Cédric Cabrol

Découvrez dans cette vidéo un diagnostic rapide de réservoir climatique. Cette notion renvoie à la capacité du sol à contenir l’eau qui est nécessaire à la fabrication des nuages et du climat humide et tempéré. La parcelle reçoit une culture d’haricots verts. La machine qui les ramasses fait 25 Tonnes et 3 mètres de large. Les outils utilisés pour le diagnostic sont un compactomètre (aiguille muni d’un jauge de pression) et un gouge de prélèvement. #rechauffementclimatique

Merci à Cédric Cabrol

Electricité VERTE

https://youtube.com/watch?v=GlR3axTZk9c

L’Électricité et les végétaux

Quelle est la fonction de l’électricité dans une plante , dans les végétaux ….??

Est-ce que les végétaux ne sont pas aussi des transformateurs, de véritables capteurs d’énergie solaire , au même titre que les panneaux solaires….

N’a t-on pas négligé l’influence de l’électricité issue de l’énergie solaire dans la vie terrestre, concernant aussi bien les végétaux, les animaux,les poissons, les insectes, en allant jusqu’au microbes du sol …..toute les surfaces qui captent de l’énergie solaire sont-elles concernées par cette électricité ….

Même les abeilles en profitent ….. https://www.lefigaro.fr/sciences/2013/02/22/01008-20130222ARTFIG00459-le-courant-electrique-passe-entre-les-fleurs-et-les-abeilles.php

Guide pour la description etl’évaluation de la fertilité des sols

https://tarn.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Occitanie/074_Inst-Tarn/4-AGROENVIRONNEMENT/Ecophyto/agriculture_conservation/Observer_le_sol/GUIDE_OBSERVATION_SOL_CA81.pdf

Guide pour la description et
l’évaluation de la fertilité
des sols
destiné aux agriculteurs et aux agronomes
Antoine DELAUNOIS
avec la collaboration d’Yves FERRIE, Marcel BOUCHE, Carole COLIN et Cécile RIONDE
Chambre d’agriculture du Tarn et INRA de Montpellier
Avec le concours financier de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, et du CasDAR
2013
96 rue des agriculteurs – BP 89 – 81003 ALBI Cedex – Tél : 05 63 48 83 83 – Fax : 05 63 48 83 09 – e-mail : accueil@tarn.chambagri.frTable des matières

  1. Introduction…………………………………………………………………………………………………………4
  2. Méthodologie et caractérisation générale du milieu naturel………………………………….5
    2.1. Comment observer les sols ?……………………………………………………………………………5
    2.2. Comment réaliser une fosse pour observer le sol ?……………………………………………..7
    2.3. La fiche de description du sol……………………………………………………………………………8
    2.4. Les régions pédologiques du Tarn…………………………………………………………………….9
  3. Description de certains éléments du sol et synthèses…………………………………………11
    3.1. L’estimation des rapports de surface………………………………………………………………..11
    3.2. Les états de surface………………………………………………………………………………………12
    3.2.1. Les éléments grossiers (EG) (diamètre > 2 mm)…………………………………………12
    3.2.2. Couverture du sol par les plantes ou par les résidus végétaux……………………..12
    3.2.3. La battance…………………………………………………………………………………………….12
    3.2.4. La porosité en surface (sur la surface avec battance)…………………………………13
    3.2.5. L’érosion hydrique…………………………………………………………………………………..13
    3.2.6. L’action des vers de terre…………………………………………………………………………14
    3.2.7. La profondeur des ornières et la portance des sols……………………………………..15
    3.2.8. Les mousses et les algues……………………………………………………………………….15
    3.2.9. Autres observations…………………………………………………………………………………15
    3.3. La texture……………………………………………………………………………………………………..17
    3.4. Le calcaire dans le sol (CaCO3)……………………………………………………………………..17
    3.5. La couleur du sol…………………………………………………………………………………………..18
    3.6. L’hydromorphie……………………………………………………………………………………………..19
    3.7. L’état d’humidité…………………………………………………………………………………………….19
    3.8. Le test du couteau pour estimer la compacité…………………………………………………..20
    3.9. La structure…………………………………………………………………………………………………..21
    3.9.1. Le type de structure………………………………………………………………………………..21
    3.9.2. La taille de la structure…………………………………………………………………………….23
    3.9.3. Le fonctionnement vertical du sol est à favoriser…………………………………………24
    3.10. Les galeries………………………………………………………………………………………………..25
    3.10.1. Le diamètre maximal des galeries de vers de terre ou des racines……………..25
    3.10.2. La densité des galeries………………………………………………………………………….26
    3.10.2.1. Densité des grosses galeries de vers de terre (diamètre de 5 à 13 mm). 26
    3.10.2.2. Densité des petites galeries (diamètre de 0,2 à 1 mm)………………………..26
    3.11. Les racines………………………………………………………………………………………………….27
    3.11.1. La forme des racines……………………………………………………………………………..27
    3.11.2. La densité des racines…………………………………………………………………………..29
    3.12. La limite entre les horizons, notamment entre l’horizon A de surface et l’horizon
    sous jacent………………………………………………………………………………………………………….29
    3.13. vitesse de dégradation des résidus de récolte…………………………………………………29
    3.14. Les conclusions sur le sol…………………………………………………………………………….30
  4. Annexes…………………………………………………………………………………………………………….31
    Tableau des analyses de terre de l’exploitation…………………………………………….32
    Comment faire des analyses de terre………………………………………………………….33
    Fiche de renseignements d’un échantillon pour analyse de terre……………………35
    Valeurs indicatives pour l’interprétation des analyses de terre……………………….35
    Autres remarques sur les analyses de terre…………………………………………………37
    Bibliographie et quelques documents utiles
    Lexique
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 2 -Le matériel nécessaire pour faire un profil




    une bêche, avec un long fer si possible,
    un couteau pointu à lame épaisse (solidité),
    un mètre,
    une pissette d’acide chlorhydrique (acide concentré du commerce à 30 %, … qui sera dilué au 1/3).
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 3 -1. Introduction
    Un sol en « bonne santé » permet de faire des économies d’intrants (travail du sol [fuel, matériel, temps de
    travail], engrais, phytosanitaires, irrigation, drainage, …). Il permet d’obtenir de belles récoltes en quantité et en
    qualité. Un sol qui fonctionne bien c’est un sol qui a une bonne activité biologique, avec un comportement
    favorable à notre environnement (diminution de l’érosion, du ruissellement et des inondations ; qualité des
    eaux ; dégradation des phytosanitaires ; épuration des déchets et rétentions des nitrates et engrais, …).
    Le sol est essentiel pour le bon fonctionnement agronomique des écosystèmes. Il est un des piliers de
    l’agriculture durable.
    Ce guide vous apporte quelques indicateurs pour mieux connaître vos sols et ainsi mieux les gérer. Il se base
    principalement sur des observations ou des mesures réalisées sur le Tarn. Il peut s’utiliser dans d’autres
    régions, moyennant parfois des adaptations.
    Photo 1 – Ouverture rapide d’une petite fosse pédologique de 50 cm de profondeur avec
    une bêche.
    Profil de sol
    avec des agriculteurs du Ségala
    ML. Cazenave – 2006
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 4 -2. Méthodologie et caractérisation générale du milieu naturel
    Les agriculteurs font de nombreuses observations sur le sol. Le but du document est d’aller plus loin
    dans l’observation.
    2.1.
    Comment observer les sols ?
    Le sol est un milieu complexe, qui a de multiples fonctions et qui peut être observé de multiples façons, en
    fonction des objectifs qu’on lui donne.
    L’agriculteur, l’agronome peuvent utiliser divers outils, dont nous listons certains ci-après. L’observation du sol
    se mène comme une enquête policière : l’observateur recherche le maximum d’indices pour tenter de répondre
    à la question qu’il se pose. Plus les indices sont concordants, plus la réponse est précise. La recherche se fait
    sur le terrain, avec l’agriculteur, en laboratoire et avec l’aide de la bibliographie.
    Voici ci-dessous quelques exemples de questions à se poser. L’ordre des questions n’est pas figé car elles
    sont interdépendantes.
    Quelle est l’histoire du sol, sa pédogenèse ?
    La pédogénèse explique les divers processus de formation des sols.
    Les sols se forment en fonction du climat, de la roche-mère, de la topographie, des organismes vivants (dont
    l’homme) et du temps. Il est donc essentiel d’essayer de préciser ces divers facteurs :
    ✗ Le climat : il y a 2 climats très différents dans le Tarn. Les Monts de Lacaune ont un climat montagnard,
    humide et froid, avec une tendance à la podzolisation. Le bassin Aquitain a un climat atlantique sub-
    méditerranéen : les sols ont tendance à se brunifier et à se lessiver.
    ✗ La roche-mère : observer les éléments grossiers (cailloux), les affleurements environnants, la roche
    apparaissant en profondeur, la carte géologique et la carte des sols, les murs des vieilles maisons (qui sont
    souvent bâties avec les roches dures locales).
    ✗ La topographie : situer le sol dans le paysage, crête, bas de pente, versant, vallée, plateau, … préciser la
    pente (%).
    ✗ La végétation : prairie, rotation des cultures, forêt.
    ✗ L’histoire ancienne depuis plus de 1 000 ans : les labours, l’érosion aratoire, la profondeur du plus vieux
    labour (couleur), les colluvionnements anthropiques (qui sont confirmés par la présence de morceaux de
    briques à 50 ou 100 cm de profondeur), ….
    ✗ L’histoire culturale récente : le dernier labour, le travail du sol, la culture, le précédent.
    Quelles sont les caractéristiques du sol et de son fonctionnement ?
    Elles sont décrites pour chaque couche homogène (dénommée horizon) du profil du sol.
    Les principales sont :
    ✗ La texture : sable, limon, argile.
    ✗ Les éléments grossiers (supérieurs à 2 mm) : pourcentage de ces éléments, type de roche, dimensions
    (cm), formes (angulaire ou arrondie).
    ✗ Le calcaire total et actif : test à l’acide chlorhydrique.
    ✗ L’hydromorphie : les signes de l’excès d’eau s’observent par des taches d’oxydation rouille et de réduction
    gris-verdâtre, par des concrétions noires ferro-manganiques. L’hydromorphie est-elle actuelle ou ancienne ?
    ✗ La profondeur du sol : suivant l’enracinement, la compacité ou la porosité.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 5 -✗ La structure : c’est l’architecture du sol. Elle dépend surtout du fonctionnement du sol. Elle peut-être
    grumeleuse, polyédrique angulaire ou subangulaire, lamellaire, massive.
    ✗ La compacité : estimation de la résistance à la pénétration dans le sol d’une racine ou d’un couteau par
    exemple.
    ✗ La porosité : ce sont les volumes de vide dans le sol : galeries de vers de terre, galeries racinaires et autres
    pores.
    ✗ La faune du sol : vers de terre, carabes, millepattes, ….
    ✗ L’enracinement. : profondeur, densité, accidents (racines velues sur sol creux, …).
    ✗ La matière organique : couleur plus ou moins foncée du sol, vitesse de décomposition des résidus de
    récolte (3 mois ou 2 ans par exemple), mode d’enfouissement par le labour.
    ✗ Les limites entre les couches de sol (horizons) Les limites diffuses sont favorables. Les limites nettes sont
    défavorables (semelles, fond de labour, …), car elles freinent les échanges verticaux.
    Les états de surface sont aussi décrits : ornières (abondance %, profondeur), croûtes de battance (abondance
    %, épaisseur [mm], présence de couches sédimentaires, porosité de la croûte), porosité en surface (nombre de
    pores par unité de surface), turricules de vers, résidus de récolte en surface (dimension et abondance %).
    Les signes d’érosion hydrique : griffes, rigoles, ravines, atterrissements, dépôts (dimensions et abondance en %
    de la surface).
    Quelles sont les conséquences agronomiques ?





    L’évaluation du travail du sol.
    Le fonctionnement biologique du sol.
    L’intérêt du chaulage.
    Le calcul de la réserve en eau utile.
    L’intérêt d’un drainage existant ou éventuel.
    Quelles sont les analyses ou observations complémentaires à effectuer ?
    Les analyses de laboratoires permettent de préciser et de compléter de nombreux points. Le choix des
    analyses se diversifie pour les agriculteurs : analyses classiques physico-chimiques, analyses Herody,
    biomasse microbienne, analyses de plantes, ….
    Les plantes « bio-indicatrice » et le comportement des cultures peuvent donner de très nombreuses
    informations sur le fonctionnement du sol.
    Quelles sont les conclusions des observations réalisées ?
    Après une description de sol, il est nécessaire d’écrire en quelques lignes les informations principales que vous
    en tirez : décrire le sol en une ligne ou deux, préciser les principaux atouts et contraintes observés.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 6 -2.2.
    Comment réaliser une fosse pour observer le sol ?
    Le sol s’observe en décrivant son profil, à l’aide d’un sondage à la tarière ou en creusant une fosse.
    La fosse est un complément très utile au sondage à la tarière. Elle permet d’observer de plus nombreuses
    caractéristiques du sol : structure, enracinement, activité biologique, éléments grossiers, porosité, roche-mère,
    circulation de l’eau, …
  1. Choisir une zone homogène de sol.
  2. Choisir un emplacement non perturbé par
    l’homme :
    ✗ s’écarter de 20 à 50 mètres au moins des bords de
    la parcelle pour éviter les tournières.
    ✗ s’écarter d’anciens chemins, d’anciennes haies ou
    talus, d’anciennes rigoles ou dérayures comblées,
    des bords de ruisseaux (dépôts de terre lors des
    curages), …
    ✗ situer le profil de sol par rapport aux passages du
    tracteur… : par exemple profil sur « une trace de 5. Placer la face d’observation :
    ✗ face au soleil pour bénéficier d’un bon éclairage,
    roue au semis » ou « hors trace de roue connue ».
    ✗ perpendiculaire au sens du travail du sol (pour un
    profil cultural) ou perpendiculaire au semis (pour
  3. Pour observer l’enracinement sous les arbres,
    observer l’enracinement),
    placer la fosse à environ un mètre des arbres
    adultes (un peu plus près dans les jeunes
    ✗ parallèle à la pente sur les versants.
    plantations).
  4. Les dimensions de la fosse varient suivant
    l’objectif et suivant les moyens disponibles
    (manuels ou mécaniques, temps disponible).
    Elles seront en général de :
    ✗ longueur : 150 cm,
    ✗ largeur : 75 cm,
    ✗ profondeur :
    − 60-80 cm pour un profil cultural (observation
    du travail de sol),
    − jusque dans la roche-mère pour un profil
    pédologique (50 cm, 100 cm, ou plus).
    Un petit profil rapide à la bêche (P = 50 cm, L = 40
    cm, l = 40 cm) permet de faire déjà beaucoup
    d’observations.
    Une fosse n’ayant pas atteint la roche sous-
    jascente peut être complétée par un sondage à la
    tarière.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  5. Pour éviter de tasser le sol :
    ✗ mettre la terre d’un seul côté,
    ✗ ne piétiner que la face d’accès.
  6. Ne pas mélanger la terre arable (riche en matière
    organique) et celle du sous-sol, pour ne pas trop
    perturber le sol en le rebouchant.
  • 7 -2.3.
    La fiche de description du sol
    Date
    Description agronomique d’un sol


     Commune : ……………………………………………….
    Nom de la parcelle : ……………………………………..
     Nom de l’exploitant : ………………………………………………………
     Observateur(s) : …………………………………………………………….

     Réunion pédologique: ……………………………………………………..  Géologie : …………………………………………………
    Relief : …………………………………………………………………………………………………………..  Pente (%) : ………………….


    – Occupation du sol (culture et précédents) :






    – État de surface (à deux ou trois mètres autour de la fosse) :
     Description du profil : profondeur (cm), horizon pédologique, texture, éléments grossiers
    (%, nature), réaction HCl, couleur, hydromorphie, taches et concrétions, humidité, compacité,
    structure type et taille, galeries dimensions et densités, racines densité et accidents, roche-
    mère, limite entre les horizons, limite de l’observation, divers.
    Culture en place et stade végétatif : …………………………………………………………………………………
    Itinéraires culturaux des années précédentes : ………………………………………………………………….
    200… ……………………………………………………………………………………………………………………………….
    200… ……………………………………………………………………………………………………………………………….
    200… ……………………………………………………………………………………………………………………….
    Éléments grossiers en surface : ……….. % nature : ………………………… ; dimensions (cm) : …….
    Résidus de récolte : ……………….. % nature : ………………………………………………………………….
    Croûte de battance : ………………………………………………………………………………………………………
    Porosité en surface : ………………………………………………………………………………………………………
    Érosion hydrique : ………………………………………………………………………………………………………..
    Turricules (nombre, dimension) : ……………………………………………………………………………………..
    – Autres observations (mousses, mouillères, ressuyage, ornières, adventices, …) ……………………
    0
    10
    20
    30
    40
    50
    60
    70
    80
    cm

    Le sol (synthèse et conclusions) :
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 8 -2.4.
    Les régions pédologiques du Tarn
    Le Piemont, type Ségala – La Grésigne

Massif central : UCS 27, 34, 35, 36.

Sols bruns acides à bruns lessivés.
Sols souvent limoneux, acides , parfois hydromorphes, plus ou moins caillouteux et plus ou moins profonds.
Sols semblables mais rouges, sur les schistes et grès du Permien de la Grésigne – Les « Rougiers ».
Le Quercy

Massif central : UCS 29, 30, 31.


Sols calcaires.
Sols argilo-calcaires sur les molasses et sols superficiels sur calcaires durs sur les causses
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013

  • 9 -Les plaines : alluvions des grandes vallées (basses plaines et terrasses)
    Bassin Aquitain : UCS 1, 3, 9, 10, 11, 12, 25
    Sols souvent limoneux, acides, lessivés, hydromorphes, moyennement profonds, très secs en été et très humides en
    hiver : « les boulbènes ».
  • Sols parfois caillouteux (graves).

– Sols bruns parfois, peu ou pas lessivés et peu hydromorphes, rarement calcaires, sur la Basse Plaine.

Les coteaux argileux

Bassin Aquitain : UCS 8, 13, 15, 16


Sols argilo-calcaires dominants : « les terreforts calcaires ».
Sols argileux, calcaires, parfois calciques, moyennement profonds (80 cm), parfois profonds (colluvions, alluvions),
parfois superficiels (ronds blancs,…)
Les coteaux hétérogènes

Bassin Aquitain : UCS 6, 12, 20, 21, 22


Sols très hétérogènes , le plus souvent argileux, acides, parfois calcaires, souvent hydromorphes, plus ou moins
caillouteux, battants.
« Boulbènes de coteaux », ….
Les plateaux calcaires

Bassin Aquitain : UCS 16, 24


Sols calcaires caillouteux
Sols souvent superficiels sur calcaires tendres (rendzines), parfois profonds (colluvion).
La Montagne

Massif Central : UCS 25, 38, 39, 40


Sols bruns acides à sols podzoliques (tendance à la podzolisation).
Sols limoneux, acides, plus ou moins caillouteux, à teneur élevée en matières organiques souvent peu actives
biologiquement, suite au froid (altitude) et à l’acidité.
Extrait simplifié de la carte des grands ensembles morphopédologiques de Midi-Pyrénées, CRAMP, 1995-1/500 000 ème . Les UCS
indiqués sur ce document sont les Unités Cartographiques de Sol de la carte de 1995 .
Voir les sites internet www.tarn.chambagri.fr ou www.midipyrenees.chambagri.fr
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013

  • 10 -3. Description de certains éléments du sol et synthèses
    3.1.
    L’estimation des rapports de surface
    Ces schémas de référence servent à estimer le volume d’éléments grossiers (particules minérales supérieures
    à 2 mm de diamètre). Ils sont aussi utiles pour quantifier la croûte de battance (§3.2), les résidus végétaux en
    surface, ou les taches d’hydromorphie (§3.6).
    ORSTOM, Paris, 1969, documentations techniques N°13.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 11 -3.2.
    Les états de surface
    De très nombreuses observations peuvent être faites à la surface du sol. Ces observations sont très
    intéressantes. Elles sont souvent faciles à réaliser. Et elles fournissent de nombreuses indications relatives aux
    échanges vitaux sol/air ou à l’activité biologique des sols.
    Ces observations se font à 2 ou 3 mètres autour du profil.
    En voici quelques unes.
    3.2.1.
    Les éléments grossiers (EG) (diamètre > 2 mm)
    Pourcentage d’éléments
    grossiers en surface (voir §
    3.1)
    Signification agronomique
    Classe de fertilité
    0 à 2 % Sans éléments grossiers (EG) Pas de contrainte TE
    2 à 5 % Très peu d’éléments grossiers (EG) Très peu de contraintes TE
    5 à 15 % Peu d’éléments grossiers (EG) Peu de contraintes E
    15 à 30 % Caillouteux f
    30 à 50 % Très caillouteux Contraintes de réserve en eau, de
    travail du sol, de semis.
    Sols de très bonne qualité pour
    certaines cultures (vigne de qualité)

50 %
Très très caillouteux
tf
ttf
Les éléments grossiers favorisent la portance du sol, l’aération du sol, les capacités d’infiltration. Il s ont un effet
défavorable sur la fertilité agronomique en réduisant la réserve en eau du sol, en usant les outils de travail du
sol, en favorisant le lessivage des éléments nutritifs (Ca, Mg, K, N, S), ….
3.2.2.
Couverture du sol par les plantes ou par les résidus végétaux
Surface couverte par les
plantes et les résidus
végétaux
100,00%
Signification sur la fertilité agronomique
Le sol est très bien protégé Très très favorable TTE
80 à 100 % Le sol est bien protégé Très favorable TE
50 à 80 % Le sol est assez bien protégé Favorable E
10 à 50 % Le sol est modérément protégé Moyen Mf
< 10 % Le sol est peu protégé Peu faborable f
0,00% Le sol n’est pas protégé Défavorable tf
3.2.3.
La battance
La battance est à interpréter suivant la pluviométrie survenue depuis le dernier travail du sol. On peut aussi
distinguer la croûte structurale (une seule couche reprise en masse) et la croûte sédimentaire (plusieurs lits
visibles causés par des dépôts successifs, suite à l’érosion hydrique).
Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013

  • 12 -La croûte de battance
    Signification sur la fertilité agronomique
    Absence de croûte : moins de 10-30 % de la surface avec Très bien – Non battant
    une fine croûte structurale (épaisseur < 1 mm) – 70 à 100 % de la surface avec une structure grumeleuse, sans battance. TE Fine croûte structurale (épaisseur < 1 mm) sur 30 à 70 % de Élevé – Peu battant la surface E Fine croûte structurale (épaisseur < 1 mm) sur plus de 90 % Moyenne – Un peu battant de la surface M Croûte structurale épaisse (2 à 5 mm) sur plus de 90 % de Faible – Battant la surface f Croûte structurale très épaisse (5-10 mm) sur toute la Très faible – Très battant surface tf Croûte sédimentaire sur 10 à 50 % de la surface Très faible – Très battant tf Croûte sédimentaire sur toute la surface Très très faible – très battant ttf 3.2.4. La porosité en surface (sur la surface avec battance) (Hors surface fraîchement travaillée, ou surface couverte de structure grumeleuse) Elle s’interprète en fonction de la pluviométrie survenue depuis le dernier travail du sol. Ne compter que les pores arrondis d’origine biologique : hors fissures de sécheresse, hors fissuration par le travail du sol, hors fissuration par le gel. Nbre de pores par cm² Nombre de pores (de Ø > 1
    mm) pour 100cm² Nombre de pores
    équivalents pour 1 m² 1 à 25 100 – 250 10 000 à 25 000 Excellent TTE
    0,5 50 5 000 Très élevée TE
  • 6 à 20 600 à 2 000 Elevée E
  • 2 à 5 200 à 500 Moyen à faible M à f
  • 1 100 faible f
  • 0 0 très faible tf
    Signification sur la fertilité agronomique
    A partir de 3 à 10 pores par cm² environ, la surface peut être considérée comme non battante. Elle est alors
    souvent couverte d’une structure grumeleuse.
    3.2.5.
    L’érosion hydrique
    Historique de l’érosion hydrique : l’absence d’érosion hydrique est le signe de la bonne santé (biologique) du
    sol en surface. Elle est très liée à la battance
    L’érosion hydrique varie suivant les sols (et leur « bonne santé »), mais aussi en fonction de la pente, des
    cultures pratiquées, des orages, …. Elle s’observe lors de la description du sol et sur une longue période
    (historique)
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 13 -Description de l’érosion hydrique
    diffuse et linéaire
    Signification sur la fertilité agronomique
    Absence de ruissellement Excellent TTE
    Ruissellement d’eau claire uniquement Très favorable TE
    Ruissellement d’eau trouble : érosion diffuse Favorable, à améliorer E
    Présence de quelques griffes (profondeur P < 5 cm), parfois, Favorable, à améliorer pas chaque année. E:/ M Présence de griffes (profondeur P < 5 cm), régulièrement (tous Érosion faible à moyenne les 2 à 4 ans) M / f Présence de rigoles peu profondes (P = 5-10 cm), Érosion moyenne régulièrement (tous les 2 à 4 ans) Modifier les pratiques culturales f Présence de rigoles profondes (P = 10-30 cm), régulièrement Érosion forte importante. Il est très important (tous les 2 à 4 ans) de modifier les pratiques culturales tf Présence de ravines (P > 30 cm) ttf
    3.2.6.
    Érosion grave
    L’action des vers de terre
    Les vers de terre ont de nombreux effets sur les états de surface. Ils créent de la porosité de surface par leurs
    galeries qui débouchent jusqu’à la surface du sol. Ils produisent des turricules par leurs déjections en surface.
    Ils construisent une structure grumeleuse en surface grâce à leurs déjections. Ils fissurent le sol lorsqu’ils
    circulent juste sous la surface du sol. Ils fabriquent des resserres au dessus de leurs galeries. Toutes ces
    manifestations peuvent être quantifiées. Elles témoignent de l’importance de l’activité lombricienne (masse de
    vers de terre, taille des vers de terre). Ce sont de très bons indicateurs de l’activité biologique du sol.
    Les resserres sont des petits monticules de débris végétaux de 1 à 5 cm de hauteur environ, que les vers de
    terre rassemblent à la surface du sol au-dessus de leurs galeries, pendant la nuit. Les résidus végétaux leur
    servent de nourriture qu’ils enfouissent ainsi progressivement dans le sol.
    Importance des turricules de vers de terre
    Signification sur la fertilité agronomique
    50 à 100 % de la surface recouverte de turricules et de structures Activité lombricienne très élevée
    grumeleuses TE
    10 turricules par m² Activité élevée E
    1 turricule par m² Activité moyenne M
    1 turricule pour 10 m² Activité faible f
    Aucun turricule observé Activité très faible tf
    L’activité lombricienne (des vers de terre), et notamment la fabrication des turricules, varie en fonction de la qualité
    biologique du sol, en fonction du tassement et en fonction des saisons. Les vers de terre ne sont pas actifs par temps froid
    ou sur sols sec. Si le sol présente des cavités (labour creux par exemple), une partie des turricules se feront dans les cavités
    du sol, et non pas seulement à la surface du sol.
    Hauteur des turricules et taille des
    déjections
    Signification sur la fertilité agronomique
    5 cm, grands turricules Activité de gros vers de terre. Présence de gros
    agrégats (ou déjections) de 5 à 10 mm de diamètre.
    3 cm, turricules moyens Activité de vers de terre moyens à gros
    1 cm, turricules petits Activité de vers de terre petits à moyens. Présence de
    petits agrégats (ou déjections) de 1 à 3 mm de
    diamètre
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
    E – Elevé
    M – Moyenne
    f – faible
  • 14 -3.2.7.
    La profondeur des ornières et la portance des sols
    La profondeur des ornières
    (laissées par le passage du tracteur)
    Signification agronomique
    0 – 1 cm Très bien
    Sol très portant – Situation très favorable TE
    1 – 3 cm Normal Sol portant – Situation favorable E
    3 – 5 cm Faible Sol moyennement portant suite au travail du
    sol ou à l’humidité du sol – Situation moyenne M
    5 – 10 cm Moyenne 10 – 20 cm Elevée 20 – 40 cm Très élevée
    Situation défavorable à très défavorable
    Intervenir sur un sol ressuyé
    Drainage souvent utile
    M
    f
    tf
    Le passage des tracteurs et des engins a souvent des effets défavorables sur les sols. La profondeur des
    ornières varie selon la capacité du sol à porter des engins (portance) et selon le poids des engins. La portance
    varie en fonction de l’humidité du sol et de la solidité de la structure du sol. Les ornières sont un indicateur du
    compactage réalisé. Le non- labour et le semis direct augmentent la portance des sols. Les mouillères, les sols
    plus hydromorphes de la parcelle ont des ornières plus profondes.
    3.2.8.
    Les mousses et les algues
    Des mousses et algues abondantes présentes à la surface du sol ne sont pas un signe favorable pour la
    fertilité du sol : risques de battance, d’excès d’eau en surface, de minéralisation du sol, d’activité biologique
    faible ou ralentie (d’excès d’azote ?), (d’excès d’acidité ?).
    La mousse indique la pauvreté (Bouché M.). Les algues indiquent l’absence d’activité biologique (les
    lombriciens mangent activement celles-ci… et elles ne s’observent alors pas, quoique présentes mais broutées
    (Bouché M.)).
    3.2.9.
    Autres observations
    D’autres observations de surface sont possibles comme par exemple :
    l’importance des mouillères, la vitesse de ressuyage des sols, la présence d’algues ou de mousses en surface,
    la profondeur des ornières, les plantes bioindicatrices (cf. Ducerf dans la bibliographie).
    Photo 2. : Sol très battant sans pore en surface ni turricule
    Érosion diffuse.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
    Photo 3 : Un turricule de quelques centimètres de haut.
  • 15 -Photo 4. : Les vers de terre se promènent sous la croûte
    de battance et ainsi la fissure (maïs, juin 2010)
    Photo 5 : Absence de battance 100 % de structure
    grumeleuse en surface grâce aux turricules de
    vers de terre
    Photo M.J. : Blazian 2007 parcelle en semis direct pour le maïs
    Photo 6. : Turricule blanchâtre dans les boulbènes :
    les vers de terre remontent en surface de la
    terre blanchâtre du sous-sol (mars 2012)
    Photo 7 : Resserres constituées de débris de cannes de
    tournesol accumulés par de gros vers anéciques
    (avril 2009)
    Photo 8. : Mousse très abondante sur un chaume de blé
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 16 -3.3.
    La texture
    La texture, c’est la caractérisation de la dimension des particules minérales du sol.
    On distingue :
    − Les éléments grossiers (diamètre des particules > 2 mm) : cailloux, pierres, … (cf. § 3.1 pour les estimer).
    − La terre fine ( diamètre < 2 mm) : sable, limon, argile. Pour donner le nom de la classe texturale de la terre fine, on parle par exemple de sols argileux, limono- argileux, argilo-caillouteux, limoneux, limono-sableux ou limono-sablo-argileux. Le premier nom correspond à la classe texturale dominante : un sol limono-argileux contient plus de limons que d’argiles. Evaluation empirique (au doigté) lorsque le sol est plastique (humide à frais) : Les sables (> 0,050 mm, > 50 µm)
    − A l’état humide (humecter la terre), le toucher est rugueux grossier (pour les sables grossiers) ou fin (pour
    les sables fins).
    − Aucune rugosité entre les doigts : moins de 15 % (?) de sable.
    − Forte rugosité, grains de sable visibles à l’oeil nu, effritement rapide de l’échantillon entre les doigts : plus
    de 50 % (?) de sable.
    Les limons (entre 2 et 50 µm)
    − Toucher doux, soyeux, comme du talc.
    Les argiles (inférieures à 2 µm [0,002 mm])
    − Toucher collant.
    − Plus de 17-20 % (?) d’argile : il est possible de faire un boudin.
    − Plus de 30 % (?) d’argile : il est possible de faire un anneau avec le boudin. La terre colle fortement aux
    doigts. Le sol forme une plaquette, souvent brillante, à la surface de l’un des doigts sur lequel il colle.
    3.4.
    Le calcaire dans le sol (CaCO 3 )
    Test de terrain avec HCl : acide chlorhydrique du commerce à 30% environ (acide concentré), et dilué au 1/3.
    A l’aide d’une pissette, déposer des gouttes d’acide dilué sur une motte de terre, et observer la réaction
    (dégagement du gaz CO 2 en bulles).
    Code Intensité
    0
    0,5
    Nulle
    Test HCl
    Aucune réaction
    Signification agronomique
    Pas de calcaire dans le sol.
    Sol acide.
    pH eau < 7 (de 4 à 6,5 environ). Chaulage souvent obligatoire. Très faible Réaction très faible, décelable à l’oreille ou avec Très peu de calcaire total (< 2 % ?). quelques bulles localisées. Sol neutre. pH autour de 7 à 7,5. 1 Faible Une à deux couches de petites bulles. Réaction faible. Un peu de calcaire total (2 à 10 % ?). Sol peu calcaire. pH eau autour de 7,5 / 8. 2 Moyen Plusieurs couches de bulles. Réaction moyenne. Sol modérément calcaire (10 à 25 % de CaCo 3 total ?). 3 Forte Nombreuses couches de bulles, en général salies Sol très calcaire (25 à 55 % de CaCO 3 total ?). par des éléments de terre fine. pH eau de 8,3 à 8,5. Réaction vive. Présence importante de calcaire actif. Risques de chlorose (manque de fer assimilable). 4 Très forte Nombreuses couches de bulles Réaction violente, très vive. Parfois de très grosses bulles. Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013 Sol très calcaire (> 55 % de CaCO 3 total ?).
    pH eau de 8,3 à 8,5.
    Présence très importante de calcaire actif.
    Risques de chlorose élevés.
  • 17 -3.5.
    La couleur du sol
    La couleur plus foncée est généralement due à la matière organique. Elle nous renseigne par exemple sur le
    plus profond labour fait il y a 20 ou 30 ans. Une limite diffuse entre l’ancien labour et le sous-sol indique souvent
    une bonne activité des vers de terre qui diffusent la matière organique en profondeur par leurs nombreux
    turricules dans le sol.
    La surface des agrégats peut être de couleur plus foncée que la masse du sol suite à une diffusion en
    profondeur des matières organiques. Des revêtements organiques recouvrent alors les éléments structuraux du
    sol.
    Les couleurs plus blanches sont souvent associées au calcaire.
    Le brun correspond à la brunification des sols qui est la pédogenèse commune sous nos climats tempérés
    (formation d’hydroxyde de fer).
    La couleur rouge est due à l’oxydation du fer. Dans le Tarn, elle est héritée de sols anciens formés au Tertiaire
    sous climat plus chaud (tropical). Elle peut aussi être héritée de la roche-mère comme dans le cas des
    « rougiers » de la Grésigne.
    Photo 9 – La couleur hétérogène de ces sols indique ici, qu’ils ont subi une forte érosion : la couleur de la roche-mère
    se devine en observant la surface des sols.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 18 -3.6.
    L’hydromorphie
    Ce sont les marques de l’excès d’eau temporaire ou permanent dans les sols. Il faut décrire la densité des
    traces d’hydromorphie, leur profondeur d’apparition et éventuellement leur intensité.




    Décrire les taches de rouille (fer ferrique oxydé fe+++)
    Décrire les taches plus floues de décoloration (taches grises / verdâtres suite à la disparition du fer ou à
    la présence de fer ferreux réduit fe++)
    Les taches d’oxydo-réductions correspondent à une juxtaposition de taches rouilles et de taches grises
    verdâtres décolorées.
    Prendre en compte les concrétions noires ferromanganiques.
    Description de l’hydromorphie
    Signification agronomique
    Absence de taches rouilles ou grises ou Très bon drainage naturel des sols.
    de concrétions noires ferromanganiques
    sur l’ensemble du profil. TE
    Taches d’oxydo-réduction de densité Sol frais en profondeur.
    moyenne (10 à 30 %) de la surface) en Peu ou pas de contraintes agronomiques.
    profondeur (à plus de 80 cm) E
    Taches d’oxydo-réduction de densité Sol modérément hydromorphe.
    faible (< 10 % de la surface) apparaissant Contraintes agronomiques modérées, ressuyage plus lent, léger
    en dessous de 40 cm de profondeur.
    excès d’eau pour certaines cultures (ail, …).
    Drainage utile pour certaines cultures M
    Quelques taches de rouille (< 5-10 %) Sol modérément hydromorphe.
    dans les horizons de surface (0 – 40 cm). Drainage nécessaire si cultures exigeantes.
    Aptitudes culturales plus faibles si les cultures sont très sensibles
    à l’hydromorphie (ail, …). f
    Taches d’oxydo-réduction d’intensité Sol hydromorphe.
    moyenne (10-30 %) dans les horizons de Drainage souvent utile.
    surface (0-40 cm). f
    Plus de 30 % de taches d’oxydo-réduction Sol très hydromorphe.
    dans les horizons de surface (0-40 cm).
    Drainage très utile ou nécessaire pour la plupart des cultures. tf
    Couleur grise ou gris-bleu-vert continue Présence d’une nappe d’eau permanente dans cet horizon,
    d’un horizon.
    même en été (nappe alluviale par exemple). ttf
    3.7.
    L’état d’humidité
    C’est une appréciation portée à l’aide de sensations tactiles mais aussi à l’aide d’autres perceptions telles que le
    comportement mécanique : un échantillon plastique et malléable paraît humide ou plus, un échantillon friable ou
    fragile semble seulement « frais » ou sec, un sable « boulant » est sec.
    Description :
    Cinq modalités sont reconnues par le glossaire STIPA 1982 :
    − Sec : pas d’humidité décelable.
    − Frais.
    − Humide : échantillon malléable, humidité voisine de la capacité au champ (le sol est ressuyé) ; absence
    d’eau libre.
    − Très humide : début d’eau libre (eau suintante, brillante).
    − Noyé : présence d’eau libre, saturant tout ou partie de la porosité (eau gouttante et remplissant les pores).
    Les modalités «frais» et «très humide» sont des appréciations intermédiaires.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 19 -Intérêts :
    L’appréciation de l’humidité est indispensable si l’on veut interpréter la mesure de la compacité du sol.
    Des différences d’humidité entre les horizons sont le plus souvent un indicateur du drainage interne du sol.
    Par exemple, un fond de labour «très humide» et une semelle de labour «frais à sec» confirment un mauvais
    ressuyage du sol.
    3.8.
    Le test du couteau pour estimer la compacité
    (Tester la compacité sur un sol frais, ni trop humide, ni trop sec (cf § 3.7))
    Type de
    compacité
    Meuble
    Test du couteau
    Signification sur la fertilité agronomique
    Le couteau pénètre facilement. Risque de sol trop creux, mal rappuyé, avec des
    Le matériau n’est pas cohérent. racines velues qui adhèrent mal au sol.
    Peu compact Un léger effort est nécessaire Compacité faible, normale.
    pour enfoncer le couteau Bonne pénétration des racines
    jusqu’à la garde.
    Sol peu portant sauf s’il y a une bonne structuration
    biologique.
    Moyennement Un effort important est Bonne pénétration des racines si le sol est poreux.
    compact
    nécessaire pour enfoncer le Sol portant.
    couteau jusqu’à la garde.
    Compact
    M
    à TE
    TE
    M
    à TE
    Le couteau ne pénètre pas Sol trop compact
    complètement, même sous un Les racines vont pénétrer plus difficilement dans le
    effort important.
    sol (sauf si le sol est très poreux ?)
    L’eau percole plus lentement
    Risque d’hydromorphie f
    à tf
    Très compact Le couteau ne peut pénétrer Horizon très compact empêchant l’eau et les
    que de quelques millimètres racines de pénétrer : excès d’eau en hiver et
    dans le sol.
    sécheresse en été. ttf
    Remarque : il y a souvent confusion entre les adjectifs «massif» (relatif à la structure) et « compact ». Un
    horizon massif, qui présente donc une structure continue (pas d’agrégats), peut n’opposer qu’une faible
    résistance à la pénétration des outils
    Le pénétromètre. Il est aussi possible de tester la compacité en enfonçant verticalement une tige dans le sol.
    Le sol doit être sans « cailloux » et frais (ni trop sec, ni trop humide) pour permettre une bonne interprétation
    agronomique de la compacité. La bêche ou la tarière pédologique permettent aussi d’observer la compacité des
    sols.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 20 -3.9.
    La structure
    3.9.1.
    Le type de structure
    La structure, c’est l’architecture du sol, le mode d’agrégation de ses composants physiques, biologiques et
    chimiques.
    C’est une caractéristique essentielle du sol qui exprime son mode de fonctionnement et qui détermine fortement
    ses qualités agronomiques.
    Type
    Signification sur la fertilité agronomique
    TE – Très bien Structuration biologique par les
    fèces lombriciennes, par les
    racines,…
    E / TE – Elevé à très Elevé Début de structuration
    biologique
    Polyédrique
    angulaire E – Elevé Structuration par la fissuration
    des argiles
    Polyédrique
    subangulaire E – Elevé Structuration par la fissuration
    des argiles et des limons
    Massive
    fissurée f – faible Compactage
    ou reprise en masse.
    Compactage partiel ou début
    de restructuration.
    Massive non
    fissurée
    (cassure nette
    de la motte ou
    de l’élément
    structural) tf – très faible Disparition des agrégats suite à
    un compactage intense
    ou à une reprise en masse
    Lamellaire tf – très faible Compactage intense, croûte de
    battance sédimentaire.
    Grumeleux
    Mixte
    Grumeleux
    à
    polyédrique
    Principaux types de structure
    (d’après Baize, Jabiol – 1995, Soil Survey Manual – 1951, …)
    Autre structure que l’on peut trouver dans l’horizon travaillé : des mottes, plus ou moins poreuses, plus ou
    moins fissurées, sans sous-structure grumeleuse ou polyédrique observable. Décrire la taille de la motte et sa
    porosité interne, par exemple un pore ou une fissure tous les x mm. La fertilité agronomique est fonction de la
    porosité interne de la motte.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 21 -Différentes échelles de structuration du sol :
    Structuration du profil de sol
    Elément de la sur-structure
    Elément de la structure
    Types d’éléments structuraux
    1.
    2.
    3.
    4.
    5.
    6.
    7.
    prismatique
    columnaire
    en plaquettes (feuilletée)
    grenu
    polyédrique subangulaire
    polyédrique angulaire
    grumeleux.
    (d’après Boulaine, INAPG, 1976)
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 22 -3.9.2.
    La taille de la structure
    Type et dimension
    Signification sur la fertilité agronomique
    Grumeleuse
    3 à 10 mm TE – Très Elevé Les gros vers de terre anéciques (1)
    font de gros grumeaux
    Polyédrique
    2 à 5 mm E – Elevé Structuration fine du sol
    Polyédrique
    5 à 10 mm M – Moyenne Structuration moyenne
    Polyédrique
    10 à 30 mm f – faible Structuration grossière
    Polyédrique
    30 à 100 mm tf – très faible Présence de mottes grossières à
    structure interne massive
    Massive ttf – très très faible Horizon très peu fissuré, peu
    perméable pour l’eau, l’air et les racines
    Photo 10 : Etat de surface : structure grumeleuse, turricules, fissuration du sol, pores et galeries suite, principalement, à
    l’activité des vers anéciques.
    (1) « Les anéciques » sont des vers de terre de taille assez grosse (15 cm de long) à très grosses (100 cm) qui vivent
    « verticalement » . leurs galeries verticales leur permettent de s’alimenter en surface (feuilles, cadavres, bouses,…) et de
    s’abriter en profondeur (humidité, températures tempérées). Ils représentent 80% en masse des lombriciens,… et 60 % des
    animaux terrestres (M.B. Bouché).
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
    Structure grumeleuse
    et turricules
  • 23 -3.9.3.
    Le fonctionnement vertical du sol est à favoriser
    25/30 cm
    40/50 cm
    Sol à fonctionnement
    vertical Sol à fonctionnement
    horizontal
    Favorable Défavorable
     Absence de croûte de battance.  Croûte de battance qui favorise les ruissellements de
    surface.
     Galeries de vers de terre de 10 mm de diamètre sur 1
    à 2 mètres de profondeur.  Absence de galeries de vers.
     Fond du labour invisible : diffusion progressive de la
    matière organique en profondeur.  Limite nette entre l’horizon travaillé et l’horizon sous-
    jacent non travaillé (couleur, structure, …) ce qui
    favorise les écoulements d’eau hypodermique.
     Des racines verticales ou obliques 

     Semelle de labour à structure feuilletée.
     Discontinuité structurale : par exemple, un horizon
    superficiel travaillé sur un horizon poreux, structuré
    naturellement (galeries, racines, …).
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
    Semelle de labour à structure massive.
    Changement brutal des horizons du sol : par
    exemple, du limons à une argile compacte, ou
    apparition d’une dalle rocheuse.
  • 24 -3.10.
    Les galeries
    3.10.1.
    Le diamètre maximal des galeries de vers de terre ou des racines
    Le diamètre des galeries de vers de terre est un très bon indicateur du fonctionnement biologique du sol.
    Diamètre (mm) Origine Signification agronomique
    10 – 13 Galerie formée par de très gros
    vers anéciques Très bonne activité lombricienne.
    Présence de gros vers de terre âgés de 10 ou 20
    ans probablement (Bouché 2009).
    5 – 10 Galerie formée par de gros
    vers anéciques 3 – 5 Galerie formée par des
    vers anéciques de taille moyenne
    1 – 3
    0,5 à 1
    Bonne activité lombricienne.
    Moyenne activité lombricienne, à développer.
    Absence de très gros vers adultes.
    Galerie formée
    Faible activité lombricienne.
    par des petits vers (anéciques juvéniles ou Petites galeries créées
    endogés âgés)
    surtout par des petits vers juvéniles.
    Galeries réalisées par les vers ou les
    racines
    Photo 11 : Galerie de 12 mm de diamètre fait par un
    gros vers anécique de 10 ou 20 ans probablement
    (Bouché 2009). Photo de Y. Ferrié.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
    Très faible activité lombricienne.
    Petites galeries créées
    par les petits vers ou par les fines racines
    Photo 12 : Galeries et taches brunes-noires dans ce sol de
    couleur brun rougeâtre. Les vers de terre, par leurs
    déjections, diffusent progressivement la matière organique en
    profondeur.
  • 25 -3.10.2.
    La densité des galeries
    3.10.2.1.
    Densité des grosses galeries de vers de terre (diamètre de 5 à 13 mm)
    La densité des galeries de vers est un bon indicateur de la quantité de vers de terre présents (biomasse
    lombricienne) et donc du fonctionnement biologique du sol.
    Densité
    Signification sur la fertilité agronomique
    Une grosse galerie tous les 3 à 5 cm
    TE
    (soit 625 galeries par m²)
    Continuer à favoriser cette bonne
    activité.
    Une grosse galerie tous les 5 à 10 cm
    (soit 178 galeries par m²)
    Une grosse galerie tous les 20 à 40 cm
    Activité lombricienne Elevée
    E
    Activité lombricienne à améliorer. Moyenne activité lombricienne M
    (soit 2 galeries par m²) Continuer à favoriser le
    développement des vers de terre faible activité lombricienne f
    Pas de grosses galeries Absence de gros vers de terre. très faible activité lombricienne tf
    (soit 11 galeries par m²)
    Une grosse galerie tous les 50 à 100 cm
    3.10.2.2.
    Densité des petites galeries (diamètre de 0,2 à 1 mm)
    La densité des petites galeries est un autre indicateur de la qualité structurale du sol.
    Densité
    (nombre de
    galeries sur 1
    cm²) (nombre de
    galeries sur 100
    cm²) > 10 > 1000 Excellente TTE
    5 à 10 500 à 1000 Très bien TE
    2,5 à 5 250 à 500 Bien E
    0,75 à 2,5 75 à 250 Moyenne M
    0,25 – 0,75 25 à 75 Faible f
    < 0,25 < 25 Très faible tf
    Signification sur la fertilité agronomique
    Des pores de 0,1 cm de diamètre sont visibles à l’oeil nu (Revel JC, 2008, ENSAT, communication orale).
    Très forte activité lombricienne avec une grosse galerie
    tous les 3 à 5 cm (photo MJ. Blazian, 2008) .
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 26 -3.11.
    Les racines
    3.11.1.
    La forme des racines
    La forme des racines est un très bon indicateur de la structure du sol.
     Zone creuse
    Causes possibles :
    − reprise en conditions humides (trace d’outil, lissage),
    − horizon travaillé non rappuyé (cas d’un labour de printemps),
    − creux sur fond de labour (présence de matière organique).

    Zone normale
    Bonne structure et bonne préparation du sol.
    Colonisation dense grâce à une ramification abondante des racines.
    − effet très favorable sur l’alimentation hydrique et la nutrition minérale,
    − utilisation maximale des engrais,
    − peu de risques de sécheresse.

    Zone tassée
    Causes possibles :
    − horizon dur et compact,
    − façons superficielles et conditions humides,
    − passages fréquents d’outils lourds,
    − bande de labour non reprise,
    − récolte du précédent en conditions humides,
    − fonde raie de labour tassé par la roue.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 27 -Racine coudée au
    niveau d’une semelle Racine fil de fer
    dans une motte compactée
    Racines en arrête de poisson
    à la surface des structures
    compactées Racines velues
    dans les creux
    Observation du pivot du tournesol et du colza :

    Des pivots droits, fourchus, obliques et coudés à l’équerre

    Des pivots de 2 cm à 20 cm de long ou plus. Pour le colza, un pivot fourchu est normal.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 28 -3.11.2.
    La densité des racines
    C’est aussi un très bon indicateur de la structure du sol.
    Nombre de racines
    sur 4 cm² Nombre de racines
    sur 100 cm² > 20 > 500 Densité excellente TTE
    10 à 20 205 à 500 Très élevée
    Les éléments fertilisants du sol N, P, K, Ca, Mg, oligoéléments,
    sont très bien valorisés TE
    5 à 10 125 à 250 Élevée E
    5 125 Moyenne
    C’est un minimum pour une bonne valorisation de l’azote du sol M
    2 à 5 50 à 125 faible f
    1 25 Très faible
    L’azote du sol est très mal valorisé tf
    Signification sur la fertilité agronomique
    3.12. La limite entre les horizons, notamment entre l’horizon A de surface et l’horizon
    sous jacent
    Épaisseur
    20 cm, diffuse
    10 à 20 cm
    5 à 10
    1 à 5 cm
    1 cm
    3.13.
    Signification sur la fertilité agronomique
    Très très élevée TTE
    Très élevée TE
    Élevée E
    Moyenne M
    faible f
    vitesse de dégradation des résidus de récolte
    Les résidus de récolte se dégradent plus vite lorsqu’ils sont mélangés à a surface du sol ou recouverts par une
    végétation dense (couverts végétaux ou cultures). La dégradation est plus rapide en conditions chaudes et
    humides. Elle est fortement ralentie en conditions sèches ou très rapides.
    L’enfouissement prfond (20-30 cm) des résidus de récolte par le labour réduit leur vitesse de décomposition
    surtout si le sol et asphyxié (compactage) et/ou hydromorphe. Plus les résidus de récolte se décomposent vite,
    plus le sol est actif bilogiquement. Le tableau ci-dessous doit être interprété avec prudence vu la grande
    diversité des facteurs en jeu.
    Diffusion de la matière organique
    (couleur brun foncé) sous le labour
    grâce à la forte activité lombricienne
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 29 -Signification sur la fertilité agronomique
    Vitesse de décomposition ou d’enfouissement des résidus
    de récolte Pour les résidus mélangés au
    sol ou couverts d’une végétation Pour les résidus
    libres
    à la surface du sol
    Pailles de céréales fortement dégradés après moins de 3 mois.
    Disparition de 50 % des pailles de surface après moins de 2 mois Très Elevée (TE) Excellent (TTE)
    Paille de céréales fortement dégradés après 3 à 6 mois Elevée (E) Très Elevée (TE)
    Rafles de maïs de couleur brune au centre, en cours de
    décomposition après 6 mois Elevée à Moyenne (E/M)
    Rafles de maïs peu décomposées
    après 6 mois
    Moyenne (M)
    Fumier ou pailles présents
    après 1 à 2 ans Activité biologique faible (f)
    Rafles de maïs peu décomposées après 1 an Activité biologique faible (f)
    Cannes de maïs après 3 ans
    Fumier après 5 ans
    3.14.
    Normal ?
    Enfouissement profond par le
    labour.
    Sol qui « roupille » !
    Activité biologique très faible (f)
    Les conclusions sur le sol
    Il est très important de terminer l’observation du sols par une conclusion synthétique qui résume les principales
    caractéristiques observées. Ceci évite de se perdre dans trop de détails. Cette conclusion peut se faire sur
    différents thèmes :
    Les caractéristiques du sol :

    Qualité structurale.

    Texture, cailloux (éléments grossiers).

    Calcaire.

    Activité biologique.

    Profondeur, enracinement, RU.
    Le fonctionnement du sol (pédogenèse) : calcaire, brunifié, lessivé, podzolisé, hydromorphe, jeune ou vieux.
    Les choix agronomiques :

    Le travail du sol : choix du matériel, profondeur de travail, période de travail.

    Les rotations : choix des cultures.

    La gestion des intrants : la fertilisation, les apports d’eau, les phytosanitaires.

    Les aménagements fonciers utiles : drainage, irrigation.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 30 -4. Annexes
    Lombricien anécique
    La couleur foncée des vers de terre anécique leur permet, la nuit, de prélever en surface la litière. Cette couleur
    les protège des prédateurs lorsqu’ils viennent « tirer » vers le sol profond cette matière nutritive (Bouché MB.
    2007).
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 31 -Tableau des analyses de terre de l’ exploitation
    Mettre, sur un tableau, tous les résultats des analyses faites depuis 10, 20 ans , ou plus. Les regrouper par parcelle.
    Tableau des analyses de terre de l’exploitation
    Commune
    Parcelle
    Culture ou
    précédent

    Labora-
    toire
    Date
    Nom de l’agriculteur : ……………………………………………………..
    Commune ……………………………………………………..
    Prof
    cm
    :
    Sol
    Elém ents
    grossiers
    (cailloux)
    %
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
    Argile
    Mat.
    Organ.
    g/kg
    CaCO3 pH
    total Eau
    P205
    Olsen
    P205
    JH
    P205
    DYER
    mg/kg
    K20
    ECH
    Mg0
    Zn
    Cu EDTA
    ECH
    EDTA
    Bore
    EAU
    mg/kg
  • 32 -Comment faire des analyses de terre
    COMMENT FAIRE
    DES ANALYSES DE TERRE
    Quand prélever ?
    La 1ère fois, n’importe quand, en respectant un délai de 2 mois après un apport d’engrais minéral (contenant P,
    K, Mg, oligo-éléments), et 4 mois après un amendement calcique ou organique.
    La période de prélèvement idéale correspond au développement des premières racines de la culture :
    − au semis général,
    − ou avant le début du tallage des céréales,
    − ou au stade verdissement de la prairie (février ou mars selon la région).
    Les fois suivantes : si possible le même mois que la dernière analyse et sur le même précédent (par
    exemple 15 jours ou 1 mois après la récolte de la céréale à paille).
    Comment prélever ?
    Le matériel :


    Prendre un sac plastique neuf (sac de congélation).
    Prendre une gouge (tarière tubulaire, matériel le plus efficace), une tarière ou une bêche et un seau
    propre.
    Où prélever ?
    La 1ère fois :
    − Repérer une zone de sol homogène (ne pas mélanger des sols différents). Pour caractériser une parcelle,
    on choisit la zone homogène la plus importante en surface ; ou à égalité de surface, la moins fertile a priori.
    − Éliminer les endroits anormaux : bordures de champs, anciennes haies, anciens tas de fumier, anciens
    chemins…
    Les fois suivantes : toujours au même endroit selon la méthode ci-dessus.
    Faire un plan précis du lieu de prélèvement et garnir la fiche de renseignements ; les conserver
    précieusement (ou utiliser un GPS).
    Une fiche de renseignements est disponible à la Chambre d’agriculture du Tarn.
    Comment prélever ?


    Faire 15 prises (de sol) sur une surface d’environ
    100 à 200 m² (soit un rayon de 5 à 8 mètres).
    5 – 8 m
    Profondeurs de prise :
    ✗ En non-labour, le sol n’est pas retourné ; les prises se feront
    entre 0 et 10 cm de profondeur.
    Les normes d’interprétation seront peut-être modifiées dans l’avenir car il n’existe pas de référence
    actuellement.
    ✗ En prairie permanente ou de longue durée, les prises se feront entre 0 et 5 cm de
    profondeur, matelas racinaire compris.
    ✗ En labour, les prises se feront sur l’épaisseur de la couche labourée ou moins, jamais en dessous (ex :
    prises de 0 à 20 cm pour un labour de 25/30 cm.)
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 33 -Comment préparer l’échantillon ?


    Bien mélanger la terre et envoyer 400 g à 700 g maximum au laboratoire.
    Étiqueter le sac (nom de l’exploitant, nom de la parcelle ou numéro, date de prélèvement).
    Quelle analyse demander ?


    Soit l’analyse complète : physique + chimique.
    Soit l’analyse chimique : matière organique, calcaire total, calcaire actif, pH eau, P 2 O 5 (Joret-Hébert ou
    Dyer + si possible Olsen), éléments échangeables (K 2 O, MgO, CaO, Na20).
    Il est parfois intéressant d’ajouter une demande complémentaire par rapport aux oligo-éléments : Cu (EDTA),
    Zn (EDTA), Bo.
    D’autres analyses sont possibles, mais elles sont encore peu utilisées : Hérody, biomasse microbienne.
    Où envoyer l’échantillon ?
    Parmi les laboratoires agréés, vous pouvez contacter par exemple :
    Laboratoire Centre Atlantique LCA
    2, avenue de Fétilly – 17074 LA ROCHELLE
    Tél : 05.46 43 45 45
    Laboratoire des Sols
    ZA de Sautès à Trèbes
    11878 CARCASSONNE Cedex 9
    Tél. 04 68 78 69 97
    Interprétation des résultats
    Nous vous conseillons de ne pas tenir compte de l’interprétation agronomique donnée par le laboratoire, mais
    d’utiliser la fiche de conseil réalisée par la Chambre d’Agriculture du Tarn et Arvalis Sud-Ouest.
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 34 -Fiche de renseignements d’un échantillon pour analyse de terre
    Valeurs indicatives pour l’ interprétation des analyses de terre
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 35 -Valeurs indicatives
    pour l’interprétation des analyses de terre
    Très faible
    Matière organique
    (g/kg)
    pH eau
    Sols acides des
    plaines, coteaux et
    piémont
    Faible
    20 30
    5.0 5.5 6.0 6.5
    Risque de toxicité de
    l’aluminium
    P 2 O 5 Dyer (mg/kg) Pas d’impasse 60
    fumure
    renforcée sur
    culture
    exigeante
    P 2 O 5 Joret-
    Hébert (mg/kg) (sols
    Un peu faible
    pour certaines
    plantes exigeantes
    et pour le sol (1)
    5.5
    5.0
    Prairies
    naturelles
    plus
    intensives
    pH conseillé
    (2)
    Luzerne et
    autres
    cultures
    120
    50 « 
     » 15 « 
    60 « 
    80
    7.0
    Risques de blocage
    d’oligo-éléments. Coût
    élevé du chaulage
    400
    180
    Impasse
    possible sur
    culture peu à
    moyennement
    exigeante
    Pas d’impasse
    « 
    7.0
    Attention
    aux risques de blocage
    d’oligo-éléments Cu,
    Zn, B, Mn (ne pas
    dépasser le pH 7)
    6.5
    6.0
    Prairies
    temporaires,
    cultures annuelles,
    orge, triticale,
    seigle, avoine, maïs
    « 
    Très
    élevé ou
    toxique
    Élevé
    15 Sols de montagne
    (sols acides)
    Bien pourvu
    10 Risque de
    toxicité de
    l’aluminium.
    Possible pour
    prairies
    naturelles
    extensives
    pH eau
    Un peu faible
    impasse possible sur
    cultures exigeantes
    120
    « 
    250
    calcaires)
    P 2 O 5 Olsen (mg/kg)
    K 2 O échangeable
    (mg/kg)
    « 
    50
    MgO échangeable
    (mg/kg)
    K 2 O/MgO
    Cu – EDTA (mg/kg)
    Zn – EDTA (mg/kg)
    Bore eau
    (mg/kg)
    Apport de magnésium
    indispensable
    30 « 
    100 « 
    100
    Un peu faible (3)
    Apport de dolomie
    si chaulage
    45  » 100
    180  » 300
    300
    150
    Entretien.
    Apport de
    dolomie si
    chaulage
    Éviter les excès de
    fumure magnésienne
  • Optimum vers 2,5
  • K 2 O/MgO > 2,5 : ne pas apporter d’engrais potassique si le K 2 O échangeable est élevé
  • De trop forts apports de potassium peuvent parfois provoquer une carence magnésienne dans
    les sols pauvres en MgO (exemple : vigne, arboriculture).
  • A corriger éventuellement par des apports de MgO
  • Faible si Cu EDTA /MO (%) < 0,5 pour les céréales et le maïs
  • Faible si (Cu EDTA) X (% d’argile) < 40 sur céréales en sols calcaires
  • Faible si (Zn EDTA < 1 pour pH < 6,3) ou (Zn EDTA < 2 si pH > 6,3)
  • Faible si B < 0,3 (voire < 0,5 en sols calcaires)
  • Faible si B < 0,5 sur tournesol (carence visuelle)
    Estimation des
  • Pour remonter le pH d’une demi-unité (5) : BEC (Kg eqCaO/ha) = 5,5 (A + 5 MO)
    besoins en
    chaulage (BEC) en A (argile), MO (matière organique), exprimés en g/kg
    sol acide
    Profondeurs des prises de sol :
    En non-labour le sol n’est pas retourné ; les prélèvements se feront entre 0 et 10 cm de profondeur.
    Les normes d’interprétation seront peut-être modifiées car il n’existe pas de référence actuellement.
    En prairie permanente ou de longue durée, les prélèvements se feront entre 0 et 5 cm de profondeur,
    matelas racinaire compris.
    En labour, les prélèvements se font sur l’épaisseur de la couche labourée ou moins, jamais en dessous.
    Ex : prélèvement de 0 à 20 cm pour un labour de 25/30 cm.
    Chambre d’Agriculture du Tarn et Arvalis Sud-Ouest, 2005
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 36 -Autres remarques sur les analyses de terre
    Autres remarques sur les analyses de terre
    (1) Un pH eau de 5,5 est un minimum pour toutes les cultures.
    (2) Une meilleure activité biologique de certains organismes (bactéries cellulolytiques ou nitrificatrices,
    lombriciens…) et une meilleure structuration du sol (stabilité structurale plus élevée grâce à l’effet
    probable du calcium Ca) sont observées entre les pH 6 et 6,5.
    Le pH eau de 6 est la limite inférieure pour la luzerne au moment du semis.
    (3) Il y a un risque de carence en magnésium s’il y a un excès de potassium dans le sol.
    Entre 50 et 80 mg/kg de MgO éch., des carences en magnésium sont observées.
    (4) Des sols trop riches en éléments minéraux peuvent entraîner des déséquilibres dans le sol, voire
    des toxicités. Des antagonismes peuvent apparaître :
  • l’excès de P peut bloquer le Zn, Cu, Fe, Ca ?, K ?
  • l’excès de K peut bloquer le Mg, B ?
    Il faudra donc éviter de dépasser les valeurs suivantes (ces valeurs sont indicatives et restent à vérifier)
    :
    P 2 O 5 Dyer > 400 mg/kg, P 2 O 5 Joret-Hébert > 250 mg/kg.
    P 2 O 5 Olsen > 100 mg/kg : K 2 O échangeable > 300 mg/kg, MgO échangeable > 300 mg/kg.
    Excès de phosphore : les sols trop riches en phosphore entraînent un risque de pollution des eaux
    (entraînement du P par ruissellement, érosion hydrique ou lessivage).
    (5)
    pas
    Exemple de calcul des besoins en chaulage : soit un sol avec 180 g/kg d’argile et 15 g/kg de matière
    organique : BEC = 5,5 (180 + 5 x 15) = 1 402,5 kg eq CaO/ha pour remonter le pH eau de 0,5 unité.
    Attention aux unités de mesure : les laboratoires d’analyses, les documents techniques n’utilisent
    tous les mêmes unités.
    Exemple : 0,100 mg/kg de K 2 O = 100 mg/kg = 100 ppm
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 37 -Bibliographie utilisée et quelques documents utiles
  • Arvalis, Chambre d’Agriculture du Tarn, 2005 – Phosphore et potassium. La fertilisation P et K des cultures. Chambre
    d’Agriculture du Tarn, 5p.
  • Baize D, Jabiol B., 1995 – Guide pour la description des sols – INRA éditions, 375 p.
  • Delaunois A. , 2006 – Guide simplifié pour la description des sols. Chambre d’Agriculture du Tarn, 37 p. Disponible sur le site
    http://www.agritarn.com
  • Delaunois A., Hérody Y., Robert J.P., 2006 – La méthode Hérody. Méthode d’étude agronomique des sols mise au point par le
    BRDA Hérody. Application au département du Tarn. Chambre d’Agriculture du Tarn, Bureau de Recherche sur le
    Développement Agricole, 42.
  • Delaunois A., Longueval C., Penalver F. et al, 1995 – Les grands ensembles morphopédologiques de la région Midi-Pyrénées.
    Chambre Régionale d’Agriculture de Midi-Pyrénées, 2 cartes à 1/50 000ème, notices 537 p et 30 p. Disponible sur le site
    http://www.midipyrenees.chambagri.fr/
  • Delecourt F., 1978 – Initiation à la pédologie. Faculté des Sciences Agronomiques de l’Etat de Gembloux (Belgique), 69 p.
  • Diwo Allain S., Rougon D. et al., 2004 – Carabes : auxiliaires des cultures, indicateurs de la biodiversité d’un milieu. CRITT
    INNOPHYT, Orléans, 4 p.
  • Ducerf G., 2006 – L’encyclopédie des plantes bio-indicatrices alimentaires et médicinales. Guide de diagnostic des sols.
    Editions Promonature, 352 p.
  • Ducerf G., 2006 – Conditions de levée de dormance des principales plantes bio-indicatrices. Editions Promonature, 30 p.
  • Soltner D., 2003 – Les bases de la production végétale. Tome 1 : le sol et son amélioration. Coll. Sciences et Techniques
    Agricoles, 472 p.
  • TCS, Techniques Culturales Simplifiées – La revue spécialiste des techniques culturales simplifiées et du semis direct, Groupe
    ATC, Metz.
    Quelques sites net sur le sol :
    http://www.tarn.chambagri.fr/a-votre-service/agronomie-environnement/un-sol-vivant.html
    http://www.agritarn.com/ rubriques/agronomie.asp#sols
    http://www.cra-mp.org/-Carte-des-sols-.html#B#
    http://www.inra.fr/dpenv/faunedusol.htm#lombrics
    http://www.isara.fr/fr/profilcultural/default.htm
    http://www.bretagne-environnement.org/rubrique/le-sol-un-patrimoine-vivant
    http://www.inra.fr/afes/
    http://www.agriculture-de-conservation.com
    http://www.geoportail.gouv.fr ; cartes géologiques au 1/50 000 ème du BRGM.
    Le scarabe doré (Carabus auratus) est un excellent prédateur de limaces, escargots, vers de terre, chenilles, … Il est
    commun en France, mais sa présence diminue fortement, suite aux pesticides et aux labours profonds. (Diwo Allain et
    al, 2004).
    Photo de M. Chevriaux in aramel.free.fr, 2007
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
  • 38 -Lexique
    Anécique (vers) Lombricien, vers de terre de grosse taille qui forment des galeries verticales (cf § 3.9.2).
    Brunifié : Sol brunifié : sol des climats tempérés, de couleur brune suite, notamment, à la présence
    d’hydroxydes de fer (goethite, limonite, …).
    Hydromorphe : Les sols hydromorphes sont des sols qui sont marqués par un excès d’eau temporaire
    ou permanent : taches de fer rouille ou gris-vert, concrétions noires ferromanganiques,
    horizon gris décoloré, …
    Horizon : Couche de sol horizontale ou subhorizontale ayant ses caractéristiques propres. Le profil
    de sol peut être découpé en plusieurs couches ou horizons, précisant ainsi les variations
    verticales du sol.
    Pédogenèse : C’est l’ensemble des processus qui forment le sol. C’est donc le fonctionnement ancien
    et actuel du sol. On parle par exemple de sols bruns, de sols lessivés, de podzol, de sols
    hydromorphes, de sols calcaires, de sols caillouteux, … ce qui permet de typer le
    fonctionnement principal de ces sols.
    Podzol : Nom d’origine russe, de pod (sous) et zol á (cendre). Ce sont des sols où la podzolisation
    est intense, avec présence d’un horizon décoloré et cendreux.
    Podzolisation : C’est un processus d’altération intense des minéraux de la roche-mère en milieu très
    acide. Cette pédogenèse s’observe notamment sur les roches granitiques des Monts de
    Lacaune.
    Roche-mère : Roche dure ou meuble sur laquelle le sol s’est formé.
    RU (Réserve utile C’est la quantité d’eau utile que le sol est capable de stocker pour l’alimentation en eau
    en eau) :
    des plantes. C’est la différence entre le volume d’eau stocké à la capacité de rétention
    (après le ressuyage du sol) et le volume d’eau restant au point de flétrissement (sol très
    sec).
    La RU peut être calculée rapidement en comptant 1 mm d’eau par cm de sol sableux,
    1,6 mm par cm de sol limono-sableux et 2 mm par cm de sol limoneux ou argileux. Il faut
    déduire de cette RU le pourcentage d’éléments grossiers (non poreux).
    La RU se calcule sur la profondeur du sol correctement enraciné. Cette profondeur peut
    être variable : 20 cm (sol très superficiel), 100 cm (sol assez profond), 300 cm (tournesol
    très bien enraciné sur un sol très profond). Des racines de luzerne peuvent être
    observées à plusieurs mètres de profondeur et des racines de chêne vert à plusieurs
    dizaines de mètres.
    T:\p4-environnement\02A_agronomie\sol\guide-sol-agro\2013\2013-guidesolagri.odt
    Guide pour la description et l’évaluation de la fertilité des sols – 2013
    10/03/2014
  • 39 –

https://tarn.chambre-agriculture.fr/fileadmin/user_upload/Occitanie/074_Inst-Tarn/4-AGROENVIRONNEMENT/Ecophyto/agriculture_conservation/Observer_le_sol/GUIDE_OBSERVATION_SOL_CA81.pdf

Cultures de couverture

Joshua J. Miller, associé de recherche postdoctoral, Département de pathologie végétale

Katja Koehler-Cole, associée de recherche postdoctorale, Département d’agronomie et d’horticulture

Au moment de décider de la meilleure façon d’utiliser les cultures de couverture, il est important de considérer l’objectif ultime. Est-ce pour augmenter la matière organique du sol, augmenter la disponibilité des éléments nutritifs pour les cultures suivantes, réduire le compactage du sol, fournir du fourrage au bétail et/ou supprimer les mauvaises herbes ? Répondre à ces questions aidera à identifier les cultures de couverture qui offrent les meilleures chances de succès pour atteindre l’objectif. Principalement, les cultures de couverture sont utilisées pour améliorer la conservation des sols, le cycle et l’approvisionnement en éléments nutritifs et le contrôle des mauvaises herbes. Cependant, ces avantages varient en fonction de l’espèce de culture de couverture qui est plantée, il est donc important de sélectionner le type de culture qui s’intégrera dans votre système de culture actuel, ainsi que de fournir le résultat souhaité.

Il est important de noter que des baisses de rendement de la culture de base suivante ont parfois été observées avec l’utilisation de cultures de couverture, en raison d’une terminaison incomplète, d’une perte d’humidité du sol et/ou d’une immobilisation des éléments nutritifs. Tous ces éléments peuvent être minimisés grâce à une sélection et une gestion appropriées de votre culture de couverture.

Conservation des sols

Les cultures de couverture peuvent être utilisées pour atteindre les objectifs de conservation des sols, en particulier contre l’érosion éolienne et hydrique. Le potentiel d’érosion éolienne dans les régions plus sèches des Grandes Plaines est élevé à la fin de l’hiver et au début du printemps. Les cultures de couverture d’hiver, en particulier les espèces de graminées avec leurs systèmes racinaires étendus, peuvent réduire l’érosion éolienne en maintenant le sol en place et en protégeant la surface du sol. L’érosion hydrique peut également être réduite car les cultures de couverture augmentent l’infiltration. PourPar exemple, les crucifères à racine pivotante, comme les radis et les navets, peuvent pousser à travers des couches de sol compactées et laisser des macropores, canalisant les précipitations vers des couches de sol plus profondes. De plus, la biomasse aérienne réduit l’impact des précipitations, empêchant ainsi le ruissellement du sol (Blanco-Canqui et al., 2015). Dans une parcelle de démonstration d’une seule année au Centre de recherche et de vulgarisation de l’est du Nebraska situé près de Mead, dans le Neb., même la culture de couverture de radis tuée par l’hiver a empêché l’érosion du sol due aux pluies torrentielles du printemps par rapport à la parcelle témoin sans culture de couverture (Figure 1 ) .

Figure 1. Effet de la culture de couverture sur l’érosion du sol (11 mai 2016).

suite…..

https://extensionpublications.unl.edu/assets/html/g2284/build/g2284.htm

Allélophatie

En préalable , on a souvent observer en SCV que le phénomène de l’allélopathie au champ ne fonctionnait correctement qu’à la faveur de pluies d’une certaine importance, c’est certainement ces mouvements d’eau dans les premiers centimètres du sol qui favorisent les échanges de toxines anti-germinative …..En période sèche, ce phénomène est beaucoup moins observable.

https://agritrop.cirad.fr/390382/1/document_390382.pdf

Qu’est-ce qu’une plante allélopathique ?

Une plante allélopathique a la particularité de produire des composés biochimiques qui vont entrainer des interactions biochimiques sur les plantes voisines ou avec des micro-organismes, inhibant leur croissance, empêchant la reproduction d’insectes ou bloquant la germination notamment.

Dès l’antiquité, les hommes ont décrit le comportement de certaines plantes ayant la capacité de freiner la croissance d’autres végétaux. Le terme d’ »allélopathie » fut utilisé pour la première fois en 1937  pour décrire le phénomène de concurrence entre végétaux. Il provient du grec ‘allêlon’ signifiant « réciproque » et ‘pathos’ signifiant « souffrance » : il désigne l’ensemble des interactions chimiques d’une espèce végétale sur les autres.

L’allélopathie, c’est la propriété qu’ont certaines plantes d’émettre des molécules chimiques qui affectent la germination et/ou la croissance des mauvaises herbes. Les effets antigerminatifs sont inoffensifs sur les grosses semences (céréales, soya, etc.) et les transplants, mais affecteront la germination des cultures dont les semences sont plus petites. En utilisant des plantes allélopathiques comme culture de couverture, on peut diminuer la pression des mauvaises herbes tout en récoltant les bénéfices de garder son sol couvert. L’usage de plantes allélopathiques comme intercalaires est aussi possible, mais il importe de s’assurer qu’elles n’auront pas un effet négatif sur la culture. Les avantages ne s’arrêtent pas là, on peut rouler la plante allélopathique comme le seigle pour former ensuite un paillis végétal. La biofumigation est une technique similaire, elle implique d’incorporer dans le sol des crucifères dont la décomposition produira des molécules affectant les maladies du sol et les mauvaises herbes.

Parmi les cultures pouvant être utilisées pour leur allélopathie, on compte surtout le seigle, mais aussi la fétuque élevée, le blé, le pâturin des prés, le sorgho et le radis fourrager.

L’origine du mot vient du grec allelo pour « l’un l’autre » ou « dommage mutuel » et pathos faisant référence à la « souffrance ». Toutefois, les effets ne sont pas toujours dommageables, ils peuvent aussi être bénéfiques, on parle alors respectivement d’allélopathie négative ou positive.

Les composés dits allélochimiques sont à l’origine de l’interaction, ils sont libérés par la plante dans son milieu, par différents canaux : les racines qui exsudent, ou encore les parties aériennes à l’origine de lixiviation et de volatilisation ou même la décomposition de la plante morte.

Dès lors, on comprend mieux l’effet inhibiteur d’une plante allélopathique sur la germination et le développement des adventices, ce qui fait d’elle une alternative aux désherbants intéressante pour limiter les corvées de désherbage et empêcher le recours aux herbicides chimiques.

En permettant de réduire le stock semencier ainsi qu’en agissant sur certains ravageurs et certaines maladies, l’allélopathie contribuerait à réduire les usages de produits phytosanitaires (herbicides, insecticides et fongicides) et leur transfert vers l’air. De plus, par rapport à un sol nu, l’implantation de plantes de services en interculture permet de limiter le phénomène d’acidification des sols s’il la culture est restituée au sol. Elle aura un effet alcalisant.

Par rapport à un sol nu, l’implantation d’un couvert végétal, qu’il ait un effet allélopathique ou non, permet de piéger l’azote et le phosphore. De plus, celui-ci peut éventuellement fixer l’azote atmosphérique s’il contient des légumineuses, et rendre le phosphore disponible à la culture suivante ce qui permettra de limiter les apports en engrais. L’effet allélopathique permettant de réguler la flore adventice ainsi que les attaques de ravageurs, permettrait de réduire l’usage de pesticides et donc permet d’améliorer la qualité de l’eau.

L’azote capté par le couvert pendant son développement est restitué progressivement après sa destruction. Une partie sera directement disponible pour la culture suivante. Le couvert permet aussi d’améliorer la disponibilité en phosphore et en potasse pour la culture suivante (remobilisation des éléments).

Cette technique favorise l’activité biologique du sol, permet d’améliorer les teneurs en matière organique, de stocker du carbone et fixer de l’azote dans le sol, favorisant ainsi sa fertilité.

Cette méthode limite les fuites de nitrates, l’érosion, la battance et l’altération de la structure du sol.

La présence du couvert favorise certaines espèces en leur fournissant refuge et nourriture (insectes auxiliaires, pollinisateurs, macro et microfaune du sol, oiseaux, etc.). Cet effet est variable selon la nature du couvert, par exemple s’il s’agit d’une espèce nectarifère ou pas.

https://www6.inrae.fr/ciag/content/download/6304/46330/file/Vol62-3-Gfeller.pdf

Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41
Les Cultures intermédiaires allélopathiques: un moyen de lutte contre les
adventices ?
Gfeller A. 1 , Wirth J. 1
Agroscope, Systèmes de production plantes, Malherbologie grandes cultures et viticulture, 50 Route
de Duillier, CH-1260 Nyon 1
1
Correspondance : judith.wirth@agroscope.admin.ch
Résumé
Les cultures intermédiaires allélopathiques soulèvent un grand intérêt chez les agriculteurs en tant que
technique de désherbage écologique. L’impact de l’allélopathie par les cultures intermédiaires au
champ est méconnu. Toutefois, nos résultats suggèrent que l’allélopathie est un facteur à considérer. A
contrario des idées reçues, le développement d’une biomasse aérienne importante, créant un fort
ombrage, n’est pas toujours le facteur principal de suppression des adventices. En effet, l’inhibition de
la croissance de l’amarante par le sarrasin, le radis fourrager et la moutarde brune est la même avec un
fort ou un faible ombrage du couvert, suggérant que les exsudats racinaires jouent un rôle important.
Notre approche expérimentale combine des essais au champ et une approche métabolomique.
Mots-clés : Cultures intermédiaires, Suppression des adventices, Allélopathie, Sarrasin, Radis
fourrager, Moutarde brune

  1. La maîtrise des adventices par les cultures intermédiaires
    Les cultures intermédiaires (CI) apportent beaucoup de bénéfices, dont la maîtrise des adventices. La
    réduction des adventices par les CI peut être expliquée par l’action de différents facteurs : i. compétition
    pour la lumière, l’eau, l’espace et les nutriments (Bezuidenhout et al., 2012 ; Kunz et al., 2016). ii. la
    libération des substances allélopathiques. Les substances allélopathiques peuvent être libérées :
  2. par les couverts vivants pendant l’interculture et/ou
  3. par les résidus libérés dans la culture suivante suite à la destruction de la CI (par le gel,
    mécaniquement, par un herbicide) (Farooq et al., 2011 ; Kunz et al., 2016).
    Notre approche consiste à comprendre comment certaines CI suppriment les adventices pendant
    l’interculture et si l’allélopathie joue un rôle important dans la maîtrise des adventices par des CI au
    champ.A. Gfeller et J. Wirth
  4. L’allélopathie, c’est quoi ?
    L’allélopathie est définie comme tout effet direct ou indirect, positif ou négatif, d’une plante sur une
    autre, par le biais de composés biochimiques libérés dans l’environnement (Rice, 1984). Un des
    exemples classique, qui d’ailleurs avait déjà été observé par Pline l’ancien au premier siècle avant J.C.,
    est l’action inhibitrice qu’exerce le noyer sur différentes plantes herbacées ou ligneuses. Lorsque les
    feuilles et tiges de noyer sont lessivées par la pluie, la juglone, un allélochimique très toxique, est
    libérée et inhibe la germination des graines avoisinantes.
    Figure 1: Voies possibles pour la libération des allélochimiques dans l’environnement par une plante donneur
    selon Kobayashi (2004).
    Ainsi l’effet de l’allélopathie est le plus souvent décrit comme un effet inhibiteur de la germination ou
    croissance exercé par une plante (donneur) sur une autre plante (receveur). Les substances
    allélochimiques sont en général des métabolites végétaux secondaires et appartiennent à plusieurs
    familles chimiques comme des dérivés benzéniques (p. ex. sorgoleone du sorgho), des phénoliques
    (p.ex. acide vanillique), des acides hydroxamiques (p.ex. DIMBOA du seigle) ou des terpenes (Latif et
    al., 2016 ; Massalha et al., 2017). Ils sont libérés par volatilisation, lessivage, lixiviation, décomposition
    des résidus ou exsudation racinaires (Figure 1).
    Pour mettre en évidence le phénomène d’allélopathie, la plupart des essais sont effectués en
    laboratoire ou en serre en conditions contrôlées. De nombreuses études utilisent des méthodes
    d’extraction à l’eau ou à l’éthanol des parties aériennes et/ou des racines pour des tests de germination
    avec des graines de cresson ou de laitue par exemple (Kalinova et Vrchotova, 2009). En conditions
    naturelles, l’étude est plus complexe car les interactions biotiques et abiotiques du sol peuvent
    influencer la présence des composés allélopathiques. De plus, de nombreux facteurs, comme les
    conditions environnementales ou l’état phytosanitaire de la plante, influencent la synthèse et la
    libération de ces molécules (Figure 2). La grande difficulté est de séparer la compétition pour les
    ressources des effets allélopathiques, car l’allélopathie dans le champ est subtile et il est compliqué de
    la distinguer de la compétition (Duke, 2015). En général des allélochimiques sont des molécules
    phytotoxiques, qui exercent leurs effets à des quantités faibles, mais constantes ou des
    concentrations croissantes sur des longues périodes (Duke, 2015). L’effet allélopathique peut être dû à
    un composé allélochimique ou à un mélange de molécules. Une fois libérés dans le sol, les propriétés
    34
    Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41Les CIMS allélopathiques: un moyen de lutte contre les adventices
    physiques, chimiques et biologiques des allélochimiques changent (Latif et al., 2016). En plus, les
    composés peuvent être transformés et dégradés par les microbes du sol (Massalha et al., 2017). Pour
    la pratique agricole ceci indique que l’effet allélopathique d’une CI ne sera très probablement jamais
    aussi fiable qu’un herbicide.
    Figure 2 : Induction de la production
    des allélochimiques par des facteurs
    biotique et abiotique selon De
    Albuquerque et al. (2011).
  5. Des cultures « allélopathiques »
    3.1 Grandes cultures
    Chez plusieurs grandes cultures, des effets allélopathiques sont connus (Jabran et al., 2015). Quelques
    allélochimiques responsables pour les effets observés ont été identifiés comme les momilactones A et B
    chez le riz, le DIMBOA chez le seigle et le blé, la sorgoleone chez le sorgho et des composés
    phénoliques chez le tournesol. Pour toutes ces cultures les effets allélopathiques sont très variables
    selon le cultivar (Jabran et al., 2015). Un cultivar allélopathique qui supprime bien les adventices doit
    également produire des bons rendements et ne pas avoir d’impact négatif sur la culture suivante. En
    effet, la production d’allélochimiques peut générer des phénomènes d’autotoxicité, comme chez l’orge
    (Bouhaouel et al., 2015). La sélection d’un cultivar allélopathique est donc un long processus et
    demande beaucoup de travail. Actuellement le premier et seul cultivar allélopathique commercialisé est
    le cultivar de riz Haugan-3 en Chine (Jabran et al., 2015 ; Kong et al., 2011).
    3.2 Cultures intermédiaires
    Contrairement aux grandes cultures mentionnées ci-dessus les connaissances sur les effets
    allélopathiques des CI sont beaucoup plus faibles pour plusieurs raisons.
    3.2.1 Métabolome
    Dans l’état actuel des connaissances, la nature des molécules n’est pas toujours connue, ce qui
    implique la nécessité d’une approche métabolomique très large et donc coûteuse et compliquée.
    3.2.2 Génome
    Une connaissance plus approfondie du génome des CI permettrait pour la recherche fondamentale de
    mieux comprendre les gènes et mécanismes impliqués dans l’allélopathie et profiterait ultérieurement à
    Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41
    35A. Gfeller et J. Wirth
    la recherche agronomique appliquée. Chez le blé, des locus qui sont liés à des traits allélopathiques ont
    été identifiés (Zuo et al., 2012).
    3.2.3 Cultivars
    De nombreux CI, comme la phacélie, existent encore en tant que population et souvent, le nom du
    cultivar n’est pas connu lorsque l’on achète les semences d’une CI dans le commerce Suisse. Nous
    avons été surpris de remarquer des différences marquées de phénotypes entre des lots de sarrasin soi-
    disant de la même variété. Nous pensons que le travail de sélection et distribution des CI est donc très
    en retard par rapport à celui réalisé sur les cultures principales comme le blé.
    De plus les cultivars d’une même CI sont rarement comparés pour leur effet sur le contrôle des
    adventices. La plupart des études scientifiques qui étudient le potentiel allélopathique des CI travaille
    avec un seul cultivar. Nous pouvons citer pour exemple les études réalisées sur le radis fourrager.
    Nous, ainsi que Lawley et al. (2012), avons travaillé avec Raphanus sativus var. longipinnatus, tandis
    que Kunz et al. (2016) ont travaillé avec Raphanus sativus var. niger. Est-ce que ces résultats peuvent
    être comparés? Autant de différences entre les cultivars des CI par rapport à leurs effets allélopathiques
    sont susceptibles d’exister qu’entre les cultivars des grandes cultures. Bertholdsson (2004) a montré
    que les cultivars d’orge apparus les 100 dernières années au Danemark et en Finlande ont perdu de
    leur activité allélopathique, suggérant une dilution des gènes contribuant au potentiel allélopathique par
    les techniques de sélection. La sélection de cultures intermédiaires allélopathiques offre l’avantage de
    pouvoir s’affranchir de la nécessité de sélectionner ces variétés aussi pour leur rendement. Toutefois
    les traits liés aux autres services rendus par les CI devraient si possibles être conservés.
    Des nombreuses CI sont décrits comme allélopathiques dans les articles de vulgarisation et sur
    internet, comme par exemple sur les pages d’Agro-PEPS :
    http://agropeps.clermont.cemagref.fr/mw/index.php/Implanter_des_cultures_interm%C3%A9diaires_%C
    3%A0_effet_all%C3%A9lopathique_ou_biocide,_biofumigation
    Pourtant, les sources ne sont pas citées et lorsque la recherche est approfondie, ces informations
    relèvent plus d’une appréciation que d’une base scientifique. Peu d’études montrent l’effet inhibiteur de
    différents CI sur la croissance des adventices dans des expériences au champ et en laboratoire (Jabran
    et al., 2015 ; Kunz et al., 2016). À notre connaissance l’effet allélopathique exercé par les CI vivantes
    pendant l’interculture au champ n’a pas encore été prouvé. Notre expérience et nos connaissances
    bibliographiques indiquent que les CI qui montrent un bon potentiel allélopathique sont des céréales,
    des brassicacées et le sarrasin, toutefois nous ne sommes pas exhaustifs dans cette liste. Le pouvoir
    allélopathique des légumineuses est difficile à prouver par le fait qu’elle apporte des avantages
    compétitifs aux plantes voisines via la fixation de l’azote qui masquerait l’effet allélopathique, s’il en
    existe un chez les légumineuses.
  6. Notre projet de recherche
    Le but de nos essais est de comprendre pourquoi certaines CI vivantes contrôlent bien les adventices
    et si l’allélopathie joue un rôle important au champ, c’est-à-dire si la suppression des adventices est
    liée à la libération d’allélochimiques dans le sol. Pour cela nous avons mis au point un système
    permettant de séparer les différents facteurs de concurrence notamment l’ombrage des éventuels
    phénomènes allélopathiques.
    4.1 L’ombrage n’est pas le facteur principal dans la suppression des
    adventices
    Il est connu que de nombreuses CI suppriment fortement les adventices pendant l’interculture, comme
    par exemple le sarrasin (Fagopyrum esculentum Moench) (Creamer et Baldwin, 2000 ; Kumar et al.,
    2009), la moutarde brune (Brassica juncea (L.) Czern.) (Björkman et al., 2015) et le radis fourrager
    36
    Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41Les CIMS allélopathiques: un moyen de lutte contre les adventices
    (Raphanus sativus var. longipinnatus L.H. Bailey) (Lawley et al., 2012). Nous avons pu le confirmer
    dans des essais au champ pendant trois années de suite (Tableau 1). Le sarrasin supprimait des
    adventices pour au moins 95%, la moutarde brune 91% et le radis fourrager 93% par rapport à un
    témoin sol nu sans CI.
    Tableau 1 : Suppression des adventices par le sarrasin (var Lileja), la moutarde brune (var Vitasso) et le radis
    fourrager (var Structurator) entre 2013 et 2015 dans des essais au champ. La suppression est calculée par
    rapport au témoin sol nu sans CI.
    année
    2013
    2014
    2015
    moutarde
    daikon
    brune
    Suppression des adventices (%)
    100
    100
    95
    91
    93
    100
    98
    sarrasin
    De nombreuses études montrent qu’il y a une corrélation entre la biomasse des couverts et leurs effets
    suppressifs sur les adventices (Finney et al., 2016 ; Lemessa et Wakjira, 2015 ; Wittwer et al., 2017).
    Un développement juvénile rapide et une biomasse importante crée un ombrage aux adventices. Des
    études suggèrent que la suppression des adventices est due à la réduction par les couverts de la
    lumière solaire disponible (ombrage) (Brust et al., 2014 ; Uchino et al., 2011). Avec l’installation des
    filets dans les CI nous avons étudié l’impact de l’ombrage sur la croissance des adventices. Ces filets
    permettent d’écarter le matériel végétal et de fortement diminuer l’ombrage sur les adventices (Photo 1).
    Photo 1 : Dispositif au champ
    pour tester l’influence de
    l’ombrage sur la croissance de
    l’amarante .
    Dans nos recherches nous avons choisi comme plante modèle, l’amarante (Amaranthus retroflexus),
    une adventice typique des cultures d’été. Nous avons pu observer une forte suppression de l’amarante
    sous les couverts à l’ombre : sarrasin (≥ 87%), moutarde brune (≥ 94%) et radis fourrager (≥ 94%)
    (Tableau 2, ombrage fort).
    Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41
    37A. Gfeller et J. Wirth
    Tableau 2 : Suppression de la croissance de l’amarante par différents couverts entre 2013 et 2015 dans des
    essais au champ. Les amarantes poussaient soit sous la CI (ombrage fort) soit entre deux filets qui écartaient les
    feuilles (ombrage faible). La suppression est calculée par rapport au témoin sans CI (sol nu).
    année sarrasin
    ombrage
    fort sarrasin
    ombrage
    faible
    2013
    2014
    2015 100
    87
    99 94
    89
    99
    moutard
    brune
    ombrage
    fort moutarde
    brune
    ombrage
    faible
    100
    94 97
    88
    daikon
    ombrage
    fort daikon
    ombrage
    faible
    94
    99 92
    99
    Si l’ombrage des couverts (= biomasse importante) est un facteur significatif dans la suppression de
    l’amarante, la diminution de l’ombrage par les filets devraient augmenter sa croissance. Pourtant, dans
    nos essais au champ, la suppression de l’amarante en faible ombrage entre les filets est presque
    toujours la même que sous le couvert (Tableau 2, ombrage faible). Des petites différences peuvent être
    observées pour le sarrasin en 2013 et la moutarde en 2014 ou l’adventice poussaient mieux avec plus
    de lumière. Sur la base de nos résultats nous concluons que l’ombrage n’est pas le facteur principal de
    la suppression de l’amarante par le sarrasin, la moutarde brune et le radis fourrager. D’autres facteurs
    doivent donc être responsables pour les effets observés. Nous supposons que l’allélopathie joue un rôle
    important (Gfeller et al., 2018).
    Pourtant, dans la littérature scientifique il n’existe aucune preuve pour l’effet allélopathique de ces trois
    CI. L’état actuel des connaissances sur le sarrasin est résumé dans une review (Falquet et al., 2015).
    Les moutardes sont connues pour leurs effets de biofumigation après incorporation dans le sol. Ils
    contiennent des glucosinolates qui sont hydrolysés par l’enzyme myrosinase pour former des
    isothiocyanates qui peuvent être toxiques pour les adventices. Les glucosinolates s’accumulent dans
    les tissus végétaux et sont également sécrétés par les racines (Schreiner et al., 2011). La moutarde
    brune a été étudiée dans des essais aux États-Unis (Björkman et al., 2015). Ces études ont également
    pu montrer que la suppression des adventices par la moutarde brune était indépendante de sa
    biomasse aérienne. Ils concluent que ce résultat n’est pas attendu si la compétition pour la lumière et
    l’eau sont les principaux mécanismes de suppression. Björkman et al. (2015) ont également étudié si
    l’effet suppressif sur les adventices était plus fort avec les variétés de moutardes avec des teneurs
    élevées de glucosinolates. Pourtant, aucune différence sur la suppression des adventices n’a pu être
    montrée entre des variétés ayant des teneurs en glucosinolates variables. En ce qui concerne le radis
    fourrager des hypothèses différentes existent. Dans une récente étude, Kunz et al. (2016) concluent
    que la suppression des adventices par le radis fourrager en automne est due à des effets compétitifs et
    allélopathiques. Cependant, les effets biochimiques/allélopatiques ont été étudiés avec des extraits
    aqueux des parties aériennes et racinaires du radis fourrager cultivé en pot. Il n’a pas été testé si les
    mêmes composés allélochimiques sont présents au champ en quantité suffisante pour avoir un effet
    suppressif sur les adventices. Lawley et al. (2012) ont également étudié la suppression des adventices
    pendant l’interculture en automne et concluent que le développement rapide du radis fourrager en
    automne concurrence les adventices et est responsable de l’effet observé. Dans leur étude il ne trouve
    pas d’indications d’effets allélopathiques.
    4.2 Essais au phytotron
    Dans nos essais au champ nous avons pu supprimer l’effet d’ombrage des couverts. Par contre, en
    plus de la lumière la compétition pour les ressources comprend l’eau, les éléments nutritifs et l’espace.
    Dans des conditions naturelles, il est difficile de garantir un apport en eau et en éléments nutritifs
    38
    Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41Les CIMS allélopathiques: un moyen de lutte contre les adventices
    suffisant et régulier. Nous avons donc mené des expériences en pot dans des conditions contrôlées en
    phytotron. Dans un premier temps nous avons supprimé l’ombrage avec des filets et séparé les racines
    des deux espèces par une barrière en plastique. Ainsi nous avons montré que la suppression de
    l’amarante par le sarrasin est due à l’ombrage et à des interactions racinaires potentiellement
    allélopathiques entre les deux espèces (Falquet et al., 2014). Actuellement, nous travaillons avec un
    tissu (30 µm) qui nous permet d’étudier si les exsudats racinaires diffusent d’une plantes à l’autre. Ces
    expériences en cours indiquent que la suppression de l’amarante par le sarrasin est (en grande partie)
    due à des exsudats racinaires du sarrasin. Nous supposons que le même mécanisme joue un rôle
    important au champ ce qui pourrait expliquer la suppression de l’amarante en absence d’ombrage, ce
    qui reste à prouver.
    4.3 Approche métabolomique
    Nos recherches se concentrent sur le rôle des exsudats racinaires dans la manifestation d’un effet
    allélopathique. Les racines sont une zone métaboliquement active qui joue un rôle essentiel dans les
    interactions avec la rhizosphère et la principale voie par laquelle les allélochimiques atteignent le sol
    environnant sont les exsudats racinaires (Massalha et al., 2017). Dans notre recherche, nous
    considérons que, pour trouver de nouveaux phénomènes allélopathiques, la présence de compétiteurs,
    dans notre cas les adventices, est nécessaire. En effet, toute stratégie de défense est coûteuse pour la
    plante car elle nécessite des ressources qui pourraient être utilisées dans la croissance ou la
    reproduction. Ainsi si le coût lié à la défense est inférieur au coût lié à la perte engendrée par la
    présence des compétiteurs, la plante a intérêt de produire des composés allélopathiques. Suite à ces
    hypothèses, nous cherchons à connaître la réponse d’une CI, le sarrasin, à la présence d’une
    adventice. Est-ce qu’il y a une reconnaissance de la présence de l’adventice ? Est-ce que la
    reconnaissance par le sarrasin induit la production et libération de molécules affectant la croissance et
    le développement de l’adventice? Ceci a déjà été démontré chez le riz (Zhao et al., 2005) et le sorgho
    (Dayan, 2006), car les allélochimiques étaient déjà connus et mesurables. Dans notre cas, il est difficile
    d’isoler et d’identifier des allélochimiques dans le sol car c’est un environnement très complexe et riche
    en composés très variés. Nous avons pris parti de nous éloigner de la réalité agronomique en utilisant
    des modèles simplifiés. Le sarrasin est cultivé dans de l’agar ou du sable en présence ou absence de
    l’adventice. Les composés intéressants sont ceux produits lorsque le sarrasin est en présence de
    l’adventice. Le risque est que l’exsudation des racines soit différente dans ces conditions
    « artificielles », toutefois la présence des molécules sera vérifiée ultérieurement dans la terre du champ.
    Après avoir extrait les exsudats, la séparation des composés chimiques se fait par des techniques de
    chromatographie couplée à la spectrométrie de masse (LC-MS). Cette technique ne permet d’identifier
    la molécule que si celle-ci est déjà répertoriée dans les bases de données et donc connue, ce qui n’était
    pas le cas pour les composés intéressants exsudés par le sarrasin. En effet, les études
    métabolomiques sur le sarrasin ont été pour la plupart réalisées sur des farines de sarrasin avec des
    objectifs différents des nôtres. Il nous faudra donc purifier les composés d’intérêts et les identifier par
    résonance magnétique nucléaire (RMN), un travail long et laborieux. Des résultats préliminaires
    montrent que les exsudats et le potentiel allélopathique du sarrasin sont différents s’il est en présence
    de l’amarante.
    Conclusions et perspectives
    Nos contacts avec les agriculteurs et notre propre expérience nous ont montré que l’efficacité des CI
    est parfois variable, il est nécessaire d’améliorer la fiabilité des CI. L’utilisation de cultivars respectant
    les mêmes règles de sélection que les cultivars élaborés pour les cultures principales nous paraît un
    élément important. Actuellement, l’allélopathie des cultures intermédiaires n’a pas été prouvée au
    champ car nous ne connaissons pas les mécanismes impliqués. Plusieurs indices suggèrent que le
    Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41
    39A. Gfeller et J. Wirth
    sarrasin supprime l’amarante via des exsudats racinaires allélopathiques. Nous travaillons à identifier
    les composés allélopathiques impliqués chez le sarrasin. Cette approche sera ensuite élargie à d’autres
    CI. Le but sera la mise en évidence des différences variétales au sein d’une CI pour le caractère
    allélopathique et l’étude du potentiel d’amélioration lié à ce trait et son efficacité en champ.
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    https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/fr/
    Pour la citation et la reproduction de cet article, mentionner obligatoirement le titre de l’article, le nom de tous
    les auteurs, la mention de sa publication dans la revue « Innovations Agronomiques », la date de sa
    publication, et son URL).
    Innovations Agronomiques 62 (2017), 33-41
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https://hal.science/hal-01770356/document

https://hal-agroparistech.archives-ouvertes.fr/hal-01357168/document

Structuration du sol

Type de racines

Les systèmes racinaires des plantes se répartissent entre deux structures extrêmes : les racines en pivot et les racines en fascicule.Les racines en pivot, comme le radis, permettent de structurer la terre en profondeur, en creusant des sillons. Les racines en fascicule, type maïs , sont généralement plus en surface où elles forment un réseau dense.Dans les deux cas, ces racinent permettent de créer de la porosité, donc d’aérer le sol et de faciliter le passage de micro-organismes et de futures racines.Racines pivotante (à gauche) et fasciculée (à droite) (©Équipe projet ingénieur)
https://www.supagro.fr/ress-pepites/PlantesdeCouverture/co/3_1_3_structuration_sol.html

Profondeur d’enracinement

Pour choisir les plantes de couverture les plus adaptées à la culture principale, il faut connaître les profondeurs d’enracinement. En effet, un couvert préparera d’autant mieux le sol qu’il travaille à des profondeurs similaires à celles des racines suivantes. On classe généralement les plantes de couverture en trois groupes, selon que leur enracinement est superficielintermédiaire ou profond.

Par exemple, le maïs a en moyenne des racines capables d’atteindre plus d’un mètre de profondeur au moment de la floraison. Il est donc judicieux de choisir des plantes de couverture d’enracinement profond.

L’utilisation d’un couvert composé d’un mélange d’espèces peut s’avérer payante en ce qu’elle permet de travailler à différentes profondeurs avec tous les types de racines.

Structuration par l’activité biologique

En addition de la structuration directe du sol mentionnée précédemment, les couverts végétaux favorisent aussi la structuration du sol de manière indirecte, via lactivité biologique. En effet, les plantes de couverture permettent de créer de la biomasse qui nourrit les organismes du sol. De plus, la création de porosité favorise le développement de ces organismes. Par exemple, les vers de terre privilégient les conduits creusés par des racines pour se déplacer. Or, ces organismes du sol améliorent aussi la structure du sol. Prenons l’exemple des champignons. Ceux-ci sécrètent une molécule, la glomaline, qui tient le rôle de colle dans le sol et permet de stabiliser les agrégats de terre. Donc plus la plante s’associe avec des micro-organismes (par exemple via les mycorhizes pour les champignons), plus elle favorise la structuration physiquechimique et biologique des sols.

https://agriculture-de-conservation.com/IMG/pdf/dossier_TCS_57.pdf

Une serre collectrice d’eau de rosée fournit des légumes et de l’eau en Éthiopie

https://agroalimentando.com/nota/6941

L’eau de rosée peut aider les agriculteurs des climats arides à cultiver des légumes frais, même en période de sécheresse . Dédiée à la création d’un système agricole autosuffisant en Éthiopie, cette serre aide à recueillir la rosée qui, autrement, s’évaporerait dans l’atmosphère. Avec le collecteur d’eau de rosée, les agriculteurs peuvent produire de l’eau potable, pour l’irrigation et pour la consommation humaine.