Francis Hallé

Grande émotion en apprenant la nouvelle, transmise par la famille de Francis Hallé :

« C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de Francis Hallé, le 31 Décembre à 23h00.
Il s’est éteint chez lui, à Montpellier, entouré de sa famille.


Botaniste émérite à la renommée internationale, il a largement contribué à mieux faire connaître les arbres et surtout les forêts primaires qu’il a étudiées toutes sa vie durant. Grâce à son invention, le radeau des cimes, il a pu mener, pendant des décennies et sur plusieurs forêts du globe, des recherches approfondies sur la canopée et l’incroyable biodiversité qu’elle recèle.
Pour les scientifiques, il était un chercheur perpétuellement en quête de nouvelles explications sur le vivant, auteur d’un grand nombre d’ouvrages. Son dernier projet, la renaissance d’un massif de forêt primaire en Europe, est en cours grâce au travail de l’association qui porte son nom.
Pour sa famille et ses innombrables amis de par le monde, il était un humain chaleureux, engagé, direct et sincère, amoureux des arbres mais aussi de la navigation à voile, de la musique et de la vie simple. »


En ce moment nos pensées vont aujourd’hui à son épouse Odile, qui l’a toujours accompagné dans ses voyages, à sa famille, à ses proches, et à toutes celles et ceux qui ont croisé sa route, à un moment donné.

Passeur d’émerveillement infatigable, Francis Hallé a consacré sa vie à attirer l’attention de ses contemporains sur la profonde beauté des plantes sur toute la planète, en particulier dans les milieux tropicaux, chers à son cœur. Il n’a cessé de rappeler l’humilité nécessaire devant l’incroyable complexité du vivant. Son dernier livre s’intitulait justement La beauté du vivant, comme un ultime rappel de ce qui a nourri sa carrière de scientifique engagé, jusqu’au bout.

L’association Francis Hallé pour la forêt primaire est plus que jamais déterminée à concrétiser son rêve : réunir les conditions pour qu’une forêt primaire puisse renaître en Europe de l’Ouest. Un rêve qui s’est affirmé comme l’une des grandes idées à l’agenda d’une transition écologique digne de ce nom, à la hauteur des enjeux climatiques et de biodiversité. Francis Hallé nous a toujours dit, avec une grande clarté et une sérénité désarçonnante, qu’il ne serait pas « au pot d’ouverture » de la forêt primaire, mais que c’était bien à l’honneur de l’humanité d’entreprendre un projet comme celui-là.

À notre tristesse se mêle un profond sentiment de gratitude et tellement de souvenirs.

Les graines ont été semées. Nous aurons à cœur d’en tenir les promesses en l’honneur de ce grand explorateur du vivant qui vient de nous quitter.

Comme les géants qu’il a étudiés toute sa vie, Francis Hallé s’est dressé haut et droit, enraciné dans la curiosité, branché vers la lumière de la connaissance.
Il nous a appris à lever les yeux vers la canopée, ce monde invisible et foisonnant où la vie se déploie en silence, loin de nos tumultes.
Il nous a rappelé que les arbres ne sont pas de simples végétaux, mais des êtres patients, coopératifs, résilients, qui tissent des liens invisibles et soutiennent la vie sur des siècles.
Par le Radeau des cimes, il nous a offert un pont vers cet univers suspendu ; par ses dessins délicats et précis, il nous a donné à voir la poésie de l’architecture végétale ; par ses mots, il nous a transmis l’humilité nécessaire face à la beauté du vivant.Aujourd’hui, il rejoint la forêt qu’il chérissait : silencieux, paisible, entouré.
Mais ses racines restent parmi nous.
Les graines qu’il a semées – scientifiques, poétiques, écologiques – continueront de germer, lentement, sûrement, à l’échelle du temps long qu’il nous a enseigné à respecter.L’association portera son rêve jusqu’au bout : une forêt primaire renaissante en Europe, libre, sauvage, éternelle.
C’est le plus bel hommage que nous puissions lui rendre : laisser la nature travailler, comme il le disait si simplement, et veiller sur elle avec la même passion tranquille.Merci, Francis Hallé, d’avoir été ce phare vert dans la nuit de notre époque.
Nos pensées accompagnent Odile, sa famille, ses proches, et tous ceux qui, grâce à lui, regardent désormais les arbres autrement.Respects profonds, à la mesure des cimes qu’il a explorées.

Francis Hallé, avec son regard émerveillé et son crayon toujours en main pour dessiner l’architecture des arbres, a été le passeur infatigable de ces découvertes. Il disait que la canopée est « l’endroit le plus vivant du monde », un concentré de beauté et de complexité que l’humanité se doit de protéger.

Carlos Crovetto

Après Lucien Seguy, Hubert Charpentier, l’agriculture de conservation des sols vient de perdre un autre pionnier : Carlos Crovetto, âgé de 88ans. Auteur de plusieurs livres traduits en français sur  » les fondements d’une agriculture durable » qu’il mettait en pratique sur sa ferme CHEQUÈN au Chili. C’était un plaisir de le recevoir, à plusieurs reprises en France pour partager nos expériences. Hommage et respect❕ Carlos, toi aussi tu vas nous manquer … Reposes en paix ❕

Hommage à Hubert Charpentier

Nous sommes dans la tristesse d’annoncer le décès de notre ancien collègue et ami, Hubert Charpentier qui nous a quitté le 4 Avril 2022.

D’origine berrichonne, Hubert nait le 25 Août 1952 ; il grandit sur la ferme familiale située sur les plateaux argilo-calcaires de l’Indre, au Sud d’Issoudun. Diplôme d’ingénieur agronome en poche (ENSA de Rennes, 1974), il part en 1978 en tant que volontaire du service national en Guyane française sur le jeune polder rizicole de Mana. Le dispositif de recherche est encore modeste et lui permet d’expérimenter une approche… essentiellement cynégétique de la riziculture !

En 1980, Hubert intègre l’IRAT pour une première affectation à Madagascar, auprès de la Société Malgache d’Aménagement du Lac Alaotra (SOMALAC). Jusqu’en 1986, il est en charge de la recherche d’accompagnement pour les rizicultures à maîtrise d’eau partielle et les systèmes de culture pluviaux. Il conduit des expérimentations avec les agriculteurs visant à l’amélioration des systèmes de culture et de production à l’échelle des terroirs villageois en recoupant systématiquement l’ensemble des unités morpho-pédologiques composants les paysages. Ces approches de recherche-action constituent une première déclinaison en contexte d’agriculture de subsistance des méthodologies de « création-diffusion-formation » conçues et déployées au Brésil par Lucien Séguy sur les grandes exploitations mécanisées des Cerrados. Elles couplent, pour chaque agroécologie, la conception des systèmes de cultures, notamment avec l’intégration de culture de blé et de haricot en contre saison, avec leur ajustement thématique (sélection variétale, fumure minérale …). Cette articulation entre composantes systémiques et thématiques organise la production de connaissance sur les performances et les conditions de la durabilité des systèmes et débouche sur des mécanismes expérimentaux d’accès au crédit et intrants. Ses travaux font l’objet d’une synthèse du Cirad intitulée « Des chercheurs chez les paysans » à un moment où l’approche participative commençait à émerger au niveau international. Ils constituent une contribution décisive dans la diffusion de système de culture à base de riz pluvial, dans la région du Lac Alaotra. Dans cette région il continuera à développer son approche cynégétique du milieu naturel, se spécialisant sur les Anatidae de bas-fonds.

A partir de 1987, il rejoint l’Institut des Savanes (IDESSA, intégré au CNRA en 1998) à Bouaké pour travailler sur la fixation, par des voies agrobiologiques de l’agriculture à base d’annuelles, en zone forestière et de savanes. Des dispositifs pérennisés en milieu paysan, couvrant plusieurs dizaines d’hectares, sont développés à Tcholelevogo au Nord en pays Senoufo, et dans le centre, à Brobo, à l’Est de Bouaké (Agriculture et développement n°21, 1999). Ils ouvrent les voies de restauration accélérée des sols sous jachère par introduction de couverts végétaux et de gestion durable et continue des systèmes de culture en semis direct sur des couverts (SCV) morts ou vivants. Ces dispositifs constituent les premières expériences à grandes échelles d’agriculture de conservation en Afrique de l’Ouest ; ils soulignent la nécessité de coupler le développement de ces techniques avec l’embocagement et une gestion concertée des terroirs pour redéfinir les voies d’intégration avec l’élevage et contrôler les feux.

I

l revient à Madagascar auprès de l’ONG TAFA de 1998 à 2005, année où il quitte le Cirad. Il conçoit et pilote avec les agronomes malgaches de TAFA des dispositifs de référence en appui au développement des techniques de SCV sur la côte Est (Manakary, Mananjary), au Lac Alaotra (grenier à riz du pays) ainsi que dans l’Ouest (Morondava) et le Sud-Ouest (Tuléar) de l’île. Ce réseau est complété par les expériences de TAFA et du CIRAD (Roger Michellon) sur les Hauts Plateaux et dans le Moyen-Ouest. Il permet de créer et évaluer les performances agro-techniques et économiques de systèmes de cultures agroécologiques à base de couvert végétaux en adressant la diversité des grands agroécosystèmes cultivés à l’échelle du pays et la variabilité des réalités techniques, économiques et sociales du monde rural. Les acquis de ces travaux et ceux qui les ont précédés ont été capitalisés dans un manuel technique du Semis Direct à Madagascar, très complet, pour lequel il a joué un rôle clef de conceptualisation et de structuration. Les dispositifs de terrain qu’il a mis en place ont servi de support de formation à de nombreux agronomes, qu’ils soient malgaches ou français. Chaque mission de terrain étant pour Hubert l’occasion de partager généreusement son expertise agronomique.

A partir de 2000, il reprend la ferme familiale et s’attache à y développer des systèmes d’Agriculture de Conservation adaptées au contexte de la Champagne berrichonne, d’abord à base de couverture morte ; puis, face à la variabilité climatique, il met au point, avec d’autres agriculteurs pionniers de l’agriculture de conservation en France et avec l’appui de Lucien Séguy, la conduite du blé sur couverture vive de luzerne et lotier corniculé qui devient un élément central d’un système de culture performant et résilient. Dans chacun des termes de la rotation, il conserve des bandes sous travail du sol faisant de sa ferme un des rares dispositifs de référence en France sur une agriculture de conservation parfaitement maîtrisée. Au cours des dix dernières années, Hubert s’est employé à partager son expérience et ses savoir-faire à travers des formations d’agriculteurs et des vidéos, dont certaines totalisent plus de cent mille vues.

Sa très grande capacité de travail, sa vivacité d’esprit, sa grande connaissance de la nature et son humour décapant en faisaient un chercheur hors pair et un collègue auprès duquel on s’enrichissait chaque jour.

Nous saluons la mémoire d’un homme de conviction qui a eu une contribution significative à la réalisation de nos missions d’innovation technique et de formation des partenaires du Sud. Nous avons une pensée amicale et solidaire pour Dominique, son épouse, et Stéphanie, Hervé et Pascaline, ses enfants, ainsi que ses petits-enfants.

Stéphane BOULAKIA

Hommage à David BRANDT

Agriculteur dans l’Ohio, David Brandt, du comté de Fairfield, est décédé à l’âge de 76 ans des suites d’un accident de voiture. 

Il était connu dans le monde entier pour son travail en ACS. Dans les cercles agricoles, Brandt restera dans les mémoires comme un leader mondial du non-labour, des cultures de couverture, de la santé des sols, des cultures riches en nutriments et du marketing direct. 

Des agriculteurs du monde entier ont visité sa ferme du comté de Fairfield chaque année pour voir ses sols de première main et apprendre de ses nombreuses années d’expérience. Il a également parcouru le monde en parlant de sa ferme. Brandt était un vétéran du Vietnam qui est rentré chez lui pour cultiver à la fin des années 1960, mais peu de temps après son retour, le père de Brandt est décédé dans un accident agricole. Lui et sa femme, Kendra (décédée en 2020), ont été contraints de vendre la ferme et de recommencer avec très peu d’équipement. Le semis direct était un moyen de réduire les coûts. Depuis lors, l’utilisation par Brandt du semis direct et des cultures de couverture, il a augmenté la matière organique du sol et réduit considérablement les coûts des intrants. Il a servi de mentor en conservation à de nombreuses personnes. Il a cultivé et exploité Walnut Creek Seeds , avec son fils, sa belle-fille et son petit-fils. Merci à lui .

Nous avons perdu une légende dans #regenerativeagriculture . Dave Brandt est décédé hier soir des suites de graves blessures qu’il a subies dans un accident de voiture alors qu’il livrait des semences. C’est difficile car il m’a beaucoup touché et j’en connais des milliers d’autres………….Steve Groff