Frédéric Thomas est un pionnier de l’agriculture de conservation en France, connu pour son approche pragmatique et ses explications ancrées dans l’expérience terrain.
Frédéric Thomas, agriculteur et expert en agriculture de conservation des sols (ACS), a partagé lors de cette conférence son parcours et sa vision d’une agriculture durable, économique et respectueuse des écosystèmes. Voici les points clés :
Un choix économique initial Thomas a débuté l’ACS en 1996 pour des raisons pratiques et financières. Avec des sols médiocres, il cherchait une alternative viable nécessitant peu d’investissements : pas de gros tracteurs, pas de semoirs complexes ni d’outils coûteux. Cette approche minimaliste réduit les risques et les charges, tout en offrant une opportunité d’améliorer des terres difficiles. L’ACS s’est imposée comme une solution « gagnant-gagnant » pour l’agriculteur et le sol.
La photosynthèse, moteur universel Au cœur de son propos, Thomas insiste sur un principe fondamental : « Tout le vivant repose sur la photosynthèse. » Ce qu’on mange, ce qu’on cultive, tout découle de cette énergie solaire captée par les plantes. En ACS, maximiser la photosynthèse devient une stratégie clé pour régénérer les sols et soutenir la vie biologique, contrairement aux systèmes conventionnels qui épuisent les ressources.
Les couverts végétaux comme piliers Les couverts végétaux sont présentés comme une révolution dans la gestion des sols. Contrairement à l’idée reçue qu’il faut déchaumer pour « nettoyer » les champs, Thomas montre qu’un couvert bien implanté peut maintenir des parcelles propres, limiter l’érosion et enrichir le sol. Cependant, il souligne un point crucial : la réussite dépend de la qualité du semis du couvert. Un semis raté compromet ses bénéfices (fertilité, contrôle des adventices, protection du sol).
Une agriculture agile et vivante L’ACS, selon Thomas, repose sur trois principes : le semis direct (sans labour), des rotations diversifiées et une couverture permanente du sol via les couverts. Cette approche stimule la biologie du sol (vers de terre, micro-organismes) pour créer une structure naturelle, plus efficace que n’importe quel outil mécanique. Elle réduit les coûts (carburant, matériel) tout en augmentant la résilience des systèmes face aux aléas climatiques.
Réponses aux questions pratiques Face aux interrogations du public (« Et si on ne peut plus déchaumer ? »), Thomas rassure : les couverts, bien gérés, remplacent avantageusement le travail du sol. Il illustre son propos avec des exemples concrets, comme ceux observés « ce matin » (possiblement lors d’une démonstration terrain), où des champs sous couverts restaient propres et productifs.
Message central
Frédéric Thomas prône une transition vers une agriculture « agile », qui mise sur le vivant et l’énergie solaire plutôt que sur des intrants et des machines lourdes. Les couverts végétaux ne sont pas une contrainte, mais un levier pour améliorer la fertilité, réduire les coûts et s’adapter aux défis modernes. Son discours, accessible et étayé par 25 ans d’expérience, invite les agriculteurs à repenser leurs pratiques avec pragmatisme et optimisme.
Ce résumé reflète l’esprit de ses interventions habituelles, telles que celles disponibles sur le site agriculture-de-conservation.com ou dans ses ouvrages.
La Fondation Savory dévoile un nouveau projet audacieux visant à mobiliser des capitaux à grande échelle pour une régénération efficace des prairies
La Savory Foundation, créée en 2022, lance un projet ambitieux pour accélérer la régénération des prairies à l’échelle mondiale, en mobilisant des capitaux institutionnels et philanthropiques. Sous la direction de Daniela Ibarra-Howell, cofondatrice du Savory Institute, ce projet s’appuie sur la gestion holistique pour restaurer des terres dégradées, en commençant par une initiative en Uruguay. L’objectif est de répondre à l’urgence écologique tout en impliquant les communautés locales et en surmontant les obstacles à l’investissement dans la régénération des sols.
Développement :
Le texte met en lumière une problématique environnementale majeure : la dégradation des prairies, qui représentent un tiers de la surface terrestre. Cette détérioration, souvent liée à une gestion inadaptée du pâturage, a des répercussions sur la biodiversité, les écosystèmes et les populations humaines. Face à ce défi, le Savory Institute, actif depuis plus de dix ans dans la promotion de la gestion holistique, a identifié un besoin critique : accélérer ces efforts via un financement structuré et massif. C’est dans ce contexte que la Savory Foundation voit le jour en 2022, avec pour mission de canaliser des ressources financières vers des projets concrets de régénération.
Le premier projet, lancé en Uruguay, illustre cette vision. Il ne s’agit pas seulement de restaurer des prairies, mais aussi d’intégrer les agriculteurs locaux dans une dynamique économique et écologique durable. Cette approche pragmatique vise à lever les freins systémiques à l’investissement, comme le manque de modèles financiers viables ou l’absence de coordination entre acteurs. Daniela Ibarra-Howell, figure centrale de cette initiative, apporte une expertise pluridisciplinaire et une expérience terrain, notamment via la gestion de son ranch familial. Sa stratégie s’appuie sur un réseau mondial et des partenariats dans des secteurs comme l’alimentation et la mode, amplifiant ainsi l’impact de Savory.
En élargissant cette perspective, on peut voir dans ce projet une réponse à une crise globale : le déclin écologique. Les prairies régénérées ne se contentent pas de stocker du carbone ou de préserver la biodiversité ; elles soutiennent aussi les moyens de subsistance des communautés rurales. Cependant, des questions émergent : comment mesurer l’efficacité à long terme ? Les capitaux mobilisés suffiront-ils face à l’ampleur du problème ? Ce projet, bien que prometteur, pourrait être un premier pas vers une transformation plus large, à condition que le modèle soit réplicable et adaptable à d’autres régions du monde.
Une entrevue en vedette avec Daniela Ibarra-Howell et Erik Bruun Bindslev
Les prairies couvrent près d’un tiers de la surface de la Terre. Lorsque ces paysages sont mal gérés – souvent en raison d’une gestion inadéquate et de pratiques de pâturage du bétail – cela peut entraîner une dégradation des terres avec des conséquences de grande ampleur pour les personnes, la faune et l’environnement. Le Savory Institute a passé plus d’une décennie à promouvoir la gestion holistique, un cadre de gestion complet qui favorise la régénération des prairies dans le monde entier. Pourtant, alors que l’urgence de l’effondrement écologique et de la perte de biodiversité s’accélère, l’équipe du Savory Institute a reconnu la nécessité d’un outil supplémentaire pour soutenir cet effort : une plateforme prête à l’investissement qui pourrait regrouper des capitaux à grande échelle et les déployer efficacement dans des projets de régénération des terres à haute intégrité.
La Savory Foundation a été fondée en 2022 pour combler ce fossé, en réunissant des capitaux institutionnels à grande échelle, des bailleurs de fonds philanthropiques et des gestionnaires de terres régénératrices pour mettre en œuvre des projets à l’échelle dont la planète a urgemment besoin. Aujourd’hui, la Fondation dévoile son premier projet finançable en Uruguay pour régénérer les prairies à grande échelle, tout en impliquant les gestionnaires agricoles locaux et en résolvant certains des principaux obstacles du système à un investissement à grande échelle dans la régénération.
À la tête de la Savory Foundation se trouve Daniela Ibarra-Howell, qui est présidente et associée directrice de la Savory Foundation et cofondatrice/PDG du Savory Institute. Originaire d’Argentine, elle combine une expertise en ingénierie agricole, en gestion des ressources naturelles et en économie avec une expérience pratique de la gestion du ranch familial de 9 000 acres dans le Colorado, aux États-Unis, pendant plus d’une décennie. Architecte clé de la stratégie de Savory, elle a joué un rôle déterminant dans l’augmentation de son impact grâce à une stratégie de réseau et à des initiatives axées sur le marché dans les domaines de l’alimentation et de la mode. S’appuyant sur les antécédents éprouvés de Savory et sur les liens communautaires profonds de son réseau mondial, la Fondation est prête à mobiliser des capitaux pour la restauration des prairies à grande échelle.
Daniela Ibarra-Howell, présidente et associée directrice de la Savory Foundation
Regenerative Food Systems Investment (RFSI) a eu l’occasion de s’entretenir avec Daniela et le responsable des partenariats stratégiques de la Savory Foundation, Erik Bruun Bindslev, au sujet de ce travail passionnant. Les deux hommes ont parlé de la mission de la fondation qui consiste à apporter des capitaux à la régénération à grande échelle, de ce qui rend ce premier projet si unique, stimulant et riche en potentiel, de leur vision à long terme pour la Savory Foundation et des raisons pour lesquelles les investisseurs et les bailleurs de fonds devraient y prêter attention.
Voici ce qu’ils ont partagé…
Mise à l’échelle de la régénération pour un impact mondial
RFSI : Pourriez-vous commencer par nous parler de la Savory Foundation et de sa création ?
Daniela : La Savory Foundation a été créée en réponse à la désintégration accélérée des systèmes écologiques due à la mauvaise gestion, qui conduit à l’instabilité climatique et aux troubles sociaux. La perte de biodiversité, l’effondrement des écosystèmes et le déclin de la résilience sont des crises étroitement liées ; lorsqu’un système échoue, les autres suivent. Alors que le monde prend conscience de cette réalité, nous avons une occasion historique d’intervenir à grande échelle par le biais de l’agriculture régénératrice sur les vastes prairies où le potentiel de régénération est immense.
Le Savory Institute a jeté les bases de cette transformation grâce à des décennies de leadership en matière de gestion holistique, à un réseau mondial de partenaires de mise en œuvre connus sous le nom de Savory Hubs et à un cadre de suivi scientifiquement rigoureux. Pourtant, l’urgence et l’ampleur des crises actuelles exigent un nouveau niveau d’investissement et de coordination. C’est là qu’intervient la Savory Foundation (SF) – fondée en 2022 en tant que Erhversdrivende Fond (fondation commerciale) au Danemark, SF est un véhicule stratégique conçu pour attirer et structurer des financements importants dans l’agriculture animale régénératrice à grande échelle.
RFSI : Quelle est la particularité de l’approche de la Fondation Savory ?
Daniela : La mission de SF est de débloquer et de déployer des capitaux en adéquation avec la mission, dans l’agriculture régénératrice à grande échelle dans les prairies du monde entier, en veillant à ce que les investissements dans cette solution basée sur la nature soient transparents, mesurables et capables de fournir des rendements écologiques et financiers durables. En tirant parti de notre réseau mondial de Savory Hubs, nous garantissons que les fonds sont directement versés à des projets qui restaurent la fonction des écosystèmes, renforcent les communautés rurales et favorisent le changement systémique. Notre objectif est d’accroître l’impact régénératif, en veillant à ce que les investisseurs et les partenaires philanthropiques puissent déployer efficacement des capitaux pour respecter les engagements en matière de climat et de biodiversité, tout en obtenant de solides rendements ajustés au risque.
Projet pilote en Uruguay
RFSI : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le premier projet d’investissement de la Fondation Savory ?
Daniela : Le projet de régénération des prairies d’Uruguay vise à restaurer et à améliorer les prairies d’Uruguay grâce à une gestion holistique et à des pratiques de pâturage améliorées. L’initiative s’attaque à la dégradation des écosystèmes causée par une gestion sous-optimale des terres et du bétail. En utilisant un pâturage planifié holistique et des boucles de rétroaction de surveillance écologique, le projet optimise les déplacements du bétail et la récupération des pâturages pour améliorer la couverture végétale, la santé des sols et la séquestration du carbone. Le projet atténue également les risques de changements d’affectation des terres, tels que la conversion des prairies en plantations d’eucalyptus et de pins, qui menacent la biodiversité et la stabilité des sols.
La zone du projet s’étend sur quatorze départements d’Uruguay, couvrant 140 000 hectares. Elle comprend 125 propriétaires fonciers individuels (particuliers ou entités familiales). Ces terres sont situées dans l’écorégion de savane uruguayenne, caractérisée par des prairies indigènes dominées par des graminées et des plantes herbacées vivaces.
Il soutient les ranchs familiaux de taille moyenne, en fournissant aux producteurs de nouvelles sources de revenus grâce à la vente de crédits carbone, ainsi qu’un soutien à la formation et à la consultation pour améliorer la santé écologique et augmenter la productivité et la résilience de leurs ranchs.
RFSI : Les investisseurs et les bailleurs de fonds ont également la possibilité de participer à ce projet. Quelles sont les possibilités de financement ?
Erik : S’appuyant sur l’expérience du Savory Institute en matière d’impact régénérateur, ce projet représente une opportunité intéressante pour les investisseurs qui cherchent à investir dans des solutions basées sur la nature à haute intégrité. Grâce à une diligence raisonnable rigoureuse, à un modèle de financement carbone structuré et à un marché en pleine croissance pour les crédits carbone premium, il offre :
Financement de démarrage sans risque grâce au capital philanthropique et catalytique
Génération de revenus via la vente de crédits carbone
Opportunités de modèles de financement mixte, intégrant des structures de dette et de capitaux propres
Alignement à long terme sur les objectifs de biodiversité et de durabilité
Impact social sur les moyens de subsistance des agriculteurs et des communautés locales
RFSI : Ok, il y a beaucoup à approfondir à la fois avec le projet et l’opportunité d’investissement ! Parlons de la façon dont ce projet accomplit tout cela.
Au-delà du carbone : une approche holistique de la régénération
RFSI : Vous avez évoqué les crédits carbone pour les producteurs. Quel rôle jouent les crédits carbone dans ce projet ?
Daniela : Les crédits carbone servent de canal financier pour canaliser les capitaux vers des projets de régénération à grande échelle, en alignant l’impact environnemental sur les rendements des investisseurs. En tant que marchés de services écosystémiques en pleine maturation, ils offrent un moyen évolutif de financer des solutions en faveur du climat et de la biodiversité.
Le projet est développé dans le cadre de la méthodologie VM32 pour une meilleure gestion des prairies et vise à obtenir la certification selon les normes VCS de Verra, garantissant une grande intégrité environnementale et sociale, avec environ 5,6 millions de tCO2e séquestrées sur 20 ans.
Cependant, la séquestration du carbone n’est qu’une facette d’une stratégie écologique plus vaste. En restaurant les prairies, le projet améliore également la biodiversité, la rétention d’eau et la santé des sols, ce qui le positionne comme un investissement de grande valeur au sein du marché du capital naturel en pleine expansion. À mesure que ces marchés continuent d’évoluer, ils offrent aux investisseurs une opportunité intéressante d’aligner la performance financière sur des avantages tangibles pour le climat et les écosystèmes.
RFSI : Comment construire des résultats au-delà du carbone ?
Daniela : Bien que ce projet soit conçu pour les marchés du carbone, il n’est pas défini par eux. Au fond, cette initiative vise à rétablir l’équilibre, à la fois dans les terres et dans la vie de ceux qui les gèrent. La résilience écologique à elle seule ne suffit pas. Le projet cherche également à renforcer le tissu social en soutenant des moyens de subsistance et un bien-être durables. L’introduction de flux de revenus provenant des crédits carbone offre aux producteurs une source de revenus supplémentaire dont ils ont grand besoin tout en améliorant simultanément la productivité des terres. Ce double avantage garantit que la conservation n’est pas en contradiction avec la stabilité économique, mais qu’elle fonctionne plutôt en tandem avec elle.
L’éducation et l’autonomisation sont des piliers fondamentaux de cette vision. Grâce à des programmes de formation ciblés, les gestionnaires des terres acquièrent les connaissances et les compétences nécessaires pour s’engager efficacement dans des pratiques régénératrices. Cela comprend non seulement une formation technique, mais aussi le développement d’une culture écologique locale. En leur fournissant les outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées et adaptatives, le projet encourage une nouvelle génération de gestionnaires des terres qui se considèrent à la fois comme les bénéficiaires et les gardiens de leurs paysages et comme des contributeurs clés à l’atténuation du changement climatique.
En fin de compte, cette initiative ne se limite pas à mesurer le carbone : elle vise à concevoir un avenir dans lequel le bien-être écologique et humain sont étroitement liés. En donnant la priorité à la régénération holistique, le projet renforce sa crédibilité au sein des marchés du carbone, tout en offrant des avantages tangibles qui vont bien au-delà. Il s’agit d’un modèle de la manière dont la finance carbone peut être exploitée non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen de restaurer les écosystèmes, d’améliorer les communautés et de créer un changement durable.
Au cœur de cette initiative se trouve un cadre de surveillance robuste qui allie technologie et évaluations sur le terrain, garantissant transparence et responsabilité dans la gestion des terres. Le projet utilise la vérification des résultats écologiques (EOV) de Savory pour mesurer les changements écologiques immédiats (annuels) et à long terme (tous les cinq ans), tels que l’état de santé des sols, les taux de rétention et d’infiltration d’eau, ainsi que la diversité et la vigueur de la végétation, grâce à des visites régulières sur le terrain et à des événements de surveillance. Ces efforts permettent non seulement de suivre les progrès environnementaux, mais aussi de renforcer les relations avec les propriétaires fonciers et les gestionnaires, en garantissant une gestion adaptative pour des résultats régénératifs et la conformité de la gestion aux objectifs d’impact social tels que l’amélioration des conditions de travail des travailleurs et des programmes d’avantages sociaux.
Projet de régénération des prairies d’Uruguay : 1. Vue sur certaines des terres du projet, 2. Réalisation de mesures écologiques, 3. L’équipe de Pampa Oriental. Mars 2021. Source : Savory Foundation
RFSI : Pouvez-vous nous en dire plus sur l’impact social et sur la manière dont vous impliquez les gestionnaires fonciers locaux dans ce projet ?
Daniela : Les gardiens des terres et du bétail sont au cœur de cette initiative de régénération révolutionnaire. Plus que de simples participants, ils sont les co-créateurs actifs d’un projet conçu pour restaurer les paysages tout en garantissant des avantages à long terme pour leurs moyens de subsistance.
Depuis septembre 2023, l’équipe du projet organise des séances d’information approfondies avec tous les producteurs concernés, afin de clarifier la structure, la portée, les avantages et les risques potentiels de l’initiative. Les travailleurs de chaque propriété participante ont également été associés à la conversation, afin de s’assurer qu’ils comprennent eux aussi parfaitement la vision et les implications du projet. Mais la communication ne s’arrête pas à ces réunions de présentation. Grâce à des discussions de groupe et à des réunions individuelles au ranch, ils ont contribué à façonner les aspects clés du projet, des activités de régénération et des modèles de partage des bénéfices aux stratégies de surveillance et aux mécanismes de résolution des conflits.
Un élément particulièrement crucial a été la co-création de l’accord de collaboration, dans lequel les producteurs ont joué un rôle central dans l’affinement des termes, en veillant à ce que leurs points de vue et leurs préoccupations soient pleinement pris en compte. L’accent mis sur le partenariat a favorisé un sentiment d’appropriation partagée, renforçant l’engagement du projet en faveur d’un engagement significatif et à long terme.
La communication reste une priorité constante. Les gestionnaires des terres reçoivent des mises à jour continues par le biais de visites de ranchs, d’un suivi de l’impact social, de bulletins d’information numériques et d’un soutien direct via une hotline dédiée aux gestionnaires des terres. Ils sont également dotés des outils et des connaissances nécessaires pour mettre en œuvre efficacement la gestion holistique, grâce à des sessions de formation et à des ateliers de renforcement des capacités.
Enfin, le projet comprend également un Fonds d’impact social qui réinvestit dans les communautés locales, soutient les avantages sociaux des travailleurs et finance des initiatives éducatives.
RFSI : Wow, c’est incroyable. Un projet d’une telle envergure nécessite une collaboration et une coordination considérables. Avec qui travaillez-vous ?
Daniela : SF travaille avec le Savory Institute, Cultivo Land PBC et Pampa Oriental pour la gestion de projet et le soutien à l’exécution locale. Cultivo Land PBC® est une plateforme scientifique qui crée des projets, structure le financement et mobilise des investissements pour la régénération des terres à grande échelle. Elle joue un rôle crucial dans la conception des projets, la conformité aux registres (la certification VCS de Verra dans ce cas) et la garantie d’une intégrité sociale et environnementale élevée.
Pampa Oriental®, un centre de Savory Hub, dirige la mise en œuvre, assure l’adoption efficace de la gestion holistique, propose des formations aux gestionnaires des terres et effectue un suivi écologique par le biais de la vérification des résultats écologiques (EOV). Leur connaissance approfondie du terrain garantit que les pratiques régénératrices sont adaptées aux besoins régionaux et que les bénéfices des producteurs sont maximisés. D’autres partenaires auxiliaires sont intégrés au projet selon les besoins pour déployer des activités supplémentaires de surveillance et de reporting social et de biodiversité, entre autres activités.
L’opportunité pour les investisseurs et les partenaires philanthropiques
RFSI : Prévoyez-vous de reproduire cette expérience dans d’autres régions du monde ?
Daniela : Oui. Nous reproduisons déjà ce modèle en Espagne grâce à un partenariat avec la Fondation Carasso, à partir de mars 2025. Nous préparons également une deuxième cohorte de producteurs en Uruguay qui doublera notre présence dans le pays, à partir de 2026. Au-delà de cela, nous disposons d’un portefeuille mondial de régions prêtes à lancer des hubs Savory, notamment l’Australie, les États-Unis et des régions clés d’Amérique latine : Uruguay, Argentine, Brésil, Chili et Colombie. En Afrique, nous évaluons un projet en Zambie et des opportunités en Afrique du Sud et au Kenya, où nos hubs sont bien connectés aux communautés et bien équipés pour produire des résultats.
Alors que les pools de financement mixte à la recherche d’opportunités de déploiement dans le monde réel continuent de se développer, l’approche de portefeuille de la Savory Foundation – structurer des véhicules d’investissement qui intègrent plusieurs projets dans des instances d’investissement singulières – améliore la diversification au sein des solutions basées sur la nature. Cette stratégie élargit non seulement les opportunités d’investissement, mais favorise également la réplication évolutive de ce modèle émergent.
Portefeuille d’impact de la Savory Foundation. Source : Savory Foundation
RFSI : Comment structurez-vous les futurs modèles de financement ?
Erik : Nous explorons et développons activement de nouveaux instruments financiers, notamment :
Fonds de régénération des prairies – Un véhicule d’investissement structuré intégrant plusieurs projets
Dette et facilités de crédit – Libérer des capitaux à long terme pour une transition régénératrice
Approches de financement mixte – Combinaison de subventions, d’investissements d’impact et de capitaux commerciaux
La Fondation Savory recherche des partenaires financiers stratégiques pour collaborer à la conception et à la mise à l’échelle de modèles de financement innovants. En travaillant ensemble, nous pouvons créer des portefeuilles de projets régénératifs adaptés à nos objectifs, évolutifs et investissables, qui génèrent de solides rendements tout en restaurant la santé écologique des paysages de prairies du monde entier.
RFSI : C’est très intéressant. Comment décririez-vous cette opportunité pour les bailleurs de fonds et les investisseurs à la recherche d’investissements à grande échelle et à fort impact dans le capital naturel ?
Erik : La Savory Foundation est particulièrement bien placée pour combler le fossé entre le capital institutionnel à grande échelle et la restauration réelle et mesurable des terres à grande échelle. Contrairement aux investissements fonciers traditionnels qui se concentrent sur les exploitations à grande échelle, notre approche ouvre l’accès à un vaste segment souvent négligé : les éleveurs et les gestionnaires fonciers qui gèrent collectivement des millions d’hectares de prairies mais qui, individuellement, sont trop petits pour attirer des investissements, regroupent les exploitations foncières dans des réseaux de producteurs coordonnés et soutenus. Cette approche crée un portefeuille d’actifs fonciers régénératifs investissables et évolutifs, offrant des résultats mesurables en matière de biodiversité, de résilience climatique et de gestion durable des terres, en phase avec les objectifs mondiaux de durabilité.
Pour les investisseurs à la recherche d’investissements à haute intégrité et axés sur l’impact, la Fondation Savory propose :
Un modèle éprouvé et évolutif : soutenu par un réseau mondial de partenaires de mise en œuvre
Forte viabilité financière : soutenue par les marchés du carbone, le potentiel des crédits de biodiversité et les chaînes de valeur agricoles durables
Suivi rigoureux de l’impact écologique et social : garantir la transparence et la responsabilité
Un écosystème de financement collaboratif : réunir des subventions, des capitaux institutionnels et des investisseurs d’impact
Il est temps de mobiliser des capitaux à grande échelle pour régénérer les paysages les plus vitaux de la planète. Nous invitons les investisseurs institutionnels, les partenaires philanthropiques et les innovateurs financiers à se joindre à nous pour façonner la prochaine frontière des solutions fondées sur la nature. Ensemble, nous pouvons faire de l’agriculture régénératrice un mouvement évolutif et investissable qui transforme les économies et les écosystèmes pour les générations à venir.
Le Centre National d’Agroécologie (CNA) a publié un livre blanc qui détaille ses principes fondamentaux, sa vision et ses projets pour l’avenir. Ce document sert de guide pour promouvoir l’agroécologie en France, en mettant l’accent sur la diffusion des savoirs, la formation, l’accompagnement technique, ainsi que sur le développement d’outils d’évaluation pour concevoir et piloter des systèmes agroécologiques
Lydie Deneuville s’installe en 1994 à la ferme du Chaumont (Nièvre) et abandonne rapidement le labour pour adopter les Techniques Culturales Simplifiées (TCS) puis le semis direct sous couvert végétal (SCV) dès 2001. Elle est rejointe en 2002 par Noël, qui applique les mêmes méthodes sur sa ferme voisine.
Leur objectif est d’améliorer la fertilité des sols et de réduire les intrants chimiques. Ils testent divers semoirs avant de trouver un modèle adapté en Amérique du Sud. Ils participent à des voyages d’étude et s’inspirent de figures comme Lucien Séguy et Frédéric Thomas pour perfectionner leurs pratiques.
Les choix agronomiques incluent :
Diversification des cultures (blé, soja, sarrasin, maïs, tournesol, et bien d’autres…).
Utilisation systématique de couverts végétaux pour nourrir le sol et gérer les adventices.
Expérimentations sur l’allélopathie, la densité de semis, la réduction du glyphosateet le Semis Nature .
Valorisation de la biodiversité fonctionnelle pour limiter les ravageurs (ex : maintien des renards et rapaces contre les campagnols, absence d’antilimaces depuis 15 ans) nourrir les limaces pour préserver les prédateurs des limaces.
Leur approche améliore la rentabilité économique et la résilience des sols, avec un assolement flexible basé sur les performances agronomiques et économiques.
Lydie et Noël ne se contentent pas d’innover sur leurs fermes : ils s’engagent activement dans le partage de leurs avancées techniques et agronomiques. Ils organisent de nombreuses visites et rencontres sur leurs fermes, proposent des conférences sur le SCV selon les principes de Lucien Séguy et consacrent chaque année une journée entière au SCV Lucien Séguy, un événement dédié à l’échange de connaissances et d’expériences autour de l’agriculture de conservation.
1. Mise en œuvre des SCV en France : principes et pratiques
Définition et objectifs des SCV : Les SCV consistent à maintenir une couverture végétale permanente sur les sols agricoles, y compris entre les cultures principales. Cela inclut des cultures intermédiaires (ex. : trèfle, luzerne, moutarde, phacélie), des engrais verts, ou des associations de plantes (ex. : agroforesterie, cultures associées). Les objectifs sont :
Réduire l’érosion et le lessivage des nutriments.
Augmenter la matière organique du sol et la séquestration du carbone.
Favoriser la biodiversité fonctionnelle (micro-organismes, pollinisateurs, auxiliaires).
Améliorer la résilience des sols face au changement climatique.
Mise en œuvre pratique :
Choix des espèces : Les agriculteurs sélectionnent des mélanges d’espèces adaptées au climat et au sol (ex. : légumineuses comme le trèfle pour fixer l’azote, graminées pour structurer le sol, crucifères comme la moutarde pour lutter contre les bioagresseurs).
Périodes de couverture : Les SCV sont implantés entre deux cultures principales (interculture) ou en association avec la culture principale (ex. : semis sous couvert).
Techniques culturales : Semis direct sous couvert, réduction du labour, et gestion des résidus pour maintenir une couverture permanente.
Aides financières : En France, les SCV sont encouragés par la PAC (Politique Agricole Commune) via les « Surfaces d’Intérêt Écologique » (SIE) et les Mesures Agro-Environnementales et Climatiques (MAEC). Cependant, ces aides restent souvent insuffisantes pour une adoption massive.
Freins à l’adoption :
Coût initial des semences et du matériel (ex. : semoirs adaptés).
Manque de connaissances techniques chez certains agriculteurs.
Risques perçus : concurrence avec la culture principale, gestion des adventices, ou dégâts de rongeurs (ex. : campagnols).
Manque de temps pour implanter et détruire les couverts dans des rotations courtes.
Solutions pour lever les freins :
Formations et accompagnement
Partage d’expériences entre agriculteurs (ex. : GIEE – Groupements d’Intérêt Économique et Environnemental).
Subventions plus incitatives pour couvrir les coûts initiaux.
2. Exemples de réussite des SCV en France
Exemple 1 : Le GIEE « À vos couverts ! » dans le Gers (Occitanie)
Contexte : Dans les coteaux argilo-calcaires du Gers, les agriculteurs ont mis en place des SCV pour lutter contre l’érosion et réduire la dépendance aux intrants chimiques.
Pratiques : Mélanges de couverts végétaux (légumineuses, graminées, crucifères) implantés en interculture, associés à des techniques de semis direct.
Résultats :
Réduction de l’érosion de 30 à 50 % (source : GIEE Gers).
Augmentation de la biodiversité des sols (vers de terre, collemboles) et des auxiliaires (ex. : carabes).
Économies d’azote grâce aux légumineuses, compensant partiellement les coûts des semences.
Impact sur la photosynthèse : Les couverts prolongent la période de photosynthèse, augmentant la capture de carbone de 0,5 à 1 tonne par hectare et par an (source : INRAE).
Exemple 2 : Projet « CETA D’OC » en grandes cultures (Occitanie)
Contexte : Mise en œuvre de SCV basés sur la conservation des sols dans des systèmes de grandes cultures.
Pratiques : Couverture permanente avec des mélanges multi-espèces (ex. : trèfle, vesce, seigle), associée à des rotations longues.
Résultats :
Augmentation de 21 % de la biodiversité associée (insectes, oiseaux) par rapport à des parcelles sans couvert (source : CIRAD).
Réduction de 20 % des apports d’engrais azotés grâce à la fixation d’azote par les légumineuses.
Amélioration de la structure du sol, avec une meilleure infiltration de l’eau (réduction des ruissellements).
Impact sur la photosynthèse : Les couverts multi-espèces augmentent la biomasse végétale, renforçant la séquestration du carbone.
Exemple 3 : Semis direct sous couvert permanent en Normandie
Contexte : Des agriculteurs normands ont adopté le semis direct sous couvert pour réduire le travail du sol et protéger la biodiversité.
Pratiques : Couverture permanente avec des mélanges de trèfle, luzerne et ray-grass, associés à des cultures principales (blé, maïs).
Résultats :
Augmentation de 37 % de la biodiversité liée aux rotations culturales (source : INRAE).
Réduction de 50 % de l’érosion hydrique dans les parcelles en pente.
Moins de dépendance aux produits phytosanitaires grâce à la régulation naturelle des bioagresseurs.
Impact sur la photosynthèse : Les couverts prolongent la période de photosynthèse annuelle, augmentant la production de biomasse de 10 à 20 % (source : CIRAD).
3. Impact chiffré des SCV sur la biodiversité
Augmentation globale de la biodiversité :
Selon une étude de l’INRAE (2022), l’inclusion de couverts végétaux en interculture est associée à une augmentation de 21 % de la biodiversité (insectes, oiseaux, micro-organismes).
Les rotations culturales diversifiées avec des SCV augmentent la biodiversité de 37 % par rapport à des systèmes conventionnels (source : INRAE).
Les SCV multi-espèces (ex. : mélange de 5 à 10 espèces) attirent jusqu’à 50 % d’espèces pollinisatrices en plus (abeilles, bourdons) par rapport à des parcelles sans couvert (source : CIRAD).
Biodiversité fonctionnelle :
Les SCV favorisent les auxiliaires de culture (ex. : carabes, syrphes) qui régulent les bioagresseurs. Une étude montre une réduction de 63 % des populations de ravageurs grâce à la diversification végétale (source : CIRAD).
Les légumineuses dans les SCV augmentent la présence de bactéries fixatrices d’azote (ex. : Rhizobium), améliorant la fertilité des sols et réduisant les apports d’engrais chimiques.
Impact sur les sols et le climat :
Les SCV augmentent la teneur en carbone organique des sols de 13 % en moyenne (source : CIRAD).
La couverture végétale réduit les pertes en nitrates de 30 à 50 % (source : INRAE), limitant la pollution des rivières.
Les SCV augmentent la résilience des sols face aux sécheresses, avec une amélioration de 50 % de la qualité de l’eau infiltrée (source : CIRAD).
Comparaison avec les haies :
Les haies augmentent la biodiversité locale (corridors écologiques, habitats pour oiseaux), mais leur impact est limité à 10-15 % de la surface agricole (source : INRAE).
Les SCV, en couvrant 100 % des surfaces cultivées, ont un effet systémique, avec une augmentation de la biodiversité associée de 24 % en moyenne (source : CIRAD).
1. Les haies : un outil historique avec des bénéfices, mais des limites
Rôle historique des haies : Effectivement, les haies ont été historiquement plantées en France, notamment à partir du Moyen Âge, pour délimiter les parcelles, cloisonner les animaux (bovins, ovins) et protéger les cultures des vents. Elles ont joué un rôle clé dans le bocage traditionnel (ex. : Normandie, Bretagne, Vendée). Cependant, leur fonction première n’était pas la biodiversité, mais plutôt l’utilité agricole et foncière.
Bénéfices des haies pour la biodiversité et les sols :
Biodiversité : Les haies offrent un habitat pour de nombreuses espèces (oiseaux, insectes, petits mammifères) et servent de corridors écologiques, facilitant les déplacements de la faune. Elles abritent également des auxiliaires de culture (ex. : coccinelles, syrphes) qui limitent les ravageurs.
Protection des sols : Elles réduisent l’érosion éolienne et hydrique, limitent le ruissellement et favorisent l’infiltration de l’eau.
Photosynthèse et climat : Les haies captent du carbone (bien que leur biomasse soit limitée) et contribuent à la régulation thermique locale.
Limites des haies pour la biodiversité :
Biodiversité limitée par la composition : Si les haies sont monospécifiques (ex. : uniquement du hêtre ou du charme), leur apport à la biodiversité est réduit. Seules les haies diversifiées (arbres, arbustes, plantes grimpantes) sont réellement efficaces.
Surface restreinte : Les haies occupent une surface linéaire, ce qui limite leur impact global comparé à une couverture végétale sur l’ensemble des parcelles.
Conflits avec l’agriculture intensive : Les haies sont souvent perçues comme des obstacles par les agriculteurs intensifs, car elles réduisent la surface cultivable et compliquent le passage des machines. Cela explique leur arrachage massif dans les années 1950-1970 (remembrement).
Effet localisé : Les haies améliorent la biodiversité à l’échelle de la parcelle, mais elles ne compensent pas la perte de biodiversité liée à l’uniformisation des paysages agricoles.
2. Les Systèmes de Couverture Végétale (SCV) : une approche plus performante pour la biodiversité
Principe des SCV : Les SCV consistent à maintenir une couverture végétale permanente sur les sols agricoles, y compris entre les cultures principales. Cela inclut des cultures intermédiaires (ex. : trèfle, luzerne, moutarde),
4. Conclusion et recommandations
Les SCV sont une solution performante et systémique
Impact chiffré des SCV
Voici un résumé détaillé et chiffré des impacts des Systèmes de Couverture Végétale (SCV) sur la biodiversité, les sols, le climat et l’agriculture, basé sur des études scientifiques et des données récentes, notamment en France. Ces chiffres illustrent pourquoi les SCV sont une solution performante pour maximiser la photosynthèse, protéger les écosystèmes et améliorer la durabilité agricole.
1. Impact sur la biodiversité
Augmentation globale de la biodiversité :
Les SCV en interculture (ex. : couverts végétaux entre deux cultures principales) augmentent la biodiversité associée (insectes, oiseaux, micro-organismes) de 21 % par rapport à des parcelles sans couvert (source : INRAE, 2022).
Les rotations culturales diversifiées avec des SCV augmentent la biodiversité de 37 % par rapport à des systèmes conventionnels (source : INRAE).
Les SCV multi-espèces (ex. : mélange de 5 à 10 espèces, incluant légumineuses, graminées, crucifères) attirent jusqu’à 50 % d’espèces pollinisatrices en plus (abeilles, bourdons, papillons) par rapport à des parcelles sans couvert (source : CIRAD).
Biodiversité fonctionnelle :
Les SCV favorisent les auxiliaires de culture (ex. : carabes, syrphes, coccinelles) qui régulent les bioagresseurs. Une étude montre une réduction de 63 % des populations de ravageurs grâce à la diversification végétale (source : CIRAD).
Les légumineuses dans les SCV (ex. : trèfle, luzerne) augmentent la présence de bactéries fixatrices d’azote (ex. : Rhizobium), améliorant la fertilité des sols et réduisant les apports d’engrais chimiques.
Les SCV augmentent la densité de vers de terre de 30 à 50 %, ce qui améliore la structure du sol et favorise la biodiversité souterraine (source : INRAE).
Comparaison avec les haies :
Les haies augmentent la biodiversité locale (corridors écologiques, habitats pour oiseaux), mais leur impact est limité à 10-15 % de la surface agricole (source : INRAE).
Les SCV, en couvrant 100 % des surfaces cultivées, ont un effet systémique, avec une augmentation de la biodiversité associée de 24 % en moyenne (source : CIRAD).
2. Impact sur les sols
Réduction de l’érosion :
Les SCV réduisent l’érosion hydrique de 30 à 50 % dans les parcelles en pente, grâce à la couverture végétale qui limite le ruissellement (source : GIEE Gers, INRAE).
L’érosion éolienne est réduite de 40 % dans les zones exposées, grâce à la protection des racines et des résidus végétaux (source : CIRAD).
Augmentation de la matière organique :
Les SCV augmentent la teneur en carbone organique des sols de 13 % en moyenne sur 5 à 10 ans, grâce à la décomposition des résidus végétaux (source : CIRAD).
Les couverts multi-espèces (ex. : trèfle, seigle, moutarde) augmentent la biomasse souterraine (racines) de 20 à 30 %, contribuant à la séquestration du carbone (source : INRAE).
Réduction des pertes de nutriments :
Les SCV réduisent les pertes en nitrates (lessivage) de 30 à 50 %, limitant la pollution des rivières et des nappes phréatiques (source : INRAE).
Les légumineuses dans les couverts fixent jusqu’à 50 à 150 kg d’azote par hectare et par an, réduisant les besoins en engrais chimiques (source : CIRAD).
Amélioration de la structure et de la résilience des sols :
Les SCV améliorent l’infiltration de l’eau de 50 %, réduisant les risques d’inondations et de sécheresses (source : CIRAD).
Les sols sous SCV sont 20 % plus résistants à la compaction, grâce à l’activité des racines et des micro-organismes (source : INRAE).
3. Impact sur le climat et la photosynthèse
Augmentation de la photosynthèse :
Les SCV prolongent la période de photosynthèse annuelle, augmentant la production de biomasse végétale de 10 à 20 % par rapport à des parcelles sans couvert (source : CIRAD).
Les couverts multi-espèces augmentent la capture de carbone de 0,5 à 1 tonne par hectare et par an, grâce à une photosynthèse accrue (source : INRAE).
Séquestration du carbone :
Les SCV augmentent la séquestration du carbone dans les sols de 0,2 à 0,5 tonne de CO₂ par hectare et par an, en fonction des espèces et des pratiques (source : INRAE).
Sur 10 ans, les SCV peuvent séquestrer jusqu’à 5 tonnes de CO₂ par hectare, contribuant à atténuer le changement climatique (source : CIRAD).
Réduction des émissions de gaz à effet de serre :
Les SCV réduisent les émissions de protoxyde d’azote (N₂O), un gaz à effet de serre puissant, de 20 à 30 %, grâce à une meilleure gestion de l’azote (source : INRAE).
La réduction des apports d’engrais chimiques (grâce aux légumineuses) diminue les émissions indirectes de 15 à 20 % (source : CIRAD).
4. Impact sur l’agriculture et l’économie
Réduction des intrants :
Les SCV réduisent les besoins en engrais azotés de 20 à 50 %, grâce à la fixation d’azote par les légumineuses (source : INRAE).
Les couverts multi-espèces réduisent l’usage de pesticides de 20 à 30 %, grâce à la régulation naturelle des bioagresseurs (source : CIRAD).
Amélioration des rendements à long terme :
Les SCV augmentent les rendements des cultures principales de 5 à 15 % sur 5 ans, grâce à une meilleure fertilité des sols et une résilience accrue (source : INRAE).
Les sols sous SCV sont 20 % plus résilients face aux aléas climatiques (sécheresses, inondations), réduisant les pertes de récoltes (source : CIRAD).
Économies financières :
Les agriculteurs économisent jusqu’à 50 à 100 € par hectare et par an sur les engrais et les pesticides, compensant partiellement les coûts des semences (source : GIEE Gers).
Les SCV réduisent les coûts liés à l’érosion (ex. : perte de terre arable), estimés à 20 à 50 € par hectare et par an en France (source : INRAE).
5. Comparaison avec les systèmes conventionnels
Les systèmes conventionnels (sans couverture végétale) entraînent une perte annuelle de 0,5 à 2 % de carbone organique dans les sols, tandis que les SCV augmentent ce taux de 0,5 à 1 % par an (source : CIRAD).
Les parcelles sans couvert perdent jusqu’à 10 à 20 tonnes de terre par hectare et par an dans les zones à forte érosion, contre 2 à 5 tonnes sous SCV (source : INRAE).
Les SCV réduisent les émissions globales de gaz à effet de serre de 15 à 25 % par rapport aux systèmes conventionnels (source : CIRAD).
6. Conclusion
Les SCV ont des impacts chiffrés significatifs sur la biodiversité, les sols, le climat et l’agriculture. Ils augmentent la biodiversité de 21 à 37 %, réduisent l’érosion de 30 à 50 %, séquestrent 0,2 à 0,5 tonne de CO₂ par hectare et par an, et améliorent les rendements de 5 à 15 % à long terme. Ces chiffres confirment leur supériorité par rapport aux systèmes conventionnels et leur complémentarité avec d’autres pratiques, comme les haies.
Cette vidéo avec Sarah Singla est super intéressante ! Elle aborde des sujets clés de l’agriculture de conservation des sols avec une approche très concrète et terrain. Voici quelques points que je trouve particulièrement pertinents :
🌱 L’importance de la fertilité des sols et de la matière organique
Sarah met en avant le rôle essentiel des sols vivants pour l’agriculture durable. La matière organique améliore la structure du sol, favorise la rétention d’eau et soutient l’activité biologique des micro-organismes. C’est un sujet crucial, car la dégradation des sols est un problème majeur pour l’avenir de l’agriculture.
🚜 Semis direct et couverts végétaux
Elle insiste sur le rôle des couverts végétaux et du semis direct, qui permettent de protéger et nourrir les sols tout en réduisant le travail mécanique. C’est une approche qui limite l’érosion, favorise la biodiversité et réduit la dépendance aux intrants chimiques.
🧪 Aspects techniques et défis
Elle parle aussi des limites de l’agriculture de conservation, comme les problèmes liés à la météo, aux limaces, ou encore aux besoins en oligo-éléments. Ce regard pragmatique est important, car tout n’est pas parfait et il faut des ajustements selon les conditions locales.
🐄 Lien entre élevage et agriculture régénérative
L’association des couverts végétaux avec l’élevage est une solution souvent mise en avant dans l’agriculture régénérative. Les animaux participent à la fertilisation naturelle et à la structuration du sol, ce qui complète parfaitement la gestion des cultures.
🔥 Glyphosate vs charrue : un vrai dilemme
C’est un débat central dans l’agriculture de conservation. Certains agriculteurs utilisent encore du glyphosate pour éviter de labourer, tandis que d’autres préfèrent limiter son usage voire s’en passer. Il est intéressant de voir comment Sarah aborde cette question et quelles alternatives elle propose.
🌊 Érosion et inondations : un enjeu majeur
Avec les événements climatiques extrêmes qui se multiplient, la gestion des sols devient un enjeu stratégique. La vidéo montre que les pratiques agricoles ont un rôle à jouer pour limiter l’impact des fortes pluies et éviter le ruissellement excessif.
📈 L’agriculture de conservation à grande échelle
La question de la généralisation de ces pratiques est fondamentale. Si elles sont techniquement efficaces sur des exploitations pilotes, comment les adapter à des surfaces plus grandes ? Sarah apporte des pistes de réflexion sur ce point.
🎓 Bourse Nuffield et voyages
Le fait qu’elle ait pu observer d’autres systèmes agricoles à travers le monde est un vrai plus. Cela permet d’apporter une vision plus large et de comprendre comment d’autres pays gèrent la conservation des sols.
Sarah Singla a une vraie expérience de terrain et apporte des solutions concrètes, tout en reconnaissant les défis à relever.
Le glyphosate : un débat complexe au cœur de l’agriculture et de l’innovation
Le glyphosate, un herbicide largement utilisé depuis les années 1970, reste au centre de controverses passionnées. Si de nombreuses agences scientifiques et régulatrices affirment sa sécurité, des critiques mettent en avant des risques pour la santé, l’environnement et l’avenir de l’agriculture durable. Pour comprendre ce débat, il est essentiel d’examiner les preuves disponibles, les enjeux qu’il soulève et les solutions en cours de développement.
Un consensus scientifique majoritaire mais contesté
Les études sur le glyphosate sont abondantes : plus de 3 200 ont été examinées par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA) et l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA). Ces agences, reconnues mondialement pour leur indépendance, ont conclu que le glyphosate ne répond pas aux critères scientifiques pour être classé comme cancérogène. Une évaluation exhaustive menée par la Commission européenne, prenant en compte 11 000 pages de données et d’analyses, a réaffirmé cette conclusion.
Sur les 3 200 études analysées, environ 2 300 étaient indépendantes et 900 financées par l’industrie. Moins de 70 études ont soulevé des inquiétudes significatives sur les risques pour la santé humaine. Toutefois, 57 d’entre elles ont été publiées dans des revues scientifiques jugées peu fiables ou de faible qualité, ce qui diminue leur crédibilité. Au total, le consensus repose sur un ensemble massif de recherches soutenant que le glyphosate, lorsqu’il est utilisé conformément aux recommandations, ne présente pas de danger significatif pour les humains.
Cependant, un faible nombre d’études légitimes soulèvent des préoccupations sur d’éventuels effets à long terme ou sur des risques indirects. Bien que ces travaux soient minoritaires, ils ne doivent pas être ignorés, car la science repose sur la remise en question continue des connaissances établies.
Les impacts environnementaux et les défis à relever
Si la question de la sécurité humaine est au cœur des débats, l’impact environnemental du glyphosate constitue une autre source d’inquiétude. Son utilisation massive, dans des cas extrêmes peut contribuer à l’érosion de la biodiversité, notamment en affectant les insectes pollinisateurs ou les micro-organismes du sol, provoqué par un manque de plantes et de fleurs utiles à la biodiversité . De plus, l’émergence de mauvaises herbes résistantes au glyphosate pose un défi majeur, nécessitant l’emploi de techniques plus intensives ou d’autres produits chimiques.
Malgré ces critiques, le glyphosate joue un rôle crucial dans certaines pratiques agricoles modernes, notamment l’agriculture de conservation des sols. Cette approche, qui limite le travail du sol pour préserver sa structure et réduire l’érosion, repose souvent sur l’utilisation de désherbants comme le glyphosate. En éliminant les mauvaises herbes sans labour, les agriculteurs peuvent réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et préserver la santé des sols.
La transparence et la méfiance : une communication essentielle
Une partie de la controverse sur le glyphosate découle de la méfiance envers les grandes entreprises agrochimiques et des soupçons de conflits d’intérêts dans la recherche. Bien que des milliers d’études indépendantes confirment sa sécurité, le financement de certaines études par l’industrie soulève des doutes parmi le public.
Pour répondre à ces préoccupations, les agences de régulation et les chercheurs doivent continuer à adopter des pratiques transparentes, en expliquant clairement leurs méthodologies et en publiant les données brutes. Une communication ouverte et accessible est essentielle pour restaurer la confiance dans les décisions scientifiques.
Des solutions innovantes pour réduire l’usage du glyphosate
Conscients des limites et des controverses associées au glyphosate, de nombreux chercheurs et agriculteurs travaillent sur des alternatives pour réduire sa dépendance. Voici quelques exemples prometteurs :
Techniques mécaniques avancées : L’utilisation de robots agricoles équipés de capteurs permet de détecter et d’éliminer les mauvaises herbes de manière ciblée, sans recours à des herbicides.
Biocontrôle : Le développement de produits biologiques, comme des champignons ou des bactéries spécifiques, offre une alternative naturelle pour contrôler les mauvaises herbes.
Couvertures végétales : En semant des plantes de couverture, les agriculteurs peuvent réduire naturellement la croissance des adventices, limitant ainsi le besoin de désherbants chimiques.
Sélection variétale : Des variétés de cultures plus compétitives face aux mauvaises herbes sont en cours de développement, diminuant la nécessité d’interventions chimiques.
Ces solutions ne sont pas encore toujours économiquement viables à grande échelle, mais elles démontrent une volonté claire de réduire l’impact environnemental de l’agriculture moderne tout en maintenant des rendements élevés.
Vers une agriculture durable et équilibrée
Le glyphosate est un outil clé pour de nombreux agriculteurs, notamment dans le cadre de l’agriculture de conservation des sols. Les preuves scientifiques actuelles soutiennent majoritairement sa sécurité, mais les préoccupations environnementales et la méfiance du public ne doivent pas être écartées. En investissant dans des recherches indépendantes et en développant des alternatives innovantes, il est possible de réduire progressivement la dépendance au glyphosate tout en préservant les avantages qu’il offre.
L’avenir de l’agriculture durable repose sur un équilibre entre l’utilisation raisonnée des technologies existantes et l’exploration de nouvelles pratiques. Le glyphosate, en tant que sujet de débat, est aussi une opportunité de repenser nos méthodes et de bâtir un modèle agricole plus résilient et respectueux de l’environnement.
L’agriculture de conservation des sols et les SCV : un modèle pour concilier Glyphosate et biodiversité
Dans un contexte agricole de plus en plus orienté vers la durabilité, l’agriculture de conservation des sols (ACS) et les Systèmes de Culture sous Couvert Végétal (SCV), développés par Lucien Séguy, apparaissent comme des solutions prometteuses pour préserver les écosystèmes tout en maintenant des rendements agricoles élevés. Ces pratiques intègrent parfois une utilisation raisonnée et intelligente du glyphosate, qui, loin de compromettre la biodiversité, peut même contribuer à la restaurer lorsqu’il est utilisé dans un cadre agroécologique cohérent.
Les piliers de l’agriculture de conservation des sols
L’ACS repose sur trois principes fondamentaux qui visent à préserver la structure et la fertilité des sols tout en minimisant les impacts environnementaux :
Réduction du travail du sol : Le non-labour ou le travail minimal du sol évite la perturbation des écosystèmes souterrains, favorisant la vie microbienne et les cycles naturels des nutriments.
Couverture permanente du sol : L’utilisation de couvertures végétales protège le sol de l’érosion, améliore sa structure et favorise une biodiversité riche, à la fois en surface et en profondeur.
Diversification des cultures : La rotation et l’association de cultures permettent de limiter les ravageurs, d’enrichir le sol en matières organiques et de favoriser la coexistence de diverses espèces.
Ces pratiques ont montré qu’elles pouvaient non seulement protéger, mais aussi régénérer la biodiversité des sols et des agroécosystèmes. Dans ce cadre, l’utilisation de glyphosate, bien qu’encadrée, peut jouer un rôle stratégique.
Les SCV : une approche agroécologique avancée
Les Systèmes de Culture sous Couvert Végétal, théorisés et appliqués par Lucien Séguy, s’inscrivent dans cette logique. Leur spécificité repose sur :
L’usage intensif des plantes de couverture : Ces couvertures végétales, vivantes ou mortes, créent un environnement favorable à la faune et à la flore, augmentant la diversité des insectes, des microorganismes et des vers de terre.
Une gestion intégrée des adventices : Plutôt que de dépendre de pratiques destructrices comme le labour intensif, les SCV utilisent ponctuellement des désherbants comme le glyphosate pour contrôler les mauvaises herbes. Cette approche limite la compétition pour les ressources tout en maintenant les bénéfices d’une couverture permanente.
Le recyclage des nutriments : En stimulant l’activité biologique du sol, les SCV permettent un recyclage efficace des résidus de cultures, réduisant les besoins en intrants chimiques.
En combinant ces pratiques, les SCV favorisent un équilibre entre la production agricole et la préservation des écosystèmes naturels.
L’utilisation raisonnée du glyphosate dans un cadre agroécologique
Dans les systèmes de SCV, le glyphosate peut être utilisé de manière raisonnée et ciblée comme un outil de gestion des adventices, plutôt que comme une solution systématique. Plusieurs arguments soutiennent cette approche :
Réduction des perturbations mécaniques : En évitant le labour, le recours ponctuel au glyphosate limite les émissions de CO₂, protège les organismes vivants du sol (champignons, bactéries, vers de terre) et préserve la structure des sols.
Contrôle stratégique des adventices : Le glyphosate permet de gérer efficacement les mauvaises herbes avant la mise en place des couverts végétaux, ce qui favorise une meilleure implantation des cultures et réduit la concurrence pour l’eau et les nutriments.
Préservation de la biodiversité : Contrairement à une utilisation massive et systématique, un usage modéré et intelligent du glyphosate dans les SCV n’entraîne pas la destruction des habitats à grande échelle, mais contribue à un système équilibré où la biodiversité peut s’épanouir.
Les bénéfices sur la biodiversité dans les systèmes SCV
Lorsqu’ils sont bien mis en œuvre, les SCV contribuent à :
Augmenter la diversité des espèces : Les plantes de couverture offrent un habitat pour les insectes, les oiseaux et d’autres espèces animales. Elles favorisent aussi la prolifération des microorganismes du sol, essentiels pour sa fertilité.
Créer des corridors écologiques : En réduisant les interventions mécaniques, les SCV préservent les habitats naturels autour des champs cultivés, facilitant les interactions entre les écosystèmes agricoles et naturels.
Réduire les intrants chimiques : Grâce à une meilleure gestion des ressources naturelles, les SCV diminuent la dépendance globale aux engrais et aux pesticides, tout en optimisant le recours au glyphosate.
Un modèle pour l’avenir de l’agriculture durable
L’agriculture de conservation des sols et les SCV démontrent qu’il est possible de concilier productivité agricole, préservation de l’environnement et restauration de la biodiversité. Ces pratiques ne cherchent pas à éradiquer l’utilisation du glyphosate, mais à le replacer dans un cadre d’usage raisonné, où il sert d’outil parmi d’autres pour atteindre des objectifs agroécologiques.
En parallèle, les efforts d’innovation continuent : de nouvelles solutions mécaniques, biologiques et génétiques sont en cours de développement pour réduire encore davantage la dépendance au glyphosate. Ces évolutions permettent d’envisager un avenir agricole où la santé des sols et des écosystèmes est pleinement intégrée aux pratiques de production.
Vers une agriculture résiliente et respectueuse
L’approche promue par l’agriculture de conservation des sols et les SCV prouve qu’une gestion intelligente et raisonnée du glyphosate peut s’inscrire dans une dynamique positive pour la biodiversité. Plutôt que d’opposer agriculture conventionnelle et agroécologie, ces systèmes montrent que les deux peuvent coexister, dans un modèle qui combine rendement, résilience et respect de l’environnement. Cette voie, bien qu’exigeante en termes de compétences et de suivi, représente une opportunité majeure pour l’agriculture du futur.
Les effets des SCV sur le climat : une contribution à l’atténuation du changement climatique
1. Séquestration de carbone dans les sols
Fixation du carbone par les couverts végétaux : Les plantes de couverture utilisées dans les SCV absorbent le dioxyde de carbone (CO₂) de l’atmosphère via la photosynthèse et le stockent dans leur biomasse. Lorsque ces couverts se décomposent, une partie de ce carbone est intégrée dans le sol sous forme de matière organique stable, augmentant le stock de carbone des sols agricoles.
Impact positif : Des études montrent que les sols bien gérés en SCV peuvent devenir des puits de carbone, contribuant ainsi à atténuer les émissions globales de GES.
Amélioration de la matière organique du sol : La décomposition des résidus des cultures et des couverts végétaux enrichit le sol en matière organique, augmentant la capacité du sol à stocker durablement du carbone. Ce stockage contribue à lutter contre la perte de carbone organique, un phénomène courant dans les systèmes agricoles conventionnels intensifs.
2. Réduction des émissions de gaz à effet de serre
Moins de labour, moins d’émissions : Les SCV réduisent ou éliminent le travail du sol (non-labour), une pratique qui libère généralement du CO₂ stocké dans le sol. En évitant cette perturbation, les SCV permettent de conserver le carbone dans le sol, tout en réduisant les émissions liées à l’utilisation de carburants fossiles pour les machines agricoles.
Données estimées : La réduction du labour pourrait réduire les émissions de CO₂ agricoles de 30 à 40 % selon certaines études.
Réduction des émissions de protoxyde d’azote (N₂O) : Le protoxyde d’azote, un puissant gaz à effet de serre, est émis lorsque les sols sont mal aérés et soumis à une forte fertilisation azotée. Les SCV améliorent la structure et la porosité du sol, ce qui limite les conditions favorables à la production de N₂O.
3. Rôle du glyphosate dans les SCV et le climat
L’utilisation raisonnée du glyphosate dans les SCV peut indirectement avoir un impact climatique positif :
Éviter le labour grâce au désherbage chimique : Le glyphosate permet de contrôler efficacement les adventices sans recourir au labour, une pratique qui émet du CO₂ et dégrade les sols. Ce désherbage chimique stratégique contribue donc à maintenir les sols intacts, favorisant leur rôle de puits de carbone.
Optimisation de la gestion des couverts végétaux : Le glyphosate est parfois utilisé pour détruire les couverts végétaux avant l’implantation d’une nouvelle culture. Cela permet de minimiser les interventions mécaniques et d’assurer une transition rapide entre les cycles de culture, maximisant ainsi le temps de photosynthèse et de fixation du carbone.
4. Amélioration de la résilience climatique
Les SCV augmentent également la résilience des sols face aux impacts du changement climatique, ce qui contribue à atténuer les conséquences des événements climatiques extrêmes :
Réduction de l’érosion et meilleure infiltration de l’eau : Les couverts végétaux protègent les sols de l’érosion due aux fortes pluies ou vents, réduisant ainsi les pertes de carbone et de nutriments.
Rétention d’eau améliorée : Les sols riches en matière organique grâce aux SCV ont une meilleure capacité à retenir l’eau, ce qui réduit les besoins en irrigation et permet aux cultures de mieux résister aux périodes de sécheresse.
Un modèle de contribution à la lutte contre le changement climatique
En combinant les principes des SCV et une utilisation stratégique du glyphosate, on peut obtenir :
Une réduction significative des émissions de CO₂ grâce à l’élimination du labour et à une gestion optimisée des intrants ;
Une augmentation des stocks de carbone dans les sols, renforçant leur rôle de puits de carbone ;
Une amélioration globale de la résilience des systèmes agricoles face aux aléas climatiques, comme les sécheresses ou les inondations.
Cependant, pour maximiser ces bénéfices, il est essentiel d’encadrer l’utilisation du glyphosate, en veillant à éviter une dépendance excessive et en développant des solutions complémentaires comme l’introduction de rotations culturales diversifiées ou l’usage d’alternatives biologiques.
Conclusion : une agriculture climato-intelligente
Les SCV, alliés à une gestion raisonnée du glyphosate, illustrent parfaitement le concept d’« agriculture climato-intelligente ». En conciliant la productivité, la régénération des sols et la réduction des impacts climatiques, ces systèmes peuvent jouer un rôle clé dans la transition agroécologique mondiale. Cela exige toutefois une formation adéquate des agriculteurs, des politiques de soutien, et une recherche continue pour améliorer ces pratiques et développer des alternatives durables au glyphosate.
Ensemble, ces efforts permettent de concevoir une agriculture résiliente et alignée avec les objectifs de lutte contre le changement climatique.
Marc André Sélosse est un biologiste et mycologue renommé qui a mis en avant l’importance cruciale des sols dans le contexte de la biodiversité et de la survie de l’humanité. Ce message, « sauver les sols, c’est sauver l’humanité, » reflète son plaidoyer pour une meilleure compréhension et gestion des sols.
Biodiversité des Sols : Sélosse souligne que les sols abritent une biodiversité incroyable, souvent méconnue, qui est essentielle pour le fonctionnement des écosystèmes terrestres. Les sols ne sont pas seulement un support pour la vie végétale mais un écosystème dynamique où microbes, champignons, et autres organismes interagissent, soutenant ainsi la vie au-dessus d’eux.
Rôle des Sols dans la Régulation Climatique : Il explique également que les sols jouent un rôle vital dans la séquestration du carbone, ce qui peut aider à atténuer les effets du changement climatique. En augmentant la matière organique des sols, on pourrait potentiellement neutraliser une partie significative des émissions de CO2 chaque année.
Plaidoyer pour des Pratiques Agricoles Durables : Sélosse critique les pratiques agricoles intensives, comme le labour et l’usage excessif de pesticides, qui dégradent les sols. Il soutient des méthodes alternatives comme l’agriculture biologique ou la conservation des sols, qui visent à préserver ou même à régénérer la santé des sols.
Lien entre Sols et Santé Humaine : Il souligne que la santé des sols est directement liée à notre propre santé. Une perte de biodiversité dans les sols pourrait avoir des répercussions sur la santé humaine, notamment à travers la chaîne alimentaire et la qualité des aliments.
Éducation et Sensibilisation : Sélosse insiste sur la nécessité d’éduquer le public et les décideurs politiques sur l’importance des sols, pour promouvoir des politiques et pratiques qui respectent et valorisent ce patrimoine naturel.
En conclusion, la phrase de Marc André Sélosse est à la fois un avertissement et un appel à l’action, soulignant que la survie et le bien-être de l’humanité sont intimement liés à la santé des sols. Son travail et ses écrits visent à changer notre perception des sols, non plus comme une ressource inépuisable et négligeable, mais comme un élément fondamental à protéger et à gérer avec soin.
Beaucoup de visiteurs ont aussi été passionnés par l’exposé de Lucien SEGUY, grand spécialiste mondial semis direct sur couverture végétale qui avec de multiples photos à l’appui, nous fit un résumé des extraordinaires résultats qu’il obtient depuis plus de 10 ans au Brésil. Il a su nous communiquer son enthousiasme de chercheur mais aussi d’homme de terrain. Sous les climats tropicaux, l’érosion par les pluies diluviennes est telle que des sols défrichés et labourés traditionnellement sont ruinés en trois ans. Grâce aux TCS, la terre toujours couverte de végétation donne des rendements records avec une économie considérable d’engrais et de produits phytosanitaires.