Objectif récolter du soleil avec les plantes pour se nourrir durablement et sainement …..!!
Je vous passe l’histoire de l’agriculture, je tiens juste à préciser que ces dernières années, l’ « exploitant agricole » face à ses conseillers « en performances » a largement oublier que son meilleur outil, c’est le sol, et que c’est un outil vivant …..
Ces conseils de performance d’exploitation agricole ont organisé une razzia sur les sols, encouragé par des politiques gouvernementales axées sur la course aux bulletins de vote et aux performances destructrices d’une alimentation accessible aux consommateurs/électeurs toujours moins cher avec des qualités nutritionnelles à disparaître….. il faut prendre toute la production des parcelles pour garantir un revenu de subsistance à l’exploitant agricole . Il faut des parcelles propres de toute adventices, de tout parasites, de toute maladies, pour avoir le rendement volumétrique maximum pour rentabiliser les échanges commerciaux extérieurs via les ports …..Je pense que cette voie n’est pas la bonne, déjà pour un paysan respectueux de ses sols, c’est la marge que procure durablement ses cultures qui est prioritaire….
Ces choix de société basés sur des records à battre ont engagés la vie de nos sols agricoles dans une impasse très risquée….
Le sol, nos sols sont donc vivants et quand il y a de la vie, il y a automatiquement de la nourriture, la vie du sol se nourri chaque jour, toute l’année.
Le paysan en SCV est donc solidaire avec son sol et lui réserve une part de nourriture, sans parler aussi de son habitat, moins ce sol SCV sera perturbé, plus il sera performant et en plus au fil du temps, ces performances s’accumulent …..Quand Lucien évoque le fil rouge à suivre qu’est la forêt, ça permet de comprendre que la Nature a tout organisé depuis déjà très longtemps avec un certain succès ( à ce stade, on pourrait se remémorer une certaine fable de Jean de la Fontaine)
On propose donc ici avec le SCV Lucien SÉGUY , un autre concept d’agriculture nouveau en France, il faut apprendre à gérer les plantes que l’on appelle Mauvaises Herbes ou adventices, on a pas compris que ces plantes peuvent , sont des alliés de nos sols, chaque plante a un rôle à jouer, à cumuler pour la performance du sol , on doit remplacer petit à petit ces plantes adventices par ce que Lucien appelait des plantes de services.
Pendant la, les cultures, entre les cultures on va s’associer à un panel de pantes de services en leur proposant de rendre des services ciblés aux bénéfices du sol et donc des cultures de productions
134 386 vols commerciaux le 6 juillet, « record » battu ! En moyenne, à chaque instant, 1 250 000 humains s’envoient en l’air. Et le temps de lire ce message, 10 avions auront décollé.
Combien par exemple : 24 heures d’aviation mondiale développe de chaleur supplémentaire à ajouter au réchauffement de l’atmosphère…!!
Les compagnies aériennes et les voyageurs de se dépêcher d’annoncer que cela amène peu d’émission de chaleur
On peut ajouter toute une liste conséquente d’émission de chaleur, de températures élevées , causées par nous les humains et chacun s’empressent de calmer les choses en minimisant leur impact ….
Le problème, c’est l’addition, car tout cela mis bout à bout fini par un cumul de chaleur émise incroyable
Les avions et l’ensemble des autres appareils aériens à moteur thermiques, quelques fusées
L’ensemble des véhicules terrestres de cette planète émettent un volume incroyable de chaleur (voitures, camions, engins agricoles, bateaux, trains ….)
l’ensemble des moteurs électriques , des climatiseurs, des usines , des chaufferies , du chauffage des habitations,
Faut-il ajouter à cette liste , les guerres, les incendies de structures, de forêts …etc
Personne ne veut faire un bilan, un constat établi de cette quantité de chaleur émise par l’activité humaine …..Et pourtant , l’homme par son développement d’activités tout azimut émet de plus en plus de chaleur …..Avec aussi la part du problème d’émission de CO2
L’homme a toujours eu un problème avec la végétation….La Nature en installant de la végétation partout, sans interventions humaines, a une influence incroyable sur le climat…
Sur des parcelles agricoles en SCV (couverture végétale permanente) on observe des différences notables d’effet refroidissement en comparaison de sols nus ( d’un chemin par exemple) pratiquement 10 ° Et c’est beaucoup mieux que cela…..la végétation verte et vivante adsorbe littéralement la chaleur du soleil, c’est son énergie pour se développer …..Le chemin, lui ne capte rien, la chaleur est perdue pour la photosynthèse et retourne dans l’atmosphère….En France, peut-être 2 % d’agriculteurs sont en #SCV….98% passent par des sols nus travaillés mécaniquement le plus souvent L’Été en plein rayonnement solaire….en #SCV , nos sols sont verts de végétation et captent la chaleur…..Rajouter à cela pratiquement 8% de sols minéraux urbains et infrastructures qui ne captent aucune énergie solaire….. Nos sociétés ont organisé un déséquilibre de la capacité de refroidissement de l’atmosphère par la végétation manquante.. .Le problème du dérèglement climatique va beaucoup plus loin que le taux de CO2
Quel étude scientifique évoque ce sujet primordial…?
La chaleur produite par toutes nos combustions d’énergies se retrouve inévitablement rajoutée à la chaleur reçue par le rayonnement solaire ou moins momentanément dans notre atmosphère proche terrestre avant peut-être de se dissoudre dans la stratosphère et plus
Cette apport de chaleur supplémentaire n’est jamais pris en compte à ma connaissance dans les approches du dérèglement climatique que nous connaissons actuellement
Imaginons-nous rentrer d’un voyage spatial lointain. Nous sommes à plusieurs centaines de kilomètres de la surface de la Terre. Les instruments scientifiques nous indiquent la présence de molécules de gaz erratiques, les premières traces de l’atmosphère terrestre.
Leur nombre croît au fur et à mesure de notre descente sans que l’on en ressente une manifestation physique. Leur densité est trop faible pour cela.
100 km : Nous rentrons officiellement dans l’atmosphère terrestre. Rien ne change vraiment…
L’on descend encore. L’on croise une aurore boréale en témoin privilégier… La densité devient plus perceptible au fur et à mesure que la température décroît, jusqu’à marquer un palier.
Vers 80 km, la courbe des températures s’inverse pour s’élever avec la densité atmosphérique, encore ténue.
Une nouvelle inversion thermique annonce l’entrée dans la stratosphère, dans laquelle la densité de l’atmosphère devient significative et croît rapidement avec la descente. Les masses d’air sont organisées en strates homogènes. Cela est particulièrement sensible dans la partie inférieure de la stratosphère où la température est pratiquement constante. Seule la pression atmosphérique varie…
À une dizaine de kilomètres du sol, l’on enregistre une nouvelle inversion thermique. L’atmosphère est beaucoup plus dense, au point que les vents dévient fortement notre navette spatiale. Nous devons même nous dérouter pour éviter une tempête tropicale. Nous sommes secoués comme dans un panier à salade à la frontière de deux masses d’air. Il faut des relevés nombreux pour définir les tendances statistiques, tant les variations de température sont aussi importantes qu’incessantes.
Au sol, l’altimètre barométrique indique 57 m… La pression atmosphérique a changé depuis notre départ. Heureusement que les GPS ont remplacé les instruments de bord de Grand-Papa, nous nous serions écrasés…
1 – Inversions thermiques et couches atmosphériques
Lors de notre descente dans l’atmosphère terrestre nous avons rencontré plusieurs inversions thermiques. Celles-ci ont servi de repère pour décomposer l’atmosphère en différentes couches, suivant que la température y est croissante ou décroissante avec l’altitude.
La première couche que l’on atteint en venant de l’espace lointain est l’Exosphère. Comme il faut bien une exception à toute règle, sa limite inférieure n’est pas due à une inversion thermique, mais à l’altitude fixée conventionnellement à 100 km au-delà de laquelle on considère que commence l’espace. Il faut dire que le gaz atmosphérique y est aussi rare que dans les meilleures machines à vide dans lesquelles on fabrique les composants électroniques…
Y succèdent la Thermosphère et la Mésosphère, séparées, elles, par la première inversion thermique (en venant de l’espace).
Ces trois couches représentent la haute atmosphère, dont la masse représente un millième de la masse totale de l’atmosphère…
Vient ensuite la Stratosphère, couche beaucoup plus dense (20 % de la masse atmosphérique), qui se caractérise par sa structure en strates thermiques stables.
L’on termine par la Troposphère. Cette couche présente la plus faible épaisseur (un peu plus de 10 km) mais la plus forte densité (80 % de la masse atmosphérique). La température y varie régulièrement avec l’altitude suivant un gradient moyen de -6 °C/km (à partir du sol).
2 – La Troposphère ou le règne du déséquilibre
La Troposphère se caractérise donc par sa densité (80 % de la masse d’air pour seulement 10 % du volume). Les collisions intermoléculaires y sont très nombreuses, suffisamment pour donner une cohésion d’entraînement « visqueux » de masses d’air de températures homogènes. Elles se réchauffent au contact du sol. Leur densité diminue. Elles s’élèvent tant qu’elles rencontrent des masses d’air plus denses, qui prennent leur place… Ce mouvement perpétuel forme les courants convectifs.
La structure thermique stable de la Stratosphère interdit l’élévation des masses d’air chaud de la Troposphère, formant une barrière aux courants convectifs. L’air de la Troposphère est alors confiné par la Tropopause (frontière entre la Troposphère et la Stratosphère)… à la façon de l’air d’une serre (mais nous verrons que l’analogie s’arrête là).
La Troposphère n’est en aucun cas une masse d’air en équilibre ! Elle est le siège d’importants courants convectifs entre les zones chaudes de l’équateur et les zones froides des pôles. Ces courants forment une composante tangentielle des transferts thermiques, source des manifestations climatiques comme les tempêtes tropicales ou les tornades, les sécheresses ou des pluies diluviennes…
3 – Conditions indispensables à la vie
La Troposphère, c’est l’air que nous respirons, mais ce n’est pas que cela. La circulation des masses d’air apporte la pluie qui abreuve la flore et la faune et tempère le climat. Ce rôle modérateur est primordial pour le développement du biotope, pour sa diversité et pour le protéger des perturbations extérieures, comme la couche d’ozone nous protège des dommages des ultra-violets, par exemple. Les déséquilibres thermiques qui caractérisent la Troposphère sont le berceau de la biodiversité que nous devons préserver.
Débat Allan Savory contre George Monbiot | Le pâturage du bétail est-il essentiel pour atténuer le changement climatique ?
Dans le processus de pâturage planifié holistique, le bétail est utilisé comme un outil pour inverser la perte de biodiversité qui conduit à la désertification – un contributeur majeur au changement climatique. Pourtant, les critiques affirment que le pâturage du bétail, dans presque toutes les circonstances, est un contributeur net au réchauffement climatique.
Le 11 juillet 2023, le fondateur et promoteur de Holistic Management Allan Savory a rencontré l’éminent critique George Monbiot au Musée d’histoire naturelle de l’Université d’Oxford pour un débat présidé par la professeure Dame E.J. Milner-Gulland.
À propos d’Allan Savory : Allan Savory a commencé sa carrière dans les années 1950 en tant que biologiste chercheur en Afrique centrale où la perte de biodiversité dans les réserves de gibier et les parcs nationaux l’alarmait. L’inverser est devenu l’objectif de sa vie et a conduit à une percée significative qui est devenue connue en 1984 sous le nom de gestion holistique. Il est l’auteur de Holistic Management: A Commonsense Revolution to Restore Our Environment, Third Edition (Island Press, 2016), et de nombreux articles et articles scientifiques. Il a été honoré par la Weston A. Price Foundation (Integrity in Science), le Buckminister Fuller Institute (pour le « potentiel significatif de son travail pour résoudre certains des problèmes les plus urgents de l’humanité ») et la Banksia Foundation Australia (pour « la personne qui fait le le plus pour l’environnement à l’échelle mondiale »). Il est président de l’Institut Salé.
À propos de George Monbiot : George Monbiot est un auteur, chroniqueur du Guardian et militant écologiste dont les recherches actuelles portent sur le système alimentaire mondial. Ses livres les plus vendus incluent Feral : Rewilding the land, sea, and human life, Heat : How to stop the planet burning, et Out of the Wreckage : a new politics for an age of crisis. George a reçu le prix Orwell de journalisme en 2022. La même année, il est devenu membre honoraire du Wolfson College d’Oxford. Le dernier livre de George, Regenesis : Nourrir le monde sans dévorer la planète (présélectionné pour le prix James Cropper Wainwright pour l’écriture sur la conservation) s’appuie sur des avancées étonnantes en matière de sol et d’écologie pour explorer des moyens novateurs de cultiver plus de nourriture avec moins d’agriculture.
@AP et les universités élaborent des politiques de gestion. Tant que la plupart des terres du monde, y compris de vastes parcs nationaux plus grands que le Royaume-Uni, libèrent de l’eau et du carbone à cause de la désertification, des sécheresses, des inondations et du changement climatique, quoi qu’il arrive do. Avec un groupe de réflexion d’Oxford ayant publié un rapport disant que le changement climatique anéantira globalement toutes les économies et entreprises des villes et que des milliards de personnes mourront dans la violence, c’est pourquoi j’ai dit : « Pour raccourcir ce débat, supposons : Les sols du monde ne peuvent séquestrer aucun carbone. Les bovins dégagent 20 fois plus de méthane qu’eux do. Chaque humain devient végétalien ». J’ai concédé au départ tout le raisonnement de Monbiot afin que nous puissions centrer le débat sur la façon dont les politiques sont élaborées qui causent le changement climatique (il n’y a pas d’autre cause connue). Et j’ai ensuite déclaré ce que je soutiens (la base même du débat) qui était : –Que nous devons aborder la manière dont la politique est élaborée en dictant la gestion à grande échelle. –Et quand nous ferons cela, il faudra des millions de bovins, de moutons, de chèvres, de chameaux supplémentaires, même s’ils ne sont mangés que par des vautours. J’ai alors demandé à Monbiot de nous dire maintenant comment lui (ou n’importe quel scientifique) inverserait la désertification mondiale en utilisant la technologie ? Tout l’avenir de l’humanité dépend de cette question et je suis prêt à en débattre avec n’importe quel scientifique dans le monde pour sauver des milliards de vies et offrir de l’espoir aux jeunes. Le reste appartient à l’histoire comme tout le monde l’a vu – Monbiot a passé tout son temps à discuter de carbone, de méthane et d’articles non pertinents rédigés par des auteurs qui n’ont jamais mentionné l’oxydation ni aucun aspect du travail de ma vie en les qualifiant de « peer review » alors qu’aucun de mes pairs ne l’avait fait. Voici l’oxydation (plusieurs années de dégradation chimique lente) qui tue l’herbe et la vie du sol dans la forêt commémorative Aldo Leopold sur le fleuve Rio Grande aux États-Unis – et juste les zones de désertification de l’Afrique plus de cent fois la taille du Royaume-Uni (qui est de la même taille que la petite île désertique au large des côtes africaines. Nous devons commencer à prendre au sérieux le changement climatique.
La séparation à la source des urines est un paradigme prometteur pour la transition énergétique et écologique ainsi que le développement d’un métabolisme urbain durable. Aujourd’hui, le recyclage des nutriments des eaux usées est faible, seulement 4 % de l’azote et 41 % du phosphore présents dans les eaux usées de la région parisienne sont actuellement recyclés alors que la consommation en engrais azotés francilienne pourrait être couverte par les excrétions de l’agglomération parisienne. Cette valorisation est notamment possible via les urines, qui comportent la majeure partie de ces nutriments (75 % de la charge en azote des eaux usées domestiques) et qui de plus, sont peu chargées en polluants.
Passer d’une pollution gaspillante à une solution durable concernant l’eau et le sol …
La cuticule (du latin cuticula « petite peau ») est la couche externe continue cireuse produite par l’épiderme des organes aériens des plantes terrestres
C’ est une couche protectrice qui recouvre les organes aériens des plantes vasculaires.
Sa fonction principale est d’être une barrière physique étanche qui empêche les pertes en eau massives, permettant ainsi aux stomates d’effectuer un contrôle dynamique des échanges gazeux et de la transpiration végétale
Grâce à ses propriétés hydrophobes, la cuticule offre à la feuille une protection contre la dessiccation et les contraintes environnementales externes. Ainsi armés d’une peau protectrice et de toute une gamme de stratégies d’adaptation pour l’acquisition et la conservation de l’eau, les plantes terrestres se sont développées dans de nombreux environnements desséchants.
Les adjuvants contenus dans les biocides ont entre autres pour rôle d’annuler ponctuellement cette protection afin de permettre la pénétration de principes actifs,
Découvrez dans cette vidéo un diagnostic rapide de réservoir climatique. Cette notion renvoie à la capacité du sol à contenir l’eau qui est nécessaire à la fabrication des nuages et du climat humide et tempéré. La parcelle reçoit une culture d’haricots verts. La machine qui les ramasses fait 25 Tonnes et 3 mètres de large. Les outils utilisés pour le diagnostic sont un compactomètre (aiguille muni d’un jauge de pression) et un gouge de prélèvement. #rechauffementclimatique
Quelle est la fonction de l’électricité dans une plante , dans les végétaux ….??
Est-ce que les végétaux ne sont pas aussi des transformateurs, de véritables capteurs d’énergie solaire , au même titre que les panneaux solaires….
N’a t-on pas négligé l’influence de l’électricité issue de l’énergie solaire dans la vie terrestre, concernant aussi bien les végétaux, les animaux,les poissons, les insectes, en allant jusqu’au microbes du sol …..toute les surfaces qui captent de l’énergie solaire sont-elles concernées par cette électricité ….
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols destiné aux agriculteurs et aux agronomes Antoine DELAUNOIS avec la collaboration d’Yves FERRIE, Marcel BOUCHE, Carole COLIN et Cécile RIONDE Chambre d’agriculture du Tarn et INRA de Montpellier Avec le concours financier de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, et du CasDAR 2013 96 rue des agriculteurs – BP 89 – 81003 ALBI Cedex – Tél : 05 63 48 83 83 – Fax : 05 63 48 83 09 – e-mail : accueil@tarn.chambagri.frTable des matières
Méthodologie et caractérisation générale du milieu naturel………………………………….5 2.1. Comment observer les sols ?……………………………………………………………………………5 2.2. Comment réaliser une fosse pour observer le sol ?……………………………………………..7 2.3. La fiche de description du sol……………………………………………………………………………8 2.4. Les régions pédologiques du Tarn…………………………………………………………………….9
Description de certains éléments du sol et synthèses…………………………………………11 3.1. L’estimation des rapports de surface………………………………………………………………..11 3.2. Les états de surface………………………………………………………………………………………12 3.2.1. Les éléments grossiers (EG) (diamètre > 2 mm)…………………………………………12 3.2.2. Couverture du sol par les plantes ou par les résidus végétaux……………………..12 3.2.3. La battance…………………………………………………………………………………………….12 3.2.4. La porosité en surface (sur la surface avec battance)…………………………………13 3.2.5. L’érosion hydrique…………………………………………………………………………………..13 3.2.6. L’action des vers de terre…………………………………………………………………………14 3.2.7. La profondeur des ornières et la portance des sols……………………………………..15 3.2.8. Les mousses et les algues……………………………………………………………………….15 3.2.9. Autres observations…………………………………………………………………………………15 3.3. La texture……………………………………………………………………………………………………..17 3.4. Le calcaire dans le sol (CaCO3)……………………………………………………………………..17 3.5. La couleur du sol…………………………………………………………………………………………..18 3.6. L’hydromorphie……………………………………………………………………………………………..19 3.7. L’état d’humidité…………………………………………………………………………………………….19 3.8. Le test du couteau pour estimer la compacité…………………………………………………..20 3.9. La structure…………………………………………………………………………………………………..21 3.9.1. Le type de structure………………………………………………………………………………..21 3.9.2. La taille de la structure…………………………………………………………………………….23 3.9.3. Le fonctionnement vertical du sol est à favoriser…………………………………………24 3.10. Les galeries………………………………………………………………………………………………..25 3.10.1. Le diamètre maximal des galeries de vers de terre ou des racines……………..25 3.10.2. La densité des galeries………………………………………………………………………….26 3.10.2.1. Densité des grosses galeries de vers de terre (diamètre de 5 à 13 mm). 26 3.10.2.2. Densité des petites galeries (diamètre de 0,2 à 1 mm)………………………..26 3.11. Les racines………………………………………………………………………………………………….27 3.11.1. La forme des racines……………………………………………………………………………..27 3.11.2. La densité des racines…………………………………………………………………………..29 3.12. La limite entre les horizons, notamment entre l’horizon A de surface et l’horizon sous jacent………………………………………………………………………………………………………….29 3.13. vitesse de dégradation des résidus de récolte…………………………………………………29 3.14. Les conclusions sur le sol…………………………………………………………………………….30
Annexes…………………………………………………………………………………………………………….31 Tableau des analyses de terre de l’exploitation…………………………………………….32 Comment faire des analyses de terre………………………………………………………….33 Fiche de renseignements d’un échantillon pour analyse de terre……………………35 Valeurs indicatives pour l’interprétation des analyses de terre……………………….35 Autres remarques sur les analyses de terre…………………………………………………37 Bibliographie et quelques documents utiles Lexique Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
2 -Le matériel nécessaire pour faire un profil ➢ ➢ ➢ ➢ une bêche, avec un long fer si possible, un couteau pointu à lame épaisse (solidité), un mètre, une pissette d’acide chlorhydrique (acide concentré du commerce à 30 %, … qui sera dilué au 1/3). Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
3 -1. Introduction Un sol en « bonne santé » permet de faire des économies d’intrants (travail du sol [fuel, matériel, temps de travail], engrais, phytosanitaires, irrigation, drainage, …). Il permet d’obtenir de belles récoltes en quantité et en qualité. Un sol qui fonctionne bien c’est un sol qui a une bonne activité biologique, avec un comportement favorable à notre environnement (diminution de l’érosion, du ruissellement et des inondations ; qualité des eaux ; dégradation des phytosanitaires ; épuration des déchets et rétentions des nitrates et engrais, …). Le sol est essentiel pour le bon fonctionnement agronomique des écosystèmes. Il est un des piliers de l’agriculture durable. Ce guide vous apporte quelques indicateurs pour mieux connaître vos sols et ainsi mieux les gérer. Il se base principalement sur des observations ou des mesures réalisées sur le Tarn. Il peut s’utiliser dans d’autres régions, moyennant parfois des adaptations. Photo 1 – Ouverture rapide d’une petite fosse pédologique de 50 cm de profondeur avec une bêche. Profil de sol avec des agriculteurs du Ségala ML. Cazenave – 2006 Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
4 -2. Méthodologie et caractérisation générale du milieu naturel Les agriculteurs font de nombreuses observations sur le sol. Le but du document est d’aller plus loin dans l’observation. 2.1. Comment observer les sols ? Le sol est un milieu complexe, qui a de multiples fonctions et qui peut être observé de multiples façons, en fonction des objectifs qu’on lui donne. L’agriculteur, l’agronome peuvent utiliser divers outils, dont nous listons certains ci-après. L’observation du sol se mène comme une enquête policière : l’observateur recherche le maximum d’indices pour tenter de répondre à la question qu’il se pose. Plus les indices sont concordants, plus la réponse est précise. La recherche se fait sur le terrain, avec l’agriculteur, en laboratoire et avec l’aide de la bibliographie. Voici ci-dessous quelques exemples de questions à se poser. L’ordre des questions n’est pas figé car elles sont interdépendantes. Quelle est l’histoire du sol, sa pédogenèse ? La pédogénèse explique les divers processus de formation des sols. Les sols se forment en fonction du climat, de la roche-mère, de la topographie, des organismes vivants (dont l’homme) et du temps. Il est donc essentiel d’essayer de préciser ces divers facteurs : ✗ Le climat : il y a 2 climats très différents dans le Tarn. Les Monts de Lacaune ont un climat montagnard, humide et froid, avec une tendance à la podzolisation. Le bassin Aquitain a un climat atlantique sub- méditerranéen : les sols ont tendance à se brunifier et à se lessiver. ✗ La roche-mère : observer les éléments grossiers (cailloux), les affleurements environnants, la roche apparaissant en profondeur, la carte géologique et la carte des sols, les murs des vieilles maisons (qui sont souvent bâties avec les roches dures locales). ✗ La topographie : situer le sol dans le paysage, crête, bas de pente, versant, vallée, plateau, … préciser la pente (%). ✗ La végétation : prairie, rotation des cultures, forêt. ✗ L’histoire ancienne depuis plus de 1 000 ans : les labours, l’érosion aratoire, la profondeur du plus vieux labour (couleur), les colluvionnements anthropiques (qui sont confirmés par la présence de morceaux de briques à 50 ou 100 cm de profondeur), …. ✗ L’histoire culturale récente : le dernier labour, le travail du sol, la culture, le précédent. Quelles sont les caractéristiques du sol et de son fonctionnement ? Elles sont décrites pour chaque couche homogène (dénommée horizon) du profil du sol. Les principales sont : ✗ La texture : sable, limon, argile. ✗ Les éléments grossiers (supérieurs à 2 mm) : pourcentage de ces éléments, type de roche, dimensions (cm), formes (angulaire ou arrondie). ✗ Le calcaire total et actif : test à l’acide chlorhydrique. ✗ L’hydromorphie : les signes de l’excès d’eau s’observent par des taches d’oxydation rouille et de réduction gris-verdâtre, par des concrétions noires ferro-manganiques. L’hydromorphie est-elle actuelle ou ancienne ? ✗ La profondeur du sol : suivant l’enracinement, la compacité ou la porosité. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
5 -✗ La structure : c’est l’architecture du sol. Elle dépend surtout du fonctionnement du sol. Elle peut-être grumeleuse, polyédrique angulaire ou subangulaire, lamellaire, massive. ✗ La compacité : estimation de la résistance à la pénétration dans le sol d’une racine ou d’un couteau par exemple. ✗ La porosité : ce sont les volumes de vide dans le sol : galeries de vers de terre, galeries racinaires et autres pores. ✗ La faune du sol : vers de terre, carabes, millepattes, …. ✗ L’enracinement. : profondeur, densité, accidents (racines velues sur sol creux, …). ✗ La matière organique : couleur plus ou moins foncée du sol, vitesse de décomposition des résidus de récolte (3 mois ou 2 ans par exemple), mode d’enfouissement par le labour. ✗ Les limites entre les couches de sol (horizons) Les limites diffuses sont favorables. Les limites nettes sont défavorables (semelles, fond de labour, …), car elles freinent les échanges verticaux. Les états de surface sont aussi décrits : ornières (abondance %, profondeur), croûtes de battance (abondance %, épaisseur [mm], présence de couches sédimentaires, porosité de la croûte), porosité en surface (nombre de pores par unité de surface), turricules de vers, résidus de récolte en surface (dimension et abondance %). Les signes d’érosion hydrique : griffes, rigoles, ravines, atterrissements, dépôts (dimensions et abondance en % de la surface). Quelles sont les conséquences agronomiques ? ✗ ✗ ✗ ✗ ✗ L’évaluation du travail du sol. Le fonctionnement biologique du sol. L’intérêt du chaulage. Le calcul de la réserve en eau utile. L’intérêt d’un drainage existant ou éventuel. Quelles sont les analyses ou observations complémentaires à effectuer ? Les analyses de laboratoires permettent de préciser et de compléter de nombreux points. Le choix des analyses se diversifie pour les agriculteurs : analyses classiques physico-chimiques, analyses Herody, biomasse microbienne, analyses de plantes, …. Les plantes « bio-indicatrice » et le comportement des cultures peuvent donner de très nombreuses informations sur le fonctionnement du sol. Quelles sont les conclusions des observations réalisées ? Après une description de sol, il est nécessaire d’écrire en quelques lignes les informations principales que vous en tirez : décrire le sol en une ligne ou deux, préciser les principaux atouts et contraintes observés. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
6 -2.2. Comment réaliser une fosse pour observer le sol ? Le sol s’observe en décrivant son profil, à l’aide d’un sondage à la tarière ou en creusant une fosse. La fosse est un complément très utile au sondage à la tarière. Elle permet d’observer de plus nombreuses caractéristiques du sol : structure, enracinement, activité biologique, éléments grossiers, porosité, roche-mère, circulation de l’eau, …
Choisir une zone homogène de sol.
Choisir un emplacement non perturbé par l’homme : ✗ s’écarter de 20 à 50 mètres au moins des bords de la parcelle pour éviter les tournières. ✗ s’écarter d’anciens chemins, d’anciennes haies ou talus, d’anciennes rigoles ou dérayures comblées, des bords de ruisseaux (dépôts de terre lors des curages), … ✗ situer le profil de sol par rapport aux passages du tracteur… : par exemple profil sur « une trace de 5. Placer la face d’observation : ✗ face au soleil pour bénéficier d’un bon éclairage, roue au semis » ou « hors trace de roue connue ». ✗ perpendiculaire au sens du travail du sol (pour un profil cultural) ou perpendiculaire au semis (pour
Pour observer l’enracinement sous les arbres, observer l’enracinement), placer la fosse à environ un mètre des arbres adultes (un peu plus près dans les jeunes ✗ parallèle à la pente sur les versants. plantations).
Les dimensions de la fosse varient suivant l’objectif et suivant les moyens disponibles (manuels ou mécaniques, temps disponible). Elles seront en général de : ✗ longueur : 150 cm, ✗ largeur : 75 cm, ✗ profondeur : − 60-80 cm pour un profil cultural (observation du travail de sol), − jusque dans la roche-mère pour un profil pédologique (50 cm, 100 cm, ou plus). Un petit profil rapide à la bêche (P = 50 cm, L = 40 cm, l = 40 cm) permet de faire déjà beaucoup d’observations. Une fosse n’ayant pas atteint la roche sous- jascente peut être complétée par un sondage à la tarière. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
Pour éviter de tasser le sol : ✗ mettre la terre d’un seul côté, ✗ ne piétiner que la face d’accès.
Ne pas mélanger la terre arable (riche en matière organique) et celle du sous-sol, pour ne pas trop perturber le sol en le rebouchant.
7 -2.3. La fiche de description du sol Date Description agronomique d’un sol N° Commune : ………………………………………………. Nom de la parcelle : …………………………………….. Nom de l’exploitant : ……………………………………………………… Observateur(s) : ……………………………………………………………. Réunion pédologique: …………………………………………………….. Géologie : ………………………………………………… Relief : ………………………………………………………………………………………………………….. Pente (%) : …………………. – – Occupation du sol (culture et précédents) : – – – – – – État de surface (à deux ou trois mètres autour de la fosse) : Description du profil : profondeur (cm), horizon pédologique, texture, éléments grossiers (%, nature), réaction HCl, couleur, hydromorphie, taches et concrétions, humidité, compacité, structure type et taille, galeries dimensions et densités, racines densité et accidents, roche- mère, limite entre les horizons, limite de l’observation, divers. Culture en place et stade végétatif : ………………………………………………………………………………… Itinéraires culturaux des années précédentes : …………………………………………………………………. 200… ………………………………………………………………………………………………………………………………. 200… ………………………………………………………………………………………………………………………………. 200… ………………………………………………………………………………………………………………………. Éléments grossiers en surface : ……….. % nature : ………………………… ; dimensions (cm) : ……. Résidus de récolte : ……………….. % nature : …………………………………………………………………. Croûte de battance : ……………………………………………………………………………………………………… Porosité en surface : ……………………………………………………………………………………………………… Érosion hydrique : ……………………………………………………………………………………………………….. Turricules (nombre, dimension) : …………………………………………………………………………………….. – Autres observations (mousses, mouillères, ressuyage, ornières, adventices, …) …………………… 0 10 20 30 40 50 60 70 80 cm Le sol (synthèse et conclusions) : Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
8 -2.4. Les régions pédologiques du Tarn Le Piemont, type Ségala – La Grésigne
Massif central : UCS 27, 34, 35, 36.
–
Sols bruns acides à bruns lessivés. Sols souvent limoneux, acides , parfois hydromorphes, plus ou moins caillouteux et plus ou moins profonds. Sols semblables mais rouges, sur les schistes et grès du Permien de la Grésigne – Les « Rougiers ». Le Quercy
Massif central : UCS 29, 30, 31.
– Sols calcaires. Sols argilo-calcaires sur les molasses et sols superficiels sur calcaires durs sur les causses Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
9 -Les plaines : alluvions des grandes vallées (basses plaines et terrasses) Bassin Aquitain : UCS 1, 3, 9, 10, 11, 12, 25 Sols souvent limoneux, acides, lessivés, hydromorphes, moyennement profonds, très secs en été et très humides en hiver : « les boulbènes ».
Sols parfois caillouteux (graves).
– Sols bruns parfois, peu ou pas lessivés et peu hydromorphes, rarement calcaires, sur la Basse Plaine.
Les coteaux argileux
Bassin Aquitain : UCS 8, 13, 15, 16
– Sols argilo-calcaires dominants : « les terreforts calcaires ». Sols argileux, calcaires, parfois calciques, moyennement profonds (80 cm), parfois profonds (colluvions, alluvions), parfois superficiels (ronds blancs,…) Les coteaux hétérogènes
Bassin Aquitain : UCS 6, 12, 20, 21, 22
– Sols très hétérogènes , le plus souvent argileux, acides, parfois calcaires, souvent hydromorphes, plus ou moins caillouteux, battants. « Boulbènes de coteaux », …. Les plateaux calcaires
Bassin Aquitain : UCS 16, 24
– Sols calcaires caillouteux Sols souvent superficiels sur calcaires tendres (rendzines), parfois profonds (colluvion). La Montagne
Massif Central : UCS 25, 38, 39, 40
– Sols bruns acides à sols podzoliques (tendance à la podzolisation). Sols limoneux, acides, plus ou moins caillouteux, à teneur élevée en matières organiques souvent peu actives biologiquement, suite au froid (altitude) et à l’acidité. Extrait simplifié de la carte des grands ensembles morphopédologiques de Midi-Pyrénées, CRAMP, 1995-1/500 000 ème . Les UCS indiqués sur ce document sont les Unités Cartographiques de Sol de la carte de 1995 . Voir les sites internet www.tarn.chambagri.fr ou www.midipyrenees.chambagri.fr Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
10 -3. Description de certains éléments du sol et synthèses 3.1. L’estimation des rapports de surface Ces schémas de référence servent à estimer le volume d’éléments grossiers (particules minérales supérieures à 2 mm de diamètre). Ils sont aussi utiles pour quantifier la croûte de battance (§3.2), les résidus végétaux en surface, ou les taches d’hydromorphie (§3.6). ORSTOM, Paris, 1969, documentations techniques N°13. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
11 -3.2. Les états de surface De très nombreuses observations peuvent être faites à la surface du sol. Ces observations sont très intéressantes. Elles sont souvent faciles à réaliser. Et elles fournissent de nombreuses indications relatives aux échanges vitaux sol/air ou à l’activité biologique des sols. Ces observations se font à 2 ou 3 mètres autour du profil. En voici quelques unes. 3.2.1. Les éléments grossiers (EG) (diamètre > 2 mm) Pourcentage d’éléments grossiers en surface (voir § 3.1) Signification agronomique Classe de fertilité 0 à 2 % Sans éléments grossiers (EG) Pas de contrainte TE 2 à 5 % Très peu d’éléments grossiers (EG) Très peu de contraintes TE 5 à 15 % Peu d’éléments grossiers (EG) Peu de contraintes E 15 à 30 % Caillouteux f 30 à 50 % Très caillouteux Contraintes de réserve en eau, de travail du sol, de semis. Sols de très bonne qualité pour certaines cultures (vigne de qualité)
50 % Très très caillouteux tf ttf Les éléments grossiers favorisent la portance du sol, l’aération du sol, les capacités d’infiltration. Il s ont un effet défavorable sur la fertilité agronomique en réduisant la réserve en eau du sol, en usant les outils de travail du sol, en favorisant le lessivage des éléments nutritifs (Ca, Mg, K, N, S), …. 3.2.2. Couverture du sol par les plantes ou par les résidus végétaux Surface couverte par les plantes et les résidus végétaux 100,00% Signification sur la fertilité agronomique Le sol est très bien protégé Très très favorable TTE 80 à 100 % Le sol est bien protégé Très favorable TE 50 à 80 % Le sol est assez bien protégé Favorable E 10 à 50 % Le sol est modérément protégé Moyen Mf < 10 % Le sol est peu protégé Peu faborable f 0,00% Le sol n’est pas protégé Défavorable tf 3.2.3. La battance La battance est à interpréter suivant la pluviométrie survenue depuis le dernier travail du sol. On peut aussi distinguer la croûte structurale (une seule couche reprise en masse) et la croûte sédimentaire (plusieurs lits visibles causés par des dépôts successifs, suite à l’érosion hydrique). Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
12 -La croûte de battance Signification sur la fertilité agronomique Absence de croûte : moins de 10-30 % de la surface avec Très bien – Non battant une fine croûte structurale (épaisseur < 1 mm) – 70 à 100 % de la surface avec une structure grumeleuse, sans battance. TE Fine croûte structurale (épaisseur < 1 mm) sur 30 à 70 % de Élevé – Peu battant la surface E Fine croûte structurale (épaisseur < 1 mm) sur plus de 90 % Moyenne – Un peu battant de la surface M Croûte structurale épaisse (2 à 5 mm) sur plus de 90 % de Faible – Battant la surface f Croûte structurale très épaisse (5-10 mm) sur toute la Très faible – Très battant surface tf Croûte sédimentaire sur 10 à 50 % de la surface Très faible – Très battant tf Croûte sédimentaire sur toute la surface Très très faible – très battant ttf 3.2.4. La porosité en surface (sur la surface avec battance) (Hors surface fraîchement travaillée, ou surface couverte de structure grumeleuse) Elle s’interprète en fonction de la pluviométrie survenue depuis le dernier travail du sol. Ne compter que les pores arrondis d’origine biologique : hors fissures de sécheresse, hors fissuration par le travail du sol, hors fissuration par le gel. Nbre de pores par cm² Nombre de pores (de Ø > 1 mm) pour 100cm² Nombre de pores équivalents pour 1 m² 1 à 25 100 – 250 10 000 à 25 000 Excellent TTE 0,5 50 5 000 Très élevée TE
6 à 20 600 à 2 000 Elevée E
2 à 5 200 à 500 Moyen à faible M à f
1 100 faible f
0 0 très faible tf Signification sur la fertilité agronomique A partir de 3 à 10 pores par cm² environ, la surface peut être considérée comme non battante. Elle est alors souvent couverte d’une structure grumeleuse. 3.2.5. L’érosion hydrique Historique de l’érosion hydrique : l’absence d’érosion hydrique est le signe de la bonne santé (biologique) du sol en surface. Elle est très liée à la battance L’érosion hydrique varie suivant les sols (et leur « bonne santé »), mais aussi en fonction de la pente, des cultures pratiquées, des orages, …. Elle s’observe lors de la description du sol et sur une longue période (historique) Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
13 -Description de l’érosion hydrique diffuse et linéaire Signification sur la fertilité agronomique Absence de ruissellement Excellent TTE Ruissellement d’eau claire uniquement Très favorable TE Ruissellement d’eau trouble : érosion diffuse Favorable, à améliorer E Présence de quelques griffes (profondeur P < 5 cm), parfois, Favorable, à améliorer pas chaque année. E:/ M Présence de griffes (profondeur P < 5 cm), régulièrement (tous Érosion faible à moyenne les 2 à 4 ans) M / f Présence de rigoles peu profondes (P = 5-10 cm), Érosion moyenne régulièrement (tous les 2 à 4 ans) Modifier les pratiques culturales f Présence de rigoles profondes (P = 10-30 cm), régulièrement Érosion forte importante. Il est très important (tous les 2 à 4 ans) de modifier les pratiques culturales tf Présence de ravines (P > 30 cm) ttf 3.2.6. Érosion grave L’action des vers de terre Les vers de terre ont de nombreux effets sur les états de surface. Ils créent de la porosité de surface par leurs galeries qui débouchent jusqu’à la surface du sol. Ils produisent des turricules par leurs déjections en surface. Ils construisent une structure grumeleuse en surface grâce à leurs déjections. Ils fissurent le sol lorsqu’ils circulent juste sous la surface du sol. Ils fabriquent des resserres au dessus de leurs galeries. Toutes ces manifestations peuvent être quantifiées. Elles témoignent de l’importance de l’activité lombricienne (masse de vers de terre, taille des vers de terre). Ce sont de très bons indicateurs de l’activité biologique du sol. Les resserres sont des petits monticules de débris végétaux de 1 à 5 cm de hauteur environ, que les vers de terre rassemblent à la surface du sol au-dessus de leurs galeries, pendant la nuit. Les résidus végétaux leur servent de nourriture qu’ils enfouissent ainsi progressivement dans le sol. Importance des turricules de vers de terre Signification sur la fertilité agronomique 50 à 100 % de la surface recouverte de turricules et de structures Activité lombricienne très élevée grumeleuses TE 10 turricules par m² Activité élevée E 1 turricule par m² Activité moyenne M 1 turricule pour 10 m² Activité faible f Aucun turricule observé Activité très faible tf L’activité lombricienne (des vers de terre), et notamment la fabrication des turricules, varie en fonction de la qualité biologique du sol, en fonction du tassement et en fonction des saisons. Les vers de terre ne sont pas actifs par temps froid ou sur sols sec. Si le sol présente des cavités (labour creux par exemple), une partie des turricules se feront dans les cavités du sol, et non pas seulement à la surface du sol. Hauteur des turricules et taille des déjections Signification sur la fertilité agronomique 5 cm, grands turricules Activité de gros vers de terre. Présence de gros agrégats (ou déjections) de 5 à 10 mm de diamètre. 3 cm, turricules moyens Activité de vers de terre moyens à gros 1 cm, turricules petits Activité de vers de terre petits à moyens. Présence de petits agrégats (ou déjections) de 1 à 3 mm de diamètre Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 E – Elevé M – Moyenne f – faible
14 -3.2.7. La profondeur des ornières et la portance des sols La profondeur des ornières (laissées par le passage du tracteur) Signification agronomique 0 – 1 cm Très bien Sol très portant – Situation très favorable TE 1 – 3 cm Normal Sol portant – Situation favorable E 3 – 5 cm Faible Sol moyennement portant suite au travail du sol ou à l’humidité du sol – Situation moyenne M 5 – 10 cm Moyenne 10 – 20 cm Elevée 20 – 40 cm Très élevée Situation défavorable à très défavorable Intervenir sur un sol ressuyé Drainage souvent utile M f tf Le passage des tracteurs et des engins a souvent des effets défavorables sur les sols. La profondeur des ornières varie selon la capacité du sol à porter des engins (portance) et selon le poids des engins. La portance varie en fonction de l’humidité du sol et de la solidité de la structure du sol. Les ornières sont un indicateur du compactage réalisé. Le non- labour et le semis direct augmentent la portance des sols. Les mouillères, les sols plus hydromorphes de la parcelle ont des ornières plus profondes. 3.2.8. Les mousses et les algues Des mousses et algues abondantes présentes à la surface du sol ne sont pas un signe favorable pour la fertilité du sol : risques de battance, d’excès d’eau en surface, de minéralisation du sol, d’activité biologique faible ou ralentie (d’excès d’azote ?), (d’excès d’acidité ?). La mousse indique la pauvreté (Bouché M.). Les algues indiquent l’absence d’activité biologique (les lombriciens mangent activement celles-ci… et elles ne s’observent alors pas, quoique présentes mais broutées (Bouché M.)). 3.2.9. Autres observations D’autres observations de surface sont possibles comme par exemple : l’importance des mouillères, la vitesse de ressuyage des sols, la présence d’algues ou de mousses en surface, la profondeur des ornières, les plantes bioindicatrices (cf. Ducerf dans la bibliographie). Photo 2. : Sol très battant sans pore en surface ni turricule Érosion diffuse. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 Photo 3 : Un turricule de quelques centimètres de haut.
15 -Photo 4. : Les vers de terre se promènent sous la croûte de battance et ainsi la fissure (maïs, juin 2010) Photo 5 : Absence de battance 100 % de structure grumeleuse en surface grâce aux turricules de vers de terre Photo M.J. : Blazian 2007 parcelle en semis direct pour le maïs Photo 6. : Turricule blanchâtre dans les boulbènes : les vers de terre remontent en surface de la terre blanchâtre du sous-sol (mars 2012) Photo 7 : Resserres constituées de débris de cannes de tournesol accumulés par de gros vers anéciques (avril 2009) Photo 8. : Mousse très abondante sur un chaume de blé Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
16 -3.3. La texture La texture, c’est la caractérisation de la dimension des particules minérales du sol. On distingue : − Les éléments grossiers (diamètre des particules > 2 mm) : cailloux, pierres, … (cf. § 3.1 pour les estimer). − La terre fine ( diamètre < 2 mm) : sable, limon, argile. Pour donner le nom de la classe texturale de la terre fine, on parle par exemple de sols argileux, limono- argileux, argilo-caillouteux, limoneux, limono-sableux ou limono-sablo-argileux. Le premier nom correspond à la classe texturale dominante : un sol limono-argileux contient plus de limons que d’argiles. Evaluation empirique (au doigté) lorsque le sol est plastique (humide à frais) : Les sables (> 0,050 mm, > 50 µm) − A l’état humide (humecter la terre), le toucher est rugueux grossier (pour les sables grossiers) ou fin (pour les sables fins). − Aucune rugosité entre les doigts : moins de 15 % (?) de sable. − Forte rugosité, grains de sable visibles à l’oeil nu, effritement rapide de l’échantillon entre les doigts : plus de 50 % (?) de sable. Les limons (entre 2 et 50 µm) − Toucher doux, soyeux, comme du talc. Les argiles (inférieures à 2 µm [0,002 mm]) − Toucher collant. − Plus de 17-20 % (?) d’argile : il est possible de faire un boudin. − Plus de 30 % (?) d’argile : il est possible de faire un anneau avec le boudin. La terre colle fortement aux doigts. Le sol forme une plaquette, souvent brillante, à la surface de l’un des doigts sur lequel il colle. 3.4. Le calcaire dans le sol (CaCO 3 ) Test de terrain avec HCl : acide chlorhydrique du commerce à 30% environ (acide concentré), et dilué au 1/3. A l’aide d’une pissette, déposer des gouttes d’acide dilué sur une motte de terre, et observer la réaction (dégagement du gaz CO 2 en bulles). Code Intensité 0 0,5 Nulle Test HCl Aucune réaction Signification agronomique Pas de calcaire dans le sol. Sol acide. pH eau < 7 (de 4 à 6,5 environ). Chaulage souvent obligatoire. Très faible Réaction très faible, décelable à l’oreille ou avec Très peu de calcaire total (< 2 % ?). quelques bulles localisées. Sol neutre. pH autour de 7 à 7,5. 1 Faible Une à deux couches de petites bulles. Réaction faible. Un peu de calcaire total (2 à 10 % ?). Sol peu calcaire. pH eau autour de 7,5 / 8. 2 Moyen Plusieurs couches de bulles. Réaction moyenne. Sol modérément calcaire (10 à 25 % de CaCo 3 total ?). 3 Forte Nombreuses couches de bulles, en général salies Sol très calcaire (25 à 55 % de CaCO 3 total ?). par des éléments de terre fine. pH eau de 8,3 à 8,5. Réaction vive. Présence importante de calcaire actif. Risques de chlorose (manque de fer assimilable). 4 Très forte Nombreuses couches de bulles Réaction violente, très vive. Parfois de très grosses bulles. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 Sol très calcaire (> 55 % de CaCO 3 total ?). pH eau de 8,3 à 8,5. Présence très importante de calcaire actif. Risques de chlorose élevés.
17 -3.5. La couleur du sol La couleur plus foncée est généralement due à la matière organique. Elle nous renseigne par exemple sur le plus profond labour fait il y a 20 ou 30 ans. Une limite diffuse entre l’ancien labour et le sous-sol indique souvent une bonne activité des vers de terre qui diffusent la matière organique en profondeur par leurs nombreux turricules dans le sol. La surface des agrégats peut être de couleur plus foncée que la masse du sol suite à une diffusion en profondeur des matières organiques. Des revêtements organiques recouvrent alors les éléments structuraux du sol. Les couleurs plus blanches sont souvent associées au calcaire. Le brun correspond à la brunification des sols qui est la pédogenèse commune sous nos climats tempérés (formation d’hydroxyde de fer). La couleur rouge est due à l’oxydation du fer. Dans le Tarn, elle est héritée de sols anciens formés au Tertiaire sous climat plus chaud (tropical). Elle peut aussi être héritée de la roche-mère comme dans le cas des « rougiers » de la Grésigne. Photo 9 – La couleur hétérogène de ces sols indique ici, qu’ils ont subi une forte érosion : la couleur de la roche-mère se devine en observant la surface des sols. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
18 -3.6. L’hydromorphie Ce sont les marques de l’excès d’eau temporaire ou permanent dans les sols. Il faut décrire la densité des traces d’hydromorphie, leur profondeur d’apparition et éventuellement leur intensité. − − − − Décrire les taches de rouille (fer ferrique oxydé fe+++) Décrire les taches plus floues de décoloration (taches grises / verdâtres suite à la disparition du fer ou à la présence de fer ferreux réduit fe++) Les taches d’oxydo-réductions correspondent à une juxtaposition de taches rouilles et de taches grises verdâtres décolorées. Prendre en compte les concrétions noires ferromanganiques. Description de l’hydromorphie Signification agronomique Absence de taches rouilles ou grises ou Très bon drainage naturel des sols. de concrétions noires ferromanganiques sur l’ensemble du profil. TE Taches d’oxydo-réduction de densité Sol frais en profondeur. moyenne (10 à 30 %) de la surface) en Peu ou pas de contraintes agronomiques. profondeur (à plus de 80 cm) E Taches d’oxydo-réduction de densité Sol modérément hydromorphe. faible (< 10 % de la surface) apparaissant Contraintes agronomiques modérées, ressuyage plus lent, léger en dessous de 40 cm de profondeur. excès d’eau pour certaines cultures (ail, …). Drainage utile pour certaines cultures M Quelques taches de rouille (< 5-10 %) Sol modérément hydromorphe. dans les horizons de surface (0 – 40 cm). Drainage nécessaire si cultures exigeantes. Aptitudes culturales plus faibles si les cultures sont très sensibles à l’hydromorphie (ail, …). f Taches d’oxydo-réduction d’intensité Sol hydromorphe. moyenne (10-30 %) dans les horizons de Drainage souvent utile. surface (0-40 cm). f Plus de 30 % de taches d’oxydo-réduction Sol très hydromorphe. dans les horizons de surface (0-40 cm). Drainage très utile ou nécessaire pour la plupart des cultures. tf Couleur grise ou gris-bleu-vert continue Présence d’une nappe d’eau permanente dans cet horizon, d’un horizon. même en été (nappe alluviale par exemple). ttf 3.7. L’état d’humidité C’est une appréciation portée à l’aide de sensations tactiles mais aussi à l’aide d’autres perceptions telles que le comportement mécanique : un échantillon plastique et malléable paraît humide ou plus, un échantillon friable ou fragile semble seulement « frais » ou sec, un sable « boulant » est sec. Description : Cinq modalités sont reconnues par le glossaire STIPA 1982 : − Sec : pas d’humidité décelable. − Frais. − Humide : échantillon malléable, humidité voisine de la capacité au champ (le sol est ressuyé) ; absence d’eau libre. − Très humide : début d’eau libre (eau suintante, brillante). − Noyé : présence d’eau libre, saturant tout ou partie de la porosité (eau gouttante et remplissant les pores). Les modalités «frais» et «très humide» sont des appréciations intermédiaires. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
19 -Intérêts : L’appréciation de l’humidité est indispensable si l’on veut interpréter la mesure de la compacité du sol. Des différences d’humidité entre les horizons sont le plus souvent un indicateur du drainage interne du sol. Par exemple, un fond de labour «très humide» et une semelle de labour «frais à sec» confirment un mauvais ressuyage du sol. 3.8. Le test du couteau pour estimer la compacité (Tester la compacité sur un sol frais, ni trop humide, ni trop sec (cf § 3.7)) Type de compacité Meuble Test du couteau Signification sur la fertilité agronomique Le couteau pénètre facilement. Risque de sol trop creux, mal rappuyé, avec des Le matériau n’est pas cohérent. racines velues qui adhèrent mal au sol. Peu compact Un léger effort est nécessaire Compacité faible, normale. pour enfoncer le couteau Bonne pénétration des racines jusqu’à la garde. Sol peu portant sauf s’il y a une bonne structuration biologique. Moyennement Un effort important est Bonne pénétration des racines si le sol est poreux. compact nécessaire pour enfoncer le Sol portant. couteau jusqu’à la garde. Compact M à TE TE M à TE Le couteau ne pénètre pas Sol trop compact complètement, même sous un Les racines vont pénétrer plus difficilement dans le effort important. sol (sauf si le sol est très poreux ?) L’eau percole plus lentement Risque d’hydromorphie f à tf Très compact Le couteau ne peut pénétrer Horizon très compact empêchant l’eau et les que de quelques millimètres racines de pénétrer : excès d’eau en hiver et dans le sol. sécheresse en été. ttf Remarque : il y a souvent confusion entre les adjectifs «massif» (relatif à la structure) et « compact ». Un horizon massif, qui présente donc une structure continue (pas d’agrégats), peut n’opposer qu’une faible résistance à la pénétration des outils Le pénétromètre. Il est aussi possible de tester la compacité en enfonçant verticalement une tige dans le sol. Le sol doit être sans « cailloux » et frais (ni trop sec, ni trop humide) pour permettre une bonne interprétation agronomique de la compacité. La bêche ou la tarière pédologique permettent aussi d’observer la compacité des sols. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
20 -3.9. La structure 3.9.1. Le type de structure La structure, c’est l’architecture du sol, le mode d’agrégation de ses composants physiques, biologiques et chimiques. C’est une caractéristique essentielle du sol qui exprime son mode de fonctionnement et qui détermine fortement ses qualités agronomiques. Type Signification sur la fertilité agronomique TE – Très bien Structuration biologique par les fèces lombriciennes, par les racines,… E / TE – Elevé à très Elevé Début de structuration biologique Polyédrique angulaire E – Elevé Structuration par la fissuration des argiles Polyédrique subangulaire E – Elevé Structuration par la fissuration des argiles et des limons Massive fissurée f – faible Compactage ou reprise en masse. Compactage partiel ou début de restructuration. Massive non fissurée (cassure nette de la motte ou de l’élément structural) tf – très faible Disparition des agrégats suite à un compactage intense ou à une reprise en masse Lamellaire tf – très faible Compactage intense, croûte de battance sédimentaire. Grumeleux Mixte Grumeleux à polyédrique Principaux types de structure (d’après Baize, Jabiol – 1995, Soil Survey Manual – 1951, …) Autre structure que l’on peut trouver dans l’horizon travaillé : des mottes, plus ou moins poreuses, plus ou moins fissurées, sans sous-structure grumeleuse ou polyédrique observable. Décrire la taille de la motte et sa porosité interne, par exemple un pore ou une fissure tous les x mm. La fertilité agronomique est fonction de la porosité interne de la motte. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
21 -Différentes échelles de structuration du sol : Structuration du profil de sol Elément de la sur-structure Elément de la structure Types d’éléments structuraux 1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. prismatique columnaire en plaquettes (feuilletée) grenu polyédrique subangulaire polyédrique angulaire grumeleux. (d’après Boulaine, INAPG, 1976) Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
22 -3.9.2. La taille de la structure Type et dimension Signification sur la fertilité agronomique Grumeleuse 3 à 10 mm TE – Très Elevé Les gros vers de terre anéciques (1) font de gros grumeaux Polyédrique 2 à 5 mm E – Elevé Structuration fine du sol Polyédrique 5 à 10 mm M – Moyenne Structuration moyenne Polyédrique 10 à 30 mm f – faible Structuration grossière Polyédrique 30 à 100 mm tf – très faible Présence de mottes grossières à structure interne massive Massive ttf – très très faible Horizon très peu fissuré, peu perméable pour l’eau, l’air et les racines Photo 10 : Etat de surface : structure grumeleuse, turricules, fissuration du sol, pores et galeries suite, principalement, à l’activité des vers anéciques. (1) « Les anéciques » sont des vers de terre de taille assez grosse (15 cm de long) à très grosses (100 cm) qui vivent « verticalement » . leurs galeries verticales leur permettent de s’alimenter en surface (feuilles, cadavres, bouses,…) et de s’abriter en profondeur (humidité, températures tempérées). Ils représentent 80% en masse des lombriciens,… et 60 % des animaux terrestres (M.B. Bouché). Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 Structure grumeleuse et turricules
23 -3.9.3. Le fonctionnement vertical du sol est à favoriser 25/30 cm 40/50 cm Sol à fonctionnement vertical Sol à fonctionnement horizontal Favorable Défavorable Absence de croûte de battance. Croûte de battance qui favorise les ruissellements de surface. Galeries de vers de terre de 10 mm de diamètre sur 1 à 2 mètres de profondeur. Absence de galeries de vers. Fond du labour invisible : diffusion progressive de la matière organique en profondeur. Limite nette entre l’horizon travaillé et l’horizon sous- jacent non travaillé (couleur, structure, …) ce qui favorise les écoulements d’eau hypodermique. Des racines verticales ou obliques Semelle de labour à structure feuilletée. Discontinuité structurale : par exemple, un horizon superficiel travaillé sur un horizon poreux, structuré naturellement (galeries, racines, …). Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 Semelle de labour à structure massive. Changement brutal des horizons du sol : par exemple, du limons à une argile compacte, ou apparition d’une dalle rocheuse.
24 -3.10. Les galeries 3.10.1. Le diamètre maximal des galeries de vers de terre ou des racines Le diamètre des galeries de vers de terre est un très bon indicateur du fonctionnement biologique du sol. Diamètre (mm) Origine Signification agronomique 10 – 13 Galerie formée par de très gros vers anéciques Très bonne activité lombricienne. Présence de gros vers de terre âgés de 10 ou 20 ans probablement (Bouché 2009). 5 – 10 Galerie formée par de gros vers anéciques 3 – 5 Galerie formée par des vers anéciques de taille moyenne 1 – 3 0,5 à 1 Bonne activité lombricienne. Moyenne activité lombricienne, à développer. Absence de très gros vers adultes. Galerie formée Faible activité lombricienne. par des petits vers (anéciques juvéniles ou Petites galeries créées endogés âgés) surtout par des petits vers juvéniles. Galeries réalisées par les vers ou les racines Photo 11 : Galerie de 12 mm de diamètre fait par un gros vers anécique de 10 ou 20 ans probablement (Bouché 2009). Photo de Y. Ferrié. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 Très faible activité lombricienne. Petites galeries créées par les petits vers ou par les fines racines Photo 12 : Galeries et taches brunes-noires dans ce sol de couleur brun rougeâtre. Les vers de terre, par leurs déjections, diffusent progressivement la matière organique en profondeur.
25 -3.10.2. La densité des galeries 3.10.2.1. Densité des grosses galeries de vers de terre (diamètre de 5 à 13 mm) La densité des galeries de vers est un bon indicateur de la quantité de vers de terre présents (biomasse lombricienne) et donc du fonctionnement biologique du sol. Densité Signification sur la fertilité agronomique Une grosse galerie tous les 3 à 5 cm TE (soit 625 galeries par m²) Continuer à favoriser cette bonne activité. Une grosse galerie tous les 5 à 10 cm (soit 178 galeries par m²) Une grosse galerie tous les 20 à 40 cm Activité lombricienne Elevée E Activité lombricienne à améliorer. Moyenne activité lombricienne M (soit 2 galeries par m²) Continuer à favoriser le développement des vers de terre faible activité lombricienne f Pas de grosses galeries Absence de gros vers de terre. très faible activité lombricienne tf (soit 11 galeries par m²) Une grosse galerie tous les 50 à 100 cm 3.10.2.2. Densité des petites galeries (diamètre de 0,2 à 1 mm) La densité des petites galeries est un autre indicateur de la qualité structurale du sol. Densité (nombre de galeries sur 1 cm²) (nombre de galeries sur 100 cm²) > 10 > 1000 Excellente TTE 5 à 10 500 à 1000 Très bien TE 2,5 à 5 250 à 500 Bien E 0,75 à 2,5 75 à 250 Moyenne M 0,25 – 0,75 25 à 75 Faible f < 0,25 < 25 Très faible tf Signification sur la fertilité agronomique Des pores de 0,1 cm de diamètre sont visibles à l’oeil nu (Revel JC, 2008, ENSAT, communication orale). Très forte activité lombricienne avec une grosse galerie tous les 3 à 5 cm (photo MJ. Blazian, 2008) . Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
26 -3.11. Les racines 3.11.1. La forme des racines La forme des racines est un très bon indicateur de la structure du sol. Zone creuse Causes possibles : − reprise en conditions humides (trace d’outil, lissage), − horizon travaillé non rappuyé (cas d’un labour de printemps), − creux sur fond de labour (présence de matière organique). Zone normale Bonne structure et bonne préparation du sol. Colonisation dense grâce à une ramification abondante des racines. − effet très favorable sur l’alimentation hydrique et la nutrition minérale, − utilisation maximale des engrais, − peu de risques de sécheresse. Zone tassée Causes possibles : − horizon dur et compact, − façons superficielles et conditions humides, − passages fréquents d’outils lourds, − bande de labour non reprise, − récolte du précédent en conditions humides, − fonde raie de labour tassé par la roue. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
27 -Racine coudée au niveau d’une semelle Racine fil de fer dans une motte compactée Racines en arrête de poisson à la surface des structures compactées Racines velues dans les creux Observation du pivot du tournesol et du colza : • Des pivots droits, fourchus, obliques et coudés à l’équerre • Des pivots de 2 cm à 20 cm de long ou plus. Pour le colza, un pivot fourchu est normal. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
28 -3.11.2. La densité des racines C’est aussi un très bon indicateur de la structure du sol. Nombre de racines sur 4 cm² Nombre de racines sur 100 cm² > 20 > 500 Densité excellente TTE 10 à 20 205 à 500 Très élevée Les éléments fertilisants du sol N, P, K, Ca, Mg, oligoéléments, sont très bien valorisés TE 5 à 10 125 à 250 Élevée E 5 125 Moyenne C’est un minimum pour une bonne valorisation de l’azote du sol M 2 à 5 50 à 125 faible f 1 25 Très faible L’azote du sol est très mal valorisé tf Signification sur la fertilité agronomique 3.12. La limite entre les horizons, notamment entre l’horizon A de surface et l’horizon sous jacent Épaisseur 20 cm, diffuse 10 à 20 cm 5 à 10 1 à 5 cm 1 cm 3.13. Signification sur la fertilité agronomique Très très élevée TTE Très élevée TE Élevée E Moyenne M faible f vitesse de dégradation des résidus de récolte Les résidus de récolte se dégradent plus vite lorsqu’ils sont mélangés à a surface du sol ou recouverts par une végétation dense (couverts végétaux ou cultures). La dégradation est plus rapide en conditions chaudes et humides. Elle est fortement ralentie en conditions sèches ou très rapides. L’enfouissement prfond (20-30 cm) des résidus de récolte par le labour réduit leur vitesse de décomposition surtout si le sol et asphyxié (compactage) et/ou hydromorphe. Plus les résidus de récolte se décomposent vite, plus le sol est actif bilogiquement. Le tableau ci-dessous doit être interprété avec prudence vu la grande diversité des facteurs en jeu. Diffusion de la matière organique (couleur brun foncé) sous le labour grâce à la forte activité lombricienne Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
29 -Signification sur la fertilité agronomique Vitesse de décomposition ou d’enfouissement des résidus de récolte Pour les résidus mélangés au sol ou couverts d’une végétation Pour les résidus libres à la surface du sol Pailles de céréales fortement dégradés après moins de 3 mois. Disparition de 50 % des pailles de surface après moins de 2 mois Très Elevée (TE) Excellent (TTE) Paille de céréales fortement dégradés après 3 à 6 mois Elevée (E) Très Elevée (TE) Rafles de maïs de couleur brune au centre, en cours de décomposition après 6 mois Elevée à Moyenne (E/M) Rafles de maïs peu décomposées après 6 mois Moyenne (M) Fumier ou pailles présents après 1 à 2 ans Activité biologique faible (f) Rafles de maïs peu décomposées après 1 an Activité biologique faible (f) Cannes de maïs après 3 ans Fumier après 5 ans 3.14. Normal ? Enfouissement profond par le labour. Sol qui « roupille » ! Activité biologique très faible (f) Les conclusions sur le sol Il est très important de terminer l’observation du sols par une conclusion synthétique qui résume les principales caractéristiques observées. Ceci évite de se perdre dans trop de détails. Cette conclusion peut se faire sur différents thèmes : Les caractéristiques du sol : – Qualité structurale. – Texture, cailloux (éléments grossiers). – Calcaire. – Activité biologique. – Profondeur, enracinement, RU. Le fonctionnement du sol (pédogenèse) : calcaire, brunifié, lessivé, podzolisé, hydromorphe, jeune ou vieux. Les choix agronomiques : – Le travail du sol : choix du matériel, profondeur de travail, période de travail. – Les rotations : choix des cultures. – La gestion des intrants : la fertilisation, les apports d’eau, les phytosanitaires. – Les aménagements fonciers utiles : drainage, irrigation. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
30 -4. Annexes Lombricien anécique La couleur foncée des vers de terre anécique leur permet, la nuit, de prélever en surface la litière. Cette couleur les protège des prédateurs lorsqu’ils viennent « tirer » vers le sol profond cette matière nutritive (Bouché MB. 2007). Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
31 -Tableau des analyses de terre de l’ exploitation Mettre, sur un tableau, tous les résultats des analyses faites depuis 10, 20 ans , ou plus. Les regrouper par parcelle. Tableau des analyses de terre de l’exploitation Commune Parcelle Culture ou précédent N° Labora- toire Date Nom de l’agriculteur : …………………………………………………….. Commune …………………………………………………….. Prof cm : Sol Elém ents grossiers (cailloux) % Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 Argile Mat. Organ. g/kg CaCO3 pH total Eau P205 Olsen P205 JH P205 DYER mg/kg K20 ECH Mg0 Zn Cu EDTA ECH EDTA Bore EAU mg/kg
32 -Comment faire des analyses de terre COMMENT FAIRE DES ANALYSES DE TERRE Quand prélever ? La 1ère fois, n’importe quand, en respectant un délai de 2 mois après un apport d’engrais minéral (contenant P, K, Mg, oligo-éléments), et 4 mois après un amendement calcique ou organique. La période de prélèvement idéale correspond au développement des premières racines de la culture : − au semis général, − ou avant le début du tallage des céréales, − ou au stade verdissement de la prairie (février ou mars selon la région). Les fois suivantes : si possible le même mois que la dernière analyse et sur le même précédent (par exemple 15 jours ou 1 mois après la récolte de la céréale à paille). Comment prélever ? Le matériel : − − Prendre un sac plastique neuf (sac de congélation). Prendre une gouge (tarière tubulaire, matériel le plus efficace), une tarière ou une bêche et un seau propre. Où prélever ? La 1ère fois : − Repérer une zone de sol homogène (ne pas mélanger des sols différents). Pour caractériser une parcelle, on choisit la zone homogène la plus importante en surface ; ou à égalité de surface, la moins fertile a priori. − Éliminer les endroits anormaux : bordures de champs, anciennes haies, anciens tas de fumier, anciens chemins… Les fois suivantes : toujours au même endroit selon la méthode ci-dessus. Faire un plan précis du lieu de prélèvement et garnir la fiche de renseignements ; les conserver précieusement (ou utiliser un GPS). Une fiche de renseignements est disponible à la Chambre d’agriculture du Tarn. Comment prélever ? − − Faire 15 prises (de sol) sur une surface d’environ 100 à 200 m² (soit un rayon de 5 à 8 mètres). 5 – 8 m Profondeurs de prise : ✗ En non-labour, le sol n’est pas retourné ; les prises se feront entre 0 et 10 cm de profondeur. Les normes d’interprétation seront peut-être modifiées dans l’avenir car il n’existe pas de référence actuellement. ✗ En prairie permanente ou de longue durée, les prises se feront entre 0 et 5 cm de profondeur, matelas racinaire compris. ✗ En labour, les prises se feront sur l’épaisseur de la couche labourée ou moins, jamais en dessous (ex : prises de 0 à 20 cm pour un labour de 25/30 cm.) Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
33 -Comment préparer l’échantillon ? − − Bien mélanger la terre et envoyer 400 g à 700 g maximum au laboratoire. Étiqueter le sac (nom de l’exploitant, nom de la parcelle ou numéro, date de prélèvement). Quelle analyse demander ? − − Soit l’analyse complète : physique + chimique. Soit l’analyse chimique : matière organique, calcaire total, calcaire actif, pH eau, P 2 O 5 (Joret-Hébert ou Dyer + si possible Olsen), éléments échangeables (K 2 O, MgO, CaO, Na20). Il est parfois intéressant d’ajouter une demande complémentaire par rapport aux oligo-éléments : Cu (EDTA), Zn (EDTA), Bo. D’autres analyses sont possibles, mais elles sont encore peu utilisées : Hérody, biomasse microbienne. Où envoyer l’échantillon ? Parmi les laboratoires agréés, vous pouvez contacter par exemple : Laboratoire Centre Atlantique LCA 2, avenue de Fétilly – 17074 LA ROCHELLE Tél : 05.46 43 45 45 Laboratoire des Sols ZA de Sautès à Trèbes 11878 CARCASSONNE Cedex 9 Tél. 04 68 78 69 97 Interprétation des résultats Nous vous conseillons de ne pas tenir compte de l’interprétation agronomique donnée par le laboratoire, mais d’utiliser la fiche de conseil réalisée par la Chambre d’Agriculture du Tarn et Arvalis Sud-Ouest. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
34 -Fiche de renseignements d’un échantillon pour analyse de terre Valeurs indicatives pour l’ interprétation des analyses de terre Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
35 -Valeurs indicatives pour l’interprétation des analyses de terre Très faible Matière organique (g/kg) pH eau Sols acides des plaines, coteaux et piémont Faible 20 30 5.0 5.5 6.0 6.5 Risque de toxicité de l’aluminium P 2 O 5 Dyer (mg/kg) Pas d’impasse 60 fumure renforcée sur culture exigeante P 2 O 5 Joret- Hébert (mg/kg) (sols Un peu faible pour certaines plantes exigeantes et pour le sol (1) 5.5 5.0 Prairies naturelles plus intensives pH conseillé (2) Luzerne et autres cultures 120 50 « » 15 « 60 « 80 7.0 Risques de blocage d’oligo-éléments. Coût élevé du chaulage 400 180 Impasse possible sur culture peu à moyennement exigeante Pas d’impasse « 7.0 Attention aux risques de blocage d’oligo-éléments Cu, Zn, B, Mn (ne pas dépasser le pH 7) 6.5 6.0 Prairies temporaires, cultures annuelles, orge, triticale, seigle, avoine, maïs « Très élevé ou toxique Élevé 15 Sols de montagne (sols acides) Bien pourvu 10 Risque de toxicité de l’aluminium. Possible pour prairies naturelles extensives pH eau Un peu faible impasse possible sur cultures exigeantes 120 « 250 calcaires) P 2 O 5 Olsen (mg/kg) K 2 O échangeable (mg/kg) « 50 MgO échangeable (mg/kg) K 2 O/MgO Cu – EDTA (mg/kg) Zn – EDTA (mg/kg) Bore eau (mg/kg) Apport de magnésium indispensable 30 « 100 « 100 Un peu faible (3) Apport de dolomie si chaulage 45 » 100 180 » 300 300 150 Entretien. Apport de dolomie si chaulage Éviter les excès de fumure magnésienne
Optimum vers 2,5
K 2 O/MgO > 2,5 : ne pas apporter d’engrais potassique si le K 2 O échangeable est élevé
De trop forts apports de potassium peuvent parfois provoquer une carence magnésienne dans les sols pauvres en MgO (exemple : vigne, arboriculture).
A corriger éventuellement par des apports de MgO
Faible si Cu EDTA /MO (%) < 0,5 pour les céréales et le maïs
Faible si (Cu EDTA) X (% d’argile) < 40 sur céréales en sols calcaires
Faible si (Zn EDTA < 1 pour pH < 6,3) ou (Zn EDTA < 2 si pH > 6,3)
Faible si B < 0,3 (voire < 0,5 en sols calcaires)
Faible si B < 0,5 sur tournesol (carence visuelle) Estimation des
Pour remonter le pH d’une demi-unité (5) : BEC (Kg eqCaO/ha) = 5,5 (A + 5 MO) besoins en chaulage (BEC) en A (argile), MO (matière organique), exprimés en g/kg sol acide Profondeurs des prises de sol : En non-labour le sol n’est pas retourné ; les prélèvements se feront entre 0 et 10 cm de profondeur. Les normes d’interprétation seront peut-être modifiées car il n’existe pas de référence actuellement. En prairie permanente ou de longue durée, les prélèvements se feront entre 0 et 5 cm de profondeur, matelas racinaire compris. En labour, les prélèvements se font sur l’épaisseur de la couche labourée ou moins, jamais en dessous. Ex : prélèvement de 0 à 20 cm pour un labour de 25/30 cm. Chambre d’Agriculture du Tarn et Arvalis Sud-Ouest, 2005 Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
36 -Autres remarques sur les analyses de terre Autres remarques sur les analyses de terre (1) Un pH eau de 5,5 est un minimum pour toutes les cultures. (2) Une meilleure activité biologique de certains organismes (bactéries cellulolytiques ou nitrificatrices, lombriciens…) et une meilleure structuration du sol (stabilité structurale plus élevée grâce à l’effet probable du calcium Ca) sont observées entre les pH 6 et 6,5. Le pH eau de 6 est la limite inférieure pour la luzerne au moment du semis. (3) Il y a un risque de carence en magnésium s’il y a un excès de potassium dans le sol. Entre 50 et 80 mg/kg de MgO éch., des carences en magnésium sont observées. (4) Des sols trop riches en éléments minéraux peuvent entraîner des déséquilibres dans le sol, voire des toxicités. Des antagonismes peuvent apparaître :
l’excès de P peut bloquer le Zn, Cu, Fe, Ca ?, K ?
l’excès de K peut bloquer le Mg, B ? Il faudra donc éviter de dépasser les valeurs suivantes (ces valeurs sont indicatives et restent à vérifier) : P 2 O 5 Dyer > 400 mg/kg, P 2 O 5 Joret-Hébert > 250 mg/kg. P 2 O 5 Olsen > 100 mg/kg : K 2 O échangeable > 300 mg/kg, MgO échangeable > 300 mg/kg. Excès de phosphore : les sols trop riches en phosphore entraînent un risque de pollution des eaux (entraînement du P par ruissellement, érosion hydrique ou lessivage). (5) pas Exemple de calcul des besoins en chaulage : soit un sol avec 180 g/kg d’argile et 15 g/kg de matière organique : BEC = 5,5 (180 + 5 x 15) = 1 402,5 kg eq CaO/ha pour remonter le pH eau de 0,5 unité. Attention aux unités de mesure : les laboratoires d’analyses, les documents techniques n’utilisent tous les mêmes unités. Exemple : 0,100 mg/kg de K 2 O = 100 mg/kg = 100 ppm Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
37 -Bibliographie utilisée et quelques documents utiles
Arvalis, Chambre d’Agriculture du Tarn, 2005 – Phosphore et potassium. La fertilisation P et K des cultures. Chambre d’Agriculture du Tarn, 5p.
Baize D, Jabiol B., 1995 – Guide pour la description des sols – INRA éditions, 375 p.
Delaunois A. , 2006 – Guide simplifié pour la description des sols. Chambre d’Agriculture du Tarn, 37 p. Disponible sur le site http://www.agritarn.com
Delaunois A., Hérody Y., Robert J.P., 2006 – La méthode Hérody. Méthode d’étude agronomique des sols mise au point par le BRDA Hérody. Application au département du Tarn. Chambre d’Agriculture du Tarn, Bureau de Recherche sur le Développement Agricole, 42.
Delaunois A., Longueval C., Penalver F. et al, 1995 – Les grands ensembles morphopédologiques de la région Midi-Pyrénées. Chambre Régionale d’Agriculture de Midi-Pyrénées, 2 cartes à 1/50 000ème, notices 537 p et 30 p. Disponible sur le site http://www.midipyrenees.chambagri.fr/
Delecourt F., 1978 – Initiation à la pédologie. Faculté des Sciences Agronomiques de l’Etat de Gembloux (Belgique), 69 p.
Diwo Allain S., Rougon D. et al., 2004 – Carabes : auxiliaires des cultures, indicateurs de la biodiversité d’un milieu. CRITT INNOPHYT, Orléans, 4 p.
Ducerf G., 2006 – L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales. Guide de diagnostic des sols. Editions Promonature, 352 p.
Ducerf G., 2006 – Conditions de levée de dormance des principales plantes bio-indicatrices. Editions Promonature, 30 p.
Soltner D., 2003 – Les bases de la production végétale. Tome 1 : le sol et son amélioration. Coll. Sciences et Techniques Agricoles, 472 p.
TCS, Techniques Culturales Simplifiées – La revue spécialiste des techniques culturales simplifiées et du semis direct, Groupe ATC, Metz. Quelques sites net sur le sol : http://www.tarn.chambagri.fr/a-votre-service/agronomie-environnement/un-sol-vivant.html http://www.agritarn.com/ rubriques/agronomie.asp#sols http://www.cra-mp.org/-Carte-des-sols-.html#B# http://www.inra.fr/dpenv/faunedusol.htm#lombrics http://www.isara.fr/fr/profilcultural/default.htm http://www.bretagne-environnement.org/rubrique/le-sol-un-patrimoine-vivant http://www.inra.fr/afes/ http://www.agriculture-de-conservation.com http://www.geoportail.gouv.fr ; cartes géologiques au 1/50 000 ème du BRGM. Le scarabe doré (Carabus auratus) est un excellent prédateur de limaces, escargots, vers de terre, chenilles, … Il est commun en France, mais sa présence diminue fortement, suite aux pesticides et aux labours profonds. (Diwo Allain et al, 2004). Photo de M. Chevriaux in aramel.free.fr, 2007 Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
38 -Lexique Anécique (vers) Lombricien, vers de terre de grosse taille qui forment des galeries verticales (cf § 3.9.2). Brunifié : Sol brunifié : sol des climats tempérés, de couleur brune suite, notamment, à la présence d’hydroxydes de fer (goethite, limonite, …). Hydromorphe : Les sols hydromorphes sont des sols qui sont marqués par un excès d’eau temporaire ou permanent : taches de fer rouille ou gris-vert, concrétions noires ferromanganiques, horizon gris décoloré, … Horizon : Couche de sol horizontale ou subhorizontale ayant ses caractéristiques propres. Le profil de sol peut être découpé en plusieurs couches ou horizons, précisant ainsi les variations verticales du sol. Pédogenèse : C’est l’ensemble des processus qui forment le sol. C’est donc le fonctionnement ancien et actuel du sol. On parle par exemple de sols bruns, de sols lessivés, de podzol, de sols hydromorphes, de sols calcaires, de sols caillouteux, … ce qui permet de typer le fonctionnement principal de ces sols. Podzol : Nom d’origine russe, de pod (sous) et zol á (cendre). Ce sont des sols où la podzolisation est intense, avec présence d’un horizon décoloré et cendreux. Podzolisation : C’est un processus d’altération intense des minéraux de la roche-mère en milieu très acide. Cette pédogenèse s’observe notamment sur les roches granitiques des Monts de Lacaune. Roche-mère : Roche dure ou meuble sur laquelle le sol s’est formé. RU (Réserve utile C’est la quantité d’eau utile que le sol est capable de stocker pour l’alimentation en eau en eau) : des plantes. C’est la différence entre le volume d’eau stocké à la capacité de rétention (après le ressuyage du sol) et le volume d’eau restant au point de flétrissement (sol très sec). La RU peut être calculée rapidement en comptant 1 mm d’eau par cm de sol sableux, 1,6 mm par cm de sol limono-sableux et 2 mm par cm de sol limoneux ou argileux. Il faut déduire de cette RU le pourcentage d’éléments grossiers (non poreux). La RU se calcule sur la profondeur du sol correctement enraciné. Cette profondeur peut être variable : 20 cm (sol très superficiel), 100 cm (sol assez profond), 300 cm (tournesol très bien enraciné sur un sol très profond). Des racines de luzerne peuvent être observées à plusieurs mètres de profondeur et des racines de chêne vert à plusieurs dizaines de mètres. T:\p4-environnement\02A_agronomie\sol\guide-sol-agro\2013\2013-guidesolagri.odt Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 10/03/2014