bases de cette transformation grâce à des décennies de leadership en matière de gestion holistique, à un réseau mondial de partenaires de mise en œuvre connus sous le nom de Savory Hubs et à un cadre de suivi scientifiquement rigoureux. Pourtant, l’urgence et l’ampleur des crises actuelles exigent un nouveau niveau d’investissement et de coordination. C’est là qu’intervient la Savory Foundation (SF) – fondée en 2022 en tant que Erhversdrivende Fond (fondation commerciale) au Danemark, SF est un véhicule stratégique conçu pour attirer et structurer des financements importants dans l’agriculture animale régénératrice à grande échelle.
RFSI : Quelle est la particularité de l’approche de la Fondation Savory ?
Daniela : La mission de SF est de débloquer et de déployer des capitaux en adéquation avec la mission, dans l’agriculture régénératrice à grande échelle dans les prairies du monde entier, en veillant à ce que les investissements dans cette solution basée sur la nature soient transparents, mesurables et capables de fournir des rendements écologiques et financiers durables. En tirant parti de notre réseau mondial de Savory Hubs, nous garantissons que les fonds sont directement versés à des projets qui restaurent la fonction des écosystèmes, renforcent les communautés rurales et favorisent le changement systémique. Notre objectif est d’accroître l’impact régénératif, en veillant à ce que les investisseurs et les partenaires philanthropiques puissent déployer efficacement des capitaux pour respecter les engagements en matière de climat et de biodiversité, tout en obtenant de solides rendements ajustés au risque.
RFSI : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le premier projet d’investissement de la Fondation Savory ?
Daniela : Le projet de régénération des prairies d’Uruguay vise à restaurer et à améliorer les prairies d’Uruguay grâce à une gestion holistique et à des pratiques de pâturage améliorées. L’initiative s’attaque à la dégradation des écosystèmes causée par une gestion sous-optimale des terres et du bétail. En utilisant un pâturage planifié holistique et des boucles de rétroaction de surveillance écologique, le projet optimise les déplacements du bétail et la récupération des pâturages pour améliorer la couverture végétale, la santé des sols et la séquestration du carbone. Le projet atténue également les risques de changements d’affectation des terres, tels que la conversion des prairies en plantations d’eucalyptus et de pins, qui menacent la biodiversité et la stabilité des sols.
La zone du projet s’étend sur quatorze départements d’Uruguay, couvrant 140 000 hectares. Elle comprend 125 propriétaires fonciers individuels (particuliers ou entités familiales). Ces terres sont situées dans l’écorégion de savane uruguayenne, caractérisée par des prairies indigènes dominées par des graminées et des plantes herbacées vivaces.
Il soutient les ranchs familiaux de taille moyenne, en fournissant aux producteurs de nouvelles sources de revenus grâce à la vente de crédits carbone, ainsi qu’un soutien à la formation et à la consultation pour améliorer la santé écologique et augmenter la productivité et la résilience de leurs ranchs.
RFSI : Les investisseurs et les bailleurs de fonds ont également la possibilité de participer à ce projet. Quelles sont les possibilités de financement ?
Erik : S’appuyant sur l’expérience du Savory Institute en matière d’impact régénérateur, ce projet représente une opportunité intéressante pour les investisseurs qui cherchent à investir dans des solutions basées sur la nature à haute intégrité. Grâce à une diligence raisonnable rigoureuse, à un modèle de financement carbone structuré et à un marché en pleine croissance pour les crédits carbone premium, il offre :
RFSI : Ok, il y a beaucoup à approfondir à la fois avec le projet et l’opportunité d’investissement ! Parlons de la façon dont ce projet accomplit tout cela.
RFSI : Vous avez évoqué les crédits carbone pour les producteurs. Quel rôle jouent les crédits carbone dans ce projet ?
Daniela : Les crédits carbone servent de canal financier pour canaliser les capitaux vers des projets de régénération à grande échelle, en alignant l’impact environnemental sur les rendements des investisseurs. En tant que marchés de services écosystémiques en pleine maturation, ils offrent un moyen évolutif de financer des solutions en faveur du climat et de la biodiversité.
Le projet est développé dans le cadre de la méthodologie VM32 pour une meilleure gestion des prairies et vise à obtenir la certification selon les normes VCS de Verra, garantissant une grande intégrité environnementale et sociale, avec environ 5,6 millions de tCO2e séquestrées sur 20 ans.
Cependant, la séquestration du carbone n’est qu’une facette d’une stratégie écologique plus vaste. En restaurant les prairies, le projet améliore également la biodiversité, la rétention d’eau et la santé des sols, ce qui le positionne comme un investissement de grande valeur au sein du marché du capital naturel en pleine expansion. À mesure que ces marchés continuent d’évoluer, ils offrent aux investisseurs une opportunité intéressante d’aligner la performance financière sur des avantages tangibles pour le climat et les écosystèmes.
RFSI : Comment construire des résultats au-delà du carbone ?
Daniela : Bien que ce projet soit conçu pour les marchés du carbone, il n’est pas défini par eux. Au fond, cette initiative vise à rétablir l’équilibre, à la fois dans les terres et dans la vie de ceux qui les gèrent. La résilience écologique à elle seule ne suffit pas. Le projet cherche également à renforcer le tissu social en soutenant des moyens de subsistance et un bien-être durables. L’introduction de flux de revenus provenant des crédits carbone offre aux producteurs une source de revenus supplémentaire dont ils ont grand besoin tout en améliorant simultanément la productivité des terres. Ce double avantage garantit que la conservation n’est pas en contradiction avec la stabilité économique, mais qu’elle fonctionne plutôt en tandem avec elle.
L’éducation et l’autonomisation sont des piliers fondamentaux de cette vision. Grâce à des programmes de formation ciblés, les gestionnaires des terres acquièrent les connaissances et les compétences nécessaires pour s’engager efficacement dans des pratiques régénératrices. Cela comprend non seulement une formation technique, mais aussi le développement d’une culture écologique locale. En leur fournissant les outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées et adaptatives, le projet encourage une nouvelle génération de gestionnaires des terres qui se considèrent à la fois comme les bénéficiaires et les gardiens de leurs paysages et comme des contributeurs clés à l’atténuation du changement climatique.
En fin de compte, cette initiative ne se limite pas à mesurer le carbone : elle vise à concevoir un avenir dans lequel le bien-être écologique et humain sont étroitement liés. En donnant la priorité à la régénération holistique, le projet renforce sa crédibilité au sein des marchés du carbone, tout en offrant des avantages tangibles qui vont bien au-delà. Il s’agit d’un modèle de la manière dont la finance carbone peut être exploitée non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen de restaurer les écosystèmes, d’améliorer les communautés et de créer un changement durable.
Au cœur de cette initiative se trouve un cadre de surveillance robuste qui allie technologie et évaluations sur le terrain, garantissant transparence et responsabilité dans la gestion des terres. Le projet utilise la vérification des résultats écologiques (EOV) de Savory pour mesurer les changements écologiques immédiats (annuels) et à long terme (tous les cinq ans), tels que l’état de santé des sols, les taux de rétention et d’infiltration d’eau, ainsi que la diversité et la vigueur de la végétation, grâce à des visites régulières sur le terrain et à des événements de surveillance. Ces efforts permettent non seulement de suivre les progrès environnementaux, mais aussi de renforcer les relations avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires, en garantissant une gestion adaptative pour des résultats régénératifs et la conformité de la gestion aux objectifs d’impact social tels que l’amélioration des conditions de travail des travailleurs et des programmes d’avantages sociaux.

Projet de régénération des prairies d’Uruguay : 1. Vue sur certaines des terres du projet, 2. Réalisation de mesures écologiques, 3. L’équipe de Pampa Oriental. Mars 2021. Source : Savory Foundation
RFSI : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’impact social et sur la manière dont vous impliquez les gestionnaires fonciers locaux dans ce projet ?
Daniela : Les gardiens des terres et du bétail sont au cœur de cette initiative de régénération révolutionnaire. Plus que de simples participants, ils sont les co-créateurs actifs d’un projet conçu pour restaurer les paysages tout en garantissant des avantages à long terme pour leurs moyens de subsistance.
Depuis septembre 2023, l’équipe du projet organise des séances d’information approfondies avec tous les producteurs concernés, afin de clarifier la structure, la portée, les avantages et les risques potentiels de l’initiative. Les travailleurs de chaque propriété participante ont également été associés à la conversation, afin de s’assurer qu’ils comprennent eux aussi parfaitement la vision et les implications du projet. Mais la communication ne s’arrête pas à ces réunions de présentation. Grâce à des discussions de groupe et à des réunions individuelles au ranch, ils ont contribué à façonner les aspects clés du projet, des activités de régénération et des modèles de partage des bénéfices aux stratégies de surveillance et aux mécanismes de résolution des conflits.
Un élément particulièrement crucial a été la co-création de l’accord de collaboration, dans lequel les producteurs ont joué un rôle central dans l’affinement des termes, en veillant à ce que leurs points de vue et leurs préoccupations soient pleinement pris en compte. L’accent mis sur le partenariat a favorisé un sentiment d’appropriation partagée, renforçant l’engagement du projet en faveur d’un engagement significatif et à long terme.
La communication reste une priorité constante. Les gestionnaires des terres reçoivent des mises à jour continues par le biais de visites de ranchs, d’un suivi de l’impact social, de bulletins d’information numériques et d’un soutien direct via une hotline dédiée aux gestionnaires des terres. Ils sont également dotés des outils et des connaissances nécessaires pour mettre en œuvre efficacement la gestion holistique, grâce à des sessions de formation et à des ateliers de renforcement des capacités.
Enfin, le projet comprend également un Fonds d’impact social qui réinvestit dans les communautés locales, soutient les avantages sociaux des travailleurs et finance des initiatives éducatives.
RFSI : Wow, c’est incroyable. Un projet d’une telle envergure nécessite une collaboration et une coordination considérables. Avec qui travaillez-vous ?
Daniela : SF travaille avec le Savory Institute, Cultivo Land PBC et Pampa Oriental pour la gestion de projet et le soutien à l’exécution locale. Cultivo Land PBC® est une plateforme scientifique qui crée des projets, structure le financement et mobilise des investissements pour la régénération des terres à grande échelle. Elle joue un rôle crucial dans la conception des projets, la conformité aux registres (la certification VCS de Verra dans ce cas) et la garantie d’une intégrité sociale et environnementale élevée.
Pampa Oriental®, un centre de Savory Hub, dirige la mise en œuvre, assure l’adoption efficace de la gestion holistique, propose des formations aux gestionnaires des terres et effectue un suivi écologique par le biais de la vérification des résultats écologiques (EOV). Leur connaissance approfondie du terrain garantit que les pratiques régénératrices sont adaptées aux besoins régionaux et que les bénéfices des producteurs sont maximisés. D’autres partenaires auxiliaires sont intégrés au projet selon les besoins pour déployer des activités supplémentaires de surveillance et de reporting social et de biodiversité, entre autres activités.
RFSI : Prévoyez-vous de reproduire cette expérience dans d’autres régions du monde ?
Daniela : Oui. Nous reproduisons déjà ce modèle en Espagne grâce à un partenariat avec la Fondation Carasso, à partir de mars 2025. Nous préparons également une deuxième cohorte de producteurs en Uruguay qui doublera notre présence dans le pays, à partir de 2026. Au-delà de cela, nous disposons d’un portefeuille mondial de régions prêtes à lancer des hubs Savory, notamment l’Australie, les États-Unis et des régions clés d’Amérique latine : Uruguay, Argentine, Brésil, Chili et Colombie. En Afrique, nous évaluons un projet en Zambie et des opportunités en Afrique du Sud et au Kenya, où nos hubs sont bien connectés aux communautés et bien équipés pour produire des résultats.
Alors que les pools de financement mixte à la recherche d’opportunités de déploiement dans le monde réel continuent de se développer, l’approche de portefeuille de la Savory Foundation – structurer des véhicules d’investissement qui intègrent plusieurs projets dans des instances d’investissement singulières – améliore la diversification au sein des solutions basées sur la nature. Cette stratégie élargit non seulement les opportunités d’investissement, mais favorise également la réplication évolutive de ce modèle émergent.

RFSI : Comment structurez-vous les futurs modèles de financement ?
Erik : Nous explorons et développons activement de nouveaux instruments financiers, notamment :
La Fondation Savory recherche des partenaires financiers stratégiques pour collaborer à la conception et à la mise à l’échelle de modèles de financement innovants. En travaillant ensemble, nous pouvons créer des portefeuilles de projets régénératifs adaptés à nos objectifs, évolutifs et investissables, qui génèrent de solides rendements tout en restaurant la santé écologique des paysages de prairies du monde entier.
RFSI : C’est très intéressant. Comment décririez-vous cette opportunité pour les bailleurs de fonds et les investisseurs à la recherche d’investissements à grande échelle et à fort impact dans le capital naturel ?
Erik : La Savory Foundation est particulièrement bien placée pour combler le fossé entre le capital institutionnel à grande échelle et la restauration réelle et mesurable des terres à grande échelle. Contrairement aux investissements fonciers traditionnels qui se concentrent sur les exploitations à grande échelle, notre approche ouvre l’accès à un vaste segment souvent négligé : les éleveurs et les gestionnaires fonciers qui gèrent collectivement des millions d’hectares de prairies mais qui, individuellement, sont trop petits pour attirer des investissements, regroupent les exploitations foncières dans des réseaux de producteurs coordonnés et soutenus. Cette approche crée un portefeuille d’actifs fonciers régénératifs investissables et évolutifs, offrant des résultats mesurables en matière de biodiversité, de résilience climatique et de gestion durable des terres, en phase avec les objectifs mondiaux de durabilité.
Pour les investisseurs à la recherche d’investissements à haute intégrité et axés sur l’impact, la Fondation Savory propose :
Il est temps de mobiliser des capitaux à grande échelle pour régénérer les paysages les plus vitaux de la planète. Nous invitons les investisseurs institutionnels, les partenaires philanthropiques et les innovateurs financiers à se joindre à nous pour façonner la prochaine frontière des solutions fondées sur la nature. Ensemble, nous pouvons faire de l’agriculture régénératrice un mouvement évolutif et investissable qui transforme les économies et les écosystèmes pour les générations à venir.
Pour plus d’informations, contactez Daniela Ibarra-Howell ou Erik Bruun Bindslev.