Conférence Frédéric Thomas: Couverts végétaux & Agriculture de conservation des sols au Luxembourg

Frédéric Thomas est un pionnier de l’agriculture de conservation en France, connu pour son approche pragmatique et ses explications ancrées dans l’expérience terrain.


Frédéric Thomas, agriculteur et expert en agriculture de conservation des sols (ACS), a partagé lors de cette conférence son parcours et sa vision d’une agriculture durable, économique et respectueuse des écosystèmes. Voici les points clés :

  1. Un choix économique initial
    Thomas a débuté l’ACS en 1996 pour des raisons pratiques et financières. Avec des sols médiocres, il cherchait une alternative viable nécessitant peu d’investissements : pas de gros tracteurs, pas de semoirs complexes ni d’outils coûteux. Cette approche minimaliste réduit les risques et les charges, tout en offrant une opportunité d’améliorer des terres difficiles. L’ACS s’est imposée comme une solution « gagnant-gagnant » pour l’agriculteur et le sol.
  2. La photosynthèse, moteur universel
    Au cœur de son propos, Thomas insiste sur un principe fondamental : « Tout le vivant repose sur la photosynthèse. » Ce qu’on mange, ce qu’on cultive, tout découle de cette énergie solaire captée par les plantes. En ACS, maximiser la photosynthèse devient une stratégie clé pour régénérer les sols et soutenir la vie biologique, contrairement aux systèmes conventionnels qui épuisent les ressources.
  3. Les couverts végétaux comme piliers
    Les couverts végétaux sont présentés comme une révolution dans la gestion des sols. Contrairement à l’idée reçue qu’il faut déchaumer pour « nettoyer » les champs, Thomas montre qu’un couvert bien implanté peut maintenir des parcelles propres, limiter l’érosion et enrichir le sol. Cependant, il souligne un point crucial : la réussite dépend de la qualité du semis du couvert. Un semis raté compromet ses bénéfices (fertilité, contrôle des adventices, protection du sol).
  4. Une agriculture agile et vivante
    L’ACS, selon Thomas, repose sur trois principes : le semis direct (sans labour), des rotations diversifiées et une couverture permanente du sol via les couverts. Cette approche stimule la biologie du sol (vers de terre, micro-organismes) pour créer une structure naturelle, plus efficace que n’importe quel outil mécanique. Elle réduit les coûts (carburant, matériel) tout en augmentant la résilience des systèmes face aux aléas climatiques.
  5. Réponses aux questions pratiques
    Face aux interrogations du public (« Et si on ne peut plus déchaumer ? »), Thomas rassure : les couverts, bien gérés, remplacent avantageusement le travail du sol. Il illustre son propos avec des exemples concrets, comme ceux observés « ce matin » (possiblement lors d’une démonstration terrain), où des champs sous couverts restaient propres et productifs.

Message central

Frédéric Thomas prône une transition vers une agriculture « agile », qui mise sur le vivant et l’énergie solaire plutôt que sur des intrants et des machines lourdes. Les couverts végétaux ne sont pas une contrainte, mais un levier pour améliorer la fertilité, réduire les coûts et s’adapter aux défis modernes. Son discours, accessible et étayé par 25 ans d’expérience, invite les agriculteurs à repenser leurs pratiques avec pragmatisme et optimisme.


Ce résumé reflète l’esprit de ses interventions habituelles, telles que celles disponibles sur le site agriculture-de-conservation.com ou dans ses ouvrages.

La photosynthèse , notre ami de toujours !!!

Nourrir et protéger le sol

Photosynthese ….elle a tout créer…. merci le soleil !!

C’est une usine universelle gratuite avec mise à jour automatique…elle a tout construit sur cette planète , elle est à l’origine de toute la vie sur terre…. vous ne pouvez pas imaginer notre monde sans ce cadeau magique qu’est la photosynthèse 

Si les humains devaient avoir un dieu a adoré, incontestablement, ce devrait être là photosynthèse 

Comprendre l’utilité de la photosynthèse, c’est comprendre la vie sur terre 

Pour bien fonctionner, elle a déjà besoin du soleil qui lui fournit une énergie infinie et gratuite…. ensuite, elle a créé elle-même ses bases de fonctionnement qui sont en gros, l’eau, la végétation, le sol, le carbone, les éléments fertilisants …. cette association a elle même créer le climat , la météo, les saisons avec la rotation de la planète, la biodiversité terrestre avec son influence sur la biodiversité marine….etc…ce travail de la photosynthèse est basé sur la globalité d’un tas d’éléments 

Ne pas comprendre l’utilité de la photosynthèse rapidement pour les hommes, c’est se priver rapidement d’avenir durable ..se dire intelligent, c’est comprendre l’intelligence de la photosynthèse 

C’est incroyable que le pétrole dont l’origine est la photosynthèse permet aux hommes de la détruire facilement aujourd’hui , on avait, on a d’autres utilisations plus pertinentes à faire avec l’énergie du pétrole dans l’intérêt de l’humanité….le bitume ce déchet empoisonné du pétrole contribue à l’imperméabilisation des sols souvent les plus fertiles dont la photosynthèse a tant besoin….les villes et agglomérations urbaines sont des foyers incontrôlables de sources de chaleur,de gaspillage d’eau et de photosynthèse 

L’agriculture du pétrole n’a pas encore compris l’énorme intérêt agronomique des plantes de couverture, les complices incontournables du SCV de Lucien Seguy  

  1. Conséquences climatiques directes des pertes écosystémiques
  • La déforestation et la destruction des sols ne se contentent pas de libérer du CO₂, elles diminuent aussi la capacité des puits de carbone (forêts, tourbières, prairies).
  • Ces perturbations influencent aussi le climat via des changements d’albédo (réflectivité des surfaces) et des modifications du cycle de l’eau.
  1. Liens avec la biodiversité et la résilience écologique
  • La perte de carbone s’accompagne souvent d’une perte de biodiversité et de services écosystémiques (régulation du climat, fertilité des sols, cycle de l’eau).
  • Des écosystèmes dégradés sont moins résilients face aux changements climatiques, ce qui peut créer des boucles de rétroaction négatives.
  1. Perspectives de restauration
  • Mentionner des initiatives comme la reforestation, l’agriculture régénérative, la restauration des zones humides et des prairies.
  • Mettre en avant le rôle des solutions basées sur la nature pour restaurer le carbone perdu.
  1. Considérations géographiques et sociétales
  • Les pertes de carbone ne sont pas uniformes : les tropiques ont perdu plus de carbone récemment, tandis que les zones tempérées avaient déjà subi des pertes historiques.
  • L’impact des pratiques agricoles intensives et de l’urbanisation sur ces pertes est importante.

La perte de photosynthèse depuis la présence humaine a eu des conséquences majeures sur ce constat et continue son accélération. La destruction des écosystèmes terrestres ne se limite pas seulement à la libération du carbone stocké dans la biomasse et les sols ; elle entraîne également une réduction significative de la capacité des plantes à absorber et fixer le carbone atmosphérique via la photosynthèse.

Conséquences de la perte de photosynthèse :

  1. Diminution du puits de carbone naturel
  • La photosynthèse joue un rôle clé dans le cycle du carbone en absorbant le CO₂ atmosphérique.
  • La destruction des forêts et des zones humides réduit la surface végétalisée capable de capter le CO₂, aggravant ainsi l’accumulation du carbone dans l’atmosphère.
  1. Rétroaction climatique négative
  • Moins de végétation signifie moins de captation de carbone, ce qui accélère l’augmentation du CO₂ atmosphérique.
  • L’élévation des températures et la modification des précipitations dues au changement climatique peuvent ensuite limiter davantage la croissance des plantes et donc leur capacité photosynthétique.
  1. Impact sur le cycle de l’eau et le climat local
  • Les forêts et zones humides influencent l’évapotranspiration et la régulation des précipitations.
  • Moins de végétation entraîne une réduction des nuages et des précipitations, accentuant l’aridification de certaines régions, ce qui limite encore la régénération des écosystèmes.
  1. Réduction de la production primaire nette (PPN)
  • La PPN (différence entre la photosynthèse et la respiration des plantes) est directement affectée.
  • Une baisse de la PPN signifie que les écosystèmes captent moins de carbone chaque année, ralentissant leur rôle de puits de carbone.

Pourquoi cet aspect est crucial dans l’estimation des pertes de carbone ?

Les pertes de carbone historiques des écosystèmes, ne se limitent pas à un événement ponctuel : elles entraînent une baisse continue de la capacité de la biosphère à absorber le CO₂. Autrement dit, au-delà des tonnages déjà libérés, la perte de la photosynthèse empêche l’absorption de centaines de gigatonnes supplémentaires qui auraient pu être captées si ces écosystèmes étaient intacts.

La déforestation et la destruction des écosystèmes ont considérablement réduit la capacité de la planète à absorber le dioxyde de carbone (CO₂). Voici quelques estimations illustrant cette diminution :

  1. Réduction de la capacité d’absorption des forêts :
  • Forêts tropicales : Les forêts tropicales, qui stockent 20 à 50 fois plus de CO₂ que d’autres écosystèmes, ont vu leur superficie diminuer significativement. Cette perte entraîne une réduction proportionnelle de leur capacité à absorber le CO₂.
  1. Impact des incendies et des sécheresses :
  • Effondrement des puits de carbone terrestres en 2023 : Des événements tels que les incendies massifs et les longues sécheresses ont conduit à une chute drastique de la capacité des écosystèmes terrestres à capter le CO₂, exacerbant ainsi le changement climatique.
  1. Contribution des écosystèmes de carbone bleu :
  • Zones humides côtières : Les écosystèmes de carbone bleu, tels que les mangroves et les marais salants, représentent près de 50 % de l’enfouissement du carbone dans les sédiments marins, bien qu’ils occupent moins de 2 % de la superficie des océans. Leur dégradation libère jusqu’à un milliard de tonnes de CO₂ par an, soit près de 20 % des émissions mondiales dues à la déforestation.

Ces données soulignent l’importance cruciale de préserver et de restaurer les écosystèmes naturels pour maintenir leur rôle essentiel dans la régulation du climat en absorbant le CO₂ atmosphérique.

L’impact de la dégradation des écosystèmes sur leur rôle de tampon climatique

Les écosystèmes terrestres et marins jouent un rôle clé dans la régulation du climat en absorbant et stockant le dioxyde de carbone (CO₂). Leur destruction compromet cette fonction et aggrave le changement climatique de plusieurs manières.


1. Réduction des puits de carbone

  • Les forêts, les prairies, les zones humides et les océans absorbent environ 50 % des émissions anthropiques de CO₂ chaque année.
  • La déforestation, la dégradation des sols et l’assèchement des zones humides diminuent la capacité des écosystèmes à séquestrer le carbone.
  • Par exemple, la forêt amazonienne, autrefois considérée comme un puits de carbone, est désormais devenue une source nette de CO₂ dans certaines régions en raison de la déforestation et des incendies.

2. Accélération du réchauffement climatique

  • Moins d’absorption de CO₂ signifie une concentration atmosphérique plus élevée, ce qui accélère le réchauffement.
  • Les terres dégradées renvoient plus de chaleur dans l’atmosphère (effet d’albédo modifié), ce qui perturbe les cycles climatiques locaux et mondiaux.
  • La perte de couvert forestier réduit aussi l’humidité et modifie les régimes de précipitations, aggravant les sécheresses et rendant la végétation plus vulnérable.

3. Libération de carbone stocké dans les sols et la biomasse

  • Les écosystèmes terrestres contiennent des stocks massifs de carbone (forêts, tourbières, sols riches en matière organique).
  • Lorsque ces écosystèmes sont détruits, le CO₂ stocké est libéré, augmentant encore plus les émissions.
  • Par exemple, l’assèchement des tourbières peut libérer jusqu’à 2 gigatonnes de CO₂ par an, soit environ 5 % des émissions mondiales de carbone fossile.

4. Moins de résilience face aux événements climatiques extrêmes

  • Les écosystèmes sains absorbent les chocs climatiques en régulant les températures et l’humidité.
  • Leur dégradation rend les régions plus vulnérables aux vagues de chaleur, aux inondations et aux tempêtes.
  • La perte des mangroves et des récifs coralliens, par exemple, augmente la vulnérabilité des côtes aux tempêtes et à l’élévation du niveau de la mer.

Conclusion : Un cercle vicieux

La destruction des écosystèmes réduit leur capacité à absorber du CO₂, ce qui aggrave le réchauffement climatique et accélère encore plus leur dégradation. Pour briser ce cercle vicieux, la protection et la restauration des puits de carbone naturels sont essentielles.

Des solutions comme la reforestation, l’agroécologie et la conservation des zones humides pourraient permettre de restaurer cette fonction de tampon climatique et de réduire les impacts du changement climatique.

  • Comparaison avec les émissions anthropiques : un amplificateur du problème climatique
    Les pertes de carbone des écosystèmes terrestres ont joué un rôle majeur dans l’augmentation du CO₂ atmosphérique, bien avant l’ère industrielle. Comparer ces pertes aux émissions anthropiques actuelles permet de mieux comprendre leur impact global.

    1. Une perte de carbone bien supérieure aux émissions fossiles historiques
    Depuis le Néolithique, la déforestation, la dégradation des sols et la conversion des écosystèmes en terres agricoles ont libéré 1 050 à 1 733 GtC (gigatonnes de carbone).
    En comparaison, les émissions de CO₂ liées à la combustion des énergies fossiles depuis 1850 sont estimées à environ 300 GtC.
    Ratio : Les pertes écosystémiques sont 3,5 à 5,8 fois supérieures aux émissions fossiles cumulées.
    📌 Interprétation :
    La destruction des écosystèmes a été historiquement une source massive de CO₂, bien plus importante que l’utilisation des énergies fossiles jusqu’à aujourd’hui.

    2. Une amplification du problème climatique par la perte des puits de carbone
    Chaque année, les écosystèmes terrestres absorbent environ 30 % des émissions anthropiques, soit environ 10 à 12 GtCO₂.
    Les océans en absorbent une quantité similaire (20 à 30 % des émissions).
    Mais avec la déforestation et la dégradation des sols, cette capacité d’absorption diminue, laissant plus de CO₂ dans l’atmosphère.
    📌 Interprétation :
    Si ces écosystèmes étaient préservés, ils pourraient absorber une part encore plus importante des émissions fossiles et atténuer le réchauffement.

    3. Une comparaison avec les émissions annuelles actuelles
    En 2023, les émissions mondiales de CO₂ issues des combustibles fossiles et de l’industrie ont atteint environ 40 GtCO₂ par an (soit 10,9 GtC/an).
    À titre de comparaison, la destruction des forêts tropicales entraîne une perte nette de 3 à 5 GtCO₂/an.
    L’assèchement des zones humides et la destruction des tourbières libèrent environ 2 GtCO₂/an.
    En ajoutant les autres types de dégradation des terres (cultures intensives, désertification), on atteint un total de 6 à 8 GtCO₂/an, soit environ 15 à 20 % des émissions humaines annuelles.
    📌 Interprétation :
    Si nous mettions fin à la destruction des écosystèmes, nous pourrions réduire considérablement les émissions mondiales. Mieux encore, la restauration des écosystèmes permettrait d’augmenter la capacité de captation du CO₂.

    Conclusion : Un double effet aggravant
    Les écosystèmes dégradés émettent du CO₂ au lieu de l’absorber, aggravant la concentration atmosphérique de carbone.
    Ils ne jouent plus leur rôle de puits de carbone, réduisant la capacité naturelle de la Terre à tempérer le changement climatique.
    👉 La déforestation et la destruction des sols ne sont donc pas seulement une source d’émissions historiques : elles continuent aujourd’hui d’amplifier le problème climatique en réduisant notre capacité à le freiner.
    💡 Solution : Stopper la destruction des écosystèmes et restaurer les puits de carbone naturels permettrait de réduire les émissions globales et de stabiliser le climat plus efficacement que des solutions technologiques seules.
  • Une comparaison avec les émissions anthropiques pour montrer à quel point cette perte amplifie le problème.

En résumé, la perte de la photosynthèse est une conséquence sous-jacente mais essentielle de la destruction des écosystèmes, qui aggrave encore davantage l’impact sur le cycle du carbone et le climat.

Un petit espoir : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S2352938524002416

En appliquant une nouvelle méthodologie de flux de travail proposée (True Significant Trends, TST), nous révélons une tendance mondiale marquée au verdissement. Une partie importante de la surface terrestre terrestre présente une augmentation de la couverture végétale au cours des quatre dernières décennies, notamment en Eurasie. Chaque étape du flux de travail TST, intégrant le pré-blanchiment, la corrélation spatiale et croisée, ainsi que la correction FDR adaptative, améliore progressivement la précision de la détection des tendances significatives. La nouvelle méthodologie TST suggère que les méthodes conventionnelles utilisées jusqu’à présent pourraient surestimer les zones présentant des tendances NDVI significatives en raison de leur capacité limitée à contrôler les résultats erronés. En filtrant efficacement les résultats erronés à chaque étape, le flux de travail TST offre une compréhension plus fiable des tendances spatio-temporelles. Nous recommandons d’appliquer cette approche à différentes échelles et dans toute analyse de tendance impliquant des données spatio-temporelles afin d’améliorer la précision et la robustesse des résultats.

La photosynthèse est le pilier de la vie terrestre, convertissant l’énergie solaire en matière organique, soutenant la biodiversité, le climat et les cycles naturels. Gratuite et universelle, elle a façonné les écosystèmes en s’appuyant sur le soleil, l’eau, le sol et le carbone.


Stopper son gaspillage et favoriser son développement …..C’est la photosynthèse , notre ami de toujours !!!

Il y a deux ans, avant le début des travaux, c’était un vrai désert, rien n’avait poussé ici depuis 40 ans. Quand le Programme alimentaire mondial de l’ONU a dit aux villageois qu’ils allaient redonner vie à cette terre dans le cadre du Grand Mur vert, tout le monde pensait que c’était impossible. Et pourtant, nous voilà en Afrique, dans le désert, au nord de Sagal, et la vie est de retour. Les enjeux n’ont jamais été aussi importants : quand le sol s’érode et que la terre devient un désert, les gens partent pour les villes, et des endroits comme celui-ci s’effondrent. Mais grâce à ce travail…

00:33

« Des villageois et du programme alimentaire mondial en utilisant des techniques et des systèmes dont je vais vous parler dans cette vidéo. Les temps ont changé, et la richesse naturelle revient, ce qui aide les gens ici à améliorer leurs conditions de vie. Bienvenue au Sénégal ! Je suis ici pendant la saison des pluies pour voir le travail du grand mur vert d’Afrique. [Musique] Ma femme et moi, on a commencé à Dakar, une ville d’environ 4 millions d’habitants. C’est la plus grande ville du Sénégal et le point le plus à l’ouest de tout le continent africain. J’ai rencontré le programme alimentaire mondial. »

01:16

« On était à Dar pour discuter de notre voyage, alors on a pris la route avec le Programme alimentaire mondial. C’était environ sept heures de route à travers le Sahel. L’écosystème a vraiment beaucoup changé dans la partie sud : les arbres étaient plus grands, éparpillés parmi les champs de mil. En allant vers le nord, les arbres devenaient de plus en plus petits. C’est la fin de la saison des pluies, et cette terre est aussi verte que possible en ce moment, c’est la meilleure période de l’année. Je n’ai jamais vu autant d’animaux en pâturage. Tout le Sahel ressemble à un grand pâturage à ciel ouvert. On a continué jusqu’à l’endroit où ça commence à devenir le Sahara. »

01:56

« Désert qui est la rivière Sagal, on est ici à la rivière Sagal, qui fait la frontière entre Sagal et de l’autre côté, Morania. Quand on regarde depuis l’espace, on peut vraiment voir les dunes de sable latérales de Morania là où elles rencontrent la rivière Sagal. Cette rivière, c’est vraiment la limite entre le Sahara et le Sahel à plusieurs endroits. Donc, la rivière Sagal ici ne sert pas seulement de frontière entre Sagal et Morania, ni seulement de séparation entre le Sahel et le Sahara, mais si cette zone riveraine est végétalisée, ça pourrait représenter le premier… » Feel free to let me know if you need any adjustments!

02:40

« Le Grand Mur Vert de l’Afrique est une vision audacieuse : c’est un projet pour planter une barrière d’arbres qui s’étendra sur toute la largeur du continent, de Sénégal à Djibouti. L’objectif de ce Grand Mur Vert, c’est d’arrêter l’expansion vers le sud du désert du Sahara, qui a déjà progressé d’environ 10 % ces 100 dernières années. Donc, on a le Sahara, ensuite le Sahel, puis la savane, et enfin la forêt tropicale. L’idée, c’est vraiment de créer une barrière d’arbres pour freiner cette avancée. »

03:23

« J’suis ici sur le terrain, à la Grande Muraille Verte, pour montrer comment on peut restaurer des paysages dégradés. On peut garder le Sahara à distance, créer de l’abondance et permettre aux gens de vivre ici et de s’épanouir. On est sur un site de projet du PAM, dans une zone très dégradée. Au début, quand on a présenté le processus et l’idée, la communauté n’y croyait pas. Ils disaient : ‘Non, c’est pas vrai, c’est pas faisable, on peut pas récupérer cette terre.’ Ça fait plus de 40 ans qu’on est ici et rien ne pousse de ce côté. »

04:10

Le processus a commencé avec une planification participative basée sur la communauté. À la fin de ce processus, on a convenu que l’une des actions majeures dans le projet de réclamation ou de récupération des terres était la création d’une sorte d’école. Ils viennent apprendre comment améliorer les choses, et les gens croient en ce projet, ils sont convaincus et engagés. Vous pouvez voir qu’au PAM, nous avons planté et réhabilité environ 300 000 hectares de terres ces dernières années, et ce que vous voyez ici, ce sont 30 hectares de ces 300 000. C’est une contribution au Grand Mur Vert, car le Grand Mur…

04:57

Le mur, c’est un peu comme un patchwork, une mosaïque de forêts qui, ensemble, forment ce mur pour protéger le Sahel de l’envahissement du désert du Sahara. On travaille sur des terres dégradées et on essaie de les ramener à la vie, et ça passe par plusieurs étapes. Quand on commence avec un sol comme celui qu’on voit ici, qui est craquelé et brûlé par le soleil, il ne peut pas soutenir la moindre forme de vie. C’est littéralement aussi dur que du ciment, il n’y a aucune chance que des graines ou des plantes puissent s’enraciner ici. On le remet sur pied !

05:35

« On ramène ça à la production pour que ça puisse nourrir les gens et les communautés, et que celles-ci puissent recommencer à prospérer. Mais attendez, il faut qu’on crée des structures de récupération d’eau pour garder l’eau sur place. Si on regarde le sol tel qu’il est maintenant, l’eau ne peut pas y rester, elle s’évacue et s’en va. Donc ces demi-lunes, c’est la première étape dans ce processus de réhabilitation et d’amélioration du sol. Ici, on a 7 500 demi-lunes, chacune ayant un diamètre de 4 mètres, et ça nécessite une personne pour… »

06:19

« On creuse un demi-lune par jour. Cet endroit a été travaillé par une équipe de 150 personnes. Alors, comment ça marche ces demi-lunes ? En gros, quand il pleut, l’eau arrive ici et on a placé les demi-lunes sur des lignes de contour. Ça veut dire que quand la pluie tombe, l’eau s’écoule vers cette zone qui est un peu plus basse, ce qui permet de retenir l’eau. On crée aussi une levée un peu plus haute pour s’assurer que l’eau ne déborde pas. Du coup, l’eau reste ici et nourrit ces plantes. On utilise surtout des espèces locales comme le sorgho. »

07:02

« Le millet a été domestiqué ici il y a des milliers d’années, il vient en fait du Sahel et produit une quantité impressionnante de biomasse. C’est donc parfait pour réhabiliter les terres tout en nourrissant les gens en même temps. Ce n’est pas nouveau, on n’a pas inventé une nouvelle technologie ici. La technologie du demi-lune est en réalité une technique endogène au Sahel, qui a été oubliée avec le temps. On l’a remise au goût du jour. Et le sérum que vous voyez derrière nous a poussé uniquement avec la pluie. »

07:41

« En gros, environ 10 à 15 % de l’eau qui sera captée ici va s’infiltrer dans le sol et recharger les nappes phréatiques. Comme ça, on arrive à un équilibre au niveau de l’eau. On ne puise pas dans les ressources en eau, mais on s’assure qu’il y a suffisamment d’eau dans le sol pour les générations futures. Ensuite, on a un autre système qui consiste principalement à planter des rangées. On a des parterres de culture où on peut planter des tomates, du gombo, et ainsi de suite. Ici, on a des tranchées où on a planté du moringa, des pois de pigeon, et aussi d’autres choses. »

08:22

« On a de l’okra qui a poussé à l’état sauvage ici, et l’idée, c’est qu’on a des tranchées de biomasse qui vont nous fournir de la biomasse au fur et à mesure que le système se développe. Entre ces tranchées, on a des fosses de plantation où on a planté des arbres fruitiers, comme des goyaviers et des agrumes. C’est juste un tout premier pas dans ce projet pilote. On va aussi utiliser d’autres espèces natives qu’on va planter dans les fosses pour aider à régénérer le sol et le protéger, pendant que le système commence à croître et à produire de la nourriture et de la vie pour les gens. »

08:59

« Dans son état mature, ce système ressemblera à une forêt, d’accord ? Il y aura des rangées qui produiront de la biomasse et des fruits, et entre ces rangées, on cultivera des légumes. C’est exactement comme fonctionne la nature. On a découvert l’agriculture Copic, qui est un type d’agriculture de conservation développé au Brésil, basé sur les connaissances traditionnelles des peuples autochtones à travers le monde. Beaucoup de populations autochtones ont des méthodes agricoles traditionnelles similaires, qui diffèrent de… »

09:37

« L’agriculture conventionnelle et ce qui imite la dynamique des forêts. La prochaine étape, c’est qu’on va planter des arbres ici. Si on regarde l’immensité de cette zone, on peut mettre des milliers d’arbres dans ces structures. Parfois, quand tu viens dans les villages, tu ne vois personne, juste quelques animaux. Tu te dis : « Ok, je pense que les gens sont là. » En général, chaque année après la saison des pluies, la plupart des jeunes migrent vers Dakar et d’autres grandes villes de Sagal. C’est ce qu’on appelle la migration interne ou locale. Certains quittent Sagal pour aller ailleurs. »

10:20

« En Espagne, ce qu’ils vont faire, c’est l’agriculture qu’ils laissent derrière. Ils vont récolter des pommes là-bas, alors qu’ici, ils faisaient la même chose avant. Ils pensaient à comment migrer, mais maintenant ils ne pensent plus à ça. Avec ce B Hall qu’on a mis en place, on va travailler 12 mois sur la production de légumes. Maintenant, ces jeunes qui sont super importants pour la sécurité et le développement du village n’ont plus besoin de partir. Ce ne sont que les vieux qui restent au village, et ils vont contribuer à la dynamique locale. »

11:03

« Maintenant, la communauté est réunie, ils ont une vraie cohésion sociale. Ce projet était vraiment super intéressant parce que le Programme alimentaire mondial voulait montrer comment on pouvait transformer les zones les plus dévastées en endroits résilients qui produisent de la nourriture. Ils ont choisi de placer leur projet sur un paysage très dégradé, complètement ravagé, où il ne restait que de la terre compacte. C’est en fait la ligne de front du Grand Mur vert de l’Afrique, le fleuve Sagal, du moins pour cette région. C’est là que tu vas vraiment voir les choses. »

11:44

« La ligne de séparation entre le Sahara et le Sahel, donc le travail du PAM (Programme Alimentaire Mondial) s’attaque directement à ce problème sur le terrain avec le Grand Mur Vert de l’Afrique. »ToutSource : Andrew MillisonTerreauRegardées

Pas d’arbre = pas d ‘eau !

Pas d’arbre = pas d ‘eau ! On plante des arbres (des feuillus 🌳 ) justement parce qu’ils transpirent énormément l’été donc provoquent des pluies ! « l’eau appelle l’eau et le sec appelle le sec » !
ce n’est pas l’agriculture qui a besoin d’eau mais le climat, l’environnement, les sols et la biodiversité qui ont besoin d’une végétation verte, vivante et massive l’été (comme les forets, en ville et en campagne) ! On ne nourrit pas la planète avec de la poussière et c’est la sécheresse qui fait avancer les déserts ! on peut nourrir la planète avec des sols vivants et donc l’agriculture de conservation des sols, mais on ne pourra JAMAIS sauver les campagnes sans mettre AUX NORMES les villes !!! en France les recyclages de l’eau et de la matière organique sont inexistants !! Les stations d’épuration sont des armes de désertification massive ! non seulement l’eau est jetée en rivières pollue TOUTES les rivières mais TOUTE la fertilité des sols ( la matière organique) disparait dans des incinérateurs ou des décharges ! 80% des assainissements collectifs français ne sont pas aux normes et polluent massivement TOUTES les rivières jusqu’à la mer en passant par les bassins ostréicoles ! On peut agir très vite puisque toutes les lois existent déjà, il suffit juste de les faire appliquer aux collectivités : tous les rejets (pluies et eaux usées) doivent être traités et infiltrés pour ne pas perturber le cycle de rechargement des nappes phréatiques, et quand les infiltrations ne sont pas possibles l’eau doit être recyclée pour des usages non domestiques comme l’arrosage. Les rivières sont le drainage naturel des sols et elles sont caractérisées uniquement par leurs sources, tous les apports supplémentaires (ruissellements, fossés et rejets de station d’épuration) amplifient le drainage naturel donc assèchent les nappes phréatiques et polluent.

Laurent Denise

La contamination des rivières européennes par le glyphosate n’est pas due à l’application d’herbicides ?

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S004313542401039X

Résumé

Le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé, contamine les eaux de surface du monde entier. Les applications agricoles et urbaines sont considérées comme des sources de glyphosate. Pour mieux délimiter ces sources, nous avons étudié les séries chronologiques à long terme des concentrations de glyphosate et de son principal produit de transformation, l’acide aminométhylphosphonique (AMPA), dans une grande méta-analyse d’environ 100 sites aux États-Unis et en Europe. Les données américaines révèlent des impulsions de glyphosate et d’AMPA lorsque le débit de la rivière est élevé, ce qui indique probablement une mobilisation par la pluie après l’application d’herbicide. En revanche, les profils de concentration européens de glyphosate et d’AMPA montrent une composante cyclique-saisonnière typique dans leurs profils de concentration, en corrélation avec les profils de marqueurs des eaux usées tels que les produits pharmaceutiques, ce qui est cohérent avec la détection fréquente de ces composés dans les stations d’épuration des eaux usées. Notre grande méta-analyse montre clairement que pendant plus d’une décennie, les eaux usées municipales ont été une source très importante de glyphosate. De plus, les données sur les eaux des rivières européennes montrent des flux de masse de base de glyphosate plutôt élevés et constants tout au long de l’année, ce qui n’est pas attendu de l’application d’herbicides. À partir de notre méta-analyse, nous définissons des critères pour une source de glyphosate, qui était jusqu’à présent cachée. L’AMPA est connu pour être un produit de transformation non seulement du glyphosate mais aussi des aminopolyphosphonates utilisés comme antitartres dans de nombreuses applications. Comme ils sont utilisés dans les détergents à lessive en Europe mais pas aux États-Unis, nous émettons l’hypothèse que le glyphosate pourrait également être un produit de transformation des aminopolyphosphonates.

Principes et intérêts du semis direct

https://open-library.cirad.fr/files/2/553__Volume_1_final.pdf

Dans un écosystème naturel comme la forêt, le sol n’est jamais perturbé et il est protégé en permanence par
un couvert végétal très diversifié, qui crée des conditions favorables (humidité, aération, température, substrat
nutritif, etc.) pour une forte activité biologique.
Plantes et organismes du sol très divers vivent en interactions, assurent une forte production de biomasse et
remplissent diverses fonctions écosystémiques comme:

  • la production de matière organique par photosynthèse, à partir de l’eau et du gaz carbonique;
  • la protection du sol et la réduction du ruissellement par le couvert végétal permanent;
  • le recyclage des élé ments nutritifs et de l’eau par les racines profondes;
  • la fixation d’azote atmosphérique par les bactéries associées aux plantes (dans les nodosités des racines de
    légumineuses ou dans la rhizosphère);
  • la minéralisation et la solubilisation des éléments nutritifs par les organismes vivants permettant une
    alimentation régulière des plantes;
  • l’enrichissement du sol en matière organique stable et la séquestration de carbone;
  • l’aération du sol par les systèmes racinaires puissants;
  • la régulation de la température du sol; et
  • l’ensemble des processus de pédogenèse avec:
  • altération de la roche mère en argiles (plus ou moins
    rapide en fonction du climat et du type de roche), par
    les systèmes racinaires puissants et leurs exsudats, les
    champignons, les micro-organismes du sol, etc.
  • fractionnement progressif par la faune des débris
    végétaux de grosse taille (ce qui les rend accessibles
    à la microflore), sous l’intervention d’une grande
    diversité trophique: gros collemboles, diptères,
    macro-arthropodes, enchytrées, petits collemboles,
    oribates, etc.
  • humification sous l’action des bactéries, la vitesse et
    les produits de cette humification variant en fonction
    de la végétation, du climat et de la microflore;
  • bioturbation (fonction indispensable à la pédogenèse,
    mixant ainsi matières minérales et matières
    organiques, permettant la formation du complexe
    argilo-humique et les processus d’agrégation du sol)
    par la faune du sol: vers de terre, fourmis, termites,
    larves de coléoptères, etc.
  • agrégation et stabilisation des agrégats par la
    faune (bioturbation, activation de la microflore), les
    champignons (par les mycélium/hyphes), les colonies
    de bactéries, les exsudats racinaires, polysaccharides,
    etc.
    Ces diverses fonctions, remplies par les plantes et
    les organismes vivants du sol, permettent d’assurer
    une pédogenèse active, et de maintenir un sol qui se
    renouvelle régulièrement. Le turnover important de la
    matière organique et des éléments nutritifs, et l’absence
    de pertes par lessivage, permettent d’entretenir de
    manière durable une forte production, même sur des sols
    à fertilité réduite. Cette production de biomasse permet
    quant à elle d’entretenir la pédogenèse. L’écosystème est
    stable et résilient.

Le sol vivant
La macrofaune et les micro-organismes jouent un rôle
fondamental dans la vie d’un sol. Ils sont indispensables à
sa formation: altération de la roche mère, décomposition
de la matière organique, processus de minéralisation et
de formation d’humus, bioturbation, etc.
Ils jouent également un rôle clef dans la formation et la
stabilité des agrégats du sol et donc de sa structure.
La microflore (bactéries, mycorhizes, trichodermes,
etc.) est aussi fondamentale pour les processus assurant
l’alimentation des plantes:

  • minéralisation de la matière organique;
  • fixation d’azote atmosphérique;
  • solubilisation des éléments minéraux par oxydation
    ou chélation, ce qui les rend assimilables par les
    plantes;
    extraction d’éléments nutritifs du sol peu mobilisables
    (modification du pH et du potentiel redox,
  • augmentation de la surface d’interception par les
    mycorhizes, etc.).
    Ils sont si importants pour les plantes qu’elles les
    stimulent par leurs exsudats racinaires, allant jusqu’à
    «relacher» par rhizodéposition 20 à 50% du carbone
    capté par photosynthèse. Certaines plantes carencées
    en phosphore par exemple peuvent, par leurs sécrétions,
    favoriser de manière préférentielle le développement de
    bactéries qui extraient le phosphore fixé dans le sol et
    le solubilisent.

Trois principes fondamentaux

  1. Minimiser la perturbation du sol et de la litière
    (pas de travail mécanique du sol).
  2. maintenir le sol couvert en permanence.
  3. Produire et restituer au sol une forte biomasse
    par associations/successions d’une diversité de
    plantes aux fonctions multiples.
  • Production et restitution au sol d’une forte biomasse.
    La biomasse est renouvelée annuellement (ce qui permet de maintenir la couverture du sol malgré la minéralisation)
    par diverses plantes (cultures et plantes de couverture) multifonctionnelles, conduites en association et/ou en
    succession et qui remplissent des fonctions éco systémiques diverses.
    L’écosystème cultivé en SCV est cependant intensifié par rapport à un écosystème naturel, pour permettre la
    production de cultures et/ou de fourrages qui sont exportés (ce qui implique en retour des apports pour restituer
    les éléments nutritifs prélevés par le système).
    Ces trois principes permettent de construire trois “piliers”:

Les trois “piliers” du semis direct sur couverture végétale

  1. Le premier “pilier” des SCV, est donc la couverture
    végétale permanente du sol (alimentée par une forte
    production de biomasse, et non perturbée en l’absence
    de travail du sol). L’épaisse litière ainsi constituée protège
    le sol et modifie la dynamique de la matière organique, de
    l’eau et des éléments nutritifs;
  2. Le deuxième “pilier” des SCV est constitué par la
    diversité des plantes (associées ou en succession dans les
    systèmes SCV selon le troisième principe) qui remplissent
    de multiples fonctions. Elles assurent en particulier la
    production de biomasse aérienne (alimentation de la
    litière) et racinaire (exploration d’un important volume de
    sol, production de biomasse souterraine, restructuration
    du sol, mobilisation et recyclage des éléments nutritifs,
    etc.)
  3. Le troisième “pilier” des SCV est la forte activité
    biologique du sol (faune et microflore), rendue possible
    par les deux premiers “piliers” qui alimentent le sol en
    matière organique et favorisent le développement des
    organismes, en:
  • restructurant et aérant le sol par les systèmes
    racinaires puissants;
  • maintenant l’humidité (faible ruissellement,
    forte infiltration et stockage, évaporation limitée)
    et tamponnant les températures par la couverture
    végétale;
  • fournissant un substrat énergétique: la matière organique fraîche (au niveau de la litière en décomposition
    et des racines après la mort des plantes) et les exsudats (sucres, hormones, enzymes, etc.) émis par les
    jeunes racines.
    En retour, cette forte activité biologique contribue à améliorer et stabiliser la structure du sol (structuration et
    stabilisation des agrégats du sol par la macrofaune, les champignons du sol, les colonies de bactéries, etc.).
    Elle est essentielle dans la genèse des sols et joue un rôle fondamental dans les cycles des éléments nutritifs,
    aussi bien au niveau de la litière (cycle de la matière organique: minéralisation, humification et séquestration
    de carbone, accumulation d’azote organique ; solubilisation des éléments nutritifs par oxydation ou chélation)
    que du complexe absorbant (nature des bases et rétention). Elle renforce le deuxième “pilier” (les plantes
    multifonctionnelles) qui alimente le premier (la litière). Ces trois “piliers” (couverture végétale/litière + plantes
    multifonctionnelles/racines + activité biologique associée) se renforcent mutuellement. Ils permettent aux SCV,
    par leur nature et leur quantité sans cesse renouvelées (biodiversité fonctionnelle), de remplir des fonctions
    multiples et complémentaires, communes à tous les SCV mais d’intensité variable en fonction des systèmes et de
    leurs conditions de réalisation (qualité et quantité de la biomasse produite et restituée au sol).

La couverture végétale / litière
La couverture végétale du sol/litière est fondamentale
pour le bon fonctionnement des SCV.
Elle doit être maintenue aussi totale que possible, de
manière aussi continue que possible.
Elle est composée des résidus de récolte auxquels
s’ajoute la matière sèche, souvent prépondérante en
quantité et en biodiversité, provenant des plantes
associées à la culture principale ou pratiquées en
succession annuelle.
Elle peut être difficile à maintenir dans des conditions
climatiques exceptionnelles, qui peuvent limiter
fortement la croissance des plantes.
Elle peut à l’inverse être très épaisse, composée parfois
des résidus de biomasse issus de plusieurs années
successives, en fonction de la quantité et de la qualité
de la biomasse et des conditions climatiques.
Cet approvisionnement régulier et ce maintien
en permanence d’une couverture végétale, sans
perturbation du sol, distinguent les SCV de la plupart
des techniques parfois regroupées sous le vocable
d’agriculture de conservation, dont les Techniques
Culturales Simplifiées (TCS).

la suite avec ce lien : https://open-library.cirad.fr/files/2/553__Volume_1_final.pdf

Piéger le carbone dans le sol : ce que peut l’agriculture

REGARD D’EXPERT 8 novembre 2023

Il est là, sous nos pieds : le sol. On le regarde à peine, pourtant c’est sous la terre que sont stockées les plus grandes quantités de carbone des écosystèmes terrestres. Les sols peuvent jouer un rôle substantiel pour réduire les concentrations de gaz à effets de serre dans l’atmosphère. Via la préservation des stocks importants de carbone souterrain, d’une part, mais aussi par la restauration des terres dégradées notamment grâce à certaines pratiques agricoles, qui permettent de piéger davantage de carbone sous la terre, voici comment.

On trouve trois fois plus de carbone dans les sols que dans l'atmosphère © Cirad, R. Cardinael
On trouve trois fois plus de carbone dans les sols que dans l’atmosphère © Cirad, R. CardinaelOn trouve trois fois plus de carbone dans les sols que dans l’atmosphère © Cirad, R. Cardinael

Lire aussi

Carbone des sols : un panorama mondial des impacts des activités humaines

L’agroforesterie peut jouer un rôle clé dans la lutte contre le changement climatique

Carbone du sol : une synthèse mondiale pour identifier les besoins et mieux répondre aux enjeux globaux

A écouter

Capturer le CO2 : la solution miracle ?
Un podcast AFP-The conversation

Rémi Cardinael
Cirad, Zimbabwe
​​​​​

Dans notre vie quotidienne on le regarde à peine, et pourtant, il ne s’agit rien de moins que du plus grand stock de carbone des écosystèmes terrestres. Ce palmarès ne revient en effet pas aux forêts, ni à l’atmosphère, mais bel et bien aux sols. On trouve environ 2400 milliards de tonnes de carbone dans les deux premiers mètres de profondeur sous la terre, soit trois fois plus que ce que l’on trouve dans l’atmosphère.

À l’heure du dérèglement climatique et de la nécessité absolue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, cette impressionnante capacité des sols à stocker du carbone laisse songeur. Si les sols ne pourront bien entendu pas à eux seuls faire baisser drastiquement les concentrations de gaz à effets de serre dans l’atmosphère qui sont responsables du réchauffement climatique, ils peuvent néanmoins jouer un rôle substantiel, via la préservation des stocks importants de carbone souterrain, mais aussi via la restauration des terres dégradées notamment grâce à certaines pratiques agricoles, qui permettent de piéger davantage de carbone sous la terre.

Comment le carbone entre dans les sols

Tout commence par la photosynthèse : au cours de celle-ci, les plantes fixent du dioxide de carbone (CO2) atmosphérique au sein de chloroplastes, de petits organites cellulaires riches en chlorophylle. Le CO2 est associé à des molécules d’eau (H20) grâce à l’énergie solaire, et produit ainsi des glucides (molécules riches en carbone) et de l’oxygène (O2). Une partie de ce carbone capté par la plante arrive directement dans le sol via les racines des végétaux, à la fois par l’exsudation racinaire et par le renouvellement des racines fines.

Du carbone peut également entrer dans les sols lorsque les feuilles mortes d’une plante tombent, ou quand les résidus de culture sont laissés sur le champ. Une fois tombées, ces feuilles mortes riches en carbone tapissent le sol, se décomposent, sont ingérées par des bactéries, champignons ou vers de terre et finissent par se transformer en matières organiques des sols. Des animaux peuvent également accélérer ce processus de transfert du carbone dans le sol par exemple, les termites champignonnistes, qui transportent des résidus de végétaux dans leurs termitières où une symbiose avec des champignons leur permet de les rendre plus assimilables pour celles-ci.

Certaines régions et écosystèmes possèdent des stocks de carbone des sols très importants. C’est le cas par exemple des régions boréales, où des stocks énormes sont préservés dans le permafrost mais aujourd’hui menacés par le réchauffement climatique. Dans les régions tropicales, la productivité importante des écosystèmes notamment forestiers, ainsi que des sols très profonds, expliquent aussi les stocks importants observés.

L’enjeu principal pour tous ces écosystèmes riches en carbone tels que les forêts, les zones humides, les mangroves ou encore les prairies permanentes est le maintien de ces stocks plus que leur augmentation, car ce carbone est considéré comme irrécouvrable à l’échelle humaine. Cela passe par un arrêt de la déforestation et de la conversion des écosystèmes en terres cultivées. En moyenne, 25 % du carbone du sol est perdu lorsque des forêts ou des zones humides sont converties en terres cultivées, parfois plus. Sur les terres agricoles, certaines pratiques permettent de séquestrer plus de carbone dans les sols. Généraliser leur utilisation est un des objectifs de l’initiative baptisée « 4 pour 1000 » lancée à l’occasion de la COP21.

Quelles pratiques agricoles augmentent le stock de carbone des sols ?

De nombreuses pratiques permettent d’augmenter les stocks de carbone des sols agricoles, comme l’agroforesterie, les couverts intermédiaires, ou encore les amendements organiques. Parmi les solutions souvent mises en avant, trois reviennent régulièrement. La première est le non-labour ou la réduction du travail du sol. Cette technique consiste à semer les cultures sans que l’intégralité du champ n’ait été travaillée ou labourée, au préalable. Cette pratique permet de réduire l’érosion du sol, de ralentir la décomposition des matières organiques par une moindre oxygénation du sol, de préserver sa biodiversité (notamment les vers de terre).

Prélèvement de sol au Zimbabwe dans une parcelle agricole avec des résidus de maïs (paillis) appliqués à la surface après la récolte © Cirad, R. Cardinael
Prélèvement de sol au Zimbabwe dans une parcelle agricole avec des résidus de maïs (paillis) appliqués à la surface après la récolte © Cirad, R. Cardinael

La deuxième pratique promue est celle de la couverture permanente des sols, soit avec des paillis issus des résidus de culture laissés sur le champ, soit par des couverts végétaux vivants entre les différentes cultures. Cette couverture des sols les protège contre l’érosion notamment hydrique, permet de fixer du carbone tout en étant bénéfique pour la faune du sol (bactéries, champignons, lombrics…).

La troisième technique promue est celle de la diversification des cultures, soit en rotation, soit en association. Cette diversification permet de limiter le développement des bioagresseurs et maladies des plantes, mais aussi d’augmenter la productivité des parcelles cultivées notamment grâce à des effets précédents des cultures. Par exemple, une légumineuse (pois, haricot, arachide, féverole, luzerne…) dans la rotation va fixer de l’azote de l’air et le rendre disponible dans le sol pour la culture suivante, favorisant ainsi sa croissance. Une meilleure productivité des cultures permet d’avoir plus de carbone fixé sur la parcelle, et donc plus de carbone dans les sols, notamment via les racines des cultures.

Ces trois pratiques correspondent aux trois piliers de ce que l’on appelle « l’agriculture de conservation ». Ces pratiques deviennent réellement efficaces pour augmenter le carbone des sols lorsqu’elles sont associées. Pratiquées seules, elles n’ont parfois que peu ou pas d’impact. C’est notamment le cas du non-labour seul, qui peut avoir un effet positif sur le carbone des sols dans certains contextes mais pas dans d’autres. La communauté scientifique a mis du temps à s’en rendre compte car les travaux se sont d’abord surtout focalisés sur les premiers centimètres du sol qui, sous l’effet du non-labour, avaient effectivement une plus forte teneur en carbone.

Mais cela s’accompagnait parfois d’une réduction du carbone du sol dans les couches plus profondes par rapport à des systèmes labourés où le carbone du sol est homogénéisé sur 20 ou 30 cm de profondeur. Le non-labour a donc, dans certains cas, surtout un effet sur la redistribution du carbone dans le profil de sol, sans nécessairement conduire à une augmentation nette du stock sur son ensemble, ce qui est nécessaire quand on s’intéresse à l’atténuation du changement climatique. Une synthèse récente de travaux menés en Afrique subsaharienne suggère que seule la combinaison des trois piliers de l’agriculture de conservation permet d’augmenter significativement les stocks de carbone des sols, la réduction du travail du sol seule étant inefficace.

Quels résultats au Zimbabwe et au Cambodge ?

Pour bien comprendre les bénéfices de ces trois pratiques quand elles sont associées, il est crucial d’avoir des expérimentations sur le long cours. Il faut en effet compter en moyenne 5 à 10 ans pour qu’une variation de stock de carbone du sol soit détectée de façon significative.

Au Cambodge, le Cirad et le ministère de l’agriculture du Cambodge ont démarré des expérimentations il y a quatorze ans, sur des systèmes à base de manioc, une culture couvrant près de 700 000 hectares dans le pays et principalement destinée à l’exportation pour produire de la farine pour l’alimentation animale.

En couplant le non-travail du sol et du semis direct, la couverture permanente des sols avec des couverts végétaux, et la rotation des cultures avec du maïs, nous avons pu noter une hausse importante de carbone dans les sols, avec des taux d’accumulation du carbone de l’ordre de 0,7 à 0,8 tonnes de carbone par hectare et par an jusqu’à 40 cm de profondeur. Le climat chaud et humide de la région permet en effet une couverture permanente des sols avec des couverts végétaux très productifs incluant des légumineuses (crotalaire, niébé) et des graminées (mil) entre la culture du manioc et du maïs, sur lesquels on sème le maïs.

Ce faisant, du carbone est fixé toute l’année par la photosynthèse, et un système racinaire très profond se développe permettant d’augmenter les stocks de carbone au-delà des premières strates du sol. Ce stockage de carbone additionnel dans le sol va continuer jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre du système soit atteint. Cet essai a vocation à être maintenu dans la durée pour estimer pendant combien de décennies un tel système permet de stocker du carbone. Une fois l’équilibre atteint, l’enjeu sera alors la préservation de ces stocks de carbone par le maintien des bonnes pratiques de gestion des sols. Bien gérer les sols suppose une gestion sur la durée plutôt que par à-coup.

Au Zimbabwe, dans un contexte totalement différent, avec une saison sèche de sept mois et une saison des pluies de cinq mois, nous avons voulu également mesurer l’efficacité de ces pratiques couplées sur le long terme. Nous disposons pour cela d’un essai mis en place par nos collègues du Centre International d’Amélioration du Maïs et du Blé il y a dix ans dans un système bas-intrant avec pour culture principale le maïs. Nous avons pu mesurer les stocks de carbone du sol des différentes pratiques, seules ou associées : des champs avec du travail du sol, des champs sans travail du sol, avec ou sans résidu de culture du maïs (paillis), et avec ou sans rotation avec le niébé, une légumineuse.

Encore une fois, les résultats montrent que le non-travail du sol seul ne peut pas grand chose, il induit même une légère perte de carbone du sol par rapport à un travail du sol. Cela est expliqué sur ce site par la plus forte compaction du sol quand celui-ci n’est pas travaillé, les racines donc ont du mal à se développer. De plus, la pluie pénètre moins bien et ruisselle sur le sol, ce qui entraîne des stress hydriques sur le maïs. Au final, le maïs se développe beaucoup moins bien dans ces systèmes, il y a donc moins d’apport de carbone au sol par les racines, ce qui se traduit par une perte de carbone des sols.

En revanche, les champs sans travail du sol avec un paillis de résidus de culture de maïs de la saison précédente et une rotation des cultures permettent eux d’augmenter les stocks de carbone, avec, cependant, un effet limité à l’horizon de surface. On observe cependant une augmentation nette du stock de carbone car aucune perte de carbone en profondeur n’a été observée.

Quels obstacles au développement de ces pratiques ?

Carottage de sol au Zimbabwe dans un essai de longue durée en agriculture de conservation des sols afin de quantifier les stocks de carbone organique © Cirad, R. Cardinael
Carottage de sol au Zimbabwe dans un essai de longue durée en agriculture de conservation des sols afin de quantifier les stocks de carbone organique © Cirad, R. Cardinael

Si ces résultats sont prometteurs, ces pratiques ne sont pour autant pas toujours faciles à mettre en place. Au Zimbabwe, par exemple, une contrainte majeure apparaît. Les systèmes agricoles sont des systèmes de polyculture-élevage à bas-intrant (peu de fertilisation minérale, peu ou pas de mécanisation). À la récolte, seuls les épis de maïs sont récoltés, à la main, et les tiges de maïs restent debout dans le champ. Celles-ci serviront de nourriture au bétail pendant la saison sèche où les vaches viennent pâturer directement dans les champs, après avoir vagabondé dans les forêts et zones communales pendant la saison humide.

Il y a donc une compétition d’usage pour les résidus de maïs, pour nourrir le bétail ou pour couvrir les sols. Certains agriculteurs installent des clôtures afin que le bétail ne vienne pas manger les résidus durant la saison sèche, ce qui a un coût. D’autres les récoltent et les entreposent en hauteur, à l’abri des bêtes, et apportent le paillis à l’approche de la saison humide. Cela suppose toute une organisation, du temps et de l’énergie supplémentaires. Dans les deux cas, il faut également trouver une source d’alimentation alternative pour le bétail.

Sur ces terrains comme sur d’autres, l’intérêt de ces pratiques pour les agriculteurs ne réside donc pas dans la séquestration de carbone dans les sols et de son impact sur l’atténuation du changement climatique. Ces techniques sont surtout plébiscitées pour leur impact positif sur la fertilité des sols et la productivité des cultures qui en découle, en réduisant le risque d’érosion, en améliorant la disponibilité des nutriments mais aussi en permettant de s’adapter au changement climatique à travers par exemple une meilleure conservation de l’eau. Ces bénéfices sont cruciaux et bien souvent prioritaires pour les agriculteurs du Sud Global, qui sont parmi les plus impactés par le changement climatique.

https://www.cirad.fr/les-actualites-du-cirad/actualites/2023/pieger-le-carbone-dans-le-sol-par-l-agriculture