🌿 Quand les plantes peuvent aussi « boire » par leurs feuilles
Une plante se nourrit principalement en eau par ses racines. Mais ce n’est pas sa seule porte d’entrée.
La recherche montre que de nombreuses plantes peuvent absorber de l’eau directement par leurs organes aériens, notamment leurs feuilles. Ce phénomène est appelé absorption foliaire d’eau (foliar water uptake).
🌧️ Le système eau–plante–atmosphère est plus complexe qu’on ne le pense
☁️ ATMOSPHÈRE pluie • rosée • brouillard • condensation🌿 FEUILLES absorption foliaire possible🌱 PLANTE → RACINES → SOL eau du sol → racines
L’eau peut donc entrer par le sol et les racines, mais aussi, chez de nombreuses espèces, par les surfaces aériennes lorsque les conditions sont favorables. L’absorption foliaire peut réhydrater localement les tissus et, selon l’espèce et les conditions, contribuer au bilan hydrique de la plante.
💧 LE SAVIEZ-VOUS ?
Des études montrent une capacité d’absorption foliaire dans des plantes appartenant à de nombreuses familles et à des biomes très différents. L’eau peut provenir de la pluie, de la rosée ou du brouillard et pénétrer par différentes voies de la surface foliaire. L’importance de ce phénomène varie fortement selon les espèces.
Attention : une atmosphère très humide ne signifie pas automatiquement qu’une plante absorbe beaucoup d’eau. La présence d’une source d’eau et d’un gradient de potentiel hydrique favorable sont déterminants. L’eau liquide déposée sur les feuilles — pluie, rosée, brouillard ou condensation — est particulièrement importante.
🌫️ Pluie, rosée, brouillard : plusieurs formes d’eau disponibles
🌧️Pluie💧Rosée🌫️Brouillard🌿Feuillage mouillé eau disponible à la surface → absorption foliaire possible
🔬 CE QUE DIT LA SCIENCE
Une synthèse publiée dans Plant, Cell & Environment conclut que l’absorption foliaire d’eau est observée dans des plantes de nombreuses familles et de nombreux biomes. Elle dépend notamment des gradients de potentiel hydrique et des caractéristiques de la surface foliaire. Les voies d’entrée peuvent impliquer la cuticule, les stomates ou des structures spécialisées.
Mais il faut rester prudent : toutes les plantes n’absorbent pas l’eau par leurs feuilles avec la même efficacité, et la quantité absorbée peut être faible par rapport à l’alimentation racinaire. Il s’agit d’une voie complémentaire, dont l’importance dépend de l’espèce et de l’environnement.
🌾 Pourquoi les SCV changent la façon de regarder l’eau
Les Systèmes de Culture sous Couverture Végétale ne se limitent pas à « ne pas labourer ». Ils cherchent à maintenir le sol couvert, à favoriser l’infiltration, à réduire l’évaporation et à maintenir un fonctionnement biologique actif.
La FAO rappelle que la couverture organique protège le sol, favorise l’infiltration et limite l’évaporation de l’humidité du sol. Des travaux récents sur les cultures de couverture et le travail réduit confirment également des effets favorables sur l’humidité du sol et l’infiltration.🌧️ PLUIE🌿 COUVERT VÉGÉTAL + RÉSIDUS🌍 SOL PROTÉGÉ → infiltration ↑ • évaporation ↓
Le couvert agit donc comme une interface entre l’atmosphère et le sol. Il intercepte une partie des précipitations, protège la surface, modifie le microclimat et contribue à conserver l’eau dans le système. La plante elle-même devient également une interface active entre atmosphère et sol.
📌 À RETENIR
Les racines restent la principale voie d’alimentation en eau pour la plupart des cultures. Mais elles ne sont pas l’unique voie possible. La feuille peut, dans certaines circonstances, récupérer une partie de l’eau déposée sur sa surface.
En période de déficit hydrique, une pluie ou une rosée peut donc avoir un effet direct sur la réhydratation de la végétation, sans attendre que toute l’eau atteigne le sol puis les racines.
🌍 Repenser le cycle de l’eau dans l’agriculture
Cette connaissance nous invite à dépasser une vision trop simple du cycle de l’eau :
Pluie → sol → racines → plante → atmosphère
Le système réel ressemble davantage à un réseau d’échanges :
Dans cette vision, la végétation n’est pas seulement une consommatrice d’eau. Elle participe à son interception, à sa redistribution, à son stockage temporaire et à ses échanges avec l’atmosphère.
📌 Conclusion — Chaque goutte compte
Comprendre l’absorption foliaire ne signifie pas que les racines deviennent secondaires. Cela signifie que le fonctionnement hydrique d’une plante est plus intelligent et plus complexe que le simple schéma « racines qui boivent, feuilles qui transpirent ».
Pour l’Agriculture de Conservation des Sols et les SCV, cette vision est particulièrement intéressante : il faut raisonner non plus seulement en termes de réserve d’eau dans le sol, mais en termes de système sol–plante–atmosphère.
Conserver l’eau, ralentir son départ, favoriser son infiltration, maintenir le sol couvert, préserver la vie du sol et comprendre les capacités de la plante à utiliser les différentes sources d’eau : voilà une autre manière de penser l’agriculture face au stress hydrique.
🌱 Ne considérons plus la pluie comme une simple recharge du sol. Elle peut aussi, parfois, être une aide directe pour la plante.
Sources scientifiques principales : revues et travaux sur l’absorption foliaire d’eau (Plant, Cell & Environment ; Oecologia ; Trends in Plant Science ; Journal of Experimental Botany) et FAO sur la couverture des sols en Agriculture de Conservation.
Nous vivons une contradiction permanente et absurde. Tous les hivers, les mêmes territoires sont inondés. Tous les étés, les mêmes territoires se retrouvent à sec. On nous explique alors que « l’eau manque ». Pourtant cette eau est passée chez nous. Elle a simplement été évacuée le plus rapidement possible vers la mer au lieu d’être retenue, infiltrée et remise en circulation dans les terres.
L’eau n’est jamais réellement « usée ». Elle est maltraitée. Elle est jetée. Elle est empêchée de faire son travail.
Cette réflexion part de constats simples et anciens :
Plus les continents sont verts, plus ils ont d’eau.
Sans eau, le soleil devient notre ennemi.
La disparition de la couverture végétale des sols est à l’origine de la plupart des maux que nous observons sur la Terre et dans la terre.
L’augmentation des températures et du taux de CO₂ ne sont pas les causes premières de nos difficultés hydriques ; elles en sont souvent les conséquences de la désertification progressive des sols.
À ces constats s’ajoute un scandale silencieux : les matières organiques issues des effluents humains – qui sont des fertilisants essentiels à la vie des sols agricoles – sont massivement gaspillées. Au lieu de retourner aux terres pour les nourrir, les hydrater et les rendre performantes, elles sont rejetées dans les rivières et finissent dans la mer. Ce dossier primordial a toujours été très mal géré par nos décideurs. Il est d’ailleurs très mal vu dans les campagnes électorales, car il oblige à parler de budget impossible, d’égouts, de boues et de recyclage réel plutôt que de slogans électoralement porteur.
Pourtant, l’efficacité de la récupération des fertilisants en cycles fermés est la principale solution à notre sécurité alimentaire. Un sol vivant, hydraté, performant et robuste est capable de filtrer l’eau, de retenir l’humidité et de produire des aliments à haute valeur nutritionnelle. Un sol mort et sec n’a pas cette faculté… C’est pourtant exactement l’inverse de ce que nous organisons aujourd’hui en réduisant les cycles de l’eau.
L’objectif de ce document est de redonner aux citoyens les clés d’un minimum de compréhension du fonctionnement réel de la Nature. Il s’agit de remettre du bon sens dans les débats sur l’eau, les sécheresses, les inondations, l’agriculture, l’alimentation et l’avenir robuste de l’humanité.
La solution est limpide : faire l’inverse de presque tout ce qui a été fait pendant ces dernières années. Retenir l’eau dans les terres par tous les moyens possibles, recycler réellement l’eau et les matières organiques, au lieu de tout jeter à la mer.
En agriculture , les sols compactés sont une catastrophe pour la gestion de l’eau des cultures…
Chapitre 2 – Le sol vivant et la végétation :
La pompe, l’éponge et le fertilisant
Tout commence par le sol.Lorsqu’un sol est tassé, compacté, appauvri en vie biologique et en matière organique, l’eau de pluie glisse en surface. Elle ruisselle, érode, provoque des crues rapides et n’alimente ni les racines ni les nappes phréatiques.
C’est le schéma classique du sol mort ou mourant.
Lorsqu’un sol est vivant – structuré, aéré par les racines et les vers de terre, riche en matière organique, riche en activité biologique – l’eau descend, circule . Elle s’infiltre, est stockée, mise à disposition des plantes, et rejoint lentement les réserves souterraines ou peut même, dans certaines conditions remonter vers les racines des plantes par capillarité. Chaque goutte de pluie devrait idéalement passer par les sols. C’est la condition première d’un cycle hydrologique sain. Cela implique aussi de viser, autant que possible, aucun rejet direct en rivière des eaux qui pourraient s’infiltrer.La végétation joue un rôle encore plus actif. Elle fonctionne comme une pompe à eau infatigable. Elle puise l’eau dans le sol, bien sûr. Mais elle utilise aussi une part conséquente de l’humidité de l’air : rosées, brouillards, pluies fines, moments d’hygrométrie favorable. Elle fait monter cette eau, la fait circuler, puis la restitue à l’atmosphère par transpiration.Cette circulation permanente entretient les cycles complexes de l’eau. Elle crée de la fraîcheur locale, de l’humidité relative, et participe au recyclage de l’eau à l’échelle géographique. Faire circuler l’eau avec la végétation n’est pas un accessoire : c’est ce qui maintient la vie.Mais un sol et son activité biologique ne reste vivant que s’il est nourri. Or les matières organiques issues des effluents humains sont précisément des fertilisants essentiels (azote, phosphore, potassium, carbone organique). Au lieu de les renvoyer aux sols agricoles pour les rendre plus robustes, plus capables de retenir l’eau et de produire des aliments de qualité, nous les gaspillons massivement. Les agriculteurs, eux sont capables de gérer correctement les effluents des animaux de leur élevage depuis longtemps, mais la société peut faire beaucoup mieux…Un sol privé de ces retours de matière organique s’appauvrit, se tasse, perd sa capacité de filtration et devient progressivement un désert.Un sol sec est un sol mort. Un sol mort devient un désert. Maintenir les sols en vie avec de l’eau et avec les fertilisants organiques recyclés n’est donc pas une option : c’est la base de la sécurité alimentaire et de la résilience.
Chapitre 3 – L’évaporation n’est plus un problème :
Elle est la base du cycle et de la solidarité géographique
Dans la représentation dominante, l’évaporation est souvent présentée comme une « perte ». C’est une erreur fondamentale.L’évaporation (et plus précisément l’évapotranspiration) est le moteur du cycle de l’eau. C’est elle qui permet à l’eau de se déplacer, de créer de la solidarité géographique, de retomber plus loin sous forme de pluie. L’eau qui s’évapore ici ne disparaît pas : elle participe à la vie ailleurs.Plus un territoire est vert et vivant, plus il recycle l’eau, plus il en conserve localement, et plus il en envoie vers d’autres régions. C’est une loi ancienne, observable sur tous les continents. Les grands déserts et les zones dévegetalisées montrent exactement l’inverse : l’eau y circule mal, s’évapore brutalement ou ruisselle sans profiter au sol.La sécheresse n’est donc pas seulement un manque de pluie. C’est d’abord un manque de circulation de l’eau. Et cette circulation dépend directement de la présence de sols vivants, hydratés et nourris en matière organique.
Chapitre 4 – Le grand dysfonctionnement urbain :
Le « tout-à-l’égout » est un « tout-à-la-rivière » qui gaspille l’eau et les fertilisants
Les villes gèrent-elles correctement l’eau (et les matières organiques) que la campagne et les habitants leur confient ? La réponse, aujourd’hui, est non.Recycler l’eau ne signifie pas l’évacuer et la jeter. Or c’est exactement ce que font la plupart des agglomérations françaises. Dès qu’il pleut un peu fort, les stations d’épuration saturent. Elles se vident alors directement dans les rivières. Ce n’est pas un accident exceptionnel : c’est le fonctionnement normal du système unitaire encore largement dominant. À chaque pluie, partout en France, c’est le même scénario.Des millions de mètres cubes d’eau et des millions de tonnes de matière organique sont ainsi rejetés chaque année dans les cours d’eau au lieu d’être recyclés vers les sols agricoles. Les stations d’épuration « à la française » ne traitent par ailleurs quasiment pas les médicaments et de nombreux micropolluants. Le résultat est une contamination chronique de nombreux territoires. On préfère souvent ne pas en parler, car ce dossier est politiquement très sensible et très mal vu en période électorale.Cette logique a une double conséquence catastrophique :
Les prélèvements d’eau ne sont pas rendus aux bassins versants. Ils sont jetés en rivière après un traitement sommaire, puis finissent dans la mer. Les nappes phréatiques baissent non pas parce qu’il n’y a plus d’eau, mais parce que l’eau n’est plus recyclée là où elle devrait l’être.
Les matières organiques et les fertilisants essentiels (azote, phosphore, etc.) sont perdus pour les sols agricoles. Au lieu de nourrir la terre qui nous nourrit, ils polluent les rivières et les mers.
Le « tout-à-l’égout » est devenu un « tout-à-la-rivière » qui aboutit à la mer. C’est une désertification organisée des sols agricoles et un gaspillage massif de fertilisants naturels. Ce dossier primordial a toujours été très mal géré par nos décideurs, précisément parce qu’il oblige à sortir des discours confortables.
Chapitre 5 – L’eau qui manque l’été est toujours passée l’hiver – et les fertilisants aussi
Tous les hivers, la France laisse partir à la mer environ dix fois plus d’eau que l’ensemble de ses besoins annuels. Avec cette eau partent aussi les matières organiques et les nutriments qui auraient dû retourner aux sols.On est inondé l’hiver et à sec l’été aux mêmes endroits. Dans ces conditions, affirmer que « l’on manque d’eau » est une mystification. Tant qu’il y a des inondations, c’est qu’il n’y a pas assez de rétention. Après les feux de forêt viennent les inondations, et l’on recompte les morts et les milliards d’euros de dégâts.L’eau qui nous manque l’été est toujours passée par chez nous l’hiver. Elle a simplement été accélérée vers la mer au lieu d’être ralentie, stockée, infiltrée… et enrichie des fertilisants organiques qui auraient permis aux sols de la retenir et de la valoriser.
Chapitre 6 – Histoire et perte du bon sens
Les périodes chaudes et sèches ne sont pas le monopole du XXIe siècle. Les cartes de Cassini (fin XVIIIe – début XIXe siècle) montrent un paysage français déjà parsemé de nombreux étangs, mares et zones humides qui servaient de réserves et de régulateurs naturels.
En quelques années seulement, la politique de « continuité écologique » des cours d’eau, appliquée de façon souvent dogmatique, a fait disparaître des milliers d’ouvrages qui ralentissaient l’eau, créaient des retenues et favorisaient l’infiltration. On a ainsi ruiné des millénaires de bon sens hydrologique et paysan.Ce qui était autrefois considéré comme de la sagesse (retenir l’eau, créer des réserves, maintenir des zones humides, retourner la matière organique à la terre) est devenu suspect. Ce qui accélère le départ de l’eau et des fertilisants vers la mer a été présenté comme un progrès écologique.
Chapitre 7 – Irrigation, réserves et maintien de la vie des sols : sécurité alimentaire et valeur nutritionnelle
On ne construit pas des retenues « pour les sécheresses ». On les construit d’abord pour les inondations qui coûtent des milliards chaque année.On ne construit pas des « bassines pour les agriculteurs ». On construit des bassins de rétention pour mettre enfin les villes aux normes, recycler l’eau et les matières organiques, cesser de polluer rivières et mers, et rendre cette eau et ces fertilisants aux terres. On aimerait voir aussi les villes verdir et investir dans du stockage d’eau brute pour aussi participer à l’amélioration des cycles hydriques. L’irrigation agricole n’est pas l’ennemie. Elle peut et doit faire partie de la solution pour l’« eau alimentaire ». Deux conditions sont essentielles :
augmenter fortement son efficacité ;
ne pas l’interdire en cours de cycle cultural non achevé.
Couper l’eau à une culture déjà engagée, c’est gaspiller l’eau déjà utilisée et compromettre la production. Mieux vaut « plus d’eau efficace, plus longtemps ».Mais l’eau seule ne suffit pas. Un sol performant, robuste, capable de filtrer l’eau et de produire des aliments à haute valeur nutritionnelle a besoin de matière organique. Les effluents humains, correctement traités et recyclés, sont précisément ces fertilisants essentiels. Les gaspiller est une faute stratégique majeure pour la sécurité alimentaire.Ceux qui végétalisent l’été en constituant des réserves l’hiver (en particulier les agriculteurs qui nous nourrissent et nous climatisent) ne devraient pas être criminalisés. Ceux qui jettent l’eau douce et la matière organique en mer devraient l’être.Un sol sec est un sol mort. Un sol privé de retour de matière organique est un sol qui meurt à petit feu. Maintenir les sols en vie avec de l’eau et avec les fertilisants recyclés est la pratique de tous les pays qui veulent réellement la sécurité alimentaire et des populations en bonne santé.
Chapitre 8 – La seule voie cohérente : retenir, recycler l’eau et les fertilisants, verdir
La solution est unique et cohérente :
Mettre les villes aux normes (séparation des réseaux, rétention à la source, traitement réel des micropolluants, et surtout récupération efficace des matières organiques et des fertilisants).
Retenir l’eau dans les terres par tous les moyens possibles.
Restaurer massivement la couverture végétale des sols.
Cesser de jeter l’eau douce et la matière organique à la mer.
Fermer les cycles : l’eau et les fertilisants doivent retourner aux sols agricoles.
Une simple mise aux normes des agglomérations, centrée sur le recyclage réel de l’eau et des fertilisants, réglerait une grande partie du problème. On aurait alors collectivement trop d’eau plutôt que pas assez, et des sols plus vivants, plus hydratés, plus performants et plus capables de produire des aliments de qualité nutritionnelle élevée.À l’inverse, continuer à couper l’eau aux agriculteurs et à accélérer l’évacuation vers la mer, c’est préparer des déserts sans eau et sans vie, et finir par manger de la poussière.Pour vendre ce qui est gratuit, il faut organiser les pénuries. La « guerre de l’eau » telle qu’elle est menée depuis des années a fait perdre à la France des dizaines d’années et des milliards d’euros… dans un pays où même les pompiers manquent de réserves d’eau. Ce dossier des stations d’épuration et du retour des fertilisants aux sols reste soigneusement évité dans les campagnes électorales, alors qu’il est central pour notre avenir.
Chapitre 9 – Conclusion et appel citoyen
L’eau qui nous manque l’été est toujours passée par chez nous l’hiver. Les fertilisants qui manquent aux sols agricoles sont tous les jours jetés à la rivière.Le choix qui s’offre à nous est clair : continuer à accélérer le départ de l’eau et des matières organiques vers la mer, ou enfin les retenir, les recycler et les faire travailler avec les sols vivants et la végétation.Mettre les villes aux normes, restaurer la rétention, verdir massivement, récupérer les fertilisants essentiels issus des effluents humains et cesser de montrer du doigt ceux qui maintiennent la vie dans les sols : voilà le chemin du bon sens.Ce livre blanc n’est pas un texte technique réservé aux spécialistes. C’est un outil citoyen. Il vise à augmenter les connaissances de chacun pour que les débats publics cessent d’être des combats de slogans et redeviennent des discussions sur le fonctionnement réel de la Nature.Un sol vivant, hydraté, nourri en matière organique recyclée, est capable de filtrer l’eau, de résister aux extrêmes et de nous nourrir correctement.
C’est la principale solution à notre sécurité alimentaire et à la robustesse de notre avenir.L’eau est recyclable à l’infini. Les fertilisants organiques aussi. Encore faut-il cesser de les jeter.
Repenser la sécheresse : Restaurer les cycles de l’eau pour un avenir durable
La sécheresse n’est pas un simple « manque d’eau ». 💦 Nous vivons sur une planète bleue où l’eau est partout : océans, rivières, sols, plantes, glaciers et même dans l’air que nous respirons sous forme de vapeur invisible.
Alors pourquoi tant de sécheresse , d’incendies ..? Parce que nous avons rompu les cycles naturels de l’eau. L’eau ne disparaît pas : elle circule. Quand ce cycle est brisé, elle s’évapore sans retomber sous forme de pluie utile ou ruisselle sans être retenue.
Aujourd’hui, les incendies qui ravagent forêts et champs agricoles illustrent tragiquement cette rupture. En détruisant la végétation, le feu supprime les acteurs principaux du cycle : les plantes qui transpirent, rafraîchissent l’air, produisent des bioaérosols et retiennent l’eau dans les sols. Moins de végétation = moins de nuages de basse altitude, plus de chaleur, plus d’évaporation stérile, et des sols qui s’assèchent durablement. Un cercle vicieux que l’homme a largement accéléré.
Les deux grands échecs qui créent la sécheresse
L’incapacité à transformer la vapeur d’eau en nuages viables et en pluie Les plantes émettent des bioaérosols (minuscules particules biologiques) qui servent de noyaux de condensation. Sans eux, la vapeur d’eau reste souvent en suspens ou forme des nuages trop hauts qui ne donnent pas de pluie. Une forêt dense agit comme une véritable « usine à pluie » locale.
L’incapacité à retenir et à faire circuler l’eau dans les sols et les écosystèmes Sols dégradés, compaction, monocultures, drainage excessif… L’eau ne s’infiltre plus. Elle ruisselle, emportant la terre fertile, et accentue l’érosion et les crues brutales ailleurs.
L’homme a massivement détruit ou simplifié la végétation : déforestation, artificialisation des sols, agriculture intensive et expansion urbaine démesurée. Résultat : des territoires qui ne savent plus réguler la chaleur ni recycler l’eau.
Les villes, devenues de véritables îlots de chaleur urbains par absence de végétation, absorbent et stockent inutilement une quantité massive de chaleur le jour pour la restituer la nuit. Sans arbres, sans sols perméables ni espaces verts, ces zones artificialisées accentuent le réchauffement local, modifient les circulations atmosphériques et réduisent encore la formation de nuages et de pluies bénéfiques sur des centaines de kilomètres autour.
Cette approche de courte vue est malheureusement renforcée par des décisions politiques souvent motivées par le calendrier électoral plutôt que par une réelle sérénité climatique à long terme. La pression exercée par certaines ONG, parfois plus idéologique que pragmatique, oriente fréquemment les choix des décideurs vers des mesures restrictives au lieu de favoriser la régénération active des sols et des paysages vivants.
Solutions concrètes : reconstruire les cycles vivants
Pour inverser la tendance, nous devons redevenir des alliés des processus naturels :
Restaurer des paysages qui retiennent l’eau : bassins d’infiltration, haies, mares, swales (rigoles en courbe de niveau), terrasses. L’objectif n’est pas seulement de stocker, mais de permettre à l’eau de s’infiltrer lentement et de nourrir la vie du sol.
Régénérer les sols vivants : introduire des micro-organismes (mycorhizes, bactéries, champignons) via compost, purins, couvertures végétales permanentes. Un sol riche en vie absorbe jusqu’à 20 fois plus d’eau qu’un sol mort.
Multiplier la végétation diversifiée : planter, mais surtout laisser pousser une mosaïque d’arbres, arbustes, herbacées et cultures de couverture. Plus il y a de feuillage transpirant, plus le microclimat se rafraîchit et plus les bioaérosols favorisent la formation de nuages bas. La diversité est clé : une monoculture ne remplace jamais une forêt ou une prairie naturelle.
Intégrer l’élevage régénératif : des animaux bien conduits (rotations courtes et fréquentes) piétinent, fertilisent et stimulent la repousse. Ils deviennent des outils de régénération du sol au lieu d’être une source de dégradation.
Protéger et restaurer les zones humides et les forêts existantes : ce sont nos meilleurs alliés contre la sécheresse et les incendies. Une forêt mature régule mieux la température et le cycle de l’eau qu’une plantation récente.
Conclusion : L’eau est la vie, elle doit circuler
La sécheresse n’est pas une fatalité climatique inéluctable. C’est avant tout le symptôme d’un déséquilibre dans la façon dont nous avons traité la végétation et les sols.
En restaurant des paysages riches, vivants et diversifiés, nous réactivons les cycles infinis de l’eau : évaporation → condensation → pluie → infiltration → transpiration → nouvelle évaporation.
Chaque arbre planté, chaque hectare de sol régénéré, chaque haie restaurée est un acte de résilience collective. L’eau ne nous appartient pas : elle passe. Notre rôle est de lui offrir les conditions pour qu’elle circule harmonieusement et nourrisse toute la vie.
🌱 L’avenir durable passe par le retour du vert.
Appel à l’action
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La chaleur n’est pas forcément l’ennemi de la production agricole : elle accélère la vie, le cycle des plantes !
Retour d’expérience concret (Nièvre) – 17 juillet 2026
Alors que les médias et certains commentateurs ne parlent que de « chaleur excessive » et de catastrophe climatique, je reviens d’une tournée 200 % agriculture au Brésil et en Bolivie. Le constat est sans appel : la chaleur, quand on sait la gérer, est un formidable accélérateur de croissance et de production pour les plantes adaptées.
Photo du 17 juillet 2026 : mesure des plantes avec des piges. À gauche, 1 mètre. À droite, 2 mètres. Tout cela en seulement 70 jours depuis le semis du 8 mai 2026.
Le protocole :
Mélange de tournesol population + maïs population
Aucune fertilisation chimique
Sol vivant (c’est la clé)
Irrigation raisonnable mais disponible à volonté
Résultat : une explosion de biomasse malgré (ou plutôt grâce à) les températures élevées de cet été 2026 et de l’eau disponible .
Ce que j’observe ici… et ailleurs
Les plantes d’origine tropicale comme le maïs et le tournesol adorent la chaleur dès qu’elles disposent d’eau et d’un sol biologiquement actif. Leur métabolisme s’accélère, la photosynthèse tourne à plein régime, le cycle se raccourcit et la luminosité estivale renforce l’effet.
C’est exactement ce que je constate depuis des années dans les Campos du Brésil et de Bolivie que je visite régulièrement. Avec des températures similaires aux nôtres cet été, les agriculteurs y réalisent deux récoltes importantes par an (parfois plus) depuis très longtemps.
Et surtout : ils le font sans aucun travail mécanique du sol, en Agriculture de Conservation des Sols (ACS) et en Système de Culture sur Couvert Végétal (SCV). Nos régions tempérées n’ont pas suffisamment évolué dans cette réflexion sur le sol vivant et l’innovation agronomique. Pourtant, je pratique moi-même ces techniques SCV inspirées de Lucien Séguy dans le centre de la France depuis plus de 30 ans.
Chaleur + gestion de l’eau + sol vivant = biomasse abondante = production robuste.
Chez nous, en France, au lieu de craindre systématiquement la chaleur, nous devrions apprendre à la domestiquer.
Pourquoi tant de discours négatifs …?….Je comprends la peur face aux extrêmes. Mais il faut arrêter de tout diaboliser. Quand on a :
Un sol vivant (riche en matière organique, vers de terre, champignons mycorhiziens…),
De l’eau disponible au bon moment,
… la chaleur devient un allié pour la végétation . Le sol reste ultra-performant, la biomasse s’envole, et la plante accélère son développement comme en climat tropical.
Le vrai problème, ce n’est pas trop de chaleur, c’est le manque d’organisation face à la chaleur.
Dans nos zones tempérées, pour la production agricole, on a plus à craindre des manques de température qui bloquent la croissance de la végétation. Sans eau, l’activité biologique du sol s’effondre et les plantes stressent. Avec de l’eau et un sol vivant, elles prospèrent.
L’eau :
l’élément vital
C’est pour cela que je le dis clairement : s’opposer aux réserves d’eau « hiver pour été » est une grave erreur.
Notre planète est bleue.
La végétation a besoin d’eau pour fonctionner. En lui en donnant les moyens, elle nous le rendra en stabilisant les cycles, en produisant plus de biomasse et en favorisant le retour des pluies.
D’ailleurs, nos ancêtres l’avaient bien compris.
Regardez les cartes de Cassini sur Géoportail : la France rurale du XVIIIe siècle était couverte de petits et grands étangs, de mares et de retenues. Ils assuraient l’eau pour les animaux, la pisciculture et l’agriculture pendant les périodes sèches. Beaucoup de digues existent encore aujourd’hui. Il suffit d’observer.
Message aux agriculteurs et aux curieux
Arrêtons d’avoir peur. Apprenons à gérer ces nouvelles contraintes climatiques à notre avantage.
Organisons nos sols pour qu’ils retiennent mieux l’eau et restent vivants et robustes avec une activité biologique maximum.
Choisissons des variétés et des mélanges adaptés.
Créons des réserves d’eau intelligentes.
Observons, expérimentons, documentons.
La nature est bien plus résiliente qu’on ne le dit. À nous de l’accompagner intelligemment pendant cette période de transition climatique.
La chaleur n’est pas notre ennemie. Mal gérée, elle peut le devenir. Bien accompagnée, elle devient une opportunité.
Et vous, qu’en pensez-vous ? Avez-vous aussi constaté une accélération de croissance cette année ? Partagez vos observations en commentaire.
Rolf Derpsch est un agronome et consultant international de renom, pionnier de l’agriculture de conservation et du semis direct (no-till).
notill.org
Biographie rapide
Né en 1937 au Chili de parents allemands (nationalités chilienne et allemande).
Études d’agronomie à l’Université du Chili (Santiago).
A travaillé de 1966 à 2001 pour la GTZ (agence allemande de coopération technique).
Dès avril 1971, il commence des recherches sur le semis direct au Brésil, l’un des tout premiers en Amérique latine. Il a collaboré étroitement avec des pionniers brésiliens comme Herbert Bartz.
Depuis 1988, basé au Paraguay (Asunción), où il exerce comme consultant indépendant après avoir quitté la GTZ.
Il est l’auteur de nombreuses publications sur l’adoption mondiale du no-till, ses avantages économiques, environnementaux et agronomiques (érosion, carbone, etc.). Son site (rolf-derpsch.com) est une référence dans le domaine. rolf-derpsch.com
Il est considéré comme l’un des grands promoteurs mondiaux du semis direct et de l’agriculture sans labour, particulièrement en Amérique latine (où les surfaces ont explosé).
Ses relations avec Lucien Séguy
Lucien Séguy (décédé) était un agronome et pédologue français du CIRAD, pionnier du Semis Direct sur Couvert Végétal (SCV), surtout dans les conditions tropicales (Cerrados brésiliens). Il est souvent vu comme le « père » ou un grand promoteur du SCV au Brésil, avec un accent fort sur les couverts végétaux permanents, les rotations et l’adaptation aux petits agriculteurs.
no-tillfarmer.com
Relation : Les deux hommes sont des collaborateurs et co-promoteurs de l’agriculture de conservation. Ils ont travaillé ensemble ou dans des contextes proches (projets, publications, rencontres comme RELACO). On les cite souvent ensemble dans les articles et ouvrages sur le semis direct et le SCV (ex. : définitions communes, chapitres de livres, projets de coopération). Derpsch est plus axé sur la promotion globale, l’économie et le no-till « classique » ; Séguy a beaucoup insisté sur les systèmes tropicaux avec couverts vivants. Ils ont contribué au succès du semis direct en Amérique latine.
open-library.cirad.fr
En résumé : Rolf Derpsch = grand expert germano-latino-américain du semis direct, très orienté terrain et diffusion mondiale.
Lucien Séguy = son homologue français du CIRAD, visionnaire du SCV tropical. Ils sont complémentaires et ont avancé la même cause.
Les 180 millions d’hectares semés directement dans le monde parlent d’eux-mêmes ! Depuis 1987, la superficie ensemencée par semis direct en Amérique latine a été multipliée par 74, passant de 670 000 ha à 49,6 millions d’hectares en 2008, contre une augmentation de 6,5 fois aux États-Unis.
Les principales raisons pour lesquelles les agriculteurs adoptent ce nouveau système de culture sont les suivantes :
Moins de travail
Plus d’argent
Contrôle de l’érosion, respectueux de l’environnement
Améliorer la qualité de vie
Qu’est-ce que le semis direct ?
Description et définition du semis direct
Il est extrêmement important de formuler une définition adéquate et précise de l’ensemencement direct lorsqu’il s’agit d’obtenir des résultats expérimentaux comparables entre différents scientifiques.
Dans de nombreux cas, les résultats expérimentaux contradictoires s’expliquent uniquement par l’utilisation d’une terminologie régionale, par les différentes définitions de l’agriculture sans labour employées par divers chercheurs et par les divergences d’opinions quant à sa mise en œuvre. Il est donc crucial de parvenir à un consensus sur une description et une définition précises de l’agriculture sans labour. Faute d’une compréhension commune rapide de cette pratique, nous continuerons à observer des résultats expérimentaux contradictoires dans la recherche sur l’agriculture sans labour, tant au niveau national qu’international.
Le semis direct est un système agricole où la semence est placée directement dans le sol non travaillé, recouvert de résidus de la culture précédente (Köller et Linke, 2001). À l’aide de machines spécialisées, principalement équipées de semoirs à disques (perturbation minimale du sol) ou de semoirs à dents (perturbation importante du sol), seule une étroite fente est ouverte pour le dépôt de la semence, puis refermée immédiatement après.
L’objectif est de perturber le sol le moins possible afin d’éviter de faire remonter à la surface de nouvelles graines de mauvaises herbes ou de les placer dans une zone de germination favorable. Par ailleurs, aucun autre travail du sol n’est effectué. Les résidus de la culture précédente sont laissés en place, en grande partie intacts, et servent de paillis à la surface du sol.
Si le sol est seulement légèrement travaillé pour préparer le lit de semences, ce système n’est pas considéré comme un semis direct mais plutôt comme un semis sous paillis (DLG, 1997). Les méthodes de semis où plus de 50 % de la surface du sol est ameublie et mélangée ne peuvent être classées comme semis direct (Linke, 1998 ; Sturny et al., 2007).
La maîtrise des adventices est essentielle à la réussite de l’agriculture sans labour. Elle repose sur l’utilisation d’herbicides, la rotation des cultures et la culture ciblée de plantes de couverture adaptées. Cette méthode est connue sous le nom de « semis direct » ou « agriculture zéro labour » dans les pays anglophones. Certains des avantages environnementaux recherchés de l’agriculture sans labour, tels que la lutte contre l’érosion, la protection des ressources en eau, la prévention des inondations et la protection du climat grâce à la séquestration accrue de carbone dans le sol, ne se manifestent pleinement qu’après plusieurs années de pratique continue et ininterrompue.
Le semis direct est déjà pratiqué dans le monde entier sur plus de 100 millions d’hectares, sous une grande variété de conditions pédologiques et climatiques (Derpsch et al., 2010). Le succès de ce système de travail du sol conservateur repose sur une application continue et à long terme, similaire à celle des prairies permanentes (Sturny et al., 2007), ainsi que sur l’utilisation ciblée de rotations culturales et de cultures de couverture adaptées. Les exigences spécifiques du semis direct doivent être prises en compte afin d’éviter les échecs. Pour une mise en œuvre réussie, les conditions préalables et les étapes nécessaires à une conversion réussie doivent être respectées (Kahnt, 1976 ; Duiker et Myres, 2006 ; Derpsch, 2008). La couverture permanente du sol par les résidus de culture et l’absence de perturbation du sol permettent une lutte efficace contre l’érosion, le stockage du carbone dans le sol, une augmentation de la vie microbienne du sol, une meilleure rétention d’eau et une plus grande efficacité économique. De plus, le semis direct est le seul système de culture qui permet une production agricole durable, même dans des conditions pédologiques et climatiques extrêmes.
Résumé
Le semis direct est un système agricole où la semence est placée directement dans un sol non travaillé. Seule une fine sillon est pratiquée dans le sol, puis refermée après le semis ; cette sillon est juste assez profonde et large pour assurer une bonne couverture des graines. Aucun autre travail du sol n’est effectué (Phillips et Young 1973, www.sachsen.de 2011).
Sources
Derpsch, R., 2008, Étapes cruciales pour l’adoption du semis direct, dans : Systèmes agricoles sans labour. Goddard, T., Zoebisch, MA, Gan, Y., Ellis, W., Watson, A. et Sombatpanit, S., éd., 2008, WASWC. p. 479-495
Derpsch, R., Friedrich, T., Kassam, A. et Li, HW, 2010. État actuel de l’adoption de l’agriculture sans labour dans le monde et quelques-uns de ses principaux avantages. Int. J. Agric. & Biol. Eng. Vol. 3. Nº 1.
DLG, 1997. Semis direct. Feuillet 301 de la Société allemande d’agriculture, 16 pp.
Duiker, S. et Myres, JC, 2006. Étapes vers une transition réussie vers le semis direct. Collège des sciences agricoles, Recherche agricole et vulgarisation coopérative, Université PennState, 36 p.
Kahnt, G., 1976. Agriculture sans labour : conditions préalables, méthodes et limites du semis direct en production céréalière. Ulmer, Stuttgart, 126 p.
Köller, K. et Linke, C., 2001. Une agriculture réussie sans charrue. 2e éd. DLG-Verlag, Francfort-sur-le-Main, 176 p.
Linke, C., 1998. Semis direct – un inventaire avec une attention particulière aux aspects techniques, agronomiques et économiques. Thèse, Université de Hohenheim, 482 pp.
Phillips, S. et Young, H. 1973. Agriculture sans labour. Reiman Associates, Milwaukee, Wisconsin. 224 p.
Sturny WG, Chervet A., Maurer-Troxler C., Ramseier L., Müller M., Schafflützel R., Richner W., Streit B., Weisskopf P. et Zihlmann U. 2007. Semis direct et labour dans une comparaison de systèmes – une synthèse, AGRARForschung (maintenant « Agrarforschung Schweiz ») 14 (8) : 350-357.
Les méthodes agricoles traditionnelles des régions tropicales et subtropicales entraînent une dégradation des sols et une baisse de leur productivité. Il en résulte pauvreté, exode rural, prolifération de bidonvilles et conflits sociaux. Pour que les agriculteurs aient une chance de survivre en milieu rural et pour parvenir à une gestion durable des terres, un changement de mentalité fondamental est nécessaire, et de nouvelles approches agricoles doivent être mises en œuvre. La section suivante compare les perspectives (paradigmes) anciennes et nouvelles et analyse leurs conséquences.
(Publié en anglais dans : ISTRO-INFO EXTRA, vol. 4, 1999 ; disponible sur Internet à l’adresse : http://www.soils.wisc.edu/istro )
Paradigmes du passé
Paradigmes du futur
La culture du sol est nécessaire Enfouissement des résidus végétaux à l’aide d’équipements de travail du sol La terre nue pendant des semaines et des mois Réchauffement des sols par rayonnement solaire Brûlage autorisé Les processus chimiques du sol au centre de l’attention Protection des plantes de préférence chimique L’engrais vert et la rotation des cultures comme option L’érosion des sols est une conséquence inévitable de l’agriculture.
Semis direct, sans labour Les résidus végétaux sont laissés à la surface du sol comme paillis. Couvre-sol permanent Réduction des températures du sol Interdiction de brûler Processus biologiques du sol au premier plan Protection des plantes de préférence biologique Les engrais verts et la rotation des cultures sont essentiels L’érosion des sols n’est rien d’autre qu’un symptôme du fait qu’un système de culture inadapté au lieu et à l’écosystème a été utilisé.
Conséquences du travail du sol ou du sol nu
Conséquences du système de semis direct ou de la couverture permanente du sol
L’érosion éolienne et hydrique se produit Faible infiltration d’eau dans le sol faible humidité du sol Dégradation inévitable de la matière organique dans le sol Le dioxyde de carbone s’échappe dans l’atmosphère (effet de serre = réchauffement climatique). Dégradation des sols (chimique, physique, biologique) Déclin de la productivité des cultures Utilisation accrue d’engrais et coûts de production plus élevés La survie à long terme à la campagne n’est pas possible (faibles rendements, absence de rentabilité, perte de revenus). Pauvreté, exode rural, multiplication des bidonvilles et conflits sociaux
L’érosion éolienne et hydrique est stoppée. Infiltration accrue de l’eau dans le sol humidité du sol plus élevée Accumuler ou maintenir la matière organique dans le sol (améliorer la qualité du sol) Le sol agit comme un puits de carbone (améliorant la qualité du sol ; contrant l’effet de serre). Amélioration des sols (chimique, physique, biologique) Augmenter la productivité des cultures Réduction de l’utilisation d’engrais et baisse des coûts de production Des opportunités de revenus à long terme pour les agriculteurs des zones rurales grâce à une bonne rentabilité et à des pratiques agricoles durables. Satisfaction des besoins fondamentaux, amélioration du niveau et de la qualité de vie de la famille agricole
Impacts externes de l’érosion des sols
Impacts externes du système de culture
Sédimentation des rivières, des réservoirs et des lacs Qualité de l’eau dégradée Problèmes rencontrés par les centrales hydroélectriques Sédimentation des routes Les coûts élevés pour l’État et la société dus aux effets externes de l’érosion des sols
Réduction de la sédimentation dans les rivières, les réservoirs et les lacs Amélioration de la qualité de l’eau Aucun problème pour les centrales hydroélectriques Pas de sédimentation provenant des routes Des coûts moindres pour l’État et la société, grâce à l’élimination ou à la réduction des coûts externes liés à l’érosion des sols.
Conclusion
Conclusion
L’utilisation durable des terres est impossible (ni sur le plan écologique, ni sur le plan social, ni sur le plan économique).Exploitation des terres
Utilisation durable des terres assurée (sur les plans écologique, social et économique) Utilisation des terres appropriée au site
« Le lion et la panthère sont inoffensifs ; en revanche, les poules et les canards sont des animaux très dangereux, disait un ver de terre à ses enfants. » Bertrand Russel
Perspectives du ver de terre et du sol
« Depuis que j’ai vu un peu d’humanité dans le regard d’un ver de terre, à l’occasion d’un coup de fourche dans mon jardin… » — Christophe Gatineau (dans Éloge du ver de terre).
« Il est douteux qu’aucun animal quel qu’il soit ait joué un rôle équivalent au ver de terre dans l’histoire de la nature. » — Charles Darwin.
« Les vers de terre sont les intestins du sol. » — Aristote.
« Je fus amené à conclure que la terre végétale sur toute l’étendue d’un pays a passé bien des fois par le canal intestinal d’un ver et y passera bien des fois encore. » — Charles Darwin. Le sol n’est pas une matière inerte : c’est du ver digéré et régénéré.
« Si vous pensez que vous êtes trop petit pour changer quoi que ce soit, essayez donc de dormir avec un moustique dans votre chambre. » — Betty Reese.
« L’homme est apparu comme un ver dans un fruit, comme une mite dans une balle de laine, et a rongé son habitat, en sécrétant des théories pour justifier son action. » — Jean Dorst.
« Quand le dernier arbre aura été abattu, quand la dernière rivière aura été empoisonnée, quand le dernier poisson aura été péché, alors on saura que l’argent ne se mange pas. » — Proverbe amérindien
« La terre, donc, n’est pas que le sol, c’est une fontaine d’énergie qui traverse un circuit de sols, de plantes et d’animaux. » — Aldo Leopold
« Les vers de terre sont de véritables maîtres d’œuvre : ils façonnent, nourrissent et aèrent le sol. »
« Le bulldozer et le glyphosate sont inoffensifs ; en revanche, la pluie fine et le ver de terre sont des catastrophes, disait un agriculteur conventionnel à ses enfants… jusqu’à ce que son sol meure. »
« Nous héritons de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. » — Proverbe amérindien
« Le sol n’est pas un support pour les plantes ; il est un monde vivant. » — Claude Bourguignon
« Une civilisation qui détruit son sol se détruit elle-même. » — Franklin D. Roosevelt
« Le dernier arbre coupé, la dernière rivière empoisonnée, le dernier poisson pêché, alors seulement l’homme découvrira que l’argent ne se mange pas. » — Prophétie attribuée aux Cris
« La terre est insultée et offre ses fleurs comme réponse. » — Rabindranath Tagore
« Dans chaque poignée de terre vivent plus d’êtres que d’humains sur Terre. » — Citation inspirée des travaux de microbiologie des sols
« L’eau est la force motrice de toute la nature. » — Leonardo da Vinci
« Ce ne sont pas les mauvaises herbes qui ruinent une terre, mais l’absence de vie dans le sol. » — Inspiration agroécologique
« Le ver de terre laboure mieux que le paysan, et sans gasoil. » — Proverbe agricole revisité
« Plus on travaille le sol, plus on le fatigue ; plus on le couvre, plus il vit. » — Principe des SCV
« La forêt ne produit pas de déchets ; elle produit de la fertilité. » — Inspiration permaculturelle
« Le sol couvert est un sol protégé ; le sol vivant est un sol fertile. » — Principe agronomique des SCV
« L’érosion est silencieuse, mais ses conséquences crient. » — Formule agroécologique contemporaine
« Quand on nourrit le sol, le sol nourrit les plantes, les plantes nourrissent les hommes. » — Adaptation d’un principe d’agriculture régénératrice
« La nature comprend toujours le dernier mot ; l’homme, souvent, le comprend trop tard. » — Inspiration écologique
« Le tracteur croit dominer le champ ; pourtant, c’est souvent le lombric qui fait le vrai travail. »
« Les plus grands ennemis du sol ne viennent pas toujours du ciel, mais parfois de la cabine du tracteur. »
« Le champ nu paraît propre à l’homme pressé ; il ressemble surtout à un désert pour le vivant. »
« Le ruissellement commence souvent là où l’homme croyait avoir “bien nettoyé” son sol. »
« Les vers de terre ne parlent pas, mais ils savent exactement ce qu’est une bonne agriculture. »
« Les hommes craignaient la sécheresse ; le sol, lui, craignait surtout les labours. »
« Le blé regardait le couvert végétal comme un concurrent ; l’été venu, il l’appelait son ombre. »
« “Nous manquons d’eau”, disaient les cultures. “Non”, répondit le sol, “vous manquez surtout de racines.” »
« Le paysan voulait nourrir ses plantes ; le vieux champ, lui, réclamait d’abord qu’on nourrisse ses vers de terre. »
« Les rivières deviennent boueuses quand les champs oublient de garder leurs secrets. »
« Un enfant demanda au ver de terre : “Qui détruit le plus la nature ?” Le ver répondit : “Celui qui croit travailler contre elle sans jamais travailler avec elle.” »
« Le soleil brûlait la plaine nue ; sous le couvert, la vie continuait à voix basse. »
« Le champ labouré paraissait propre aux hommes ; aux yeux des microbes, c’était un tremblement de terre. »
« “Pourquoi caches-tu toujours le sol sous des plantes ?” demanda le tracteur. “Pour les mêmes raisons que tu mets un toit sur ta maison”, répondit la prairie. »
« La pluie n’abîme jamais la terre ; elle révèle seulement les erreurs des hommes. »
« Le ruisseau disait au champ : “Je n’emporte que ce que tu ne sais plus retenir.” »
« Les mauvaises herbes sont souvent des pansements posés par la nature sur les blessures du sol. »
« Quand le sol se tait, les engrais doivent parler plus fort. »
« Le paysan moderne regardait son GPS ; le ver de terre regardait l’humus disparaître. »
« La forêt nourrit son sol depuis des millions d’années sans jamais ouvrir un sac d’engrais. »
« “Pourquoi protèges-tu autant la terre ?” demanda l’homme. Le vieux paysan répondit : “Parce qu’avant d’être notre richesse, elle est notre patience.” »
« Le champ couvert boit la pluie comme une éponge ; le champ nu l’avale comme une pierre. »
« Les racines sont les mains invisibles par lesquelles les plantes fabriquent la fertilité. »
« L’eau tombe du ciel ; l’infiltration, elle, vient du sol vivant. »
« Le ver de terre disait à ses enfants : “Méfiez-vous des champs trop propres : ils cachent souvent une terre malade.” »
« Le jeune agriculteur demandait comment produire plus. Le vieux sol répondait : “Commence déjà par arrêter de perdre ce que je sais faire.” »
« Le labour croyait préparer la terre ; le couvert végétal, lui, préparait l’avenir. »
« Le champ nu impressionne le voisin ; le champ vivant impressionne les générations suivantes. »
« L’homme pensait cultiver du maïs ; en réalité, il cultivait surtout la qualité de son sol. »
« Le sol vivant est le seul ouvrier agricole qui travaille jour et nuit sans réclamer de gasoil. »
« Le paysan demanda : “Quel est le meilleur engrais ?” La forêt répondit : “Le temps laissé au vivant.” »
« Plus le tracteur devenait puissant, plus le ver de terre devenait indispensable. »
« Le ruissellement est une lettre de plainte envoyée par le sol aux hommes. »
« Les racines profondes font des cultures résistantes ; les idées profondes font des agricultures durables. »
« Le couvert végétal n’est pas une dépense : c’est une conversation permanente entre la plante et le sol. »
« Le paysan moderne voulait contrôler la nature ; le vieux semis direct cherchait seulement à collaborer avec elle. »
« Quand le sol reste couvert, même le soleil apprend la patience. »
« Le champ fatigué disait aux engrais : “Vous me nourrissez aujourd’hui.” Les vers de terre lui répondaient : “Nous, nous te reconstruisons.” »
« La nature n’aime pas les sols nus ; elle les couvre toujours, comme une mère couvre un enfant endormi. »
« Le semoir entra dans le couvert comme une barque glisse sur un lac : sans violence et sans bruit. »
« Les anciens mesuraient la richesse d’un champ à sa couleur ; les agronomes du vivant la mesurent à son activité. »
« Le sol compacté produit parfois encore des récoltes ; le sol vivant produit des résiliences. »
« Un agriculteur demanda à son voisin : “Pourquoi gardes-tu toujours des plantes dans tes parcelles ?” L’autre répondit : “Parce que la terre déteste la solitude.” »
« La meilleure irrigation commence souvent par une meilleure infiltration. »
« Le jour où l’homme a compris qu’il fallait nourrir le sol avant la plante, l’agriculture a cessé de lutter contre la nature. »
« Le couvert végétal est à la terre ce que le toit est à la maison : on remarque surtout son importance quand il disparaît. »
« Dans les champs vivants, la fertilité descend des feuilles vers les racines avant de remonter vers les récoltes. »
« Le ver de terre disait à ses enfants : “Craignez moins la sécheresse que les hommes qui laissent le soleil toucher directement la terre.” »
« Les SCV ne demandent pas au sol de produire davantage ; ils lui redonnent simplement les moyens de respirer. »
« Le paysan regardait la surface du champ ; la nature, elle, travaillait surtout dessous. »
Lionel Mesnage : agronome indépendant breton avec plus de 30 ans d’expérience (conseiller depuis 2000, après des débuts dans les années 90). Il s’appuie sur une approche très empirique, issue d’observations de terrain, de profils de sols et d’accompagnement d’agriculteurs, plutôt que sur des dogmes théoriques.
Philosophie générale Lionel Mesnage remet en question le paradigme dominant « plus d’azote = plus de rendement ». Selon lui, l’azote n’est pas le facteur limitant principal dans la majorité des situations. Ce qui bloque vraiment les rendements, c’est avant tout :
La compaction (tassement) des sols.
La mauvaise structure physique et la réserve utile en eau (RU).
La gestion des adventices et l’équilibre global du système sol-plante.
En rétablissant une bonne porosité et aération du sol, la plante accède beaucoup mieux à l’azote déjà présent (minéralisation) et à celui apporté → on peut diviser par deux les apports d’azote minéral tout en maintenant (voire améliorant) les rendements et la rentabilité.Objectif concret : viser environ 1 kg d’azote total (minéral + organique) par quintal de blé (ou équivalent), avec une efficience de 1,2–1,3 unités voire moins dans les meilleurs systèmes.
1. La compaction des sols : l’ennemi silencieux
C’est le cœur de son message. Les engins modernes exercent des pressions énormes (4-6 kg/cm²) alors qu’un sol « naturel » résiste en moyenne à ~600 g/cm² seulement. Même en semis direct ou avec couverts, le sol n’est pas invincible, surtout en conditions humides.
Les racines (surtout graminées comme avoine noire) aident mais ne suffisent pas seules.
. Fertilisation azotée : efficience avant tout
Fractionner : petits apports fréquents (max 40 unités par passage) pour forcer l’enracinement en profondeur.
Préférer l’ammonitrate (équilibré, polyvalent) plutôt que urée ou solutions (risques de volatilisation).
Ne pas compenser un sol déstructuré par des biostimulants ou inhibiteurs : ça ne marche pas durablement.
Travailler avec la minéralisation du sol via couverts et rotation.
3. Couverts végétaux et matière organique
Règle simple : souvent 4 espèces max (2 graminées + 2 légumineuses) pour un bon rapport coût/bénéfice.
Phacélie = excellent ameublisseur et mobilisateur de phosphore.
Attention à la gestion de l’eau : neutraliser tôt les couverts en contexte séchant.
Le carbone est surtout stocké via racines (pas seulement biomasse aérienne). Équilibre stœchiométrique C/N/P/S indispensable pour transformer la paille en humus.
4. Autres leviers clés
Baisser les densités de semis (150-120 grains/m² en blé) → plantes plus robustes, gros épis, meilleure résistance à la sécheresse, moins de compétition.
Gestion des adventices : résistances aggravées par la perte des hivers froids (moins de gel naturel). Priorité à la rotation et l’évitement plutôt qu’à la chimie seule.
Observation fine du sol et adaptation contexte par contexte (pas de recette miracle universelle).
Résultats et impact
De nombreux agriculteurs accompagnés ont maintenu ou augmenté leurs rendements tout en divisant fortement leurs factures d’engrais, avec des sols plus résilients face aux aléas climatiques (sécheresse, excès d’eau). Son approche est particulièrement valorisée en Agriculture de Conservation des Sols (ACS), mais s’applique aussi en systèmes conventionnels ou labourés.
En résumé, Lionel Mesnage prône une agronomie de la résilience : remettre le sol physique au centre, observer, ajuster, et optimiser l’efficience plutôt que de compenser par des intrants. C’est pragmatique, parfois iconoclaste, et très axé terrain.
Compaction des sols.
Fertilisation azotée (objectif 1 kg/quintal).
Couverts végétaux.
Synthèse « Ce qui plombe réellement votre rendement ».
Pendant de nombreuses années, le labour a été considéré comme une étape nécessaire avant le semis. Beaucoup d’agriculteurs pensaient que plus le sol était retourné et perturbé, meilleure serait la récolte.
Mais aujourd’hui, l’expérience de différentes communautés agricoles prouve autre chose : perturber constamment le sol peut lentement l’affaiblir. C’est pourquoi l’agriculture sans labour, également connue sous le nom d’agriculture sans travail du sol, devient une pratique importante dans l’agriculture régénérative. L’agriculture sans labour est une approche agricole où les cultures sont cultivées avec un minimum ou pas de perturbation du sol. Au lieu de labourer régulièrement le terrain, les agriculteurs protègent la structure du sol et permettent aux processus biologiques naturels d’améliorer la fertilité du sol au fil du temps. Les agriculteurs qui pratiquent l’agriculture sans labour remarquent souvent que leurs sols retiennent l’humidité plus longtemps, surtout pendant les périodes sèches. Les résidus de cultures laissés à la surface du sol aident à réduire l’évaporation de l’eau, protègent le sol de la lumière directe du soleil et minimisent l’érosion causée par le vent et les fortes pluies. Un autre avantage majeur est la restauration de la vie du sol. Des sols sains contiennent des micro-organismes, des insectes et de la matière organique qui soutiennent naturellement la croissance des plantes. Un labour excessif perturbe cet écosystème, tandis que l’agriculture sans labour permet au sol de se régénérer et de rester biologiquement actif. Cette pratique aide également les agriculteurs à réduire les coûts de production. Moins de labour signifie des dépenses de carburant plus faibles, des besoins en main-d’œuvre réduits et une moindre dépendance aux machines lourdes. Au fil du temps, les agriculteurs peuvent investir moins tout en maintenant des terres plus saines et plus productives. Dans le district de Bugesera, de nombreux agriculteurs impliqués dans l’agriculture régénérative démontrent déjà l’impact de l’agriculture sans labour. En combinant des pratiques telles que le paillage, l’application de compost, la culture de couverture et la perturbation minimale du sol, ils restaurent les sols dégradés et améliorent la productivité de manière durable. Lorsque l’agriculture régénérative est combinée à des solutions d’énergie renouvelable telles que l’irrigation alimentée par l’énergie solaire, les agriculteurs deviennent encore plus résilients au changement climatique. Ils sont capables de conserver l’eau, de réduire les coûts agricoles et d’améliorer la production sans dépendre fortement des pluies imprévisibles ou du carburant coûteux. C’est la vision promue à travers le Partenariat Power for Food , où l’Agriculture Régénérative et l’Utilisation Productive de l’Énergie Renouvelable aident les agriculteurs à construire des systèmes alimentaires plus solides, plus sains et plus durables. Dans les communautés, les agriculteurs commencent à réaliser que protéger le sol n’est pas une limitation à la productivité. En fait, des sols sains sont la base du succès agricole à long terme. Parfois, la meilleure façon d’aider le sol à produire plus… est de le perturber moins.
Ce texte, promeut le zéro tillage comme méthode régénérative qui préserve la structure du sol, améliore la rétention d’humidité et réduit l’érosion grâce aux résidus de culture laissés en surface.Il met en avant les expériences des agriculteurs du district de Bugesera au Rwanda, qui combinent zéro labour, paillage, compost et irrigation solaire via le partenariat Power for Food pour une plus grande résilience climatique.Les images montrent des champs mulchés avec des jeunes plants de maïs et légumes émergeant, illustrant concrètement la réduction des coûts en carburant et main-d’œuvre tout en favorisant la vie biologique du sol.
Agriculture sans labour :
Une approche durable L’agriculture sans labour, souvent appelée agriculture de conservation, est une pratique agricole qui consiste à cultiver des cultures sans perturber le sol par le labour ou le travail du sol. Cette méthode a gagné en popularité en tant qu’alternative durable à l’agriculture conventionnelle, principalement en raison de ses nombreux avantages environnementaux et économiques.
Avantages de l’agriculture sans labour Santé du sol :
En évitant la perturbation du sol, l’agriculture sans labour préserve la structure du sol et favorise l’écosystème naturel. Elle améliore la rétention de la matière organique, optimise la conservation de l’humidité et stimule l’activité microbienne, ce qui conduit à des cultures plus saines. Contrôle de l’érosion : Sans labour, le sol est mieux protégé contre l’érosion due au vent et à l’eau. Les résidus de cultures laissés en surface agissent comme une barrière, réduisant l’écoulement des eaux et favorisant l’infiltration de l’eau.
Séquestration du carbone :
L’agriculture sans labour peut réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre. En maintenant les niveaux de carbone du sol et en encourageant la séquestration du carbone, cette méthode contribue à l’atténuation du changement climatique.
Efficacité des coûts :
Les agriculteurs peuvent économiser sur les coûts de carburant et de main-d’œuvre, car les équipements de labour ne sont pas nécessaires. De plus, une meilleure santé du sol conduit souvent à des rendements plus élevés au fil du temps, en faisant une option financièrement viable.
Gestion des mauvaises herbes :
Bien que l’agriculture sans labour puisse initialement poser des défis liés aux mauvaises herbes, à long terme, elle encourage un écosystème plus équilibré qui peut aider à gérer naturellement les populations de mauvaises herbes.
Défis de mise en œuvre
La transition vers l’agriculture sans labour peut poser des défis pour les agriculteurs, notamment la nécessité d’équipements nouveaux et des réductions potentielles de rendement initiales alors que l’écosystème s’ajuste.
L’éducation et le soutien des services de vulgarisation agricole peuvent aider à atténuer ces problèmes.
L’agriculture sans labour offre une solution durable pour l’agriculture moderne, apportant de nombreux avantages pour la santé du sol, l’environnement et la viabilité économique.
Comment cet herbicide controversé sauve la faune sauvage et quelles sont ses limites.
13 mars 2026
Par Dan Blaustein-Rejto
Le glyphosate est sans doute le produit chimique le plus controversé de l’agriculture moderne, voire de la société contemporaine. Depuis que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé l’a classé comme « cancérogène probable pour l’homme » en 2015, le glyphosate est devenu un sujet récurrent des batailles juridiques, de l’inquiétude des consommateurs et des débats politiques. Des jurys ont condamné son fabricant, Monsanto, racheté par Bayer en 2018, à verser des milliards de dollars de dommages et intérêts. Plusieurs pays ont interdit son utilisation, avant de lever cette interdiction peu après, comme au Mexique, en Allemagne et au Sri Lanka. Par ailleurs, des militants ont réussi à contraindre des organismes de réglementation, dont l’Agence de protection de l’environnement (EPA), à réexaminer leurs évaluations de l’innocuité de ce produit chimique.
L’opposition du public au glyphosate repose non seulement sur des inquiétudes concernant ses effets présumés sur la santé, mais aussi sur un discours répandu présentant le glyphosate comme un fléau écologique – accusé de détruire les sols sains, de nuire aux pollinisateurs, de contaminer l’eau et de dégrader la biodiversité.
Mais un examen plus approfondi de l’utilisation du glyphosate, des herbicides qu’il a remplacés et de son impact sur les systèmes agricoles révèle une réalité plus complexe. Pour bon nombre de ses usages agricoles les plus courants, le glyphosate a généré des bénéfices environnementaux nets, principalement en se substituant à des herbicides plus toxiques et en favorisant des pratiques agricoles réduisant l’érosion des sols, la pollution de l’eau et de l’air, la consommation d’énergie et les pertes de récoltes.
Cela ne signifie pas pour autant que le glyphosate soit inoffensif, ni que les pratiques actuelles de désherbage soient irréprochables. La résistance des adventices au glyphosate continue de se propager. De plus, les herbicides à base de glyphosate, bien que souvent préférables aux autres solutions, ont toujours un impact négatif sur la faune et les écosystèmes. Pour développer des alternatives de gestion des adventices plus durables, il est donc essentiel de comprendre ce qui fonctionne bien aujourd’hui afin de préserver et d’amplifier les bénéfices environnementaux à l’avenir.
Plus de pulvérisation, moins de risques
Le glyphosate a été approuvé et commercialisé pour la première fois aux États-Unis en 1974 comme herbicide à large spectre conçu pour détruire la plupart des plantes avec lesquelles il entre en contact. Son essor a coïncidé avec la commercialisation, à partir du milieu des années 1990, de cultures génétiquement modifiées tolérantes au glyphosate (« Roundup Ready »). Aujourd’hui, le glyphosate est principalement utilisé dans les cultures de maïs, de soja et de coton, où il est appliqué sur environ 80 à 90 % des surfaces cultivées. Ces cultures, destinées en grande majorité à l’alimentation animale, aux biocarburants et à la production de fibres plutôt qu’à la consommation humaine directe, représentent la grande majorité de l’utilisation agricole du glyphosate, soit environ 84 % .
Dans ces systèmes, le glyphosate est utilisé principalement de trois manières : en désherbage total avant les semis pour nettoyer les champs sans labour ; pour lutter contre les adventices sur les cultures tolérantes au glyphosate pendant leur croissance ; et après la récolte pour maîtriser les adventices avant les semis suivants. Ces usages ont fait du glyphosate l’herbicide le plus utilisé de l’histoire des États-Unis, avec plus de 113 millions de kilogrammes utilisés chaque année.
Mais le volume d’utilisation à lui seul ne suffit pas à évaluer les dommages environnementaux. Ce qui importe, c’est la toxicité du glyphosate, sa comparaison avec les herbicides qu’il remplace et les pratiques agricoles qu’il favorise.
De l’avis de presque tous les experts, le glyphosate et les herbicides à base de glyphosate (qui contiennent d’autres substances comme des surfactants) présentent une faible toxicité, même aux volumes élevés utilisés. Par exemple, une analyse réalisée en 2017 par le spécialiste des mauvaises herbes Andrew Kniss a révélé que, selon les données les plus récentes disponibles, le glyphosate représentait environ 26 % à 43 % des applications d’herbicides sur le maïs et le soja, respectivement, mais ne contribuait qu’à 0,1 % et 0,3 % du risque de toxicité chronique pour les mammifères dans ces cultures, ce qui reflète le risque d’effets néfastes sur les mammifères en cas d’exposition prolongée. Nous avons mis à jour ces estimations à l’aide des données de l’USDA publiées depuis. Comme le montre la figure ci-dessous, bien que le glyphosate représente une part importante des herbicides appliqués à chaque grande culture, il ne représente qu’une part beaucoup plus faible du risque aigu pour les mammifères et pas plus de 1 % du risque chronique. Par exemple, en 2024, le glyphosate représentait 50 % des applications d’herbicides sur le blé d’hiver, mais seulement 0,7 % des risques chroniques pour les mammifères.
Certes, il existe de nombreuses méthodes pour mesurer la toxicité des herbicides. Les chiffres de danger mentionnés ci-dessus sont basés uniquement sur des estimations de toxicité chez les rats. Bien que cela soit utile pour comprendre les impacts potentiels sur les mammifères, cela ne renseigne que peu sur l’effet d’un herbicide sur les oiseaux, les insectes, les poissons et autres organismes. Cependant, selon la plupart des indicateurs, le glyphosate a également peu d’impact sur ces animaux et est beaucoup plus inoffensif que les autres herbicides que les agriculteurs utilisent souvent aujourd’hui, notamment pour lutter contre les adventices résistantes au glyphosate. Le tableau ci-dessous compare plusieurs de ces indicateurs pour les herbicides les plus couramment utilisés sur le maïs, le soja et le blé. Il montre que le glyphosate, ainsi que le glufosinate (un herbicide non sélectif souvent utilisé contre les adventices résistantes au glyphosate), figurent parmi les options les moins toxiques pour la plupart des espèces étudiées.
L’adoption du glyphosate et des systèmes de culture tolérants au glyphosate a également permis de réduire la dépendance à l’égard de plusieurs herbicides anciens présentant des niveaux de toxicité excessivement élevés. Par exemple, la gestion des adventices à base de glyphosate a permis aux agriculteurs de réduire l’utilisation d’alachlore, un herbicide largement employé dans les cultures de maïs et de soja. Après avoir déterminé qu’il s’agissait d’un cancérogène probable pour l’homme, l’EPA en a restreint l’usage et, face à la disponibilité d’alternatives efficaces pour les agriculteurs, a finalement retiré l’autorisation de mise sur le marché de tous les produits à base d’alachlore.
Rien de tout cela ne signifie que le glyphosate soit sans danger pour l’environnement. Les évaluations des risques écologiques menées par l’EPA et d’autres organismes de réglementation mettent en évidence des préoccupations réelles dans certains contextes. Une exposition chronique au glyphosate peut ralentir la croissance de certains oiseaux. Cependant, l’un des risques les plus concrets ne provient pas du glyphosate lui-même, mais des surfactants ajoutés à certaines formulations pour faciliter sa pénétration dans les feuilles des plantes : l’EPA constate que la dérive due à l’épandage aérien intensif de formulations contenant de la polyéthoxylate de suif (POEA) présente un léger risque pour certains poissons d’eau douce, amphibiens et invertébrés aquatiques. De même, certaines formulations peuvent aggraver l’impact d’une exposition aiguë chez les oiseaux, bien que les données à ce sujet soient limitées.
Le glyphosate, comme d’autres herbicides à large spectre, peut avoir des effets indirects sur la faune sauvage en détruisant les plantes dont elle dépend. Par exemple, le glyphosate n’est pas considéré comme toxique pour les papillons monarques ni leurs chenilles aux doses auxquelles ils sont exposés. Cependant, les pulvérisations et la dérive des herbicides peuvent détruire l’asclépiade, plante sur laquelle les papillons pondent exclusivement leurs œufs. Les populations d’asclépiade ont considérablement diminué au moment même où les cultures tolérantes aux herbicides et l’utilisation du glyphosate ont augmenté. Mais l’utilisation accrue de tout herbicide affectant l’asclépiade aurait eu un effet similaire. En fait, comparés au glyphosate, de nombreux herbicides courants, comme le dicamba, affectent l’asclépiade à des doses encore plus faibles et sont plus susceptibles de se disperser par dérive et d’affecter la végétation environnante.
Le glyphosate, comme tout produit destiné à tuer les plantes, comporte certains risques. Pour évaluer son impact environnemental, la question pertinente n’est pas de savoir s’il présente un risque quelconque , mais plutôt s’il présente moins de risques que d’autres solutions réalistes. Pour la plupart des usages agricoles, la réponse est claire : le glyphosate est le moindre mal.
Agriculture sans labour assistée par herbicides
L’un des avantages environnementaux les plus importants du glyphosate est cependant indirect.
En permettant un désherbage efficace sans labour, le glyphosate et les cultures tolérantes au glyphosate ont rendu viables à grande échelle l’agriculture sans labour et le travail réduit du sol. Auparavant, le labour était le principal moyen utilisé par les agriculteurs pour lutter contre les adventices, perturbant le sol de manière répétée pour déraciner les plantes et enfouir leurs graines profondément. Les agriculteurs pouvaient éliminer les adventices avant les semis grâce à d’autres herbicides, mais nombre d’entre eux n’étaient pas efficaces contre toutes les espèces ou persistaient trop longtemps dans le sol, obligeant les agriculteurs à attendre trop longtemps avant de semer. Une fois la culture levée, les agriculteurs devaient souvent labourer entre les rangs pour contrôler les adventices. Le glyphosate, associé à des cultures tolérantes, leur a permis de pulvériser leurs champs avant les semis pour un désherbage efficace, ainsi qu’après la levée des cultures.
La gestion des adventices à base de glyphosate n’est pas le seul facteur influençant la décision d’un agriculteur d’adopter le travail réduit du sol, une pratique qui remonte aux années 1940. Toutefois, elle a considérablement accru le recours à l’agriculture sans labour et à l’agriculture réduite. Des enquêtes menées auprès d’agriculteurs au milieu des années 2000, comme illustré ci-dessous, ont révélé une forte augmentation de l’adoption de ces méthodes après que les producteurs de coton, de soja ou de maïs ont adopté des variétés tolérantes au glyphosate. Depuis, l’apparition d’adventices résistantes au glyphosate a incité certains agriculteurs à labourer davantage. Néanmoins, l’utilisation du glyphosate demeure le facteur prédictif le plus important du recours aux méthodes de travail réduit du sol.
Un travail du sol engendre l’érosion, l’une des externalités les plus néfastes de l’agriculture. Les sols érodés transportent des sédiments, des nutriments et des pesticides vers les cours d’eau, dégradant ainsi les habitats aquatiques et la qualité de l’eau. Depuis 1982, les taux d’érosion des terres cultivées aux États-Unis ont diminué d’environ un tiers , notamment grâce à la gestion des adventices à base de glyphosate et aux techniques de travail du sol conservatrices. Selon une estimation, l’adoption de variétés de soja tolérantes au glyphosate a augmenté de 20 % le recours au semis direct chez les producteurs de soja , réduisant l’érosion des sols de 27 millions de tonnes par an et générant des économies de plus de 100 millions de dollars sur la qualité de l’eau.
Laisser les résidus de récolte sur le champ améliore la structure du sol, augmente sa teneur en matière organique et réduit le ruissellement des nutriments. Les systèmes sans labour perturbent moins les vers de terre et les autres organismes du sol et offrent un couvert végétal plus continu, favorable à la faune sauvage. Des études montrent souvent une plus grande abondance d’oiseaux et de petits mammifères dans les systèmes de travail réduit du sol, notamment parce que les résidus offrent un abri contre les prédateurs, de la nourriture et évitent la destruction des nids d’oiseaux au sol lors du labour printanier.
Le travail réduit du sol permet également d’économiser de l’énergie et de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le labour et le travail du sol nécessitent plusieurs passages de tracteur, ce qui consomme du diesel. L’agriculture sans labour en continu permet d’économiser plus de trois gallons de carburant par acre et par an, réduisant ainsi les émissions de CO₂. Aux États-Unis, la réduction du travail du sol grâce au glyphosate permet d’économiser jusqu’à 60 millions de gallons de carburant, évitant ainsi l’émission de près d’un demi-million de tonnes d’équivalent CO₂ par an. Bien que cette quantité soit relativement faible (environ 1 % des émissions annuelles liées à la combustion de carburant pour l’agriculture), elle n’en demeure pas moins bénéfique. L’agriculture sans labour peut également contribuer au stockage de carbone supplémentaire dans le sol, même si la quantité est souvent bien moindre que ce que l’on estime généralement.
Souvent négligée, la technique du sans-labour réduit également la quantité de terre et de poussière issues de l’agriculture, améliorant ainsi considérablement la qualité de l’air. Le labour conventionnel perturbe le sol, projetant des particules dans l’air où elles restent souvent en suspension et contribuent aux maladies cardiovasculaires et aux problèmes respiratoires chroniques comme la BPCO. Bien qu’elle ne soit pas l’une des principales sources de particules fines ou d’autres polluants atmosphériques, la pollution liée au labour est néanmoins responsable d’ environ 1 300 décès par an . L’essor du semis direct et du labour réduit, souvent facilité par l’utilisation du glyphosate, contribue à éviter plusieurs centaines de décès chaque année.
Utilisation du glyphosate avant la récolte
Parmi les différents usages du glyphosate, l’application avant récolte – la pulvérisation de glyphosate sur le blé arrivé à maturité et d’autres cultures vivrières – a suscité une vive opposition. Le représentant Thomas Massie , les militants de la MAHA et Robert F. Kennedy Jr. ont tous proposé d’interdire cette pratique. Les inquiétudes liées à la pulvérisation de tout herbicide sur les cultures vivrières à l’approche de la récolte sont compréhensibles. Cependant, cette pratique est rare, considérée comme sûre et présente plusieurs avantages environnementaux uniques.
Le traitement phytosanitaire avant récolte est surtout pratiqué sur les céréales à paille et les légumineuses comme le blé, l’avoine, l’orge et les légumineuses à grains, notamment dans les climats frais ou humides. Il facilite la récolte en éliminant les adventices susceptibles d’entraver le bon fonctionnement du matériel agricole et de nuire à la qualité des cultures, en favorisant une maturation plus homogène (en particulier des légumineuses à grains) et en réduisant la teneur en eau de certaines cultures, permettant ainsi une récolte plus précoce. Cependant, cette pratique reste rare, appliquée sur moins de 3 % des surfaces cultivées en blé. Dans ce cas, les agriculteurs doivent attendre que la culture soit arrivée à maturité et généralement patienter au moins une semaine avant de récolter. Cela réduit la quantité d’herbicide absorbée par le grain, limitant ainsi les résidus de glyphosate dans les produits alimentaires. La FDA et d’autres organismes constatent régulièrement que les aliments testés contiennent des résidus bien inférieurs aux seuils susceptibles de présenter un risque pour la santé des consommateurs. Même dans un scénario extrême et improbable où un enfant ne consommerait que des produits à base de blé issu de céréales traitées au glyphosate avant la récolte et présentant des résidus de glyphosate atteignant la limite légale maximale tout au long de la transformation, il devrait ingérer plus d’une miche et demie de pain ou 15 tasses de pâtes par jour pour atteindre la limite journalière de sécurité fixée par l’EPA. Ce seuil est lui-même très prudent, étant 100 fois inférieur à la dose maximale sans effet nocif observée lors d’études animales pertinentes.
Bien que son utilisation soit limitée, l’application de glyphosate avant récolte présente des avantages considérables, tant pour les agriculteurs que pour l’environnement. D’une part, le glyphosate permet d’éviter le gaspillage de terres, d’engrais et d’autres ressources lié à la culture de résidus qui seraient ensuite perdus à cause des adventices tardives ou de la détérioration des récoltes. La pulvérisation avant récolte réduit également la présence d’adventices sur la culture suivante, ce qui peut augmenter les rendements et limiter ainsi le besoin de mettre en culture des terres supplémentaires. De plus, elle permet d’éviter le séchage après récolte, une opération énergivore et polluante . Les séchoirs à grains consomment de grandes quantités de propane ou de gaz naturel pour réduire l’humidité. Enfin, comparé à d’autres dessiccants chimiques, le glyphosate est souvent l’une des solutions les moins nocives. Des alternatives courantes comme le paraquat et le diquat sèchent les récoltes plus rapidement, mais sont généralement plus toxiques pour l’homme et la faune sauvage et présentent donc des risques plus importants en cas de mauvaise application ou de dérive.
S’appuyer sur l’héritage du glyphosate
Le glyphosate n’est pas une solution miracle pour l’environnement. Les herbicides à base de glyphosate peuvent avoir un impact négatif sur certaines espèces sauvages et leurs habitats. Mais il n’est pas non plus le fléau écologique que l’on imagine souvent. Au contraire, le glyphosate a permis aux agriculteurs de se passer d’herbicides plus toxiques, de réduire la fréquence du labour et de mieux gérer les conditions humides lors des récoltes, qui pourraient autrement entraîner des pertes de récoltes.
La voie à suivre n’est ni de défendre indéfiniment le glyphosate, ni de l’interdire systématiquement, mais de préserver les gains d’efficacité et les avantages environnementaux qu’il permet tout en développant des alternatives présentant des compromis encore plus faibles.
Cela commence par un système réglementaire solide et fondé sur des données scientifiques, capable d’évaluer les produits existants et les nouvelles alternatives. Un retrait brutal du glyphosate du marché, sans solutions de remplacement viables, risquerait d’accroître le labour et de remettre au goût du jour des produits chimiques plus dangereux, anéantissant des décennies de progrès. À l’heure actuelle, Bayer, le fabricant du Roundup, a progressivement éliminé le glyphosate de ses produits pour jardins et pelouses résidentiels, le remplaçant en partie par du diquat, généralement considéré comme plus toxique.
Tout aussi important, un soutien public constant est indispensable à la recherche, au développement et à l’adoption des nouvelles technologies par les agriculteurs. Les technologies d’application de précision, qui utilisent la vision par ordinateur et l’apprentissage automatique pour identifier et traiter individuellement les adventices, peuvent réduire l’utilisation d’herbicides d’environ 30 à 60 % , et jusqu’à 90 % dans certains systèmes de culture et études. Les désherbeuses robotisées autonomes commencent à être déployées à plus grande échelle, au-delà des cultures spécialisées, dans l’agriculture en rangs. Les récentes propositions du Congrès visant à accroître le soutien aux agriculteurs pour l’acquisition d’équipements d’agriculture de précision pourraient grandement accélérer leur adoption. Toutefois, le développement de nouveaux pesticides , synthétiques et biologiques, ainsi que de cultures génétiquement modifiées tolérantes aux herbicides, demeure essentiel pour permettre aux agriculteurs de mieux gérer les adventices, en particulier celles résistantes aux herbicides existants.
L’adoption d’une approche plus durable de la gestion des adventices exige également une transparence accrue. L’USDA et la FDA devraient étendre la surveillance de routine des résidus de glyphosate et d’autres herbicides et en publier clairement les résultats. Il ne s’agit pas tant de savoir si des données supplémentaires permettraient d’identifier de nouveaux risques, mais plutôt de garantir la confiance du public grâce à la transparence et à la responsabilité. Bien que la FDA ait intégré le glyphosate à son programme annuel de surveillance des résidus de pesticides à partir de 2017-2018, ses analyses ne sont pas représentatives à l’échelle nationale. Le Bureau de la responsabilité gouvernementale des États-Unis (GAO) a proposé plusieurs pistes pour améliorer la fiabilité statistique de la surveillance de l’agence. La mise en ligne par la FDA d’un nouveau portail de données synthétisant l’exposition aux pesticides et à d’autres substances alimentaires constitue un premier pas positif.
Le glyphosate illustre les promesses et les compromis environnementaux de l’innovation agricole. Il a permis de réduire significativement le travail du sol, la consommation de carburant et la toxicité des herbicides. Cependant, il comporte également des risques écologiques qui justifient la poursuite des recherches, la surveillance et la gestion de son utilisation. Pour les décideurs politiques, la question essentielle n’est pas de savoir si le glyphosate est sans défaut, mais plutôt comment encourager son utilisation responsable et développer des alternatives plus respectueuses de l’environnement. Cela exige un contrôle rigoureux, un suivi transparent et un soutien fédéral à l’innovation, plutôt que des interdictions qui substituent des impacts plus néfastes par d’autres.
Spéciale Sols Vivants 2026 : Stop à la compaction, place aux solutions !
📍 Carnoët (22) – Quenequillec, chez M. Yvon Arhantec 📅 Vendredi 18 septembre 2026 – de 9h à 17h30
48°22’25.1″N 3°32’08.1″W
Agriculteurs, cette journée peut changer votre système.
La compaction des sols est aujourd’hui l’un des premiers freins à la productivité et à la rentabilité des exploitations : pertes de rendement, sols asphyxiés, ruissellement, dépendance aux intrants…
Et si des solutions concrètes, efficaces et déjà éprouvées existaient ?
Cette journée s’adresse à tout public ayant réservé son entrée via Hello Asso , professionnels de l’agriculture et particulier tout secteur d’activité, les jeunes étudiants en écoles d’agriculture peuvent s’adresser par mail (paysannature@gmail.com) pour des conditions particulières de groupes.
🌱 Une journée terrain pour voir, comprendre et repartir avec des solutions applicables immédiatement
Organisée par l’association SCV Lucien Séguy, cette journée s’inscrit dans la continuité d’une agriculture performante, autonome et résiliente basée sur le Semis sous Couverture Vivante (SCV).
Avec l’appui du Centre National d’Agroécologie et d’AgroLeague, nous réunissons les meilleurs experts et praticiens du moment pour vous apporter des réponses concrètes.
✔ Comprendre les vraies causes de la compaction (mécaniques, biologiques, climatiques) ✔ Identifier les pertes économiques cachées sur votre exploitation ✔ Découvrir des solutions testées sur le terrain, efficaces et durables ✔ Réduire votre dépendance aux intrants (glyphosate, engrais…) ✔ Améliorer la fertilité, la portance et la résilience de vos sols ✔ Gagner en autonomie et en performance économique
🔍 Au programme : du concret, pas du discours
Démonstrations en conditions réelles : semis direct, couverts vivants, décompacteurs, Semis et épandages aériens par drones.
Stratégies pour décompacter durablement sans dégrader vos sols
Choix et gestion de couverts végétaux performants
Retours d’expérience de terrain (France et international)
Échanges directs avec des experts et agriculteurs expérimentés
🎤 Des intervenants de référence
Des spécialistes reconnus, chercheurs et praticiens engagés depuis des années dans l’agriculture de conservation des sols partageront leurs résultats, leurs réussites… et leurs erreurs pour vous faire gagner du temps. Les intervenants, tous engagés dans la continuité de la vision biomimétique de Lucien Séguy seront :
• Serge Bouzignac, collaborateur historique de Lucien Séguy pendant 40 ans au CIRAD – En hommage direct à son ami et maître, il témoignera de 40 ans d’ACS en zones tropicales, principalement au Brésil, et des enseignements concrets pour le déploiement du SCV dans des contextes pédoclimatiques très variés.
• Stéphane Boulakia, chercheur en agriculture de conservation (CIRAD) – En hommage à Lucien Séguy, il présentera les résultats scientifiques sur la régénération des sols et la biodiversité fonctionnelle en SCV, issus de leurs travaux communs en Asie et ailleurs.
• Olivier Husson, agronome et co-auteur du Manuel pratique du SCV avec Lucien Séguy – En hommage au maître, il exposera les cercles vicieux de la compaction et comment le génie végétal SCV restaure durablement la structure et la fertilité des sols.
• Laurent Denise, agro-climatologue (Deux-Sèvres) – En hommage à Lucien Séguy, il partagera ses travaux sur le rôle du SCV dans la régulation climatique, la lutte contre les sols nus et la résilience face aux aléas.
• Lionel Mesnage, expert en couverts végétaux et ACS – En hommage à Lucien Séguy, il décryptera les mythes et réalités de la compaction des sols, cet « ennemi silencieux » qui détruit les rendements, et montrera comment le SCV permet de la combattre durablement.
• Konrad Scheiber, formateur en Agriculture de Conservation des Sols – En hommage à Lucien Séguy, il guidera les participants dans les pratiques concrètes de fertilité et de régénération des sols, en prolongeant l’esprit pédagogique et innovant du SCV.
• Luc Leblay, technicien indépendant en élevage laitier et spécialiste de la gestion des prairies , il partagera son expertise sur l’intégration élevage-agriculture ; les liens concrets entre santé des sols et gestion des prairies, et les pratiques qui renforcent la fertilité et la résilience des systèmes.
Cédric Cabrol, agro-éco-climatologue et chimiste de formation. Spécialiste des interactions entre couverture végétale, sols vivants et climat local, il étudie comment les pratiques agricoles (couverts permanents, agroforesterie, haies…) peuvent agir positivement sur le climat régional : cycle de l’eau, « autoroutes de la pluie » et résilience face aux sécheresses. Porteur de projets concrets de régénération paysagère, notamment dans les Corbières, ses travaux s’inscrivent dans la droite ligne de la vision de Lucien Séguy.
• Noël Deneuville, paysan praticien du SCV depuis plus de 30 ans – Sur sa ferme, il démontrera au quotidien la puissance du génie végétal initié par Lucien Séguy et poursuivi par l’association. Il insistera particulièrement sur l’aspect « SOLS VIVANTS » et l’ensemble de ses avantages …….!!
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