La Nature vue par paysannature


La NATURE n’est pas actuellement dans un état satisfaisant, malheureusement maintenant un peu partout dans de nombreux endroits dans le monde ….Parce que , nous les hommes nous ne la connaissons pas assez …..L’homme n’a jamais compris qu’il devait être complice de la nature, nous luttons depuis toujours contre la nature , alors que cette Nature s’est simplement toujours développée pour facilité la vie des hommes


Les endroits les plus abîmés sont bien sur nos villes …Mais en général , peu d’endroits sont indemnes de l’impact humaine négative ….Et c’est sur ce point qu’il faut être précis sur la question : quel équilibre durable et intelligent doit -on trouver entre préservation importante de la nature et présence humaine


Quelles sont les actions nécessaires à mener pour restaurer la nature dégradée ou abîmée


Aussi bizarre que peut-être ma réponse …Je dirais en préalable, certainement ne rien faire ….Car, elle seule, la Nature sait ce qui est bon pour elle ….La Nature n’a pas attendue l’apparition de l’homme pour se développer incroyablement et efficacement partout sur notre planète, la Nature est le meilleur scientifique, elle progresse seule depuis très longtemps dans de nombreux domaines …..Et c’est plutôt, notre intervention négative qu’il l’a pénalisée depuis que l’homme évolue sur la terre


Personnellement, ma petite expérience professionnelle dans l’agriculture, me conduit aujourd’hui a commencer à comprendre un peu cette merveilleuse Nature ….Il m’a fallu beaucoup de temps pour apprendre et comprendre que les hommes sont des gaspilleurs affreux de photosynthèse , et que cette photosynthèse gratuite est la principale solution aux problèmes environnementaux actuels ….C’est pour cette raison, que ma ferme est conduite en Agriculture de Conservation des Sols ( et même plutôt en SCVLucien SÉGUY) depuis de nombreuses années avec en plus une grosse part de mon activité consacrée à la recherche afin de constamment améliorer les performances de mes sols vivants et ainsi à mes productions , du coté quantitatif, qualitatif et performance économique…!!

Doit-on absolument vouloir, nous les hommes restaurer la Nature …?

Ma question peut paraître bizarre, 

mais seule, la Nature sait ce qui est bon pour elle ….La Nature n’a pas attendue l’apparition de l’homme pour se développer incroyablement et efficacement partout sur notre planète, la Nature est le meilleur scientifique, elle progresse seule depuis très longtemps et continuellement dans de nombreux domaines …..Et c’est plutôt, notre intervention négative qu’il l’a pénalisée depuis que l’homme évolue sur la terre, nous , les hommes ne sommes que de vulgaires gaspilleurs de Nature et surtout de photosynthèse ….Je pense qu’il faut au préalable apprendre et comprendre les multiples actions de la Nature ….Et à partir de là, on commence à intégrer dans nos cerveaux que la seule action bénéfique, et pour nous et pour la Nature , ….C’est de développer au maximum partout ou cela est possible la PHOTOSYNTHESE…..Cette énergie gratuite est la principale solution à nos probèmes actuels (du climat à la pollution en passant par l’eau ….etc…)

la photosynthèse est la pierre angulaire des écosystèmes terrestres, ayant façonné les sols et le climat sur des milliards d’années, en la plaçant au cœur de nos efforts, en restaurant les écosystèmes qui la soutiennent, nous pouvons répondre à de nombreux défis environnementaux….La photosynthèse 

est un système incroyablement sophistiqué, capable de s’adapter et de se régénérer sans l’intervention humaine. Depuis des milliards d’années, elle a évolué, équilibrant écosystèmes et cycles biogéochimiques, bien avant l’apparition de l’Homo sapiens il y a environ 300 000 ans.

   Il faut donc certainement agir pour la Nature , mais avec de multiples précautions afin de ne pas recommencer les mêmes bêtises …!!

Repenser notre relation avec la Nature. Je partage l’idée que la Nature, par son ancienneté et sa résilience, est un système incroyablement sophistiqué, capable de s’adapter et de se régénérer sans l’intervention humaine. Depuis des milliards d’années, elle a évolué, équilibrant écosystèmes et cycles biogéochimiques, bien avant l’apparition de l’Homo sapiens il y a environ 300 000 ans. La photosynthèse, est au cœur de cette dynamique, convertissant l’énergie solaire en matière organique tout en régulant le CO₂, l’oxygène et l’eau. C’est une technologie naturelle d’une efficacité inégalée, produisant environ 100 à 120 milliards de tonnes de biomasse par an selon les estimations scientifiques.

Analyse

  1. La Nature n’a pas besoin de l’homme pour prospérer : Historiquement, les écosystèmes ont traversé des extinctions massives (comme celle du Permien-Trias, il y a 252 millions d’années, qui a éliminé 90 % des espèces) et se sont toujours rétablis, sur des échelles de temps géologiques. Cependant, l’impact humain actuel est unique par sa rapidité : déforestation (15 milliards d’arbres abattus par an), pollution (8 millions de tonnes de plastique dans les océans chaque année), et émissions de gaz à effet de serre (50 milliards de tonnes de CO₂ équivalent par an) perturbent les équilibres naturels à une vitesse que la Nature peine à compenser.
  2. L’homme, un « gaspilleur de Nature » : Depuis la révolution industrielle, l’humanité a transformé 50 % des terres habitables, réduit de 68 % les populations d’espèces sauvages (selon le WWF, 1970-2020), et altéré les cycles de l’azote et du phosphore. La photosynthèse, pilier de la vie, est menacée par la perte de forêts tropicales (11 % de déforestation liée à l’agriculture entre 2001 et 2015). Nos interventions, souvent maladroites, ont amplifié ces déséquilibres.
  3. La photosynthèse comme solution centrale : En restaurant les écosystèmes photosynthétiques (forêts, prairies, mangroves, phytoplancton océanique), nous pourrions séquestrer une part significative du CO₂ (les forêts absorbent environ 30 % des émissions humaines annuelles), réguler le climat, purifier l’eau et freiner l’érosion. Par exemple, restaurer 350 millions d’hectares de terres dégradées (objectif de l’initiative de Bonn) pourrait capturer 13 à 26 gigatonnes de CO₂ d’ici 2030.

Analyse suite :

  1. Apprendre de la Nature avant d’agir : L’ appel à comprendre les mécanismes naturels est crucial. La biomimétique, par exemple, s’inspire des solutions naturelles (comme les structures des feuilles pour améliorer les panneaux solaires). Cependant, notre connaissance reste partielle. Les interactions complexes entre espèces, sols, et climat sont encore mal modélisées. Toute intervention doit donc être prudente, basée sur des études rigoureuses et des approches locales, car une solution universelle risque de causer des dommages imprévus (ex. : l’introduction de l’eucalyptus en Afrique pour reboiser a asséché des sols).
  2. Restaurer sans imposer : Restaurer la Nature ne signifie pas la « contrôler », mais faciliter ses propres mécanismes de régénération. Par exemple, protéger les zones humides (qui stockent 30 % du carbone terrestre tout en couvrant seulement 6 % des terres) . Les initiatives comme la « rewilding » (réensauvagement) montrent que la Nature, laissée à elle-même, peut recoloniser des espaces dégradés, comme dans la zone de Tchernobyl où la faune prospère malgré la radioactivité.
  3. La photosynthèse, mais pas seulement : Bien que centrale, la photosynthèse n’est qu’une partie de l’équation. Les sols, par exemple, stockent trois fois plus de carbone que l’atmosphère et les plantes combinées. Les pratiques agricoles régénératives (agroforesterie, couverture végétale) peuvent amplifier ce stockage tout en boostant la photosynthèse. De plus, le phytoplancton océanique, responsable de 50 à 70 % de l’oxygène planétaire, est menacé par l’acidification des océans. Protéger les océans est donc tout aussi urgent que reboiser.
  4. Changer notre posture :Notre réflexion invite à un changement philosophique. Plutôt que de voir la Nature comme une ressource à exploiter ou un problème à « réparer », nous devons nous considérer comme une partie intégrante de ses cycles. Cela implique de réduire notre empreinte (consommation, énergie fossile) et de promouvoir des modèles économiques circulaires. Par exemple, la transition vers une énergie renouvelable (solaire, éolien) peut alléger la pression sur les écosystèmes, tout en imitant l’efficacité énergétique de la photosynthèse.

Précautions pour éviter les erreurs passées

  • Éviter les solutions simplistes : Les projets de plantation massive d’arbres, souvent médiatisés, peuvent échouer si les espèces ne sont pas adaptées au climat local ou si les monocultures remplacent des écosystèmes diversifiés.
  • Impliquer les communautés locales : Les peuples autochtones, qui protègent 80 % de la biodiversité mondiale tout en occupant moins de 25 % des terres, ont une connaissance fine des écosystèmes. Leur inclusion est essentielle.
  • Surveiller les impacts à long terme : Toute intervention (ex. : barrages, géoingénierie) doit être évaluée sur des décennies, pas seulement sur des gains immédiats.

Conclusion

La Nature est un génie scientifique dont nous avons beaucoup à apprendre. Maximiser la photosynthèse, par la reforestation, la protection des océans et des sols, est une priorité évidente. Mais cela doit s’accompagner d’une humilité face à la complexité des écosystèmes et d’une réduction drastique de nos impacts négatifs. Agir pour la Nature, c’est d’abord la laisser respirer, en restaurant ses capacités innées tout en reconnaissant que nous dépendons d’elle, bien plus qu’elle de nous. Une approche minimaliste, où l’homme se contente de « dégager la voie » pour que la Nature fasse son travail ?

Insister sur l’importance de la photosynthèse, car elle est fondamentalement à l’origine de nombreux processus qui soutiennent la vie sur Terre, y compris la formation des sols et l’influence sur le climat.

La photosynthèse et la création des sols

La photosynthèse, en convertissant l’énergie solaire en matière organique, est la base de la chaîne alimentaire et des cycles biogéochimiques. Voici comment elle a contribué à créer les sols :

  • Matière organique : Les plantes, via la photosynthèse, produisent des composés organiques (sucres, cellulose, etc.). Lorsqu’elles meurent ou perdent leurs feuilles, ces matières se décomposent, enrichissant les sols en humus. Ce processus, sur des millions d’années, a transformé des roches stériles en sols fertiles. Par exemple, les forêts primaires ont généré des sols riches en carbone organique, stockant jusqu’à 200 tonnes de carbone par hectare dans certains écosystèmes.
  • Activité microbienne : Les racines des plantes, nourries par la photosynthèse, libèrent des exsudats qui stimulent les micro-organismes du sol. Ces microbes décomposent les minéraux et fixent l’azote, rendant les sols plus fertiles. Sans la photosynthèse, ce réseau vivant n’existerait pas.
  • Stabilisation des sols : Les plantes, grâce à leurs racines, préviennent l’érosion et structurent les sols. Les prairies, par exemple, ont créé des sols profonds et riches (comme les tchernozioms) en accumulant de la matière organique sur des millénaires.

La photosynthèse et le climat

La photosynthèse a un rôle clé dans la régulation du climat, et ce, depuis des milliards d’années :

  • Régulation du CO₂ et de l’oxygène : Il y a environ 2,4 milliards d’années, les cyanobactéries photosynthétiques ont déclenché la « Grande Oxygénation », transformant l’atmosphère terrestre en augmentant l’oxygène et en réduisant le CO₂. Aujourd’hui, les écosystèmes photosynthétiques (forêts, phytoplancton) absorbent environ 50 % des émissions anthropiques de CO₂, soit 25 à 30 gigatonnes par an.
  • Effet sur les cycles de l’eau : Les forêts, grâce à la photosynthèse et à l’évapotranspiration, influencent les précipitations. Par exemple, l’Amazonie génère des « rivières volantes » qui transportent l’humidité à travers les continents. Sans la photosynthèse, ces cycles seraient perturbés, modifiant les climats régionaux.
  • Stockage du carbone à long terme : Sur des échelles géologiques, la photosynthèse a séquestré du carbone dans les combustibles fossiles (charbon, pétrole) et les sédiments calcaires, réduisant le CO₂ atmosphérique et stabilisant le climat. Les tourbières, par exemple, stockent environ 600 gigatonnes de carbone, soit plus que toutes les forêts combinées.

Insister sur la photosynthèse est justifiée c’est le moteur principal de la Nature : elle est le moteur originel de la vie terrestre. Sans elle, pas de sols fertiles, pas d’oxygène respirable, pas de régulation climatique. Elle a littéralement sculpté la planète telle que nous la connaissons. En revanche, il est important de noter que la photosynthèse n’agit pas seule. Elle dépend d’autres processus (comme le cycle de l’eau, les interactions microbiennes, ou la minéralisation) pour maximiser ses effets. Par exemple, la dégradation des sols par l’agriculture intensive (qui touche 33 % des sols mondiaux) limite la capacité des plantes à photosynthétiser efficacement.

  1. Un levier pour l’avenir : Restaurer la photosynthèse à grande échelle (par la reforestation, la régénération des prairies, ou la protection du phytoplancton) pourrait être une solution clé pour atténuer le changement climatique. Par exemple, une étude de 2019 (Bastin et al.) estime que planter 1 000 milliards d’arbres pourrait séquestrer 200 gigatonnes de CO₂, soit les deux tiers des émissions humaines depuis l’ère industrielle.
  2. Limites actuelles : La photosynthèse est sous pression. La déforestation (10 millions d’hectares perdus par an) et la pollution des océans (acidification réduisant le phytoplancton) diminuent son efficacité. Protéger et amplifier ces écosystèmes est donc urgent.
  3. Une vision systémique : Bien que la photosynthèse soit centrale, elle doit être soutenue par une approche holistique : préserver la biodiversité (les pollinisateurs, par exemple, sont essentiels aux plantes), restaurer les sols dégradés, et réduire les émissions pour éviter que le carbone séquestré ne soit relâché par des incendies ou la fonte du pergélisol.

Conclusion

La photosynthèse est la pierre angulaire des écosystèmes terrestres, ayant façonné les sols et le climat sur des milliards d’années.En la plaçant au cœur de nos efforts, en restaurant les écosystèmes qui la soutiennent, nous pouvons répondre à de nombreux défis environnementaux. Mais cela nécessite, une approche humble et informée pour éviter de perturber davantage la Nature.

Je pense aussi que l’homme est toujours pressé , il s’est pressé de massacrer la Nature et maintenant , il veut se précipiter pour la restaurer rapidement ….Je pense que la Nature, elle a le temps , laissons la gérer les problèmes tranquillement et efficacement en simplement essayer de la comprendre et de n’intervenir qu’en connaissance de causes

C’est un point essentiel : la différence de temporalité entre l’homme, toujours pressé, et la Nature, qui opère sur des échelles de temps bien plus vastes.

L’impatience humaine face à la Nature

L’homme a agi avec une rapidité destructrice. En à peine deux siècles, la révolution industrielle a bouleversé les écosystèmes à une vitesse sans précédent : déforestation massive (50 % des forêts tropicales disparues depuis 1900), érosion des sols (24 milliards de tonnes de sols fertiles perdus chaque année), et émissions de CO₂ (plus de 2 000 gigatonnes depuis 1850). Cette précipitation contraste avec les millions d’années qu’il a fallu à la Nature pour construire ces équilibres.

Aujourd’hui, l’urgence climatique pousse à des solutions rapides : reboisement massif, géoingénierie (comme l’injection de soufre dans l’atmosphère), ou technologies de capture du carbone. Ces interventions hâtives risquent d’être mal calibrées. Par exemple, des projets de plantation d’arbres à grande échelle (comme en Éthiopie en 2019) ont parfois échoué, car les espèces plantées n’étaient pas adaptées ou mal entretenues, avec des taux de survie inférieurs à 20 % dans certains cas.

La Nature a le temps

La Nature, effectivement, opère sur des temporalités longues. Les écosystèmes se régénèrent naturellement lorsqu’on leur en laisse l’opportunité. Par exemple :

  • Régénération naturelle : Dans des zones abandonnées par l’agriculture, comme certaines régions d’Europe de l’Est, les forêts repoussent spontanément en quelques décennies, séquestrant du carbone et restaurant la biodiversité.
  • Résilience des écosystèmes : Les récifs coralliens, bien que menacés, peuvent se rétablir en 10 à 15 ans si la pollution et le réchauffement sont réduits, comme observé dans certaines aires marines protégées.
  • Cycles géologiques : La photosynthèse, a façonné le climat sur des milliards d’années en séquestrant du CO₂ dans les sédiments et les combustibles fossiles. Ce processus lent mais constant continue, à condition qu’on ne le perturbe pas davantage.

« Laisser la Nature gérer tranquillement » est validée par des approches comme le réensauvagement (rewilding). En Europe, des projets comme ceux de la fondation Rewilding Europe montrent que réduire l’intervention humaine (agriculture intensive, chasse) permet aux écosystèmes de se restaurer seuls, avec un retour d’espèces clés comme les bisons, qui restructurent les paysages naturellement.

Intervenir en connaissance de cause

Trop d’interventions humaines ont causé des dommages par manque de compréhension. Par exemple :

  • L’introduction de lapins en Australie au XIXe siècle a dévasté les écosystèmes locaux, car personne n’avait anticipé leur prolifération.
  • Les barrages, souvent construits pour gérer l’eau, ont parfois asséché des zones humides vitales ou perturbé les migrations de poissons.

Pour intervenir intelligemment, il faut :

  1. Étudier les écosystèmes locaux : Chaque région a ses spécificités. Restaurer une savane africaine ne se fait pas comme une forêt tempérée. Les connaissances autochtones, qui intègrent des siècles d’observation, sont souvent plus fiables que des modèles scientifiques récents.
  2. Privilégier des actions minimalistes : Par exemple, protéger les mangroves (qui séquestrent 4 à 5 fois plus de carbone que les forêts terrestres) ou restaurer les tourbières (30 % du carbone terrestre) a un impact immense sans technologies complexes.
  3. Soutenir la photosynthèse : maximiser la photosynthèse (via la reforestation libre, la protection du phytoplancton, ou l’agroforesterie) est une priorité. Mais cela doit se faire avec des espèces adaptées et en respectant les cycles naturels, pas en imposant des monocultures.

Ce que je peux ajouter

  1. Réduire notre empreinte avant tout : Laisser la Nature se régénérer implique de cesser de la détruire. Stopper la déforestation (10 % des émissions mondiales) Stopper le travail mécanique du sol en agriculture (ACS) .
  2. Un changement de paradigme : L’impatience humaine vient d’une vision où nous nous voyons comme des « gestionnaires » de la Nature. Adopter une posture d’humilité, signifie accepter que nous sommes une partie de la Nature, pas ses maîtres. Cela pourrait se traduire par des politiques favorisant la décroissance sélective (moins de surconsommation dans les pays riches) et la protection des espaces sauvages.
  3. Le rôle de l’éducation : Comprendre la Nature passe par une sensibilisation massive. Les jeunes générations, en particulier, doivent apprendre comment fonctionnent les cycles comme la photosynthèse, pour éviter les erreurs du passé.

La Nature est bien plus compétente que nous pour se restaurer, à condition qu’on lui en donne le temps et l’espace. Une stratégie combinant une réduction drastique de notre impact (émissions, déforestation, pollution) et des interventions minimales, guidées par une compréhension profonde des écosystèmes, est probablement la voie la plus sage. Cela répond à l’ idée de « dégager la voie » pour que la Nature fasse son travail, tout en amplifiant des processus comme la photosynthèse.

Proposer un modèle axé sur la protection des écosystèmes existants et la suppression des obstacles plutôt que sur une restauration active est non seulement pertinente, mais aussi alignée avec une approche respectueuse et pragmatique des capacités naturelles de régénération de la Nature. Elle pourrait suffire pour permettre à la Nature de « reprendre ses droits »,

Pourquoi ce modèle est prometteur

  1. Prioriser la protection des écosystèmes existants :
    Protéger ce qui fonctionne déjà est souvent plus efficace et moins risqué que d’essayer de recréer des écosystèmes dégradés. Les écosystèmes intacts, comme les forêts primaires, les mangroves ou les récifs coralliens, sont des puits de carbone, des régulateurs climatiques et des réservoirs de biodiversité. Par exemple :
    • Les forêts tropicales intactes absorbent environ 15 gigatonnes de CO₂ par an, soit près de la moitié des émissions humaines.
    • Les zones humides (tourbières, marais) stockent 30 % du carbone terrestre tout en couvrant seulement 6 % des terres.
    • Les océans, grâce au phytoplancton, produisent 50 à 70 % de l’oxygène planétaire.
      Préserver ces écosystèmes évite des pertes irréversibles. Une fois détruits, certains, comme les tourbières ou les coraux, mettent des siècles, voire des millénaires, à se reformer.
  2. Supprimer les obstacles :
    Les principaux obstacles à la régénération naturelle sont d’origine humaine : agriculture intensive, urbanisation, pollution, et surconsommation des ressources. En les réduisant, on donne à la Nature l’espace et le temps nécessaires pour se rétablir. Des exemples concrets montrent que cela fonctionne :
    • Réensauvagement (rewilding) : Dans des zones comme le parc de Yellowstone (États-Unis), la réintroduction des loups a permis de rééquilibrer les écosystèmes en contrôlant les populations de cerfs, ce qui a favorisé la repousse des végétaux et stabilisé les rivières. Aucun reboisement actif n’a été nécessaire.
    • Abandon agricole : En Europe, des terres agricoles abandonnées (environ 20 millions d’hectares depuis les années 1950) se reboisent naturellement, augmentant la couverture forestière de 8 % entre 1990 et 2015.
    • Aires protégées : Les réserves marines, comme celle de la Grande Barrière de Corail (lorsqu’elles sont bien gérées), permettent aux coraux de se régénérer en réduisant la pêche et la pollution.
  3. Respecter la temporalité de la Nature :
    Comme vous l’avez souligné, la Nature n’est pas pressée. En supprimant les pressions humaines, les écosystèmes peuvent se régénérer à leur rythme. Par exemple, les prairies peuvent se restaurer en quelques années, les forêts secondaires en quelques décennies, et les sols dégradés peuvent regagner leur fertilité rapidement avec des pratiques comme l’ACS. La jachère n’est pas la pratique agricole la plus efficace pour régénérer un sol dégradé …!!

Est-ce que cela pourrait suffire ?

En théorie, protéger les écosystèmes existants et supprimer les obstacles pourrait suffire à permettre à la Nature de reprendre ses droits dans de nombreuses régions, mais il y a des nuances importantes à considérer :

  1. Succès à l’échelle locale :
    Dans des zones où les écosystèmes ne sont pas trop dégradés, cette approche est très efficace. Par exemple, protéger les mangroves en Indonésie a permis de réduire l’érosion côtière et de séquestrer du carbone sans intervention active. De même, réduire l’agriculture intensive dans certaines régions d’Afrique a permis aux sols de se régénérer grâce à la repousse naturelle des plantes.
  2. Limites dans les zones gravement dégradées :
    Dans des cas extrêmes (désertification, sols compactés par l’agriculture intensive, ou océans acidifiés), la régénération naturelle peut être trop lente ou compromise. Par exemple :
    • Les terres désertifiées (qui couvrent 25 % des terres émergées) nécessitent parfois des interventions comme la plantation d’espèces pionnières ou la restauration des cycles de l’eau.
    • Le phytoplancton océanique, menacé par l’acidification (30 % d’augmentation depuis l’ère industrielle), dépend de réductions globales des émissions de CO₂, ce qui dépasse la simple protection locale. Dans ces cas, une intervention minimale et bien informée peut être nécessaire pour amorcer la régénération, mais toujours en s’inspirant des processus naturels.
  3. Dépendance à une action globale :
    La Nature peut se régénérer localement, mais les pressions globales (réchauffement climatique, pollution transfrontalière, commerce mondial de ressources, accords du MERCOSUR ) limitent son efficacité. Par exemple, même en protégeant l’Amazonie, les sécheresses amplifiées par le changement climatique (probabilité de 20 à 40 % de savanisation d’ici 2050) pourraient la transformer en émetteur net de carbone. Supprimer les obstacles implique donc des changements systémiques : réduire les émissions globales (50 % d’ici 2030 pour limiter le réchauffement à 1,5 °C), stopper la déforestation liée à l’agriculture (70 % de la déforestation mondiale), et réguler les industries polluantes.

  1. Un équilibre entre passivité et action ciblée :
    Ce modèle est idéal pour les écosystèmes encore fonctionnels ou modérément dégradés. Pour les zones critiques, une approche hybride pourrait être envisagée : protéger ce qui reste, supprimer les pressions, et intervenir ponctuellement pour catalyser la régénération. Par exemple, la technique de « régénération naturelle assistée » (RNA) consiste à protéger les jeunes pousses naturelles et à éliminer les espèces invasives, sans planter massivement.
  2. Changer les systèmes économiques :
    Les obstacles comme l’agriculture intensive ou l’urbanisation sont ancrés dans des modèles économiques. Passer à une agriculture régénérative de conservation des sols (qui augmente la matière organique des sols de 0,4 % par an, séquestrant potentiellement 10 gigatonnes de CO₂ par an) ou limiter l’étalement urbain (qui consomme 1 million d’hectares de terres agricoles par an dans le monde) nécessite des politiques incitatives, comme taxer les émissions ou subventionner les pratiques durables.
  3. Le rôle des communautés locales :
    Les peuples autochtones et les communautés locales sont souvent les meilleurs gardiens des écosystèmes. Ils protègent 80 % de la biodiversité mondiale sur seulement 25 % des terres. Leur donner des droits fonciers et intégrer leurs savoirs dans les stratégies de protection est essentiel pour réussir ce modèle.
  4. Amplifier la photosynthèse :
    Mettre l’accent sur la photosynthèse, protéger les écosystèmes existants (forêts, prairies, océans) est la meilleure façon de préserver ce processus vital. Par exemple, stopper la déforestation en Amazonie pourrait préserver 90 gigatonnes de carbone stocké, tandis que protéger les océans éviterait la perte de phytoplancton, crucial pour l’oxygène et le carbone.

Conclusion

Oui, je pense que le modèle – protéger les écosystèmes existants et supprimer les obstacles – pourrait suffire dans de nombreux cas pour permettre à la Nature de reprendre ses droits, surtout si on agit avec patience et sur des échelles de temps naturelles. Cependant, son succès dépend de deux conditions : une réduction massive des pressions globales (émissions, pollution, surconsommation, gaspillage alimentaire ) et, dans certains cas, des interventions minimales pour amorcer la régénération dans les zones les plus dégradées. Ce modèle incarne une humilité face à la Nature, reconnaissant qu’elle est souvent plus compétente que nous pour se rétablir, à condition qu’on cesse de l’entraver.

Sensibiliser les populations et les décideurs à l’importance de laisser la Nature agir à son rythme pourrait non seulement renforcer l’efficacité de cette approche, mais aussi en faire un levier de transformation sociétale durable.

Pourquoi l’éducation est cruciale

  1. Changer les mentalités :
    L’impatience humaine découle souvent d’une méconnaissance des processus naturels et d’une vision utilitariste de la Nature (comme une ressource à exploiter ou un problème à « réparer »). Éduquer les populations à comprendre des concepts comme la photosynthèse, les cycles biogéochimiques, ou la résilience des écosystèmes peut favoriser une posture d’humilité et de respect. Par exemple, savoir que la régénération d’une forêt secondaire prend 20 à 40 ans ou que les tourbières stockent 600 gigatonnes de carbone aide à accepter les temporalités longues de la Nature.
  2. Influencer les décideurs :
    Les politiques environnementales sont souvent dictées par des impératifs économiques à court terme. Sensibiliser les décideurs (gouvernements, entreprises, institutions) à l’efficacité des solutions basées sur la Nature (comme protéger les mangroves, qui réduisent l’érosion côtière 10 fois plus efficacement que les digues artificielles) peut réorienter les priorités vers des approches durables. Une étude de l’ONU (2021) montre que les solutions naturelles pourraient fournir 37 % des réductions d’émissions nécessaires d’ici 2030, mais elles restent sous-financées (moins de 3 % des fonds climatiques).
  3. Mobiliser l’action collective :
    Une population informée est plus susceptible de soutenir des politiques écologiques et de modifier ses comportements. Par exemple, la sensibilisation au rôle du phytoplancton (50 à 70 % de l’oxygène mondial) peut encourager le soutien à la protection des océans. En Islande, des campagnes éducatives ont conduit à une réduction de 40 % de la consommation de plastique à usage unique en cinq ans.

Comment l’éducation renforce l’efficacité de ce modèle

  1. Soutenir la protection des écosystèmes :
    Une population éduquée est plus encline à défendre les aires protégées contre les pressions économiques (déforestation, extraction minière). Par exemple, au Costa Rica, où l’éducation environnementale est intégrée dès l’école primaire, 26 % du territoire est protégé, et la couverture forestière a augmenté de 40 % à 54 % entre 1980 et 2020.
  2. Faciliter la suppression des obstacles :
    Comprendre les impacts de l’agriculture intensive (érosion de 24 milliards de tonnes de sols par an) ou de l’urbanisation (1 million d’hectares de terres agricoles perdus annuellement) peut inciter les citoyens à exiger des pratiques durables, comme l’agroécologie , l’ACS ou des urbanismes verts.
  3. Prévenir les interventions maladroites :
    Une meilleure compréhension des écosystèmes réduit le risque d’erreurs, comme planter des monocultures ou introduire des espèces invasives. Par exemple, des programmes éducatifs en Australie ont aidé à limiter la propagation de l’eucalyptus en zones non adaptées, après des erreurs historiques.
  4. Ancrer une vision à long terme :
    En apprenant que la Nature opère sur des échelles de temps longues (par exemple, 10 à 15 ans pour la régénération des coraux ou 100 ans pour un sol fertile), les populations et décideurs peuvent accepter des solutions patientes, comme le réensauvagement ou la régénération naturelle assistée, plutôt que des « solutions rapides » souvent inefficaces.

Suggestions pour intégrer l’éducation

  1. Éducation scolaire et grand public :
    • Intégrer l’écologie et la photosynthèse dans les programmes scolaires dès le plus jeune âge, avec des activités pratiques (jardins scolaires, visites de réserves naturelles). Le modèle finlandais, où les élèves passent 20 % de leur temps en extérieur, montre des résultats positifs sur la conscience écologique.
    • Lancer des campagnes médiatiques simples et accessibles, comme des documentaires ou des infographies sur le rôle des écosystèmes (ex. : « Une mangrove protégée = 4 tonnes de CO₂ séquestrées par hectare par an »).
  2. Formation des décideurs :
    • Organiser des ateliers pour les politiques et les entreprises, en s’appuyant sur des données concrètes. Par exemple, montrer que protéger les forêts évite des coûts climatiques estimés à 3 700 milliards de dollars d’ici 2050 (selon l’OCDE).
    • Collaborer avec des scientifiques et des communautés autochtones pour transmettre des savoirs précis sur les écosystèmes locaux.
  3. Valoriser les savoirs locaux :
    Les communautés autochtones, qui protègent 80 % de la biodiversité sur 25 % des terres, détiennent une connaissance fine des rythmes naturels. Intégrer leurs savoirs dans les programmes éducatifs renforce le respect pour les approches non interventionnistes. Par exemple, les Aborigènes d’Australie utilisent des brûlis contrôlés pour régénérer les paysages depuis 60 000 ans.
  4. Utiliser la technologie :
    Des outils comme les applications de suivi de la biodiversité (ex. : iNaturalist) ou les plateformes en ligne (comme le MOOC de l’UNESCO sur les solutions basées sur la Nature) peuvent rendre l’éducation accessible à grande échelle. Les réseaux sociaux, comme X, peuvent aussi amplifier les messages, avec des campagnes virales sur la photosynthèse ou les écosystèmes.

Limites et défis

  1. Inertie sociale et économique :
    Même avec une éducation massive, les intérêts économiques (industries fossiles, agrobusiness) peuvent freiner les changements. Par exemple, malgré une sensibilisation croissante, la déforestation en Amazonie a augmenté de 11 % entre 2021 et 2022 sous la pression de l’agriculture.
  2. Accès inégal à l’éducation :
    Dans les pays à faible revenu, où 60 % des enfants n’ont pas accès à une éducation de base (UNESCO), intégrer l’écologie est un défi. Des solutions comme les radios communautaires ou les programmes itinérants peuvent pallier ce problème.
  3. Temps nécessaire :
    L’éducation prend du temps pour porter ses fruits, alors que le climat exige des actions rapides (50 % de réduction des émissions d’ici 2030). Elle doit donc s’accompagner de mesures immédiates, comme des lois protégeant les écosystèmes.

Conclusion

Oui, ajouter une dimension éducative renforcerait considérablement l’efficacité de ce modèle. En sensibilisant les populations et les décideurs à la sagesse des rythmes naturels et à l’importance de processus comme la photosynthèse, on peut créer un soutien massif pour protéger les écosystèmes et supprimer les obstacles. Cette approche favorise une transition culturelle vers l’humilité et la patience, alignée avec la temporalité de la Nature. Pour maximiser son impact, l’éducation doit être universelle, pratique, et ancrée dans les savoirs locaux, tout en s’appuyant sur des mesures concrètes pour agir en parallèle.


L’augmentation des risques climatiques représente un défi majeur pour le secteur assurantiel, mais aussi une opportunité pour ces compagnies d’assurance de contribuer activement à des solutions durables

1. L’incidence climatique : un défi crucial pour les compagnies d’assurance

Les compagnies d’assurance sont en première ligne face au changement climatique, car la multiplication des catastrophes naturelles augmente la fréquence et le coût des sinistres. Voici quelques données clés qui illustrent cette situation :

  • Hausse des coûts des sinistres : En 2023, les pertes financières mondiales liées aux catastrophes naturelles ont atteint 250 milliards de dollars, dont une part record de pertes assurées dépassant 1 milliard de dollars par événement extrême. En France, les indemnisations pour les aléas climatiques ont atteint 6,5 milliards d’euros en 2023, faisant de cette année la troisième plus coûteuse pour les assureurs.
  • Augmentation prévue : D’ici 2050, le coût des dommages climatiques en France pourrait croître de 50 %, avec un doublement tous les 30 ans. Les sécheresses, inondations, tempêtes, et le retrait-gonflement des sols argileux (affectant 10,4 millions de maisons) sont particulièrement préoccupants.
  • Risques systémiques : Le changement climatique menace l’assurabilité de certaines zones, risquant de créer des « déserts assurantiels » où les primes deviennent inabordables ou les assureurs se désengagent. Par exemple, la fréquence des sécheresses extrêmes pourrait augmenter de 70 % d’ici 2050

Ces tendances forcent les assureurs à revoir leurs modèles économiques, en ajustant les primes, en renforçant la prévention, et en décarbonant leurs portefeuilles d’investissements. Cependant, cette pression financière pourrait aussi les inciter à soutenir ces modèles , qui réduisent les risques climatiques à la source.

2. Comment ce modèle pourrait aider financièrement les compagnies d’assurance

Ce modèle, qui privilégie la protection des écosystèmes existants (forêts, mangroves, zones humides, phytoplancton) et la suppression des obstacles (agriculture intensive, urbanisation, pollution), est directement aligné avec les intérêts des assureurs, car il réduit les risques climatiques et leurs coûts associés. Voici comment :

  • Réduction des sinistres climatiques :
    Protéger les écosystèmes comme les mangroves ou les forêts, qui agissent comme des barrières naturelles, diminue l’impact des catastrophes. Par exemple, les mangroves réduisent l’érosion côtière 10 fois plus efficacement que les digues, limitant les inondations et les coûts d’indemnisation. De même, préserver les tourbières (30 % du carbone terrestre) ou les forêts (15 gigatonnes de CO₂ absorbées par an) stabilise le climat, réduisant la fréquence des événements extrêmes.
  • Stabilisation des risques à long terme :
    En supprimant des obstacles comme l’agriculture intensive (responsable de 70 % de la déforestation) ou l’urbanisation non contrôlée (1 million d’hectares de terres agricoles perdus par an), votre modèle favorise la régénération naturelle des écosystèmes, renforçant leur résilience. Cela diminue les risques d’érosion des sols, d’inondations, ou de sécheresses, qui coûtent des milliards aux assureurs. Par exemple, restaurer les prairies ou les zones humides peut réduire les dommages liés aux inondations de 30 à 50 % dans certaines régions.
  • Évitement des déserts assurantiels :
    En atténuant les impacts climatiques, le modèle maintient l’assurabilité des zones vulnérables, évitant que les assureurs ne se retirent ou n’augmentent drastiquement les primes. Le rapport Langreney (2024) souligne que sans adaptation, certaines régions françaises pourraient devenir inassurables d’ici 2050. L’ approche préventive répond directement à cet enjeu.
  • Soutien à la photosynthèse :
    Comme souligné, maximiser la photosynthèse (via la protection des forêts, prairies, et phytoplancton) séquestre du carbone et régule le climat. Cela réduit les coûts à long terme pour les assureurs, qui dépendent d’une stabilisation des températures pour limiter les sinistres. Par exemple, préserver l’Amazonie pourrait sauvegarder 90 gigatonnes de carbone stocké, évitant des émissions massives.

En résumé, le modèle, en réduisant les risques climatiques à la source, permettrait aux assureurs de baisser leurs charges de sinistres, de maintenir l’assurabilité, et de réduire leur exposition aux risques systémiques, ce qui améliore leur viabilité financière.

3. Le rôle des compagnies d’assurance dans le financement préalable de ce modèle

Les assureurs, en tant qu’investisseurs majeurs et gestionnaires de risques, ont un rôle clé à jouer dans le financement préalable d’un modèle comme le vôtre. Voici comment ils pourraient contribuer, avec des exemples concrets et des opportunités :

  • Investissements dans la protection des écosystèmes :
    Les assureurs français gèrent 2 628 milliards d’euros de placements (2017), dont 10 % dans des secteurs sensibles à la transition énergétique. Ils pourraient réorienter une partie de ces fonds vers des projets de conservation, comme :
    • Green bonds : En 2020, les assureurs français ont investi 113 milliards d’euros dans des obligations vertes, destinées à des projets écologiques (ex. : protection des mangroves, reforestation). Ces investissements pourraient financer directement la préservation des écosystèmes.
    • Fonds dédiés : Des assureurs comme CNP Assurances soutiennent des initiatives de transition écologique via des fonds spécifiques. Par exemple, financer la protection des tourbières ou des forêts primaires, qui séquestrent des quantités massives de carbone.
    • Projets de réensauvagement : Investir dans des initiatives comme Rewilding Europe, qui restaure des écosystèmes sans intervention massive, pourrait réduire les risques climatiques tout en offrant des retours à long terme.
  • Financement de la suppression des obstacles :
    Les assureurs peuvent inciter à des pratiques durables pour réduire les pressions sur les écosystèmes :
    • Agriculture régénérative : En soutenant financièrement des agriculteurs qui adoptent l’agroécologie (augmentant la matière organique des sols de 0,4 % par an, séquestrant 10 gigatonnes de CO₂), les assureurs réduisent les risques d’érosion et de sécheresse.
    • Urbanisme durable : Investir dans des projets d’urbanisation verte (toits végétalisés, zones tampons contre les inondations) limite l’étalement urbain et protège les écosystèmes. Le Fonds Barnier, financé par les primes d’assurance, pourrait être élargi à ce type de projets.
    • Décarbonation : Des assureurs comme la Macif ont cessé d’investir dans le pétrole et le gaz en 2022. En réorientant ces capitaux vers des énergies renouvelables ou des projets de dépollution, ils réduisent les obstacles climatiques.
  • Assurance paramétrique et incitations à la prévention :
    Les assureurs développent des produits innovants, comme l’assurance paramétrique, qui indemnise automatiquement en cas de dépassement d’un seuil climatique (ex. : précipitations excessives). Ces outils pourraient financer des mesures de protection des écosystèmes en amont, comme des alertes précoces ou des infrastructures résilientes. De plus, en offrant des primes réduites aux entreprises ou collectivités qui protègent les écosystèmes (ex. : reboisement local), les assureurs encouragent des comportements préventifs.
  • Sensibilisation et éducation :
    Comme suggéré, l’éducation est clé. Les assureurs, via des campagnes comme celles d’Assurance Prévention (France Assureurs), sensibilisent déjà aux risques naturels. Ils pourraient financer des programmes éducatifs locaux, comme proposé, pour promouvoir la protection des écosystèmes et la compréhension des rythmes naturels. Par exemple, Covéa a édité un livre blanc sur la prévention climatique et propose des services d’alerte aux sociétaires.
  • Partenariats public-privé :
    Le régime français des catastrophes naturelles (« Cat Nat »), basé sur une mutualisation public-privé, montre que les assureurs peuvent collaborer avec l’État pour financer des solutions systémiques. Un fonds dédié à la protection des écosystèmes pourrait être créé, financé par une surprime ou des investissements assurantiels, comme le Fonds Barnier (200 millions d’euros par an, réduit à 137 millions).

4. Défis et opportunités pour les assureurs

  • Opportunités :
    Financer ce modèle est dans l’intérêt des assureurs, car il réduit leurs risques à long terme tout en renforçant leur image de responsabilité sociétale. Des initiatives comme l’Initiative Ambition Climat (2021) ou la Glasgow Financial Alliance for Net Zero montrent que le secteur est prêt à s’engager. De plus, les investissements verts offrent des rendements stables : les green bonds ont cru de 31 % entre 2019 et 2020.
  • Défis :
    • Court-termisme : Les assureurs sont sous pression pour maintenir leur rentabilité immédiate, ce qui peut limiter les investissements à long terme dans la protection des écosystèmes.
    • Manque de données : Quantifier les bénéfices précis de la protection des écosystèmes (ex. : réduction des sinistres grâce aux mangroves) reste complexe, bien que des outils comme l’indice actuariel climatique progressent.
    • Réglementation : Bien que des cadres comme la loi énergie et climat (2019) ou le règlement SFDR encouragent la décarbonation, ils n’imposent pas directement de financer la conservation des écosystèmes. Une incitation fiscale, comme un bonus-malus basé sur l’exposition climatique, pourrait accélérer cet engagement.

5. Réponse à cette proposition de campagnes éducatives locales

L’ idée de commencer par des campagnes éducatives locales, ciblant des écosystèmes spécifiques (forêts, zones humides), est un excellent premier pas. Les assureurs pourraient jouer un rôle clé ici :

  • Financement des campagnes : Ils pourraient sponsoriser des programmes éducatifs dans des communautés proches d’écosystèmes clés, comme les zones humides (6 % des terres, 30 % du carbone stocké) ou les forêts locales. Par exemple, des ateliers sur la photosynthèse ou la régénération naturelle pourraient être financés via des fonds comme Assurance Prévention.
  • Résultats tangibles : Des projets pilotes, comme protéger une mangrove locale ou restaurer une prairie, peuvent démontrer des bénéfices mesurables (réduction des inondations, séquestration de carbone), incitant d’autres régions à adopter le modèle. Par exemple, la protection des mangroves en Indonésie a réduit les coûts d’inondation de 20 % dans certaines zones.
  • Effet d’entraînement : Les assureurs, en communiquant sur ces succès via leurs réseaux (ex. : plateformes de sensibilisation comme celle de Covéa), peuvent inspirer une adoption plus large. Cela renforce aussi leur image d’acteurs responsables, attirant des clients sensibles aux enjeux climatiques.

Cette approche locale est particulièrement efficace, car elle mobilise les communautés, crée des liens concrets avec les écosystèmes, et produit des résultats visibles rapidement, ce qui peut convaincre les décideurs et les investisseurs, y compris les assureurs, d’élargir le modèle.

Conclusion

L’incidence climatique représente une menace existentielle pour les compagnies d’assurance, mais aussi une opportunité de soutenir ces modèles , qui réduisent les risques à la source. En protégeant les écosystèmes et en supprimant les obstacles, cet approche diminue les sinistres, stabilise l’assurabilité, et soutient des processus vitaux comme la photosynthèse, ce qui profite directement aux assureurs. Ces derniers ont un rôle crucial à jouer dans le financement préalable, via des investissements verts (green bonds, fonds dédiés), des incitations à la prévention (assurance paramétrique, primes réduites), et des campagnes éducatives locales, comme proposeé. Des partenariats public-privé et des incitations réglementaires pourraient amplifier cet engagement.

Je pense que commencer par des campagnes éducatives locales, financées en partie par les assureurs, est une stratégie pragmatique et inspirante. Cela pourrait créer un cercle vertueux, où des résultats tangibles encouragent une adoption plus large. Que pensez d’un mécanisme où les assureurs offriraient des réductions de primes aux communautés ou entreprises qui s’engagent dans la protection locale des écosystèmes ? Cela pourrait-il, accélérer la mise en œuvre de ce modèle ?




Les avantages des cultures de couverture dépendent de la biomasse : de quelle quantité avez-vous besoin ?

4 mars 2025Par Andrew McGuire

La biomasse des cultures de couverture est importante. La biomasse mesure l’énergie supplémentaire que les cultures de couverture apportent au système biologique champ-sol. Elle indique le degré de protection de la surface du sol contre le vent et la pluie. Elle indique la quantité de lumière solaire, d’eau et de nutriments que la culture a prélevée sur les mauvaises herbes. Elle indique également la durée pendant laquelle les racines sont vivantes. Du fait de ces relations, la plupart des bénéfices des cultures de couverture sont liés à la production de biomasse (Wagg et al. 2021).

une personne portant une salopette jaune et un chapeau est agenouillée dans un champ de moutarde avec sa main gauche dans un seau rouge. La moutarde est densément plantée de fleurs jaunes et est plus haute que la tête de la personne agenouillée.
Figure 1. Grâce à la combinaison d’une longue fenêtre de croissance, de l’adéquation des espèces, de la fertilisation et de l’irrigation, une culture de couverture de moutarde dans le bassin irrigué du Columbia, dans l’État de Washington, peut produire plus de 8 000 lb de biomasse par acre (8,9 mg/ha), ce qui lui confère de nombreux avantages. Photo : A. McGuire

Contrôle de l’érosion, bienfaits pour le sol ou suppression des mauvaises herbes, que voulez-vous ?

Si la biomasse est si importante, de quelle quantité avez-vous besoin ? Cela dépend du bénéfice recherché. Des recherches ont estimé des « seuils minimaux de biomasse » pour différentes cultures de couverture. Il ne s’agit pas de points de basculement où, en dessous d’un certain niveau, aucun bénéfice n’est obtenu et au-delà, les bénéfices sont complets, mais plutôt de valeurs approximatives permettant d’évaluer le niveau de bénéfice souhaité. Il s’agit d’une analyse coûts-avantages approximative basée sur les meilleures estimations de la quantité de biomasse nécessaire pour obtenir les bénéfices escomptés. Il s’agit d’objectifs, et non de garanties de succès.

Les services de l’agroécosystème, tels que la construction des sols, la capture des nutriments, la suppression des mauvaises herbes et le contrôle de l’érosion, étaient tous positivement corrélés à la production de biomasse.Wagg et al. (2021)

De faible à élevé, j’aborde ici la quantité de biomasse nécessaire pour (1) la lutte contre l’érosion, (2) les bienfaits pour le sol et (3) la suppression des mauvaises herbes. Tous les niveaux de biomasse sont exprimés en matière sèche.

La biomasse pour le contrôle de l’érosion

L’érosion est l’une des principales raisons de planter des cultures de couverture. Ces cultures, qu’elles soient à la fois ramifiées ou racinaires (voir figure 2), constituent une barrière physique contre le vent, la pluie et le ruissellement des eaux de surface, réduisant ainsi l’érosion. Pour lutter contre l’érosion, la bonne nouvelle est qu’une biomasse, même faible, est préférable, et une quantité plus importante est préférable jusqu’à un certain point. Plutôt que la biomasse, le pourcentage de couverture du sol est plus souvent utilisé pour les évaluations de lutte contre l’érosion, la norme minimale fixée par le NRCS étant de 60 % . Cela correspond à environ 1 420 lb/acre de biomasse (1,5 mg/ha) pour les céréales à paille de saison fraîche. Une couverture du sol de 50 à 70 % (890 à 1 780 lb/acre, 1 à 2 mg/ha) réduira l’érosion d’environ 80 % (Prabhakara et al., 2015).

une rangée de champs non plantée ; la moitié gauche est en grande partie dépourvue de matériel végétal, indique « pas de culture de couverture » et montre des dommages causés par l'érosion et le ruissellement des eaux, le côté droit a les restes de plantes, indique « radis à l'automne » et ne présente aucun dommage dû à l'érosion ou au ruissellement des eaux.
Figure 2. Bien qu’une plus grande quantité soit préférable, même une petite quantité de biomasse peut contribuer à contrôler l’érosion. Ici, une culture de couverture de radis détruite par l’hiver a empêché l’érosion du sol due aux fortes pluies printanières. Extension de l’Université du Nebraska .

Quelques détails importants :

  • Pour les périodes de croissance courtes et à faible potentiel de biomasse, envisagez d’augmenter votre taux de semis. Cela augmentera le pourcentage de sol couvert, un facteur important pour la lutte contre l’érosion.
  • Grâce à leur croissance plus haute, à leur biomasse plus élevée et à leurs résidus plus durables, les cultures de graminées offrent un meilleur contrôle de l’érosion que les légumineuses et autres feuillus.
  • Les champs situés sur des pentes plus raides ou dans des zones à fortes précipitations peuvent avoir besoin d’une biomasse plus élevée pour protéger le sol de l’érosion.
  • Les phénomènes météorologiques extrêmes, qu’ils soient causés par le vent ou la pluie, nécessiteront davantage de biomasse pour protéger les sols.

La biomasse au service des sols

La lutte contre l’érosion est une priorité, car il est impossible d’améliorer un sol qui s’érode. Une fois ce problème résolu, l’amélioration des sols nécessite davantage de biomasse.

Français La biomasse des cultures de couverture améliore les sols par l’enracinement, fournissant aux microbes des exsudats racinaires, récupérant les nutriments et fournissant de la biomasse pour les organismes et la matière organique du sol. Au niveau le plus bas, une biomasse de > 890 lb/acre (~1 Mg/ha) a permis une rétention efficace des nitrates (Hively et al., 2009). Le même niveau était nécessaire pour obtenir des effets positifs de l’azote des cultures de couverture sur la culture commerciale suivante (Blanco-Canqui et al. 2025 ; De Notaris et al., 2018 ; De Notaris et al., 2025). En dessous de ce niveau, les cultures de couverture ont réduit les rendements des cultures commerciales suivantes, probablement en raison de l’immobilisation de l’azote, ou n’ont fourni aucun avantage azoté.

L’augmentation de la matière organique du sol (MOS) est souvent un objectif des cultures de couverture en agriculture régénératrice, et de nombreuses améliorations des autres propriétés du sol découlent d’une augmentation de la MOS. Cependant, cela nécessite encore plus de biomasse. Une analyse des recherches sur les cultures de couverture aux États-Unis21 a révélé que plus de 1 780 lb/acre (2 mg/ha) sont nécessaires pour une augmentation constante de la matière organique du sol (Blanco-Canqui, 2022). Et une seule année ne suffira pas. Cette étude a révélé que plus de cinq ans de ce niveau élevé de biomasse de culture de couverture étaient nécessaires pour augmenter régulièrement la MOS. Pourquoi ? Parce que 90 % de la biomasse est utilisée par les organismes du sol, ne laissant que 10 % pour la MOS . C’est également pourquoi des pratiques telles que le semis direct et la rotation des cultures pérennes sont souvent nécessaires en complément des cultures de couverture pour augmenter la matière organique du sol.

Biomasse pour le contrôle des mauvaises herbes

Les cultures de couverture suppriment les mauvaises herbes en leur soustrayant des ressources : lumière du soleil, eau et nutriments. Certaines cultures de couverture produisent également des substances chimiques qui suppriment les mauvaises herbes ( allélopathie ). Comme pour la lutte contre l’érosion et la santé des sols, une plus grande quantité de cultures de couverture permet un meilleur contrôle des mauvaises herbes (Osipitan et al., 2019), mais pour des niveaux pratiques de suppression, des seuils minimaux sont fixés.

Des méta-analyses ont révélé des niveaux de seuil de biomasse pour diverses régions :

  • Midwest des États-Unis : > 4 460 lb/acre (5 mg/ha) étaient nécessaires pour une réduction de 75 % de la biomasse des mauvaises herbes par les cultures de couverture (Nichols et al., 2020).
  • Sud-est des États-Unis : environ 5 890 lb/acre (6,6 mg/ha) étaient nécessaires pour une suppression des mauvaises herbes à 50 % (Weisberger et al., 2023).

En Pennsylvanie, Finney et al. (2016) ont établi un seuil de biomasse d’environ 5 mg/ha (4 460 lb/acre) pour un contrôle quasi total des mauvaises herbes. Les systèmes biologiques se situent au sommet des besoins en biomasse. Dans le nord-est et le sud-est des États-Unis, plus de 8 mg/ha (7 140 lb/acre) étaient nécessaires pour un contrôle complet des mauvaises herbes pendant toute la saison, tant pour la culture de couverture vivante que pour la culture commerciale suivante (Mirsky et al., 2012, 2013).

Le choix des cultures de couverture, qu’elles soient mixtes, isolées, graminées ou feuillues, est moins important que leur sélection en fonction de leurs caractéristiques intrinsèques de suppression des mauvaises herbes. Parmi ces caractéristiques, selon la littérature, figurent une productivité élevée en biomasse et des résidus persistants.Osipitan et al. 2018.

Plusieurs études ont montré que les mélanges de cultures de couverture présentaient les mêmes performances que les monocultures les plus efficaces pour supprimer les mauvaises herbes (Bybee-Finley et al., 2017 ; Finney et al., 2016 ; MacLaren et al., 2019 ; Smith et al., 2020 ; voir également Florence et McGuire, 2020 pour les résultats généraux des monocultures et des mélanges). Qu’il s’agisse d’un mélange ou d’une monoculture, la biomasse des cultures de couverture était le meilleur indicateur de la suppression des mauvaises herbes (MacLaren et al., 2019).

Gerhards et al. (2024) ont constaté que la plupart des espèces de cultures de couverture nécessitaient 3 mg/ha ou plus pour un désherbage efficace, mais que la biomasse nécessaire pouvait être moindre si elles permettaient également de lutter contre les adventices allélopathies. D’autres facteurs importants influencent le désherbage des cultures de couverture, car la biomasse n’est pas toujours liée au degré de désherbage (Rouge et al., 2022 ; Leskovšek et al., 2025).

Tableau 1. Seuils minimaux de biomasse pour les cultures de couverture par objectif.

ButAvantagesSeuil de biomasseSources
Contrôle de l’érosion~80 % de réduction de l’érosion dans des conditions normales (60 % de couverture de résidus)~1 420 lb/acre
(1,5 mg/ha)
NRCS, Prabhakara et al. (2015)
Avantages pour le solContribution positive de l’azote 890 lb/acre
 1 mg/ha)
De Notaris et al. (2025)
Réduction des nitrates dans le sol 890 lb/acre
 1 mg/ha)
Hively et coll. (2009), Prabhakara et al. (2015)
Augmentation constante de la matière organique du sol 1 800 lb/acre
 2 mg/ha)
Blanco-Canqui (2022)*
Suppression des mauvaises herbesSuppression générale des mauvaises herbes 2 700 lb/acre
 3 mg/ha)
Bybee-Finley et coll. (2017), Finney et coll. (2016), Gerhards et coll. (2024), Nichols et al. (2020)*, Smith et coll. (2020).
50 % de réduction de la densité des mauvaises herbes 5 900 lb/acre
 6,6 mg/ha)
Weisberger et al. (2023)*
Désherbage biologique sans labour, toute la saison 7 200 lb/acre
 8 mg/ha)
Mirsky et al. (2012), Mirsky et al. (2013).

Les méta-analyses et les revues sont marquées d’un astérisque *.

un graphique avec trois barres verticales vertes montrant la biomasse des cultures de couverture sur l'axe vertical et le contrôle de l'érosion, les avantages pour le sol et la suppression des mauvaises herbes sur l'axe horizontal. Le contrôle de l'érosion prend le moins de biomasse, suivi des avantages pour le sol, puis de la suppression des mauvaises herbes.
Figure 3. Graphique représentant les différents seuils de biomasse des cultures de couverture. Plus la biomasse est importante, plus les bénéfices sont importants, jusqu’à un certain point.

Gestion des cultures de couverture pour la production de biomasse

Il existe deux approches pour gérer les cultures de couverture pour la production de biomasse :

  1. Déterminez votre fenêtre de croissance disponible pour votre saison de culture commerciale et adaptez la gestion en fonction de la biomasse que cette fenêtre peut produire. La fenêtre de croissance de la culture de couverture déterminera son potentiel de biomasse, ce qui déterminera les bénéfices que vous pouvez en attendre.
  2. Choisissez votre objectif de culture de couverture (contrôle de l’érosion, amélioration du sol ou suppression des mauvaises herbes) et ajustez votre fenêtre de croissance pour obtenir la biomasse nécessaire.

Quoi qu’il en soit, vous obtiendrez un ou plusieurs objectifs pour votre culture de couverture, une fenêtre de croissance et un objectif de biomasse estimé.

Les seuils et les bénéfices de biomasse étant liés à la biomasse physique elle-même, ils ne devraient pas varier beaucoup selon la région, le climat, le type de sol ou l’espèce de culture de couverture. 900 kg/acre de biomasse est le même, que ce soit dans l’ouest aride ou dans l’est humide. Ce qui variera, c’est la manière dont votre objectif de biomasse sera atteint, qui dépend de nombreux facteurs :

  • Fenêtre de croissance des températures et des précipitations
  • Sélection des espèces
  • Taux de semis
  • État nutritionnel du sol

Pour le gérer, mesurez-le

Les deux approches de couverture végétale (fenêtre de croissance ou objectif) nécessitent une estimation de la production de biomasse pour une fenêtre de croissance donnée. Obtenir des chiffres précis est difficile, mais quelques sources peuvent s’avérer utiles.

Sauf dans le sud des États-Unis et les régions côtières tempérées, de nombreuses périodes de croissance ne comprenant que la fin de l’automne et le début du printemps ne produiront que suffisamment de biomasse pour lutter contre l’érosion, sans autre objectif. Une plantation à la fin de l’été ou au début de l’automne, ou une fin de semis à la fin du printemps, produira des niveaux de biomasse plus élevés, à la fois pour lutter contre l’érosion et pour préserver la santé des sols. Les niveaux de biomasse les plus élevés, nécessaires à la suppression des mauvaises herbes, nécessiteront à la fois une plantation précoce à la fin de l’été et une fin de semis tardive à la fin du printemps.

Selon votre région, vous pouvez utiliser des calculateurs de cultures de couverture pour votre planification : le Nebraska , l’Est des États-Unis et les 25 États de l’Est et du Sud couverts par le sélecteur d’espèces de cultures de couverture . Enfin, renseignez-vous auprès de votre service de vulgarisation agricole. Il dispose peut-être de données locales. La mesure de la biomasse des cultures de couverture au champ est également une option. Il existe les méthodes courantes de coupe et de pesée ( vidéo ici ), mais plusieurs projets de recherche ont cherché à simplifier l’estimation de la biomasse des cultures de couverture. Eric Brennan, de l’USDA-ARS, a développé « une méthode simple, rapide, conviviale et robuste » basée sur la longueur de la tige principale d’une culture de couverture céréalière. Voici sa vidéo présentant la méthode. Une vidéo du service de vulgarisation de l’Université d’État de l’Iowa montre comment utiliser une méthode visuelle pour estimer la biomasse du seigle. Enfin, il existe une méthode de pointe utilisant l’imagerie 3D et la géostatistique .

Gérer en fonction de la biomasse attendue

Niveau 1 : pour une culture de couverture à faible biomasse avec un seul objectif : assurer autant de contrôle de l’érosion que possible

  • Planter le plus tôt possible, terminer le plus tard possible.
  • Choisissez une espèce de culture de couverture qui est à la fois bien adaptée à votre courte fenêtre de croissance et dont les semences sont peu coûteuses.
  • Augmenter le taux de semis autant que possible sur le plan économique.

Niveau 2 : Pour le contrôle de l’érosion et les bienfaits pour le sol

  • Tout ce qui précède, plus,
  • Envisagez d’utiliser un mélange de deux espèces de cultures de couverture, une légumineuse et une non-légumineuse.
  • Envisagez de fertiliser la culture de couverture si les carences en nutriments peuvent limiter la production de biomasse.

Niveau 3 : Pour le contrôle de l’érosion, les bienfaits pour le sol et la suppression des mauvaises herbes

  • Tout ce qui précède, plus,
  • Utilisez une monoculture de graminées ou un mélange de cultures de couverture légumineuses-graminées pour une meilleure suppression des mauvaises herbes par la culture de couverture vivante et ses résidus après la fin du semis.

Comme pour une grande partie de l’agriculture, il s’agit d’un processus d’optimisation de la durée de la fenêtre de croissance, de la température, de l’ensoleillement, des niveaux de nutriments du sol, de l’approvisionnement en eau et des espèces de plantation, avec plusieurs compromis importants :

  • Saison des cultures commerciales vs. durée de la fenêtre de croissance des cultures de couverture vs. biomasse/avantages.
  • Biomasse/avantages vs. utilisation de l’eau par la culture de couverture.

La biomasse des cultures de couverture offre des avantages

Il n’est pas surprenant que la biomasse soit essentielle aux bénéfices des cultures de couverture. En écologie, la productivité de la biomasse est souvent utilisée comme mesure de la santé ou du fonctionnement des écosystèmes. La biomasse est la protection physique du sol, l’énergie qui alimente toute la biologie et la suppression compétitive des mauvaises herbes. Pour tirer profit des cultures de couverture, privilégiez la production de biomasse.

Références

Blanco-Canqui, H. 2022. Cultures de couverture et séquestration du carbone : leçons tirées d’études américaines. Soil Science Society of America Journal 86(3) : 501–519. doi : 10.1002/saj2.20378 .

Blanco-Canqui, H., SJ Ruis, M. Mamo, CA Shapiro, C. Proctor, et al. 2025. Semis intercalaire d’une culture de couverture dans un loam sableux irrigué pendant 6 ans : sol, culture et réponse économique. Agronomy Journal 117(1) : e70013. doi : 10.1002/agj2.70013 .

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Les cultures commerciales et leurs résidus sont les meilleures cultures de couverture

2 juin 2025Par Andrew McGuire

un champ de chaumes de blé doré après la récolte.
Figure 1. Les résidus de cultures commerciales comme le blé peuvent être gérés de manière à offrir bon nombre des mêmes avantages que les cultures de couverture.

Réfléchissez-y. Si une culture commerciale offre tous les avantages d’une culture de couverture et génère des bénéfices, doit-on la considérer comme telle ? L’ Association nationale des producteurs de blé est du même avis. Elle demande au Service de conservation des ressources naturelles (NRCS) de publier une note technique reconnaissant le blé d’hiver comme culture de couverture, même une fois récolté. Son argument est que le blé d’hiver, bien géré, offre des avantages équivalents, voire supérieurs, aux cultures de couverture traditionnelles en matière de contrôle de l’érosion, de récupération des nutriments, de perturbation des cycles de ravageurs et d’amélioration de la santé des sols (Simão et al., 2024). Les producteurs de blé ont raison.

Nous distinguons les cultures de couverture reconstituantes des cultures commerciales rentables. Cependant, de nombreuses cultures commerciales, notamment les céréales à forte teneur en résidus comme le blé (figure 1), le maïs et le riz, surpassent les cultures de couverture conventionnelles pour des services clés. Elles peuvent surpasser les cultures de couverture car elles sont cultivées dans de meilleures conditions, avec des semences, des intrants et une gestion plus performants ; autant d’avantages inhérents aux cultures commerciales.

Nous avons souligné que si vous regardez ce que l’USDA classe comme culture de couverture, le blé d’hiver coche toutes les cases .Andy Juris

À quoi sert une culture de couverture ?

Les cultures de couverture sont cultivées pour :

  • Protéger la surface du sol de l’impact des gouttes de pluie et empêcher l’imperméabilisation et la formation de croûtes de surface associées
  • Réduire l’érosion
  • Récupérer les nutriments
  • Supprime les mauvaises herbes
  • Construire des sols en :
    • Nourrir les organismes du sol
    • Ajout de matière organique
    • Créer des pores racinaires
    • Briser les couches compactées
  • Fournir un habitat aux organismes bénéfiques
  • Briser les cycles des ravageurs

Ces avantages sont largement liés à la production de biomasse (Wagg et al., 2021). Plus une culture produit de biomasse, plus elle peut fournir de services. Et c’est là que les cultures commerciales excellent dans la biomasse.

Les cultures commerciales produisent une grande biomasse

Parce que les agriculteurs cultivent des cultures commerciales à des fins lucratives, elles sont gérées de manière intensive : variétés sélectionnées de manière extensive, semences de haute qualité, dates de semis idéales, fertilité optimale et lutte contre les ravageurs et les mauvaises herbes. Cela se traduit par une production de biomasse accrue. Même à culture identique (par exemple, le blé d’hiver), la version cultivée pour les céréales produira plus que la version semée comme culture de couverture. Ce principe s’applique en toute saison. Comparés aux cultures de couverture d’été, le maïs ou le riz de culture commerciale produisent davantage de biomasse aérienne et souterraine. Une biomasse plus importante signifie un potentiel accru de protection des sols, de recyclage des nutriments et d’apport de carbone, tant pendant la croissance qu’après la récolte .

Résidus de culture : cultures de couverture méconnues

Bien que les plantes vivantes soient importantes, les résidus des cultures céréalières à forte teneur en résidus dépassent souvent la biomasse de nombreuses cultures de couverture. La biomasse résiduelle aérienne estimée après la récolte de maïs en sec et irrigué, avec des rendements de 175 et 250 boisseaux/acre, est de 4,2 et 6,2 tonnes/acre (9,4 et 13,9 mg/ha). Après des rendements de blé en sec et irrigué de 80 et 150 boisseaux/acre, il reste 2,1 et 3,9 tonnes/acre de résidus (4,7 à 8,7 mg/ha). À comparer à la biomasse typique des cultures de couverture hivernales, de 1 à 3 tonnes/acre, jusqu’à 4 tonnes/acre avec un semis au début de l’automne et une fin de semis à la fin du printemps. Comme l’observe Smil (1999), « Compte tenu de la biomasse produite, les résidus de culture constituent la principale culture agricole. » Et en raison de cette biomasse substantielle, les résidus de culture provenant de cultures à forte teneur en résidus offrent bon nombre des mêmes avantages que les cultures de couverture, surtout s’ils sont bien gérés (Simao et al., 2024).

Comme pour les cultures de couverture , les bénéfices des résidus dépendent des niveaux de biomasse (figure 2).

Un graphique à barres verticales comparant les cultures de couverture et les résidus de culture dans les domaines (de gauche à droite) du contrôle de l'érosion, des avantages pour le sol et de la suppression des mauvaises herbes.
Figure 2. Quantités de biomasse de culture de couverture et de résidus de cultures commerciales pour divers avantages.

Même le fait que les résidus soient morts présente certains avantages. Contrairement aux cultures de couverture vivantes , les résidus de culture n’utilisent pas d’eau, un avantage crucial dans les systèmes arides où la conservation de l’eau est souvent la priorité absolue. Et si la couverture résiduelle est suffisante, elle préserve l’eau en réduisant l’évaporation (Ranaivoson et al., 2017).

Un graphique à barres horizontales. La barre supérieure, intitulée « Gestion des résidus », est mise en évidence et représente une augmentation de près de 500 % de l'efficacité moyenne pondérée (EMP). La barre inférieure, intitulée « Fréquence des cultures de couverture », est mise en évidence et représente une augmentation d'environ 25 % de l'EMP.
Figure 3. Classement de l’importance des facteurs augmentant la matière organique du sol à partir d’un modèle biophysique, la gestion des résidus de culture venant en tête et la fréquence des cultures de couverture en bas. D’après Stella et al. (2019) , licence CC3 .

Enfin, comme les cultures de couverture, les résidus de cultures morts constituent une source de matière organique pour le développement du sol (figure 3). On pense que les résidus de cultures constituent une source majeure de matière organique dissoute qui nourrit les organismes du sol (Chantigny, 2003 ; Haynes, 2005 ; Schomberg et al., 1994).

La matière organique dissoute représente une source d’énergie mobile dans les sols.Haynes, 2005

Tout cela signifie que la gestion des résidus est très importante.

Une gestion efficace des résidus améliore les impacts positifs des résidus de culture

Historiquement, l’accent était mis sur l’élimination des « déchets » pour permettre les semis ou le désherbage. Aujourd’hui, cependant, les résidus de culture devraient être considérés comme des ressources essentielles au maintien de la productivité. Gérés avec discernement, ces matériaux sont plus précieux que de nombreuses cultures de couverture traditionnelles. L’agriculture de conservation reconnaît ce changement de perspective et fait de « maintenir le sol couvert » l’un de ses trois principes fondamentaux. Cet objectif est à la fois pratique et efficace, contrairement au slogan de l’agriculture régénératrice qui consiste à « maintenir les racines vivantes dans le sol », qui peut s’avérer difficile à atteindre dans de nombreuses situations.

De toute évidence, les résidus de culture doivent être traités comme une ressource renouvelable précieuse à gérer avec soin pour maintenir la qualité des sols et favoriser la productivité des cultures.Sourire (1999)

Systèmes de culture à gestion intensive

La production de biomasse est à la base des bénéfices offerts par les cultures de rente et les cultures de couverture. Elle représente l’énergie captée par la photosynthèse qui alimente non seulement l’agroécosystème, mais aussi, in fine, nous-mêmes. Par conséquent, dans les limites du climat, de la gestion et des conditions de marché, cela signifie viser à remplir la saison de croissance avec des cultures de rente productives. Des techniques telles que la double culture, la culture en relais et la transformation des cultures de couverture en cultures de rente peuvent prolonger la saison de croissance, maintenir une couverture continue du sol et des résidus, et favoriser la santé des sols tout en générant des revenus.

Doubles récoltes

La double culture, pratique consistant à cultiver deux cultures la même année, devient de plus en plus viable en raison du changement climatique et de l’allongement des saisons de croissance. Le semis sans labour et la gestion des résidus de culture permettent des rotations plus rapides entre les cultures. Ces systèmes permettent de tirer pleinement parti des fenêtres de semis et de récolte plus longues. Des outils comme les analogues climatiques peuvent aider à identifier de nouvelles opportunités lorsque des saisons plus longues et des conditions météorologiques changeantes rendent possibles des cultures supplémentaires.

chaume de luzerne brune dans un champ avec des rangées de haricots verts plantés dans le chaume
Figure 4. Un exemple de double culture : des haricots secs comestibles plantés en bandes dans un peuplement de luzerne après la première coupe.

Pour réussir, les agriculteurs peuvent être amenés à choisir des variétés à cycle plus court ou à modifier leurs techniques de semis, par exemple en utilisant le labour en bandes pour une luzerne (figure 4). Bien que chaque culture d’un système de double culture puisse ne pas atteindre son plein potentiel de rendement, la production combinée peut dépasser celle d’une seule culture. Ceci est avantageux dans les régions où les précipitations dépassent les besoins en eau d’une seule culture. Parmi les exemples efficaces utilisés ici, dans le bassin du Columbia, dans l’État de Washington, on peut citer les séquences pois verts-maïs doux, le foin de fléole suivi de haricots secs, ou le blé suivi de sarrasin. La culture continue réduit les inquiétudes concernant la faible quantité de résidus, car la couverture du sol est régulièrement renouvelée par la culture suivante.

Cultures relais

La culture en relais est un système qui consiste à planter une seconde culture dans une culture existante avant sa récolte. Ce chevauchement intentionnel prolonge la productivité de la saison de croissance et maintient une couverture végétale continue, contribuant ainsi à améliorer la santé des sols, à réduire l’érosion et à optimiser l’utilisation des précipitations et de l’ensoleillement. Contrairement à la culture intercalaire, qui nécessite le partage de l’espace entre les cultures, la culture en relais échelonne les besoins des cultures dans le temps, réduisant ainsi la concurrence directe pour les ressources essentielles comme la lumière, l’eau et les nutriments.

Le succès d’un système de relais repose sur deux facteurs clés : le timing et la compatibilité des cultures. Le semis et la récolte doivent être synchronisés afin de minimiser les interférences et d’optimiser la croissance des deux cultures. Il est essentiel de sélectionner des cultures capables de tolérer la présence de l’autre sans perte de rendement significative. Un exemple notable est le système blé-soja développé par Jason Mauck ( sur X ) et d’autres. Le soja est semé dans du blé sur pied, une pratique qui permet de capter davantage de lumière et d’humidité tout en maintenant la couverture du sol tout au long de la saison. Ces systèmes ne fonctionnent que lorsque les précipitations ou l’irrigation sont suffisantes pour assurer des rendements rentables des deux cultures.

Transformer les cultures de couverture en cultures commerciales

Finalement, la voie la plus productive ne consiste peut-être pas à choisir entre cultures de rente et cultures de couverture, mais à repenser leur compatibilité. Le compromis fondamental réside ici entre le rendement des cultures de rente et la biomasse des cultures de couverture, tous deux dépendant de la durée de la saison de croissance optimale de chaque culture. Lorsqu’une culture est rentable, elle bénéficie de l’attention de gestion, des intrants et du timing rigoureux dont bénéficient les cultures de rente. Ce changement – ​​traiter les cultures de couverture comme des cultures de rente – peut accroître leur valeur et leur efficacité. Le pâturage d’une culture de couverture en est un exemple évident. Un cas plus avancé est celui du tabouret des champs , une espèce autrefois négligée, aujourd’hui transformée en une culture annuelle d’hiver offrant un potentiel commercial. Cette transformation s’accompagne d’une meilleure gestion, de meilleures semences et de meilleurs résultats pour les sols et les revenus.

Cultures commerciales pour les profits et la gestion

Il semble que tout ce qu’une culture de couverture peut faire, une culture commerciale et ses résidus peuvent le faire mieux et de manière plus rentable. En fin de compte, la question n’est pas seulement « Quelle culture de couverture planter ? », mais plutôt « Comment gérer mon système de culture, résidus compris, pour en faire plus ? » Avec la bonne approche, les cultures céréalières à haute teneur en résidus, les successions culturales diversifiées et la gestion des résidus peuvent égaler, voire dépasser, les avantages écologiques des cultures de couverture traditionnelles, tout en soutenant l’activité agricole.

Références

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https://csanr.wsu.edu/cash-crops-and-their-residues-are-the-best-cover-crops

Eau : « Chaque goutte de pluie doit passer par les sols » explique le chercheur Laurent Denis

https://www.francebleu.fr/emissions/a-votre-service-par-ici-poitou/eau-chaque-goutte-de-pluie-doit-passer-par-les-sols-explique-le-chercheur-laurent-denis-9177135

La disponibilité de l’eau douce devient une vraie préoccupation. Le cycle de l’eau est très perturbé par nos besoins, mais retrouver un cycle vertueux est tout à fait possible grâce à l’évapotranspiration des arbres, estime le chercheur indépendant Laurent Denise.

La question de l’eau n’est pas tout à fait un jeu d’enfant. Et pourtant, il y a une logique implacable. « On a tout ce qu’il faut, il faut juste mettre les pièces du puzzle dans le bon sens« , explique Laurent Denise, chercheur indépendant sur le lien entre le climat, l’eau et la biodiversité. Pour faire baisser la température, il faut arroser. L’écart de température de la terre entre un champ vert et un champ sec peut être considérable pour une raison simple, « l’évaporation de l’eau absorbe 60% de l’énergie solaire qui arrive au sol.« 

Le chercheur alerte sur la spirale infernale entre sécheresse et inondations. Plus il y a de sécheresse, plus il y a aussi des inondations. Explications. « Si vous n’avez pas de couverture végétale pour retenir l’eau, vous avez une inondation. Et comme vous n’avez pas retenu l’eau, vous avez une sécheresse. Comme vous n’avez pas d’eau pour évacuer la chaleur, vous avez une canicule. » Elle-même entraînant des feux de forêt. CQFD. C’est la spirale infernale de la désertification des continents. Il y a 8000 ans, le Sahara était vert. « C’était une forêt de type équatorial avant de perdre ses arbres et de devenir un désert. On ne sait pas pourquoi les arbres ont disparu, mais on sait que la disparition des arbres provoque la désertification« , précise le chercheur. Mais les choses changent doucement. L’Afrique du Nord reverdit ce que prouvent les images de la NASA. Ce qui modifie la circulation atmosphérique, affectant même le climat de la péninsule ibérique, comme lors des inondations en Espagne d’octobre 2024. Les circulations ont changé, du coup, les modèles météo ne sont plus capables de faire des prévisions fiables au-delà de 15 jours.

La forêt est la plus grosse pompe à eau

Le moteur de la machine climat, c’est la forêt. On décrit souvent l’arbre comme un gros consommateur d’eau, mais il rend plus d’eau qu’il n’en consomme. Selon l’Office National des forêts, un chêne peut rejeter 1 000 litres d’eau par jour, 75 pour un bouleau. Les feuillus sont les arbres qui produisent le plus d’eau, les conifères ont peur d’intérêt pour la production d’eau. « En fait, on ne consomme pas l’eau, on la fait circuler. La forêt est la plus grosse pompe à eau qu’on connaisse. Une forêt va évaporer 500 mm d’eau à l’année et va provoquer 750 mm de pluie.« . Par le phénomène d’évapotranspiration, elle génère ses propres pluies. Ce sont les vents qui font circuler cette eau. Si une surface ne génère pas d’évapotranspiration, il n’y aura pas de pluie. C’est exactement ce qui se passe dans les déserts. C’est aussi ce qui explique les températures toujours plus élevées dans les zones urbanisées. « Il n’y a pas d’autre solution sur terre pour faire reculer un désert que d’amener de la végétation et du vivant. Quand la densité végétale diminue, les accidents climatiques augmentent.« 

« Il ne faut rien jeter dans la rivière« 

L’autre gros problème de l’eau, c’est la perte par ruissellement. On a longtemps cru que les pluies se formaient sur les mers et tombaient ensuite sur les continents. Une étude de l’INRAE de 2019 montre une autre réalité. « 70% des pluies qui tombent chez nous viennent de l’évapotranspiration des sols » explique Laurent Denise. Toute l’eau qui part dans les rivières rejoint les fleuves qui se jettent ensuite dans la mer. On perd à chaque fois de l’eau douce pour alimenter de l’eau salée. Les deux tiers qui partent à la mer seraient pourtant bien utiles pour les terres. « L’objectif partout en Afrique, c’est zéro ruissellement de surface. C’est-à-dire retenir l’eau dans les terres pour végétaliser et remettre du vivant, donc de la photosynthèse qui est la base. » Pas besoin pour autant de dépenser des fortunes pour changer le cours des choses. « Si vous ne voulez pas accélérer le retour à la mer, il ne faut rien jeter dans la rivière. Tout ce que vous prélevez, tout ce que vous avez, tout ce qui coule en surface, en amont de la rivière, doit être retenu. » Ce qui au passage éviterait aussi la pollution de la rivière. « Pour résoudre le gros souci de pollution et d’inondation, il faut déconnecter la rivière.« 
À l’échelle de notre jardin individuel, toute récupération d’eau évite d’envoyer l’eau dans la rivière. Quand on stocke de l’eau pour son jardin, son potager, on rend cette eau de pluie à la terre. « Le but est de maintenir les 5 cm de sol toujours vivant, frais et vivant, donc pas l’asphyxier, pas le noyer sous l’eau. Chaque goutte de pluie doit passer par les sols et pas aller directement à la rivière.« , détaille le chercheur.

Il est tout à fait possible d’agir même si nous subissons les choix faits à l’autre bout de la planète. « On va subir un changement global et il faut raisonner en local » estime Laurent Denis. La rivière ne peut pas dépolluer, en raison du manque d’oxygène. Reste qu’il faut quand même dépolluer les eaux usées, mais les stations d’épuration ont leur limites. « Un milieu aquatique n’a pas assez d’oxygène pour oxyder les polluants et les dégrader. » Heureusement, il existe une solution naturelle, autrement plus efficace. « Plutôt que de faire une station d’épuration, vous faites de l’épandage dans des champs de biomasse. » Les saules et les peupliers avec leur gros système racinaire, leur forte consommation d’eau, de phosphate et de nitrate sont les essences les plus efficaces. Ces arbres coupés régulièrement peuvent servir aussi à produire du bois.

« Il pleut tout le temps parce que c’est vert« 

Les réserves d’eau font énormément débat. Mais pas question de pointer du doigt les agriculteurs pour Laurent Denise. « Je pars du principe qu’un agriculteur n’est pas un consommateur d’eau, mais un producteur de pluie. L’agriculteur a besoin de verdir plus. Si on veut verdir l’agriculture, c’est avec des champs verts et surtout pas avec des déserts et des champs secs. Si vous laissez sécher la terre, vous coupez le cycle de l’eau. » Maintenir ce cycle de l’eau éviterait à la fois l’irrigation et les retenues d’eau. « Mais il faut donner des moyens aux agriculteurs de maintenir en vie les sols, de manière à ne jamais arrêter la pompe. » Car réamorcer la pompe coûte de l’eau et de l’énergie. Le tout est de trouver l’équilibre entre la puissance des arbres pour produire de la pluie et de cultiver les terres pour nourrir la planète. L’élevage va contribuer à enrichir les sols avec l’apport de bactéries et de champignons. L’agroforesterie et l’agriculture de conservation des sols sont des pratiques intéressantes. « Prenez la Normandie, on pense : c’est vert parce qu’il pleut tout le temps. On prend le problème à l’envers. Il pleut tout le temps parce que c’est vert. » La boucle est bouclée.

Proposition de programme de lutte allélophatique contre le chiendent

Voici une idée d’une stratégie continue de lutte contre le chiendent en agriculture de conservation des sols (ACS) biologique tout à fait pertinente. Elle vise à maintenir une pression constante sur cette adventice vivace tout au long de l’année, en enchaînant des mélanges de plantes complémentaires (allélopathiques, compétitives, décompactantes) sur plusieurs saisons, sans glyphosate ni labour. L’objectif est d’épuiser les rhizomes du chiendent, limiter sa repousse et repartir l’année suivante avec un contrôle durable, tout en respectant les principes de l’ACS (couverture permanente, biodiversité, fertilité). Voici une proposition détaillée pour un programme sur deux ans :


Stratégie globale

  • Principe : Combiner des plantes à croissance rapide (été) et longue (hiver/printemps) pour étouffer, inhiber et épuiser le chiendent, avec une succession qui maintient le sol couvert et actif toute l’année.
  • Critères : Inclure des espèces allélopathiques, compétitives, mellifères (pour la biodiversité) et, si possible, décompactantes ou fixatrices d’azote.
  • Durée : Une première année offensive (fin printemps à automne), suivie d’une deuxième année de consolidation.

Année 1 : Offensive initiale

Phase 1 : Fin de printemps (mai-juin) – Mélange estival précoce

Mélange proposé : Sorgho fourrager + Moutarde blanche

  • Composition :
    • Sorgho (15-20 kg/ha) : Allélopathie (sorgolactone, dhurrine), biomasse massive (5-10 t/ha), concurrence racinaire profonde (1-1,5 m).
    • Moutarde (5-10 kg/ha) : Allélopathie (glucosinolates biofumigants), croissance rapide, décompaction (racine pivotante).
  • Rôle :
    • Étouffer les pousses de chiendent par une couverture dense et rapide.
    • Inhiber la germination et affaiblir les jeunes rhizomes via l’allélopathie combinée.
    • Préparer le sol (décompaction légère avec les racines) pour la phase suivante.
  • Durée : Mai à août (3 mois).
  • Gestion :
    • Semis fin mai après une culture précoce (ex. : orge) ou sur sol nu.
    • Destruction par roulage ou fauche début août, avant que la moutarde ne monte trop en graines.
  • Atouts : Mellifère (moutarde), forte biomasse, adapté aux étés chauds.

Phase 2 : Fin d’été/automne (août-octobre) – Mélange de transition

Mélange proposé : Sarrasin + Vesce commune

  • Composition :
    • Sarrasin (50-60 kg/ha) : Allélopathie (composés phénoliques), couverture rapide, étouffement.
    • Vesce (15-20 kg/ha) : Fixation d’azote (100-150 kg/ha), croissance rampante pour combler les espaces.
  • Rôle :
    • Maintenir la pression sur le chiendent après le sorgho/moutarde avec une nouvelle vague allélopathique (sarrasin).
    • Épuiser les repousses automnales par compétition et enrichir le sol (vesce).
  • Durée : Août à novembre (2-3 mois).
  • Gestion :
    • Semis mi-août après destruction du premier mélange.
    • Détruit par gel naturel (vesce et sarrasin sensibles) ou roulage fin automne.
  • Atouts : Mellifère (sarrasin), azote pour la suite, cycle court.

Phase 3 : Hiver/printemps (novembre-avril) – Mélange hivernal

Mélange proposé : Seigle + Trèfle incarnat

  • Composition :
    • Seigle (120-150 kg/ha) : Allélopathie puissante (benzoxazinones), biomasse abondante (5-8 t/ha).
    • Trèfle incarnat (15 kg/ha) : Fixation d’azote, couverture basse, mellifère au printemps.
  • Rôle :
    • Épuiser les rhizomes du chiendent pendant sa dormance hivernale par compétition racinaire et allélopathie.
    • Prévenir toute repousse printanière grâce à une couverture persistante.
  • Durée : Novembre à avril/mai (6 mois).
  • Gestion :
    • Semis fin octobre/début novembre après le sarrasin/vesce.
    • Destruction par roulage début mai avant culture principale (ex. : maïs, soja).
  • Atouts : Résistance au froid, mellifère (trèfle), azote.

Année 2 : Consolidation et contrôle durable

Phase 4 : Printemps/été (mai-septembre) – Couvert longue durée

Plante proposée : Luzerne (Medicago sativa)

  • Composition : Luzerne seule (10-15 kg/ha) ou avec un semis d’appoint (ex. : trèfle blanc à faible dose).
  • Rôle :
    • Maintenir une couverture dense et pérenne pour empêcher la réinstallation du chiendent.
    • Épuiser les derniers rhizomes par compétition racinaire profonde (1-2 m) sur plusieurs saisons.
    • Inhiber légèrement via une allélopathie faible (saponines).
  • Durée : Mai année 2 à printemps année 3 (1-2 ans).
  • Gestion :
    • Semis fin mai après destruction du seigle/trèfle.
    • Laisser en place 1 à 2 ans (fauche ou pâturage possible), puis détruire pour une nouvelle culture.
  • Atouts : Mellifère, décompactante, fixe 200-300 kg/ha d’azote, durable.

Programme résumé

  • Année 1 :
    • Mai-août : Sorgho + Moutarde (offensive estivale).
    • Août-novembre : Sarrasin + Vesce (transition automnale).
    • Novembre-mai : Seigle + Trèfle (pression hivernale).
  • Année 2 :
    • Mai à long terme : Luzerne (contrôle durable).

Pourquoi ce programme ?

  • Continuité : Le sol reste couvert toute l’année, alternant des plantes à cycles courts (sorgho, sarrasin) et longs (seigle, luzerne) pour une pression constante.
  • Actions combinées :
    • Allélopathie : Sorgho, sarrasin et seigle ciblent les pousses et rhizomes à différents moments.
    • Compétition : Biomasse massive (sorgho, seigle) + racines profondes (luzerne).
    • Épuisement : Luzerne sur le long terme prive les rhizomes de ressources.
  • Bonus ACS : Mellifère (moutarde, sarrasin, trèfle, luzerne), azote (vesce, trèfle, luzerne), décompaction (moutarde, luzerne).
  • Bio : Aucun intrant chimique, destruction mécanique ou naturelle (gel).

Alternatives ou ajustements

  • Si été très sec : Remplacez sorgho + moutarde par sorgho seul (plus résistant) ou ajoutez du millet (allélopathique et tolérant).
  • Si chiendent très dense : Doublez la dose de seigle (200 kg/ha) et prolongez sa durée avant destruction.
  • Si culture intermédiaire souhaitée : Récoltez le sorgho (grain) ou fauchez la luzerne pour fourrage, tout en maintenant l’effet anti-chiendent.

Mon avis

Ce programme est une stratégie robuste et continue qui maximise vos chances contre le chiendent en ACS bio. L’enchaînement sorgho/moutarde → sarrasin/vesce → seigle/trèfle attaque le chiendent sous tous les angles en année 1, tandis que la luzerne verrouille le contrôle en année 2. Vous pourriez même tester une parcelle avec ce plan et une autre avec juste seigle + luzerne pour comparer.

Allélopathie

Le sarrasin

Le sarrasin (Fagopyrum esculentum) est une plante intéressante à analyser sous l’angle de son effet allélopathique, surtout dans le contexte de l’agriculture de conservation des sols (ACS). Bien qu’il ne soit ni une légumineuse ni une plante décompactante profonde comme la chicorée ou la luzerne, il est souvent utilisé comme couvert végétal pour ses nombreux atouts, dont son potentiel allélopathique. Voici une évaluation détaillée :


Effet allélopathique du sarrasin

  • Mécanisme :
    Le sarrasin produit et libère des composés chimiques, principalement des composés phénoliques (comme l’acide gallique, l’acide chlorogénique et la rutine) ainsi que des flavonoïdes, par ses racines, ses feuilles et ses résidus après décomposition. Ces substances ont un effet inhibiteur sur la germination et la croissance de certaines plantes voisines, en particulier les adventices.
  • Cibles principales :
    • Adventices comme le chénopode blanc (Chenopodium album), le mouron des champs (Stellaria media) ou certaines graminées (ex. : pâturin).
    • Moins d’effet sur les grandes adventices établies ou les cultures à enracinement profond.
  • Mode d’action :
    • Les allélochimiques interfèrent avec la respiration cellulaire, la synthèse des protéines ou la division cellulaire des plantes sensibles, réduisant leur compétitivité.
    • L’effet est plus marqué dans les sols où les résidus de sarrasin sont laissés en surface (typique en ACS avec semis direct).

Caractéristiques et atouts en ACS

  • Période d’action :
    • Croissance rapide (30-40 jours pour couvrir le sol), floraison en 6-8 semaines. Semé souvent en été (juin-août) comme interculture.
    • L’effet allélopathique est actif pendant sa croissance et persiste après sa destruction grâce aux résidus.
  • Autres bénéfices :
    • Couverture du sol : Étouffe physiquement les adventices par sa densité (compétition pour la lumière).
    • Mobilisation du phosphore : Ses racines exsudent des acides organiques qui rendent le phosphore plus disponible dans le sol.
    • Mellifère : Fleurs blanches très attractives pour les abeilles et autres pollinisateurs, produisant un miel foncé au goût prononcé.
    • Biomasse : Fournit une matière organique abondante après destruction (gel ou roulage).
  • Décompaction :
    • Racines fibreuses peu profondes (20-30 cm), donc un effet décompactant limité comparé à des pivotantes comme la luzerne ou le radis. Son action sur la structure du sol est plutôt superficielle.

Intérêt allélopathique spécifique

  • Suppression des adventices :
    • Études montrent que le sarrasin peut réduire la biomasse des adventices de 50 à 80 % dans les semaines suivant son implantation, grâce à la combinaison de son effet chimique (allélopathie) et physique (couverture dense).
    • Efficace surtout contre les petites adventices annuelles en phase de germination ou de jeune plantule.
  • Impact sur les cultures suivantes :
    • L’effet allélopathique du sarrasin est généralement de courte durée (quelques semaines à un mois après destruction), car ses composés se dégradent rapidement dans le sol. Cela le rend compatible avec la plupart des cultures suivantes (ex. : céréales d’hiver), à condition de respecter un délai après sa destruction.
    • Cependant, un semis trop précoce après le sarrasin peut légèrement retarder la germination de cultures sensibles (ex. : jeunes légumes ou blé tendre), bien que cet effet soit rare en pratique.

Limites de l’allélopathie du sarrasin

  • Efficacité variable :
    • Dépend des conditions du sol (plus fort en sols légers et acides), du climat (efficace en été chaud) et de la densité de semis (au moins 50-70 kg/ha pour un effet optimal).
  • Effet sélectif :
    • Moins efficace contre les adventices vivaces à rhizomes (ex. : liseron, chiendent) ou déjà bien implantées avant le semis.
  • Pas d’effet sur les pathogènes :
    • Contrairement à la moutarde (glucosinolates biofumigants), le sarrasin n’a pas d’action notable sur les nématodes ou champignons du sol.


Mon avis sur le sarrasin en ACS

Le sarrasin est une star des intercultures estivales grâce à son effet allélopathique, qui en fait un outil naturel pour limiter les adventices sans herbicides ni travail du sol – un atout clé en ACS. Son côté mellifère ajoute une valeur pour la biodiversité, et sa capacité à mobiliser le phosphore enrichit le sol. Cependant, il ne répond pas au critère de décompaction profonde.

Les plantes de couverture ……liens à visiter

Accueil

http://www.apad.asso.fr/

http://www.supagro.fr/

https://www.supagro.fr/ress-pepites/PlantesdeCouverture/co/EspecePC.html

Les plantes de couvertures sont cultivées pendant les inter-cultures. Leurs fonctions sont multiples et varient notamment selon la famille à laquelle elles appartiennent. Par exemple, les légumineuses sont utilisées pour capter l’azote atmosphérique et le fournir à la culture suivante. Les couverts végétaux peuvent aussi être composés d’un mélange d’espèces pour combiner leurs fonctions.

Liste d’espèces de plantes spécifiques utilisées dans l’agriculture de conservation des sols (ACS), avec leurs caractéristiques et leurs rôles principaux. Ces espèces sont choisies pour leurs capacités à couvrir le sol, améliorer sa structure, enrichir sa fertilité ou répondre à des besoins agronomiques précis.

Légumineuses couramment utilisées comme plantes de service en agriculture de conservation des sols (ACS). Ces espèces sont prisées pour leur capacité à fixer l’azote atmosphérique via leurs nodosités racinaires, enrichir le sol, produire de la biomasse et protéger contre l’érosion. Chaque plante est accompagnée de ses caractéristiques principales et de son utilité dans un système ACS :

1. Vesce commune (Vicia sativa)

  • Rôle : Fixe l’azote (jusqu’à 100-150 kg/ha), couvre le sol rapidement.
  • Atouts : Croissance vigoureuse, facile à intégrer en interculture, se détruit bien par le gel ou mécaniquement.
  • Conditions : Sols bien drainés, préfère les climats tempérés, sensible aux fortes gelées.
  • Utilisation : Idéale avant une culture exigeante en azote (maïs, céréales).

2. Trèfle incarnat (Trifolium incarnatum)

  • Rôle : Apporte 80-120 kg/ha d’azote, produit une biomasse abondante.
  • Atouts : Résiste au froid léger, attire les pollinisateurs, effet couvre-sol dense.
  • Conditions : Sols légèrement acides à neutres, bonne adaptation aux hivers doux.
  • Utilisation : Souvent semé à l’automne pour une couverture hivernale.

3. Luzerne (Medicago sativa)

  • Rôle : Fixe 200-300 kg/ha d’azote sur plusieurs années, améliore la structure du sol avec ses racines profondes.
  • Atouts : Pérenne (3-5 ans), résistante à la sécheresse, excellente pour les rotations longues.
  • Conditions : Sols drainés, non acides (pH > 6), exposition ensoleillée.
  • Utilisation : Plante de service sur le long terme ou en association avec des cultures.

4. Pois fourrager (Pisum sativum subsp. arvense)

  • Rôle : Fixe 70-120 kg/ha d’azote, produit une biomasse tendre et riche.
  • Atouts : Facile à implanter, bonne association avec des graminées (ex. : avoine).
  • Conditions : Sols frais et bien drainés, sensible au gel précoce.
  • Utilisation : En interculture courte avant une culture de printemps.

5. Féverole (Vicia faba)

  • Rôle : Fixe 100-200 kg/ha d’azote, système racinaire puissant pour décompacter le sol.
  • Atouts : Résiste bien au froid, biomasse importante.
  • Conditions : Sols lourds à moyens, évite les sols trop acides ou secs.
  • Utilisation : Couvert d’hiver, souvent semé en automne.

6. Lentille (Lens culinaris)

  • Rôle : Fixe 50-100 kg/ha d’azote, améliore la fertilité des sols pauvres.
  • Atouts : Faible exigence en eau, croissance modérée mais efficace.
  • Conditions : Sols légers et bien drainés, sensible à l’excès d’humidité.
  • Utilisation : En mélange avec d’autres espèces pour diversifier.

7. Lotier corniculé (Lotus corniculatus)

  • Rôle : Fixe 50-100 kg/ha d’azote, protège le sol sur le long terme.
  • Atouts : Pérenne, résiste au piétinement et à la sécheresse, attire les insectes utiles.
  • Conditions : Sols pauvres, même calcaires ou acides.
  • Utilisation : Couvre-sol durable ou en association avec des prairies.

8. Gesse (Lathyrus sativus)

  • Rôle : Fixe 80-120 kg/ha d’azote, bonne couverture du sol.
  • Atouts : Rustique, adaptée aux sols difficiles, croissance rapide.
  • Conditions : Sols secs à moyens, évite les terrains trop humides.
  • Utilisation : En interculture ou mélange pour sols dégradés.

9. Lupin (Lupinus spp., ex. Lupinus albus ou angustifolius)

  • Rôle : Fixe 100-150 kg/ha d’azote, mobilise le phosphore grâce à ses racines.
  • Atouts : Résiste aux sols acides, biomasse abondante.
  • Conditions : Sols sableux à légers, évite les terrains calcaires (sauf variétés adaptées).
  • Utilisation : Avant céréales ou en rotation.

Conseils pour l’ACS

  • Mélanges : Associer ces légumineuses avec des graminées (seigle, avoine) ou crucifères (radis, moutarde) renforce leurs effets (ex. : vesce + avoine pour biomasse et azote).
  • Semis direct : Privilégié en ACS pour préserver la structure du sol.
  • Gestion : Destruction par roulage, gel ou fauche, selon l’espèce et le climat.

Ces légumineuses sont adaptées à différents contextes pédoclimatiques.

2. Crucifères (décompacteurs et biofumigants)

  • Moutarde blanche (Sinapis alba)
    • Rôle : Décompacte le sol, réduit les nématodes grâce à ses composés soufrés (effet biofumigant).
    • Atouts : Croissance rapide, facile à implanter en interculture courte.
    • Conditions : Sensible au gel, éviter les sols trop humides.
  • Radis fourrager (Raphanus sativus)
    • Rôle : Brise les couches compactées grâce à sa racine pivotante, piège les nitrates.
    • Atouts : Très efficace pour améliorer la porosité du sol.
    • Conditions : Sol léger à lourd, implantation estivale ou automnale.

3. Graminées (productrices de biomasse)

  • Seigle (Secale cereale)
    • Rôle : Produit une forte biomasse, protège contre l’érosion, piège les nutriments.
    • Atouts : Résiste au froid, bon effet anti-adventices.
    • Conditions : S’adapte à une large gamme de sols, même pauvres.
  • Avoine (Avena sativa)
    • Rôle : Couvre rapidement le sol, améliore la matière organique.
    • Atouts : Croissance vigoureuse, sensible au gel (facile à détruire naturellement).
    • Conditions : Sol bien drainé, implantation précoce recommandée.

4. Autres espèces notables

  • Phacélie (Phacelia tanacetifolia)
    • Rôle : Améliore la structure du sol, attire les pollinisateurs, piège les nitrates.
    • Atouts : Non légumineuse mais excellente pour la biodiversité, facile à gérer.
    • Conditions : Sol léger à moyen, sensible au froid.
  • Sarrasin (Fagopyrum esculentum)
    • Rôle : Couvre rapidement, étouffe les adventices, mobilise le phosphore.
    • Atouts : Croissance estivale rapide, idéal avant une culture d’hiver.
    • Conditions : Sol pauvre à moyen, évite les sols trop calcaires.

Mélanges multi-espèces

En ACS, les agriculteurs combinent souvent ces plantes pour maximiser les bénéfices. Par exemple :

  • Moutarde + Vesce : Effet biofumigant + apport d’azote.
  • Seigle + Trèfle : Biomasse abondante + enrichissement du sol.
  • Radis + Phacélie : Décompaction + biodiversité.

Conseils pratiques

  • Adaptation locale : Le choix dépend de votre climat, type de sol et objectif (ex. : lutte contre l’érosion, fertilité, biodiversité).
  • Implantation : Semis direct souvent privilégié en ACS pour minimiser le travail du sol.
  • Destruction : Rouleau-faca ou gel naturel pour éviter les herbicides.

La chicorée et l’amarante en tant que plantes décompactantes dans le cadre de l’agriculture de conservation des sols (ACS). Bien qu’elles ne soient pas des légumineuses, elles peuvent jouer un rôle intéressant en tant que plantes de service.


Chicorée (Cichorium intybus)

  • Propriétés décompactantes :
    La chicorée possède une racine pivotante robuste et profonde, pouvant atteindre 50 cm à 1 m, voire plus dans des sols meubles. Cette racine est capable de pénétrer des couches compactées, notamment dans les sols argileux ou limoneux, améliorant la porosité et l’infiltration de l’eau.
  • Atouts :
    • Résistance à la sécheresse grâce à son système racinaire profond.
    • Pérenne ou bisannuelle, elle peut agir comme un couvert durable.
    • Attire les pollinisateurs et favorise la biodiversité (fleurs riches en nectar).
    • Mobilise certains nutriments profonds (calcium, potassium).
  • Limites :
    • Ne fixe pas l’azote (non légumineuse), donc son apport nutritif au sol est limité comparé à une luzerne ou une féverole.
    • Croissance plus lente que certaines plantes annuelles (ex. : moutarde), ce qui peut retarder l’effet couvre-sol.
    • Peut devenir envahissante si mal gérée dans certaines conditions.
  • Utilisation en ACS :
    Idéale comme plante de service à long terme dans les rotations ou en mélange avec des légumineuses (ex. : trèfle) pour combiner décompaction et apport d’azote. Parfaite pour les sols compactés en profondeur, mais moins adaptée aux intercultures courtes.
  • Effets positifs sur la biodiversité
  • Attraction des pollinisateurs et insectes utiles :
    • Les fleurs bleues de la chicorée, riches en nectar et pollen, attirent abeilles, bourdons, papillons et syrphes (prédateurs naturels de pucerons). Cela renforce la biodiversité fonctionnelle dans les parcelles agricoles.
    • En ACS, où les intrants chimiques sont réduits, cet effet soutient la régulation naturelle des ravageurs.
  • Amélioration de la vie du sol :
    • Sa racine pivotante profonde (jusqu’à 1-2 m) crée des galeries qui favorisent les vers de terre et autres organismes fouisseurs, augmentant l’activité biologique et la porosité du sol.
    • En mobilisant des nutriments profonds (calcium, potassium), elle enrichit indirectement la biomasse microbienne en surface via ses résidus.
  • Support à la faune sauvage :
    • Les graines de chicorée attirent certains oiseaux granivores (ex. : pinsons) en fin de saison, contribuant à la biodiversité aviaire.
    • Sa pérennité (bisannuelle ou pluriannuelle) offre un habitat stable pour les petits animaux ou insectes.
  • Effets potentiels négatifs ou neutres
  • Compétition avec la flore locale :
    • Si elle s’implante trop durablement, la chicorée peut concurrencer des espèces herbacées spontanées, surtout dans des systèmes semi-naturels (ex. : prairies).
  • Effet limité sur la diversité microbienne :
    • Contrairement aux légumineuses qui stimulent les bactéries fixatrices d’azote (ex. : Rhizobium), la chicorée a un impact plus indirect sur les micro-organismes via la matière organique qu’elle fournit.
  • Bilan
  • La chicorée est un atout pour la biodiversité aérienne (pollinisateurs, oiseaux) et souterraine (vers de terre), particulièrement dans les systèmes ACS où la couverture permanente favorise la vie du sol. Son effet est surtout notable à moyen/long terme grâce à sa durabilité.

Amarante (Amaranthus spp., ex. Amaranthus retroflexus ou hybrides)

  • Propriétés décompactantes :
    L’amarante développe un système racinaire fibreux et parfois pivotant (selon l’espèce), qui travaille surtout les 20-40 cm supérieurs du sol. Bien que moins puissante qu’une chicorée ou un radis fourrager, elle peut fracturer les croûtes superficielles et améliorer la structure en sols légers à moyens.
  • Atouts :
    • Croissance très rapide, surtout en conditions chaudes et sèches, offrant un couvert dense en peu de temps.
    • Résistante à la sécheresse et adaptée aux sols pauvres.
    • Produit une biomasse abondante, utile pour la matière organique.
    • Certaines espèces (ex. : Amaranthus cruentus) sont cultivées pour leurs graines, ajoutant une valeur économique.
  • Limites :
    • Racines moins profondes et moins agressives que celles de plantes comme la luzerne ou le radis, donc effet décompactant limité aux horizons superficiels.
    • Non légumineuse, donc pas d’apport d’azote.
    • Risque d’envahissement : certaines amarantes (ex. : A. retroflexus) sont considérées comme adventices difficiles à contrôler si elles montent en graines.
  • Utilisation en ACS :
    Utile comme couvert estival rapide pour décompacter légèrement et couvrir les sols nus, mais à gérer avec soin (fauchage avant floraison) pour éviter sa prolifération. Peut être associée à des légumineuses pour diversifier les fonctions.


  • Effets positifs sur la biodiversité
    Refuge pour la faune auxiliaire :
    La croissance dense et rapide de l’amarante offre un habitat temporaire pour les insectes (coccinelles, araignées) qui contrôlent les ravageurs.
    Certaines espèces cultivées (ex. : Amaranthus cruentus) produisent des graines consommées par les oiseaux, soutenant la biodiversité locale.
    Contribution à la biomasse du sol :
    Sa biomasse abondante (surtout en été) enrichit le sol en matière organique après destruction, stimulant les décomposeurs (vers de terre, champignons, bactéries).
    En couvrant le sol nu, elle protège les micro-organismes contre l’érosion et les UV.
    Diversité floristique temporaire :
    En interculture estivale, elle diversifie les couverts végétaux dans des rotations souvent dominées par des graminées ou légumineuses, offrant un complément écologique.
    Effets potentiels négatifs ou neutres
    Risque d’adventice envahissante :
    Certaines amarantes (ex. : Amaranthus retroflexus) produisent des milliers de graines viables pendant des années, pouvant réduire la diversité végétale en concurrençant les espèces spontanées ou cultivées. En ACS, où le désherbage chimique est limité, cela peut poser un problème si elle n’est pas fauchée à temps.
    Effet limité sur les pollinisateurs :
    Contrairement à la chicorée, l’amarante n’a pas de fleurs nectarifères attractives pour les abeilles ou papillons, limitant son rôle pour la biodiversité aérienne.
    Impact variable sur le sol :
    Ses racines fibreuses (20-40 cm) stimulent moins les organismes profonds que des plantes à racines pivotantes (ex. : chicorée, radis).
    Bilan
    L’amarante favorise la biodiversité à court terme en couvrant le sol et en soutenant les décomposeurs, mais son potentiel adventice peut nuire à la diversité végétale si mal contrôlé. Elle est moins bénéfique pour les pollinisateurs ou la faune aérienne que la chicorée.

Comparaison et avis

  • Chicorée : Plus efficace comme plante décompactante grâce à sa racine profonde et robuste. Elle convient mieux aux sols très compactés ou aux systèmes nécessitant une action prolongée. Cependant, elle demande une stratégie à moyen/long terme et ne remplace pas les légumineuses pour la fertilité azotée.
  • Amarante : Moins performante pour la décompaction profonde, mais intéressante pour une action rapide en surface et une couverture estivale. Son potentiel adventice est un frein en ACS, où l’on cherche à limiter les interventions chimiques ou mécaniques.

Mon avis

  • Si votre priorité est la décompaction profonde, la chicorée est un excellent choix parmi les non-légumineuses, comparable au radis fourrager mais avec une durabilité supérieure. Elle serait à privilégier dans un sol argileux ou tassé sur plusieurs horizons.
  • L’amarante, en revanche, me semble moins adaptée comme plante décompactante principale en ACS. Elle brille davantage comme couvert anti-érosion ou pour occuper un sol en été, mais son effet sur la structure est limité et son contrôle peut poser problème.

« Des sols vivants, limaces comprises »

Par Noël Deneuville

Noël Deneuville, Paysan dans la Nièvre depuis 30 ans, et acteur de l’agriculture de conservation des sols (ACS) à la ferme du Chaumont. Avec « SCV Lucien Seguy », je veux vous raconter l’histoire d’une limace, non pas comme une ennemie à abattre, mais comme le symptôme d’un déséquilibre que nous avons créé. Comprendre son apparition, c’est ouvrir la voie à une agriculture robuste et durable. Voici mon parcours et mes réflexions au sujet de cette fameuse limace.

Aux origines du problème : L’évolution de l’agriculture dans les années 1960 et la quête du « propre »

Les limaces sont devenues une préoccupation majeure pour les agriculteurs français, notamment dans les zones de grandes cultures comme le colza, le blé ou les cultures maraîchères. Leur prolifération semble liée à une combinaison de facteurs environnementaux et de pratiques agricoles modernes. Parmi les hypothèses plausibles, l’utilisation massive d’insecticides pourraient avoir joué un rôle clé dans ce phénomène. Cet article explore cette problématique, en s’appuyant sur des données historiques et des analyses critiques.

Dans les années 1960-1970, l’agriculture change de visage avec la mécanisation en développement, l’apparition des moissonneuses-batteuses qui facilitent l’essor des surfaces de colza, dont les surfaces passent de 100 000 hectares à 1,5 million aujourd’hui. Ce n’est pas une critique contre la culture du colza qui au contraire a permis pour nos zones intermédiaires d’obtenir des marges confortables.

Pour protéger cette culture des insectes ravageurs – altises, charançons –, les conseils techniques de l’époque font appliquer des insecticides comme le DDT ou les organophosphorés, qui ne font pas de distinction : ils éliminent aussi les insectes utiles, comme les carabes, prédateurs des limaces.Dans les années 1950-60, on arrosait nos champs, y compris le colza, avec des matières actives insecticides comme le DDT, un insecticide puissant mais aveugle. Ces insecticides tuait les ravageurs dangeureux, mais aussi les carabes utiles qui eux pourtant avaient la mission de régulation des limaces.

Ce déséquilibre écologique a réduit la régulation naturelle des populations de limaces, favorisant leur multiplication en l’absence des prédateurs disparus….! En effet, la limace, si les conditions lui sont favorables, peut se reproduire très très vite….

Les ravageurs du colza

  • Limaces. Le colza est une des cultures les plus sensibles aux limaces.
  • Grosses altises. La grosse altise apparaît en septembre dans les parcelles de colza où elle va pondre ses œufs. …
  • Pucerons. …
  • Charançon du bourgeon terminal. …
  • Charançon des tiges. …
  • Méligèthes. …
  • Charançon des siliques.

Mais ce n’est pas tout. Avec le colza arrivent des désherbants efficaces, conçus pour rendre les parcelles « propres ». Résultat : des champs nus, sans adventices ni diversité, un mono-menu pour la biodiversité. Les quelques limaces présentes n’ont plus d’autre choix que de se rabattre sur le seul colza restant , amplifiant les dégâts.

À cela s’ajoute le travail mécanique du sol : s’il peut déranger quelques limaces, il détruit aussi leurs sources d’alimentation variées, tout en perturbant gravement les carabes, ces précieux prédateurs, entre autres, qui régulent leurs populations.

Depuis quelques années, on constate aussi une accélération de la présence de petits escargots minuscules qui occasionnent les mêmes dégâts que leurs collègues limaces ….Ces escargots ne sont plus régulé correctement par les oiseaux des champs en baisse inquiétante …

Évolution de l’utilisation des insecticides depuis 1960

Entre 1945 et 1985, la consommation mondiale de pesticides, dont les insecticides, a doublé tous les dix ans. En France, les années 1960 marquent le début de cette hausse exponentielle, avec une généralisation des produits organochlorés comme le DDT (interdit en 1972). Dans les années 1970-1980, les organophosphorés (ex. malathion) prennent le relais, suivis plus tard par les néonicotinoïdes dans les années 1990. Selon les données disponibles, les ventes d’insecticides en France ont été multipliées par 3,5 entre 2009 et 2018, passant d’environ 5 000 tonnes à plus de 17 000 tonnes de substances actives par an. Cependant, depuis 2019, une baisse est observée, avec une réduction de 19 % des ventes totales de pesticides entre 2012-2017 et 2021, incluant une diminution spécifique des insecticides les plus toxiques.

L’essor des produits antilimaces

Face à la prolifération des limaces, les agriculteurs ont recours à des produits antilimaces, principalement des molluscicides comme le métaldéhyde ou le phosphate de fer. Si leur usage était marginal avant les années 1970, il s’est intensifié avec l’augmentation des surfaces de colza et des grandes cultures. Les données précises sur les volumes avant 2000 sont rares, je n’ai pas trouvé de chiffres précis sur l’évolution des volumes de produits anti-limace mise en oeuvre. Cette utilisation reste toutefois bien inférieure à celle des insecticides, reflétant une réponse ciblée à un problème spécifique plutôt qu’une stratégie globale.

Le piège des intrants : un déséquilibre en cascade

Les insecticides ont aggravé le problème. Prenez les méligèthes, ces petits coléoptères du colza : en quelques années, ils ont résisté aux traitements qui leur étaient destinés, s’adaptant là où les carabes, eux, disparaissaient. Sans prédateurs, les limaces ont prospéré. Les désherbants, en éliminant toute nourriture alternative, les ont poussées vers nos cultures. Et les anti-limaces ? Une chimie idiote, non ciblée, qui empoisonne et perturbent l’ensemble des prédateurs qui s’en nourrissent (des hérissons, insectes et autres oiseaux). Vouloir exterminer toutes les limaces parce qu’elles grignotent quelques feuilles, c’est absurde. Elles ont un rôle : elles décomposent la matière organique et nourrissent une chaîne d’animaux essentiels.

Pour les chasseurs, souvent agriculteurs eux-mêmes, la baisse du petit gibier – perdreaux, faisans – est un mystère qu’ils attribuent à la météo ou à des causes farfelues. Je ne suis pas sûr qu’ils mesurent le lien avec nos pratiques. En tuant les insectes avec les insecticides, on a privé ces oiseaux d’une alimentation facile, et leur rôle régulateur sur les limaces s’est éteint.

Ma stratégie : redonner sa place à la nature

À mes débuts, j’ai suivi cette logique. Insecticides, anti-limaces, désherbants : je voulais des parcelles impeccables. Mais j’ai vite vu les quantités d’anti-limaces grimper sur ma ferme. « Il fallait réagir vite », me suis-je dit. Ce n’était pas tenable.

L’expérience de Lucien m’a été précieuse….il ne connaissait pas plus que ça la problématique limace en France, mais il m’a fait comprendre avec ses autres expériences pour d’autres ravageurs que la solution chimique était à raisonner avec des pincettes et que la solution biologique était bien plus intéressante

Face à cette impasse, j’ai tout repensé. Voici comment je gère les limaces aujourd’hui :

  • Zéro intrants chimiques : Plus d’insecticides ni d’anti-limaces sur 100% de la ferme. (diminution de la sole colza et remplacement par la culture de la moutarde) J’ai vu les prédateurs revenir naturellement. Les refuges à limaces – résidus végétaux, sols humides –(qui sont aussi le repère des prédateurs de la limace) ne posent pas de problème quand les carabes et autres auxiliaires font leur travail continuellement…..
  • Plantes de service et leurres : J’intègre des graines très appétentes pour les limaces – colza, tournesol – dans mes semis. Elles détournent leur attention des cultures principales. D’autres plantes, comme le lin ou le soja, jouent des rôles complémentaires sur d’autres ravageurs ou la fertilité du sol. l’expérience avec la limace m’a permis d’extrapoler ma réflexion à bien d’autres problématiques …… Pas de concours de champ « propre » ici : un maximum de diversité, de bio-diversité, c’est une assurance-vie pour mes parcelles de sols vivants.
  • Semis adaptés : S’il le faut je sème un peu plus tôt pour que mes colzas et céréales prennent de la vigueur avant les pics de limaces, avec une fertilisation localisée pour les booster. ( assurance graines de tournesol pour les semis de colza)
  • Biodiversité dans les parcelles : Sans être opposé aux haies – elles ont leur utilité –, mais je préfère multiplier la diversité directement dans l’ensemble de mes champs avec des couverts permanents. C’est là que se joue l’équilibre en local. La pratique du SCV , a l’avantage de créer un panel de refuge (à base de plantes couvertures du sol) à toute une gamme de prédateurs bien cachés et surtout en sécurité vis à vis d’ oiseaux à la recherche d’insectes ( il n’en est pas de même en sol nu et travaillé mécaniquement)
  • Augmentation des densités de semis des cultures (la part de la biodiversité) surtout en bordure de parcelle boisée

Mon expérience a mal débuté, je l’avoue. Comme tout le monde, j’ai suivi le modèle dominant. Mais quand j’ai vu l’escalade des intrants, j’ai compris : la solution n’est pas de lutter contre les limaces, mais de coexister avec elles.

Une vision globale pour l’avenir

La nature fonctionne en cycles équilibrés depuis toujours. Perturber cet équilibre – tuer les insectes utiles, appauvrir les sols, priver les oiseaux – est une catastrophe pour nos parcelles. Avec « SCV Lucien Seguy », nous proposons une autre voie : produire une alimentation saine et de qualité, en respectant ces cycles. Mes solutions prouvent que c’est possible. Les limaces ne sont pas à exterminer ; elles nous rappellent que tout est lié.

Certes quelques limaces en équilibre sont toujours présentes sur ma ferme, mais il faut intégrer qu’elles sont nécessaire à la survie des carabes ….Et, quelques oiseaux réussissent à consommer quelques carabes, Mais par contre , aujourd’hui , l’équilibre naturelle est rétabli correctement et le fait de toujours prévoir, anticiper un leurre appètent-limace aux périodes sensibles (levée des cultures) me permet de dormir tranquille….!

Conclusion : un pas vers une agriculture robuste

Si vous avez lu cet article jusqu’au bout, bravo : vous êtes sur la bonne voie pour réfléchir à l’avenir d’une agriculture durable. À la ferme du Chaumont, j’ai appris qu’une parcelle n’a pas besoin d’être « propre » pour être productive. Elle doit être vivante avec des sols vivants. Alors, la prochaine fois que vous croiserez une limace, demandez-vous : et si elle était là pour nous guider vers du raisonnable ?

Économie des cultures de couverture

Lorsque l’humidité du sol est déficitaire ou qu’une irrigation est nécessaire

Rob Myers, Alan Weber, Sami Tellatin | 

2019 | 

L’un des exemples les plus marquants des bénéfices des cultures de couverture s’est produit lors de la grave sécheresse généralisée de 2012. Dans des milliers d’exploitations agricoles du Midwest et de l’Ouest américain, la croissance des cultures a souffert de précipitations bien inférieures à la normale. Cependant, une tendance a commencé à se dessiner lorsque les agriculteurs ont constaté que le maïs ou le soja cultivés après une culture de couverture se portaient mieux que ceux cultivés dans leurs champs conventionnels. Cette observation fréquente a ensuite été confirmée par les données de rendement. Les agriculteurs ayant répondu à l’Enquête nationale sur les cultures de couverture ont signalé une augmentation moyenne du rendement de 9,6 % pour le maïs cultivé après une culture de couverture et de 11,6 % pour le soja. Plus remarquable encore, dans les sept États les plus durement touchés par la sécheresse, les augmentations de rendement ont été encore plus importantes : 11 % pour le maïs et 14,3 % pour le soja.

Dans une enquête menée auprès de 2 000 agriculteurs du Midwest et du Nord des Grandes Plaines, 64 % ont déclaré qu’ils mettaient en œuvre des pratiques de conservation (sans labour ou travail réduit du sol, cultures de couverture, etc.) comme stratégie de gestion des risques climatiques, et 21 % supplémentaires envisageaient de mettre en œuvre de telles pratiques [12].

Si l’on considère uniquement les agriculteurs ayant utilisé des cultures de couverture pendant une année avant la sécheresse, leur augmentation moyenne de rendement dans les champs couverts était de 6 % pour le maïs et de 11,4 % pour le soja. Compte tenu des prix élevés après la récolte cette année-là (prix moyens nationaux de 6,89 $ pour le maïs et de 14,40 $ pour le soja), les cultures de couverture ont été largement rentabilisées pendant la sécheresse de 2012, même après seulement une année d’utilisation. Il est à noter que cette conclusion est basée sur la réponse au rendement moyen, en utilisant l’analyse de régression de l’enquête sur les rendements. Une petite partie des champs et des exploitations ont subi des pertes de rendement après l’utilisation de cultures de couverture, tandis que d’autres ont enregistré des augmentations de rendement encore plus importantes.

Plusieurs raisons expliquent pourquoi les cultures de couverture peuvent augmenter l’humidité du sol et réduire les pertes de rendement dues à la sécheresse (figure 2). L’une d’elles est qu’elles contribuent à améliorer l’infiltration des eaux de pluie grâce à un nombre accru de macropores, provenant à la fois des racines et de l’activité accrue des vers de terre. Une fois la pluie absorbée, elle a plus de chances de rester dans la zone racinaire, notamment parce que les résidus de cultures de couverture à la surface du sol réduisent l’évaporation. Ces résidus peuvent également maintenir le sol plus frais, ce qui réduit encore les pertes d’humidité et le stress des cultures, et permet aux micro-organismes du sol de fonctionner plus efficacement. Au fil du temps, l’amélioration de la santé du sol peut entraîner une augmentation de sa capacité de rétention d’eau, grâce à l’augmentation de la matière organique et à l’amélioration de la structure des agrégats. Cependant, même à court terme, les cultures de couverture peuvent stimuler les champignons mycorhiziens, qui peuvent aider les racines des cultures, dont la durée de vie a été raccourcie par la sécheresse, à mieux accéder à l’humidité et aux nutriments.

Deux figures montrant des racines de maïs et des racines de soja
Les cultures de couverture peuvent augmenter l’humidité du sol de plusieurs façons : elles stimulent la croissance des champignons mycorhiziens sur les racines des cultures, fournissent des résidus de surface, créent des canaux racinaires utilisables par la culture suivante et améliorent l’infiltration des eaux de pluie et la capacité de rétention d’eau du sol. Illustrations de Carlyn Iverson

Les cultures de couverture peuvent augmenter l’humidité du sol de plusieurs façons : elles stimulent la croissance des champignons mycorhiziens sur les racines des cultures, fournissent des résidus de surface, créent des canaux racinaires utilisables par la culture suivante et améliorent l’infiltration des eaux de pluie et la capacité de rétention d’eau du sol. Illustrations de Carlyn Iverson

Les cultures de couverture peuvent s’avérer très utiles en améliorant la gestion de l’humidité du sol dans les champs souvent soumis à un stress hydrique, comme les sols à texture plus légère ou les champs situés dans des zones à faibles précipitations. L’infiltration améliorée des cultures de couverture peut également accroître l’efficacité de l’irrigation et réduire l’évaporation. Steve Stevens, producteur de coton en Arkansas, estime qu’en utilisant des cultures de couverture, il peut économiser environ 0,06 $ par livre de coton produit (60 $ par acre) grâce à la réduction des dépenses d’irrigation [9].

Noah Williams, qui exploite 1 130 hectares de terres arides dans l’est de l’Oregon, a constaté l’intérêt des cultures de couverture, malgré des précipitations très limitées. En collaboration avec son spécialiste local de la conservation des sols du Service de conservation des ressources naturelles de l’USDA (NRCS), Williams a surveillé l’humidité du sol dans les champs laissés en jachère et dans ceux où des cultures de couverture ont été utilisées. Globalement, l’humidité du sol était à peu près la même entre la jachère et les cultures de couverture. Cependant, après une pluie, Williams a observé que l’humidité atteignait la zone de 60 cm de profondeur du profil du sol dans ses champs couverts de cultures de couverture, alors que cette zone était sèche dans le système de jachère. Associées au pâturage, Williams explique : « Les cultures de couverture compensent le coût des semis. »

Instantané : L’impact financier des cultures de couverture en période de sécheresse

Français D’après les données de la sécheresse de 2012, les cultures de couverture augmentent considérablement le rendement (en moyenne) pendant une année de sécheresse, et les cultures de couverture sont rentables dès la première année . Les rendements du maïs sont en moyenne de 27,34 $, 77,15 $ et 110,45 $ par acre après un, trois et cinq ans de plantation de cultures de couverture. Les rendements du soja sont en moyenne de 41,69 $, 70,22 $ et 84,54 $ par acre après un, trois et cinq ans. (Voir les tableaux 4 et 5 pour plus de détails.) Aux fins de la présente analyse, les incréments d’un, trois et cinq ans signifient que les cultures de couverture avaient été utilisées pendant cette période lorsqu’une sécheresse s’est produite.