Hommage de Jean-Claude Quillet

Aujourd’hui, un Grand Sage nous a quitté, j’ai perdu un ami et c’est le coeur lourd que je prends mon crayon pour écrire ces quelques lignes pour rendre hommage à son travail si précieux qu’il nous laisse en héritage et aussi à l’homme qu’il était.
En tant qu’agronome au CIRAD, sa carrière a débuté en Afrique puis rapidement au Brésil avec son collègue et compère Serge Bouzinac à St Louis dans le Maranhão au Nord du Brésil puis dans le sud Paraná et Rio Grande do Sul pour limiter l’érosion des sols en labour, il semait le maïs et le soja directement sur le labour pour garder un maximum de porosité, il s’était vite rendu compte que ce n’était pas la solution.
Avec les agriculteurs brésiliens qui avaient conscience d’aller à la faillite avec l’érosion des sols causée par les fortes pluies, en quelques années, il a trouvé la solution : ne plus travailler le sol pour toujours produire soja, maïs, blé, viande et lait sans laisser un désert derrière eux sous 1 500 à 2 500mm de pluie.
C’est en 1995, en Touraine, que nous avons commencé le semis direct sans travail du sol avec notre conseiller agricole de la chambre d’agriculture Philippe Lion et avec Claude Bourguignon qui nous a expliqué et montré au microscope que le sol était vivant !
A chaque formation Claude B. nous parlait du Brésil. C’est alors qu’en janvier 1998, je lui ai demandé le contact de Lucien au Brésil. Dès le 1er contact téléphonique, il m’a demandé « qu’avez-vous les français à vous intéresser au travail que je fais au Brésil, il y en a qui sont passés me voir et qui n’ont rien compris et rien fait en France ? ». Après quelques explications, sur ce que nous mettions en place dans nos fermes, nous avons entamé un échange riche et passionnant. C’est lors de ce premier contact que j’ai compris que c’était un homme exceptionnel que l’on ne rencontre qu’une seule fois dans vie. Son cerveau était une véritable encyclopédie des plantes de toute la planète, il avait une mémoire, un savoir énorme …
En juillet de la même année, nous sommes allés chez lui à Angoisse en Dordogne avec Jacques Fortin, où nous avons passé une journée mémorable. Puis, il est venu à Montlouis pour faire un état des lieux avec son collègue Hubert Charpentier et Claude Bourguignon, ce fut là aussi une journée mémorable. A cette occasion, nous avons décidé de lui rendre visite au Brésil en décembre 1998 avec 8 agriculteurs et pour certains leurs épouses pendant 12 jours. Il avait tout organisé sur place avec un vol interne du Paraná au Mato Grasso, plusieurs visites d’exploitations et le plus important : la visite de la plate-forme d’essais à Sinop et de comparaison sur 250ha avec des conditions climatiques encore plus difficiles (3 000mm / an pendant 8 mois et 4 mois de saison sèche). C’est grâce à ce séjour que nous avons compris l’importance des couverts végétaux pour accompagner le semis direct et la rotation des cultures.
D’autres voyages suivirent sur les sites où Lucien faisait du conseil à ses collègues à Madagascar, avec Hubert Charpentier et Olivier Husson, au Laos, au Cambodge, au Vietnam, Afrique du Sud, Cameroun, et la Tunisie où j’ai alors travaillé pour lui durant 5 ans.
Il nous certifiait que c’était le seul système agricole qui pouvait sauver la planète en reconstituant la biodiversité du sol ainsi que sa fertilité et ainsi nourrir la population mondiale dont le nombre ne cesse de grandir. Il disait « pour une fois que l’homme peut se nourrir sans dégrader et épuiser les sols et par conséquent la planète tout en les régénérant grâce à la biodiversité (les champignons, microbes, bactéries …) »
C’était un homme avec un fort caractère, à la fois souple et dur, parfois difficile. Il ne s’éternisait pas avec les personnes qui ne le comprenait pas et c’est pour cela qu’il n’était pas toujours apprécié de ses collègues chercheurs.
Lucien, c’était aussi un chercheur infatigable. Il pouvait travailler 16h par jour, faire des périples avec ses collègues pour être sur le terrain avec eux quelques soient les conditions (saison des pluies, pistes exécrables …), il s’adaptait à toutes les situations.
Il avait une passion débordante pour son métier. Il disait toujours qu’il ne connaissait qu’une petite partie du génie végétale, que la nature pouvait nous donner : en travaillant avec elle, elle travaillerait pour nous, pour aider les agriculteurs en protégeant la planète, à condition que les agriculteurs le comprennent mais aussi tous les acteurs du monde agricole. Et alors même que nous, humains, n’avons fait que de détruire la planète depuis 2 000 ans, avec une accélération depuis ces 70 dernières années par un excès de mécanisation en travaillant le sol et par un excès de chimie. Il convient aussi de saluer Serge, qui a perdu lui aussi son ami, et qui a travaillé avec lui en binôme pendant toute sa carrière et qui assurait la continuité des recherches au Brésil pendant que Lucien rendait visite à ses collègues à l’étranger afin de suivre sur place les recherches mises en place avec eux.

Depuis un an, Lucien luttait de toutes ses forces contre la maladie avec des souffrances que nul ne mérite et qui l’ont démuni jusqu’à la fin, mais il ne se plaignait pas, et restait agréable avec son entourage proche.

Mais surtout, il laisse derrière lui son épouse, Jacqueline, qui l’a accompagné pendant toute sa carrière dans tous les pays où il a travaillé et plus durement dans cette dernière année avec le soutien de leur fille, Sandrine, dans cette difficile fin de vie.

Lucien a laissé un historique de rapports de recherches en agroécologie à destination du monde agricole, des instituts et des politiques qui seront utiles.

Merci Lucien.

Jean-Claude Quillet
Agriculteur en semis-direct

Serge Bouzinac et João Carlos de Moraes Sá

Serge Bouzinac 1 e João Carlos de Moraes Sá 2
1
Pesquisador CIRAD, Montpellier – França; 2 Prof. Sênior UEPG, Bolsista de Produtividade em Pesquisa Nível 1D
– CNPq, Presidente da Comissão Técnico-Científica da Federação Brasileira de Plantio Direto e Irrigação
“ Lucien Séguy foi um verdadeiro difusor do sistema plantio direto no Brasil e mundo afora.
Seus trabalhos e conhecimentos foram fundamentais para a consolidação desse sistema na
região tropical. A Federação Brasileira de Plantio Direto na Palha reconhece essa imensa
contribuição e expressa o sentimento de profundo agradecimento ”
“in memoriam”… A jornada de um visionário
Lucien Séguy nasceu em 1944 numa família de pequenos produtores
da cidade de Saint Yrieix La Perche, localizada no Centro da França,
que é orgulhosa de suas raízes e seu povo. Ele foi o único filho dos 4
irmãos que entrou na Universidade e se diplomou Engenheiro
Agrônomo pela Escola Nacional Superior de Agronomia de Toulouse
(ENSAT) em 1965, graças a bolsa de estudo. A seguir fez especialização
em pedologia no ORSTOM de Bondy. Casou-se com Jacqueline que o
acompanhou durante toda sua longa carreira na região tropical. Em
1967 foi para o Senegal, pelo IRAT na famosa estação experimental de
Bambey, mas preferiu trabalhar no campo, no vilarejo de Sefa, onde
fez um mapa pedológico da região e encarou seu primeiro grande
desafio que foi aprimorar o manejo do solo em tração animal para a orizicultura da Casamance. Nesse
período ele publica um artigo sobre o perfil cultural com a cultura do arroz dando ênfase a distribuição
do sistema radicular como componente chave na estruturação do solo.
Os desafios
Em 1969, é enviado pelo IRAT para o oeste da República dos Camarões em Dschang para elaborar e
acompanhar vários projetos orizícolas de sequeiro nas planícies dos M’Bos e de N’Dop com a a
extensão. Desenvolveu estudos em sistemas de produção e melhoramento genético do arroz de
sequeiro e irrigado. Supervisionou projetos sobre as interações entre génotipo e meio ambiente,
destacando a influência da fertilidade dos solos nas epidemias de brusone na cultura do arroz (Figura
1).
Figura 1. Parcerias construídas durante a sua trajetória no Brasil.Seus trabalhos despertaram interesse no Brasil, e no final de 1977, o IRAT enviou Lucien para a EMAPA
(Empresa de Pesquisa do Maranhão) no Maranhão, sendo o primeiro expert do IRAT permanente no
Brasil. Durante os anos de 1977 e 1982, Lucien, com o auxílio de Serge Bouzinac, (eles trabalharam
juntos até os últimos dias de Lucien) implantaram estudos sobre sistemas de cultivo de arroz para
pequenos produtores.
Lucien seguiu apoiando a difusão dos melhores sistemas de cultivo em consórcios envolvendo arroz +
milho + mandioca, seguido de caupi no final da estação chuvosa. Foi ajustando e aperfeiçoando as
variedades de arroz de sequeiro e irrigadas para os trópicos. Os resultados dessas atividades
despertaram o interesse da EMBRAPA-CNPAF (Centro Nacional de Pesquisa de Arroz e Feijão, Goiânia-
GO). Tanto Lucien Séguy quanto Serge Bouzinac foram convidados para desenvolver trabalhos na
região dos Cerrado, 0 dando assim o início de um profícuo convênio entre o CIRAD (Centre de
Coopération Internationale em Recherche Agronomique pour le Développement) e a EMBRAPA-
CNPAF. Inúmeros resultados foram gerados pelo convênio possibilitando o o suporte para avanço nos
conhecimentos na adoção do plantio direto na região dos Cerrados.
Entre 1983 e 1989 Séguy e Bouzinac concentraram os trabalhos na região dos Cerrados, principalmente
no estado do Mato Grosso, Goiás e parte de Tocantins, um ambiente totalmente diferente para eles.
Naquela época, grande extensão dessa região estava sendo convertida para uma agricultura
mecanizada. Inicialmente, foi introduzida a cultura do arroz de sequeiro e, com o passer do tempo,
esta foi substituída pela cultura da soja em monocultivo com o uso intensivo do preparo do solo através
de gradagens sucessivas, resultando em expressiva erosão e formação do chamado pé de grade,
gerando problemas sérios de compactação
Foto 1. A paixão de Lucien era o campo onde se sentia livre para compartilhar o que sabia.
Em 1984, em visita a CCLPL (Cooperativa Central de Laticínios do Paraná – Produtos Batavo, Carambeí-
PR) localizada na região dos Campos Gerais, encontrou-se com o Engenheiro Agrônomo Hans Peeten,
Josué Nelson Pavei e outros do departamento técnico das cooperativas para conhecer o sistema que
estava sendo implantado nesta região. Conheceu os agricultores Nonô Perereira e Franke Dijkstra,pioneiros do plantio direto desta região. Retornou ao centro-oeste com muitas idéias a serem
adaptadas para a região tropical.
Em 1985, vendo o processo de degradação do solo pela erosão avançando e a fertilidade do solo
limitada (elevada acidez, baixa quantidade de cálcio e magnésio e carência de fósforo e
micronutrientes) iniciaram um trabalho com o apoio do produtor Sr. Munefumi Matsubara, da Fazenda
Progresso. Para ele, o Sr. Matsubara foi o produtor e mentor que acreditou e abriu as portas para a
introdução do sistema plantio direto rompendo paradigmas e contribuindo definitivamente para a
expansão do SPD nos Cerrados.
Foto 2. Foto na Fazenda Progresso em Lucas do Rio Verde-MT em 1994. A esquerda o Sr. Munefume
Matsubara, ao centro Lucien Séguy, a direita dois pesquisadores de Madagascar e ao fundo o Dr.
Fernando Penteado Cardoso. Foto retirada do Informações Agronômicas n° 69, Março de 1995,
publicado pela Potafós.
Desenharam as alternativas para o Plantio Direto na região tropical introduzindo espécies que
adicionavam elevadas quantidades de biomassa e raízes. Daí surgiu a grande contribuição do Séguy e
Bouzinac. Eles compararam os tratamentos com preparo do solo profundo ou superficial com os
sistemas em plantio direto durante 5 anos de estudos.
Os resultados mostraram que os tratamentos em plantio direto foram superiores aos sistemas
convencionais com preparo de solo,tanto em produtividade como em lucratividade e além disso,
aumentaram o conteúdo de matéria orgânica do solo (MOS) em 20%, enquanto a monocultura de soja
associada ao preparo (aração e gradagem) resultou na queda drástica da MOS. Assim, o sistema Plantio
Direto foi introduzindo as safrinhas em sucessão de culturas e foram ocupando gradativamente
milhões de ha até o ano de 2000, graças a uma intensa difusão dos resultados através das fundações,
cooperativas e associações de produtores.
A consolidação de parcerias e difusão do plantio direto como um sistema
A partir de 1989 até 2002, com o apoio da Rhône Poulenc, os convênios de pesquisa foram estendidos
para empresas e cooperativas agrícolas do Centro Oeste e do Norte do Brasil, tais como a CooperLucas,
Varig Agropecuária, Sul América Agropecuária, Grupo Maeda, AgroNorte, Prefeituras de Sinop – MT e
de Caxias – MA e Emgopa. Foi um marco no avanço do SPD na região porque os trabalhos visaram
adaptar as alternativas que o plantio direto proporciona para diferentes situações climáticas nessasregiões. A ação pioneira do grupo Maeda na introdução do Plantio Direto no algodoeiro foi marcante.
Junto com os parceiros, Lucien Séguy melhorou os conceitos do Plantio Direto sobre Coberturas
Vegetais Permanentes (SCV) assimilando essas camadas de resíduos vegetais, tais como a liteira da
floresta, criando o conceito da “bomba biológica” (Fig. 2).
Figura 2. O esquema sobre o funcionamento das coberturas verdes e cultivos comerciais desenhado
por L. Séguy em 1998. Foto de L. Séguy sobre o sistema radicular de Eleusine coracana, uma das
espécies sugeridas para compor o sistema de produção.
Essa visão foi calcada na maior eficiência das coberturas na recuperação dos nutrientes deslocados
para as camadas mais profundas. Além disso, ele criou novas alternativas sobre coberturas vivas, ainda
mais econômicas (por exemplo soja sobre gramado de Tifton ou milho sobre Arachis pintoï). Com a
AgroNorte, Lucien voltou para uma de suas primeiras paixões: o melhoramento do arroz de sequeiro
com o êxito de uma variedade, o CIRAD 141, que cobrirá durante mais de 5 anos milhares de ha no
Mato Grosso.
Foto 3. Visita a Fazenda Progresso com o Sr. Munefumi Matsubara e Serge Bouzinac (alto a direita) e
com o grupo Maeda (Centro e direita inferior).
A partir de 2002 e até 2012, novas frentes foram abertas e permitiram conduzir esses trabalhos no
Brasil com a Universidade de São Paulo através do Centro de Energia Nuclear na Agricultura com o
Prof. Dr. Carlos Clemente Cerri e outros e na sequência em 2005, com a Universidade Estadual de
Ponta Grossa (UEPG), além das parcerias com a prefeitura de Sinop, com o grupo Maeda. Abriu novas
frentes com o IMA- MT, Instituto Mato-grossense do Algodão para aprimorar os sistemas de Plantio
Direto algodoeiro e desenvolver os mesclas de plantas visando ativar a vida biológica e melhorar afertilidade do solo. Em conjunto com a UEPG através do Prof. Dr. João Carlos de Moraes Sá (Juca Sá)
foram organizados cursos anuais de formação de pesquisadores, professores e engenheiros
agrônomos ligados ao CIRAD, com participantes de mais de 13 países sobre o sistema Plantio Direto.
Foram seis edições anuais treinando mais de 90 pessoas, proporcionando aos parceiros do CIRAD com
recursos da AFD (Agencia Francesa de Desenvolvimento) a interação com nossas equipes nos Campos
Gerais do Paraná. Em 2010 foi outorgado pelo Conselho Universitário da UEPG a Medalha de Honra ao
Mérito como o título de “Doutor Honoris Causa” da UEPG.
Foto 4. No dia 18-11-2010, o então Reitor da Universidade Estadual de Ponta Grossa, Prof. Dr. João
Carlos Gomes fez a entrega da Medalha de Mérito Universitário e o diploma ao Dr. Lucien Séguy.
Enfim, paralelamente a todos esses trabalhos no Brasil, Lucien Séguy realizava a cada ano desde 1984,
e foram centenas de missões de apoio e orientação em numerosos países tropicais da África, da Ásia
e de Madagascar, visando difundir e adaptar pelo mundo tropical todas essas novas tecnologias
elaboradas no Brasil com diversas espécies de plantas entre os diferentes continentes. Costumava-se
dizer que ele tinha mais horas de vôo que o mais antigo piloto de Boeing.
Em 2009, aposentou-se formalmente do CIRAD, porém, com a energia e entusiasmo que lhe eram
peculiar, abriu novas frentes de trabalho apoiando na França um grupo de agricultores pioneiros no
SCV, convictos por seus trabalhos tropicais e na sequência conquista o Canadá entrando por Québec,
após o convite do agrônomo Louis Pérusse, que pediu ajuda para desenvolver o Sistema Plantio Direto
lá naquelas terras frias do Canadá. Debaixo de uma cobertura de neve ele reabilita os trigos de inverno,
sobressemeados a lanço na soja 3 semanas antes da colheita, ganhando assim um mês para o
crescimento do trigo antes do inverno e antecipando a colheita deste trigo de inverno em um mês para
abrir a possibilidade de implantar as mesclas de plantas. Essas misturas com várias plantas promove
enorme atividade biológica ao solo e recarregamento em Matéria Orgânica e múltiplas funções
ecossistêmicas.
Não satisfeito e incansável, procura os eixos de pesquisa no Sul do Brasil, nos Estados de Santa Catarina
e do Rio Grande do Sul com jovens agrônomos brasileiros que difundem esses sistemas a base de
plantas de cobertura multifuncional em dezenas de milhares de ha.
Lucien Séguy teve uma carreira extremamente rica, passando da pedologia para a agronomia e em
seguida ao manejo ecológico do solo. Desenvolveu trabalhos em mais de 30 países e nas diversas
condições pedoclimáticas das regiões equatoriais e tropicais, mediterrâneas e temperadas. Ele
formou, aconselhou e orientou inúmeros agrônomos do CIRAD e parceiros no mundo, sempre com
sua generosidade e amizade, deixando agora saudades em muitos corações. Um de seus preceitos
mais marcante era, na medida do possível, trabalhar em “HARMONIA COM A NATUREZA”, o que faz
toda a diferença nos sistemas conservacionistas de manejo do solo, água e atmosfera. Lucien Séguydeixa um legado e uma reflexão aos mais jovens: não há conquistas sem riscos e estes fazem parte das
ações que tomamos. É preferível errar tentando acertar do que se omitir.
Dedicamos esse “in memoriam” a Jacqueline, sua esposa e grande companheira, e seus filhos Sandrine
e Yannick que o acompanharam durante os últimos meses vida.
Mensagens de amigos e daqueles que tiveram experiências com Lucien
As primeiras experiências
Foto 5. Lucien Séguy, Serge Bouzinac e José Carlos Soares (Zecão) na Faz. Capuaba em Lucas do Rio
Verde-MT
Na década de 80 acompanhei os trabalhos de pesquisa na Fazenda Progresso do Sr. Munefume
Matsubara (Lucas do Rio Verde-MT) realizados pelo do Dr. Lucien Séguy e Serge Bouzinac. Lembro do
seu entusiasmo nas trincheiras mostrando a grande atividade microbiana nos solos tropicais, a
importância da diversidade de plantas e dos sistemas radiculares profundos para ciclagem de
nutrientes (“bomba biológica”). Naquele período também fizemos as primeiras experiências com
plantio direto no MT, na minha propriedade, a Fazenda Capuaba. Sabíamos da necessidade em
desenvolver um sistema de produção agrícola baseado nas características de solo e ajustado para o
clima tropica, com diversidade de plantas e proteção constante do solo. Para minha surpresa em 2017,
30 anos após as experiências iniciais, tive a enorme satisfação em receber a visita do L. Séguy e S.
Bouzinac onde constataram os resultados de longo prazo dos seus ensinamentos. Com certeza o
pesquisador L. Séguy deixou um grande legado para o sucesso da agricultura nos trópicos, merece
todas as nossas homenagens.
José Carlos Soares, Lucas do Rio Verde-MT
Suas raízes permanecerão
Agradecemos profundamente ao nosso mentor Lucien Séguy pela amizade, dedicação e
ensinamentos que nos inspiraram ao longo da nossa caminhada em busca do desenvolvimento de
uma agricultura mais produtiva e sustentável. Em nosso solo, suas raízes permanecerão.
Homenagem da RAÍX SEMENTES. »
Inesquecível, oportuno, prático e efetivo treinamento em agricultura conservacionista com L. Séguy
no Curso Internacional em Ponta Grossa.Dr. Manuel Reyes Resarch Professor, Kansas State University.
Os discípulos do Lucien…
Expressamos nossa imensa gratidão de sermos formados pelo Lucien Seguy e ser seus amigos.
Aprendemos que esse desafio pela agricultura conservacionista e sustentável calcada no plantio
direto é uma missão. Hoje estamos mundo afora trabalhando, pesquisando, divulgando,
compartilhando os ensinamentos, e consolidando o sistema plantio direto de alta qualidade que
aprendemos com ele. Estamos procurando evoluir e adaptar o plantio direto na diversidade das
condições dos países que atuamos (França, Canada, Madagascar, Camarões, Camboja, Laos, Vietna,
Costa do Marfim, Nova Caledônia, Tunisia, Tailandia e outros). Ele construiu uma vasta rede de
agricultores, agronômos, pesquisadores, nos vários continentes e sempre procurando parcerias. Ele
conseguiu estabeler um programa de treinamento na UEPG de 2005 a 2012 junto com o Prof. Juca Sá
que nos uniu ainda mais. O Lucien nos ensinou o conceito da “bomba biológica” baseado numa larga
diversidade de plantas que desencadeou a integração lavoura-pecuaria-floresta como nos sistemas
que foram desenvolvidos para cultura da banana em Guadeloupe e Martinique. Ele era um homem
bom, generoso que valorizava profundamente a amizade. Nunca deixou de atender a quem o
procurava e sempre aberto com bom humor, pensando e fazendo sem parar. Ele deixa um legado
para o Brasil e para o mundo.
Descance em paz e saiba que estaremos aqui continuando sua obra.
Serge Bouzinac, Hubert Charpentier, Patrick Julien, Stéphane Boulakia, Florent Tivet, Louis Perusse,
Oumarou Boularabé, Hoá Tran Quoc, Pascal Lienhard, Frédéric Jullien, André Chabanne, OlivierHusson, Roger Michellon, Jean Claude Quillet, Jean Luc Vaymel, Lydie et Noël Deneuville, Sandrine et
Alain Gallon, Christian Abadie, Hélène Leduc, Aubin Lafon, Sarah Singla, Sylvain Hypolite.
História na formação das novas gerações…
O Sistema Plantio Direto, que se consolidou como a melhor proposta para a sustentabilidade, foi
concebido reunindo as iniciativas e dedicações de inúmeras pessoas e instituições. Algumas delas se
destacam. Hoje, nos manifestamos para lamentar a perda de Lucien Seguy, pesquisador do Cirad,
que junto com Serge Bouzinac fez muito pelo Cerrado, pelo SPD e pela nossa agropecuária, ao
compreender e divulgar os serviços das rotações de culturas, a base de conceitos que ainda estão
sendo concebidos para uma agricultura moderna. Da mesma forma ele contribuiu para o
reconhecimento internacional dado ao SPD concebido no Brasil. A UEL e seu Depto de Agronomia se
juntam a FEBRAPDP para prestar esta justa homenagem e se prontificam a valorizar e empregar esta
história na formação das novas gerações.
Prof. Dr. Adilson Luiz Seifert, Chefe do Departamento de Agronomia da Universidade Estadual de
Londrina
Um vulcão de ideias…
Aprendi muito com o Lucien. O conheci nos anos 80 em Ponta Grossa quando visitou a Fundação
ABC. No giro de campo ele não parava de comentar toda e qualquer situação que via. Ele era um
vulcão em erupção e as ideias iam surgindo sem parar. Uma pessoa fenomenal! Era difícil
acompanhá-lo! Desde então nos encontrávamos em congressos, eventos de campo e palestras.
Falávamos em fazer algo em conjunto, até que em 2004 surgiu a oportunidade de elaboramos uma
parceria e em 2005 concretizamos o convênio UEPG – CIRAD. Os recursos vieram da AFD (Agência
Francesa para o Desenvolvimento) e aplicados no Laboratório de Matéria Orgânica do Solo (LABMOS)
para equipamentos e treinamento de parceiros do CIRAD. Foram 10 anos de trabalhos. Um salto de
qualidade no qual consolidamos uma equipe e nos tornamos referência no estudo da matéria
orgânica do solo. Se fosse resumir em uma palavra o que sinto pelo Lucien é GRATIDÃO. Descanse
em paz amigo.João Carlos de Moraes Sá, Professor Sênior da UEPG, Bolsista de Produtividade em Pesquisa Nível 1D
– CNPq, Presidente da Comissão Técnico – Científica da Federação Brasileira de Plantio Direto e
Irrigação.
Um ser elétrico…
Foto . Lucien Seguy ao centro: dia de campo em SINOP-MT, 1995 (Foto tirada por T. Yamada)
Tive o privilégio de acompanhar de perto, parte do gigantesco trabalho desenvolvido por Séguy no
estado de Mato Grosso, junto com dois fiéis companheiros – Serge Bouzinac e Munefume
Matsubara. Suas pesquisas sobre plantas de cobertura, reciclagem de nutrientes e vida biológica do
solo deram o embasamento científico para o sistema de plantio direto na palha, hoje de adoção
generalizada de norte a sul do país.
Séguy era um ser elétrico, muito agitado, movido pela sua paixão por uma agricultura que se
aproxime da natureza, sendo este ápice, o plantio direto em cima de cobertura viva, objetivo que
tanto procurava. Dotado de grande talento para pintura (foi assistente de famoso pintor) traduziu
seus conceitos agronômicos em elaborados gráficos e figuras com que ele ilustrou a publicação “Da
transferência de tecnologia Norte-Sul aos sistemas de plantio direto, em zona tropical úmida”,
editada em 1996.
A agronomia está de luto e o mundo fica mais pobre sem Lucien Séguy. Mas fica o seu exemplo.
Tsuioshi Yamada, ex-diretor do IPNI, 1977-2007.
Esse cidadão do mundo…
Nosso colega Lucien Séguy morreu dia 27 de abril, aos 75 anos de idade. Nossa emoção é profunda
com o anúncio de seu desaparecimento. Contudo, a sua imensa contribuição para uma agricultura
melhor será seu grande legado. Ficam lembranças importantes como de sua aula, no início da década
de 90, na disciplina Problemas de Fertilidade do Solo, para alunos curso de pós-graduação do
Departamento de Ciência do Solo (ESALQ/USP) e de nossa visita ao CIRAD- Montpellier (França), em
1999. No Brasil, onde iniciou seus trabalhos em 1978, Lucien Séguy foi um pesquisador envolvido
com a implementação e disseminação do plantio direto. Esse cidadão do mundo exerceu significativainfluência e contribuição para a nossa agricultura. Sua inteligência, simplicidade e generosidade farão
falta!
Godofredo Vitti, Prof. Titular Emérito, ESALQ-USP e Valter Casarin, ESALQ-USP
Incansável e entusiasta…
Pesquisador do CIRAD, França – Grande e incansável, entusiasta e guerreiro dinâmico! Especialista
em Solos, plantas, manejo e plantio direto. Juntamente com Serge Bouzinac, seu eterno
companheiro de trabalho desenvolveram muitos trabalhos validados e em uso por produtores de
muitos Países do Mundo! Tive o prazer de estar com ele diversas vezes, em visitas a campo lá na
Fazenda do Matsubara em LUCAS do Rio Verde, na década de 80, testando diferentes plantas de
cobertura, junto à Cooperlucas e, também o grande e profundo trabalho em Sinop, MT com a
Agronorte, Maronese e Equipe! Cultivares lançadas e muita difusão de Sistemas Sustentáveis aos
Produtores e técnicos! Todo o mundo da Ciência e dos agricultores perdem muito com a sua partida e
com a sua ausência nos mais diversos sistemas produtivos do Mundo!
Ademir Calegari, Pesquisador Sênior do Iapar, Consultor Privado – Manejo de solos / Plantas de
cobertura ( Sistema plantio direto)
paixão e dedicação…
Conheci o Dr Lucien Séguy na Universidade Federal de Goiás falando do Sistema Barreirão com Dr
João Kluthcouski em 1984 e voltei a encontrar em 2016! Grande exemplo e com muita paixão e
dedicação nos ensinamentos! A partir daí passei a me dedicar ao uso de Plantas de Cobertura na
agricultura.
Eng. Agronomo David Campos Alves
Floresceram e produziram frutos…
O desenvolvimento da Agricultura nos Cerrados, e do Plantio Direto na Palha, teve a contribuição do
Dr Lucien Seguy e seu companheiro Serge Bouzinac.
As sementes por ele semeadas, floresceram e produziram frutos em abundancia, e neste momento
nos resta o nosso agradecimento e Gratidão. Vá em Paz
Lucien, sua passagem por aqui foi vitoriosa!
Carlos Pitol, Dourados-MSAguerrido e apaixonado…
Nos idos da Safra 2009 / 10, tive a oportunidade de conhecer e trabalhar com os pesquisadores
Lucien Seguy e Serge Bouzinac, quando integrei o departamento de pesquisa do IMAmt, em
Primavera do Leste MT. Perseverante, aguerrido e apaixonado. Uma figura ímpar, que nos deixa um
legado e leva nossa saudade. Condolências e um forte abraço aos familiares e amigos.
Eng. Agronomo Marcio Caldeira, Coordenador Técnico Araunah Agro
Ensinamento e inspiração…
Lucien Seguy fonte de ensinamento e inspiração para muitas pessoas que utilizam o SPDq ao redor
do mundo. Famosa a frase dele quando tinha que  » explicar o inexplicável  » a respeito das fantásticas
sinergias agronômicas e de meio ambiente entre PD e mix de diferentes espécies na Adubacao
verde : C’est la puissance du GENIE’ VEGETAl … e’ o poder do gênio vegetal, da engenharia das
plantas … Nós Europeus crescemos e somos formados na convicção que a estruturação do solo é
feita com o aço…. ele trabalhou até o fim para quebrar esse paradigma !!
Com gratidão, Sergio Argenteri, Piovera, Itália

Hommage de José Martin

Lucien Séguy, dans les mots d’Erik Orsenna, c’était le moine-soldat. Infatigable soldat en mission de sauvetage d’une agriculture mondiale menacée de disparition, de disparition des sols par péché de démesure et d’arrogance aveugle. Moine jamais en repos, toujours soucieux de soustraire les sols à l’érosion dévastatrice et de les conserver en bon état, de verdir les campagnes et clarifier les eaux, de remplir les greniers et ‘dignifier’ les agriculteurs. Le moine concepteur du système de semis direct sous couvert, où les sols sont vivifiés par d’épaisses litières protectrices en surface et d’abondantes racines structurantes en profondeur, issues d’une diversité de cultures marchandes et de services, système adopté par la FAO et le monde sous la dénomination ACS, agriculture de conservation des sols (et du carbone !), agriculture in fine climato-intelligente ! Moine éminemment communicatif et sociable, rien d’un ermite !

Lucien Séguy, une force de la nature, personnage hors du commun, ayant marqué indélébilement tous ceux qui l’ont fréquenté, ou même vu une seule fois en jours de champs ou conférence. On pourrait essayer de revoir son œuvre, façon tableau impressionniste en épelant les lettres de son nom. Mais son nom, si on fouille, était à lui seul prémonitoire : Lucien, du latin lux, lumière, lion étant le signe astrologique associé à ce prénom : énergie et puissance pour éclairer l’avenir de l’agriculture ; le nom de Séguy pourrait être d’origine germanique, alliant dans ce cas victoire et ami : cela lui convient à merveille, car il fut à la fois convaincant et très amical : sourires radieux, bonnes plaisanteries et rires communicatifs !

Pour le lecteur pressé : c’est à partir du vaste Brésil, sa seconde patrie, que le phare Lucien a rayonné dans le monde puis en France, en duo avec son inséparable collègue et ami Serge Bouzinac (T73), éternel camarade de fatigues et de joies. C’est de là que, forts de l’expérience des agriculteurs pionniers du semis direct sur résidus de culture dans le Parana, particulièrement leurs amis Nono Pereira (†2015), Franke Dijkstra et Herbert Bartz, ils ont victorieusement affronté les monocultures de soja du Cerrado, menacées de ruine, en introduisant des plantes de couverture en avant culture, et des céréales en safrinha. Les multitudinaires jours de champ à Lucas de Rio Verde des années 1990 resteront dans les mémoires, dont le succès peut tenir en une formule entendue d’un agroconsultant de Sinop (Mato Grosso : « as plantas bomba que alavancaram a nossa agricultura ». (Les plantes-pompes qui relevèrent notre agriculture). C’est là que lors d’un séminaire organisé par l’Embrapa, le concept de système de semis direct avec ses trois piliers universellement connus, fut adopté par la communauté des partenaires.  Les filières riz et coton, les universités et l’enseignement ne sont pas en reste : bilans de carbone (Ponta Grossa, Parana) et intégration agriculture élevage (Viçosa, Minas Gerais). En 2010, Lucien y fut distingué par deux belles médailles archi-méritées : docteur honoris causa de l’Université de Ponta Grossa, elle-même distinguée pour ses meilleurs cours sur l’ACS, et citoyen d’honneur de l’état du Mato-Grosso.

Lucien a aussi rayonné à travers le vaste monde, où il a formé à la recherche et au développement maints chercheurs et agronomes au Cirad et dans les institutions partenaires. Retraité, il a partagé son temps entre le Brésil et les latitudes tempérées, voire sub-boréales (Québec, Canada) où face au dérèglement climatique, l’agriculture a plus que jamais besoin de conserver des sols en bon état pour gagner en résilience. Son influence peut se mesurer à la diversité des semoirs de semis direct de haute technologie désormais produits en Europe, à partir des premiers SEMEATO importés du Brésil sous l’égide de Lucien. Si le mot « rolofaca » est désormais passé dans le langage commun en ACS, Lucien n’y est certainement pas pour rien. Prophète plus tardif en son pays, son message tenait dernièrement en trois mots, qu’il a su rendre hyper-convaincants : BIOmasse, bioMASSE et BIOMASSE.

Jamais en repos, toujours des idées d’avance, toujours soucieux de les mettre en musique, mais clinicien insatisfait par les symphonies inachevées, par insuffisance de diversité et de biomasse dans les orchestrations adaptées. Car il voyait qu’on peut faire plus et mieux. Espérons qu’il trouvera à présent le repos dans les terres du Périgord blanc qui le virent découvrir dans sa jeunesse la splendeur et l’harmonie des noces entre la nature et l’agriculture, la noblesse et la rudesse des travaux des champs, l’apprentissage et la grandeur des arts et métiers des agriculteurs.

José Martin
Agronome chercheur au CIRAD

Hommage de la Fédération Brésilienne de non labour et d’irrigation

Dans sa newsletter d’avril 2020, la FEBRAPDP rend hommage à Lucien Séguy . L’article est rédigé par deux proches collaborateurs, Serge Bouzinac, chercheur au Cirad, Montpellier, France, et João Carlos de Moraes Sá, Maître de conférences à l’Universidade Estadual de Ponta Grossa (UEPG) Brésil et  Président de la Commission Technico-Scientifique de FEBRAPDP. Vous pouvez retrouver l’article via le lien suivant : https://febrapdp.org.br/noticias/854/

Hommage du Ministère de l’Agriculture à Lucien Séguy

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation souhaite rendre hommage, aux côtés du Centre International de recherche agronomique pour le développement, à Lucien Séguy qui a consacré son exceptionnelle carrière à la recherche et au développement des agricultures tropicales.

Né dans une famille d’agriculteurs en Dordogne, il a toujours eu à cœur de trouver des solutions aux problèmes concrets des paysans. Innovateur, il a fondé une école de pensée avec une vision globale de l’agronomie que le Cirad continue aujourd’hui à enrichir.

Lucien Séguy est l’un des pères du semis direct sur couverture végétale permanente, technique naturelle sans labour privilégiant la rotation de cultures, qu’il a contribué à développer au Brésil. Au terme de quelques années d’études et avec l’appui de producteurs, les techniques de semis direct et de successions de cultures se sont développées sur des millions d’hectares au sud du Brésil.
Passionné par la riziculture, il a accompagné au tout début de sa carrière des projets de développement des systèmes de cultures et d’amélioration variétale au Sénégal et au Cameroun. Il y reviendra également au Brésil en travaillant sur la génétique du riz pluvial et une variété, le CIRAD 141, qui a couvert des centaines de milliers d’hectares pendant des années au Mato Grosso.
Parallèlement, Lucien Séguy a réalisé de multiples missions d’appui et d’orientation dans de nombreux pays tropicaux d’Afrique et d’Asie, visant à adapter ces nouvelles technologies mises au point au Brésil.

Lucien Séguy est le précurseur d’une agriculture renouvelée, régénératrice et respectueuse des sols, fondement de la transition agroécologique qui est au cœur de la stratégie du ministre et des travaux de recherche menés par le Cirad.

MINISTERE DE L’AGRICULTURE ET DE L’ALIMENTATION – 29/04/2020

Colloque international en hommage à Lucien Séguy et Hubert Charpentier

Les 24 et 25 janvier dernier, un colloque international a été organisé par Ver de Terre Production afin de rendre hommage à Lucien Séguy et Hubert Charpentier. La totalité de ce colloque a été enregistrée et est disponible gratuitement sur leur chaîne Youtube. Deux jours n’ont pas été de trop pour souligner la vie et le travail de ces deux pionniers du Semis Direct Sous Couvert !

Le programme de ces deux jours d’hommage est disponible ici.

Hommage de Lydie DENEUVILLE à Lucien Séguy


Lucien, ce GRAND HOMME, vient de disparaître en toute discrétion.
C’est sa vie entière qu’il a consacrée à une noble cause : produire, partout dans le monde, quels que soient les continents, les climats ou la qualité des terres, une production saine, de qualité et en quantité, tout en préservant l’environnement, et en régénérant les sols.
Lucien Séguy, Docteur en Agronomie, est certainement l’homme qui, sous tous les climats, a sillonné, foulé de ses propres pieds, le plus de parcelles agricoles au monde et ce record n’est certainement pas prêt d’être battu !
Scientifique du CIRAD, pédologue de l’Orstom, il estimait que tous les outils sont connus pour produire intensivement, à peu de frais, de la nourriture de qualité sur des sols à fertilité améliorée.
Je ne reviendrai pas sur toutes ses recherches et publications, en collaboration avec son équipier permanent, Serge Bouziniac, qui malheureusement, bien que financées en partie par la France, n’ont pas su être reprises par notre ministère de l’agriculture et autres instances agricoles et mises au profit de l’agriculture Française…
Quel gâchis !!! Quelle perte de temps et d’argent pour notre agriculture Française !!!
Et de cela, Lucien en a souffert.
Ce qui l’a le plus frustré, c’est d’être reconnu comme « UN PÈRE » dans son pays d’adoption « Le Brésil » qui l’a toujours honoré ainsi que d’autres pays, alors que la France, son propre pays, l’ignorant, n’a pas su tirer profit de l’immense travail qu’il a accompli. France, le pays du BLABLABLA disait-il !
Mais la meilleure reconnaissance pour lui, c’est celle de tous les amis qui l’ont compris.
J’insisterai sur l’homme de paix qu’il fut : ses avancées ont permis à différentes contrées de nourrir sa population et notamment au Brésil de procurer celle des Chinois, évitant ainsi bien des émeutes.
Ce fut un privilège pour moi de l’écouter une première fois en conférence à Baran lors d’un NLSD en 2001 : Un homme excité, survolté vous diront certains, dynamique et provocateur, imposant l’attention et interpellant chacun d’entre nous, pour nous obliger à réfléchir et nous remettre en cause.
Puis il est intervenu une seconde fois en 2005 au NLSD de Reignac-sur-Indre. Certains n’ont alors pas jugé bon de l’écouter, car c’était pour eux « du déjà vu (déjà entendu)».
Et bien NON, toujours et toujours, à mesure qu’on l’écoute, ce que beaucoup n’ont pas perçu, c’est que Lucien, l’intarissable a sans cesse quelque chose à nous apporter !
Au-delà de toutes ses connaissances sur le SCV, ses innombrables publications, que beaucoup sauront reprendre pour lui rendre hommage, je tiens à témoigner de la personne qu’il était :
Jamais je n’aurais imaginé un jour pouvoir aborder ce SAVANT. Et, lorsque je lui ai parlé la première fois, je fus saisie de constater à quel point il est SIMPLE, GÉNÉREUX et AVIDE de rencontres.
Mais tout d’abord, j’avoue qu’il m’a testée, savoir ce qu’il y a vraiment au fond de moi, car par expérience, il n’avait pas de temps à perdre avec des opportunistes.
Et effet, Lucien est PRESSÉ, pressé de communiquer et de divulguer, et pour lui, chaque seconde compte, autrement dit, pour celui qui cherche à le critiquer ou le contredire, c’est peine perdue. Mieux vaut qu’il passe son chemin à jamais !
Depuis, nous avons fait un long chemin ensemble. Il m’a présenté ses avancées au Brésil, fait rencontrer ses partenaires, entrer à l’Embrapa où il est accueilli comme un héros, visiter ses champs d’essais à Sinop, découvrir ses variétés de riz Sebota…
Lucien l’attentif savait d’un coup d’œil déceler les problèmes d’une parcelle, et en trouver les solutions rien qu’à observer les environs.
J’avoue alors être subjuguée de constater la rapidité avec laquelle il a traversé ses champs d’essais de riz pluvial, et a pu rendre compte de ses observations à son collaborateur Serge, pour une prise de note et de photos complémentaires !
Lucien, une encyclopédie ambulante qui connaissait une multitude de plantes même sous leur nom latin.
Il avait une connaissance, une mémoire incommensurable, relatant chronologiquement toutes ses expérimentations, découvertes, avec un enregistrement et une organisation de ses données sans faille.
Avec Lucien, tout est intensif, du matin lever 6h au soir 24h.
Il lui en arrivait même d’en oublier de déjeuner, mais en fait, c’était pour lui moins de perte de temps.
Pas de répit ni de tourisme… Et malgré tout, un détour sans prix pour nous faire découvrir un arbre à l’écorce exceptionnelle qu’il cite d’un nom latin, nous expliquant pourquoi il vivait ici et était le descriptif et le symbole du type de terre locale.
De plus, Lucien était comique et bon vivant et n’hésitait pas à lancer une vanne ou une histoire drôle.
Mais pour lui, le temps était précieux : pas question de divaguer à regarder voler un papillon pendant qu’il intervenait, ou de répondre au téléphone au risque de se le voir propulser à des dizaines de mètres de là.
Lucien, toi, homme INTÈGRE, malgré les sollicitations, tu as su tout au long de ta carrière, refuser le profit et ne pas succomber à la corruption.
Lucien, un grand homme, VRAI et SINCÈRE,
Tu nous as fait l’honneur de nous faire une petite place à tes côtés, nous, simples paysans de la Nièvre et tu as toujours su rester FIDÈLE.
Lucien EXIGEANT, PERFECTIONNISTE, tu nous as imposé RIGUEUR et PERSÉVÉRANCE, durant tous les essais et protocoles que tu nous as chargés de mettre en place… IMPATIENT d’en recevoir régulièrement des photos quand tu ne pouvais pas être sur place, mais toujours DISPONIBLE. Et ce n’est pas sans réprimandes ou quelquefois engueulades que tu en as fais le suivi… Ce qui a au fil du temps toujours payé.
Je garderai de toi, malgré ta grandeur, le souvenir d’un homme MODESTE et à la portée de tous, de la plus imposante société agricole brésilienne, au plus simple et pauvre paysan malgache ou cambodgien.
Au-delà de ça, j’ai découvert en toi un homme plein de talents, à savoir l’art de la peinture (qui a pu te valoir la place d’assistant d’un célèbre peintre), mais aussi connaisseur, en l’occurrence la gastronomie dont ta femme Jacqueline savait faire honneur en concoctant des plats d’excellence, mais aussi l’œnologie.
Et, pour avoir eu le privilège de découvrir ta cave secrète, je sais à quel point tu places une haute importance à la connaissance et à la préservation de la qualité de tes vins et l’honneur que tu attribues à chacun de ceux à qui tu les offres.
Ton DYNAMISME, ton ESPRIT, ta GÉNÉROSITÉ et ta BIENVEILLANCE nous manqueront.
Mais à travers toi, nous remercions ta femme Jacqueline, toujours discrète, fidèle (55 ans de mariage) et présente à tes côtés, et ton binôme Serge, chacun représentant une partie de toi, qui ont toujours su t’épauler et même te supporter.
Car oui, tu étais DUR, dur avec toi-même, car il te fallait toujours garder la forme, et dur aussi avec ton entourage avec lequel tu étais bien souvent EXIGEANT.
Ce fut en effet le sacrifice de toute une vie de famille (je pense notamment à ta fille Sandrine et ton fils Yannick) au profit de l’humanité, dont peu de monde prend conscience.
Lucien, toi qui croyais au « GÉNIE VÉGÉTAL », tu as su semer quelques graines (Hubert, Stéphane, Florent, Aubin, Noël, Christian, Jean-Claude, John, Loui, tes petits jeunes du Brésil (comme tu les appelais)…) qui assureront l’avenir de ton œuvre, avec encore tant de choses à accomplir…TA SYMPHONIE INACHEVÉE !
Les paysans du monde entier avaient encore tant besoin de toi !
Tu nous laisses aujourd’hui orphelins, avec à charge de poursuivre, vulgariser et divulguer tes connaissances, et nous nous devons de mettre en pratique ce que tu nous as toujours enseigné : « Le développement de l’agriculture n’existe vraiment que s’il est fait PAR, POUR, AVEC et CHEZ les agriculteurs ».
La mission nous incombe maintenant et ce sera tout en ton honneur que nous nous chargerons de la mettre en pratique.
« Tchao l’ami ! », comme tu avais l’habitude de dire ! Et après tant de dévouement pour le bien de l’humanité, repose en paix !
Que ton esprit nous accompagne dans l’évolution nécessaire de notre agriculture actuelle !
Je garderai à jamais le souvenir d’une amitié sincère.


Texte écrit par Lydie Deneuville (association NLSD) et lu lors de l’hommage à Lucien.