| Région | Application SCV (Semis Direct sous Couverture Végétale) | Résultat concret |
|---|---|---|
| Brésil (Cerrado) | 35 millions d’hectares en SCV depuis 30 ans | +30 % de rendement soja, -90 % érosion |
| Madagascar | 1 million d’hectares en SCV riz-pluvial | Rendement x3, pas d’intrants chimiques |
| Australie | 80 % des grandes cultures en non-labour | Résistance aux sécheresses extrêmes |
| France | +15 000 ha/an en SCV | Sols vivants, eau retenue, carbone stocké |
| Afrique de l’Ouest | SCV sur coton et maïs (Burkina, Mali) | +50 % de revenu, -70 % d’herbicides |
Quand l’agriculture façonne la vie du sol, Marc-André Sélosse
Moins d’intrants chimiques, plus de revenus!
un reportage de Radio-Canada
Cette vidéo immersive explore une alternative révolutionnaire à l’agriculture intensive moderne, qui repose lourdement sur les engrais et pesticides chimiques. Elle nous emmène en un « voyage en trois temps » pour découvrir comment la nature peut inspirer une production agricole plus autonome et durable.
1. Premier temps : La ferme du Dakota du Nord
On visite une exploitation de grandes cultures (céréales, maïs) dans les vastes plaines du Dakota du Nord, aux États-Unis. Cette ferme a quasiment éliminé sa dépendance aux intrants chimiques en misant sur les « alliés microscopiques » du sol : des bactéries, champignons et micro-organismes qui enrichissent naturellement la terre. Grâce à des pratiques comme la rotation des cultures, le couvert végétal permanent et la réduction du travail du sol, le sol regagne sa vitalité. Les résultats ? Des rendements stables, une réduction des coûts et une meilleure résilience face au climat. Des images époustouflantes montrent des champs bourdonnants de vie souterraine, filmés au microscope pour révéler ces invisibles héros.
2. Deuxième temps : La découverte de James White
Direction l’Université Rutgers au New Jersey, où le microbiologiste James White révèle une vérité fascinante : les plantes ne sont pas si « dépendantes » que ça ! Elles possèdent déjà des mécanismes innés pour se nourrir et se protéger. Par exemple, via des symbioses avec des champignons mycorhiziens, les racines des plantes absorbent plus efficacement les nutriments du sol sans besoin d’engrais artificiels. White, à travers ses recherches, démontre comment restaurer ces partenariats naturels perturbés par l’agriculture conventionnelle. Des animations simples et des expériences en labo rendent ces concepts accessibles, soulignant que « la nature a tout prévu » pour une auto-nutrition végétale.
3. Troisième temps : L’inspiration au Québec
De retour au Canada, la vidéo met en lumière des agriculteurs québécois qui appliquent ces principes. Des fermes dans les régions de la Montérégie ou des Laurentides testent des méthodes régénératives : semis direct, engrais verts et monitoring du microbiome du sol. On suit des témoignages d’agriculteurs convertis, qui parlent de gains économiques, de sols plus sains et d’un impact environnemental réduit (moins de pollution des eaux, plus de biodiversité). Le reportage conclut sur un appel optimiste : l’agriculture du futur est déjà là, en s’inspirant de la nature pour cultiver sans épuiser la planète.
Thèmes clés : Durabilité, science du sol, innovation agroécologique. C’est un plaidoyer engageant pour repenser l’agriculture, avec un ton positif et accessible, idéal pour sensibiliser grand public et professionnels. Si vous êtes intéressé par l’écologie ou l’agroalimentaire, cette vidéo vaut le détour – elle donne envie de creuser le sujet !
La Nature s’est toujours organisée autour de la photosynthèse….C’est le pilier principale de toute la vie terrestre
La photosynthèse est un processus biologique fondamental par lequel les plantes, les algues et certaines bactéries convertissent l’énergie lumineuse en énergie chimique pour produire des glucides.
La photosynthèse est le processus par lequel les organismes photosynthétiques (principalement les plantes) utilisent la lumière du soleil, le dioxyde de carbone (CO₂) de l’atmosphère et l’eau (H₂O) pour produire du glucose (C₆H₁₂O₆) et du dioxygène (O₂). Ce processus se déroule principalement dans les chloroplastes des cellules végétales, où se trouve la chlorophylle, un pigment qui absorbe la lumière. L’équation générale de la photosynthèse est : 6 CO₂ + 6 H₂O + énergie lumineuse → C₆H₁₂O₆ + 6 O₂**
La photosynthèse se divise en deux grandes phases :
1. Phase photochimique (ou réactions dépendantes de la lumière):
La chlorophylle absorbe la lumière, excitant des électrons. Ces électrons passent par une chaîne de transport d’électrons, ce qui génère de l’énergie sous forme d’ATP (adénosine triphosphate) et de NADPH (une molécule transportant des électrons). Production d’O₂ (libéré à partir de la décomposition de l’eau) et des molécules énergétiques (ATP et NADPH).
2. Phase de fixation du carbone (ou cycle de Calvin, réactions indépendantes de la lumière) :
Le CO₂ est fixé par une enzyme appelée Rubisco pour former des composés organiques. Grâce à l’ATP et au NADPH produits dans la phase lumineuse, le CO₂ est transformé en glucose via une série de réactions chimiques. –
Production de glucose, qui sert de source d’énergie ou de matière première pour la plante. Importance écologique et biologique
Production d’oxygène : La photosynthèse est la principale source d’oxygène dans l’atmosphère terrestre, essentiel pour la respiration des organismes aérobies.
Les glucides produits (comme le glucose) sont une source d’énergie pour les plantes et les organismes qui s’en nourrissent.
La photosynthèse joue un rôle clé dans le cycle du carbone, en absorbant le CO₂, ce qui contribue à limiter l’effet de serre.
La photosynthèse dépend de l’intensité, de la qualité (longueur d’onde) et de la durée de l’exposition lumineuse. – CO₂ et eau : Une disponibilité suffisante de ces deux éléments est cruciale. – Température : Les enzymes impliquées fonctionnent mieux dans une plage de température optimale (généralement 20-35 °C). – Pigments: La chlorophylle absorbe principalement les longueurs d’onde rouges et bleues, tandis que d’autres pigments (comme les caroténoïdes) captent d’autres longueurs d’onde.
Variations: Certaines plantes, comme les cactus ou les plantes tropicales, utilisent des variantes de la photosynthèse (comme la photosynthèse CAM ou C4) pour s’adapter à des environnements arides ou à forte intensité lumineuse, optimisant l’utilisation de l’eau et du CO₂.
Les plantes C4 ont développé une adaptation spécifique de la photosynthèse pour optimiser l’utilisation du dioxyde de carbone (CO₂) et minimiser les pertes d’eau, particulièrement dans des environnements chauds, secs ou à forte intensité lumineuse.
La photosynthèse C4 est une variante du processus photosynthétique classique (appelé C3) qui permet aux plantes de fixer le CO₂ plus efficacement. Le nom « C4 » vient du fait que le premier composé stable formé lors de la fixation du CO₂ est une molécule à quatre atomes de carbone (acide oxaloacétique ou malate), contrairement à la molécule à trois carbones (3-phosphoglycérate) des plantes C3.
Caractéristiques principales de l’adaptation C4
1. Séparation spatiale des étapes de la photosynthèse : – Les plantes C4 possèdent une anatomie foliaire particulière appelée anatomie de Kranz (du mot allemand signifiant « couronne »). Les cellules du mésophylle (externes) et les cellules de la gaine du faisceau vasculaire (internes) travaillent en tandem. – Dans les cellules du mésophylle : Le CO₂ est capturé par une enzyme appelée PEP carboxylase, qui a une forte affinité pour le CO₂, même à faible concentration. Cela forme une molécule C4 (malate ou aspartate). – Dans les cellules de la gaine : Le CO₂ est libéré à partir des molécules C4 et utilisé dans le cycle de Calvin pour produire du glucose.
2. Efficacité dans la capture du CO₂: – La PEP carboxylase est moins sensible à l’oxygène que la Rubisco (l’enzyme clé des plantes C3), ce qui réduit la **photorespiration** (un processus inefficace où la Rubisco fixe l’O₂ au lieu du CO₂, gaspillant de l’énergie). – Les plantes C4 concentrent le CO₂ dans les cellules de la gaine, créant un environnement riche en CO₂ pour la Rubisco, ce qui améliore l’efficacité photosynthétique.
3. Adaptation aux conditions extrêmes : – Les plantes C4 prospèrent dans des environnements chauds, secs et ensoleillés (comme les savanes ou les régions tropicales) car elles peuvent maintenir la photosynthèse avec des stomates partiellement fermés, réduisant ainsi la perte d’eau par transpiration. – Elles sont plus efficaces dans des conditions de faible concentration en CO₂ ou de températures élevées, où la photorespiration est plus problématique pour les plantes C3
Exemples de plantes C4 – Maïs, sorgho, millet, canne à sucre, et certaines graminées tropicales. – Environ 3 % des espèces végétales sont des plantes C4, mais elles contribuent de manière significative à la productivité agricole dans les régions chaudes.
Avantages de l’adaptation C4
Efficacité photosynthétique accrue** : Les plantes C4 produisent plus de biomasse par unité de CO₂ ou d’eau utilisée. – Tolérance au stress environnemental : Elles supportent mieux la sécheresse, la chaleur et les sols salins. – Réduction de la photorespiration : Cela augmente le rendement énergétique, surtout dans des conditions où les plantes C3 perdent en efficacité.
Limites- La photosynthèse C4 nécessite plus d’énergie (ATP) pour la fixation initiale du CO₂, ce qui peut être un désavantage dans des environnements ombragés ou frais, où les plantes C3 sont plus compétitives. – L’anatomie de Kranz et les mécanismes biochimiques sont plus complexes, limitant la flexibilité évolutive par rapport aux plantes C3.
Comparaison avec les plantes C3
Plantes C3 : Fixent le CO₂ directement via la Rubisco dans le cycle de Calvin. Exemples : riz, blé, la plupart des arbres. Moins efficaces dans des conditions chaudes et sèches.
Plantes C4 : Séparent la fixation du CO₂ (mésophylle) et le cycle de Calvin (gaine), ce qui réduit la photorespiration et augmente l’efficacité dans des conditions difficiles.
Importance écologique et agricole – Les plantes C4 jouent un rôle clé dans les écosystèmes arides et semi-arides, contribuant à la productivité primaire.
En agriculture, les cultures C4 comme le maïs et la canne à sucre sont essentielles pour leur haut rendement dans les régions tropicales et subtropicales.
La nature s’est organisée autour de la photosynthèse depuis des millions d’années , ce processus est au cœur de la vie sur Terre.
1. La photosynthèse comme pilier de la vie terrestre
La photosynthèse, apparue il y a environ 3,5 milliards d’années avec les premières cyanobactéries, a transformé la Terre en rendant possible la vie telle que nous la connaissons :
– Production d’oxygène : La photosynthèse oxygénique a progressivement enrichi l’atmosphère en oxygène (O₂), permettant l’évolution des organismes aérobies, y compris les animaux et les humains. Cet événement, appelé la « Grande Oxydation » il y a environ 2,4 milliards d’années, a remodelé la chimie terrestre.
– Base des écosystèmes : En convertissant l’énergie solaire en énergie chimique (glucose), la photosynthèse soutient presque toutes les chaînes alimentaires. Les producteurs primaires (plantes, algues, cyanobactéries) alimentent les consommateurs (herbivores, carnivores, etc.).
– Cycle du carbone : La photosynthèse régule le CO₂ atmosphérique, jouant un rôle clé dans le climat terrestre sur des échelles de temps géologiques.
2. Une adaptation évolutive remarquable: La photosynthèse a façonné l’évolution des organismes et des écosystèmes :
– Diversité des mécanismes photosynthétiques : Outre la photosynthèse C3 classique, des adaptations comme la photosynthèse C4 (décrite précédemment) et la photosynthèse CAM (Crassulacean Acid Metabolism, utilisée par les plantes succulentes) montrent comment la nature a optimisé ce processus pour des environnements variés (arides, tropicaux, aquatiques).
– Coévolution : Les plantes photosynthétiques ont évolué en parallèle avec les pollinisateurs, les herbivores et les micro-organismes du sol, créant des réseaux écologiques complexes. Par exemple, les fleurs colorées attirent les insectes pour la reproduction, tandis que les racines collaborent avec des champignons mycorhiziens pour améliorer l’absorption d’eau et de nutriments.
– Symbiose : Les chloroplastes des plantes modernes proviennent d’une ancienne symbiose entre une cellule eucaryote et une cyanobactérie photosynthétique, un événement évolutif clé qui a permis la diversification des végétaux.
3. Rôle central dans les écosystèmes modernes
La photosynthèse reste la base de la productivité biologique : Productivité primaire : Les écosystèmes terrestres (forêts, prairies) et aquatiques (phytoplancton) produisent environ 50 % chacun de la biomasse mondiale via la photosynthèse. Le phytoplancton marin, par exemple, génère une grande partie de l’oxygène planétaire.
– Résilience écologique : Les écosystèmes photosynthétiques (forêts tropicales, récifs coralliens) amortissent les perturbations climatiques en stockant le carbone et en régulant l’humidité.
– Agriculture : La domestication des plantes photosynthétiques (comme le blé, le riz, le maïs) a permis le développement des civilisations humaines en fournissant des ressources alimentaires stables.
4. Défis et pressions modernes sur la photosynthèse
Malgré son ancienneté et sa robustesse, la photosynthèse est confrontée à des défis dans le contexte actuel :
-Changement climatique : L’augmentation des températures, les sécheresses et les niveaux élevés de CO₂ affectent l’efficacité photosynthétique. Si les plantes C4 et CAM sont mieux adaptées à ces conditions, les plantes C3 (comme le riz) peuvent souffrir de stress thermique ou hydrique.
– Déforestation et perte de biodiversité : La destruction des forêts et des habitats riches en plantes photosynthétiques réduit la capacité mondiale de séquestration du carbone.
– Photorespiration : Ce processus, qui gaspille de l’énergie dans les plantes C3 sous des conditions chaudes, reste une limite à l’efficacité photosynthétique.
La photosynthèse illustre la capacité de la nature à créer des systèmes durables et efficients sur des millions d’années :
– Énergie renouvelable : La photosynthèse utilise une ressource inépuisable (le soleil) et des intrants simples (CO₂, H₂O) pour produire de l’énergie sans déchets polluants.
– Recyclage naturel : Les produits de la photosynthèse (oxygène, glucose) sont intégrés dans des cycles biogéochimiques qui maintiennent l’équilibre planétaire.
– Modèle pour l’humanité : Dans un monde confronté à des crises énergétiques et climatiques, la photosynthèse offre un modèle pour concevoir des technologies et des pratiques agricoles durables.
La photosynthèse est bien plus qu’un processus biologique : c’est une innovation évolutive qui a structuré la vie sur Terre, des écosystèmes aux civilisations humaines. Depuis des millions d’années, elle démontre la résilience et l’ingéniosité de la nature face aux contraintes environnementales.
Aujourd’hui, elle nous inspire pour relever les défis du changement climatique et de la sécurité alimentaire. Si l’on veut imiter la nature, comprendre et optimiser la photosynthèse pourrait être la clé pour un avenir durable.
L’impact de la photosynthèse sur le climat est aussi un sujet crucial, car ce processus biologique joue un rôle central dans la régulation du climat terrestre à travers le cycle du carbone, la production d’oxygène et l’influence sur les conditions atmosphériques.
1. Régulation du dioxyde de carbone (CO₂)
La photosynthèse est un des principaux mécanismes naturels de séquestration du CO₂, un gaz à effet de serre majeur contribuant au réchauffement climatique :
– Absorption du CO₂ : Les plantes, les algues et les cyanobactéries capturent le CO₂ atmosphérique pour produire du glucose, réduisant ainsi sa concentration dans l’atmosphère. On estime que la photosynthèse terrestre et marine (notamment par le phytoplancton) absorbe environ 50 % des émissions mondiales de CO₂ chaque année.
– Stockage du carbone : Le carbone fixé par la photosynthèse est stocké sous forme de biomasse (feuilles, bois, racines) et dans les sols (matière organique). Les forêts tropicales, comme l’Amazonie, sont des « puits de carbone » majeurs, stockant des quantités massives de carbone.
– Impact à long terme : Sur des échelles géologiques (millions d’années), la photosynthèse a réduit les niveaux de CO₂ atmosphérique, contribuant à refroidir la planète. Par exemple, la prolifération des plantes terrestres au Dévonien (il y a ~400 millions d’années) a entraîné une baisse du CO₂ et un refroidissement global.
2. Production d’oxygène et régulation atmosphérique
– Source d’oxygène : La photosynthèse oxygénique, pratiquée par les plantes, les algues et les cyanobactéries, libère de l’oxygène (O₂) comme sous-produit. Environ 50 % de l’oxygène atmosphérique provient du phytoplancton marin, et le reste des forêts et autres écosystèmes terrestres.
– Stabilité climatique : L’oxygène produit par la photosynthèse soutient la respiration des organismes aérobies et influence les réactions chimiques dans l’atmosphère. Par exemple, l’oxygène interagit avec le méthane (CH₄, un autre gaz à effet de serre), contribuant à sa dégradation.
3. Effets sur les cycles hydrologiques : La photosynthèse influence indirectement le climat via son rôle dans le cycle de l’eau :
– Transpiration : Les plantes libèrent de l’eau par leurs stomates pendant la photosynthèse, un processus appelé transpiration. Cela contribue à l’humidité atmosphérique, favorisant la formation de nuages et de précipitations. Les forêts, comme l’Amazonie, sont essentielles pour maintenir les régimes de pluie régionaux.
– Régulation thermique : Les canopées végétales absorbent la lumière solaire, réduisant l’albédo (réflexion de la lumière) et modérant les températures locales. Les zones déforestées, en revanche, deviennent plus chaudes et sèches, amplifiant les extrêmes climatiques.
4. Rôle dans l’atténuation du changement climatique
La photosynthèse joue un rôle clé dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais elle est aussi affectée par celui-ci :
– Puits de carbone naturels : Les écosystèmes photosynthétiques (forêts, prairies, tourbières, océans) absorbent une partie des émissions anthropogéniques de CO₂. Par exemple, les forêts tropicales séquestrent environ 15-20 % des émissions mondiales de CO₂.
– Limites face au changement climatique : L’augmentation des températures, les sécheresses et les incendies réduisent l’efficacité de la photosynthèse dans certains écosystèmes. Les plantes C3, par exemple, souffrent de la photorespiration à haute température, tandis que les écosystèmes marins (comme les récifs coralliens) sont menacés par l’acidification des océans, affectant le phytoplancton.
– Effets paradoxaux du CO₂ : Des niveaux élevés de CO₂ peuvent stimuler la photosynthèse à court terme (effet de « fertilisation au CO₂ »), mais cet avantage est souvent contrebalancé par des stress hydriques ou thermiques.
5. Menaces sur la photosynthèse et leurs impacts climatiques
Les activités humaines perturbent la capacité de la photosynthèse à réguler le climat :
– Déforestation : La destruction des forêts (par exemple, en Amazonie ou en Indonésie) réduit les puits de carbone et libère le carbone stocké dans la biomasse et les sols, amplifiant le réchauffement climatique. On estime que la déforestation contribue à 10-15 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.
– Pollution marine : La pollution, l’acidification et le réchauffement des océans menacent le phytoplancton, réduisant sa capacité à fixer le CO₂ et à produire de l’oxygène.
– Changements d’usage des sols : La conversion des terres pour l’agriculture ou l’urbanisation diminue les surfaces photosynthétiques, limitant la séquestration du carbone.
6. Perspectives pour tirer parti de la photosynthèse
La photosynthèse inspire des stratégies pour atténuer le changement climatique :
– Reforestation et agroforesterie : Restaurer les forêts et intégrer des arbres dans les systèmes agricoles augmente la séquestration du carbone et restaure les cycles hydrologiques.
– Amélioration des cultures : Développer des variétés de plantes C4 ou optimiser la photosynthèse (comme le projet C4 Rice) pourrait augmenter les rendements agricoles tout en séquestrant plus de CO₂.
– Technologies bio-inspirées : La photosynthèse artificielle, qui imite la capture de CO₂ et la conversion de l’énergie solaire, pourrait produire des carburants propres, réduisant la dépendance aux énergies fossiles.
– Protection des écosystèmes marins : Préserver le phytoplancton et les écosystèmes côtiers (mangroves, herbiers marins) est crucial pour maintenir leur rôle de puits de carbone.
Depuis des millions d’années, la photosynthèse a façonné le climat terrestre en régulant le CO₂, en produisant de l’oxygène et en influençant les cycles hydrologiques. Aujourd’hui, elle reste un outil naturel puissant pour atténuer le changement climatique, mais sa capacité est menacée par les activités humaines. Protéger et amplifier les écosystèmes photosynthétiques (forêts, océans) tout en s’inspirant de la photosynthèse pour des innovations technologiques est essentiel pour un avenir durable. Ce processus, qui a permis à la vie de prospérer, pourrait aussi être une clé pour stabiliser le climat face aux défis actuels.
Le SCV (Semis Direct sous Couverture Végétale) et son impact potentiel sur le climat
le Semis Direct sous Couverture Végétale (SCV), s’il était pratiqué de manière généralisée sur l’ensemble des surfaces agricoles cultivées, aurait une incidence positive et significative sur le climat. Cette pratique agroécologique, qui combine le non-labour du sol, le maintien permanent d’une couverture végétale (couverts végétaux ou « cover crops ») et la diversification des cultures, favorise une photosynthèse étendue et positive sur une grande partie de l’année. Cela renforce la séquestration du carbone, réduit les émissions de gaz à effet de serre (GES) et améliore la résilience climatique.
1. Rappel : Qu’est-ce que le SCV et son lien avec la photosynthèse ?
Le SCV consiste à semer les cultures principales directement dans un couvert végétal vivant ou résiduel, sans labour, pour protéger le sol et maintenir une couverture permanente. Contrairement à l’agriculture conventionnelle, où les sols restent nus une grande partie de l’année (jusqu’à 70 % du temps), le SCV assure une couverture végétale continue.
– Photosynthèse positive prolongée : Les couverts végétaux (comme le trèfle, la vesce ou le ray-grass) réalisent une photosynthèse active hors saison de culture principale, fixant le CO₂ atmosphérique en biomasse (racines, tiges, feuilles). Des études montrent que, bien conduit, le SCV maintient une photosynthèse nette positive (fixation > respiration) pendant 8 à 10 mois par an, contre 4-6 mois en conventionnel. Cela augmente la production de biomasse racinaire, qui se décompose lentement et enrichit le sol en matière organique.
Cette « photosynthèse étendue » est clé : elle convertit plus d’énergie solaire en carbone organique stocké, limitant les pertes par érosion ou décomposition rapide.
2. Impacts climatiques directs du SCV généralisé
Si le SCV était adopté sur les ~1,5 milliard d’hectares de terres arables mondiales (ou ~30 millions en France), ses effets cumulés pourraient atténuer le réchauffement de manière mesurable. Voici les principaux mécanismes :
– Séquestration du carbone dans les sols :
– Le SCV augmente les stocks de carbone organique du sol (SOC) de 0,3 à 0,8 tonne de C/ha/an en moyenne, selon le climat et le sol. En climat tempéré (comme en France), l’effet est modéré mais stable ; en climat sec ou tropical, il est plus marqué (jusqu’à 1 t C/ha/an).
– À l’échelle globale : Une adoption à 100 % pourrait séquestrer 0,5 à 1 Gt CO₂-eq/an (gigatonnes d’équivalent CO₂), soit 1-2 % des émissions anthropogéniques annuelles (~50 Gt CO₂).
Le GIEC estime que les sols agricoles pourraient absorber jusqu’à 3,4 Gt CO₂/an d’ici 2030 via des pratiques comme le SCV, en priorisant les couverts végétaux.
– Mécanisme : Les racines des couverts pénètrent profondément (jusqu’à 1-2 m), stockant du carbone stable (humus). Le paillage (résidus en surface) immobilise temporairement du CO₂, réduisant les émissions. – Réduction des émissions de GES :
– Moins de CO₂ fossile : Pas de labour = moins de carburant (réduction de 20-50 kg CO₂/ha par passage évité).
– Moins de N₂O (protoxyde d’azote, 300x plus puissant que le CO₂) : Les couverts réduisent le lessivage d’azote et fixent l’azote atmosphérique (légumineuses), diminuant les besoins en engrais chimiques de 20-30 %. Cependant, les légumineuses peuvent augmenter légèrement les émissions de N₂O si mal gérées – un point à surveiller.
– Bilan global : Le SCV mitige ~100-150 g CO₂-eq/m²/an, supérieur au semis direct seul (sans couverts).
– Amélioration des cycles hydrologique et thermique :
– Transpiration accrue : La couverture végétale augmente l’évapotranspiration, favorisant les précipitations locales (jusqu’à 20-30 % dans les zones agricoles). Cela atténue les sécheresses et les inondations.
– Effet albedo et refroidissement local : Le sol couvert absorbe moins de chaleur, réduisant les températures locales de 1-2 °C en été, et limite l’érosion (qui libère du carbone).
Le stockage de carbone n’est pas infini (saturation après 20-30 ans) et dépend du climat (plus efficace en zones sèches). En climat humide tempéré, l’effet peut être faible si les résidus se décomposent vite.
– Bien conduit : Nécessite une rotation diversifiée, un semis précoce des couverts et une terminaison adaptée (roulage, fauche) pour éviter la compétition hydrique. Sans cela, les bénéfices chutent.
– Défis économiques : Coûts initiaux (semences) et adaptation technique, mais rentabilité à long terme via moins d’intrants et rendements stables (+5-10 % en moyenne).
– Interactions avec le climat actuel : Le SCV aide à s’adapter au réchauffement (meilleure rétention d’eau), mais des études récentes (2023) montrent que les plantes pourraient absorber plus de CO₂ sous CO₂ élevé, amplifiant les gains.
Un SCV généralisé sur les surfaces agricoles cultivées aurait une incidence climatique positive notable, en transformant les terres arables en puits de carbone actifs grâce à une photosynthèse prolongée. Cela pourrait compenser 1-2 % des émissions mondiales rien que pour la production agricole, réguler les cycles locaux d’eau et atténuer les extrêmes climatiques – un levier clé pour l’objectif « 4 pour 1000 » du GIEC (augmenter les stocks de sol de 0,4 %/an). En France, où 30 % des surfaces sont déjà en semis direct, étendre et développer le SCV pourrait séquestrer ~10-15 Mt CO₂/an. C’est une solution réaliste et robuste alignée sur l’agroécologie, mais elle doit s’accompagner de politiques incitatives (subventions, formation).
Le SCV, en maintenant une couverture végétale permanente, prolonge la photosynthèse (8-10 mois/an vs 4-6 mois en agriculture conventionnelle), augmentant la fixation du CO₂ et la production de biomasse. Cela permet de séquestrer 0,3-0,8 t C/ha/an dans les sols pendant 20-30 ans, jusqu’à une saturation du stock de carbone organique (SOC). À l’échelle mondiale, une adoption généralisée du SCV pourrait absorber 0,5-1 Gt CO₂/an, soit 1-2 % des émissions globales, tout en réduisant les émissions de GES (N₂O, CO₂ fossile) et en améliorant les cycles hydrologiques (transpiration, régulation thermique).
Une fois le SOC saturé (après 20-30 ans), il est possible de prélever raisonnablement 20-30 % des résidus végétaux (pailles, couverts) pour produire de l’énergie (biogaz, bioéthanol, biochar) sans compromettre la fertilité des sols, à condition de :
– Laisser 50-70 % des résidus pour maintenir le SOC.
– Continuer le SCV avec des couverts diversifiés pour compenser les pertes via la photosynthèse.
– Réincorporer des sous-produits comme les **digestat (issus de la méthanisation) ou le biochar (issu de la pyrolyse), qui stabilisent le carbone et enrichissent le sol.
En France, prélever ~3 Mt/an de biomasse pourrait générer 3-5 TWh/an d’énergie, soit ~1 % de la consommation nationale, tout en évitant 1-2 Mt CO₂-eq/an grâce à la substitution aux énergies fossiles.
À l’échelle mondiale, cela pourrait représenter 10-20 EJ/an (5 % de l’énergie mondiale).
Réincorporation des excréments humains pour soutenir la fertilité
Les déchets organiques humains (boues d’épuration) sont riches en nutriments (3-5 % N, 1-2 % P, 0,5-1 % K) et en carbone organique (20-50 %), ce qui en fait un amendement clé pour :
– Soutenir la photosynthèse : Les nutriments boostent la croissance des couverts végétaux, augmentant la biomasse fixée (+2-4 t/ha). – Compenser les prélèvements : L’épandage de boues traitées ajoute 0,1-0,5 t C/ha/an, maintenant le SOC stable même avec des prélèvements pour l’énergie.
– Réduire les GES : La méthanisation des excréments produit du biogaz (~2-3 TWh/an en France) et évite les émissions de CH₄ et N₂O des déchets non traités, tout en remplaçant les engrais chimiques (économie de ~1-2 Mt CO₂-eq/an en France).
Conditions pour une gestion durable
– Prélèvement modéré : Limiter les prélèvements à 20-30 % des résidus pour éviter la baisse du SOC.
– Traitement des excréments : Méthanisation ou compostage pour éliminer les pathogènes et réduire les contaminants (métaux lourds, polluants organiques), conformément aux normes (ex. : UE 2019/1009). – Surveillance: Analyser régulièrement le SOC et les contaminants pour éviter la dégradation des sols.
– Adaptation locale : Ajuster les pratiques au climat et au type de sol (argileux vs sableux).
Impact climatique global
– SCV généralisé : Réduction nette de 0,5-1 Gt CO₂-eq/an à l’échelle mondiale grâce à la séquestration et à la diminution des émissions (N₂O, carburants fossiles).
– Prélèvement énergétique : Contribution à la transition énergétique avec un bilan carbone neutre ou négatif si les sous-produits (digestats, biochar) sont réincorporés.
– Excréments humains : Fermeture du cycle des nutriments, réduction de la dépendance aux engrais chimiques, et séquestration additionnelle de 0,3-0,5 Mt C/an en France.
Conclusion :
La photosynthèse au cœur du SCV pour un système agroécologique vertueux
La photosynthèse, en tant que processus clé de fixation du CO₂ et de production de biomasse, est le pilier du Semis Direct sous Couverture Végétale (SCV).
En prolongeant l’activité photosynthétique sur 8 à 10 mois par an grâce à des couverts végétaux diversifiés, le SCV maximise la capture du carbone atmosphérique et soutient la fertilité des sols. Combiné à un prélèvement modéré de biomasse (20-30 %) pour produire de l’énergie renouvelable (biogaz, bioéthanol, biochar) et à la réincorporation des excréments humains traités, riches en nutriments et en carbone organique, ce système forme un cycle agroécologique vertueux.
En France, il pourrait séquestrer 10-15 Mt CO₂/an, produire 5-8 TWh/an d’énergie, et préserver la santé des sols, tout en réduisant les émissions de GES (N₂O, CO₂ fossile). Ces bénéfices dépendent d’une gestion rigoureuse : traitement des boues pour éliminer pathogènes et contaminants, prélèvements limités, et suivi des stocks de carbone organique. En imitant la résilience de la photosynthèse, qui a structuré les écosystèmes terrestres depuis des millions d’années, le SCV offre une solution durable pour relever les défis climatiques et énergétiques, tout en maintenant la productivité agricole.
Hubert Charpentier

Hubert Charpentier était un agronome et pionnier français de l’agriculture de conservation des sols, particulièrement connu pour son travail sur le semis direct sous couverture végétale (SDCV). Il était effectivement un collègue proche de Lucien Séguy, le célèbre agronome français qui a développé ces techniques au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Ensemble, avec leurs équipes d’agronomes, ils ont collaboré pendant de nombreuses années au sein du CIRAD, en adaptant et en diffusant ces méthodes durables, inspirées des écosystèmes tropicaux, à divers contextes agricoles, y compris en France et dans les pays du Sud. Leur approche mettait l’accent sur la préservation des sols, la réduction du travail du sol et l’utilisation de couvertures végétales pour améliorer la fertilité et la résilience face au changement climatique.

Hubert Charpentier Hubert Charpentier est né le 25 août 1952 dans la région berrichonne (Indre, au sud d’Issoudun), sur une ferme familiale exploitée sur des plateaux argilo-calcaires. Il a grandi dans ce milieu rural, ce qui l’a naturellement orienté vers l’agronomie. –
Formation et débuts professionnels: Après des études en agronomie, il rejoint le CIRAD dans les années 1980. Il intègre l’équipe de Lucien Séguy, où il passe environ 20 ans à développer le semis direct sous couverture végétale, principalement sous les tropiques. Son travail porte sur des méthodologies de « recherche-action » co-construites avec les agriculteurs, adaptées aux contextes de subsistance (comme à Madagascar, où il met en place des dispositifs de terrain pour former des agronomes locaux). Il contribue à l’adaptation de ces techniques aux grandes exploitations mécanisées, comme celles des Cerrados au Brésil, en se concentrant sur la régénération des sols, la couverture permanente et la biodiversité végétale. –
Retour en France et application pratique : À partir de 2000, Hubert reprend la ferme familiale de 175 hectares en Champagne berrichonne. Il y applique et innove dans les principes du SDCV, en commençant par des couvertures mortes (paillis), puis en évoluant vers des couvertures vives adaptées à la variabilité climatique locale. Avec le soutien de Lucien Séguy et d’autres pionniers français (comme Jean-Claude Quillet ou Noël Deneuville), il met au point des systèmes résilients, notamment la culture du blé sur couverture de luzerne et lotier corniculé. Cela devient un pilier de rotations performantes, minimisant les intrants et préservant les sols argilo-calcaires. Ses expérimentations servent de support à des formations pour agriculteurs et chercheurs en France. –
Héritage et fin de vie : Reconnu pour sa générosité et son humour, Hubert Charpentier forme de nombreux professionnels et partage son expertise lors de missions internationales. Il décède le 4 avril 2022, laissant un legs durable dans l’agriculture durable. Des hommages collectifs, comme des webinaires organisés par Ver de Terre Production en janvier 2023, soulignent son impact aux côtés de Lucien Séguy (décédé en 2020). Son travail continue d’inspirer les pratiques SDCV en Europe et au-delà, favorisant une agriculture plus écologique et autonome.
La couverture permanente avec de la luzerne :
Une innovation clé d’Hubert Charpentier
Hubert Charpentier, après ses années au CIRAD où il a développé des systèmes SDCV adaptés aux contextes tropicaux (Brésil, Madagascar, Cameroun, etc.), a ramené ces principes en France pour les adapter aux sols argilo-calcaires de la Champagne berrichonne. L’objectif était de maintenir une couverture végétale permanente sur les sols pour réduire l’érosion, améliorer la fertilité, stocker du carbone et limiter l’usage d’intrants chimiques. – La luzerne (Medicago sativa), une légumineuse pérenne, est devenue un pilier de ses systèmes. Contrairement aux couverts temporaires ou morts (comme le paillis), la luzerne vivante reste en place toute l’année, offrant une couverture continue et des bénéfices agronomiques multiples.
Pourquoi la luzerne
Fixation d’azote : En tant que légumineuse, la luzerne capte l’azote atmosphérique via ses nodosités racinaires, enrichissant naturellement le sol et réduisant le besoin d’engrais azotés pour les cultures suivantes.
Protection du sol: La luzerne forme un couvert dense qui protège le sol contre l’érosion, limite le ruissellement et maintient l’humidité, ce qui est crucial dans les contextes de sécheresse ou de pluies intenses.
Amélioration de la structure du sol : Ses racines profondes (pouvant atteindre plusieurs mètres) décompactent le sol, favorisent l’infiltration de l’eau et stimulent l’activité biologique (vers de terre, micro-organismes). Concernant ce point, le système racinaire profond de la luzerne entre très peu en concurrence des céréales et autres cultures pour l’eau….
Résilience climatique : La luzerne, résistante à la sécheresse et pérenne, s’adapte bien aux variations climatiques, ce qui en fait une alliée pour les systèmes agricoles face au changement climatique.
Production complémentaire : La luzerne peut être récoltée pour le fourrage ou laissée en place comme couvert, offrant une flexibilité économique.
Mise en œuvre dans les systèmes d’Hubert Charpentier
Hubert a développé des rotations culturales intégrant la luzerne comme couverture permanente, notamment en association avec des cultures principales comme le blé. Par exemple, il semait du blé directement dans une luzerne vivante, en utilisant des techniques de semis direct pour minimiser le travail du sol. Il combinait souvent la luzerne avec d’autres espèces, comme le lotier corniculé pour diversifier les couverts et maximiser les bénéfices agronomiques (résilience, biodiversité, complémentarité des racines).le lotier convient mieux aux sols plus acides de sa ferme berrichonne.
Pour gérer la luzerne, il utilisait des techniques comme le roulage ou un léger broyage pour contrôler sa croissance sans la détruire, permettant à la culture principale de s’établir tout en maintenant le couvert vivant. – Ce système demandait une maîtrise technique fine, notamment pour ajuster les densités de semis, les dates d’implantation et la gestion des adventices, qu’il abordait lors de ses formations, comme celle du 7 mars 2017 organisée par la Chambre d’agriculture Alsace dans le cadre du programme Life Alister au Lycée agricole d’Obernai.
Impact et diffusion via les formations
En tant que membre d’un CETA (Centre d’études techniques agricoles), Hubert partageait ses expériences avec d’autres agriculteurs, favorisant une réflexion collective sur les pratiques durables. Ses formations, mettaient en avant l’utilisation de la luzerne dans le SDCV, en insistant sur la simplicité et l’accessibilité de la technique pour les agriculteurs, même en contextes non mécanisés. – L’adaptation aux contraintes locales (climat, type de sol, ressources disponibles). – Les bénéfices environnementaux (réduction des intrants, séquestration du carbone, biodiversité). – Ces sessions, souvent co-organisées avec des institutions comme les chambres d’agriculture, s’appuyaient sur des démonstrations pratiques et des retours d’expérience de sa ferme de 175 hectares en Champagne berrichonne.
La « marque de fabrique » d’Hubert
La luzerne comme couverture permanente était emblématique de son approche, car elle incarnait son ambition de créer des systèmes agricoles simples, autonomes et résilients.
Hubert combinait une rigueur scientifique (issue de son expérience au CIRAD) avec une approche pragmatique, adaptée aux réalités des agriculteurs. – Son travail sur la luzerne s’inscrivait dans une vision plus large, influencée par Lucien Séguy, de mimétisme des écosystèmes naturels, où le sol est toujours couvert et la biodiversité fonctionnelle est maximisée. – Sa capacité à vulgariser des concepts complexes et à les rendre applicables, même pour des agriculteurs novices en SDCV, a fait de lui une figure respectée,
Jusqu’à son décès en avril 2022, Hubert Charpentier a continué à promouvoir la luzerne comme un outil clé pour l’agriculture de conservation, influençant des agriculteurs en France et à l’international. Aujourd’hui, ses enfants pérennisent sur la ferme familiale cette approche, notamment via son fils Hervé qui gère l’exploitation et maintient les principes du semis direct sous couverture végétale, en adaptant les systèmes à la Champagne berrichonne. Son approche a inspiré des initiatives comme celles de Ver de Terre Production, qui a rendu hommage à son travail et à celui de Lucien Séguy dans des webinaires posthumes. – La luzerne reste aujourd’hui une référence dans les systèmes SDCV, notamment pour les agriculteurs cherchant à concilier productivité, durabilité et résilience. En résumé, Hubert Charpentier a fait de la luzerne un pilier de ses systèmes agricoles, en développant des techniques de couverture permanente qui allient productivité et respect de l’environnement. Ses formations, ont permis de diffuser ces pratiques, en s’appuyant sur son expérience au CIRAD et sur sa ferme.
Sa « marque de fabrique » réside dans cette combinaison de savoir scientifique, d’innovation pratique et de transmission pédagogique, qui continue d’inspirer l’agriculture durable, y compris au travers de l’engagement de ses enfants.
Sarah Singla : L’agricultrice du futur et son engagement pour les sols vivants
Sarah Singla : L’agricultrice du futur et son engagement pour les sols vivants Sarah est une figure emblématique de l’agriculture régénératrice en France. Elle incarne effectivement une nouvelle génération d’agriculteurs engagés, avec une expertise pointue en agronomie et une mission dédiée à la restauration des sols.
Qui est Sarah Singla ? Sarah Singla est ingénieure agronome formée à Montpellier SupAgro (aujourd’hui Institut Agro Montpellier). Depuis 2010, elle gère la ferme familiale à Canet-de-Salars, dans l’Aveyron (sud de la France), une exploitation qui pratique l’agriculture de conservation des sols depuis 1980. Cette approche repose sur trois piliers fondamentaux :
– **Non-perturbation du sol** (ou perturbation minimale, évitant le labour qui épuise la structure et la vie microbienne).
– **Couverture permanente des sols** par des couverts végétaux, pour prévenir l’érosion et favoriser la biodiversité. –
**Rotation des cultures**, pour diversifier les nutriments et rompre les cycles de maladies.
En tant qu’ambassadrice des « sols vivants », elle est reconnue comme une experte internationale. Elle parcourt la France et l’étranger (y compris des interventions à l’ONU et lors de conférences mondiales) pour former des agriculteurs et sensibiliser aux enjeux de la fertilité des sols. Elle est co-fondatrice de l’association Clé de Sol et formatrice au sein du réseau Hum’s, qui accompagne les transitions agroécologiques. Son approche holistique intègre science, observation terrain et philosophie, en rappelant que « aucune civilisation agraire n’a tenu plus de 400 ans » en raison de la dégradation des sols – un clin d’œil historique aux « croissants fertiles » devenus arides. Ce qui la caractérise particulièrement, c’est son rôle de « femme agricultrice du futur » : engagée, innovante et accessible. Elle vulgarise des concepts complexes pour inspirer une agriculture durable, en remplaçant souvent « le métal » (outils mécaniques destructeurs) par « le végétal » (plantes et racines qui régénèrent naturellement).
Son expertise : La photosynthèse au cœur de la restauration des sols Sarah Singla excelle dans l’explication de mécanismes biologiques comme la photosynthèse, qu’elle présente comme un levier essentiel contre la dégradation des sols et le réchauffement climatique. Pour elle, la photosynthèse n’est pas seulement le processus par lequel les plantes convertissent le CO₂ et l’eau en sucres (glucose) via la lumière solaire – c’est un allié pour « nourrir » les sols vivants. Voici comment elle l’articule souvent dans ses interventions :
– **La photosynthèse comme capture de carbone** : Les plantes, via ce processus, fixent le CO₂ atmosphérique et le stockent dans leurs racines et exsudats (sucres libérés par les racines). Ces exsudats alimentent les micro-organismes du sol (bactéries, champignons, vers de terre), créant un écosystème fertile qui séquestre le carbone et améliore la structure du sol. – **Lien avec l’agriculture de conservation** : En maintenant une couverture végétale permanente, on prolonge la photosynthèse toute l’année (même en hiver avec des couverts). Cela combat l’érosion, optimise l’eau et réduit les besoins en intrants chimiques. Par exemple, elle explique que les exsudats racinaires issus de la photosynthèse « nourrissent la vie du sol », rendant les terres plus résilientes à la sécheresse – un enjeu majeur en Aveyron et ailleurs en France. – **Impact sur la biodiversité et le terroir** : Cette pratique préserve la diversité microbienne (biodiversité souterraine), essentielle pour un terroir vivant. Le sol devient un « écosystème » plutôt qu’un support inerte, favorisant des cultures plus saines et adaptées au climat local. Sarah insiste : « L’idée n’est pas nouvelle, on l’apprenait à l’école il y a 100 ans », mais elle l’adapte au contexte actuel de changement climatique. Ses conférences, comme celles retranscrites dans des émissions RFI ou des articles spécialisés, soulignent que cette approche peut inverser la dégradation : des sols infertiles redeviennent productifs, avec moins d’eau et d’engrais. Elle conseille de commencer simplement, par des couverts d’hiver ou des associations comme colza + couverts, après un diagnostic du sol.
Sarah Singla est une oratrice reconnue qui « traverse la France » pour des talks inspirants. Son style – dynamique, illustré d’images et d’anecdotes terrain – s’aligne idéalement sur le format TEDx : court, impactant, avec un appel à l’action pour une agriculture régénératrice. Le « pourquoi » résonne avec sa mission : partir « de l’origine, la terre ». Elle a été embarquée par cette démarche parce qu’elle voit l’agriculture non comme un métier en déclin, mais comme « un métier d’avenir » si on restaure les sols. Ouvrir le « rond rouge » (le cercle emblématique TED) à des voix comme la sienne permet de diffuser ces idées au-delà des cercles agricoles, touchant un public large sur la biodiversité et le terroir préservé.
Pourquoi elle inspire ? Sarah Singla n’est pas seulement une experte ; elle est une pionnière qui a produit un documentaire (« Bienvenue les vers de terre », 2019) et participé à des séries comme celle d’Arte sur la conservation des sols (2022). Son engagement à l’international (Nuffield Scholar en 2011, voyages mondiaux) et ses formations pratiques montrent qu’elle porte une voix nécessaire : celle d’une femme qui allie science et terrain pour un avenir durable ainsi que la photosynthèse comme clé pour des sols vivants et une agriculture résiliente.
Sarah Singla et ses échanges avec Lucien Séguy
Sarah Singla a entretenu une relation d’admiration et de collaboration étroite avec Lucien Séguy, qu’elle cite fréquemment comme une source d’inspiration majeure. Bien qu’ils n’aient pas de partenariat formel documenté comme une co-écriture ou un projet joint récent, leurs échanges se manifestent à travers des événements, des citations croisées et des cercles professionnels communs dans l’ACS. Voici les points clés : – **Inspirations croisées dans les discours** : Sarah Singla référence souvent Séguy pour souligner l’importance d’une recherche terrain et participative. Par exemple, dans une interview de 2018 pour *Graines de Mane*, elle déclare : « Il faut que la recherche soit faite ‘par, pour, avec et chez les agriculteurs’ comme l’a souvent mentionné Lucien Séguy, pionnier dans cette agriculture. » Cela reflète comment ses idées ont influencé sa vision d’une ACS pragmatique et adaptée aux besoins des producteurs. – **Événements et organisation conjointe** : En 2018, Sarah Singla a organisé ou participé à une soirée débat en Aveyron avec Lucien Séguy, comme indiqué dans les archives de l’APAD. Elle servait de contact principal pour cet événement dédié aux TCS et au semis direct sous couvert. Ces rencontres permettent des échanges directs sur des thèmes comme la conduite des couverts végétaux et l’évaluation de la fertilité des sols. –
« Un sol compacté, c’est la calamité » : comment régénérer nos terres ?
Olivier Husson, agronome spécialisé en agriculture tropicale, partage 40 ans d’expérience sur la recherche et la mise en œuvre de l’agriculture régénératrice, de Madagascar au Vietnam. Il retrace son parcours, depuis ses débuts avec Lucien Séguy sur le semis direct jusqu’à la promotion de l’agriculture de conservation, basée sur le non-labour, le couvert végétal permanent et la diversité culturale. Husson souligne l’importance d’adapter les principes universels aux contextes locaux, en s’appuyant sur une recherche pragmatique et une observation fine des écosystèmes. Il aborde des concepts clés comme le potentiel Redox pour piloter les cultures, le rôle des plantes dans la création des sols, et les seuils critiques de matière organique pour la résilience des systèmes agricoles. L’entretien explore aussi les défis sociaux, culturels et fonciers qui freinent la transition agroécologique, tout en mettant en lumière des succès, comme l’adoption massive de ces pratiques au Vietnam. Une discussion inspirante sur la coopération entre science, terrain et société pour restaurer durablement les sols et transformer l’agriculture.
Gabe Brown – Réinventer l’agriculture grâce à la régénération

https://youtu.be/lQa5Sb3GsfY?si=Lln_Bqbs7RJ_cTUK
Dans cette conférence captivante enregistrée au Groundswell Festival 2025 à Lannock Farm, Hertfordshire, Gabe Brown, pionnier de l’agriculture régénératrice, partage une vision trans-formative pour l’avenir de l’agriculture. Avec des décennies d’expérience et des exemples concrets du monde entier, il dévoile les principes clés pour restaurer la santé des sols, revitaliser les écosystèmes et assurer la rentabilité des fermes. Cette approche holistique, guidée par la nature, invite à repenser notre rôle dans le système alimentaire. Une source d’inspiration pour tous ceux qui souhaitent adopter une gestion des terres durable et résiliente. Découvrez comment l’agriculture régénératrice peut changer la donne !
https://youtu.be/EVuJKwQt-sU?si=h2d7WoI0-zN62TmC
Rejoignez Gabe Brown, figure emblématique de l’agriculture régénératrice, dans une discussion chaleureuse et inspirante au Groundswell Festival 2025, animée par John Gregson. Accompagné de trois agriculteurs britanniques – Martin Caunce, Stuart Rogers et Nick Padwick –, Gabe explore leurs parcours, succès et défis dans la transition vers une agriculture régénératrice. Ensemble, ils partagent des idées pratiques et une vision d’avenir pour un secteur agricole plus durable et résilient. Une conversation riche en enseignements pour repenser notre lien à la terre et au système alimentaire. Plongez dans l’avenir de l’agriculture régénératrice !
https://understandingag.com/partners/gabe-brown
Portait de PaysanNature
L’agriculture pour moi, ce sont des générations d’agriculteurs successives dans ma famille. J’aurais difficilement pu faire autre chose. Quand j’ai commencé, l’agriculture n’était pas comme aujourd’hui, on était en recherche de performances, de records de productions ( et ça a été, quelque part une réussite) mais on voyait déjà des choses qui se préparaient agro écologiquement…. On ne connaissait pratiquement que la technique du labour en France. Déjà ça ne me plaisait pas, pourtant j’ai même gagné des concours de labour. Comme quoi, ce n’est pas impossible de se remettre en cause. La première alerte est apparue dans les sols à faible potentiel , avec le travail du sol on obtenait déjà de mauvaises couleurs de terre, des terres de couleurs différentes, et ça m’inquiétait de remonter cette mauvaise terre inerte en surface avec la charrue. En bonnes terres profondes, fertiles, l’inquiétude agronomique est beaucoup plus longue à venir …. Je me suis intéressé à réduire le travail du sol dès que j’ai pu et ensuite rencontré des gens qui m’ont donné cette ouverture d’esprit. L’énorme chance que j’ai eu dans ma vie, c’est de rencontrer Lucien Séguy. À l’époque, il y avait peu de personnes en France qui s’intéressaient à l’agriculture de conservation, surtout pas la recherche agronomique et les médias agricoles. L’un des premiers pionniers était Jean-Claude Quillet et les voyages agronomiques de la revue TCS ont été une source intarissable de solutions pour nos sols, Il y avait autant d’échanges dans le car que sur les visites de fermes, c’était très riche en qualité d’échanges. Après, Jean-Claude m’a fait rencontrer Lucien, et Lucien ne m’a plus jamais lâché. Il voulait que son travail soit partagé par un maximum de personnes, c’est ce que j’essaie de continuer difficilement aujourd’hui. Lucien, c’était un génie. Il a visité énormément de situations partout dans le monde et en a pris le meilleur. Il s’est créé son expérience avec ses voyages. C’est certainement l’agronome qui a visité le plus de parcelles agricoles au monde. Il ne faisait que ça, partout. Quand tu as la chance de côtoyer un bonhomme comme ça, c’est merveilleux. Après, quand on le perd, on est malheureux. Ma rencontre avec Lucien a vraiment été le déclic, il m’a fait comprendre ce que c’était le génie végétal, que la Nature est le meilleur scientifique en recherche constante depuis toujours. Il m’a aussi ouvert les yeux sur le rôle central de la photosynthèse, ce processus fondamental par lequel les plantes captent l’énergie du soleil pour transformer le dioxyde de carbone et l’eau en matière organique, tout en libérant de l’oxygène. Ce miracle de la vie, qui nourrit les sols et régule le climat, a été gâché par des décennies de mauvaises pratiques humaines : labour intensif, monocultures, déforestations à outrance, sols nus exposés au soleil et à l’érosion. En détruisant la végétation, nous avons brisé ce cycle vital, appauvri nos sols et libéré dans l’atmosphère le carbone que le sol stocker. C’est pour ça que ça m’énerve aujourd’hui de voir encore des hectares de terre labourée, du béton dans les villes, du bitume étalé partout… ! Ça devrait être vert partout. En fin de compte, c’est la végétation qui fait tout. Quand on a de la végétation, on a des racines, des mycorhizes, de la glomaline, des bactéries, de la vie… On capte tout, on va chercher l’eau, on empêche les variations de température, et surtout, on maximise la photosynthèse pour enrichir le sol en matière organique. Cette matière organique, c’est le carburant de la vie du sol, c’est ce qui permet de séquestrer le carbone, de retenir l’eau et de nourrir les plantes. En couvrant nos sols de végétation diversifiée, comme le prône l’agriculture de conservation des sols, nous restaurons ce cycle vertueux, nous redonnons à la photosynthèse toute sa puissance pour reconstruire des sols vivants et résilients. La société, les médias aujourd’hui parlent de l’air, de l’eau, mais jamais des sols. Et pourtant, ils sont bien plus importants, trop mal connus. Les communes, les particuliers, les entreprises, tout le monde veut bitumer pour ne pas « salir » ses petits souliers ou pour faire rouler les trottinettes. C’est pour ça qu’on veut faire, qu’il faut faire, qu’on doit faire de l’agriculture de conservation des sols : conservons nos sols ! Et parlons-en un maximum… ! Tout le monde est responsable. En appliquant l’ACS, avec des couverts végétaux permanents, des rotations diversifiées et un travail minimal du sol, nous pouvons non seulement préserver nos sols, mais aussi amplifier la photosynthèse à grande échelle, contribuant ainsi à lutter contre le changement climatique tout en restaurant la fertilité naturelle. Sur les surfaces non agricoles, la société a un énorme effort à faire en « acceptation de verdissement »…En gestion de déchets organiques qu’elle produit et qu’elle gâche et gaspille …. Il y a deux choses que l’humanité doit retenir pour gagner un peu de temps sur son passage sur cette planète. La notion de cycles en équilibre, revoir aussi notre gestion de nos déchets comme dans la Nature. Et après, le sol, ( libérons le du bitume le plus possible )…..Le sol vivant qui filtre l’eau et la rend potable, c’est un réservoir de nourriture pour les plantes, c’est le support de la végétation qui elle capte infiniment la photosynthèse . Ce sont les plantes qui créent le sol, mais les plantes ont besoin de sol, d’eau et d’air. Tout ça, c’est lié, c’est global, comme le répétait inlassablement Lucien .. Et au cœur de ces cycles, il y a la photosynthèse, ce moteur universel qui alimente gratuitement la vie sur Terre. En labourant, en laissant les sols nus, l’humanité a gaspillé ce potentiel incroyable, libérant le carbone stocké et dégradant les écosystèmes. En adoptant l’ACS, en couvrant les sols de végétation le plus possible partout, nous pouvons réparer ces erreurs, relancer les cycles naturels et redonner au sol sa capacité à soutenir la vie et toute la biodiversité qui l’accompagne…..J’aimerai préciser ici, que « l’Agriculture Biologique » n’a aucun avenir, tant qu’elle n’abandonnera pas le travail mécanique du sol ….ça ne plait pas quand on précise cela mais on doit très vite trouver des solutions pour que toute les agricultures essaient de se passer le plus possible de ce travail mécanique de sol et de l’énergie qu’il exige (c’est aux racines et à la vie du sol de maintenir une structure de sol solide ) vers l’ACS-BIO…. Le peu de sol que les jeunes ont entre leurs mains, il faut absolument qu’ils le préservent, qu’ils le fassent vivre, qu’ils le protègent en y touchant le moins possible. Pour quelqu’un qui se pose des questions, je dirais de rencontrer plein de monde et d’échanger énormément. Tout seul, c’est pas facile de se rassurer, surtout quand on a fait une erreur, (je suis champion des erreurs) Il faut apprendre à regarder le sol. Si l’on a des structures prismatiques, le semis direct ne marchera pas. Ça, c’est par la formation qu’on y arrive. Il faut rencontrer des gens qui vous expliquent que ce sont les racines et la Matière Organique qui sont les solutions. Maintenant, je n’ai plus envie d’être gentil. Je dis « réagissez, dépêchez-vous ». Il n’y a plus le temps de s’amuser avec la ferraille mobile même si elle a une belle couleur. Il faut dire aux jeunes qui envisage ce métier, ne vous émerveillez pas devant un tas de ferraille, un tracteur, bleu, vert, rouge, d’ailleurs demain ce seront des robots qui les remplaceront. Émerveillez-vous plutôt devant votre sol, c’est votre meilleur outil. La couleur doit être foncée, la plus foncée possible ! Ça veut dire aussi que, quelques fois, avec très peu de matériel, on arrive à faire du très bon boulot. Quand on a compris « nourrir et protéger », on a résolu un tas de problèmes : les limaces, taupins, pucerons, corbeaux, sangliers…etc . Et il faut s’échanger les trucs qui marchent. Souvent, on me questionne aussi sur la tendance des purins, macérations, etc. Ces démarches sont valables pour aider à sortir du travail du sol, pour viser un sol vivant. Tout ce qui peut nourrir et protéger le sol nous intéresse. On s’aperçoit que quand on a un historique de non-travail du sol avec des plantes multiples de service, on a remis en fonctionnement nos sols. Ils sont naturellement imbibés de réactions bénéfiques qui se sont faites toutes seules. En favorisant une couverture végétale constante, on relance la photosynthèse à plein régime, ce qui stimule la biologie du sol, augmente la séquestration du carbone et restaure les équilibres naturels. On retrouve des cycles et des équilibres.
En misant sur la puissance infinie de la nature et de sa photosynthèse gratuite, nous pouvons rapidement reconstruire des sols robustes, vivants et fertiles, qui seront la base d’une alimentation humaine durable et saine pour les générations de demain.
Noël, PAYSAN dans la Nature …!!
Carbone du sol
Dans cette vidéo captivante, Olivier Husson nous invite à adopter une vision globale des dynamiques du carbone du sol, outil essentiel pour accélérer la transition agroécologique

