Pas d’arbre = pas d ‘eau !

Pas d’arbre = pas d ‘eau ! On plante des arbres (des feuillus 🌳 ) justement parce qu’ils transpirent énormément l’été donc provoquent des pluies ! « l’eau appelle l’eau et le sec appelle le sec » !
ce n’est pas l’agriculture qui a besoin d’eau mais le climat, l’environnement, les sols et la biodiversité qui ont besoin d’une végétation verte, vivante et massive l’été (comme les forets, en ville et en campagne) ! On ne nourrit pas la planète avec de la poussière et c’est la sécheresse qui fait avancer les déserts ! on peut nourrir la planète avec des sols vivants et donc l’agriculture de conservation des sols, mais on ne pourra JAMAIS sauver les campagnes sans mettre AUX NORMES les villes !!! en France les recyclages de l’eau et de la matière organique sont inexistants !! Les stations d’épuration sont des armes de désertification massive ! non seulement l’eau est jetée en rivières pollue TOUTES les rivières mais TOUTE la fertilité des sols ( la matière organique) disparait dans des incinérateurs ou des décharges ! 80% des assainissements collectifs français ne sont pas aux normes et polluent massivement TOUTES les rivières jusqu’à la mer en passant par les bassins ostréicoles ! On peut agir très vite puisque toutes les lois existent déjà, il suffit juste de les faire appliquer aux collectivités : tous les rejets (pluies et eaux usées) doivent être traités et infiltrés pour ne pas perturber le cycle de rechargement des nappes phréatiques, et quand les infiltrations ne sont pas possibles l’eau doit être recyclée pour des usages non domestiques comme l’arrosage. Les rivières sont le drainage naturel des sols et elles sont caractérisées uniquement par leurs sources, tous les apports supplémentaires (ruissellements, fossés et rejets de station d’épuration) amplifient le drainage naturel donc assèchent les nappes phréatiques et polluent.

Laurent Denise

La contamination des rivières européennes par le glyphosate n’est pas due à l’application d’herbicides ?

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S004313542401039X

Résumé

Le glyphosate, l’herbicide le plus utilisé, contamine les eaux de surface du monde entier. Les applications agricoles et urbaines sont considérées comme des sources de glyphosate. Pour mieux délimiter ces sources, nous avons étudié les séries chronologiques à long terme des concentrations de glyphosate et de son principal produit de transformation, l’acide aminométhylphosphonique (AMPA), dans une grande méta-analyse d’environ 100 sites aux États-Unis et en Europe. Les données américaines révèlent des impulsions de glyphosate et d’AMPA lorsque le débit de la rivière est élevé, ce qui indique probablement une mobilisation par la pluie après l’application d’herbicide. En revanche, les profils de concentration européens de glyphosate et d’AMPA montrent une composante cyclique-saisonnière typique dans leurs profils de concentration, en corrélation avec les profils de marqueurs des eaux usées tels que les produits pharmaceutiques, ce qui est cohérent avec la détection fréquente de ces composés dans les stations d’épuration des eaux usées. Notre grande méta-analyse montre clairement que pendant plus d’une décennie, les eaux usées municipales ont été une source très importante de glyphosate. De plus, les données sur les eaux des rivières européennes montrent des flux de masse de base de glyphosate plutôt élevés et constants tout au long de l’année, ce qui n’est pas attendu de l’application d’herbicides. À partir de notre méta-analyse, nous définissons des critères pour une source de glyphosate, qui était jusqu’à présent cachée. L’AMPA est connu pour être un produit de transformation non seulement du glyphosate mais aussi des aminopolyphosphonates utilisés comme antitartres dans de nombreuses applications. Comme ils sont utilisés dans les détergents à lessive en Europe mais pas aux États-Unis, nous émettons l’hypothèse que le glyphosate pourrait également être un produit de transformation des aminopolyphosphonates.

Principes et intérêts du semis direct

https://open-library.cirad.fr/files/2/553__Volume_1_final.pdf

Dans un écosystème naturel comme la forêt, le sol n’est jamais perturbé et il est protégé en permanence par
un couvert végétal très diversifié, qui crée des conditions favorables (humidité, aération, température, substrat
nutritif, etc.) pour une forte activité biologique.
Plantes et organismes du sol très divers vivent en interactions, assurent une forte production de biomasse et
remplissent diverses fonctions écosystémiques comme:

  • la production de matière organique par photosynthèse, à partir de l’eau et du gaz carbonique;
  • la protection du sol et la réduction du ruissellement par le couvert végétal permanent;
  • le recyclage des élé ments nutritifs et de l’eau par les racines profondes;
  • la fixation d’azote atmosphérique par les bactéries associées aux plantes (dans les nodosités des racines de
    légumineuses ou dans la rhizosphère);
  • la minéralisation et la solubilisation des éléments nutritifs par les organismes vivants permettant une
    alimentation régulière des plantes;
  • l’enrichissement du sol en matière organique stable et la séquestration de carbone;
  • l’aération du sol par les systèmes racinaires puissants;
  • la régulation de la température du sol; et
  • l’ensemble des processus de pédogenèse avec:
  • altération de la roche mère en argiles (plus ou moins
    rapide en fonction du climat et du type de roche), par
    les systèmes racinaires puissants et leurs exsudats, les
    champignons, les micro-organismes du sol, etc.
  • fractionnement progressif par la faune des débris
    végétaux de grosse taille (ce qui les rend accessibles
    à la microflore), sous l’intervention d’une grande
    diversité trophique: gros collemboles, diptères,
    macro-arthropodes, enchytrées, petits collemboles,
    oribates, etc.
  • humification sous l’action des bactéries, la vitesse et
    les produits de cette humification variant en fonction
    de la végétation, du climat et de la microflore;
  • bioturbation (fonction indispensable à la pédogenèse,
    mixant ainsi matières minérales et matières
    organiques, permettant la formation du complexe
    argilo-humique et les processus d’agrégation du sol)
    par la faune du sol: vers de terre, fourmis, termites,
    larves de coléoptères, etc.
  • agrégation et stabilisation des agrégats par la
    faune (bioturbation, activation de la microflore), les
    champignons (par les mycélium/hyphes), les colonies
    de bactéries, les exsudats racinaires, polysaccharides,
    etc.
    Ces diverses fonctions, remplies par les plantes et
    les organismes vivants du sol, permettent d’assurer
    une pédogenèse active, et de maintenir un sol qui se
    renouvelle régulièrement. Le turnover important de la
    matière organique et des éléments nutritifs, et l’absence
    de pertes par lessivage, permettent d’entretenir de
    manière durable une forte production, même sur des sols
    à fertilité réduite. Cette production de biomasse permet
    quant à elle d’entretenir la pédogenèse. L’écosystème est
    stable et résilient.

Le sol vivant
La macrofaune et les micro-organismes jouent un rôle
fondamental dans la vie d’un sol. Ils sont indispensables à
sa formation: altération de la roche mère, décomposition
de la matière organique, processus de minéralisation et
de formation d’humus, bioturbation, etc.
Ils jouent également un rôle clef dans la formation et la
stabilité des agrégats du sol et donc de sa structure.
La microflore (bactéries, mycorhizes, trichodermes,
etc.) est aussi fondamentale pour les processus assurant
l’alimentation des plantes:

  • minéralisation de la matière organique;
  • fixation d’azote atmosphérique;
  • solubilisation des éléments minéraux par oxydation
    ou chélation, ce qui les rend assimilables par les
    plantes;
    extraction d’éléments nutritifs du sol peu mobilisables
    (modification du pH et du potentiel redox,
  • augmentation de la surface d’interception par les
    mycorhizes, etc.).
    Ils sont si importants pour les plantes qu’elles les
    stimulent par leurs exsudats racinaires, allant jusqu’à
    «relacher» par rhizodéposition 20 à 50% du carbone
    capté par photosynthèse. Certaines plantes carencées
    en phosphore par exemple peuvent, par leurs sécrétions,
    favoriser de manière préférentielle le développement de
    bactéries qui extraient le phosphore fixé dans le sol et
    le solubilisent.

Trois principes fondamentaux

  1. Minimiser la perturbation du sol et de la litière
    (pas de travail mécanique du sol).
  2. maintenir le sol couvert en permanence.
  3. Produire et restituer au sol une forte biomasse
    par associations/successions d’une diversité de
    plantes aux fonctions multiples.
  • Production et restitution au sol d’une forte biomasse.
    La biomasse est renouvelée annuellement (ce qui permet de maintenir la couverture du sol malgré la minéralisation)
    par diverses plantes (cultures et plantes de couverture) multifonctionnelles, conduites en association et/ou en
    succession et qui remplissent des fonctions éco systémiques diverses.
    L’écosystème cultivé en SCV est cependant intensifié par rapport à un écosystème naturel, pour permettre la
    production de cultures et/ou de fourrages qui sont exportés (ce qui implique en retour des apports pour restituer
    les éléments nutritifs prélevés par le système).
    Ces trois principes permettent de construire trois “piliers”:

Les trois “piliers” du semis direct sur couverture végétale

  1. Le premier “pilier” des SCV, est donc la couverture
    végétale permanente du sol (alimentée par une forte
    production de biomasse, et non perturbée en l’absence
    de travail du sol). L’épaisse litière ainsi constituée protège
    le sol et modifie la dynamique de la matière organique, de
    l’eau et des éléments nutritifs;
  2. Le deuxième “pilier” des SCV est constitué par la
    diversité des plantes (associées ou en succession dans les
    systèmes SCV selon le troisième principe) qui remplissent
    de multiples fonctions. Elles assurent en particulier la
    production de biomasse aérienne (alimentation de la
    litière) et racinaire (exploration d’un important volume de
    sol, production de biomasse souterraine, restructuration
    du sol, mobilisation et recyclage des éléments nutritifs,
    etc.)
  3. Le troisième “pilier” des SCV est la forte activité
    biologique du sol (faune et microflore), rendue possible
    par les deux premiers “piliers” qui alimentent le sol en
    matière organique et favorisent le développement des
    organismes, en:
  • restructurant et aérant le sol par les systèmes
    racinaires puissants;
  • maintenant l’humidité (faible ruissellement,
    forte infiltration et stockage, évaporation limitée)
    et tamponnant les températures par la couverture
    végétale;
  • fournissant un substrat énergétique: la matière organique fraîche (au niveau de la litière en décomposition
    et des racines après la mort des plantes) et les exsudats (sucres, hormones, enzymes, etc.) émis par les
    jeunes racines.
    En retour, cette forte activité biologique contribue à améliorer et stabiliser la structure du sol (structuration et
    stabilisation des agrégats du sol par la macrofaune, les champignons du sol, les colonies de bactéries, etc.).
    Elle est essentielle dans la genèse des sols et joue un rôle fondamental dans les cycles des éléments nutritifs,
    aussi bien au niveau de la litière (cycle de la matière organique: minéralisation, humification et séquestration
    de carbone, accumulation d’azote organique ; solubilisation des éléments nutritifs par oxydation ou chélation)
    que du complexe absorbant (nature des bases et rétention). Elle renforce le deuxième “pilier” (les plantes
    multifonctionnelles) qui alimente le premier (la litière). Ces trois “piliers” (couverture végétale/litière + plantes
    multifonctionnelles/racines + activité biologique associée) se renforcent mutuellement. Ils permettent aux SCV,
    par leur nature et leur quantité sans cesse renouvelées (biodiversité fonctionnelle), de remplir des fonctions
    multiples et complémentaires, communes à tous les SCV mais d’intensité variable en fonction des systèmes et de
    leurs conditions de réalisation (qualité et quantité de la biomasse produite et restituée au sol).

La couverture végétale / litière
La couverture végétale du sol/litière est fondamentale
pour le bon fonctionnement des SCV.
Elle doit être maintenue aussi totale que possible, de
manière aussi continue que possible.
Elle est composée des résidus de récolte auxquels
s’ajoute la matière sèche, souvent prépondérante en
quantité et en biodiversité, provenant des plantes
associées à la culture principale ou pratiquées en
succession annuelle.
Elle peut être difficile à maintenir dans des conditions
climatiques exceptionnelles, qui peuvent limiter
fortement la croissance des plantes.
Elle peut à l’inverse être très épaisse, composée parfois
des résidus de biomasse issus de plusieurs années
successives, en fonction de la quantité et de la qualité
de la biomasse et des conditions climatiques.
Cet approvisionnement régulier et ce maintien
en permanence d’une couverture végétale, sans
perturbation du sol, distinguent les SCV de la plupart
des techniques parfois regroupées sous le vocable
d’agriculture de conservation, dont les Techniques
Culturales Simplifiées (TCS).

la suite avec ce lien : https://open-library.cirad.fr/files/2/553__Volume_1_final.pdf

Piéger le carbone dans le sol : ce que peut l’agriculture

REGARD D’EXPERT 8 novembre 2023

Il est là, sous nos pieds : le sol. On le regarde à peine, pourtant c’est sous la terre que sont stockées les plus grandes quantités de carbone des écosystèmes terrestres. Les sols peuvent jouer un rôle substantiel pour réduire les concentrations de gaz à effets de serre dans l’atmosphère. Via la préservation des stocks importants de carbone souterrain, d’une part, mais aussi par la restauration des terres dégradées notamment grâce à certaines pratiques agricoles, qui permettent de piéger davantage de carbone sous la terre, voici comment.

On trouve trois fois plus de carbone dans les sols que dans l'atmosphère © Cirad, R. Cardinael
On trouve trois fois plus de carbone dans les sols que dans l’atmosphère © Cirad, R. CardinaelOn trouve trois fois plus de carbone dans les sols que dans l’atmosphère © Cirad, R. Cardinael

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Rémi Cardinael
Cirad, Zimbabwe
​​​​​

Dans notre vie quotidienne on le regarde à peine, et pourtant, il ne s’agit rien de moins que du plus grand stock de carbone des écosystèmes terrestres. Ce palmarès ne revient en effet pas aux forêts, ni à l’atmosphère, mais bel et bien aux sols. On trouve environ 2400 milliards de tonnes de carbone dans les deux premiers mètres de profondeur sous la terre, soit trois fois plus que ce que l’on trouve dans l’atmosphère.

À l’heure du dérèglement climatique et de la nécessité absolue de réduire les émissions de gaz à effet de serre, cette impressionnante capacité des sols à stocker du carbone laisse songeur. Si les sols ne pourront bien entendu pas à eux seuls faire baisser drastiquement les concentrations de gaz à effets de serre dans l’atmosphère qui sont responsables du réchauffement climatique, ils peuvent néanmoins jouer un rôle substantiel, via la préservation des stocks importants de carbone souterrain, mais aussi via la restauration des terres dégradées notamment grâce à certaines pratiques agricoles, qui permettent de piéger davantage de carbone sous la terre.

Comment le carbone entre dans les sols

Tout commence par la photosynthèse : au cours de celle-ci, les plantes fixent du dioxide de carbone (CO2) atmosphérique au sein de chloroplastes, de petits organites cellulaires riches en chlorophylle. Le CO2 est associé à des molécules d’eau (H20) grâce à l’énergie solaire, et produit ainsi des glucides (molécules riches en carbone) et de l’oxygène (O2). Une partie de ce carbone capté par la plante arrive directement dans le sol via les racines des végétaux, à la fois par l’exsudation racinaire et par le renouvellement des racines fines.

Du carbone peut également entrer dans les sols lorsque les feuilles mortes d’une plante tombent, ou quand les résidus de culture sont laissés sur le champ. Une fois tombées, ces feuilles mortes riches en carbone tapissent le sol, se décomposent, sont ingérées par des bactéries, champignons ou vers de terre et finissent par se transformer en matières organiques des sols. Des animaux peuvent également accélérer ce processus de transfert du carbone dans le sol par exemple, les termites champignonnistes, qui transportent des résidus de végétaux dans leurs termitières où une symbiose avec des champignons leur permet de les rendre plus assimilables pour celles-ci.

Certaines régions et écosystèmes possèdent des stocks de carbone des sols très importants. C’est le cas par exemple des régions boréales, où des stocks énormes sont préservés dans le permafrost mais aujourd’hui menacés par le réchauffement climatique. Dans les régions tropicales, la productivité importante des écosystèmes notamment forestiers, ainsi que des sols très profonds, expliquent aussi les stocks importants observés.

L’enjeu principal pour tous ces écosystèmes riches en carbone tels que les forêts, les zones humides, les mangroves ou encore les prairies permanentes est le maintien de ces stocks plus que leur augmentation, car ce carbone est considéré comme irrécouvrable à l’échelle humaine. Cela passe par un arrêt de la déforestation et de la conversion des écosystèmes en terres cultivées. En moyenne, 25 % du carbone du sol est perdu lorsque des forêts ou des zones humides sont converties en terres cultivées, parfois plus. Sur les terres agricoles, certaines pratiques permettent de séquestrer plus de carbone dans les sols. Généraliser leur utilisation est un des objectifs de l’initiative baptisée « 4 pour 1000 » lancée à l’occasion de la COP21.

Quelles pratiques agricoles augmentent le stock de carbone des sols ?

De nombreuses pratiques permettent d’augmenter les stocks de carbone des sols agricoles, comme l’agroforesterie, les couverts intermédiaires, ou encore les amendements organiques. Parmi les solutions souvent mises en avant, trois reviennent régulièrement. La première est le non-labour ou la réduction du travail du sol. Cette technique consiste à semer les cultures sans que l’intégralité du champ n’ait été travaillée ou labourée, au préalable. Cette pratique permet de réduire l’érosion du sol, de ralentir la décomposition des matières organiques par une moindre oxygénation du sol, de préserver sa biodiversité (notamment les vers de terre).

Prélèvement de sol au Zimbabwe dans une parcelle agricole avec des résidus de maïs (paillis) appliqués à la surface après la récolte © Cirad, R. Cardinael
Prélèvement de sol au Zimbabwe dans une parcelle agricole avec des résidus de maïs (paillis) appliqués à la surface après la récolte © Cirad, R. Cardinael

La deuxième pratique promue est celle de la couverture permanente des sols, soit avec des paillis issus des résidus de culture laissés sur le champ, soit par des couverts végétaux vivants entre les différentes cultures. Cette couverture des sols les protège contre l’érosion notamment hydrique, permet de fixer du carbone tout en étant bénéfique pour la faune du sol (bactéries, champignons, lombrics…).

La troisième technique promue est celle de la diversification des cultures, soit en rotation, soit en association. Cette diversification permet de limiter le développement des bioagresseurs et maladies des plantes, mais aussi d’augmenter la productivité des parcelles cultivées notamment grâce à des effets précédents des cultures. Par exemple, une légumineuse (pois, haricot, arachide, féverole, luzerne…) dans la rotation va fixer de l’azote de l’air et le rendre disponible dans le sol pour la culture suivante, favorisant ainsi sa croissance. Une meilleure productivité des cultures permet d’avoir plus de carbone fixé sur la parcelle, et donc plus de carbone dans les sols, notamment via les racines des cultures.

Ces trois pratiques correspondent aux trois piliers de ce que l’on appelle « l’agriculture de conservation ». Ces pratiques deviennent réellement efficaces pour augmenter le carbone des sols lorsqu’elles sont associées. Pratiquées seules, elles n’ont parfois que peu ou pas d’impact. C’est notamment le cas du non-labour seul, qui peut avoir un effet positif sur le carbone des sols dans certains contextes mais pas dans d’autres. La communauté scientifique a mis du temps à s’en rendre compte car les travaux se sont d’abord surtout focalisés sur les premiers centimètres du sol qui, sous l’effet du non-labour, avaient effectivement une plus forte teneur en carbone.

Mais cela s’accompagnait parfois d’une réduction du carbone du sol dans les couches plus profondes par rapport à des systèmes labourés où le carbone du sol est homogénéisé sur 20 ou 30 cm de profondeur. Le non-labour a donc, dans certains cas, surtout un effet sur la redistribution du carbone dans le profil de sol, sans nécessairement conduire à une augmentation nette du stock sur son ensemble, ce qui est nécessaire quand on s’intéresse à l’atténuation du changement climatique. Une synthèse récente de travaux menés en Afrique subsaharienne suggère que seule la combinaison des trois piliers de l’agriculture de conservation permet d’augmenter significativement les stocks de carbone des sols, la réduction du travail du sol seule étant inefficace.

Quels résultats au Zimbabwe et au Cambodge ?

Pour bien comprendre les bénéfices de ces trois pratiques quand elles sont associées, il est crucial d’avoir des expérimentations sur le long cours. Il faut en effet compter en moyenne 5 à 10 ans pour qu’une variation de stock de carbone du sol soit détectée de façon significative.

Au Cambodge, le Cirad et le ministère de l’agriculture du Cambodge ont démarré des expérimentations il y a quatorze ans, sur des systèmes à base de manioc, une culture couvrant près de 700 000 hectares dans le pays et principalement destinée à l’exportation pour produire de la farine pour l’alimentation animale.

En couplant le non-travail du sol et du semis direct, la couverture permanente des sols avec des couverts végétaux, et la rotation des cultures avec du maïs, nous avons pu noter une hausse importante de carbone dans les sols, avec des taux d’accumulation du carbone de l’ordre de 0,7 à 0,8 tonnes de carbone par hectare et par an jusqu’à 40 cm de profondeur. Le climat chaud et humide de la région permet en effet une couverture permanente des sols avec des couverts végétaux très productifs incluant des légumineuses (crotalaire, niébé) et des graminées (mil) entre la culture du manioc et du maïs, sur lesquels on sème le maïs.

Ce faisant, du carbone est fixé toute l’année par la photosynthèse, et un système racinaire très profond se développe permettant d’augmenter les stocks de carbone au-delà des premières strates du sol. Ce stockage de carbone additionnel dans le sol va continuer jusqu’à ce qu’un nouvel équilibre du système soit atteint. Cet essai a vocation à être maintenu dans la durée pour estimer pendant combien de décennies un tel système permet de stocker du carbone. Une fois l’équilibre atteint, l’enjeu sera alors la préservation de ces stocks de carbone par le maintien des bonnes pratiques de gestion des sols. Bien gérer les sols suppose une gestion sur la durée plutôt que par à-coup.

Au Zimbabwe, dans un contexte totalement différent, avec une saison sèche de sept mois et une saison des pluies de cinq mois, nous avons voulu également mesurer l’efficacité de ces pratiques couplées sur le long terme. Nous disposons pour cela d’un essai mis en place par nos collègues du Centre International d’Amélioration du Maïs et du Blé il y a dix ans dans un système bas-intrant avec pour culture principale le maïs. Nous avons pu mesurer les stocks de carbone du sol des différentes pratiques, seules ou associées : des champs avec du travail du sol, des champs sans travail du sol, avec ou sans résidu de culture du maïs (paillis), et avec ou sans rotation avec le niébé, une légumineuse.

Encore une fois, les résultats montrent que le non-travail du sol seul ne peut pas grand chose, il induit même une légère perte de carbone du sol par rapport à un travail du sol. Cela est expliqué sur ce site par la plus forte compaction du sol quand celui-ci n’est pas travaillé, les racines donc ont du mal à se développer. De plus, la pluie pénètre moins bien et ruisselle sur le sol, ce qui entraîne des stress hydriques sur le maïs. Au final, le maïs se développe beaucoup moins bien dans ces systèmes, il y a donc moins d’apport de carbone au sol par les racines, ce qui se traduit par une perte de carbone des sols.

En revanche, les champs sans travail du sol avec un paillis de résidus de culture de maïs de la saison précédente et une rotation des cultures permettent eux d’augmenter les stocks de carbone, avec, cependant, un effet limité à l’horizon de surface. On observe cependant une augmentation nette du stock de carbone car aucune perte de carbone en profondeur n’a été observée.

Quels obstacles au développement de ces pratiques ?

Carottage de sol au Zimbabwe dans un essai de longue durée en agriculture de conservation des sols afin de quantifier les stocks de carbone organique © Cirad, R. Cardinael
Carottage de sol au Zimbabwe dans un essai de longue durée en agriculture de conservation des sols afin de quantifier les stocks de carbone organique © Cirad, R. Cardinael

Si ces résultats sont prometteurs, ces pratiques ne sont pour autant pas toujours faciles à mettre en place. Au Zimbabwe, par exemple, une contrainte majeure apparaît. Les systèmes agricoles sont des systèmes de polyculture-élevage à bas-intrant (peu de fertilisation minérale, peu ou pas de mécanisation). À la récolte, seuls les épis de maïs sont récoltés, à la main, et les tiges de maïs restent debout dans le champ. Celles-ci serviront de nourriture au bétail pendant la saison sèche où les vaches viennent pâturer directement dans les champs, après avoir vagabondé dans les forêts et zones communales pendant la saison humide.

Il y a donc une compétition d’usage pour les résidus de maïs, pour nourrir le bétail ou pour couvrir les sols. Certains agriculteurs installent des clôtures afin que le bétail ne vienne pas manger les résidus durant la saison sèche, ce qui a un coût. D’autres les récoltent et les entreposent en hauteur, à l’abri des bêtes, et apportent le paillis à l’approche de la saison humide. Cela suppose toute une organisation, du temps et de l’énergie supplémentaires. Dans les deux cas, il faut également trouver une source d’alimentation alternative pour le bétail.

Sur ces terrains comme sur d’autres, l’intérêt de ces pratiques pour les agriculteurs ne réside donc pas dans la séquestration de carbone dans les sols et de son impact sur l’atténuation du changement climatique. Ces techniques sont surtout plébiscitées pour leur impact positif sur la fertilité des sols et la productivité des cultures qui en découle, en réduisant le risque d’érosion, en améliorant la disponibilité des nutriments mais aussi en permettant de s’adapter au changement climatique à travers par exemple une meilleure conservation de l’eau. Ces bénéfices sont cruciaux et bien souvent prioritaires pour les agriculteurs du Sud Global, qui sont parmi les plus impactés par le changement climatique.

https://www.cirad.fr/les-actualites-du-cirad/actualites/2023/pieger-le-carbone-dans-le-sol-par-l-agriculture

L’évènement professionnel 2024 au cœur des Hauts de France qui met à l’honneur la transition agroécologique pour une Agriculture durable

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Nous aurons le plaisir de vous accueillir sur Terres INNOVATION, la plateforme qui mettra en avant les innovations et des solutions agricoles pour accompagner toutes les Agricultures (grandes cultures, élevage, arboriculture, légumes, viticulture etc.) dans la transition agroécologique, la préservation des Biens communs au service de la performance des exploitations agricoles et de la pérennité des filières présentes sur le territoire.

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Les thèmes travaillés……!!

Soyez la voix des sols ….!!

Chantez les sols …..!!!

La plupart d’entre nous sont familiarisée aux mots et aux concepts tels que changement climatique, emissions de dioxyde de carbonepollution de l’air et pénurie d’eau, mais nous sommes très peu à avoir porté notre attention sur les sols. Pendant des millénaires, la vie sur terre a été soutenue par une mince couche de sols fertiles sur la croûte terrestre.

Mais…
Que sont les sols et que font-il exactement ?

Les sols, objet de lutte contre le changement climatique

https://www.cirad.fr/les-actualites-du-cirad/actualites/2023/geopolitique-des-sols-et-changement-climatique?utm_medium=social&utm_source=twitter

Les terres émergées séquestrent environ 30 % de nos émissions de gaz à effet de serre. Ce puits de carbone est cependant menacé, sous l’effet du changement climatique et des changements d’usage des sols. Des pratiques agricoles inspirées de l’agroécologie permettraient de maintenir le potentiel de stockage des terres cultivées et des pâturages, tout en répondant aux enjeux de sécurité alimentaire. Sur la scène internationale, les capacités de stockage des sols pourraient devenir un objet de négociation et modifier les relations entre pays.

Les sols contiennent trois fois plus de carbone que l’atmosphère. Ils participent aussi à la séquestration du carbone atmosphérique en carbone organique, à travers l’absorption du CO2 par les plantes. Ils jouent donc un rôle majeur dans la régulation du climat, en plus de constituer une ressource essentielle à la production de 95 % de notre alimentation.

Si la place des sols dans nos vies et dans la conduite de nos activités terrestres est fondamentale, il s’agit pourtant d’un sujet récent sur la scène politique internationale, y compris dans les arènes de négociations autour du climat. « Le premier organe de gouvernance internationale sur les sols date de 2013, détaille Julien Demenois, écologue au Cirad. L’Union européenne s’est saisie du sujet en 2021, à travers sa stratégie pour la protection des sols à l’horizon 2030 ». Dans un nouvel article pour Diplomatie, l’expert revient sur les grands enjeux des sols à l’échelle internationale, dans une optique de lutte contre le changement climatique.

Les sols sous la menace du changement climatique

Selon l’IPBES, déjà un tiers des terres sont modérément à très dégradées. Cette tendance pourrait s’accentuer avec le changement climatique. Les trois risques majeurs sont l’érosion, le déséquilibre des éléments nutritifs et la perte de carbone organique. « Les épisodes de sécheresse réduisent le couvert végétal et rendent ainsi les sols plus vulnérables, notamment face à l’érosion, observe Julien Demenois. En sens inverse, l’augmentation de l’intensité des pluies accroît le ruissellement et donc l’érosion. Les réserves en eau et la recharge des eaux souterraines sont aussi affectées ».

En parallèle, la quantité de carbone organique stockée dans les sols évolue constamment via des changements d’usage. La conversion d’écosystèmes naturels en terres agricoles entraîne notamment une baisse du carbone dans les couches supérieures du sol. Par exemple, la conversion de la forêt en terres cultivées dans les tropiques a engendré une perte de 25 à 30 % des stocks de carbone organique. Cela contribue à l’augmentation des concentrations en gaz à effet de serre dans l’atmosphère, et donc au changement climatique.

Des pratiques agricoles et forestières qui favorisent le stockage

Julien Demenois est chargé de mission « 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat » au Cirad. Cette initiative vise à développer des pratiques agricoles ou forestières qui maintiennent ou améliorent les stocks de carbone organique des sols. Le potentiel de stockage des terres cultivées et des pâturages est en effet énorme : d’ici 2050 et grâce à des pratiques vertueuses, ces zones pourraient piéger chaque année entre 10 et 20 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole et forestier.

Dans ce cadre, le Cirad plaide pour l’agroécologie, avec des déclinaisons adaptées aux contextes locaux. Agroforesterie, agriculture de conservation ou encore restauration des pâturages dégradés : les possibilités sont multiples. « La recherche a un énorme rôle à jouer dans la définition de pratiques adaptées aux enjeux des différents territoires, estime le chercheur. En plus des aspects purement agronomiques ou écologiques, il nous faudra inclure des questions de sécurité alimentaire ou de rentabilité économique, par exemple. On doit s’appuyer sur les co-bénéfices d’une gestion durable des terres ».

« 4 pour 1000 » : des recommandations inédites pour préserver le carbone des sols en Outre-mer et atténuer le changement climatique

Coordonnée par le Cirad en partenariat avec INRAE et l’IRD, l’étude « 4 pour 1000 » Outre-mer dresse un bilan inédit des stocks de carbone du sol des territoires ultramarins. Les auteurs formulent des recommandations opérationnelles et de recherche pour préserver ces stocks élevés et répondre aux grands enjeux de l’agriculture face au changement climatique au niveau national et territorial.

Une question de géopolitique

Il faut en moyenne 40 000 ans pour que se forme un sol d’un mètre d’épaisseur. Les sols sont donc à considérer comme une ressource non renouvelable et une source d’enjeux géopolitiques. En effet, du point de vue du carbone, tous les États ne sont pas logés à la même enseigne. Actuellement, seuls dix pays détiennent plus de 60 % des stocks mondiaux de carbone organique du sol. Et le potentiel d’augmentation est très inégal entre pays.

« Dès lors que le stockage de carbone dans les sols est pris en compte dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris, les pays peuvent s’en saisir comme un objet de négociation », souligne Julien Demenois. Certains États dotés d’une grande superficie pourraient ainsi contrôler le rythme du changement climatique, via leur gestion des sols. La notion de neutralité carbone vient aussi changer la donne. Le phénomène d’accaparement des terres, pour des pays ou des entreprises en recherche de crédits carbone, pourrait s’accélérer.

Pour préserver nos sols et donc notre climat, il est important de préserver la photosynthèse des plantes, de la végétation ….. Le génie végétal est le fil rouge de la vie terrestre …!!

Les essentiels holistiques – Allan Savory

La cause du changement climatique ne vient ni des animaux ni des combustibles fossiles. C’est ainsi que nous gérons toutes les ressources et nous pouvons commencer par les prairies du monde. Allan Savory, fondateur du Savory Institute, est un écologiste renommé et pionnier de la gestion holistique des terres. Son travail se concentre sur la régénération des paysages dégradés grâce à des pratiques innovantes qui intègrent le pâturage du bétail à une gestion durable des terres. Son approche holistique vise à restaurer les écosystèmes, à lutter contre la désertification et à relever les défis mondiaux liés à la production alimentaire et au changement climatique. Alan Savory rejoint Farm To Table Talk pour explorer 

les contributions révolutionnaires à l’agriculture durable, à la conservation de l’environnement et à l’attention portée aux politiques mondiales qui feront la différence. Salé.global

Soleil et photosynthèse, c’est peut-être trop simple et pourtant, la vie sur cette planète ne tient qu’à ça …..!!