L’eau invisible : les incroyables échanges nocturnes entre l’atmosphère, les plantes et les sols vivants
Rosée, absorption foliaire, redistribution hydraulique, mycorhizes et régulation du climat : ce que la science nous apprend, et ce que le SCV nous invite encore à découvrir.

Et si la nuit était aussi un moment essentiel de la vie du sol ?
Rosée, absorption foliaire, redistribution hydraulique, mycorhizes et régulation du climat : ce que la science nous apprend, et ce que le SCV nous invite encore à découvrir.
Lorsque nous ne voyons plus l’eau, la Nature continue de travailler
Au cœur des périodes de sécheresse et de chaleur excessive, nous regardons souvent le ciel en espérant la pluie.
Nous observons les sols qui se dessèchent, les plantes qui souffrent, les rivières qui diminuent et les cultures qui ralentissent leur croissance.
Mais pendant la nuit, lorsque le soleil disparaît, les échanges entre l’atmosphère, les plantes et le sol ne s’arrêtent pas.
L’eau continue de circuler.
Elle peut se condenser sur les feuilles, les tiges et les résidus végétaux. Elle peut être absorbée par certaines plantes. Elle peut se déplacer dans les racines. Elle peut, dans certaines conditions, être redistribuée vers des zones plus sèches du sol.
Et, dans ce système vivant, les champignons mycorhiziens pourraient jouer un rôle important.
La science commence à mieux comprendre ces mouvements invisibles de l’eau.
Mais elle nous invite aussi à la prudence : tous les flux ne sont pas établis dans toutes les situations, et il reste encore beaucoup à découvrir.
Pour le SCV Lucien Séguy, cette question est fondamentale :
Un sol couvert en permanence par des plantes vivantes peut-il mieux utiliser les faibles quantités d’eau disponibles, mieux amortir les excès climatiques et maintenir plus longtemps une activité biologique lorsque la sécheresse s’installe ?
1. La nuit, l’atmosphère, les feuilles et le sol continuent d’échanger de l’eau

L’eau ne se présente pas uniquement sous forme de pluie, de ruisseaux ou d’humidité visible.
Elle est également présente dans l’atmosphère sous forme de vapeur.
Pendant une journée très chaude, l’air peut contenir beaucoup de vapeur d’eau, mais son pouvoir desséchant dépend aussi de la température.
La nuit, lorsque les surfaces se refroidissent, l’humidité relative peut augmenter.
Si une feuille, un résidu ou une surface minérale atteint une température inférieure au point de rosée, de la vapeur d’eau peut se condenser.
C’est la rosée.
Cette eau peut alors rester quelques heures sur les surfaces avant de s’évaporer, d’être absorbée ou de rejoindre le sol.
Un système d’échanges permanents
ATMOSPHÈRE
vapeur d’eau / humidité
↕
CONDENSATION
↓
┌───────────┼───────────┐
↓ ↓ ↓
FEUILLES RÉSIDUS SOL NU
↓ ↓ ↓
absorption infiltration évaporation
↓ ↓ ↓
PLANTE ←→ RACINES ←→ SOL
↓
VIE BIOLOGIQUE
La rosée n’est pas une pluie miniature. Elle représente généralement une faible quantité d’eau.
Mais cette faible quantité peut avoir une importance physiologique, notamment lorsqu’elle arrive directement sur les feuilles d’une plante en situation de stress hydrique.
2. La rosée peut-elle être absorbée par les feuilles ?
Oui, chez certaines plantes.
Ce phénomène est appelé absorption foliaire de l’eau.
Il signifie que l’eau présente à la surface des feuilles peut pénétrer dans les tissus végétaux.
La revue scientifique de Berry et al. (2019), consacrée à l’absorption foliaire, montre que ce mécanisme est largement répandu chez les plantes et qu’il peut contribuer au bilan hydrique et carboné de certaines espèces.
La revue de 2026 consacrée à la rosée rassemble également des résultats montrant que cette eau peut améliorer temporairement l’état hydrique des feuilles, réduire leur déficit hydrique et favoriser certaines fonctions physiologiques.
Mais il faut être précis
Toutes les plantes n’absorbent pas l’eau de la même manière.
La structure des feuilles, la présence de cuticule, les stomates, l’espèce végétale, la durée de mouillage et les conditions atmosphériques jouent un rôle.
Une feuille couverte de rosée n’est donc pas automatiquement une feuille irriguée.
L’absorption peut être limitée.
Et l’eau absorbée ne représente pas nécessairement une quantité importante par rapport aux besoins journaliers d’une culture.
Cependant, pendant une période sèche, un apport faible mais directement disponible au niveau des feuilles peut avoir un effet biologique intéressant.

3. Le phénomène étonnant : l’eau peut parfois circuler dans le sens inverse
Habituellement, nous imaginons le trajet de l’eau ainsi :
Sol → racines → plante → feuilles → atmosphère
C’est le fonctionnement classique de la transpiration.
Mais certaines plantes peuvent aussi présenter, dans des conditions particulières, une circulation nocturne de l’eau dans un autre sens.
La redistribution hydraulique
La redistribution hydraulique, parfois appelée « ascenseur hydraulique », correspond au déplacement de l’eau entre différentes zones du sol par l’intermédiaire du système racinaire.
Lorsqu’une plante possède des racines profondes dans un sol encore humide et des racines superficielles dans un sol plus sec, l’eau peut se déplacer depuis les zones humides vers les zones sèches.
Ce phénomène est particulièrement étudié chez les arbres et les plantes à enracinement profond.
Il a été observé dans différents écosystèmes, notamment pendant les périodes de sécheresse.
Le principe
SOL PROFOND HUMIDE
│
│
RACINES PROFONDES
│
↓
PLANTE
│
↓
RACINES SUPERFICIELLES
│
↓
SOL SUPERFICIEL SEC
La nuit, lorsque la transpiration diminue, les différences de potentiel hydrique entre les horizons du sol peuvent favoriser ces mouvements.
Les racines peuvent alors contribuer à réhumidifier localement certaines zones du sol.
Mais ce phénomène n’est ni automatique ni universel.
Il dépend notamment :
- de l’espèce végétale ;
- de la profondeur des racines ;
- de l’humidité des différents horizons ;
- de l’état hydraulique de la plante ;
- des propriétés du sol ;
- des conditions nocturnes.
Et si l’eau venait de l’atmosphère ?
C’est ici que notre réflexion devient particulièrement intéressante.
Des travaux ont montré que certaines plantes peuvent absorber de l’eau atmosphérique par leurs feuilles, puis redistribuer cette eau dans leur organisme.
D’autres travaux ont montré que l’eau peut être transférée de la plante vers le sol par les racines.
Nous pouvons donc envisager, dans certaines conditions :
Atmosphère → feuilles → plante → racines → sol
Cette possibilité est scientifiquement plausible dans certains systèmes, mais elle n’est pas démontrée comme un mécanisme général pour toutes les cultures.
Il reste à mesurer précisément l’importance de cette voie dans les parcelles agricoles.

4. Le réseau mycorhizien : un partenaire possible dans ces échanges
Les plantes ne vivent pas seules dans le sol.
Leurs racines sont associées à une multitude de microorganismes.
Parmi eux, les champignons mycorhiziens occupent une place particulière.
Les mycorhizes arbusculaires forment des associations avec de nombreuses plantes cultivées.
Le champignon développe un réseau d’hyphes dans le sol, parfois bien au-delà de la zone directement explorée par les racines.
Ces filaments extrêmement fins participent notamment à l’exploration du sol et aux échanges de nutriments et de carbone avec la plante.
L’eau et les mycorhizes
Les travaux de Querejeta et collaborateurs ont montré que les hyphes mycorhiziens peuvent être associés à la redistribution hydraulique chez des arbres soumis à la sécheresse.
Des recherches plus récentes indiquent également que les mycorhizes peuvent modifier les propriétés hydrauliques de la rhizosphère et contribuer aux relations entre plantes et sol.
Cela ouvre une question essentielle :
Le réseau mycorhizien peut-il contribuer à maintenir une activité biologique minimale dans les sols pendant les périodes de sécheresse ?
La réponse est probablement : dans certaines conditions, oui, mais l’importance exacte du phénomène reste à préciser.
Une hypothèse de fonctionnement
ATMOSPHÈRE
│
rosée / pluie
↓
FEUILLES
↓
PLANTE
↓
RACINES
↓
RÉSEAU MYCORHIZIEN
↓
MICROSITES DU SOL
↓
bactéries • racines fines • agrégats
↓
VIE BIOLOGIQUE
Ce schéma représente une hypothèse de fonctionnement.
Il ne signifie pas que toute l’eau atmosphérique absorbée par les feuilles atteint systématiquement les mycorhizes.
Pour le démontrer, il faudrait utiliser des traceurs isotopiques de l’eau et suivre précisément son trajet.

5. Une petite quantité d’eau peut-elle maintenir une activité biologique ?
C’est une question particulièrement importante.
Nous avons parfois tendance à considérer le sol uniquement sous deux états :
Sec ou humide.
Mais le sol est un ensemble de microsites.
Même pendant une sécheresse, certains espaces peuvent conserver davantage d’humidité que d’autres.
Autour d’une racine, dans un agrégat, près d’un hyphe ou dans une zone riche en matière organique, les conditions peuvent être différentes de celles observées à la surface du sol.
Une petite quantité d’eau redistribuée peut alors avoir une importance locale.
Elle peut contribuer, selon les conditions, à :
- maintenir l’activité de certaines racines fines ;
- préserver des microorganismes dans des microsites ;
- favoriser temporairement certains échanges racines–microorganismes ;
- faciliter la disponibilité de certains nutriments ;
- soutenir une reprise d’activité après un épisode de sécheresse.
Mais il faut éviter d’exagérer.
Une faible quantité d’eau ne peut pas remplacer une pluie importante ni reconstituer une réserve utile épuisée.
Elle peut néanmoins jouer un rôle de soutien, notamment lorsque les conditions biologiques sont déjà favorables.
6. Le SCV : un système capable de mieux utiliser l’eau disponible ?
C’est probablement l’une des questions les plus importantes pour l’agriculture de conservation des sols.
Le SCV Lucien Séguy repose sur une idée essentielle :
Maintenir le sol couvert et vivant, limiter les perturbations mécaniques, associer les plantes et favoriser le fonctionnement biologique du système sol–plante.
Dans cette logique, le couvert végétal ne constitue pas seulement une protection physique contre le soleil et l’érosion.
Il représente aussi une surface biologique d’échange avec l’atmosphère.
Un sol nu
Un sol nu peut recevoir de la rosée.
Il peut également se refroidir pendant la nuit et favoriser la condensation.
Mais il ne possède pas de feuilles vivantes capables d’absorber directement cette eau.
La surface du sol est soumise à des échanges thermiques et hydriques qui dépendent de sa texture, de son humidité, de sa structure et des conditions atmosphériques.
Un sol couvert par des plantes vivantes
Un couvert vivant ajoute une multitude de surfaces d’échange :
feuilles + tiges + résidus + litière + racines + hyphes + sol
Il peut :
- modifier le microclimat ;
- ralentir le dessèchement de la surface ;
- favoriser la condensation sur certaines surfaces ;
- maintenir des racines vivantes ;
- soutenir les associations mycorhiziennes lorsqu’elles sont présentes ;
- favoriser une structure du sol plus propice à l’infiltration et à la rétention de l’eau.
Cela ne signifie pas qu’un couvert vivant augmente toujours la quantité totale d’eau disponible.
Il consomme lui-même de l’eau par transpiration.
Dans un climat très sec, un couvert trop abondant ou mal adapté peut aussi entrer en compétition avec la culture.
Le SCV doit donc être pensé en fonction du climat, des espèces, de la réserve en eau, des sols et des objectifs agronomiques.
Le véritable enjeu est l’efficacité globale du système : produire de la biomasse, protéger le sol, améliorer son fonctionnement et utiliser l’eau avec le moins de gaspillage possible.

7. Et si tous les sols cultivés de la Terre étaient en SCV ?
C’est une question extraordinaire.
Elle nous oblige à élargir notre regard.
Aujourd’hui, une grande partie des sols agricoles est encore soumise à des périodes de sol nu, de travail mécanique et de dégradation de la couverture végétale.
Or, dans les écosystèmes naturels, les sols sont rarement durablement exposés.
Les forêts, les prairies, les savanes et de nombreux écosystèmes possèdent une couverture végétale ou une litière qui participe au cycle de l’eau.
La Nature ne cherche pas à laisser les sols nus.
Elle tend à les recouvrir, les coloniser et les protéger.
Que pourrait apporter une généralisation du SCV ?
Si les systèmes agricoles étaient conçus pour maintenir autant que possible des plantes vivantes, des résidus et une structure de sol fonctionnelle, plusieurs effets pourraient être recherchés.
1. Une meilleure infiltration de l’eau
Un sol biologiquement actif, avec des pores et des agrégats fonctionnels, peut favoriser l’infiltration des pluies.
Lors d’un épisode intense, une partie de l’eau peut ainsi entrer dans le sol plutôt que ruisseler immédiatement.
Cela pourrait contribuer à limiter l’érosion et certains ruissellements.
2. Une meilleure conservation de l’humidité
Les résidus, la couverture végétale et la structure du sol peuvent réduire certaines pertes d’eau par évaporation et favoriser le stockage de l’eau.
Mais les effets dépendent des conditions locales et de la gestion du couvert.
3. Une activité biologique plus durable
La présence de racines vivantes et de carbone disponible peut favoriser le fonctionnement des microorganismes, des champignons et de la faune du sol.
Cela peut contribuer à maintenir des fonctions biologiques essentielles.
4. Des échanges plus actifs entre sol et atmosphère
Les plantes transpirent, captent du carbone, échangent de la vapeur d’eau et participent au cycle hydrologique.
Les systèmes végétalisés influencent donc les échanges d’eau et d’énergie à la surface de la Terre.
Mais leur effet sur les précipitations à grande échelle dépend de nombreux facteurs : climat, circulation atmosphérique, humidité disponible, relief, végétation et transport de vapeur.
On ne peut pas affirmer que le SCV mondial supprimerait les sécheresses ou les inondations.
Ce serait scientifiquement excessif.
En revanche, il est raisonnable de considérer qu’une agriculture mieux couverte, mieux structurée et biologiquement active pourrait contribuer à renforcer la résilience des sols et des paysages face aux excès climatiques.
8. Peut-on imaginer un climat différent avec des sols agricoles tous couverts ?
Oui, comme question scientifique.
Mais il faut distinguer deux échelles.
À l’échelle de la parcelle
Les effets sont relativement accessibles à mesurer :
- température du sol ;
- humidité ;
- infiltration ;
- ruissellement ;
- évaporation ;
- transpiration ;
- activité biologique ;
- température du couvert ;
- durée de rosée.
À l’échelle régionale ou mondiale
Les choses deviennent beaucoup plus complexes.
Les végétaux modifient les échanges d’eau avec l’atmosphère.
Ils influencent aussi les flux d’énergie, la rugosité de surface, les températures et les transferts de vapeur.
Des recherches en écologie et en climatologie montrent que les changements de végétation peuvent modifier les régimes d’humidité et les interactions entre évapotranspiration, convergence de vapeur et précipitations.
Mais les effets peuvent varier selon les régions.
Une augmentation de la végétation peut favoriser le recyclage de l’eau dans certaines conditions, tandis que les effets sur le ruissellement ou les ressources en eau peuvent être différents ailleurs.
Il faut donc rester prudent.
Un monde où les sols cultivés seraient en SCV ne serait pas nécessairement un monde sans sécheresses.
Mais il pourrait être un monde où une partie de l’eau de pluie serait mieux infiltrée, mieux stockée et davantage utilisée par les systèmes biologiques.
Et cela pourrait modifier la résilience de nombreux territoires.
9. Une hypothèse à tester : le SCV comme système de régulation hydrique
Nous pouvons résumer la question ainsi :
ATMOSPHÈRE
↕
vapeur / rosée
↕
COUVERT VÉGÉTAL
↕
PLANTE
↕
RACINES / MYCORHIZES
↕
SOL
↕
VIE BIOLOGIQUE
↕
STRUCTURE
↕
INFILTRATION
↕
RÉSERVE D'EAU
Chaque élément agit sur les autres.
Le sol influence les plantes.
Les plantes influencent le sol.
L’atmosphère influence le sol et les plantes.
Le sol et la végétation influencent à leur tour les échanges avec l’atmosphère.
C’est un véritable système dynamique.
Et c’est probablement cette vision globale qui manque parfois dans les approches agricoles trop centrées sur un seul élément : rendement, traitement, travail du sol ou irrigation.
10. Ce que nous savons, ce que nous supposons, ce qu’il reste à découvrir
Ce qui est bien documenté
- L’eau atmosphérique peut se condenser sur les surfaces pendant la nuit.
- Certaines plantes peuvent absorber de l’eau par leurs feuilles.
- La redistribution hydraulique existe chez de nombreuses plantes.
- Les racines peuvent contribuer à redistribuer l’eau dans le sol.
- Les mycorhizes participent aux relations hydriques entre plantes et sol.
- La couverture végétale influence les échanges d’eau et d’énergie avec l’atmosphère.
Ce qui est plausible mais doit être précisé
- L’importance de l’eau atmosphérique absorbée par les feuilles dans le bilan hydrique de cultures agricoles.
- La part de cette eau pouvant être redistribuée vers les racines.
- La part susceptible d’atteindre les hyphes mycorhiziens.
- Le rôle de ces transferts dans le maintien d’une activité biologique minimale.
- L’importance de ces phénomènes dans les systèmes SCV en conditions de sécheresse.
Ce qu’il faudrait mesurer
Pour répondre sérieusement à ces questions, il faudrait suivre :
Atmosphère → feuilles → plante → racines → mycorhizes → sol
À l’aide notamment de :
- traceurs isotopiques de l’eau ;
- mesures de potentiel hydrique ;
- suivi de l’humidité du sol ;
- observation de l’activité racinaire ;
- mesures de l’activité mycorhizienne ;
- comparaison entre sol nu, résidus seuls et couvert vivant.
Conclusion — Maintenir la vie, plutôt que lutter sans fin contre les excès
La Nature ne possède pas un système climatique immobile.
Elle évolue en permanence.
Les températures, les pluies, les vents, les plantes, les sols et les organismes vivants sont en interaction constante.
Mais une chose est remarquable : partout où les conditions le permettent, la vie végétale cherche à coloniser les surfaces disponibles.
Elle couvre, protège, nourrit, infiltre et transforme.
Le sol nu représente souvent une rupture dans ce fonctionnement.
Le sol couvert et vivant représente au contraire une continuité biologique.
Le SCV Lucien Séguy s’inscrit dans cette logique :
maintenir les sols couverts, maintenir les racines vivantes, favoriser la biodiversité, limiter les perturbations et mieux utiliser les ressources naturelles.
Cela ne signifie pas que nous pouvons maîtriser le climat.
Mais cela signifie que nous pouvons agir sur une partie essentielle de ses échanges avec les sols agricoles.
Et peut-être découvrir que certains phénomènes invisibles — rosée, absorption foliaire, redistribution hydraulique, mycorhizes — participent à une régulation beaucoup plus fine de la vie végétale et biologique que nous ne l’imaginions.
La question n’est peut-être pas seulement : combien d’eau tombe sur un sol ?
La question est aussi : combien de temps cette eau reste-t-elle disponible, combien de fois peut-elle être utilisée, et combien de vie peut-elle soutenir ?
C’est une piste de recherche.
C’est une invitation à observer.
Et c’est peut-être une des grandes leçons du SCV :
ne jamais sous-estimer les incroyables capacités de la Nature à recycler, redistribuer et valoriser l’eau.
Références scientifiques pour aller plus loin
- Berry, Z. C. et al. (2019). Foliar water uptake: a review of occurrence and mechanisms. Annals of Botany.
Une synthèse importante sur l’absorption foliaire de l’eau chez les plantes. - Querejeta, J. I. et al. (2003). Water transfer through a plants’ root system and associated mycorrhizal fungi. Nature.
Un travail fondateur sur le transfert d’eau associé aux racines et aux champignons mycorhiziens. - Neumann, R. B. & Cardon, Z. G. (2012). The magnitude of hydraulic redistribution by plant roots: a review and synthesis of empirical and modeling studies. New Phytologist.
Une référence sur la redistribution hydraulique par les racines. - Allen, M. F. (2009). Bidirectional water flows through the soil–fungal–plant mycorrhizal continuum. New Phytologist.
Une réflexion sur les flux d’eau bidirectionnels dans le continuum sol–champignon–plante. - Revue scientifique sur la rosée (2026). The role of dew in ecosystem water and carbon cycling. Water Resources Research.
Une synthèse récente sur les effets de la rosée sur les plantes, le sol et les écosystèmes.
Pour le SCV Lucien Séguy
Ces références ne prouvent pas à elles seules que l’eau de la rosée circule systématiquement jusqu’aux mycorhizes dans les grandes cultures françaises.
Elles montrent toutefois que plusieurs mécanismes nécessaires à cette hypothèse existent séparément.
La prochaine étape est de mesurer leur importance dans les sols agricoles vivants.
C’est précisément là que l’agronomie de terrain, l’observation et la recherche peuvent se rencontrer.

